P NAVIRES A VOILES
ANNÉES
Pavillon français
Patillon étranger
Totaux
Pavillon français / —
Pavillon étranger
Totaux
NAVIRES
NOBfBRE
TONNEAUX
NOMBRE
(1) Rapport 8ur la question de la marine marchande, publié, en 1870, par la Société pour le Développemeof •t la Défense du Commerce de Marseille.
MOUVEMENT GENERAL DE LA NAVIGATION 55
II est certain, et il suffit de jeter un regard sur ce tableau pour s'en convaincre, que la navigation à voiles est en pleine décadence. En vingt ans, le nombre des navires à voiles français employés par le commerce de Marseille, est descendu de » 3,671 à 1,352 et, tandis qu'en 1855, ils formaient encore le 40 0/0 du mouvement total de la navigation, ils étaient réduits, en 1874, au 20 0/0.
La proportion est un peu moins accentuée dans le chiffre du tonnage, qui exprime mieux d'ailleurs Tiraportance du mouvement commercial. En 1855, le pavillon français, entrait pour 37 0/0 dans ce mouvement et, en 1874, cette proportion n'était plus que de 24 0/0.
Quoiqu'il en soit, il est parfaitement établi, par les chiffres qui précèdent, que le pavillon étranger absorbe les 3/4 de notre fret, en ce qui concerne la navigation à voiles.
Comme conséquence forcée dé cette situation, notre matériel naviguant, loin de s'accroître, n'a cessé de diminuer : le port de Marseille qui comptait en 1855, 778 navires à voiles, jaugeant ensemble 89,973 tonneaux, n'en possédait plus, en 1874, que 565, jaugeant 86,587 tonneaux (1).
Le nombre de navires construits qui avait été en moyenne de 40, pendant la période quinquennale de 1855 à 1859 , a été réduit à 21 pendant la période de 1870-1874.
Si le port de Marseille n'employait que des navires à voiles, notre commerce maritime serait en grand péril, et il faudrait recourir aux moyens les plus énergi- . ques pour le faire revivre ; mais, personne ne l'ignore, la navigation à vapeur, dont le développement est des plus rapides, vient en aide à la navigation à voiles, ou plutôt se met à son lieu et place, et jouant, vis-à-vis des navires à voiles, le même rôle que les chemins de fer à l'égard des diligences , elle tend de plus en plus à l'absorber. C'est une véritable révolution, qui bouleverse profondément la grande industrie des constructions navales, et qui ne peut accomplir sa mission sans porter un préjudice considérable aux intérêts des armateurs et constructeurs de navires à voiles. C'est une révolution inévitable et aucune protection, aucune prime, le rétablissement même de la surtaxe des pavillons, ne redonnera jamais à cette navigation l'importance qu'elle a perdue. Les étrangers, dit-on, tout en construisant un grand nombre de navires à vapeur, n'ont point abandonné la navigation à voiles et ce sont leurs navires qui viennent prendre la place des nôtres, qui ont ainsi à lutter, tout à la fois contre les vapeurs français et les voiles étrangères.
 cela nous répondrons, que les principales marines étrangères ont vu décroître
(i) Voir, k Tappendice les tableaux n«* 20 et tl .
leur matériel commercial. Il résulte en effet, des publications du Bureau Veritas qu'il y a eu, de 1870 à 1875 une diminution notable dans l'effectif des navires à voiles, des marines anglaises, américaines, allemandes, hollandaises, espagnoles, ^suédoises, danoises et belges.
Voici les chiffres du matériel naval de chacune de ces puissance en 1870 et en 1875.
RAVIAKS
TOmCAOB
nÂVOMB
tùmàOB
Anglais 23,165.
Américains 7,625.
Hollandais 1,690.
Suédois 1,930.
Danois 1,415.
Belges 72.
Allemands 4,320.
Espagnols 3,036.
De ce tableau, il résulte que :
L'Angleterre a perdu 2,627 navires, jaugeant 1,610,590 tonneaux
L'Amérique du Nord a perdu ....
La Hollande a perdu
La Suède a perdu
Le Danemark a perdu
La Belgique a perdu
L'Allemagne a perdu
L'Espagne a perdu
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Cette statistique démontre que la marine marchande à voiles de notre pays, n'est point seule à souffrir, et que l'assimilation des pavillons, ne peut pas être la seule cause des souffrances de l'industrie de l'armement.
D'ailleurs , en ce qui concerne spécialement le port de Marseille , malgré la double concurrence des navires à voiles et à vapeur des nations étrangères, notre pavillon domine encore le pavillon étranger dans le mouvement général de la navigation; ainsi que le constate le tableau n* 3 ci-après (navires à voiles et à vapeur réunis).
MOUVEMENT GENERAL DE LA NAVIGATION
2" NAVIRES A VAPEUR
ANNÉES
PaTîllon français
Paf illoo étranger
Totaux
PaTillon français
Pavillon étranger
Totaux
NOMBRE
NAVIRES
PBOP. P. 0/0
TONNEAUX
NOMBBK
ft)0 . »
PBOP. P. 0/0
La prépondérance du pavillon français dans la navigation à vapeur est surabon-^
damment j)rouvée par les chiffres qui précèdent et qui se résument ainsi :
P Le nombre des vapeurs français qui était déjà supérieur au nombre des vapeurs étrangers, dans la proportion de 31 0/0 en 1855, le domine, en 1874, de 45 0/0.
, 2" Le tonnage des navires à vapeur français a progressé d'une manière plus sensible encore. Il entrait pour 59 0/0 dans le mouvement général de la navigation, en 1855, et il atteint, en 1874, la proportion de 74 0/0. Il domine le tonnage des navires à vapeur étrangers, de 49 0/0.
De 1855 à 1874, l'effectif des bateaux à vapeur attachés au port de Marseille, s'est accru dans une proportion considérable.
1855 73 navires jaugeant 20,537 tonneaux.
1874 20^ îd. 107,280 id.
Augmentation. . . • 131 navires jaugeant 86,743 tonneaux.
Soit une augmentation de 176 0/0 sur le nombre des navires à vapeur, et de 437 0/0 sur leur tonnage.
Cette augmentation a été pour tous les ports réunis, de 163 0/0 sur le nombre des navires et de 428 0/0 sur leur tonnage (1),
(1) Tableaux n«* 22 et 28.
L'efTectif des navires à vapeur appartenant au port de Marseille représente les 39 centièmes de la marine marchande à vapeur de toute la France.