CCI VII
^ Arcb. muD. de Monlp., Arm. Dorée, Liasse C, No 6 h\$, — P. J., ccxviii.
' Ces foires remontaient à la fin du XlIIe siècle , et au règne de Philippe le Bel. Voy. les lettres du 4 janvier 1295-96 et de septembre 1298, ap. Ordonn. des rois de France, XIX, 623. — Elles se tenaient chaque année trois fois à Pézenas et deux fois à Montagnac.
d'un rayon de trente lieues autour de leurs villes respectives ' . Mais le gouvernement de Charles VU! sut briser cette résistance , et maintint avec succès Toctroi des deux foires , départi au commerce de Montpellier *. Il confirma également l'érection, déjà consentie par Louis XI , de Vart de la draperie dans nos murs, avec jouissance de privilèges pareils à ceux des villes les plus favorisées en ce genre , telles que Rouen, Bourges , Perpignan et Tours, en ajoutant aux concessions de son prédécesseur relatives aux draps de laine des franchises analogues touchant les draps de soie '. Puis il revêtit immédiatement de sa haute approbation les statuts destinés à régir chez nous cette branche importante d'industrie V En même temps , fidèle aux vieux usages, et jaloux de remettre en vigueur les anciennes traditions , il prescrivit l'exacte observance de la coutume qui limitait aux changeurs ou banquiers , ainsi qu'aux bourgeois , marchands et artisans , l'admission au
' LeUres de Charles VIII du 4 2 mai et du 46 août U88, Arcb. mon. de Montp. , Grand Chartricr, Arro. B, Cass. XII, No 3, et Arch. du greffe de la mais. consuK, Arm. A, Liasse 45. Cf. Lettres du même prince du 9 septembre 4 488, où toute Taffaire est longuement exposée (Arm. Dorée, Liasse C, N» 5). — P. J., cczix et ccxx.
2 Lettres du 9 septembre 4488, déjà citées. — P. J., ocxz.
' Lettres de juillet 4493, Arch. mun. de Montp., Gr. Thal.^ fol. tôt ro. — P. J., ccxxv.
* Autres lettres de Charles VIII de Juillet 4493, Or. Thai,. fol. 499 v«». — P. J., ccxxvi.
consulat, à l'exclusion des clercs, docteurs, avocats et autres gradués * .
C'était manifester clairement l'intention de conserver à Montpellier son rôle commercial. Aussi la bonne ville en remercia- t-elle avec sincérité legouvernement de Charles VIII , surtout lorsqu'elle vit nombre d'étrangers, prenant au sérieux les grâces royales , transporter dans son enceinte leur domicile et leur industrie * .
Louis XII suivit ces voies réparatrices. On le rencontre s'appliquant à protéger ces laborieux bourgeois de récente installation % et s'efiforçant de raviver, au profit de la masse des habitants , nos affaires languissantes. Un de ses premiers soins comme monarque est de confirmer, en juillet 1498, les privilèges octroyés par ses prédécesseurs à la draperie montpelliéraine , c'est-à-dire aux divers métiers travaillant chez nous la laine et la soie*. Puis, en août 1505, il ajoute aux
^ Lettres du 6 juillet 4493, Arm. Dorée, Liasse 2, No 6. — P. J., ccxxrv.
' Arch. mun. de Montp., Arm. Dorée, Registres d'habiianage cotés 59 A et 59 B, et Liasse 2 , No 4. Cf. Arm. F, Cass. V, N» 47, et Arm. G, Cass. VI, N» 70.
' A les protéger contre nos consuls eux-mêmes, qui, oubliant les services que ces étrangers rendaient à leur ville, prétendaient les astreindre immédiatement à payer les tailles. Louis XII favorisa, sous ce rapport, une salutaire transaction, comme le marquent ses lettres du 7 décembre 4503, transcrites au Grand Thalamus, fol. 224 r». — P. J., ccxxxi.
^ Arch. muQ. de Montp., Arm. Dorée, Papiers ramassés. Liasse 4,
6U HISTOIRE DU CUMMERCE
deux foires précédemment concédées par Charles VIII deux marchés , revenant eux aussi deux fois chaque année , et devant durer chacun également huit jours non fériés. Il veut , afin de retenir plus efficacement à Montpellier le commerce , qui tend sans cesse à s'en éloigner, que ces deux marchés s'intercalent à juste distance entre les deux foires , le premier s'ouvrant le 2 janvier, et l'autre le 12 juillet. En réalité, et quoique sous un nom différent , Louis XH créait là pour nous deux nouvelles foires ; car il assimilait ces marchés^ quant aux franchises, non -seulement aux anciennes foires de Montpellier , mais à celles de Pézenas , de Champagne , de Brie et de Lyon , qui occupaient le principal rang parmi les rendez -vous conunerciaux de la France d'alors*. Aussi l'opposition qu'avaient interjetée , dix-sept ans auparavant , Montagnac et Pézenas contre l'établissement des foires de Montpellier, se reproduisit -elle à propos de l'institution de nos deux marchés. Mais le gouvernement de Louis XII ne sut pas moins se faire obéir que celui de Charles VIII ^, et les deux marchés continuèrent de venir en aide aux deux foires , pour retenir
No 12, et Gr, Thaï,, fol. 245 vo. Cf. Ordonn, des rois de France, XXI, 403.
' Arch. muD. de Monlp. , Arrn. Dorée, Liasse 4, No 46. —