SAVONNERIE MARSEILLAISE
Là savonnerie est la plus ancienne et la plus importante branche de l'industrie marseillaise.
Cette industrie prit un grand développement sous Tadministration de Colbert et jusqu'à la Révolution, notre ville en conserva le monopole. On comptait à Marseille, en 1789, 46 fabriques produisant annuellement 500,000 quintaux de savon, ancien poids, ce qui représente 200,000 quintaux métriques.
Pendant les guerres de l'Empire, qui furent si funestes au commerce et en particulier à celui de Marseille, la fabrication des savons, loin de dépérir, prospéra d'une manière exceptionnelle. Le nombre des fabriques en pleine activité s'éleva jusqu'à 73, employant plus de mille ouvriers. Leblanc venait de découvrir la soude artificielle, qui mettait à la disposition des arts industriels un alcali puissant, à bas prix et dont la production n'avait pas de limites, puisqu'elle a pour base le sel marin. Jusqu'alors, on avait demandé l'alcali, nécessaire à la fabrication du savon, aux soudes naturelles que nous fournissaient, à un prix élevé, l'Espagne, la Sardaigne, la Sicile, Tunis et au natron de l'Egypte.
Depuis cette époque, la savonnerie marseillaise n'a pas cessé de progresseï-. En 1829, elle produisait 400,000 quintaux métriques à 75 fr. les 100 kilogr. De 1836 à 1841, le produit moyen de ses 45 fabriques était de 500,000 quintaux métriques à 93 fr. les 100 kilogrammes.
En 1865 , la production s'élevait à 43 millions de kilogr. et, en 1875, elle atteint le chiffre total de 84 millions.
La réputation des savons de Marseille est universelle ; elle est due à la bonté de ses produits et à la loyauté avec laquelle travaille l'immense majorité de ses fabricants. Rien n'est plus facile que de tromper la consommation en cette matière , et de lui faire accepter, au moyen d'une prétendue réduction de prix, des produits sophistiqués.
Le savon de Marseille se compose de 6 à 7 0/0 de soude ; de 60 0/0 de corps gras et de 34 à 35 0/0 d'eau. Il est considéré comme le type normal d'une bonne fabrication.
Voici, d'après les comptes-rendus publiés par la Chambre de Commerce, quels ont été la marche et les progrès de cette importante industrie depuis une quinzaine d'années.