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TANNERIE

La tannerie et les opérations diverses que subissent les peaux, sous les noms de mégisserie et maroquinerie, ont été, de temps immémorial, une des principales branches de l'industrie marseillaise. Dans le moyen-âge, un quartier de la ville assez étendu était affecté aux tanneries, c'était le quartier qui environne aujourd'hui la Bourse, comprenant les rues de l'Étrieu, de la Tête-d'Or et de la Vieille-Cuiraterie.

Le corps des fabricants tanneurs était très riche et très considéré ; il avait fourni une partie des fonds nécessaires à la construction de l'aqueduc qui amène à Marseille les eaux de l'Huveaune (1).

Les tanneries marseillaises furent florissantes jusqu'à l'édit de 1759, sur la marque des cuirs ; mais, aux premières exécutions violentes de cette loi , la majeure partie des ateliers fut fermée.

Le traité de 1786 avec l'Angleterre et les événements de 1789, trouvant les tanneries à peu près fermées, n'engagèrent pas à les rouvrir. En 1800, lorsque l'ordre et la sécurité commencèrent à renaître en France, cette branche d'industrie fut rétablie.

Appelées à fournir en partie l'approvisionnement d'un immense empire et d'innombrables armées, les tanneries de Marseille jouirent, de 1800 à 1816, d'une grande prospérité. Retrouvant leur ancienne activité, elles fabriquèrent encore, chaque année, plus de 60,000 cuirs de bœuf ou vache; elles profitèrent des recherches chimiques sur le tannin et améliorèrent leurs procédés.

Mais, depuis 1822, la décadence de cette industrie a été progressive jusqu'à ces dernières années, où ime certaine reprise d'affaires a été signalée.

En 1848, le nombre des tanneries s'élevait, pour les gros cuirs, à 14 occupant 900 ouvriers; elles travaillaient, à cette époque, 25,000 gros cuirs, 720,000 peaux de chèvres, 300,000 peaux de moutons.

En 1862, le nombre des fabriques travaillant les gros cuirs était réduit à 9, occupant 600 ouvriers et travaillant 15,000 pièces ; 5 fabriques, occupant 30 ouvriers, travaillaient annuellement 250,000 peaux de moutons; 2 fabriques occupaient 20 ouvriers et travaillaient 100,000 peaux de chèvres.

La situation s'est sensiblement améliorée : on compte aujourd'hui, à Marseille, 25 établissements occupant 1,300 ouvriers et 250 ouvrières. Le chiffre des peaux tannées est considérable et se répartit ainsi :

4,340,000 peaux de chèvres; 174,000 peaux de moutons et 14,000 gros cuirs.

(1) Statistique des Bouches^u^Èhône^ tome IV, page 688.

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