‹ Histoire du commerce de la FranceChapitre 61 sur 266 · Enquête relative à diverses prohibitions, t. f, p · texte numérisé non relu

Enquête relative à diverses prohibitions, t. f, p

de s'industrier de toutes les manières pour établir au plus bas prix possible ?

« Et qui pourrait se plaindre de payer les étoffes de nos fabriques un peu plus cher que pareils produits importés de l'étranger ?

« Le système prohibitif peut donc seul assurer l'existence de nos nombreux établissements de tissage et de filature. »

Voici deux de ses conclusions :

« 1° Que le remplacement des prohibitions par des droits sur les tissus de colon et de laine porterait un préjudice immense à nos nombreux établissements et ateliers occupés par cette industrie ;

2° Que la concurrence étrangère, en diminuant la fabrication en France, apporterait dans le travail et le salaire des ouvriers une réduction telle qu'il est difficile d'en prévoir toutes les funestes conséquences l. »

« De la solution, ajoutait le conseil des prud'hommes, dépend l'existence ou la ruine de la fabrique de Rouen », et dans cette fabrique il comprenait non seulement les filatures et tissages de la Seine-Inférieure et de l'Eure, mais de trois autres déparlements voisins 2.

Louviers, Elbeuf, Lille n'étaient guère moins animés. Les filateurs de coton de Roubaix allaient jusqu'à la menace : « Si Napoléon fut aimé du peuple qu'il décimait par la guerre, c'est qu'il lui donnait l'aisance par le travail : si les ordonnances de Juillet trouvèrent une si prompte résistance, c'est qu'elles mirent sans emploi les ouvriers imprimeurs. Après tant de commotions politiques, le peuple a besoin de travail, le pays de repos 3. »

Après les mémoires, interrogeons les dépositions orales. Les verriers redoutaient l'Angleterre, la Relgique et même la Bohème. Ceux de la Meurthe et le directeur de la fabrique de Gien invoquaient le salaire de l'ouvrier.

« Dans l'intérêt de la classe nombreuse des ouvriers, disaient les premiers, comme dans l'intérêt général des verriers, la prohibition est indispensable et doit être maintenue, si on ne veut pas voir l'industrie des verriers s'anéantir complètement 4. »

« Pour faire payer momentanément à la classe aisée quelques centimes de moins par douzaine d'assiettes, ajoutait le second, courra-t-on

Page 1