‹ Histoire du commerce et de la marine en Belgique (volume 2)Chapitre 26 sur 74 · partie le camp français. Philippe d'Artevelde avait habilement · texte numérisé non relu

partie le camp français. Philippe d'Artevelde avait habilement

choisi son terrain, et désirait y attendre Tattaque des gens du

Toi, mais ceux-ci ne paraissant point, il se vit obligé d'accéder

aux vœux de ses compagnons d'armes, qui demandaient à

grands cris à entamer le combat. Il abandonna donc son plan

primitif, forma de ses divers corps une seule colonne, dont il

couvrit le front d'une nombreuse artillerie, et se dirigea vers

le Guldenberg. Les trompettes sonnèrent en ce moment de

l'autre côté de la colline, et bientôt le bruit sourd du canon

annonça au loin le commencement de la lutte.

Le connétable, voyant venir les Flamands en masse serrée, ordonna à une partie de sa gendarmerie de mettre pied à terre, déploya les deux ailes de son armée, et manœuvra de manière ^ envelopper les assaillants. Ceux-ci, marchant droit devant eux, refoulèrent d'abord les troupes qui occupaient le centre *i champ de bataille, mais, ayant été débordés, ils furent pris «n flanc et le désordre se mit parmi eux. La mort d'Artevelde, ?oi fut tué Tun des premiers, acheva de les décourager, et ils se débandèrent en fuyant devant les cavaliers ennemis, laissanlvingt-sîx mille cadavres au bas de la vallée.

1^ défaite de Roosebecke, l'une des plus sanglantes dont il ^it fait mention dans nos annales, eut un immense retentissen^çnt. Elle méritait en effet de fixer l'attention des contcmpo- '*ins, car elle consacrait le triomphe de la noblesse sur la 'j^orgeoisie, rabaissement de la puissance communale. Elle livrait Paris à la vengeance des princes, Liège à de nouvelles ^•issensions , et inaugurait en Flandre cette longue série de commotions et de guerres qui devaient finir par y ruiner le commerce et l'industrie, et par y tarir durant de longues années les sources de la richesse et de la prospérité publique.

Les Français, poursuivant leurs avantages, incendièrent Courtray malgré les représentations de Louis de Maie, et songeaient déjà à livrer l'assaut à l'opulente ville de Bruges, aban- ^ donnée de nouveau par les marchands osterlings (1), lorsque ses habitants demandèrent à être admis à composition. On

(1) Beaucourt de Noortvelde, Brugsche koophandd, bi. 40.

BltT. DU COXSERCZ, T. H. 2

2S HISTOIRE DU COMMEflCE ET DE LA MARINE EN BELGIQUE.

négocia avec eux, grâce à rintervention du duc de Bourgogne, et ils se rachetèrent du pillage en payant une amende de cent vingt mille francs.

Déjà l'hiver approchait, s'aniionçant par des pluies torrentielles qui détrempaient le sol, efTondraient les routes, inondaient les vallées et les Gantois persévéraient toujours dans leur résistance. La saison étant trop avancée pour les réduire, Charles VI se vit forcé de retourner en France, laissant Louis de Maie en possession d'une partie du comté. Ce prince, auquel l'adversité n'avait rien appris, voulut régner par la terreur et ne fit qu'augmenter le nombre des mécontents. Une foule de malheureux, se dérobant au dernier supplice, cherchèrent un asile sur les navires qui mettaient à la voile pour la Rochelle ou les rivages de FAngleterre. Ils ne s'éloignèrent toutefois du port de l'Écluse qu'après avoir vu de loin suspendre à un gibet Barthélémy Coolman, que Philippe* d*Ârievelde avait créé amiral de la flotte flamande.

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