‹ Histoire du commerce de Marseille pendant vingtansChapitre 97 sur 186 · MINOTERIE · texte numérisé non relu

MINOTERIE

La Minoterie qui avait pris, depuis une vingtaine d'années, un grand essor, a subi, pendant la dernière période quinquennale, une sorte de ralentissement qui a vivement préoccupé la Chambre de commerce.

Les représentants de notre commerce ont cherché les causes de ce malaise dans les faits suivants :

« Faut-il attribuer , disaient-ils, la difficulté qu'a éprouvée la Minoterie à utiliser toutes ses meules (800 environ) , dans ces dernières années, entièrement aux circonstances particulières qui se sont produites dans le commerce des blés ?

« Faut-il croire , au contraire, que ce chômage partiel provient de la trop grande quantité d'usines créées depuis 8 à 10 ans ? »

n est évident que les deux causes ci-dessus ont eu une action marquée sur le ralentissement du travail de nos usines ; il en est une autre dont on a pu se rendre bien compte, surtout dans les deux dernières années.

Notre minoterie, malgré l'avantage de sa situation, à l'entrée des blés et ses installations propres à la mouture des blés exotiques, a eu à soutenir une plus grande concurrence que par le passé , à la vente de ses produits dans l'intérieur, aussi bien qu'à l'achat de ses blés à Marseille.

Cette situation est la conséquence des modifications survenues dans le conmierce des céréales, aujourd'hui beaucoup plus divisé qu'il ne l'était^ anciennement.

Ces modifications , en amenant à Marseille et sur les lieux d'origine des acheteurs plus nombreux, provoquent en môme temps, sur les marchés de l'intérieur, des offires directes et multiples, souvent peu en rapport avec les cours de Marseille.

Pour donner de l'aliment aux nombreux établissements que possède notre circonscription, il est à désirer que cette industrie puisse jouir de tarifs réduits sur les chemins de fer, et de dispositions législatives les plus libérales, soit à l'entrée, soit à la sortie des blés et farines pour toutes nos frontières.

8BM0ULE6 ET PATES ALIMENTAIRES

10 Semoules

L'industrie semoulière est en réel progrès à Marseille depuis une vingtaine d'années : de nouvelles usines ont été créées et leur activité est aidée par l'augmentation incessante de la .consommation de notre ville, qui est de plus en plus attirée vers ce produit à cause de l'économie qu'il présente pour les ménages des classes populaires.

Cette extension est due en outre :

r Au développement qu'à pris le commerce des pâtes à Lyon et à Clermont ; 2® aux nouveaux débouchés qui ont surgi , soit en Suisse , soit en Allemagne ; 3* à l'emploi des sasseurs mécaniques dont se sert exclusivement aujourd'hui la semoulerie, pour l'épuration complète de ses gruaux de blés durs.

On estime, au minimum, à 300,000 hectolitres , .les quantités de blés durs d'Azoff ou d'Algérie , employées annuellement pour la fabrication des semoules.

En 1874 , la semoulerie a eu à sa disposition les blés durs d'Afrique, de Bombay , dèRodosto, de Taganrock et de JafTa. Ses débouchés ont été en rapport avec la fabrication : seule, la concurrence des fabricants entre eux a été la véritable cause de l'amoindrissement des bénéfices de cette importante industrie.

29 P&tee alimentaires

La fabrication des pâtes alimentaires, dites d'Italie, a pris à Marseille , depuis un quart de siècle , un essor remarquable. L'importation des pâtes étrangères , uniquement limitée aux demandes d'assortiment que provoque encore l'ancienne réputation des pâtes d'Italie , diminue de plus en plus devant l'amélioration toujours croissante des produits de nos fabriques.

Pour hùter son développement, cette industrie réclame la faveur faite â la

Minoterie , de pouvoir manipuler les blés durs exotiques avec franchise de droits de douane.

La fabrication des pâtes alimentaires , qui, en quelques années, a quintuplé ses produits , emploie annuellement plus de 200 ouvriers.

TANNERIES

Depuis 1822, la Tannerie, autrefois très-prospère à Marseille, n'a pas cessé de décroître jusqu'à ces dernières années où une certaine reprise d'affaires a été signalée.

Eh 1848 , notre ville comptait 14 tanneries occupant 900 ouvriers; on y préparait 25,000 gros cuirs , 720 peaux de chèvres , et 300,000 peaux de moutons.

En 1862 , le nombre de fabriques travaillant les gros cuirs était réduit' à neuf, occupant 600 ouvriers, et travaillant 15,000 gros cuirs; sept autres fabriques préparaient 250,000 peaux de moutons et 100,000 peaux de chèvres.

La situation , s'est sensiblement améliorée. On compte aujourd'hui à Marseille vingt-cinq établissements occupant 1,300 ouvriers et 250 ouvrières. Le chiffre des peaux tannées est considérable , et se répartit ainsi :

14,000 gros cuirs; 174,000 peaux de moutons, 4,340,000 peaux de chèvres.

Indépendamment des diverses industries mentionnées ci-dessus, et dont l'importance exceptionnelle demanderait une notice spéciale, il existe à Marseille un assez grand nombre d'industries qui, sans être de premier ordre, méritent d'appeler l'attention des économistes. Leur prospérité ou leur décadence n'est pas sans influence sur la situation commerciale de notre ville. Nous regrettons de ne pouvoir les signaler toutes dans ce mémoire dont le cadre est nécessairement limité. Nous avons dû nous borner à désigner, dans un tableau sommaire que nous joignons ici, les principaux établissements industriels qui existaient à Marseille au 31 décembre 1874.

TABLEAU

DB8 PRINCIPAUX ETABLISSEMENTS INDUSTRIELS DE LA VILLE DE MARSEILLfe

Année 1874

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