‹ Histoire du commerce de Marseille pendant vingtansChapitre 158 sur 186 · COTONS EN LAINE · texte numérisé non relu

COTONS EN LAINE

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MaracaYho

Casabiance

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Totaux

SOIES ET COœNS

De tous les articles d'importation , le plus riche , pour Marseille^ c'est la soie.

Le tableau récapitulatif joint à cette monographie démontre que , depuis vingt ans, le commerce des soies a plus que sextuplé dans notre ville. Le chiffre des importations, qui était de 9,319 balles en 1855 , s'est élevé , en 1874 , à 58,036 balles.

Le développement de cette branche de commerce tient surtout aux communications plus rapides et plus régulières avec l'Inde et la Chine. Les arrivages de la Chine à peu près nuls, en 1855, et qui ne s'élevaient qu'à 7,000 balles en 1860 , ont atteint 42,000 balles, en 1874. Le Japon, qui nous envoie 5,753 balles de soie, n'en expédiait que 210 balles en 1861.

Pour ces articles comme pour les autres, nous allons suivre, année par année, grâce à l'excellente publication de la Chambre de Commerce, la marche et les progrès du commerce des soies et de celui des cocons , qui ne saurait en être séparé , depuis 1861 , jusqu'à la fin de 1874.

Les arrivages de soie s'élèvent à 16,855 balles; les ventes à 5,338 et le stock en magasin à 2,943.

L'excédant des marchandises, sur celles achetées ou déposées en magasin, est de 8,574 balles. Une partie de cet excédant a été reçu en transit pour compte de maisons de l'intérieur, et le reste a été vendu directement , par entremise de courtier, par des maisons de Marseille à celles de Lyon, de Saint-Etienne et autres points de la France et de l'étranger.

Le service de Chine que va bientôt établir la Compagnie des Messageries et le prochain fonctionnement des Docks , font espérer que l'avenir verra se développer à Marseille le commerce des soies, et que les fabricants français, trouvant ici les mêmes facilités qu'en Angleterre , viendront s'approvisionner presque exclusivement sur nos marchés.

Le commerce des cocons a pris, depuis quelques années, une grande extension. Dans l'espace de six ans, le marché de Marseille a reçu 4,500,000 kilogr. de cocons, représentant une valeur d'environ 90,000,000 de francs. L'importation de 1861 a été la moins considérable ; elle a été de 540,000 kilogr. , tandis que celle de 1860 avait été de 812,000 kilogrammes.

APPBNDIGB — SOIES BT COCONS 295

Le prix des soies n'a presque pas varié en 1862. Ce fait prouve que Tactivité des fabriques françaises ne s'est point ralentie.

C'est là une des conséquences du traité de commerce avec 1 Angleterre qui , en ouvrant un vaste débouché à nos produits, a sauvé notre fabrication de la ruine. Aujourd'hui, l'expérimentation de ce traité est faite ; nous pouvons, désormais, lutter avantageusement, même sur les marchés anglais.

L'importation de soies en France, effectuée par Marseille, en 1862, présente une augmentation de 1,600 balles sur celle de 1861.

' Cette année a déjà vu grandir nos relations avec le Céleste-Empire. 10,882 balles de soie sont arrivées dans notre port, tandis qu'en 1861, nous n'en avions reçu que 7,970 balles.

Les provenances de Brousse , de la Syrie et de Salonique sont bien minimes , attendu que la production des soies est aujourd'hui extrêmement limitée dans le Levant. On n'y file presque plus de soies du pays. Les filatures européennes et les exportations de cocons absorbent à peu près toute la production indigène.

Les importations de cocons du Levant ont remplacé celles des soies de ce pays. L'industrie française ne peut que s'en féliciter, car les filateurs et les fabricants trouvent dans le filage des cocons un précieux élément de travail.

Les arrivages de soie qui présentaient, en 1862, un chiffre de 19,693 balles, se sont élevés à 24,502 balles, en 1863.

L'importation des soies du Japon s'est notablement accrue; elle s'est élevée de 767 à 2,871 balles.

L'exportation des soies firançaises pour le Levant a augmenté de 900 balles.

Importation des cocons : 743,000 kUogrammes.

Importation des graines de vers-à-soie : 40,000 kUogrammes.

Les importations des soies de Perse ont augmenté de 3,123 balles; celles des filatures de Brousse de 271 balles ; mais celles de Chine ont diminué de 5,157 balles. Le chiffre des soies du Japon s'est maintenu.

L'importation des cocons a diminué de 200,000 kilogrammes.

La cessation de la guerre des États-Unis a fait immédiatement sentir son heureuse influence sur le commerce des soies.

, L'augmentation de 15,654 balles, dans le chiffre des importations, est due en grande partie aux arrivages de Textrème Orient, ainsi que l'indique le tableau comparatif ci-après :

De Chine 6,894 balles. 19,031 balles.

Du Japon 2,917 id. 8,103 id.

Du Bengale 1,087 id. 3,741 ' id.

Totaux 10,898 balles. 30,875 balles.

L'importation des cocons a augmenté de 122,000 kilogrammes.

Le total des importations des soies du Levant et de l'extrême Orient, qui s'était élevé, en 1865, à 39,542 balles, est descendu, en 1866, à 26,491 balles.

Cette diminution inspire à la Chambre de Commerce les observations suivantes, qui s'appliquent plutôt à l'état général des affaires qu'à l'insufDsance accidentelle des arrivages : « Depuis quelques années, dit-elle, nous constatons avec regret que notre (( marché des soies perd, de plus en plus, de son importance. Cette fâcheuse situation a ne saurait être pourtant attribuée aux causes générales qui ont pu, dans ces dera niers temps, influer sur la marche du commerce des soies. Nous trouvons la cause « de ce fait dans la transformation opérée, au point de vue des relations commerciales, a par les grandes entreprises et dans la facilité des rapports qui tendent à supprimer a le rôle des intermédiaires en mettant le consommateur en face du producteur. »

L'importation des cocons continue à progresser dans une large mesure. La Chambre de Commerce espère, que le marché de Marseille y trouvera bientôt une compensation à la diminution du chiffre de ses affaires en soies.

L'importation des soies a augmenté et celle des cocons a diminué, mais sans apporter une grande modification dans cette branche du commerce de Marseille. Le fait le plus saillant est le délaissement presque complet de toutes les soies grosses

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