‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 55 sur 266 · ëO · texte numérisé non relu

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En 1829. la Martinique fournissait 269.000 quintaux de sucres, la Guadeloupe 348.000. la Guyane 6.000, Bourbon 114.000. Le café venait delà Martinique (9.800 quintaux), delà Guadeloupe (110.000 quintaux). La Martinique, la Guyane expédiaient des bois de teinture et d'ébénisterie ; l'île Bourbon du cacao. Le Sénégal exportait 5.600 quintaux de gomme et des bois d'ébénisterie. L'Inde exportait du poivre et piment, du salpêtre.

Les exportations de France consistaient principalement en vins, en farine, en poissons.

Avec Haïti, qui avait été la plus florissante colonie française dans la seconde moitié du xvme siècle, le commerce spécial était réduit en 1829 à 3.9 millions à l'importation, tant en café (336.000 quintaux) que bois d'ébénisterie et de teinture, et à 5.3 à l'exportation, consistant surtout en boissons.

Avec les Antilles appartenant à d'autres nations, le commerce spécial en 1829 était de 3 millions à l'importation, et de 12 millions 1/2 (surtout avec les Antilles espagnoles) à l'exportation. Les Antilles fournissaient surtout du café et des bois de teinture.

Le Brésil figurait dans le commerce en 1829 pour- 9 millions 1/2 à l'importation (commerce spécial) et pour 12.3 millions à l'exportation. Le Brésil importait du coton, des peaux, des pierres précieuses, et achetait du vin et de l'eau-de-vie.

Les Républiques hispano-américaines, à peine sorties de la lutte pour l'indépendance et troublées par des dissensions, apportaient en 1829 un contingent de 8.8 millions à l'importation (commerce spécial) et de 23 millions à l'exportation. Le Bio de la Plata tenait la tête de l'importation avec 3.7 millions et le Pérou à l'exportation avec 8.1 millions.

En Asie, en 1829, Vile Maurice figurait pour 231. 000 francs seulement à l'importation et pour 2 millions 1/2 à l'exportation ; les Indes (non compris les Indes françaises) pour 13.7 et 6.2 millions ; la Chine et Cochinchine pour 1 million 1/2 à l'importation et autant à l'exportation. Des Indes, la France tirait du salpêtre, du poivre, etc. ; elle expédiait de l'eau-de-vie, du vin, etc.

Les Etats-Unis étaient le pays hors d'Europe avec lequel la France faisait le plus de commerce. A l'importation (commerce spécial) 41.3 millions en 1825 et 58.1 en 1829 ; à l'exportation, 91 millions en 1825 et 65.3 en 1829. L'exportation l'emportait alors chaque année sur l'importation. Les Etats-Lïnis importaient principalement du coton (253.000 quintaux en 1829), des bois, du riz (54.000 quintaux) et recevaient en échange des vins et de l'eau-de-vie (13.000 hectolitres).

Les clients les plus importants de la France étaient donc en premier lieu les colonies françaises (132 millions, commerce spécial), les Pays-Bas (134 millions), les Etats-Unis (123 millions), les Etats Sardes

(90 raillions). l'Anglelerre (81 millions), l'Allemagne (64 millions). la Suisse (40 millions), les Républiques hispano-américaines qui fournissaient un total de 32 millions, la Toscane (30 millions), la Russie (27 millions), la Prusse (25 millions), le Brésil (22 millions), la Turquie (20 millions), les Indes, non compris les Indes françaises (20 millions), les Villes hanséatiques (18 millions), les Antilles espagnoles et anglaises (15 millions), la Suède et Norvège (14 millions), Haïti (environ 10 raillions;.

Le commerce par nature de marchandises en 1829. — Voyons, en second lieu, quels étaient en 1829 les principaux articles de l'importation et de l'exportation.

D'abord le groupement général par grandes catégories :

Importations

Matières nécessaires à l'industrie .

Objets de consommation naturels .

— fabriqués. .

Exportations

Produits naturels

Produits manufacturés .....

Numéraire

Les principaux articles de l'importation (commerce spécial) étaient les animaux vivants ^1 73 millions), surtout des chevaux, les produits de dépouille d'animaux (95 millions) dans lesquels la soie figurait pour 46 millions, le coton (57 millions), le sucre (46 millions), les farineux alimentaires (44 millions) l'huile d'olive (27 millions), les bois (23 raillions), le plomb (10 millions), l'indigo (17 millions), les tissus de lin et de chanvre (16 millions), le cuivre (12 millions), la fonte et le fer (4 millions), le café (10 millions) : venaient ensuite la houille, le fil de lin, d'autres métaux, la potasse, les chapeaux de paille.

Les principaux articles de l'exportation (commerce spécial) étaient les tissus de coton (52 millions), les tissus de soie y compris les rubans, la bonneterie et la dentelle (178 millions), les vins (47 millions), l'eaude-vie et les liqueurs (28 millions), les batistes et linons (16 millions), les draps (16 millions), la toile (15 millions), les gants et peaux ouvrées (14 millions), la poterie et verrerie (12 millions), le papier et ses applications (11 millions), ensuite l'huile, les fruits, les animaux vivants, le sucre raffiné, la garance, la parfumerie, le Casimir, les châles, les diamants, les œufs.

Commerce général

Millions

Commerce spécial de francs

Importation

Exportation

La France importait donc surtout des matières premières et exportait des produits fabriqués.

Les entrepôts de France contenaient une valeur de marchandises de 94 millions 1/2 en janvier et de 117 millions 1/2 en décembre 1829. Le coton, les soies écrues. les poils, les laines, les graisses et farines, le lin, l'acajou, la fonte de fer, les cordages étaient celles qui représentaient la plus grande valeur.

Commerce par mer et commerce par terre. — Le transport se faisait, comme sous la monarchie absolue, par mer plus que par terre. Ainsi, sur une importation d'une valeur de 616 millions, 195 étaient arrivés par terre et 421 par mer. Comme par le passé, le pavillon français ne représentait guère que le tiers du tonnage total (36 0/0) ; mais les marchandises qu'il importait représentaient plus de la moitié de la valeur totale. Il n'en était pas tout à fait de même pour l'exportation ; sur 608 millions, 167 seulement ont été expédiés par terre, mais la marine française a employé un tonnage de 316.000 tonnes contre 420.000 sous pavillon étranger et a expédié 217 millions de marchandises contre 224 sous pavillon étranger.

Le mouvement général des ports, à l'entrée en 1829, a été de 83.834 navires jaugeant 3.272.000 tonneaux; à savoir, d'une part, 2.690.000 sous pavillon français et 582.000 sous pavillon étranger ; d'autre part, 803.000 pour la navigation de concurrence avec les pays étrangers, 109.000 avec les colonies françaises, 124.000 pour la pêche, 2.235.000 pour le cabotage.

Le tonnage moyen des navires dans la navigation au long cours ne dépassait guère alors 100 tonneaux.

A l'entrée, avons-nous dit, le pavillon français figurait pour 3.048 navires jaugeant 331.000 tonneaux; le pavillon étranger figurait pour 581.700 tonneaux, dont 120.000 à l'Angleterre, 117.000 à la Suède et Norvège, 92 000 au Mexique, 38.000 à l'Autriche, 29.000 à l'Espagne.

Les ports dans lesquels le mouvement de la navigation avait été le plus actif étaient, à l'entrée, Marseille (392.700 ionneaux), le Havre (372.000), La Rochelle (363.000), Bordeaux (267 000), Rouen (196.000), Lorient (170.000), Nantes (162.000), Brest (144.000).

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