‹ Histoire du commerce et de la marine en Belgique (volume 2)Chapitre 35 sur 74 · VI · texte numérisé non relu

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HISTOIRE DU COMMERCE ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. i07

arrêtés sur les côtes d'Angleterre et vendus dans les ports voisins. Les pirates reparaissaient dans la nier de la Manche, et Psii*ini eux un banni de Gand, nommé Yoens, célèbre par son audace et son intrépidité. Les historiens bourguignons l'ac- ^U3cnt d'avoir déclaré lui-même qu'il était « ami de Dieu et nemi de tout le monde. » Il périt, paraît-il, durant une tem-

, après une vie pleine d'aventures et de périls. I-€ duc, provoqué par leurs insultes, conçut le projet de raencer les hostilités en s'emparant de Calais et du comté Guines. Il s'en alla aussitôt à Gand, assembla les échevins les doyens des métiers, leur rappela tous les griefs qu'ils ent déjà h faire valoir contre les Anglais, et fut écouté avec up. Les Gaulois étaient surtout fort mal disposés envers les aisiens, qui refusaient de leur vendre les laines, l'étain, le plomb, les fromages et les autres marchandises d'Angleterre, ^ moins d'en recevoir le paiement en lingots d'or fin, rejetant monnaies flamandes, bien qu'ils acceptassent, dans le même ps, toute autre monnaie étrangère.

Henri VI, sachant qu'il allait être attaqué, fit publier un man- ^^ment. Je 28 mars 1436, par lequel il ordonnait h tous les '^^eociants belges qui se trouvaient en Angleterre, de lui prêter ^^nnent de fidélité en qualité de roi de France, sous peine ^'arrestation. La plupart d'entre eq;;, craignant de plus grands "^^ux, se soumirent à cette exigence, et obtinrent des lettres sauf-conduit. La liste de ceux qui sollicitèrent cette faveur assez curieuse à consulter, car elle indique à quel point ^ esprit d'émigration s'était développé à cette époque, dans ^^les les parties du pays. Parmi ceux qui obtinrent licence de ^^ntînuer à exercer leur industrie à Londres nous remar- ^^ons : Romuald Rosselaer, de Louvain; Arnold Franc, de ^oluwe; Arnold Huysman, du Brabant; Arnold McUor, de *-^uvain; Nicolas Mauregard, tailleur, de Bois-le-duc; Henri ^ï^bbe, cordonnier, de la même ville; Romuald Hounde, du ^*^nt; Jean Ingelbote, d'Afflighem; Mathieu van Arbright, *^ Saint-Trond ; Simon Angell , de Lummen ; Thomas Tayser, "^ï^bançon ; Lucas Horn , de Bruges ; Jean Pietersoon , de ^^xellcs; Henri Van Maestricht, de Maestricht; Guillaume ^^n Howebroeck, d'Anvers ; Laurent Cooper, d'Afflighem ; Her-

fOi RfSTOiiiE m comme!

man Van den Porre, de Bois-le-Duc; Gérard Van Veit, d Bruxelles ; Jean Van Bulkyn, d*Enghien, et Henri de Père» IM geois.

Les Anglais, obligés de concentrer leurs forces du côté d la Flandre, ne subissaient plus que des désastres en France et évacuèrent Paris en avril 1436. Dans Tintervalle, le du de Bourgogne excitait les Flamands, pr.ohibait l'exportatio des armes de guerre sous peine d'exil, et réunissait un armée de trente mille hommes. Il prit pour lieutenant 1 sire d*Antoing, vicomte de Gand, se mit lui-même à la tel de Texpédition et, ayant reçu la soumission des forteresse de Sangatte, de Vaudringhem , d'Oye et de Marck, arrii enfin devant la ville de Calais, qu'il fit environner par S( troupes.

Les milices bourgeoises, parfaitement équipées, fiëres d leur nombre, ne doutaient point de la victoire. Elles avaient lutter cependant contre des adversaires aguerris, d'autant plu dangereux qu'ils recevaient sans cesse des secours par la voi de mer, encore ouverte h leurs navires. Dès les premiers cx)ni bats, ils firent éprouver des pertes sensibles aux troupes d Flandre, dans les rangs desquels le fameux La Hire, l'un de plus vaillants capitaines de Charles VII, reçut une blessui assez grave. Le duc lui-même fut exposé à de grands dangei durant le siège, et eut été fait prisonnier sans le dévoueme" d'un gentilhomme de Flandre, Jean Van Platteels, qui sacril sa liberté pour sauver celle de son maître.

Jean de Homes, seigneur de Hondschotte et <c garde <ft oost-dunes de Flandres, » qui avait été chargé de prend le commandement de la flotte bourguignonne, ne paraisspoint, et son absence excitait les plus violents murmura Quelques corps de métiers, se lassant d'être retenus si Ion temps loin de chez eux, manifestaient l'intention, dès 24 juillet, d'abandonner le camp, « Si tout le monde crojr comme nous qu'il vaut mieux rentrer dans nos foyers, écî vaient leurs chefs à quelques-uns de leurs amis, nous serio bientôt loin d'ici. » Le duc de Bourgogne, informé de leU desseins, accorda de nouveaux privilèges aux habitants < Franc, et lit faire des démarches actives auprès des Brugeoî

ET DE LA MARINE EN BELCMtQUE. 109

Afin de les engager à ne pas le quitter. Les bourgeois de Bier*vliet reçurent également de nombreuses faveurs (1). Les communes se laissèrent enfin persuader que Calais se rendrait prochainement.

I^ 26 juillet 1436, on vit apparaître enfin une fouje de voiles»

qui cinglaient rapidement vers Calais : c*était la flotte si impa-

liemment attendue. Le même jour, vers le soir, quatre hulcques

chargées de pierres furent dirigées du côté du port, afin d'en

Woquer l'entrée. L'escadre bourguignonne fit sombrer un de

ces vaisseaux à coups de canon, dans le but de remplir le

ctienal des énormes quartiers de roc qui en formaient la car-

S^f sou, mais les deux autres vinrent échouer sur le sable. Les

eaux s*étant retirées, ils se trouvèrent à découvert, et les

Ajiglais parvinrent à les briser.

Cette tentative n'ayant pas réussi, Jean de Homes remit aussitôt à la voile, craignant de compromettre la sûreté de ses sens en restant aussi près des côtes. Les Flamands, le voyant s*éloigner, se crurent trahis et s'assemblèrent tumultueusement sous leurs tentes : « Il faut en finir, s'écriaient-ils, car aucune' des promesses qui nous ont été faites n'a été tenue. Chaque jour nos gens sont pris ou tués sans que les nobles se mettent en peine de venir nous défendre; il faut partir et retourner en notre pays. »

Résistant aux sollicitations du duc, les Gantois furent les preniîeps à plier bagage, durant la nuit, et se virent bientôt suivis Wr les Brugeois, qui seuls emportèrent leur artillerie (2). Le duc de Bourgogne, désespéré de cette défection, fut contraint ^ les suivre, laissant le champ libre au duc de Glocester, qui débarqua à Calais dès le lendemain, avec dix mille hommes d'armes.

Lie commandant anglais, prenant l'oflensive à son tour, se ^pandit dans la Flandre française, mettant tout le pays à feu

IM ■ PrivUéges pour ceux de BiervUet, touchant le sel que Ton y fait et •*^ choses pour 1^ relievement dMcelle ville. » Archives générales du ^^meâe Belgique, Lille, regisl. aux chartes, 1435-40.

9) Us frais du siège de Calais s'élevèrent, pour la seule ville de Bruges, à ItBoiiiiiie de 34^291 livres. Voy. le compte de la ville de Bruges, clos à Lille, ^^toûll4a7.

l'ennemi. Celui-ci n'ayant point de troupes de débarquement» se contentait de saccager et de détruire les habitations situées im peu de distance du rivage, regagnant ses navires aussitôt qu*on se préparait à le combattre. On s'attendait à la prompte intervention de Tescadre bourguignonne, mais, soit qu'elle eut reçu Tordre de ne pas accepter le combat, que ses chefs n'osassenud agir en Tabsence de Tamiral, elle ne quitta point son mouilJ lage.

Cette circonstance augmenta la haine populaire contre Jea m • de Homes, qui, ayant été rencontré dans les dunes par une troupe de laboureurs, fut impitoyablement massacré, malgré T courageuse résistance d'un de ses serviteurs, qui périt en' défendant. Durant ces scènes do confusion, un chevalier noranr: Gui de Visch, avait ose sortir de TÉcluse pour repousser! M Anglais, mais, ayant aperçu dans le lointain les milices d*EecU M et d'Oostbourg, il crut que ceux-ci recevaient des renforts se retira. Les ennemis, après avoir parcouru les îles de Zélande, débarquèrent en grand nombre dans les environs — Breskens^ où ils eurent îi soutenir une rude attaque. Ils fl ensuite une tentative sur Huist, mais sans plus de succès, à réncrgie des sires de Steenhuyse et de Vorholt, qui vinrent leur rencontre avec les contingents de Waes, d*Axel et de Hc^ tenisse.

Tandis que les populations du littoral prenaient les amu une extrême fermentation régnait h Bruges, où la détresse

foicnit contir* T ne liohitnnfQ Hp oPtfP vîIIa nviiÎAnt pii h qa nlaîn<V "Et

avaient tués un grand nombre (1). Les Brugeois, dont les affaires

allaient déjà fort mal, avaient appris cet attentat avec un vif

mécontentement, qui fut encore augmenté lorsqu'on leur

annonça, au moment où Tarmée flamande partait pour Calais,

que leurs voisins refusaient de se ranger sous les b^vnniëres

brugeoises. Ils résolurent de les en punir, et, au retour de cette

expédition, se présentèrent en effet sous les murs de TÉcluse.

Ils en trouvèrent les portes fermées. Le sire Roland d'Ulkercke,

qui en était capitaine pour le duc, refusa non seulement de les

recevoir, mais fit même sortir de la ville tous ceux de leurs

compatriotes qui sy étaient établis. Furieux de la résistance

Qu'ils éprouvaient, les assaillants retournèrent à Bruges, où leur

'^il enflamma si fortement les esprits, qu'une foule considé-

'^le s'attroupa aussitôt sur la place du marché, jurant de ne

déposer les armes qu'après avoir tiré vengeance de ceux qui

Venaient d'insulter la commune. La situation s'aggrava bientôt

« un tel point que le duc crut devoir s'avancer vers Damme,

tendis que les rebelles, s'emparant de l'artillerie communale, se

donnaient pour chef Vincent de Scheutelaere, et s'apprêtaient

^ mettre leurs menaces à exécution.

la duchesse de Bourgogne, qui résidait alors à Bruges avec ^OBfiis, ayant saisi un prétexte pour s'en éloigner, fut arrêtée P^ïlean Lonckaert, l'un des meneurs, et on ne la laissa passer Qu'après avoir arraché de son chariot la dame d'Ùtkercke, "ôiamede messire Roland, ainsi que la veuve du sire de Hornes. *-^ désordre allait croissant, lorsque quelques bourgeois proposèrent à leurs concitoyens d'envoyer une députation à Gand, ^ûii de négocier un traité d'alliance avec les Gantois, ou tout au 'ï^oins d'obtenir de ceux-ci qu'ils voulussent s'entremettre en *^ur faveur, en réclamant du prince le châtiment du sire «*ljtkercke, la soumission de l'Écluse et l'anéantissement du *'X)itde calliote, nouvel impôt établi en 1407.

U) Us chroniqueurs belges portent le chiffre des victimes à quarante, *^ nous voyons par des lettres adressées de BSile, le 3 des Kalendes de •'^^ODbre 1436, au clergé et aux magistrats d'Ypres, que plus de 70 mar- ^^^'^ods, bateliers et pilotes des villes hanséatiqucs furent tués ou blessés en '^tl^ occasion. Archives de la ville d' Ypres, armoire, tir(»ir B, n • 30.

tu flfWMU De GCMWttS

Sur ces entrefaites» ils jetèrent en prison leors andc^ mat tratSt et ordonnèrent à toutes les communes BmiEroptes réunir leurs milices. Cet appel Ait écouté, et peu de tmpsaii on vit entrer à Bruges une quantité de gens armés, vemm tous les environs, groupés sous les bannières dX)ojsteamp, Damme, dHTsendycke, de Munikereede, de Houcke, de Mo] de Blankenberghe, de Meetkercke, de Ramscapelle» de Dodui de Gokelaere , d'Oostkercke et de Heyst. On leva en oatire ti cents soldats, qui furent placés sous les ordres de ^ncm Scheutelaere et de Jean Bonin. Le même jour, k la grt satisbction des rebelles, ils Turent informés que les Gam avaient prononcé une sentence de bannissement contre Bol d*Utkercke. Le duc de Bourgogne, soucieux d'en finir le plui possible avec la révolte, ne trouva point de meilleur moyen p dompter la ville de Bruges que de la frapper dans son cooimi et fit barrer le canal qui la reliait à l*Écluse et k Damm cbercha ensuite à engager les cités voisines k lai prêter I appui, mais les plus puissantes d'entre elles, c'est k dire Ml port. Fumes, Dixmu^e, Bergues, Bourbourg, DunkerqneetC vélines, refusèrent de prendre une part aetive dans cette goei Il réussit néanmoins k persuader aux Gantois d^abandOii leurs alliés.

Des escarmouches, suivies de scènes de pillage et de déi tation, prenaient place, durant ces débats, sur le territoire Franc. Les métiers s'assemblaient en bataille k la aK>ia alerte, et l'on vivait dans une constante agitation. En cas d*ei dition militaire, on apportait, devant la tour de la Hafie, Tét dard de Flandre et celui de la ville de Bruges. Ceux-ci k p< déroulés, on voyait arriver les six « hooftmans » de lalw geoisie, chacun d'eux tenant à la main la bannière de son qi tier, puis venaient les drapiers, les merciers, les lingan, épiciers, les fabricants, les foulons et les tondeurs de dra ainsi que les teinturiers, s'étendant sur une même ligne jusq la maison connue sous le nom de « Groonenvoorde. » Les In chers et les poissonniers se plaçaient au nord, ob se trouvais également les cordonniers, les corroyeurs, les tanneurs, I boursiers et les gantiers. Les fripiers formaient une nouv^ division ; les arbalétriers s'assemblaient à l'orient, autour de

ET DE LA lURirŒ EM BELGIQUE. . • 115

bannière de Saint*Georges. Dans une autre direction, à la gauche du drape'au de Flandre, jusqu'à la rue de Breydel, étaient les déchargeurs de vin, avec les aubergistes, les charpentiers, les maçcuis, les couvreurs, les scieurs de bois, les peintres, les selliers, les tonneliers, les tourneurs, les fabricants d'arcs, les charrons, les menuisiers, les cordiers, les couvreurs en paille, les plafonneurs, les potiers en terre et les plombiers. On remar- <Iiiait ensuite, sous deux différentes bannières, semblables à celle des maréchaux, les orfèvres, les armuriers, les étainiers, le8 boulangers, les meuniers, les chapeliers, les tapissiers, les tisserands en coutil, les épingliers, les boutonniers, les chau- 'dronniers, lesfourbisseurs, les barbiers, les fruitiers, les ciriers, le^ charpentiers de navires , les fabricants de chapelets et les courtiers : ils formaient une longue file jusqu'à la rue Flamande. Les contingents des communes voisines occupaient l'occident, jusqu'à la maison de « la Mouette » et la chapelle de Saint Georges.

Les Brugeois, malgré leur excitation, n'en protestaient pas nioinsde leur désir de se récohcilier avec le duc de Bourgogne. Us avaient f^it déjà diverses démarches dans ce but, bien que *tos succès, lorsque leur bourgmestre Jean Van de Walle Wourna àGand, accompagné de Jean de la Gruulhuse. Le duc, *près leur avoir fait attendre longtemps une audience, les reçut ^fin, et, cédant à leurs sollicitations, consentit à leur accorder '^ paix en leur confirmant tous leurs privilèges, à condition Qu'ils déposeraient les armes. Les Brugeois ne demandaient pas *^eux, et obtempérèrent immédiatement à cette injonction.

Ds ne tardèrent pas à s'apercevoir que toutes ces promesses

^^vaient pour objet que d'endormir leur vigilance. Des forces

^nsidérables s'assemblaient à l'Écluse, et il fut bientôt question

^établir un nouveau barrage dans la Reye. Ils reprirent aussitôt

"^ hostilités, et assignèrent devant eux le magistrat et les bour-

ftois les plus notables de l'Écluse, qui restèrent sourds à leurs

*<>nimations. Ils les jugèrent en leur absence, et condamnèrent

«oland d'Utkercke, Colard de la Clyte et quelques autres à un

hiDnissement de cinquante ans, leur défendant, sous peine de

'^ort, de mettre le pied sur le territoire flamand. Cette mesure

^He signal de nouveaux troubles, durant lesquels les habitants

lu * HISTOIRE DU GOIUIERCB

de l'Écluse empêchaient toute navigation entre Brages et 1 mer, tandis que la commune insurgée s'emparait de Damme d'Ardenbourg, et ravageait les campagnes. A peu près vers 1 même temps, Jean d'Utkercke, gouverneur de Nieuport, Cftptm un vaisseau espagnol, et, y ayant découvert plusieurs Flamand! les fit condamner au dernier supplice comme pirates.

Cette mesure mit le comble au mécontentement rt ftit am de violentes récriminations contre la famille de Ghislelles, qi avait la charge , depuis plusieurs siècles , de maintenir Tordr sur les côtes (1), office pour lequel elle recevait d'asses torts redevances. Le duc Philippe convoqua enfin les États de Flandr pour aviser avec eux aux moyens d'apaiser les troubles, Ma dirigea vers Bruges avec sept cents arbalétriers. Comptant infe mider les émeutiers, il se montra d*abord inexorable, et exige des bourgeois qu'ils renonçassent désormais à exercer Umt juridiction sur Nieuport et l'Écluse, leur commandant de rap^ 1er les bannis et de reconnaître les privilèges du Franc.

Ces conditions étaient dures ; aussi ne pouvait-on se àéMLt à les accepter. Philippe, ne se sentant pas assex fort p»? employer la violence, partit pour Lille sans attendre le rérâl^ des délibérations orageuses qui avaient lieu presque sons ^ yeux, et y fut bientôt rejoint par une députation brugeoise, <] lui apportait la réponse de la commune : toutes les propositioi du prince avaient été rejetées, sauf celle qui concernait le veto^ des exilés.

Pendant ces pourparlers, un soulèvement éclata k GaiM durant lequel plusieurs personnes furent massacrées par i populace. Il n'en fallut pas davantage pour provoquer de nOQ velles agitations à Bruges, où les corporations prirent les artf» et se mirent à parcourir les rues, immolant tous caix 4* avaient conseillé des concessions. Les marchands étrangi" qui résidaient à. Bruges, efiVayés de la tournure que ^reasA^ les affaires, se rendirent à Lille et intercédèrent auprte du dA le priant de mettre fin à une situation si préjudiciable aux vér^ tables intérêts du pays, en se réconciliant avec ses si^ets. 0* prince leur répondit qu'il se préparait à passer en HollaiidBt

(1) Voy. le 1. 1, de cet ouvrage, pp. 103, 101.

oix il était attendu pour régler la succession de Jacqueline de Bavière, et qu'il prendrait sa route par Bruges.

Fidèle à sa promesse, il ne tarda pas à se mettre en route avec une suite de quatorze cents hommes. Il emmenait avec lui ses principaux serviteurs et ses meilleurs chevaliers; son cousin, le comte d'Étampes, les sires de Crevecœur, de Saveuse, de Ternant, de Roubaix, de Liedekerke, de Hautbourdin, de Humières ; Roland d'Utkercke et Golan de la Clyte, que les Flamands avaient pris en si grande haine et dont ils avaient prononcé le bannissement, l'accompagnaient aussi.

Cet appareil militaire, et surtout la présence de Tancien gouverneur de rÉcluse, n'annonçait point des intentions bien pacifiques. Le duc arriva néanmoins, le 22 mai 1437, devant la porte de Bruges, avec ses gens. Le chapitre de la cathédrale était venu au devant de lui, ainsi que les deux bourgmestres, les échevins et les magistrats. Quand ils virent toute cette urinée, ils conjurèrent leur seigneur d'envoyer ses archers à ^ale et de n'entrer en ville qu'avec ses chevaliers, le peuple ne pouvant manquer de prendre ombrage d'un tel déploiement de •oices.

Philippe de Bourgogne n'en persista pas moins dans son

Pï^jet, ordonna à quelques-uns des siens de s'emparer de la

Porte et s'engagea dans les rues de la cité. Des groupes se for-

■'^aient cependant sur les 'places; les bourgeois prenaient les

urines et une vague rumeur, s'élevant peu à peu comme le bruit

^iijours grossissant d'un orage encore lointain, indiquait que

* Station se répandait de quartiers en quartiers. Le sang avait

^éjà commencé à couler, lorsque le sire de Liedekerke, accou-

^vx vers le duc, lui apprit que les hommes auxquels il avait

^nfié la garde de la porte avaient été forcés ; que la hersjB était

"hissée et que toute communication était impossible avec le

^tede l'armée. Le duc ordonna aussitôt la retraite, se dirigea

^ toute hâte vers la campagne, et ne parvint à s'échapper

^D'après avoir couru les plus grands dangers.

Itésespéré de cette déplorable aventure, il retourna à Lille, ^Près avoir fait publier, dans tout le pays de Flandre, la défense ^donner asile à aucun Brugeois, ordonnant en outre de les ^ter partout en ennemis. Les négociants étrangers, voyant

iiA jHvroiiB DU connu»

que toutes leurs tentatives de conciliation avaient éohouë, ip» taient la ville en grand nombre. Les insurgés s'en émiufiit firent ajourner à la Halle tous ceux qui avaient pris la ftiite, mfk peine d*une amende de cent rixdales d'or, puis envoyèiMt i corps de cinq mille hommes devant l'Écluse pour fldre le aiéi de cette place de guerre. En attendant, ils continuaieat à pt eourir la campagne par troupes armées , désolant tout le fuy démolissant et brûlant les châteaux de la noblesse : tout em merce était devenu impossible. Les laines n'arrivaient pli d'Angleterre ; les métiers à tisser les drape avaleQt cessé de tffi vailler; les canaux étaient barrés à l'Écluse et à Dtauae : Flandre entière souffrait de ces différends.

La garnison de l'Écluse se préparait à une rigomm défense, quand l'approche d'une armée bourguignonne fefi les assiégeants, qui s'étaient placés sous les ordres de Oui laume Moreel et de Jean Ganeel, à se retirer. La fimiiae fiûsait cruellement sentir à Bruges, lorsqu'on y rcfeut, une grande joie, six mille mesures de flroment que les chands de Lubeck parvinrent à y introduire. La plupart à villes flamandes, fatiguées de tant de discordes, envoyftM enfin des délégués à Eecloo, ob les révoltés se firent rapi senter par Jean Walgereet, doyen des maréchaux, et AAcvî Van Zeebrouck, doyen des teinturiers. Après de; longs àébm ces derniers se soumirent au vœu général, et conséntirentp nom de leurs commettants, à se confonfter à la senteno» duc, et à reconnaître l'indépendance du Franc.

A leur retour, ils* rassemblèrent leurs concitoyens mr place publique, et rendirent compte de leur mission. Oa i écouta d'abord assez favorablement, mais un banni de Gftfl nommé Jacques Messemaeker ayant pris la parole après M changea les dispositions de la foule, qui répéta avec enllioi siasme qu'il fallait garder les vieilles libertés et les pmûép de la commune, et désavouer Walgereet et Van Zeebrouck.

Les Gantois, qui avaient pris une part active dans les d^ rations d'Eecloo, ne furent pas plus tôt instruits de l'inefl^ cité de leurs efforts, qu'ils ordonnèrent, confonnément itf prescriptions du duc, que nul ne portât à Bruges ni mareban dises ni provisions. Ils firent publier que si les insuffé

'onaient à taire des courses dans le plat pays, on sonnât les doches dans toutes les églises, et qu*on s'assemblât pour les combattre.

Cette situation devait avoir un terme, et les Brugeois euxmdines, revenus à des sentiments plus calmes, finirent par en comprendre la nécessité. La disette continuait à faire de grands ravages parmi eux, et le prix du blé s*était élevé à 31 escalins la mesure. Ils s'adressèrent donc à la duchesse de Bourgogne, en la priant de plaider en leur faveur. Rien n'était encore décidé, lorsque quelques bourgeois, ayant à leur tète Jean Van de Velde, s'emparèrent d'un vaisseau venant de Nieuport et se rendant à l'Écluse. Ils y trouvèrent un assez grand nombre des habitants de cette ville, pour la rançon desquels ils exigèrent beaucoup d'argent. Jean de Schellebeke, trésorier 4e l'Écluse, qui se trouvait parmi les prisonniers, paya pour W part il6 livres de gros avant de recouvrer la liberté. Le i4 février 1438, une nouvelle députaiion fut désignée pour rouvrir les conférences avec le duc Philippe : la peste était venue ^ joindre à la famine, et plus de vingt-quatre mille personnes tti moururent dans la seule ville de Bruges (1).

U paix fut enfin conclue, le 17 février 1438, à Arras. Les Bingeois consentaient à payer, à titre d'amende, une somme de <^Bt mille rixdalers d'or, du prix de S4 sols chacun, et comme 1b prince avait levé une somme de 800 livres de gros, hypothé- ^SUk sur l'impôt de la calliote et le produit de certains droits ^'entrée, la ville s'engageait en outre à en acquitter la rente. I-es successions des bâtards, bourgeois de Bruges, décédés ^^118 l'échevinage de cette commune sans héritiers légitimes, devaient être désormais appliquées au domaine du duc. Le pri- ^Wge accordé par celui-ci, au mois de septembre 1437, à la ^Ue de l'Écluse, préjudiciant au droit d'étape qui appartenait •^Brugeois, fut modifié en ce sens que les marchands étran- 8^, tout en continuant à jouir de l'autorisation d'amener, soit ^Bruges, soit à l'Écluse, les bois, poissons secs et charbons ^teiT6 que l'on ne pouvait décharger autrefois qu'à Bruges, à ''^me, à Houcke et à Munikereede, reçurent l'ordre de ne

W Meyer, Annal, tlandr,, p. ^98, verso, iitr. M comaucB, t. u. 8

mettre en entrepôt les cendres et les harengs en caque qu' deux de ces localités : Bruges et Damme. La ville de TËclu était exempte à l'avenir de toute autre juridiction que de ce du duc. Néanmoins, dans les questions qui intéressaient 1 marchands étrangers, on avait la faculté, suivant les ancie usages, d*en appeler de la loi de TÉcluse à celle de Bruges.

Le duc pardonna également aux habitants du Franc, par li très datées de Douai, le 2 juin 1438. Vingt-deux personn étaient cependant exceptées de Tamnistie, ainsi que les meu triers de Jean de Hornes. Les Francôts qui avaient pris pî aux rébellions contre le duc étaient condamnés à payer à s« profit 90,000 rixdales de 48 gros, monnaie de Flandre, et plus 10,000 philippus au profit de ceux auxquels ils avaient f éprouver des dommages. Pour acquitter cette somme, ils taxèrent individuellement, tandis que les Brugeois, après av< reçu te duc de Clèves dans leur ville, ne virent d*autre mo;y de remplir leurs obligations que d'augmenter les contributio levées sur le commerce, particulièrement sur la vente des vî et des bières.

Les marchands étrangers résidant à Bruges, dont Tinfluen avait déjà été si utilement employée, profitèrent de la lassitu qu'on avait de la guerre pour demander le rétablissement d relations commerciales entre la Flandre et la Grande-Bretago Ils s'adressèrent dans ce but à la duchesse de Bourgogni et bientôt des négociations actives furent entamées avec 1< Anglais. Dès le 23 novembre 1438, Henri VI chargea l'archevêqu d'York et plusieurs autres de ses conseillers h entrer en poui parlers avec les Flamands. Des conférences eurent lieu quelque temps de là à Calais et, dans les premiers jours .d*oC tobre 1439, une trêve fut conclue entre Philippe et Henri VI Elle proclama la liberté de la pèche, à partir du 5 octobre Cette trêve, qui devait d'abord durer trois ans, fut prorogée!^ 24' décembre 1439, pour cinq ans (1).

Les Quatre-Membres de Flandre, c'est à dire Gand, Bruge5 Ypres et le Franc, curent encore à payer de fortes sommet

(1) Les négociateurs flamands étaient : Benri Utcnhove, Paul Deschampi et Louis Domassent. Voy. Rynier, Fœderay t. V.

aux marchands hanséatiques, en dédommagement des pertes essuyées par ceux-ci durant la guerre. Une charte du 20 septembre 1438, nous apprend qu'ils reçurent, à cette occasion, 8,000 livres de gros, monnaie du pays (1). Cette restitution ne se fit pas, néanmoins, sans quelques contestations, et la Hanse ne l'obtint qu'après avoir fait saisir tous les vaisseaux des Pays^ Bas qui se trouvaient sous sa juridiction. Les Hollandais et les Zélandais refusèrent même de s'exécuter, équipèrent une flotte, et pillèrent tous les navires de Hambourg, de Lubeck, de Lunebourg, de Rostock, de Wismar et de Stralsund dont ils purent s'emparer. Les belligérants finirent cependant par. signer un traité à Copenhague et par accorder les compensations réclamées (2). Nous avons h mentionner, vers la fin de l'année 1438, de nouvelles querelles entre Malines et Anvers, relativement à l'étape du poisson, de l'avoine et du sel. Cette dernière denrée était, à cette époque, l'objet d'un grand commerce dans nos contrées. Le roi Henri VI avait même permis à un certain nombre de Belges de venir en Angleterre, pour y établir des sauneries, leurs procédés de fabrication étant supérieurs à ceux alors en usage de l'autre côté de la Manche (3). La ville de Malines, qui était depuis longtemps en possession ^un négoce considérable, particulièrement avec la France (4) et l'Espagne (5), voyait avec beaucoup de jalousie l'accroisse- ^nt constant de la commune anversoise, et il fallut l'intervention du duc pour rétablir la paix.

Les déprédations maritimes, si fréquentes durant les luttes ^®^les qui ensanglantèrent toute la première moitié du

(^) hrmentier, documents relatifs à la Hause Tcutoniquc déposés aux ^'«fcivesdeGand.

W GetraUé fut préparé par S. de Lalaing, A. de Gand et Van der Eyck.

ft) Inderson, Hist, of commerce, 1. 1, p. 461. J4 Ils Jouissaient, dès ISOiî, du privilège de passer devant Bapaume et '^'^e, en se rendant aux foires de Paris, sans payer de droits. Papebroch,

9\ Une ordonnance des rois de Gastiile de 144*2, taxe les étoffes superflnes ^*^Pfes à trois mille maravédis la pièce, et le velours superflu de Malines à *M maravédis. Capmany, Mém. hist. sobre la marina de Barcelona, t. III, %II.

iiO BIOTOiRE DU

%y siècle ne discoatinuaient point. Un certain Haaao Leeuw, gantois de naissance » parcourait en ce laoïiimt jBiers, et avait sous ses ordres une escadre de huit k dis i «eaux, bien armés et approvisionnés « avec lesquels fl fli non seulement la course sur les côtes de Flandre et de i lande, mais même dans Tocéan Atlantique, en longeant leiii espagnol jusqu'à Gibraltar. Les marins gantois se distiogita d'ailleurs, en ce temps , par leur esprit d'entreprise et i audace. Des querelles meurtrières eurent lieu, en 1440| « eux et les Anversois. Il paraît cependant que ces den avaient quelques torts, car le duc de Bourgogne prooc contre eux (1).

Des dissensions de même nature éclatèrent, en 144S, m les bateliers brugeois et brabançons, au sujet du dëobargeo des navires arrivant dans le Zwyn. Les magistrats de Brp décidèrent, le l^' septembre 1442, qu'on les allégerait à tûar rôle, en commençant par un vaisseau brugeois, pour pu ensuite à un vaisseau bruxellois, une autre emlMiTcatkm II geoise, puis un vaisseau anversois, après quoi on de) reprendre la série. Il était défendu à tout bfttiment veoaat Halines, de Bruxelles ou d'Anvers, de mettre plus de çntfl jours à charger ou à décharger sa cargaison, sous peine ^ amende de dix livres parisis par chaque jour de retard. Si marchandises transportées n'avaient point été déclarées préalable, l'armateur encourait une pénalité de vingt lii parisis. Tout navire, au moment d'entreprendre un voyage, é frappé d'un droit de trois livres parisis, au pro&t de la corpc tion des Francs-Bateliers de Bruges. Les négociants étrang avaient le droit de noiiser tout bâtiment quelconque p importer des marchandises en Brabant, à condition toutefois faire connaître leur volonté au doyen et au conseil des Ffia Bateliers, et d'obtenir leur autorisation (2).

Ce règlement, comme on le voit, était fort défïivorabie i marine brabançonne, mais les Brugeois considéraient les bi tants d'Anvers comme de dangereux rivaux, et s'efforçaienl

(1) Papebroch, Annales AntverpienseSf 1. 1, p. 412.

(2) Gailliard, Ambachten van Brugge, p. 151.

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Ui • HISTOIRE DU GOnRaCI

ce genre. En effet, dans un registre de parchemia i « Ghest li livres de toutes les Keures de la vile dTpres sant aux archives de cette commune» on trouve une cha mençant par ces mots : « Ghe sont les Keures des tisse tapis et leur œuvre. » Par Tarticle premier de cette p: en contient onze et qui porte la date de 1309, il est dé se servir, dans la Cabrication des tapis , de poil de vac filets de poils de chien (1).

Durant le séjour de l'empereur Frédéric dans les duc, ce dernier reçut la visite d'un ambassadeur de Jea logue, chargé de traiter une afbire assez grave. '. d'Orient penchait depuis longtemps vers une ruine o Les Turcs, dont la marche triomphante, après avoir et par Tamerlan, avait repris sa première impulsion, a raient, sous les ordres du sultan Amurath II, à conm] siège de Gonstantinople. Jean Paléologue, connaissant 1 l'esprit chevaleresque du duc Philippe, lui faisait dema secours. Il avait déjà éprouvé toute l'indifférence des r chrétienté, et tentait un effort suprême auprès du prim dont la réputation était grande sur les bords du B On y voyait souvent, en effet, des vaisseaux de Flandre ces contrées lointaines on le nommait grand-duc d'Oc<

L'ambassadeur étranger fut accueilli avec honneur, fit les plus brillantes promesses. Le sire de Wavrin i bientôt à Venise pour y équiper quatre galères, et le Vasco de Saavedra annonça l'intention de se joindre au liers bourguignons qui se disposaient à faire la gut Turcs. Geoffroy de Thoisy, seigneur de Mimeures, reçi de se transporter à Nice pour y réunir une flotte, et plusieurs navires, dans le même but, aux Pays-Bas. Il ( cette époque , d'après Papebroch , un chantier de com navale fort considérable dans le pays de Waes, à dei d'Anvers. Le duc y fit construire une galère remarqii son tonnage, et armée avec le plus grand soin (2). On

(1) 0. Delepicrrc, La Belgique illustrée, p. 81. Bruxelles, in-S*, Sw graphique belge.

(î) Annales Antverpienses, \). B22.

également deux trirèmes à Anvers, qui furent lancées en 1447. Des vaisseaux flamands assistèrent, en 1446, au siège de Rhodes, où le sire de Thoisy se distingua à un tel point qu'il obtint de grands éloges de la part de son souverain, et une pension viagère de 300 francs (1).

Nos marins, en arrivant sur les côtes d'Asie, n'eurent pas seulement à combattre les Turcs, mais aussi les Génois, qui, ialoux des privilèges commerciaux dont Tes Vénitiens jouissaient dans l'empire latin, favorisaient ouvertement les infidèles. Une galiotte, faisant partie de la flotte du sire Waleran de Wavrin, fut saisie à Gaffa par leurs ordres, et le duc de Bourgogne leur adressa même des lettres de sommation à ce sujet (2). Les Génois, loin de faire amende honorable, finirent psir déclarer ouvertement la guerre au duc, sous prétexte que ce prince leur avait refusé la restitution de certains navires hircs, capturés par ses gens dans la mer noire (3). ' Les encouragements accordés à la marine belge, dont le développement servait si utilement nos intérêts commerciaux, gercèrent non seulement leur influence sur l'avenir de la ville ^'Anvers, mais aussi sur celui d'Ostende. Le canal de naviga- ^^n, creusé en 1284, ayant été supprimé par suite de la construction de nouvelles digues élevées contre les grandes marées, '^ « wateringues » arrêtèrent, en 1443, d'en faire tracer un ^^Ire, tant pour l'écoulement des eaux que pour rétablir des '^^oyens de communication entre Ostende et le pays environnant. Ce canal, comme le premier, venait se terminer au sud de ^ ville. Lors de sa création, Ostende n'avait pas encore de chenal qui conduisit directement de la ville à la mer; les pêcheurs se voyaient obligés d'échouer leurs barques sur la plage, ainsi qu'on le fait encore de nos Jours h Blankenberghe. n paraît cependant qu'il existait dans les dunes une sorte de port de refuge, car un octroi de Philippe le Bon, concédé

IM Mémoires pour servir à l'histoire de France et de Bourgogne y l. II, p. 205. 1^ navires flamands avaient été envoyés à la défense de Conslantinople dès ^'^ tiU ; les frais de Texpédition furent liquidés en 1480.

W) Gachard, Notice des archives de M. le duc de Caraman, BuU. delà commis. % (TfcMtotrtf, t. XI, p. 188.

(3) Andersen, déjà cité, 1. 1, p. 458.

DO

en 1445» fait mention d*un twuvel HAtre, ce qai MppôM tM demment la formation de quelque crique avant cette épDqii Dans la requête que présentèrent les Ostendais pour obtas Tautorisation d'établir ce havre, ils donnent des dÂails onriei sur les ravages causés par la mer sur cette partie des eta Une foule de maisons , bâties originairement hors de Tatteki des plus hautes marées* avaient été envahies peu k peu paf I flots, et leurs habifants s'étaient vus forcés de les démolir (! Le duc, prenant en considération les dépenses eonsidëraU auxquels ils s'étaient astreints pour l'amélioration do pOrt» 1 affiranchit de tous tonlieux en Flandre (S). Les bourgeois ' l'Écluse avaient obtenu un privilège semblable, mojieniii paiement d'une somme de cent livres parisis (S).

Malgré l'énergique activité des populations belges, elles i pouvaient se soustraire entièrement à l'influence Atale des é\ nements qui se passaient en ce moment en France. Charles T tout en acquérant plus d'autorité et de pouvoir, avait encoN lutter contre de nombreux ennemis. Des bandes indîsdplins parcouraient le royaume, changeant de drapeau suivant circonstances, âpres au pillage, rebelles à tout contrôle; Anglais, bien que vaincus, ne voulaient renoncer à aocum» leurs prétentions : la paix semblait plus éloignée que jam« Après de fréquentes négociations, dont la stérilité exci* l'esprit caustique des gens de cour (4), on parvint cependax

(1) Pasquini, Hist. d^laviOêd^Oitende.

(2) Archives générales du royautne de Belgique, Registre aux chartes éb U (8) IM., Reg. aux chartes de Lille, 1110-51.

(I) Quf voudra la paix conquérir

Du roi de France et d'Angleterre Seixe personnes fault acquérir; Deux en fault de chacunne terre :

Deux bourguignons de pasience Et deux brettons de conscience ; Sans ordure deux allemans Et sans flatterie deux normands ; Et fault sans orgueil deux liégeois Et sans trayson deuxanglois; Et puis fault deux hardis lombars Et sans mocquerie deux picards ;

Et Oe LA «ARIKE SU ÉSL6IQ(%. lt$

eoDclnre OAe trévé, le 1^ avril i444. Le duc de Bourgogne, de

son côté, régla en 1446 la perception des droits de douane,

levés à Anvers sur les biens des marchands britanniques (1).

Kn cas de contestations, ceux-ci pouvaient en appeler à un

tribunal particulier, composé de trois juges, nommés par les

lK>urgeois ou par le prince. Ce traité, comme celui de 1406,

eontient une disposition remarquable ; on y voit que la capture

dTune propriété ennemie, trouvée à bord d'un bâtiment neutre,

^Udt alors autorisée.

Ces privilèges attirèrent beaucoup d'Anglais à Anvers, d'autant plus que les habitants de cette ville, avec une juste entente de leurs véritables intérêts, s'efforçaient de faire disparaître toutes 'es entraves imposées jusqu'alors au commerce. C'est ainsi qu'ils rachetèrent, le 24 mai 1447, de l'abbé de Saint-Michel, les droits de tonlieux prélevés par celui-ci à Ayendyke, pour la somme de trente-sept florins du Rhin. Ils conclurent encore ^es transactions du même genre, trois ans plus tard, avec 'ean Van Halmale, Guillaume Van den Wyngaerde et Jean Van Romerswale, qui tous prélevaient certaines redevances sur les '^vires fréquentantd'Escaut.

Philippe de Bourgogne, secondant ce mouvement, veillait ^Vecsoin à ce que les trêves ne fussent pas violées. Il en donna ^^e preuve éclatante. Un de ses plus braves chevaliers, le sire ^^ Temant, alors capitaine de FÉcluse, avait appris qu'un riche ^^Xïimerçant anglais passait souvent proche de cette ville, en ^^lant de Bruges à Calais. Le gentilhomme bourguignon feignit ^^ chasser quelques-uns de ses serviteurs et les aposta sur la ^uie; ils enlevèrent cet Anglais, et prirent en toute hûte le chemin de la France. Le duc fut instruit de cet enlèvement fait ^ns ses propres pays. La duchesse, qui avait traité avec ïenri VI et signé la trêve, mit une grande vivacité h ce que jus- ^^^ fût faite. Des archers furent envoyés aussitôt à la suite des

Et pour mettre la chose à fin Deux prud'hommes de Limosin.

A. Jubinal, Lettres à M. de Salvandy sur quelques-uns des manuscrits de la Bibl. roy. de la Haye^ Paris, 1846, in-S', p. 109. (1) Yoy. le manuscrit 17,981, Bibl. du Musée britannique; Papebroch, Anno- *<* Atuwrpifîws, 1. 1, p. 4i8-«9.

tlB mSroiRB DU GOIOIBRGB BT DE LA MAIONB SI BBLGWDl.

coupables, les atteignirent» et trouvèrent sur eux une lettre sire de Ternant à son beau-frère le seigneur de Mont-Jay, laquelle il lui adressait le marchand étranger, le chargeant le garder prisonnier jusqu'à rançon. La duchesse n*en fut < plus empressée à punir ce méfait. Le sire de Ternant é chambellan du duc ; il lui avait rendu les plus grands servi et avait toute sa faveur. Il n'en fut pas moins envoyé au c teau de Gourtray, où il passa une année; en outre, il eu payer de grands dommages et intérêts à l'Anglais qull v fait prendre.

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