‹ Histoire du commerce du Levant au moyan-âge [microform]Chapitre 102 sur 251 · I. 200, 221; Chalcoc., p · texte numérisé non relu

I. 200, 221; Chalcoc., p

‘ Hammer, op. cit, 329 , 343 , 366, 425; Stanley Lane Pool. 1. <■., p. 775. 779.

* Qhistele, p. 329.

* Piloti, p. 376.

* Piloti, p. 371 ; cf. Cliemseddin, p. 318.

* Cepio, De Pétri Mocenici gestis, (Baail. 1544), p. 25 — 29; Malipiero, AnneUi ceiteti, I, 74 et ». Ou raconte que lee 104-

eiégéa auraient fait savoir à l’amiral vénitien que, e'il autorisait le pillage, on e’eu vengerait sur tes marchands vénitiens établis en Syrie: cette menace l’aurait décidé à abandonner le eiége de la place : Bemabei, Cronaca nneonitana, dans la CoHexione di documenti storici delle rittà e terre Marchigiane, I, 189 et «.

' Oeseh. des Osman. Ketchs in Eurofin, 11, 404, uot. 2.

356 Troùtihtir fiériodr. — Décadencf du mmmerrr du Lermii.

trop loin; si Satalia était alors le plus grand marché des épices pour l’Asie-Mineure,' on ne saurait admettre qu’elle eût la même importance pour le reste du monde et, pai ticulièrement, pour l’Occident.

Quant à Candelore (Alaïa), c’est dans les mémoires de Boucicaut qu’il en est fait mention pour la première fois, au XV° siècle:^ le maréchal visita ce port au cours de son expédition dans le Levant (1403) et U j vit des magasins abondamment fournis.’ Les habitants ne se bornaient pas à leur trafic avec l’Elgypte : ils entretenaient également des relations avec Chypre; rien n’était plus naturel, vu le voisinage de l’ile, mais ils avaient aussi pour le faire des motifs d’intérêt politique. Grâce à la protection des puissants princes de Caraman qui, cantonnés dans leurs domaines au sud-est de l’Asie-Mineure, se défendaient énergiquement contre les Osmanlis , Alaïa avait eu la chance d’échapper à la domination de ces derniers. Les émirs qui la gouvernaient se rendaient un compte exact de l’intérêt que les rois de Chypre devaient nécessairement porter au maintien de son indépendance; ils savaient qu’en cas de besoin ce sentiment pouvait se traduire en actes. L’un de ces émirs, Loufty bey, conclut, en 1450, avec Jean H, roi de Chypre, un traité par lequel les deux souverains se promettaient mutuellement d’agir en bons voisins et garantissaient, par voie de réciprocité, aux marchands des deux pays, un accueil amical* Les rois de Chypre envoyèrent effectivement plusieurs fois des ti'oupes au secom-s de Candelore; néanmoins, le sort final de la principauté était inévitable: elle fut réunie, en 1471, à l’empire des Osmanlis.’

Venise ne voyait pas avec moins de déplaisir que les rois de Chypre l’envahissement progressif de l’Asie-Mineure par les Osmanlis. Au moment même où Mahomet II venait de porter à l’empire byzantin le coup de la mort, un ambassadeur de la République, Giovanni Mocenigo, partait pour Iconium avec mission d’y conclure un traité avec Ibrahim beg. prince de Caraman, l’un des rares adversaires des Osmanlis encore debout: ce n’était peut-être pas un pur effet du hasard. A ne consulter

' “Fa la maggior et la più ricca fiera che se fazza in lutta la provincia:“ Ualip., 1. c., p. 74.

’ H paraîtrait qu'il faudrait faire remonter encore un peu plus haut, c'est il dire jusque vers 1366, le début des relations commerciales entre Raguse et Candelore; V. Luccari, Ristretto degli annoH di Rama, p. 63.

* Le litre des faiets du maréchal de Boucicaut, dans Michaud et Poqjoulat.

CoU. de mém.. Il, 271.

* Ce traité a été publié en langue originale (en grec) dans Hiklosicb et Muller, Acta et diplom. groeca medii eerù III, 284 et 8., et avec traduction française en regard, dans Mas Latrie, Hi>t. de Chypre. m, 64—66.

‘ Malipiero, Annal! veneti, I, 66; de Mas Latrie, Hist. de Chypre, ni, 175.

321, 336; Hammer, Oeteh. des otmam Reiehs. U, 104.

TIl. fj Ane-Mineure, turque. 357

que le texte du traité,* il ne semble, il est vrai, avoir aucune portée politique: c’est exclusivement un traité de commerce. Mais, dans la lettre dTbrahim qui l’accompagne, il est fait allusion k d’autres conventions verbales, visant un ennemi commun qui ne pent être que le sultan des Osmanlis. Sans une alliance motivée par un intérêt de défense commune, il serait impossible d’expliquer l’étendue des concessions faites par ce prince sur le terrain commercial H renonce k exiger des marchands vénitiens, dans l’intérieur de ses états, aucune taxe commerciale. D les autorise à faire usage de leurs propres poids et mesu.'es pour les marchés conclus avec ses sujets. Il consent à ce que la République installe, partent où il lui plaira, un consnl jouissant du droit de juridiction et un fondaco fcarvasera over fontego) pour les marchands, qui conserveront cependant la liberté d’habiter au dehors. On ignore dans quelles proportions les Vénitiens usèrent de ces concessions. .Jusqu’à la mort d’ibrahim beg, arrivée en 1463, la paix ne fut pas troublée dans la principauté de Caraman, et il est certain qu’ils durent mettre à profit une période de dix années d’un calme favorable aux affaires. Mais, à la suite de deux guerres malheureuses contre le sultan des Osmanlis, les fils d’ibrahim beg furent contraints de quitter le pa3rs: en dépit de leur alliance avec Onzoun Hassan, prince des Turcomans, et de la coopération d’une fiotte vénitienne, il ne purent jamais rentrer en possession de leur héritage. La victoire décisive remportée par Mahomet U sui- Ouzoun Hassan, à la grande bataille de Terdjan, en 1473, fixa le sort de la principauté de Caraman; à partir de ce moment, l’Âsie-Mineure tout entière passa définitivement sous la domination des Osmanlis.

La côte septentrionale de l’Asie-Mineure avait déjà été englobée dans la conquête par les Osmanlis victorieux. Mais, avant de parler de la fin des principautés échelonnées le long de cette côte, il nous faut remonter un peu plus haut Au cours de la période précédente, nous avons déjà vu la domination des Osmanlis s’étendre sur toute la Blthynie. Alors rêvaient sur une vaste étendue de pays, à l’est de cette province, dans la Paphlagonie. les princes de Kastemouni, de race turcomane. Leurs domaines entouraient deux enclaves grecques, les villes de Ponte -Heraklea (Punderekli) * et

‘ Ce traité, daté d’Iconium le 13 févr. 1463 (1454 d’après la chronologie générale) se trouve dans Bomanin, Sloria di Venexia, IV, 683 et ss., et dans la CM. de* doe. inid., mil. kûtor., III, 309 — 318; la lettre d’envoi est également dans e* dernier ouvrage, p. 313.

’ Sanuto, dans Hopf, Chroniques gréroromanes, p. 146; Âboulféda, Oiogr., trad. Beinaud, n, 1, p. 39; II, 3, p. 143; Nicéph. (Irég., I, 489; Cantacuz., n, 589.

358 Trn'ixi'rmc périodr. — Dicndencr du nommera' du Ijcrnid.

d’Âmastris (Âmasserah).’ Âu commencement de la deuxième moitié du Xrv* siècle, ces villes dépendaient encore des empereurs byzantins, mais ceux-ci sentaient déjà l’impossibilité de les conserver. Héraclée passa au pouvoir des Tuiles en 1360, soit par suite de la mollesse de ses défenseurs, soit par le fait d’une vente en règle;* Amastris partagea le même sort, mais on ne sait plus ni à quel moment ni de quelle manière ce changement de régime s’était produit. Vers la fin du XIV' siècle, cette ville était gouvernée pai’ un émir que nous ne connaissons que sous le nom, évidemment défigiu-é, de “Dinos“ que lui donne l’historien Phrantzès: dépossédé par Bajazet, en 1393 probablement, il alla comme d’autres chercher un asile auprès de Tamerlan.” La république de Gênes se fit, à ce qu’il semble, donner Amastris par le sultan ; peut-être avait -elle coopéré activement à la prise de la ville en lui fournissant une flottille. Quoi qu’il en soit, on trouve pour la première fois, en 1398, la mention d’un consulat génois d’Amastris,‘ et ce consulat n’était pas considéré comme établi en territoiie étranger, car Clavijo, qui se trouvait dans cette ville en 1404, désigne positivement Samastri comme ville génoise; l’historien byzantin Ducas lui attribue la même qualification.^ Sur quelques cartes du Moyen-Age, on volt, à côté du nom de Samastri, un drapeau génois, et cette colonie ne devait pas être classée parmi les moins importantes parmi les colonies du Pont, car, à l’époque même où le gouvernement génois accordait à Cafia une sorte d’hégémonie dans la mer Noire, il s’était réservé la nomination du consul de Samastri et de son secrétaire. On en fit une place forte et. de nos jours encore, l’œil le moins exercé peut reconnaître aux guirlandes qui constituent une ornementation raractéristique, aux armoiries qui surmontent les portes et à divers auti'es indices, l’origine génoise d’une partie au moins des fortifications.* Le consul de (’afl^'a fut longtemps chargé de l’entretien des onvi'ages de fortification et de la garnison; mais nous verrons plus loin, qu’à partir de 1449, ce .soin fut rattaché aux fonctions du podestat de Péra. De nos jours, le double

' Geogr. Acrop., p. aO; Cantnciiü., 1. c. * tin voit, sur un manuscrit de Pacliymèrès, en marge, une ancienne glose qui Kxe cette date; elle attribue la conquête aux Persans ; mais sous ce nom on doit, sans doute, entendre les Turcomans. Clavijo.

se trouvant sur les lieux eu 1404 entendit raconter par les habitants que la ville avait été vendue une trentaine d'années auparavant par l’empereur grec au i)ère du prince alors régnant, Miznl Matbalabi

(p. 79). Cf. ilikiosich et Muller. AnUi grœca. II. 102 et s.

* Phrantzès, p. 82, 83. La campagne de Bajazet contre le prince de Kastemouni (Hammer, I, 227 et s.) dut avoir également des suites fiieheuses pour l'émir “Dinos“.

' Atti Mta Son. Lig.. XIV, 103, 110.

‘ Clavÿo, p. 80; Duc,, p. 183.

' Ritter, Klrina*im. I, 770 et s.

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