‹ Histoire du commerce de Marseille pendant vingtChapitre 84 sur 167 · CHARBONS · texte numérisé non relu

CHARBONS

L'exploitation du bassin houillier du département des Bouches-du-Rhône compte trois établissements qui occupent 1,325 ouvriers, 35 femmes et 373 enfants. La production de ces établissements s'est élevée, en 1874, à 358,258 tonnes de charbons. Il y a six ans à peine, les quantités de lignites extraites de ce même bassin n'atteignaient encore que le chiffre de 242,402 tonnes.

Les exportations de charbon ont suivi depuis 15 ans la progression quinquennale ci-après :

1860 391,000 tonnes.

1864 609,000 id.

1869 672,000 id.

1874 759,000 id.

Les charbons qui arrivent sur la place de Marseille se divisent en deux grandes catégories destinées, l'une, à la consommation des diverses industries locales, l'autre, aux besoins de la navigation à vapeur.

La Chambre de commerce insiste depuis plus de dix ans auprès de l'Administra-

. tîon municipale, pour obtenir une modification du tarif de l'Octroi, en ce qui concerne

les lignites. Ces charbons, qui ont une valeur intrinsèque et commerciale inférieure

MOUVEMENT COMMERCIAL DU ï>ORT DE MARSEILLE 141

d'au moins un cinquième à celle de la houille^ sont pourtant assujettis au même droit que la houille. Elle fait remarquer que la consommation des charbons diminue de plus en plus dans le rayon ^ de l'octroi , tandis que la consommation hors du rayon tend à s'accroître,

L'Angleterre, malgré une grève pour réduction de salaires, qui a suspendu, en 1874, presque toute production dans Tun de ses districts les plus importants, a réduit ses prix de près de 40 0/0, et ses charbons viennent déjà alimenter une partie de nos bateaux à vapeur.

Nos producteurs semblent dédaigner notre consommation locale, leurs faveurs sont toutes pour Texportation. De sorte que nos industriels n'ont plus seulement à lutter contre le traitement de faveur dont la compagnie du chemin de fer de la Méditerranée fait jouir les charbons destinés à l'exportation , mais encore contre l'entente de certaines compagnies houillères, qui facilite et généralise ce résultat déjà ancteti et toujours regrettable que nos voisins d'outre-mer reçoivent chez eux le charbon de notre région, s'embarquant dans notre port au-dessous du prix de revient dans les usines à Marseille.

vms, LIQUEURS ET EAUX-DE-VIE

n a été imi)orté , en 1874 , 20,000 hectolitres de vins et liqueurs de plus qu'en 1855 ; mais le chiffre des importations des eaux-de-vie et du rhum a diminué ifnne égale quantité d'hectolitres (20,781 hectolitres).

Il a été exporté, en 1874, 84,568 hectolitres de vins en futailles et de liqueurs, de plus qu'en 1855 ; mais le chiffre des exportations des vins en bouteilles et des eauxde^vie a diminué de 59,971 hectolitres.

La consommation intérieure des vins a doublé ; il résulte , en effet , des constatations du service de l'octroi, que les entrées, qui s'élevaient, en 1855, à 217,861 hectolitres, ont atteint, en 1874, le chiffre considérable de 449,812 hectolitres.

La loi du vinage a donc créé un véritable privilège en faveur des grands propriétaires duLanguedoc, sans atteindre le but que se proposaient ses auteurs, qui avaient surtout en vue d'éviter la fraude, et de percevoir des droits sur les alcools employés pour renforcer les vins , puisque le commerce achète les vins tout vinés des détenteurs qui ont le monopole de les renforcer sans avoir à payer aucun droit.

Cette loi présente, en outre, l'inconvénient grave de favoriser, au détriment de la France , les pays vinicoles étrangers et particulièrement l'Espagne , où le vinage en franchise est permis.

En résumé, si le commerce spécial de la consommation a progressé , comme cela

devait résulter forcément de l'augmentation du nombre des habitants , le commerce général des vins et liqueurs est resté stationnaire depuis vingt ans.

La Chambre de Commerce attribue, comme nous, ce défaut d'accroissement à la loi sur le vinage, qui favorise d'une manière toute particulière les grands propriétaires du Languedoc au détriment de tout le commerce des vins et des 3/6.

Marseille et le département du Var, qui ne produisent que du bon vin, sont plus spécialement frappés par cette loi, puisqu'ils ne peuvent, par suite de la bonne qualité de leurs produits , en sacrifier aucune partie pour faire du 3/6.

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