APPBNDICK — B0IB8 ET COCONS S
et moyennes. Sous l'empire de la mode» la feibrique a dû employer, pour les satins, tout ce qu'elle a pu trouver de soies fines.
Le développement considérable des importations de soie de Chine et du Japon est un fait d'un haut intérêt; il démontre que l'Angleterre, qui avait autrefois le monopole de ce commerce, se trouve aujourd'hui en présence de concurrents sérieux.
n est à regretter, toutefois, que Marseille, port d'arrivée, dans une situation privilégiée , voisin de l'Espagne , de Tltalie, de la Grèce, de la Turquie d'Europe et d'Asie et de la Perse , n'ait pas , comme marché de vente , l'importance qui lui revient naturellement, et continue à voir simplement traverser, son territoire les soies de l'extrême Orient , notamment celles de la Chine et du Japon , qui pourraient y être vendues à des conditions plus économiques que partout ailleurs.
Notre commerce, qui entretient des relations avec toutes les contrées séricicoles de l'étranger, pourrait facilement attirer les acheteurs à Marseille, mais il faudrait pour cela qu'il pût constamment leur offrir un stock suffisamment abondant, pour leur permettre d'opérer sur une certaine échelle, et qu'il adoptât résolument , surtout , le système des ventes aux enchères publiques et périodiques , qui a si bien réussi à Amsterdam, et qui est en voie de succès à Lyon , depuis quelque temps*
Marseille continue à perdre du terrain comme marché de vente. Pour augmenter l'importance de notre marché, on avait songé à organiser des ventes publiques périodiques ; ce projet parait abandonné, et cependant il n'y a pas d'autre moyen pour ramener les acheteurs.
« Nous l'avons déjà dit et nous le répétons de nouveau, — ajoute la Chambre de Commerce , à laquelle nous avons emprunté les renseignements qui précèdent , — « U est bien fâcheux que Marseille, qui reçoit les soies de tous les pays de produc- « tion, ne soit qu'une place de transit ! Pourquoi la Suisse et l'Italie, Milan et Turin, « qui achètent des quantités considérables de soies et surtout des soies de Chine , V vont-ils les chercher à Londres, après qu'elles ont passé par Marseille ? Ne sommestt nous pas, par notre situation, mieux en position que les négociants de Londres, « d'expédier à meilleur marché à Turin et à Milan ? Incontestablement oui. — Nous « signalons de nouveau ce fait à nos commerçants , car il constitue une anomalie « que l'on doit s'efforcer de faire dispnrattre. d
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Les arrivages de soies ont dépassé ceux de 1869 ; il en a été reçu 32,039 balles, au lieu de 27,468.
Cette augmentation provient des importations de la Chine , qui ont été de 4,314 balles de plus qu'en 1869; mais la presque totalité de ces soies ne fait que transiter par le port de Marseille.
Le commerce des soies a été marqué , cette année , par deux phases bien distinctes et bien différentes. Pendant le premier semestre , les affaires étaient suivies et les prix soutenus , on entrait dans la nouvelle récolte avec une bonne opinion et des espérances pour l'avenir. Mais, à partir de juillet, tout cet échafaudage s'est écroulé ; non seulement , il n'y a pas eu de ventes vers la fin de l'année , mais la panique causée par la guerre a été telle, qu'on a réexpédié à l'étranger beaucoup de soies qui se trouvaient à Lyon et sur d'autres marchés.
L'année débute mal pour les soies ; en janvier et février, les ventes sont nulles et les prix nominaux. En avril et mai , pendant la Commune , il se fait des ventes avec de grandes pertes pour les importateurs. En juin, sous l'influence de mauvaises nouvelles de la récolte séricicole, les transactions reprennent un cours normal, avec hausse de 10 à 15 0/0, qui se maintient jusqu'à la fin de l'année.
Les transactions se sont bien maintenues pendant les premiers mois de Tannée, quoique gênées par les mesures législatives relatives aux droits d'entrée sur les matières premières,
Bien que le chiffre des ventes enregistrées ne s'élève qu'à 2,703 balles , contre 4,474, en 1872, il n'y a pas lieu de supposer que l'importance des affaires en soie ait diminué sur le marché de Marseille ; car, les arrivages, y compris le transit , sont restés les mêmes que précédemment ; mais une bonne partie des soies fbes , Brousse , Syrie et autres , ont été réalisées directement sur les marchés de l'intérieur, Aubenas et Lyon.
Marseille est encore resté essentiellement place ]de transit pour toutes les soies Asiatiques, Chine, Japon et Bengale.
âPPBNDIGET — SOIES ET COCONS
Quant aux cocons, il y a eu augmentation dans les arrivages et dans les ventes , mais il convient d'observer que cette augmentation est au profit des qualités secon-^ daires , — Nouka — principalement
Augmentation de 25,670 balles de soies dans le chiffre des importations.
C'est par le port de Marseille que passent les fortes quantités de soie de Chine , Japon et Bengale que la France, et Lyon particulièrement, demandent à l'extrême Orient , au lieu de les tirer des entrepôts de Londres , comme précédemment. Le commerce français a donc pu détourner la moitié de ces importations, au grand détriment des marchés anglais. C'est là un beau résultat; il y a lieu de regretter seulemept que , dans ce mouvement considérable , Marseille ne participe que pour une faible part et reste principalement place de transit.