‹ Histoire du commerce du Levant au moyenâgeChapitre 37 sur 145 · Les états croisés au 1er siècle de leur existence · texte numérisé non relu

Les états croisés au 1er siècle de leur existence

sur les frontières de l'empire des califes, parcouraient les régions de l'Asie centrale habitées par des peuplades indépendantes de race turque, et poussaient même jusqu'en Chine, pour en rapporter les produits sur les marchés arabes. Ils partaient du Ferghâna, (Khokand) sur le haut Yaxarte, passaient le col de Térek ou suivaient la grande route qui passe à Talas et longe le lac d'Issik - Koul , allaient aboutir, dans le bassin du Tarim, à Koutcha, où ces deux voies se réunissent, et de là continuaient vers la frontière chinoise, passant probablement par l'oasis de Khami. Ils allaient aussi chercher dans le Khotan le musc et la rhubarbe. De leur côté, les habitants du Khotan et du Thibet allaient eux-mêmes porter leurs marchandises dans la Ferghâna et jusqu'en Afghanistan et en Perse.1 Tout ce mouvement se faisait au profit de Bagdad, qui voyait affluer sur son marché tous les produits de l'Orient Ceux que la nombreuse population de la ville ne consommait pas ellemême se répandaient de là dans le monde entier, soit par les nombreuses voies fluviales, soit par les chemins de caravanes qui rayonnaient autour d'elle. L'objet de ce chapitre nous amène à nous occuper d'abord des voies qui conduisaient vers la Syrie. L'un des nombreux avantages de la situation de Bagdad et non le moindre assurément, était qu'elle se trouvait sur l'un des points où le cours du Tigre et celui de l'Euphratc sont le plus rapprochés; les deux fleuves étaient reliés par un canal assez court, le Nahr-Issa qui formait, dans la direction que nous étudions, la principale artère commerciale. Les produits de — l'Inde et de la Perse expédiés par cette voie atteignaient l'Euphrate à ~~ Anbar et remontaient ce fleuve jusqu'à Rakka, place de commerce florissante depuis des siècles.2 C'était le point d'intersection de deux grandes routes de caravanes aboutissant à l'Euphrate : l'une, quittant le Tigre au dessus de Bagdad, à Mossoul, siège d'une importante industrie de tissus et d'un vaste commerce,3 s'infléchissait vers Nisibe, puis, se prolongeant au-delà, versait dans l'Asie-Mineure une quantité considérable des produits de l'Orient; l'autre s'écartait du Tigre encore plus haut, à Amida (Diarbékir), et courait sur Rakka en passant par Samosate, Edesse et Harran.4

' Edrisi, I, 492 et ss.; II, 214 et ss.; 1 faut lire en outre les explications de Richthofen, China, I, 502 et ss.; elles en sont le commentaire indispensable; voy.

aussi la carte u° 9, du même.

1 Edrisi, H, 136, 144 e* s.

3 Marco Polo dit au sujet de Mossoul (éd. Pauthier, p. 45): "tous les draps à or et a soie qui se font en ce pais, s'appellent

mosolins, et issent de ceste terre moult gratis marcheans, qui s'appellent Mosolins, lesquels portent moult graut quantité d'espiecerie et de pelles (pailes) et de draps à or et de soie/ Je montrerai plus loin que ces grands marchands de Mossoul visitaient aussi le royaume de Jérusalem.

4 Edrisi, II, 148—153: Yaqout, dans WUstenfeld, op. cit. p. 431—444.

168 Deuxième période. —

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