CHAPITRE II
I« Ajq^^ en Flandre. — Pillage des villes de Nieuport, d'Ostende et
WpieB. — Suspension des hostilités. — Commerce de Bruges avec
llrlande. — Canalisation du Démer. -r- Le duc de Bourgogne hérite de la
î^dre. — Nouveaux troubles. — La guerre d'Ecosse. — Invasion de
lile de Cadzant. — Expéditions navales des Gantois et des Anglais. — >
Coatinuation de la guerre. — Siège de Damme. — Triste situation de la
*^dre. — Traité entre le duc de Bourgogne et les Gantois. — Arme-
^■^Cûts maritimes contre l'Angleterre. — Bataille navale de Blankenberghe.
""- Guillaume Beukels. — La meunerie en Belgique. — Commerce avec
1 Espagne. — Réforme monétaire. — La guerre de Gueldre. — Affaires
^eprance. — vTraité avec les Hanséates. — Valeur de quelques denrées.
*~" Ia foire d'Anvers. — Folie de Charles VI. — Les tapisseries de Flan-
^' -^ Mariage de Richard IL — Les Belges en Hongrie.
'^s discordes civiles, si funestes à la Flandre, continuaient ^^ésoler ce malheureux pays, lorsqu'une grande nouvelle se %ndit tout à coup de proche en proche : une armée anglaise ^^l^nt de débarquer sur la côte, avait mis les gens du comte en TOe déroute et se dirigeait sur Dunkerque. Les conseillers ^^ Richard II s'étaient décidés en effet à prêter leur appui aux "^tois, dont cette résolution comblait toutes les espérances.
Tandis que les milices communales, obéissant à l'impulsion ?^' leur était donnée par Pierre Van den Bossche et Ackerman, se disposaient à opérer leur jonction avec les troupes britanniî^es, celles-ci traversaient Dunkerque, s'emparaient de Bour-
bourg, de Cassel, de Saint -Venant, et détruisaient de fond e comble la ville de Nieuport, dont les habitants étaient resté fidèles à Louis de Maie. Ostende, qui dépendait de Bruges, avaî éprouvé un sort semblable quelque temps auparavant.
Les Anglais étaient arrivés sous les murs dTpres, si renommée à cette époque pour son activité industrielle, lorsqu'un corps de vingt mille Gantois vint à leur rencontre, et commeoçi avec eux le siège de cette riche cité.
La commune d'Ypres, au xiv« siècle, était une véritable place forte, entourée de remparts et de fossés. ÏDeux enceintes II protégeaient contre toute attaque : l'une renfermait la ville • actuelle; Tautre servait à couvrir de vastes faubourgs, habités par la population ouvrière, parmi laquelle on comptait surtont des drapiers , des tisserands et des foulons. Les assiégeants pénétrèrent, le fer h la main, dans la plus étendue de ceslignei. de défense, sans pouvoir s'avancer toutefois jusqu'au centre te la cité. La prise des faubourgs s'accomplit néanmoins avec une telle rapidité que les femmes et les enfants n'eurent pas mène le temps de se retirer, et périrent en foule au sein des ruines de leurs maisons incendiées. Les entrepôts, les métiers à tisser, tout fut détruit par les assaillants, à tel point que la ville dTprtS, . privée de tous les éléments de sa prospérité, ne recouvra janMBS son ancienne splendeur. Les princes français, auxquels rinaotion n'était plus permise, avaient convoqué leurs hommes i Arras, le 15 août 1383. Ceux-ci se mirent bientôt en mouvement, traversèrent la frontière, et, obligeant les Anglais àlever le si^ d'Ypres, les cernèrent à leur tour dans la ville de Bourbourg. 'L'armée britannique luttait péniblement contre des forces supérieures, lorsque les Gantois, sous la conduite de leurdrf Ackerman, réussirent à surprendre Audenarde, dont on avA eu l'imprudence d'affaiblir la garnison. Cette diversion sauti les troupes anglaises, avec lesquelles on se hâta d'entamer dei négociations. Louis de Maie cherchait à amener un rapprochement entre Charles VI et Richard II, dans l'espoir tfisotafj entièrement les communes flamandes. Une trêve fut signée ei! effet entre les belligérants, mais le comte eut la mortificatioi d'y voir comprendre les rebelles , qui restèrent en possessioft de toutes leurs conquêtes. Profondément humilié de la dédai-
gneuse indifTérence avec laquelle on avait accueilli ses avis, le cœur brisé de chagrin, il se retira à Saint-Omer, où il rendit le dernier soupir le 30 janvier 1384.
Nos relations mercantiles, bien que solidement établies, avaient beaucoup souffert durant ces troubles. Il paraît cependant que les Brugeois conclurent un traité de commerce avec les Irlandais en 1383 (1), et que ceux-ci fondèrent un comptoir en Flandre à cette occasion (2). La duchesse de Brabant, veuve de Wenceslas de Luxembourg, fit exécuter vers le même temps quelques travaux afin de faciliter la navigation et l'écoulement des eaux du Démer (3). .
Le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, héritier de Louis de Haie, se présenta à ses nouveaux sujets trois mois après la Mort de son beau-père. Il n'en fut pas mieux accueilli, et s'en vengea en confisquant tous les biens que les Flamands possédaient dans son duché (4). Richard II, usant de représailles, défendit à Jean Bourghelier, qu'il avait créé régent de Flandre, de permettre la circulation des monnaies bourguignonnes (S).
La trêve n'était pas encore expirée, lorsqu'un seigneur belge, le sire d'Escornaix , enleva par surprise la ville d'Audenarde Siux Gantois. Les deux partis firent aussitôt leurs préparatifs de gaerre, principalement les Français, qui voulaient envoyer deux années contre leurs rivaux d'Angleterre, afin de les attaquer à la fois en Ecosse et sur les limites du Limousin et de l'Auvergne, où le roi Richard avait conservé quelques forteresses.
Enattendant le signal des combats, Philippe le Hardi augmen- ^lla puissance de sa maison en mariant ses enfants aux héritiers du duc Albert de Bavière, et leur assurait par cette alliance des droits sur le Hainaut, la Hollande, la Frise et la Zélande. Comme la succession de la duchesse de Brabant était déjà promise à Marguerite de Bourgogne, tout faisait prévoir la
il) Sanderus, Pland. iUusir.y tom. 11, p. 6.
W Ckronyk van Vlaenderen, Bruggc, Andréas Wydts, in-fol., ecrsie dceU XUIY.
(') Ces travaux furent repris en 1468, en 1492, et en 1639. (4 De tarante, Hist. des ducs de Bourgogne , avec notes par M. Gachard, *• I., p. M.
PI Par lettres du 16 déc. 1338. Voy. Rymcr, Fœdera, etc.
réunion future, sous un même prince, de la plupart des grands fleils des Pays-Bas.
On se réjouissait encore à Cambrai, où les fêtes nuptiales avaient été célébrées, que déjà la ville de TËcluse retentissait du bruit des armes. De nombreux navires de guerre, ornés de pavillons éclatants et variés, mettaient à la voile et descendaient lentement le Zwj^n : Tamiral Jean de Vienne partait pour rËcosse, et le plan d'attaque combiné en France recevait un commencement d'exécution (1).
Les Anglais, menacés dans le nord, n'avaient qu'un moyen de déjouer les projets de leurs ennemis, celui de soutenir énergi- <iuement les Flamands révoltés. Ils n'y manquèrent pas, unirent leurs forces navales à celles des Gantois et opérèrent une descente dans l'île de Cadzant , qui tenait pour le duc de Bourgogne. Ce pays, mal défendu, fut entièrement pillé, malgré les efforts des habitants de l'Écluse, assistés de quelques Normands, qui ne parvinrent à arrêter qu'un seul navire ennemi, dont ils massacrèrent l'équipage. Les confédérés se séparèrent ensuite et tandis que l'escadre britannique se dirigeait vers l'embouchure de la Somme, les Gantois, qui avaient réuni trente vaisseaux, tentaient de surprendre Anvers. L'expédition ne fut pas heureuse, et le commandant des rebelles, Jacob de Scheutelaere , revint au Sas après avoir perdu la plus grande partie de ses navires et de ses hommes.
Cette défaite rendit le courage à leurs adversaires. Les villes de Bruges, de Biervliet, de l'Écluse, de Termonde et d'Anvers, qui s'étaient ralliées au duc de Bourgogne, équipèrent aussitôt des vaisseaux, bloquèrent l'embouchure du Hont et se disposèrent à ravager le territoire des Quatre-Métiers.
Les Anglais, après s'être emparés d une flotte française chargée de blés et de vins, se hâtèrent de retourner en Flandre et de se joindre à leurs alliés, qui essayaient de se rendre maîtres de Biervliet. L'arrivée des Hollandais et des Hennuyers, amenant des renforts aux assiégés, forcèrent les assaillants à se retirer.
( 1 ) Lo sire de Vienne amenait avec lui mille homme d'armes eiiOOO archers, el soldats, la plupart bour^'uignons. Voy. Tyller, Hist. ofScotland, tom. II p, 348.
ET DB LA MARINE EN BELCtQUE. ST
ce qu'ils ne firent pas néanmoins sans avoir rompu les digues
el inondé une partie du pays.
François Ackerman, le cliefdes milices gantoises, continuait
cependant à tenir la campagne. Repoussé devant Ardembourg,
il se présenta tout k coup sous les murs de Damnie, et réussit à pénétrer dans cette ville. Ce succès, qui mettait ù la disposition des révoltés une des meilleures forteresses du pays, provoqua une nouvelle intervention de la part de la France, et le roi Charles VI, à la léle d'une puissante armée, vint camper non loin lie Damme. Le siège de la place tut long et meurtrier, car Mernian la dérendit avec un courage héroïque. Pendant que les Français étaient ainsi occupés, un complot se formait à l'Ecluse pour incendier leur (lotte, mais il fui découvert au momenl oii il allait éclater, et les coupables furent condamnés su dernier supplice.
U position des assiégés devenait extrêmement précaire, lorsque le capitaine gantois, comprenant qu'il ne pouvait Pister plus longtemps, feignit une sortie, traversa les lignes ennemies et réussit à s'échapper. La ville de Damme, ahanilonnée de ses défenseurs, fut aussitôt envahie, complètement "^ccagée par les gens d'armes du roi et livrée aux flammes (1). Us populations rurales, succombant sous le fardeau des ■^tes, soumises à des violences de tous genres, se plaignaient "ttèrement. Des handes de paysatia, dont la guerre avait ^''ôlnti toutes les ressources, quittaient leurs misérables deî^^res, parcouraient tes hois et les champs et dépouillaient '^■ïiMinctemenl tous ceux qui tombaient entre leurs mains. La •••Dllion des habitants des villes, dont la plupart devaient leur "ïtaie au commerce et à l'industrie, n'était pas meilleure. *<m négoce était rendu impossible, et déjà les Turcs et les ^Tisins s'étonnaient de ne plus voir arriver les vaisseaux de ''îlwdpe- La crise commerciale qui résultait de l'abandon des l'i'rebés flamands élait telle, qu'on en ressentait les effets i^^w dans les contrées les plus éloignées.
I*ïs murmures éclatèrent enfin de toutes parts, même k l'and, dont la riche bourgeoisie commençait it se tasser de la
(liVghlnsbam. Hi» 6rms, Arjjfliff 3î5.
guerre. Un armateur, Roger Everwin, s'entendit secrètemeat avec le doyen des bouchers, Jacques Everlberg, et tousdeàz résolurent de renverser Pierre Van den Bossche, le représotant des petits métiers, et de rendre la paix au comté. Le daede Bourgogne, informé de leurs démarches, consentit à promettra une amnistie générale et s'engagea à respecter les privilège de la ville.
Los conjurés, comptant sur Tappui de deux puissantes eo^ porations, celle des commerçants de mer et celle des boucherie n'hésitèrent pas à lever le masque. Ils se rendirent sur la place du Vendredi, en armes, et levèrent tout à coup la bannièn nationale, en criant : « Flandre au lion! Le duc donne lapiiî à la ville et pardonne aux coupables. » Ce cri, qui exprimait m vœu général, fut bientôt répété par la foule, et il ne resta plM à Pierre Van den Bossche et h ses adhérents qu'à quitter la viOé ou à se soumettre. Le gouverneur anglais se retira le premier, et Pierre Van den Bossche ne tarda pas à suivre son exemple. Au moment d'abandonner pour toujours le sol natal, il engagei Ackerman à l'accompagner de l'autre côté du détroit. j
— Pourquoi irais-je vivre chez des étrangers, lui dit celuî-cît J le duc de Bourgogne n'a-t-il pas tout pardonné?
— Il ne vous sauvera pas contre vos ennemis, répliqua le tribun, adieu !
Ces mots étaient prophétiques, car le vaillant capitaine gantois tombait quelque temps après sous les coups d'un bâtard d» sire de Herzeele, qui l'attaqua au moment où il traversait, presque seul, Tune des rues de Gand.
La Flandre étant pacifiée , la guerre contre l'Angleterw absorba Tattenlion générale. Le roi et ses chevaliers, dansleif belliqueux enthousiasme, songeaient déjh à débarquer sur II rivage britannique, et à poursuivre leur marche triompliajl jusqu'à Londres. Une flotte immense stationnait à l'Écluse ell Blankenberghe, ayant à bord une ville en bois, dont toutes lei pièces pouvaient s'assembler en peu de temps, et qu'on se proposait d'élever en arrivant sur le sol ennemi. On faisait veut des navires des ports les plus éloignés, d'Espagne, de Prusse, de Hollande , et toutes les ressources navales des côtes de Flandre et de France étaient mises en réquisition. Parmi tant
de riches nefs, décorées avec un luxe extraordinaire, aucune a*était comparable à celle qui avait été équipée pour le duc de Bourgogne.
Ce magnifique navire , aux flancs d*or et d*azur, portait cinq grandes bannières, aux armes de Bourgogne, de Flandre, d'Artois et de Rbétel ; quatre pavillons de mer, à fond d'azur et à queue blanche, et trois mille pennons (1). La devise du duc, qui semblait déjà cacher une aspiration ambitieuse, les mots : « Il me tarde, » brillaient en lettres d'or sur les voiles déployées.
La présence de Charles VI, qui fit son entrée à l'Écluse entouré d'une cour splendide, augmenta encore l'aspect animé de la Ville. Froissart, l'habile historien de tant de batailles, et Eostache Deschamps, le gracieux poète, accompagnaient le monarque et s'apprêtaient à célébrer ses victoires. Deschamps n'attendait pas même le succès pour prendre la plume et, avec plus de zèle que d'inspiration, conjurait le prince, en termes Ponjpeux, h poursuivre son entreprise :
Noble lyon, poarvoiez voslrc gent, Vivres, vaisseaux aient sans scrupule :
N'ayez le nom, par le défault d'argent, D'Escrevice qui en alant recule!
Les derniers ordres étaient donnés, les troupes se trouvaient
^ bord, et on espérait partir d'un moment à l'autre, mais on
^^it compté sans le duc de Berri. Ce prince, secrètement
apposé à l'expédition, ne quitta Paris qu'au moment où la
^^n était trop avancée pour qu'on mita la voile, et fit échouer
^'Js ces projets de conquête. La belle flotte rassemblée à
•TÈcluse fut dispersée, le roi rentra dans ses États, et cet
^^mense armement ne laissa d'autres traces qu'un mécontente-
""^nt extrême parmi les populations, accablées d'impôts. Les
sens de guerre , durant leur séjour à l'Écluse avaient commis
*^tel8 excès que le duc de Bourgogne s'était cru obligé d'inter-
Wir, en défendant à ses officiers de saisir des marchandises
^ns indemniser leurs propriétaires (2). On n'entendait dans
'h De Baraule, Hist. des ducs de Bourgogne , toro. I, p. 97. (i) Archives de Lille, Reg. aux Chartes, 1386—1393.
30 HISTOIRE DU COMMERCX
toute la Flandre que des doléances , trop justifiées par FéM déplorable des affaires publiques. ^
Cependant les Anglais continuaient la guerre avec vij Le duc de Lancaslre, qui avait été cbargé de défendre le roi Portugal contre les Castillans, retournait en Angleterre une escadre, lorsqu*on lui fit savoir qu'une flotte marcha montée par des Flamands, des Hollandais, des Hanséates, dm Hennuyers, des Liégeois et des Français se trouvait dans Manche , revenant de la Rochelle. Elle était chargée de à treize cents tonneaux de vins de Saintonge et de Poitou, commandée par un Belge, messire Jean Buyck, marin habile expérimenté.
Jean Buyck, déjà parvenu près de l'embouchure de laTamî se croyait à Tabri de tout danger, lorsqu'il fut aperçu par T nemi. Il fit aussitôt force de voiles, poursuivi par la divi anglaise, et mit le cap sur TËcIuse, où il comptait se réfu Un combat étant devenu inévitable, il Taccepta avec int dite, et fit face à ses adversaires non loin de BÎankenberghe. lutte fut sanglante, et les Belges y perdirent plus de sept des leurs, massacrés durant l'action ou jelés par dessus le Peu de navires parvinrent à s'échapper : la plus grande pa de la flotte, c'est h dire plus de cent vingt-six bâtiments, restèrent au pouvoir du vainqueur. |
Quelques transfuges gantois, alliés aux Anglais, engageaient vivement ceux-ci à profiler des circonstances pour attaquaf^ rÉcluse, dont on se fût peul-élre emparé dans le premiflB moment de confusion. Pierre Van den Bossche, l'ancien tribut' se distinguait entre les plus ardents, et brûlait du désir descendre h main armée sur la côte. Le comte d'Arundel, chrf des forces britanniques, n'osa néanmoins suivre leurs conseili Il se contenta de réunir ses prises, fit encore quelquescou du côté d'Oosbourg et de Coxie, puis retourna à Londres avec captifs. On remarquait parmi ces derniers l'amiral flamand, Jean Buyck, qui mourut en Angleterre quelques années pltf! lard. I
Au nombre des marins qui avaient pris service souslabur: nière de Bourgogne, se trouvait à cette époque un honuM encore obscur, mais dont les humbles travaux devaient enrichir
ET DK LA. «ABINE EN BELGIQUE. 31
soa pays : dous voulons parler de Guillaume Beukcls, le célèbre inventeur du procédé en usage pour saler et encaquer les iareogs {1). La pêche des harengs lormait une branche d'industrie fort considérable au xiV siècle, et les bateaux (jui y étaient dtsiiaés jouissaient du privilège de traverser libremenl les lottes ennemies, sans être inquiétés.
D'après certains auteurs, Beukels vit le jour ii Hughenvliet, petibi bourgade dont la situation sur nos côtes n'est pas exactenwnl détemiinée. Sanderus nous apprend que ce lieu était compté au nombre des villes en 1309, et que la mer l'engloutit entiOl; on ignore néanmoins s'il faut le placer dans l'Ile de Cldunl, entre l'Écluse et l'Escaut, ou h Saint-Pielers-Capel- "In-Hunkenvliel, dans la paroisse de Slype, près d'Ostende.
D'tutres écrivains, s'appuyanl sur des autorités assez con- SliHHles, prétendent que notre marin naquit îi Biervliel, et cette opinion nous parait la plus vraisemblable. Un acte passé devant lemaitistrat de Bierviiet, en 1312, prouve qu'une famille du lûm lie Beukels y était connue, et qu'elle occupait même un '■Qg assez distingué parmi les habitants de celte petite ville, "fimarquons en outre que la tradition commune, au xvr siècle, '"•donnait cette localité pour berceau (2).
Avaul de reprendre l'histoire des dernières années du règne ^e Philippe le Hardi, rappelons que c'est i\ un autre Flamand, ""ni le nom est malheureusement inconnu, qu'on doit le per- '^tiontiement des moulins ît vent. Il en rendit le toit mobile, *^ qui permit désormais d'en tourner les ailes ïi volonté, La J^'lle de Spire, voulant élever un moulin en 1393, envoya dans ^ Pajs-Bas afin d'y faire recruter des ouvriers (3).
'I) Ce procéd<! consiste, cumme on le sait, d enlever les liile^^lins du ^'«if ïu moment où il vient d'eire pris, à le faire di^gorger dans de l'eau ^"t.ciile faire repaquer quelques jours a près dans de In .saumure sanKui-
«M«Bt«.
W U date de sa mort csl aussi incertaine que celle de sa naissaoee ; les ""> la place en 1347, d'autres cinquante ans plus lard. Raepsaet el Smalle- ^nontcbercbé à démontrer que la première date est fausse, et résulte ^iDit bule d'Impression dans l'ouvrage de Harcbanlius ; Vai'mi'wyck el ^iftliinlln fluenl tous deux la mort de Beukels en 1397.
DIUhmann, rhrim. der UadI Speger. Frankf. lUGï, in-r, p. HIV; l.elnnii. "'WwBdrfwin AwHtrdam. Amal, 1747. S vol. iii-8*. l. Il, p. «81.
» HISTOIRE DU COMMERCB
Tandis que nos rapports avec TAngleterre tendaient à { i^làcber, nos marchands faisaient de grands efforts pour i créer de nouvelles relations. Notre commerce avec la Péninsu Ibérique, toujours assez important, s*accrut considérablement partir de Tannée 1386. Les Portugais, les Navarrois et les Gafa lans, attirés à Bruges par les privilèges qu'on leur y accordai élevèrent successivement de vastes édifices dans cette cité, l'usage de leurs nationaux. Les actes des Cortès de Tore, € Espagne, nous donnent la preuve qu'on exportait dans ce paj une grande quantité d'étoffes belges, particulièrement des dra[ écarlates dTpres et de Gand (1). Nous voyons en outre par h archives des Cortès de Mouzon, de 1389, que les villes de Bai celone et de Mayorque sollicitèrent une licence afin d'arme quatre galéasses pour la protection du commerce de Flandn qui probablement se faisait, pour plus grande sûreté, par coi vois périodiques comme à Venise et en Toscane. Les Cortè demandèrent de plus qu'il fût arrêté que trois mois avant 1 départ des galéasses, et un mois et demi après leur sortie d port, aucun marchand ne pût expédier en Belgique des carga sons de sucre, de safran, de bois de teinture, de laque, d'anL d'encens, de coton filé, de dattes et de cumin (2). Cette mesur par laquelle on créait un monopole temporaire en faveur 4' trafiquants en denrées levantines avait pour but de permettre ceux-ci d'armer leur flotte, sans réduire leurs bénéfices d'u manière trop considérable.
Philippe le Hardi, qui ne négligeait aucun moyen d'assez fortement son autorité, conçut le projet, en 1387, de réfonn entièrement le système monétaire en usage en Flandre. Il co damna donc au billon les anciennes pièces d'or et d'arg^ battues sous Louis de Maie, non sans réclamations de part de ses sujets, auxquels cette conversion fit subir quelqn pertes. Les bourgeois des bonnes villes, un moment préoocup de cette réforme, eurent bientôt d'autres causes d'alarmes. D dissentiments graves éclatèrent, en 1388, entre le Brabant et
(1) On y voiidail lYîcaiialc d'Y près à 110 maravédis Taune , Técarial^ < (iand n'avait qu'une valeur de 100 inaravédis. {t) Voy Capmany, Mém. Hisl. sur Barcelonney l. III.
Goeldre. Le duc de Bourgogne, dont les Brabançons réclamèrent le secours, leur envoya deux cents hommes d'armes, tandis que Guillaume de Gueldre, s'alliant aux Anglais, annonçait non seulement son intention de résister aux forces qu*on rassemblait contre lui, mais ne craignait d'adresser des lettres (iedéfi au roi de France en personne.
Cette affaire, qu'on avait d'abord traitée avec dédain, prit tout à coup une grande importance. Le duché de Gueldre dépendait, eneSétde l'empire d'Allemagne, et déjà les négociants belges se demandaient avec appréhension s'ils allaient être exposés, de l'autre côté du Rhin, aux mêmes vexations qu'ils avaient déjà éprouvées en Angleterre. Il n'en fut rien cependant, car l'empereur n'accorda aucun appui à son vassal, qu'une armée française réduisit bientôt à demander la paix.
Tout avait réussi jusqu'alors au duc de Bourgogne. Il avait rétabli la tranquillité en Flandre, dont les habitants venaient de lui accorder un subside extraordinaire de cent mille francs, et ws emiemîs, humiliés et vaincus se voyaient forcés de reclier- *erson amitié. Il n'en fut plus ainsi après la guerre de Gueldre, tirant laquelle les contingents français, traversant un pays en Partie inondé subirent des pertes considérables. Les anciens ^nseillers de Charles V, disgraciés à l'avènement de son suc- ^eur, commencèrent à relever la tête.
•^11 est plus que temps, disait-on, que le roi sorte de tutelle, "^princes, ses oncles s'occupent exclusivement de leurs intértls propres, et n'ont aucun souci de la misère des peuples. Le Wsor public est obéré, les tailles s'élèvent chaque jour, le com- ^rce souffre et languit : cette situation doit avoir un terme.
Ces plaintes, d'abord timides et contenues, parvinrent enfin i'isqu'à Charles VI, dont elles flattaient l'ambitieuse vanité. Une *88emblée solennelle eut lieu à Reims, la veille de la Toussaint, ^ fut suivie d'un revirement politique aussi complet que soudain, '^roi, arrivé à l'âge compétent, déclara prendre la direction ^es affaires, et les ducs de Bourgogne et de Berri, quittant la Wur, se retirèrent dans leurs États.
Cet événement fut acclamé avec joie dans toute la France, comme le signe précurseur d'une ère nouvelle. Les impôts furent amoindris, les abus administratifs réprimés, et le conné-
34 HISTOIRE DU COMMBRGE
table de Ciisson rentra au conseil avec les sires de Goucy el la Rivière.
L*allégresse publique, bruyante et vive comme toute dëi slration populaire, fut de courte durée. II fallait à la France souverain aussi habile qu'énergique, assez adroit pour tenir sa prépondérance sur les grands feudataires — dont forces réunies contrebalançaient les siennes propres — ferme pour faire respecter ses droits. Charles VI n*avait au( de ses qualités, et son humour aventureuse et impressioni l'exposait h toutes les séductions. Le duc de Bourgogne, a] une absence de quelques mois, n'hésita pas à reparaître ï cour, où sa présence fut le signal d'une lutte sourde, mais placable, entre les partis. Nous n'entreprendrons pas d'en rel cer les divers épisodes, qui s'écartent d'ailleurs de notre sujet]
Dans l'intervalle des fêtes et des divertissements , au mil desquels se cachaient tant d'intrigues et de haines, on coi une trêve de trois années avec les Anglais. Les Briigeois en fitèrent pour négocier un traité de commerce avec Richard II, i fut ratifié par celui-ci en 1390 (1). Ils s'arrangèrent aussi ai les marchands allemands, en exécution de certaines promes faites dès 1385, à l'assemblée générale de la Hanse, et leur ren*^ boursèrent, en 1392, des sommes fort importantes, en compen-' saiion des pertes que les Hanséates avalent éprouvées durant II, guerre (2). Le duc de Bourgogne accorda non seulement de beaux privilèges à ces derniers, mais il obtint même, enleof faveur, des concessions commerciales de la part de la France^.
Les comptes des receveurs des domaines, remplis de détaib intéressants concernant le commerce, nous fournissent, à 11 fin du xiv*^ siècle, quehiues renseignements précieux sur le
(1) Sandcrus. FUindr, îUustr, tom II, p. 6.
(2) Il existe, dans les archives d'Ypres, plusieurs lettres relatives i< Iransaclions. Le 23 janvier 1392, le bourgmestre de Hambourg, Jean éB Hoyere, recul 840 florins de Uollande, de la ville d'Ypres ; le 7 octobre ISIi les envoyés de Gand, de Bruges, d'Ypres el du Franc, payèrent au même, tt présence des échevins el du conseil d'Amsterdam, un capital de 5,5S0tivni de gros, en à-comple sur une somme de 11,100 livres, dont le pays s'fttll reconnu redevable aux dits marchands hanséatiques.
(3) Yoy. les lettres de Charles YI, du 3 mai 1392.
ooors des denrées. Cest ainsi que nous voyons, par les papiers de l'un d'eux, que le froment se vendait, en Flandre, en 1392, à neuf sous le halstre; un chapon valait quatre sous; le prix de deux poulets était d'environ deux sous huit deniers (1). Les bières étrangères, particulièrement la cervoise d'Allemagne et . la ddfseheti, étaient frappées à l'importation d'un droit de douze deniers parisis par tonne. La delfscheHj comme son nom l'indique, nous venait de Delft, bien qu'on cherchât à l'imiter cependant dans le pays. Les houblons étaient soumis à une taxe d'exportation, à leur sortie de l'Escaut. La valeur des riches étoffes qui nous arrivaient d'Orient, très recherchées à cette époque, atteignaient parfois, dans nos halles, un chiffre extré- Daement élevé. Le duc de Bourgogne, voulant faire un présent 4 Charles VI, en 1396, lui envoya une pièce de soie de Damas <•« prix de trois mille écus d'or (2).
Les marchands allemands, dont les principaux comptoirs ^ient toujours en Flandre, commençaient cependant à faire Quelques affaires à Anvers. Cette ville, plus commerciale qu'in- <*U8trielle, ne possédait en 1396 que deux cents ouvriers drapiers, mais en revanche sa foire était fort connue. La comtesse de Bar y expédiait un de ses officiers en 1392, et chargeait son ■"©ceveur de Bornhem de le munir d'une bonne somme d'argent. <« Chier et amé, lui écrivait- elle , nous envoyons à la feste ^'Ajuwers notre chier et amé conseillier, maistre Simon de Fis- ^ux, auquel nous avons enchargé de nous acheter plusieurs choses à la dicte feste. Si vous mandons que à icellui vous 'ailliez et délivriés des deniers de vostre recepte la geigneur
^mme d'argent que vous pourrés bonnement (3). » On y
■disait, comme on le voit, des achats assez considérables. Le duc de Bourgogne, tout en s'occupant des intérêts de ses
U) Arck. gén. du roy. de Belgique, compte rendu par Lux le Toir, n« 20, 284.
^) Ckrim. du rd. deSaitU-DenySy liv. XVII, chap. X, t. Il, p. 446.
\)) Areh. gén, du roy. de Belgique. Cette lettre est du 17 septembre 1392; ^Ic est annexée au compte, n* 20,284. La ville d'Anvers souffrit beaucoup ** 1815 à 1897, d'abord par de violents tremblements de terre, qui renver- ^t une partie de ses édifices, puis d*un terrible incendie, dont les ^^sges détruisirent un grand nombre d'habitations du cOté de la porte de ^Pdorp. Voy. de Cantillon, DéUces du duché dfi Brabanti t. IlL
bonnes villes, séjournait rarement en Flandre. Il ne quilttï guère la France, où des Tactions rivales continuaient à se (Bi-. puter Tautorité, lorsqu'une circonstance inattendue le replitait: en 1392, à la tête des affaires. Le roi se rendait en Bi entouré d'un grand nombre de chevaliers, lorsqu'il serelowBl; tout à coup vers sa suite, Tépée nue, les yeux égarés, frapprt: ceux qui se pressaient autour de lui; il ne reconnaiss^tpchj sonne, se croyait trahi, et poussait des cris furieux. On s'em] de lui, non sans difficulté, et bientôt une terrible nouvelle répandit dans Paris : Charles VI avait perdu la raison.
Les oncles de ce malheureux prince, en reprenant le gou nement du royaume, songèrent d'abord à se venger de l ennemis. Le connétable de Clisson s'était déjà mis en sûreté^ mais on arrêta les sires de Noviant et de la Rivière, qui fur6i| enfermés à la Baslille-Saint-Antoine. Tranquille de ce côté, h) duc de Bourgogne lit tous ses efforts pour renouer les négoâ^ tions de paix entre la France et l'Angleterre. Des conférenoaii curent lieu à Leiinghen, mais sans amener de résultats, à caBi| de l'opposition du duc de Glocester, qui réclamait l'exécutifli du traité de Brétigny. ^
Les écrivains contemporains rapportent, à cette occâsiov^ quelques faits qui méritent d'ôtre cités. Philippe le Hardi diii tribua de riches cadeaux parmi les seigneurs anglais, et parti* lièremenl de beaux tapis de Flandre, travaillés avec une granil perfection. Ils représentaient pour la plupart des histoira de la Bible, à personnages; d'autres figuraient le roi Clovi^ ou Charlemagne avec les douze pairs de France. Il y en vtà deux, dont Tun offrait l'image des sept vertus avçc les sept rai ou empereurs vertueux; l'autre, les sept vices avec les roisfll empereurs qui s'en étaient souillés. Tous ces ou>Tages éUieii rehaussés de bel or et de chiffres (1).
Nous aurons à revenir fréquemment sur cette industrie, (]■ arriva en Belgique à un perfectionnement remarquable. Dn A nos compatriotes, Jean de Jodoigne, était déjà fort conottl rétranger, dès 1389, comme fabricant de tapisseries de hi< lisse.
Il» De Ba raille, Ilisi, de Bourgogne, 1. 1, p. 40.
Le schisme qui divisait l'Église , la guerre de Bretagne et la maladie du roi excitèrent successivement l'attention publique, après la rupture des conférences de Lelinghen. L'armistice avec l'Angleterre était sur le point d'expirer, et chacun redoutait de nouvelles complications, lorsqu'on annonça le débarquement de l'archevêque de Dublin , chargé d'une mission spéciale auprès de Charles VI, Le roi Richard, dont l'autorité était menacée par un parti puissant, composé des adhérents du duc feGlocester, désirait ardemment faire la paix avec la France. Il avait donc résolu, pour faire accepter ses vues par les princes français, de demander en mariage Madame Isabelle, fille du roi Qiarles VI, alors âgée de sept ans.
Ce projet d'union, accueilli avec faveur par les ducs de Bourgogne, de Berri et de Bourbon, devint bientôt une 'felilé, et les conditions du mariage furent réglées par contrat 'e 9 mars 1396.
La cessation des hostilités, désormais garantie par la publi-
^tion d'une trêve de vingt-huit ans, laissait toute liberté à la
aillante noblesse qui se pressait autour de Philippe le Hardi,
^^dede combats et de gloire. Plusieurs gentilshommes belges,
P^nni lesquels nous citerons les sires d'Antoing, de Ligne,
^ïavré, de Chin et de Masmines avaient accompagné le duc de
p>tirbon sous les murs de Tunis quelque temps auparavant, et
'^urs récits enflammaient le zèle de leurs compagnons. Sur ces
^ïïtrefaites, le roi de Hongrie, fit demander. des secours à
Charles VI. Une armée turque, commandée par Bajazet, fils
4*Ainurath, se disposait à envahir l'Europe, et les Hongrois,
défenseurs de la foi chrétienne, réclamaient l'appui de leurs
^ïeligionnaires.
Le goût des aventures lointaines, si remarquables chez nos ^cêtres, était encore trop vif pour qu'un pareil appel ne fût P^ntendu. Une foule de chevaliers s'ofl*rirent à aller rompre Relance contre les infidèles, et on leur donna pour chef le ^mte de Nevers, fils du duc de Bourgogne. Le Haze de Flandre rt trois autres bâtards de Louis de Maie avaient été les premiers à s'armer, et leur exemple fut suivi par Henri d'Antoing, Jean de Cadzant, le sire de Lembeke, Jean de Vassenare, Roland Hauweel, Louis de Zevenenghem, Jean de Pamele,
Mttx. 90 comnci, t. n. 3
■BTOaUE BC CamMMMCt. ET KLAXàiaEEl
Bisse ie Résuj , Xîles de Co&iciiîïers, le ^Ire de la GmoUnia et heazicGap d'ajtres.
Les rlUes de Fiaa«ire« docc le cofnmerce iTÛt repris qudqo
actiTîté . coctrlÈcêrecL à rexpeiilûoc à lear tour, en accordai aadoe de fort^ Sab^ecû': cls. Ces re^è-^uive» étant inscffisantea Philippe coQclut en'Xre d<: -^js ecipruats à Teoise et à VieaiM afin d'ectour^r son fils d'ace p^mj-e loate rojale.
Le comte de Ne^er? partit i<t Paris le 6 avril 1396 , et pli sieurs mois se passêre:ic sans «^'îl d«:»Qnàt de ses Qoavelles. 0 coaunençait à manifester «les ia>{uictades à soo égard, lors que FarriTée du sire de Helly. pi3rtetir d'un pénible message Tint encore les augmenter : les chrétiens, attaqués par les Tm non loin de>'îoo(<olis, avaient été mis en déroute, et leurs cbe! avaient été entraînés en captivité.
Il Tallot traiter de leur rançon. Quelques chevaliers, parc lesquels on remarquait le sire de Leeuwerghem, souvera. bailli de Flandre, partirent aussitôt pour TOrient, chargés m présents splendides, destinés au vainqueur. Ils lui apportaies des draps de haute lisse, sortant des fabriques d*Arras; A pièces d*écarlate, confectionnées à Bruxelles ; de la fine toUe Reims; des faucons de Nonvége et de belles pièces d^orfévreri ciselées avec un art admirable.
Le duc de 3Iilan, ainsi que les rois de Pologne et dcBohéiD secondèrent les efforts des négociateurs, qui réussirent enfiic obtenir la mise en liberté des prisonniers. II en coûta clx néanmoins aux villes de Flandre, qui contribuèrent poi 170,000 francs au payement du rachat stipulé par Bajazet (ij I>a plupart des compagnons d*armes du comte de >'evers étaieiu restés sur le champ ^ bataille. Parmi ceux qui échapperait ft la mort, Thistoire meftionne Nicolas Utenhove, Jean de Vaasenare et le sire du Fay. Ce dernier, écuyer de la ville dl Toumay, avait accompli jadis un voyage en Tartane, et dfttll vie aux relations qu'il s'était créées en ce pays.
(1) Le sultan eiigea deux cent mille ducals, qui lui furent payés par Itit UM'mtMliairc de deux marchands, RespondietPellegrinl. Respondi, an Lott bard, c^'lail forl connu à Bruges, où il demeura quelque temps.