CAFÉS
Les importations de cafés qui s'étaient élevées à 13,814 tonnes en 1855, à 20,238 tonnes en 1860, redescendirent l'année suivante à 15,954 tonnes. Cette importante diminution fut ainsi expliquée par la Chambre de Commerce :
« Les Italiens , disait-elle , ont déployé une grande activité pour attirer à eux les importations directes des cafés , et les anglais exploitant avec fruit ces dispositions ont trouvé en Italie beaucoup d'acheteurs pour leurs cargaisons flottantes.
« Le Levant a fait de même pour les cafés du Brésil , et , de ce côté , Marseille a perdu en grande partie les principaux débouchés de Constantinople , Smyrne et Syra.
« Le débouché de la Suisse diminue de jour en jour, à cause des frais de transport qui sont plus élevés à Marseille que dans les autres marchés de France.
« 11 est peu d'articles qui aient plus souffert des tarifs de chemin de fer que les cafés. Ainsi , pour ne cRer qu'un exemple , de Marseille à Bâle , cette denrée paie , par tonne, près de 10 fr. de plus qu'elle ne paie du Havre à la même destination. »
La Chambre de Commerce faisait remarquer l'année suivante , que la concurrence de Londres et de la Hollande , provoquée par l'abaissement de droits consenti en faveur des provenances des entrepôts d'Europe, s'accentuait tous les jours davantage. Elle proposait , puisque l'Egypte était très-souvent le lieu d'embarquement des cafés Moka , d'admettre ceux de ces cafés qui en provenaient , non plus comme arrivant des entrepôts , mais comme provenant des lieux de production , et de les affranchir ainsi d'une différence de droit de 5 fr. par 100 kilogrammes.
Ce dégrèvement ne fut pas accordé et le commerce de Marseille , toujours aux prises avec la concurrence étrangère , ne parvint à rétablir une certaine activité dans les importations de cafés, qu'en 1867, lorsque par la création d'un service régulier
de bateaux à vapeur sur le Brésil et la Plata , il obtint de meilleures conditions pour le transport de cette denrée.
La situation s'améliora sensiblement à partir de cette époque, et la Chambre de Commerce , en signalant, en 1873 , des arrivages importants de cafés, faisait remarquer que cette branche essentielle du commerce de Marseille pouvait prendre un développement plus considérable , si, d'une part, il -était possible d'augmenter nos relations avec les Indes , par l'établissement de nouveaux services de bateaux à vapeur, et de l'autre , on pouvait obtenir du chemin de fer de Paris à la Méditerrannée, une réduction dans ses tarifs, toujours très-élevés et nullement en rapport avec les avantages offerts au commerce sur les autres lignes.
CACAOS
Le port de Marseille n'a reçu, en 1874, que 307 tonnes de cacaos, dont les importations s'élevaient , en 1855 , à 730 tonnes.
Cette diminution de plus de la moitié s'explique facilement. Paris et quelques grandes usines, qui ont en quelque sorte le monopole de la fabrication du chocolat, s'approvisionnent de cacaos dans les ports de l'Océan. Nos fabriques du Midi , qui ne sauraient lutter avec les maisons Menier et autres , répandues dans le monde entier, voient tous les jours diminuer leurs affaires'et semblent vouloir abandonner cette branche d'industrie.