‹ Histoire du commerce et de la marine en Belgique (volume 2)Chapitre 3 sur 74 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'histoire des nations européennes, dont les phases diverses sont si émouvantes et si dramatiques, présente, depuis un demi siècle, un spectacle étrange et bien digne d'examen.

Il semble que les générations actuelles, obéissant à une mystérieuse influence, se soient imposé la mission d'approfondir tout ce qui se rattache aux intérêts matériels de l'humanité, en dirigeant toute leur énergie vers un but suprême : le développement du commerce et de l'industrie.

Jamais, à aucune époque, on n'a vu régner une telle activité. Des armées de travailleurs , disséminés dans le monde entier, défrichent le sol, construisent des routes, creusent des canaux et pénètrent jusque dans les déserts les plus arides, répandant en tous lieux la fertilité et la vie. Si les bras sont insuffisants à l'œuvre, nos hardis pionniers appellent à leur aide les éléments eux-mêmes, les combattent, les asservissent, et en font les agents dociles de leur volonté. La vapeur, comprimée dans de puissants appareils, anime la matière inerte, et lui donne des muscles de fer et d'airain; l'électricité, guidée à travers

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respace, transmet au loin la parole civilisatrice : le génie de rbomme, stimulé par la lutte, semble avoir grandi avec elle.

Cet élan irrésistible, dont on ne saurait prévoir toutes les conséquences, nous engage insensiblement dans une voie nouvelle. D'une part, la production manufacturière a acquis des proportions énormes ; de Tautre, la situation anomale des aflaires fait surgir chaque jour une foule de questions imprévues, — d*autant plus difficiles à trandier qu*ielles se rattachent à des intérêts complexes, — et dont la solution est impérieusement exigée : nous marchons à grands pas vers une rénovation commerciale.

L« négoce, en se développant, ne saurait se soumettre en effet à une législation surannée, qui date d'une ère où il était encore en tutelle. La science a élai^ sa sphère, et il étoufferait dans le milieu qull vient de quitter. « L'histoire du eoounerce, dit Montesquieu, est celle de la communication des peuples. » Que deviennent, par conséquent, nos anciens règlements , nos tarifs protecteurs, nos savantes ordonnances fiscales, élaborés ù une époque ou les nations étaient encore séparées entre elles, aujourd'hui que de puissants steamers « chefs-d'œu\Te d'ardiitecture nautique» sillonnent l'océan dans toutes les directions !

Une réforme douanière est indispensable.

En admettant cette nécessité » nous nous trouvons en présence d'un grave problème, d^à vivement discuté par les économistes, et dont le public lui-même aura bientôt à s'occuper. Nos industriels, en acquérant plus de liberté, seront obligés d'en accorder également à leurs concurrents étrangers ; il leur faudra lutter avec eux ; les égaler pour ne pas en être débordé; les vaincre pour tàive fortune. On verra se reproduire alors , entre les peuples, un phénomène dont nous avons déjà pu constater les effets dans une sphère plus étroite. Chacun d'eux ,

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