COMMERCE DES PEAUX ET TANNERIE
La Chambre de Commerce , tout en reconnaissant que le commerce des peaux et l'industrie de la tannerie ont pris un assez grand essor depuis une vingtaine d'années , constatait avec regret , en 1874 , un certain ralentissement dans les transactiens , et l'attribuait à la concurrence que faisaient et que font encore les produits étrangers aux peaux de chèvres tannées en Fronce et particulièrement à la tannerie npiarseillaise.
« Depuis plusieurs années , disait-elle , nous avons à lutter, non-seulement chez nos voisins, mais encore chez nous, contre les peaux de chèvres tannées dans les Indes , lesquelles sont connues sous le nom de peaux de chèvres anglaises. Ces peaux sont expédiées de Londres , où elles sont vendues à des enchères qui ont lieu à peu près tous les mois et par quantités de 1,100 mille à 1,200 mille, quelquefois môme à 1,5)0 mille peaux. On peut juger, par ces chiffres, de l'extension de ce produit et
MOUVKMENT COMMERCfAL DU PORT DlC MAHSEII.LK ^ 13*J
du tort considérable qu'il porte à notre fabrication. Le bon marché de ces peaux est la seule cause de la faveur dont elles sont l'objet. En France , les matières premières et la main-d'œuvre se paient très-cher; aux .Indes, tout cela est à vil prix. De là, bien que notre tannage soit supérieur à celui des Indes, la difficulté pour nous de soutenir la concurrence.
« Cet état de choses met l'industrie française dans une position très-désavantageuse, et il serait d'une bonne administration de rjechercher les moyens d'y remédier en supprimant tout d'abord le droit de 3 francs par 100 kilog. que paient les peaux brutes importées pour notre fabrication. »
La tannerie des peaux de chèvres a pris chez nous une extension considérable. A Marseille seulement, elle emploie plus de 2,000 ouvriers et donne lieu à des transactions très-importantes. Sous tous les rapports, elle mérite qu'on s'intéresse à elle, elle gouvernement ferait une chose vraiment équitable en lui facilitant les moyens de sortir d'une crise dont la principale cause, conmie nous venons de le dire, est la concurrence des peaux anglaises, et dont les résultats , si cette crise continuait, pourraient devenir désastreux (1).
HUILERIES
Autrefois , les opérations de la place de Marseille relativement à cette branche de notre commerce, se bornaient à l'importation des huiles d'olive, servant presque exclusivement à la fabrication des savons ; une faible portion était réexpédiée à l'intérieur et à l'étranger comme huile lampante. Aujourd'hui l'importation des huiles d'olive a beaucoup diminué ; mais ce déficit a é^ amplement compensé par la production des huileries de graines, dont une partie importante s'expédie comme huiles lampantes et mangeables.
L'importation des huiles d'olive n'a pas beaucoup varié depuis dix ans; elle s'élevait à 16,500,000 kilogr. en 1865, à 17,000,000 en 1873; elle est descendue à 15,200,000 kilogr. en 1874. Quant aux exportations, elles sont restées ce qu'elles étaient il y a vingt ans : 3,330,685 kilogr. en 1855, et 4,000,000 de kilogr. en 1874.
La production des huiles de graines n'a pas cessé de s'accroître depuis vingt ans. A peu près nulle en 1855, elle s'est élevée en 1874, à 66 millions de kilogrammes ; il en est arrivé des fabriques de l'intérieur 10 millions de kilogr. et de l'étranger 4,800,000 kilogr. Total général : 80,800,000 kilogr.
La plus grande partie de cette production a été exportée ou consommée par nos fabriques.
(l) Pour les Peaux de moutons eo laioe et les Cuirs, voir k TAppendicb les Monographies que nous leur tvont consacrées. * . .