NAVIRES A VOILES ET A VAPEUR RÉUNIS
ANNÉES
PaviUoQ français
Pavillon étranger
Totaux
Pavillon français
Pavillon étranger
Totaux
NAVIRES
NOMBRE
TONNEAUX
NOBfBRE
En réunissant les navires à voiles aux navires à vapeur, la forte diminution constatée dans le tonnage des premiers est compensée par la plus grande augmentation survenue dans le tonnage des seconds. '
D'où résulte le fait suivant sur lequel nous appelons l'attention des personnes qui ne considèrent jamais la question qu'au point de vue de la navigation à voiles , désespèrent de l'avenir de notre marine marchande.
En 1855 , le tonnage des navires français n'entrait que pour 46 Q/0 dans l'ensemble du mouvement de notre port, et le tonnage des navires étrangers, s'élevait au 54 0/0 , dominant ainsi de 8 0/0 le pavillon français.
En 1874, les rôles sont renversés, le tonnage des navii^eâ firançals atteint le 57 0/0 du tonnage général , et celui des navires étrangers descend au 42 0/0 : ce qui établit, pour notre pgivillon, une supériorité de 15^0/0.
Cet accroissement incontestable dans l'ensemble du mouvement de la navigation, semble établir que l'assimilation des pavillons n'a pas eu sur notre marine marchande l'influence désastreuse qu'on lui attribue.
Cependant , il ne faut pas oublier que notre navigation à voiles tend à disparaître complètement , et comme son existence est d'une très grande utilité aux divers points de vue de la navigation au long cours, de l'instruction des marins, et du développement de l'industrie des constructions navales, nous croyons que l'on ne saurait
MOUVEMENT GENERAL DE LA NAVIGATION
trop en favoriser le maintient soit par des primes ou par d'autres encouragements spéciaux, sous la condition de ne point toucher à la liberté maritime qui ne saurait être atteinte sans nuire aux intérêts du commerce.
On a souvent manifesté la crainte de voir diminuer le nombre des marins, par suite de l'emploi des navires à vapeur, qui semblent n'exiger qu'un personnel fort restreint.
On constate à l'appui de cette observation , que le chiffre de la population maritime de la France , n'a pas progressé depuis 14 ans :
1860 151,586 marins français.
1873 152,978 id.
Ce fait est regrettable ; mais il ne saurait être attribué à l'introduction de la vapeur, ni au défaut d'expansion de notre marine marchande, car les équipages des navires français ont notablement augmenté depuis vingt ans. Cela résulte , très-clairement en ce qui concerne le port de Marseille, du tableau ci-après :