‹ Histoire du commerce du Levant au moyenâgeChapitre 79 sur 145 · I. Fondation des colonies commerciales · texte numérisé non relu

I. Fondation des colonies commerciales

pagne victorieuse à travers l'isthme du Caucase et la plaine de Kiptchak, et dont le fait d'armes le plus mémorable fut la victoire remportée par eux sur les Russes près de la Kalka:1 soustraite peu de temps après à leur domination, la ville fut reprise par eux en 1239.* Cependant elle conserva son administration indigène et son évêque grec; les khans tatars se contentèrent d'exiger d'elle un tribut* Habitée par une population en grande partie grecque et en grande majorité chrétienne (du moins à cette époque), mais en même temps tributaire des Tatars, Soldaïa était une excellente station intermédiaire pour les marchands et les moines avant de s'engager dans l'intérieur des pays tatars. Le moine Guillaume de Rubrouck y débarqua en 1253 et fut hébergé dans les dépendances de l'église cathédrale; c'est de là qu'il partit pour le voyage qu'il poussa jusqu'à l'extrémité de l'Asie. C'est là aussi probablement que débarquèrent, en 1260*, les marchands vénitiens Niccolo et Maffio (Mathieu) Polo pour aller vendre des bijoux à la cour de Berké, khan de Kiptchak. Us arrivaient directement de Constantinople où leur frère aîné et associé Marco passa une partie de sa vie et où il se trouvait peut-être à cette époque. Lui aussi, il étendit ses opérations commerciales jusqu'à Soldaïa, sinon précisément à ce moment, du moins plus tard, et il y avait une maison (une succursale peut-être). Quand, arrivé à un âge avancé, il se décida à se retirer à Venise sa patrie, cette maison était habitée par son fils Nicolas et sa fille Marocca; par son testament (5 août 1280), il leur en laissa la jouissance leur vie durant, tandis qu'il en léguait la nue propriété aux Franciscains de la ville.5 H n'est pas probable que Marco Polo l'ancien ait été une

1 Ibn-Alathir, L c. p. 467; Aboulf.

A trnal . m iisl. TV, 301; Erdmann, Tcmudsehin, p. 434. L'Archimandrite Autoniuos a publié dans les Mémoires (en russe) de la société d'histoire et d'Antiquités d'Odessa (V, 1863, p. 595 et ss.) des notes très intéressantes pour Thistoire de Soldaïa, extraites d'un ancien Synaxarion grec: elles signalent, en 1223, la première apparition des Tatars dans la ville (p. 601 , n° 33).

Notes du Synaxarion, op. cit. p. 597, n° 10.

8 Guill. de Rubrouck, p. 217.

4 Marco Polo fait mention de ce voyage dès les premières lignes de sa relation; les meilleurs manuscrits le fixent à Tannée 1250; mais nous avons les raisons les plus sérieuses pour ne pas accepter cette indication: voy. Neumann

dans la traduction de M. Polo par Bûxk, p. 606; l'édition de M. Polo par Pasini, p. 271; celle de Pauthier, I, 5, 7, 17; celle de Yule, I, 2, 5, 8. Ce dernier a adopté avec raison la date de 1260, et l'a substituée dans le texte à celle de 1250, comme l'avait proposé M. Hammer, Geschiehte der goldenen Horde, p. 168, no t . 3.

5 Ce que nous savons de cet oncle du célèbre voyageur, de son séjour à Constantinople ("quondam deConstantinopoli"), de la maison qu'il possédait à Soldaïa, ressort de son testament: cette pièce à été publiée d'abord par Cicogna, Inscr.

venex. III, 489 et s., puis dans le supplément des Viaggi di M. Polo, éd. Pasini, p, 430 et s.

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