CHAPITRE III
Administration de Marguerite de Parme. — Antagonisme des Belges et des Espagnols. — Mécontentement dans les Pays-Bas. — Discussions au conseil d'État. — La reforme en France et en Angleterre. — Une colonie belge à Cantorbéry. — Rapports commerciaux avec l'Angleterre. — Édits oontre l'émigration. — Rupture des relations mercantiles entre la Grande Bretagne et les Pays-Bas. — Négociations à ce sujet. — Etablissements flamands et wallons à Norwich et à Sandwich. — Loteries commerciales.
— Mission du comte d'Egmont en Espagne. — Agitations politiques. •— Expédition navale en Portugal. — Effervescence générale en Belgique.
— Le Compromis des nobles. — Pillage des églises. — Ses conséquences.
— Emigrés flamands à Londres. — Quelques mots sur sir Francis Drake.
— Efforts du gouvernement anglais pour attirer les industriels belges. — Commencement de la guerre civile. — Escadre hoUando -belge à l'embouchure de l'Escaut. — Arrivée du duc d'Albe. — Règne de la.terreur.
Au moment où Marguerite de Parme inaugurait son administration dans les Pays-Bas, le génie national, stimulé par le commerce et par des relations constantes avec l'étranger, y ivait acquis un grand développement. Les arts, les sciences, ôs lettres y prospéraient au sein de Tabondance et de la liberté. Il semblait impossible que cette riche contrée, regorï©ant d'une population industrieuse et active, dût présenter un l/>ur le spectacle de la ruine et de la dévastation. Elle avait cessé, ^^^ est vrai, de s'appartenir, et formait désormais l'une des pro- ^ïices d'une vaste monarchie, mais ses vaisseaux parcouraient ^^ mers, ses ateliers se remplissaient d'habiles ouvriers, ses *oires étaient des entrepôts européens. Des signes de dissolu- ^on commençaient cependant, dès cette époque, à se mani- '^ter au sein de cette forte et opulente communauté.
BUTOIU DO COMMiaCI, T. m. 4
M HISTOIRE DU GOMIIERGE
La réunion, sous un même sceptre, de deux contrées ausâ différentes par leur nature et leurs traditions que les Pays-Bas et TEspagne, devait aboutir h une éclatante rupture. Il eût été difficile, en effet, d'imaginer un contraste plus frappani que celui qui existait entre elles. Les Belges» sincèrement attachéi à leurs institutions communales, ne se croyaient liés envett leur souverain que par des liens féodaux, constituant un vâritable pacte constitutionnel, et entraînant des obligations réciproques. Telle n'était pas l'idée que les Espagnols se formaient alors du principe monarchique, sanctifié à leurs yeux par 11 religion elle-même. Les uns, préoccupés des moyens d*afliéliorer leur position industrielle et commerciale, aimaieot It paix, et s'assimilaient avec facilité toute idée utile et pratiqae^ quelle que fût son origine; les autres, endurcis par leurs los» gués luttes avec les Maures, y avaient puisé le goût des eoiquêtes, et des sentiments de patriotisme aussi exaltés qB'e^ clusifs.
Divisés entre eux par leurs habitudes politiques* les sqjoli de Philippe II ne l'étaient pas moins par leurs conyictions nii* gieuses. La plupart des Belges, tout en professant le culte atbolique, se prononçaient énergiquement contre les Ofdoftnances sanguinaires décrétées contre les hérétiques, en hfW desquels ils réclamaient une tolérance que les Espagaob étaient décidés à leur refuser. La Belgique, pays d'entreeoon et de libretrâfic, ne pouvait, en effet, sans se condamner à aae décadence inévitable, défendre ses frontières aux marcbâiiA anglais et allemands, ou les en écarter par de cruelles perse» cutions. De graves intérêts commerciaux, à défaut de consiiM' rations morales d'un ordre plus élevé, imposaient à nosooB" patriotes le devoir de les couvrir de leur protection.
Cet antagonisme entre les deux nations, dont les eiMis0 faisaient sentir chaque jour, avait acquis un caractère pi** passionné à l'avènement du nouveau souverain, qui ne coAp^ nail ni les mœurs ni le génie des populations flamaoiitf» Quelques excès commis par les troupes espagnoles, vivciw*^ commentés en Belgique, mirent les deux partis en'préseûce» Le mécontentement était universel dans les Pays-Bas. ^ noblesse, que Charles-Quini avait associée à sa gloire, se pi**"
gnait d'avoir été écartée des affaires; le clergé, menacé dans la possession de ses bénéfices, par la création d'un certain nombre d'évèques — que le gouvernement se proposait de doter aux dépens des communautés religieuses -—se montrait hostile à une politique qui le privait d'une partie de ses revenus ; la bourgeoisie et le peuple subissaient impatiemment les mesures répressives à l'aide desquelles on prétendait contenir l'esprit public et en modifier les tendances.
Ces sentiments d'opposition trouvèrent bientôt leur écho jusqu'au sein du conseil d'État. Guillaume de Nassau, prince d*Orange, Tun des habiles négociateurs du traité de paix de 1859; Lamoral, comte d'Egmont, le brillant vainqueur de Saint- Quentin ei de Gravelines, appuyés par une foule de gentilshommes, y combattaient l'influence de l'évéque d'Ârras, Antoine Perrenot de Granvelle, devenu archevêque de Maline^ et primat de Belgique, lors de la réorganisation des diocèses.
Les mécontents, auxquels vint se joindre plus tard l'amiral de Bornes^ se trouvaient en présence d'un redoutable adversaire. Granvelle réunissait en effet à un esprit profond et pénétrant, une rare activité au travail, et l'art de conduire les négociations les plus compliquées. Connaissant parfaitement le caractère soupçonneux, inquiet et dissimulé de Philippe, il dominait ce prince tout en ne paraissant obéir qu'à ses ordres, et lui suggérait les plus importantes résolutions tout en lui en déguisant l'origine. Le maintien d'une armée étrangère devait contribuer puissamment à ramener les provinces à l'unité du catholicisme, mais les soldats espagnols s'y étaient fait exécrer, et le ministre se vit forcé de consentir à leur départ. Il tfen vengea en dépeignant ses opposants comme des factieux, ennemis de l'autorité royale, suspects d'hérésie. Ces reproches, dictés par la haine, étaient injustes. Granvelle, auquel sa . nomination au cardinalat donnait droit de préséance sur les ^présentants des plus nobles maisons belges, avait offensé Personnellement plusieurs d'entre eux. Après avoir empêché le ^*^age du prince d'Orange, avec une princesse de Lorraine, il ^vait contribué à la disgrâce du comte de Homes, qu'il avait privé du gouvernement des provinces de Gueldre et du Zutphen, et conservé pour lui-même une abbaye, que le comte
d*Egmont sollicitait pour un de ses parents. Nul de ces seigneurs ne songeait en ce moment à trahir leur souverain, on même à repousser Tautorité papale ; ils se bornaient à réclamer plus de modération dans les poursuites criminelles dirigéei conlre les dissidents, et à travailler à la chute du cardinal, qu'ils considéraient comme le représentant d'une politique oppressive, aussi opposée aux traditions nationales qu'aux véritables intérêts du pays.
tandis que ces débats entretenaient une agitation croissante en Belgique, la réforme triomphait en Angleterre sous le goo* vernement de la reine Elisabeth , et provoquait une guerre civile en France. Les deux factions, rangées dans ce de^ nier royaume sous les étendards des puissantes maisons de Guise et de Condé, sollicitaient Tune et l'autre des secoors de l'étranger. Les protestants ou huguenots (i), persëcQtés sous François V^, Henri II et François II, profitaient de le minorité de Charles IX, placé sous la tutelle de sa mère, Getberine de Nédicis, pour réclamer la libre pratique de leur ciittOi et se faisaient accorder des subsides par la Grande Bretigoe; les catholiques, égarés par le fanatisme religieux, appebieot à leur aide les Italiens et les Espagnols.
Les circonstances étaient pressantes, et Marguerite de Pen^e reçut bientôt des lettres royales, lui enjoignant d'envoyé 2,000 cavaliers en France, afin d'y seconder la réaction. W ordre, communiqué au conseil, y rencontra une résistance énergique. Après de nombreux pourparlers, la duchesse p^^ vint à faire accepter un compromis, et un subside en argent ibi accordé au gouvernement.
La levée d'une telle taxe ne pouvait qu'afikiblir une adauniâtration déjà impopulaire. Granvelle, aussi absolu dans ses Apports avec Marguerite de Parme qu'il se montrait humble et insinuant envers Philippe, devint bientôt odieux à la princesse. Presque tous les nobles, sauf le duc d'Aerschot et les comtes d'Aremberg et de Berlayraont, refusaient de siéger au consdl
(1) Ils (levaient ce nom à leurs relations avec Genève, les répablictios suisses étant connus sous le nom deeidgenossen, confédérés. Voyei Sismondl Histoire des Français, tome XYIII, pag. 117,
avec lui. Le roi, après de longues hésitations, se décida enfin à congédier son ministre, et consentit au départ de celui-ci pour la Franche-Comté, le 13 mars 1564.
Les exécutions sommaires ordonnées par les inquisiteurs épiscopaux, les mesures illégales imposées par les fonctionnaires espagnols, portaient déjà leurs fruits. Beaucoup d'ouvriers belges, effrayés des dangers qui les menaçaient, quittaient le pays. Ils avaient formé, en 1561, une véritable colonie à Gantorbéry. Les réfugiés qui en faisaient partie étant presque tous Wallons et calvinistes, la reine Elisabeth leur accorda la permission de pratiquer leur culte dans la crypte de l'église cathédrale, dont l'usage est encore, de nos jours, résenvé à leurs descendants. Ces exilés s'occupaient, pour la plupart, du lissage des soieries, et avaient choisi pour résidence la capitale du comté de KeiH, à cause de sa situation aux bords d'une rivière, la Stour, et de sa proximité de la métropole. Leur nombre s'y accrut rapidement, et les historiens locaux nous rapportent qu'ils formaient une population de 900 personnes, en 1634. Leur activité excitait la jalousie de leurs nouveaux compatriotes, qui s'adressèrent au gouvernement britannique, le 26 mars 1586, pour faire défendre aux Wallons de Gantorbéry de s'adonner au commerce des laines (1). Un des ministres élus par ceux-ci, Jean Bulteel, publia, en 1645, une histoire fort intéressante des « trois, églises étrangères du comté de Kent (â). »
Si quelques négociants arriérés se plaignaient de la présence
(1) Voyez MS. 51, Bibl. Harl. Musée Brit.
(2) Voici , d'après Ward's Canterbury guide, les noms de quelques-uns des ministres de la congrégation wallonne : •
Antoine Lescaillel 1581 Pierre Trouillart 1686
— Noé 13^ Jacob le Bailly 1690
Samoel le Chevalier 1595 M. Trepsac 1698
l*hilippe Delme 1619 Jacques Gasl de Lavaure 1699
Jean Bolleel j M. Charpentier 1700
Paul Georges ) ***** Jacques Gartault 1701
io«eph Ponjade 1638 M. Delaroche 1707
PaulGeorgier 1648 Paul Forestier 171Î
Pierre Lekenx 1654 — De la Rose 171â
JSIie PanI d'Arande 1664 Charles Dubles 1748
Arnaud Boucherie 1670 François Durand 1767
M. Delon 1670 Jean François Mieville 1789
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de ces concurrents, la reine fflisabeth oomprentit nàm in véritables intérêts de son peuple. Ses agents, fldèietili prit tique inaugurée par Édonard III, jetaient les bases deThawi prospérité réservée à Tindustrie anglaise, en oflkiuitn sribi tous ceux' qui désiraient implanter dans te pays de aaawlt branches de (U)rîoaiion. Le travail national ÀaildUlie«i8|li» tégé en Angleterre, d'une manière tonte spéciale. hmwÊtdtm dises importées du dehors étaient firappées de droits cêibM* râbles (1). On les taxait à leur arrivée, et leompdditeordiiÉ s'engager, en fournissant eaution, à dure Fadiat d*ae qmtâ ég^le de produits indigènes. L'exportation des draps, qai im naît chaque jour plus importante, était entièreoirat eaM l« mains des sujets britanniques (S).. D'immenses cargiiiÉI d'étofiës de laine, apportées par des navires anglais, Mflt débarquées chaque jour k Anvers, où l'on avait cédé aux a4|l^ dants d'outre Manche l'ancien entrepôt appartenant jadis k h ville de Lierre, situé au Bfarché aox bcsute (3).
La reine Elisabeth avait exprimé le désir, dès son avéasoert, de maintenir de bonnes relations commerciales avec tes Iq^ Bas. Elle y flaisait acheter des chevaux pour ses écuries, M« recevait de vastes approvisionnements de poudre de gMRA que les habitants ie la Grande Bretagne ne possédaient pv encore l'art de manufacturer (4). Ces rapports, bien que loojours fort suivis/devenaient moins sûrs h mesure que les dissensions religieuses s^envenimaient.Quelques protestants zâés, excités à la vengeance par les persécutions dont leurs coreligionnaires étaient l'objet, parcouraient l'Océan et attaquaient les navires portant pavillon espagnol. Philippe II s'en était plaint à la reine dès le 3 juillet 1589, et Marguerite de Parme
(1) Hume, Hist, ofEngland Vol. V. pag. 13; Bull, de la Commission rofil' d'Histoire, lome XII, n* 1, «• série.
(%) Tout armateur étranger, désirant exporter des draps, avait à payer* sur chaque pièce d'étoffe, d'une valeur de 6 livres sterl., 16 shel. a deniff* d'ImpOts, outre 4 ou 5 shel. pour droits de licence. L'exportateur asaU* n'était taxé qu'en raison de 6 shel. 6 deniers. Il pouvait donc offrir sa nvcbandise à des prix fort inférieurs à ceux de ses concurrents.
(3) Le 10 octobre 1558.
(4) MS. Gabba, c. 1, fol. 40 verso Bibl. Coton. Musée Brit.
lit cru devoir réitérer ces réclamations le 21 mars 1560 (1). s Ostendais, qui venaient d'obtenir du roi l'autorisation luvrir une foire annuelle le jour de la Sainte-Catherine, joiaient leurs représentations à ce sujet à celles des Anversois. s pêcheurs belges se voyaient souvent dépouillés sur les tes d'Angleterre et d'Ecosse. Leur industrie était des plus rissanles. Il est constaté, par des documents officiels, que Frise, la Hollande, la Zélande et la Flandre employaient >rs plus de 700 bâtiments de pêche. Ces bateaux, faisant As voyages annuels, rapportaient en moyenne 70 lasts de rangs. Le last contenait 12 barils, et chaque baril, de 900 1,000 harengs, s'estimait à 10 livres de gros, de 3 écus la re, ce qui donnait un produit net de 1,470,000 écus. La pêche cabillaud rapportait 500,000 écus, et celle du saumon, 0,000 écus. La valeur annuelle des trois pêches équivalait ne à un capital de 2,170,000 écus.
Les Brugeois avaient eu également quelques démêlés avec \ sujets de la reine Elisabeth, à la suite desquels on leur lit enlevé, en 1560, l'étape des laines, qui avait été transée à Embden. Les pertes du commerce belge à l'étranger taient guère compensées par de grandes améliorations iales. Les Gantois firent des démarches à la cour d'Espagne,
1) Nous reproduirons sa lettre, assez curieuse par les détails qu'elle renne : « Les bourgmestres, escbevins et conseil de la ville d*Anvers nous nt donné à congnoistre que plusieurs maronniers et bourgeois de la dite 111e se sont plainct par devers eulx des iovces et oultraiges que jouf-' tellement ils scuflrent des subjetz de Vostre Majesté en son royaulme TAngleterre, au lieu appelé rivière de Londres, ne pouvans sortir du dit oyaulme sans être assailliz des dits subjetz de Votre Majesté, qui, aborlans à leur navire, prennent victuailles, artillerie et pouldre à c^non et ont ce qu'ilz treuvent en icelles, voyres que quant les maronniers de par le çà se vcullenl defTendre, ilz usent de menasses de les tuer et spolier du out, et que si aucuns d'eulx ayans le vent favorable prétendent eschapter, ilz tirent après leur artillerie et flesches, qui les endommaigent granlement. Aussi que, environ le Noël passé, lesdictz subjectz de Votre Maesté, anglois, avec certaine nave appelée la double rose, sur la rivière de .ondres, ont constrainct sept navires du pays de ça abaisser leurs voilles, »reiians hors d'icelles cervoise et argent qui estoient dedens... » Yoy. MB. iba, C. I, fol. 75. On trouvera une autre lettre sur le même sujet, fol. 9t, me MS.
eO HISTOIRE DU GOMIIEMB
en 1S62, pour obtenir Tabolition des droits de navigation perens à l'entrée du Sas. Leurs envoyés, MH. de Wacken et do Boys, y obtinrent gain de cause, malgré les e£Forts des Anvenurif, opposés à cette mesure. Les draps flamands continuaient à se vendre h des prix élevés (1), mais nos fabricants avaient à lutter contre de nombreux concurrents. Les Français conunenctieBt à faire des progrès notables en industrie , et envojaieat k Anvers, dès 1560, une assez grande quantité de draps SUp sortant des manufactures de Paris, de Rouen et de Tours. L'éttblissement des postes en France, dû à Brusquet, bouffoB^di Henri II, allait bientôt y donner une nouvelle impuisioa ap relations mercantiles (2).
La fabrication des couteaux, des épingles, des rubans et des ceintures occupait un grand nombre d'ouvriers en BelgMpe- Les Anglais, encore tributaires denosmanufocturierspooreea articles, en prohibèrent brusquement Timportation, dans ttar poir de forcer les producteurs, par la suppression d*Qn de leurs principaux débouchés, à venir se fixer de Tautre cùié de 1^ Manche. Le succès de cette manœuvre, constaté par deaoea* breuses émigration^, ouvrit les yeux au gouvernement esplgM^l- Il fit défendre aux habitants des Pays-Bas de se rendre éKOB les États d'un prince hérétique, à moins d'autorisation spé^ ciale. Les édits dirigés contre ceux qui renonçaient à la to* orthodoxe étaient applicables aux délinquants, qui perdaient tous droits à la succession de leurs parents. Tout bourgeois, ei> changeant de domicile, devait en faire la déclaration aux magistrats locaux, qui, à leur tour, en instruisaient TadministratiOD supérieure. On lui confisquait ses biens, s'il tentait delesbii^
(1) Voy. GailUard, de Ambachten van Brugge, 1854. ln-8% ptg. 48.
(2) « Il n'y avoil pour lors, dit Brantôme, nulles coches de voitures,!! i chevaux de relais comme pour le Jourd'huy, ny de louage qae pea. • L^i* teur dit avoir compté à Brusquct jusqu'à 100 chevaux de poste; anssi tt bouffon se donnait-il complaisamment le titre de : « Capitaine de cetU CkiMWlégers. » « 11 prenoil pour chaque cheval SO solz, si le voyageur estoit friA- « çois, et 25 solz, s'il estoit espagnol ou estranger. »
Brusquct avait d'abord été médecin, mais il avait bientôt renoncé à celle proression, « les hommes qu'il traitoit, dit Brantôme, allant ad patres, dru « comme mouches. »
passer d*une ville à Tautre sans permission préalable , et ceux |ui l'aidaient à opérer ce transport encouraient les mêmes peines, du chef de complicité (1).
Il ne suffisait pas cependant de mettre des obstacles à Texpa- Lriation : il fallait encore prévenir la concurrence étrangère. On fit suspendre Texportation, vers les ports anglais, des matières premières servant à la fabrication des marchandises, de provenance belge ou hollandaise, dont Técoulement n'était point permis dans les États de la reine Elisabeth. Il fut prescrit aux négociants de faire leurs envois à l'étranger par des navires flamands, et de ne se servir de la marine marchande britannique qu'en cas de nécessité bien constatée.
On ne s'en tint pas à ces mesures répressives, déjà fort rigou- *euses. Le gouvernement ayant été informé que les Anglais, dans & but d'obtenir un prix élevé de leurs étoffes de laine, les valent gardées en magasin durant une partie de l'été, et se roposaient de les expédier à Anvers en hiver, rompit brusquelent toutes relations commerciales avec la Grande Bretagne. ôs conseillers de Marguerite de Parme espéraient, par cet ^te décisif, provoquer une révolte à Londres, où la peste disait alors des milliers de victimes, et dont la population •uvrière souffrait considérablement. En effet, fermer en ce moment le marché anversois h nos rivaux, c'était condamner '^VLT industrie à mourir de pléthore, faute de débouchés. « On ** pendrait un marchand anglais aux portes d'Anvers, disaient
* orgueilleusement les bourgeois de cette ville, que son fils
* n'abandonnerait point nos foires, dût-il, pour s'y rendre,
* passer sur le cadavre de son père (2). »
Les sujets d'Elisabeth, persécutés dans les Pays-Bas, étaient
encore plus durement traités en Espagne, où l'inquisition leur
ouvrait ses cachots. La reine se hâta d'entrer en négociations
avec Marguerite de Parme, lui envoya le docteur Dale, et reçut
k son tour le secrétaire La Torre, chargé des propositions des
(1) MS. 173il. Bibl. addil. Mu$ée Brit.
(i) Tt grewe to a common saienge in thc Lowe Conlrîes that the englishe len woald corne to Aniwarp ihoughc iheirs falliers were hanged on thc lies. Même MS.
62 HISTOIRE DU GOmnCB
ministres flamands. On ne put se mettre d*accoTd. Laoom|Mgnie des Marchands aventuriers, ne sachant comment éoooler tas vastes approvisionnements qu'elle avait rassemblés k Londreii se tourna vers rAllemagne, et fit un contrat avec les coatas d*Embden (1). Ils exposèrent vainement leurs draps ea oett ville, oii nul ne les suivit, la duchesse de Parme ayant eqiMsément défendu tous rapports avec ce nouveau marché (^.
Les Anversois, dans Tintervalle, faisaient d'activés démanbai en Aveur du rétablissement de l'entrecours. Ds veaaiaiBt di consolider leurs relations avec les villes hanséatiqaes, enMWdant une maison de résidence h leurs négociants, des borM et des magasins. Cet éditlce, et les terrains qui en dépendaicM, devaient être exempts de charges et d'impôts. Les HansMfli reçurent encore d'autres privilèges, et eurent désonnais lev lieu de réunion , ainsi que leur bureau spécial des poids à mesures.
Le gouvernement britannique avait promulgué un décrit is confiscation contre tout navire, flamand ou hollandais, quiroM* obérait dans un des ports d'outre-Manche. Il fit une praidèit concession en modifiant ce décret, qu'il déclara ne pas imf^ quer aux bâtiments menacés par la tempête, et que la vioMHl des vents et des marées avait entraînés sur les côtes. UoBelfOt Corneille de Vosse, obtenait d'Elisabeth, vers le même tcmpSi •• privilège d'exploiter plusieurs mines 'de fer (3). Un rapprocte* ment s'opéra et, à la suite de quelques conférences entre M agents de la reine et don Diego Gusman de Silva, ambassade d'Espagne, une convention provisoire mit fin à ces pertori^i' lions commerciales, le 24 décembre 1564.
Les relations mercantiles étaient rétablies, par cette conveD* tion, entre les deux contrées. Les habitants des Pays-Bas, es arrivant en Angleterre, devaient y jouir de toutes les franckis^ et libertés qu'ils y possédaient en 18S8, c'est à dire sous to règne de Marie. Toute ordonnance restrictive, imposée depei*
(1) Cambden, Annales rerum anglicanumf \, 107. (i) Placcaeten ende Ordonnantien, lom. I, pag. 481. (3) Peu (l'Anglais, à celle époque, savaient extraire et préparer le minw*** Pennanl's Tour in Waks.
ET DB LA MARINE EN BELGIQUE. eS
se trouvait momentanément suspendue, ainsi que les der- \ placards, émanant des autorités espagnoles, relatifs à ortation des marchandises anglaises. La décision des ts en litige était réservée à une commission internationale, oquée à Bruges trois mois plus tard, tte réunion eut lieu en eifet, et provoqua une vive agitaparmi les négociants belges. Un mémoire, signé par plu- 's d*entre eux, fut remis aux commissaires du gouverne- : espagnol, afin de les engager à accepter les oifres de ^leterre. D'un autre côté, les pécheurs de Nieuport, de iLerque et d'Ostende se plaignaient auprès de lord Mondes luttes qu'ils avaient à soutenir contre les sujets de Sa sté britannique, et des mauvaises dispositions des autorianglaises à leur égard. Après de longues discussions, qui rolongèrent jusqu'en août 1S6S, les agents des deux nations ^parèrent sans avoir pu se mettre d'accord, ins l'intervalle, le duc de Morfolk faisait des démarches es de la reine Elisabeth, au nom des magistrats de Nor- I, afin d'obtenir la permission d'installer une colonie ande et wallonne en cette ville. Sa demande fut favorablet accueillie, et on fautorisa h choisir, parmi les émigrés Ulés à Londres et h Sandwich, trente maîtres tisserands, impagnés chacun de dix personnes (1), et à les amener dans omté de Norfolk.
5S trente chefs, dès leur arrivée dans leur nouvelle réside, s'y virent exposés, de la part des habitants du pays, à opposition aussi brutale qu'inintelligente. Les bourgeois de wich, rassemblés par leurs magistrats communaux , défenînt à ceux-ci d'apposer le sceau de la cité sur tout acte rela-
Voici les noms des chefs d'atelier qui, en vertu de ces lettres patentes, ansportèrent à Nonvich : Jean Pauwels, Georges Van Exsham, Jean Gar- Pierre Janson, Jean de Rhode, Jean Michiels, Christian Vrient, Gilbert thers, Jean Bruyninck, Georges Vrambout, Romain de Becke. Fran- Trian, François Mysedome, Jean Looten, Adrien Van Dort, Pierre Frexin J^n Brughe, Pascal Clarembaut, Thomas Bateman, Poltelsberghe, Mide Koninck, François De Decker, Jean Goes, Louis SpiUebole, Wilhem 1, Robert Godart, Noé Le Turck, Hypolite Barbé, Jean Dumisme, Jean eye, Pierre Waelsche. Voy. Hist. ofNorfoJk, vol. III, pag. îWet suiv.
ei ' HISTOIRE DU GOMMBRCB
tif à la colonie belge. Il fallut, pour vaincre leur résistance, que le maire, Thomas Sotherton, scellât de son propre scel 1er règlements applicables à nos tisserands.
L*église de Sainte-Marie de Tombland, dont la ville avait Ihit l'acquisition, fut transformée en halle aux draps. Les colons furent placés sous la juridiction de deux aUermen^ munis de pouvoirs spéciaux. Ils s'engagèrent à n'ouvrir leurs raogs I des compatriotes qu'après les avoir présentés au maire et m aldermen, et s'être constitués garants de leur bonne eondiiiie et de leur habileté industrielle. Tous les membres de la^ grégation étaient assujettis aux taxes locales, évaluées à on penny par schelling. Ils payaient en outre un droit de douane (b deux pences pour chaque pièce de drap sortant de leurs ililiers. Tout commerce leur était interdit, sauf celui des WÊtchandises fabriquées par eux (1).
Leur nombre augmenta bientôt, et s'éleva en quelques it nées à 3,925 personnes (2).
Nous trouvons, vers le même temps, des teinturiers bel|0i à Lynn. Antoine de Potter était un de leurs syndics, en iSH. Les fabricants de saies et de flanelle habitaient plus parlieaHrement Sandwich, dont la situation leur convenait à ciaseft la facilité des communications par eau avec la métropole et k continent. Ils y formèrent une colonie de 406 persoDOCS* Quelques-uns d*entre eux ayant remarqué la fertilité eiittM du sol aux environs de la ville, le mirent en culture d'après les procédés flamands, et en augmentèrent considérablement b valeur. Les maraîchers de Sandwich acquirent une grande réputation, et étendirent leurs envois jusqu'à Londres. Parmi te familles établies dans cette partie de l'Angleterre, on dtete Lodewyck, les De Blay, les Gols, les Bornennaghel, la de Busschere.
Retournons en Belgique , où la retraite du cardinal de Granvelle avait eu pour résultat de faire rentrer au copseil les
(1) Voy. au Guildhall de Norwich un registre marqué « Dolch indWalloon strangers, by Nicolas Soiherton, sword bearer. ■
(2) 8G8 flamands, ^03 wallons, 1,173 rcmmes flamandes et waUonnes. ^ 1,681 enfants au dessous de 14 ans.
chefs du parti populaire, sans calmer toutefois le mécontentement.
L'administration espagnole, dont les embarras financiers s'accroissaient sans cesse, vendait au plus offrant les charges publiques, et cherchait à se créer des ressources en instituant des loteries commerciales, avec participation, pour les gagnants, aux bénéfices d'expéditions projetées au Pérou, en Egypte, aux Indes, à Constantinople. Les ordonnances relatives aux hérétiques n'avaient point été rappelées, et le roi avait défendu strictement qu'on y fit aucune altération.
Ces circonstances étaient favorables à l'opposition, qui, formulant ses principes, insistait vivement auprès de la régente afin d'obtenir la convocation des états généraux, la suppression du conseil privé, celle du conseil des finances, et le retrait des lois barbares appliquées aux dissidents. Le comte d'Egmont, que d'éclatants services rendus à la monarchie recommandait à la bienveillance de Philippe II, fut envoyé en Espagne pour y développer ces idées. Moins habile diplomate que vaillant soldat, il y prépara sa propre ruine sans y être d'aucune utilité à sa patrie. Tandis qu'il cherchait encore à se faire illusion sur les résultats de sa. mission, le roi concluait un traité secret avec la France, ayant pour objet la répression de la réforme, et envoyait l'ordre à la régente de faire promulguer de nouveau les édits si odieux au peuple belge.
Cette fois, des murmures éclatèrent de toutes parts. Le marquis de Berghes, Charles de Mansfelt et le baron de Montigny refusèrent ouvertement de servir d'instruments, dans les provinces dont il avaient l'administration, à l'intolérance religieuse. Les quatre villes principales du Brabant, Bruxelles, Louvain, Anvers etBois-le-Duc, s'associant à cette protestation, déclarèrent que les règlements concernant l'hérésie étaient illégaux, et contraires h leurs anciens privilèges.
Sur ces entrefaites, la régente faisait partir une flotte de rembouchure de l'Escaut, après en avoir donné le commandement au vieux comte de Mansfçlt. Ce dernier était chargé d*aller chercher à Lisbonne la fiancée du jeune prince de Parme, Marie de Portugal. L'escadre arriva heureusement à Lisbonne, y reçut la princesse et sa suite, reprit la mer, et fut assaillie à
m mSTOIRB DU GOMMERCi
son retour par un ouragan, qui dispersa les navires compomit le convoi. Une collision eut lieu entre le vaisseau que montait l'inrante et un autre bâtiment, qui coula à fond sous ses faux. Les naufragés, abandonnés par Mansfeit, durent la vie à rimer* vention de la princesse, qui décida l'amiral à venir à lear secours.
Tandis que la cour de Bruxelles célébrait ce royal mariage par des fêtes solennelles, de tumultueuses réunions avaient lieu chaque jour à Anvers, où les réformés comptaient beiBcoup d'adhérents. Au commencement de l'année 1866, Teflérvascence générale était devenue telle, qu'une crise était en qudqiie sorte inévitable. Philippe II, tout en ne dévoilant qu'une pvtie de ses desseins, persévérait dans son désastreux qatème.
Les événements se pressent dès lors avec rapidité. Au tBajs de février, Marnix de Sainte-Alde$ronde rédige le (hmeux Goapromis des nobles, cette glorieuse ligue des classes supérienns contre Tinquisition d'Espagne. Les confédérés, conduits pir Henri de Brederode et Louis de Nassau, présentent à Mai^iarite de Parme, le 5 avril « leur humble requête pour rabotttioa des ordonnances en matière de foi et la suppression des ooaveaux évêchés. » Insultés par le comte de Berlaymont, iisra* lèvent avec orgueil Tinjurieuse épithète dont il les gratifie, et le cri de ce Vivent les gueux» devient le signe de ralliement da parti patriotique.
L'opposition n'était point sortie, jusqu'en ce moment, dff voies légales. Ennemis de rintolérance religieuse, les gentils^ hommes belges et hollandais, obéissant aux exhortations da prince d'Orange, du comte d*Egmont, de Louis de Nassau et de Marnix, se déclaraient en tout fidèles au rot, jusqu'à porter If besace.
Cette situation ne pouvait être de longue durée. Les luth^ riens et les calvinistes, désormais plus confiants, particulière ment à Anvers, se rendaient en armes hors de la ville, et assistaient ouvertement au prêche. On chantait les psaumes de Marot en pleine place publique, et Tautorité, sans forces devant de pareilles manifestations, n'osait sévir contre les délinquants. Un édit de la régente, qui enjoignait à tous les élran-
gers de sortir de la cité, avait été jugé inexécutable par ceux-là mêmes qui étaient chargés de le mettre en vigueur.
L'arrivée du prince d'Orange, burggraef héréditaire d'Anvers, calma un moment les esprits. Malheureusement il quitta la ville, vers le milieu du mois d'août, et son départ fut le signal des plus grands désordres. Des bandes de fanatiques se ruèrent sur les églises, brisant les vases sacrés, les autels et les statues à coups de hache, lacérant les missels et les vêtements sacerdotaux. A l'exemple de leurs co-religionnaires français, les calvinistes belges avaient juré la destruction des images et de tous les objets qui, à leurs yeux, étaient des symboles d'idolâtrie.
Ces scènes de dévastation, répétées dans tout le pays, exercèrent une influence considérable sur les destinées politiques delà nation. Les uns, irrités par les périls auxquels ils avaient été exposés jusqu'alors, applaudissaient à ces actes barbares, comme à une conséquence naturelle de la rupture complète qui devait s'établir entre un peuple régénéré et l'Église romaine ; d'autres, au contraire, tout en détestant l'inquisition, tremblaient de voir les calvinistes à la tête des affaires, et préféraient se rallier au gouvernement royal, que d'assumer la responsabilité de ce qui venait de se passer; un troisième parti, enfin, après avoir repoussé toute complicité avec les iconoclastes, acceptait cependant les faits accomplis, persistait dans son opposition aux doctrines espagnoles et , prévoyant la vengeance d'un monarque implacable, se préparait à la guerre.
Pressentant ce qui allait se passer, les marchands italiens et espagnols abandonnaient en foule la ville d'Anvers (1), tandis que la régente entamait la lutte en lançant des ordonnances sanguinaires contre les auteurs des troubles, lesccdéclairans sacricc léges, larrons publics, ennemis de Dieu, du roi et du monde.» « Il était permis à tous de les tuer non seullement impugne- « ment, mais aussi avecq honneur, comme l'on faict d'un ennemi « commun de la patrie (2). »
(1) P. Bor, Nederlandtsche oorlogen, 2* liv. fol. 62. {t) Yoy. les édits du 3 juillet et du 25 août 1566.
68 HISTOIRE DU COMllBBCI
Le dépeuplement de nos grandes villes augmentait cbaque jour. Près de mille Flamands et Wallons débarquèrent k Londres, en 1567, formant un total de 647 bourgeois, 132 femmes et enfiints, 182 ser\ûteur$ (1). Parmi les Belges établis à eette époque sur les bords de la Tamise, se trouvait un Anversoôi nommé Jean Drakc, qui habitait Âlgate Ward depuis 1B60, Ne serait-il pas le père du célèbre amiral Drake, qui Btpliu tard, comme chef de Tescadre anglaise, tant de mal aux Espagnols ? Il est constant que celui-ci fit ses premiers voyages, comme marin, dans les Pays-Bas (2), et que les auteurs anglais ne s'entendent pas entre eux sur son origine. D'après les ans, il serait fils d*un ministre^ protestant, réfugié dans le comté de Kent pour échapper aux persécutions de Henri VIII ; d'auira, au contraire, prétendent qu'il descendait d'un simple matelot La similitude de nom, l'obscurité qui enloure sa naissance, 6t cette circonstance importante qu'on l'envoya (ïire son appreatissage d'homme de mer sur nos côtes, ne donnerait-elle pv quelquer vraisemblance à notre supposition ? Les Drake étaient très anciennement connus à Anvers, où ils avaient été plu* sieurs fois chargés de fonctions importantes.
Les ministres de la reine Elisabeth continuaient à oflBrir FlioS" pitalité aux étrangers, contrairement aux vœux des Anglais eux-mêmes qui, moins avancés que leur gouvernement, combattaient l'introduction de manufactures nouvelles, en prétendant qu'il en résulterait une diminution des revenus de 11 douane (3). La régente ayant défendu de fabriquer de la poudre à canon dans les Pays-Bas, un agent diplomatique anglais se hâta d'écrire à sir Th. Gresham, l'engageant à attirer en Angle* terre les ouvriers s'occupant de cette industrie (4).
Nos relations commerciales se trouvaient, en 1S67, dans oa état de stagnation déplorable. Elles n'avaient quelque activité que dans le comté de Namur, où l'on commençait à s'occuper,
(1) MS. 99, fol. 59. Bibl. Lansdown. Musée Brit.
(2) Voy. Johnson, vie de sir Fr. Drake; ChalmersbiograpkiealdictitmarTi.
(3) Slow, Survey ofljondon, lom. II.
(4) Voy. registres des Charles de Lille, Archives générales du royaow^ h' 28, 29, 30, 33.
avec beaucoup d*ardeur de Textraction des métaux (1). Les bruits les plus sinistres circulaient dans nos provinces. On annonçait que des vaisseaux de guerre français se disposaient à prêter leur appui aux escadres espagnoles, et que la vengeance royale serait terrible. Quelques mécontents, exaspérés, se décidèrent enfin à déployer sans tarder Tétendard de la révolte, et, remontant TEscaut sous la conduite de Marnix de Tbolouse, tentèrent un débarquement dans l'île de Walcheren. Déjà la guerre civile avait commencé dans le Hainaut, oii les habitants de Valenciennes défendaient héroïquement leurs vieilles libertés.
Catholiques et protestants, debout et en armes, se trouvaient face à face à Anvers, prêts à en venir aux mains. Le prince d'Orange accourut aussitôt et, interposant son autorité, parvint à empêcher un combat fratricide. Un accord provisoire fut conclu entre les deux factions. Il fut convenu que tout citoyen demeurerait libre dans sa croyance, sans être inquiété, pourvu qu'il s'engageât à respecter la joyeuse entrée et les privilèges municipaux.
Cet arrangement était basé sur un principe éminemment chrétien, celui d'une tolérance réciproque, mais il ne fut pas approuvé par Marguerite de Parme, qui y refusa sa sanction. La stupeur causée dans toute la contrée par les violences des iconoclastes, en enrayant pour quelque temps les tendances révolutionnaires, relevait les espérances du parti espagnol. Marnix de Tholouse périt à Austruwel, battu par Philippe de Lannoy, et Valenciennes ouvrit ses portes aux soldats de Noiroarmes. Beaucoup de nobles, parmi lesquels on remarquait surtout d'Egmont et de Homes, refusaient de tirer Tépée contre leur souverain.
Il fut bientôt question d'installer à Anvers une garnison étrangère, et cette rumeur, d'ailleurs trop fondée, provoqua de nouvelles expatriations. De riches négociants, fermant leurs comptoirs, se retirèrent à Bruges et à Malines. Le prince d'Orange lui-même, plus clairvoyant que ses anciens collègues du conseil privé, prit la route de l'exil,
(1) State paper office, Papiers de Flandre. Voy. lettre du îfjuillet lo67.
flltT. DO COMMItCI, T. III 5
Le d(.'î jour. IM .
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"■- .i s'était vivement opposée à sa venue, comprit, en
- vies pouvoirs illimités accordés au capitaine général,
""^ ivait plus qu'h se retirer. Elle attendait encore ses
^^'" rappel, que déjà le duc d'Albe exécutait Tordre royal,
P"^'"' arrêter les comtes d'Egmont et de Bornes, dont la po-
f^' lait le plus grand crime, et auxquels Philippe II n'avait
^ ^^ ionné leurs relations avec le parti populaire. Cet évé-
^' '|ui inaugurait rétablissement d*un despotisme inconnu
*rsdans nos provinces, y excita une sensation profonde.
v»ation du Conseil des troubles — dont la puissance
«il sur la fortune et sur la vie de tous les citoyens — et
'cation des ordonnances qui remettaient en vigueur les
fs impériaux, portèrent la terreur à Textréme. Des mil-
iadividus passaient la frontière et fuyaient vers l'étran-
industrie chômait, la Bourse d*Anvers était désertée, et
ivires de commerce, évitant l'embouchure de l'Escaut,
aient leurs voiles blanches vers l'Angleterre, où les lois
lationales étaient encore respectées, les droits privés ga-
o, les libertés publiques sauvegardées.
duc d'Albe visita les bords de l'Escaut le 24 octobre,
rté de trois cents lanciers à cheval et de mille fantassins. *
ait venu à Anvers pour y choisir l'emplacement d*une cita-
c, qu'il se proposait d'y bâtir, atln d'assurer un asile à ses
iats, dans le cas où les habitants de la grande cité commer-
0, poussés à bout par les persécutions et les supplices, se
^raient en masse contre sa tyrannie.
■-es Anversois ne se trompèrent pas sur le caractère de celle
jâure. Disposés aux plus grands sacrifices pour soustraire
ur belle ville aux calamités d'une invasion étrangère, ils
.aient été les premiers h l'entourer de remparts fortifiés et de
olides bastions. Les plans du duc d'Albe excluaient toute idée
ie patriotisme, et furent accueillis par quelques courageuses
protestations. Déjà les magistrats municipaux s'en étaient plaints
à Marguerite de Parme :
V Nous ne pouvons délaisser, lui écrivaient-ils, en facquyt « de notre serment, de supplier Vostre Alteze de ne prendre « de mauvaise part que, en ceste cause de si grande impor- « tance et perplexité, dont aussy dépend nostre honneur et
Il H18T0inE bV COMMERCE ET DE l.\ MARINE EN OELGIQDE.
« vaillant, et la conseiratiori ou l'entliière ruyne el désolilim 4> de la ville, ainsi que de toul le pays de Sa Majesté, nous * « moiiatrions ce que nous entendons des marclians, bour^ « et inhabitants, convenir pour le bien d'icelle. L'érection de!l « ciUdelle causeroit la i-etraite de plusieurs marchans, bonstt « ricitûs, qui tûuUelTois es derniers troubles, se sûdi svecq « n0U9 tenuz en dévotion de Sa Majesté. Elle servirait, couac vUxilinetil, pour ta diffideiiee que on aurait iTeulx. ou pouriuln- « dtmr uouvelUtez dedans la fille, par estrangiers, et une ofia « de tervitttde laquelle causeroyt la relraicte de tom ceiiLi jut la « Merle a attiré [\)... »
Ces derniers mots résumaient, en effet, la pensée pubiiqu, PrAts h défendre leur cité contre les ennemis du debon, lli ^nwsois rerusatent de concourir h l'érection d'une fatUresse destinée à abriter leurs oppresseurs.
Vaine résistance! La force des communes était bn.s(!c,âl général espagnol ne tint aucun compte de leurs reffloninnott lierëçne delà terreuravait commencé, etl'excèsdelaréprMJB pouvait seul retremper l'énergie nationale. La fibre populû après avoir rendu quelques vibrations profondes à la mort ir gique des comtes d'Egmont et de Bornes, semblait s'être pm^ lysée. Tout cédait devant le farouclie gouverneur, et la vicloiR s'attacliait fi ses étendards. Le comte Louis de Nassau, m^ déroute par les troupes espagnoles, n'avait pu se mainteuf dans les Pays-Bas, et l'armée réunie en Allemagne parlcprinoi d'Orange — désormais le défenseur ardent des chartes liol* — battait en reiraite.
D'Albe se crut vainqueur et, pour consacrer son triorophe.» 1 fit ériger, avec un orgueil tout castillan, une statue colossalel | Anvers. Déjà cependant un nuage sombre se montrait à n»* zon, signe précurseur de l'orage qui allait bientôt éclater. U cause du peuple allai! avoir ses soldats et ses martyrs.
U) US. Gniliii, ('. III, fui. 3. «vite Bril.
Miices favorables à leurs progrès.— Nos
itiic (l'Âlbe. — Commissions maritimes
,1.^0. — Premiers armements. — Luttes
-liuiccs à ce sujet. — Expéditions des Gueux.
>>àr le gouvernement. — Combats sur les côtes
■1 et ses lieutenants. — Lettre du capitaine génc-
V avers et de Gand. — Rencontre entre l'amiral
i l^oussu. — Destitution de l'amiral des Gueux. —
, sieur de Lnmbres. — Flotte hollando- belge envoyée
arcs exploits des confédérés. — La tempête de 157().
lerté flamande, menacée de la corde, du bûcher , bâillonnée dans les grandes villes, traquée dans .lies, poursuivie partout Tépée au poing, ne voulait rir. Quelques hommes énergiques, clouant sa ban- .-ommet d'un mat de navire, la promenaient sur l'océan. Il battaient encore les Espagnols. Fiers de leur indépenreconquise, ils bravaient les bandes sanguinaires du duc 0, répétant à tout opprimé ce vieux dicton de leurs ancê- : Uw weg es in de zee, en uiv pad in yroote wateren (1) ! ' i)eux causes contribuèrent à augmenter leurs forces : la pui'iication de certaines ordonnances fiscales, et la rupture violente de nos relations avec l'Angleterre.
Reprenons, à leur origine, l'histoire de ces graves événements. Le duc d'Albe, dès son arrivée dans nos provinces,
(1) In mari via tua et semits tuiie in aquis mullis.
74 HISTOIhB DU COHHI
s'i^lait trouvé en préseace de pénibl Arrêté dans ses opérations militaires l'atigué des clameurs de ses troupes l moyen de les faire cesser, celui de r Décidé à créer de nouvelles charges, basseni particulièrement sur le comme détenteurs des biens territoriaux, touj liscation, étaient en son pouvoir, tandii leur fortune mobile et insaisissable.éc!
Ils formaient l'élément de ce tiers état, d'appui îi la rébellion, et dont l'influer classes populaires. La bourgeoisie n'a Bruxelles, h Louvuin, et dans la plupa Brabant, contre les formes illégales nistralion espagnole?
D'Albe, dans son impatience d'au; manifesta donc l'intention de prélev< toute somme provenant de la, vente de mobiliers. Indépendamment de ffiUe C' recevoir le centième denier de toute mobilières ou immobilières, & titre de
Ces exigences, d'après lui, n'avaien droit ù de justes réclamations, et di base plus équitable. En effet, leur jusqu'il cette époque, d'une manièi Flandre payait un tiers du capital eu pays, le Brabant en soldait un quai zième, l'Artois et le Hoinaut une fracl Ces inégalités allaient cesser grôce à avec elles, les discussions auxquelles sance.
La nation se montra peu favorable rappela au duc d'Albe que l'idée d'une centième avait déjà été repoussée en sans détour que l'établissement d'un vingtième sur les marcbandises était merce. Ces obsen'alions n'ébranlèrent qui, insistant, cita l'exemple de sa vill
mm» Mr QMinrtotf ^
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décréta drarrestaUon en Bolgi^aétt M Holl«ida^et9Îa|ilH» comptoir tfAnvers sous It «ivda d'me 4KMnpâgBit>4b'^iMliÉI& Non content de ces mesores deiigueart ttlt eoM^MMr IM marchandises et leurs navires,' se préptfMt à^lii^^ Tente au profit du domaine^ .. . .im > ^«P
Un grand nombre de Utimeat^belgesot freUafidatt» iMmAÉI' chargés, se trouvaient en ce moment dane: Ma poMMMIiÉll^j ques. La reine Elisabeth éte empara aussUAt, ttout^Meilofpi* cependant des agents au capitaine général,^ afinvdé contre la violation des traités (i). XUe écrivit on au roi d'Espagne, pour se plaiiîdre des « inailittàtldM^' « nieuses dont elle était Tobjet de la part de don Paul ii <nB(i<: « et du duc d'Àlbe (2). ».
Dans llntervalle, le duc était assailH de solifciMloriS^ part des négociants nationaux. Les saisies fhitea M représentaient une valeur beaucoup phis conaidéildMftqÉtfadRF qu'on espérait retirer des produits anglais aëqueslrtsdiilli^ possessions espagnoles, et Topératiolfi se termiBUR pir « déficit considérable. Le conseiller Ghristèphe tfAaaoahvttlil. dépêché en Angleterre, avec la mission de jeter les bases Wiif réconciliation, mais la reine refusa de l'entendre. Ghaf^nlMIl ' qui lui succéda, ne Tut pas plus heureux, et les indnstrids ia«^ glais rouvrirent à Hambourg les marchés qu'on leur tsnùA dans les Pays-Pays.
Toutes les sources de la prospérité publique se troutsiort taries, pour ainsi dire, à la fois, dans nos malheureuses provinm. D'une part, les marchands étrangers n'osaient plus fréqueoter nos grandes villes, d*ob les chassaient l'inquisiteur, le bourreM, et les exactions monstrueuses des agents du fisc; d'autre piiti les sujets soumis ne pouvaient entretenir aucun rapport aveeks rebelles. Des vaisseaux ennemis parcouraient les mers, et insultaient chaque jour le pavillon espagnol. Nulle protectimii attendre du gouvernement, qui méprisait les transactions me^
(1) Parmi les navires belges arrêtés à Londres à cette occasion setroivait une hulque, nommée de witte hand, chargée pour Anvers et venant 4e Barbarie. Voy. MS. Galba, chap. lil, p. i83. Brit. m^ueum,
(2) State paper o§ce, papiers de Flandre, lettre du IS Janvier 1511.
cantiles, et les faisait dépendre entièrement du caprice d'un chef militaire. Un fait, entre mille, suffira pour faire juger de Taptitude de ce dernier à résoudre les questions, toujours si compliquées, de finance et d'industrie.
Des contrats d'assurances sur la vie étaient connus, à Anvers, dès le XYi*^ siècle. Quelques spéculateurs écrivirent au duc d'Âlbe en 1568, et « lui remontrèrent en toute humilité « qu'ils avoient certain procès pendant indécis au conseil de « Brabant, comme impétrants en matière des assurances faictes « sur la vie des hommes contre Valerius Van Daele, etc. » Ils lui demandaient*son appui, et lui envoyaient les statuts de la Compagnie, qui n'avaient pas, parait-il, été revêtus de la sanction des autorités (i). Le duc, en transmettant cette requête aux magistrats, l'accompagna de la note suivante : « Et pour ce que nous trouvons les actes y mentionnez sur a les assurances des vies des personnes fort estranges, énor- « mes, dangereulx, et plains de périls, nous trouvons aussi « convenable que l'affaire soit fort bien enfoncé et entendu. »
Il était réservé à fun des plus grands adversaires de la politique espagnole, au célèbre Jean de Witt, de reprendre plus tard cette idée féconde, que le capitaine général jugeait si dangereuse, et de donner une base scientifique au calcul des annuités.
En poussant tant de gens actifs et industrieux au désespoir, d*AIbeneleur laissait qu'une alternative, celle de se joindre aux insurgés, et d'achever la ruine du commerce qu ils avaient jadis contribués à développer. Il venait de leur donner — en se déclarant ouvertement contre l'Angleterre — des alliés, d'immenses ressources maritimes, et de nouveaux moyens de le combattre.
Ses adversaires étaient trop habiles pour ne pas profiter de ces circonstances. Le prince d'Orange, agissant d'après les avis de Coligny,se décida bientôt à délivrer des commissions « pour « aller sur mer et équipper des navires. » Les premiers qui reçurent ces brevets furent Adrien de Berghe, sieur de Dolhain ;
(1) Les péUUonnaires étaient Jeronimo Auriel et Lope del Caropo. Voy. Gicliard, Analectes historiques.
- •'. *'• i'Oran^îe. Le Louvî • '. • iuprès des communal
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. ;:i :■. • i' ro uo ! amlUîSid.Mn* trKspagnc, adressé î
..ii;.a.>. e: :V*îiiT I5U0. par loi|uol il r«îclamc le cl
> :b:i:v :. î> :»b'Miianl <ur ce point. Stnte paper ojîo
la piété des fidèles, chassaient devant eux les prêtres, les moines et les religieuses, et les mettaient à rançon. Devenus farouches et cruels à force d'oppression, ils se souillaient souvent par d*horribles excès.
Le duc d'Âlbe, comprenant la faute qu*il avait commise en négligeant de fortifier les places de mer, sortit enfin de son inaction. Il fit armer une flotte à Dokkum , mais le mal avait déjà pris de vastes proportions, et l'escadre espagnole ne put mettre fin aux exploits de ces hardis corsaires.
L'approche de la mauvaise saison contraignit les deux partis à chercher des quartiers d'hiver; ces délais étaient favorables aux rebelles, et leur permettaient de compléterleur organisation.
Dès le retour du printemps, le capitaine général se mit en mesure de recommencer la lutte. Il défendit h tout armateur, à tout patron de navire, de mettre à la voile pour aller au delà des côtes, sans avoir un nombreux équipage, de l'artillerie et des munitions. Le pavillon des Gueux avait reparu sur nos rives, et ils avaient incendié le château de Jean de Mepsche, lieutenant du roi à Groningue. Fondant ensuite sur la Frise , ils s'étaient emparés de l'abbaye de Weerd, puis débarquant à Terschelling, y avaient mis à sac le château du comte d'Arenberg. Toutes leurs expéditions n'avaient point eu une issue aussi favorable. L'un d'eux, Jean Broeck, fut surpris par les Hambourgeois, et décapité. Il avait agi contrairement aux instructions du prince, qui défendait à ses partisans de nuire aux habitants de l'Empire, aux Anglais, aux Danois, aux Suédois et aux Français. Sa mort fut cruellement vengée par ses compagnons d'armes.
Beaucoup de Flamands se distinguèrent, à cette époque, parmi les confédérés. Aux noms que nous avons déjà cites, nous pouvons encore ajouter ceux de Jacques de Flandre, ami dUembyze ; de Pierre Crieck, d'Ypres ; de Gortewyl et du capitaine Schoonewal.
Dolhain, qui était allé se ravitailler en Angleterre, mit à la voile pour la Hollande au commencement du mois de septembre. Il avait déjà capturé quelques navires, lorsqu'il se vit assailli par une violente tempête, qui dura deux jours et trois nuits. Le 16, il entra dans la Vlie, où il rencontra une flottille composée d'une soixantaine de bâtiments de commerce, qu'il
« HISTOIRE DU COmiBRCE
mil à rançon. Vers le cinquième jour de son arrivée, un autre «:»:gvgi\ d'environ quarante voiles, subit le même sort(l).
Vers la fin du mois, Dolhain commandait toute une escadre, comprenant neuf grands navires et vingt barques. Il espéra un moment s'emparer de Delfzyl, mais le baron de Billy y mit obstacle. Les Gueux se bornèrent h surprendre quelques villa;^ isolés, et à en saccager les églises. Ils prirent leurs qua^ tiers dliiver dans le Nesserland, entre Emden et Reide, y semant fora pleines mains. Uentrée d'Emden leur était défendue. car on y craignait les représailles du duc d'Albe. Les derniers exploits des confédérés avaient eu du retentissement, et les bourgeois dWmsterdam se décidèrent à armer un vaisseau et quelques barques pour la protection du commerce national. Trois pirates furent pris et exécutés par eux, et ils prièrent les états de Hollande de faire poursuivre énergiquement les écomeurs de mer. Cette démarche ne fut pas inutile, car le bartm de Billy reçut bientôt après, de la part du gouverneur général, Tordre de prendre toutes les mesures nécessaires à la défense de la Frise. Il fit faire bonne garde sur les côtes, et ses troupes occupèrent les îles voisines.
Les hostilités maritimes continuaient, entremêlées des plus sin^i^ants épisodes. Un des vaisseaux de Billy, qu'un coup de ve-Ti: araîi séparé du reste de l'escadre royale, en vint aux prises arw deux navires ennemis. Le premier de ceux-ci, craignant ce cc<urir les chances du combat, chercha à gagner le lai^. r:i:< Tiuine accepta bravement la lutte. Son commandant, ïïntrér:ic^oir::aineSpierinck, fit faire feu sur les Espagnols et leur toa r^ir.v::? Je monde. On s'attaqua enfin h l'abordage, malgré les :*::^*'-^ rv"^pux, qui parlaient de battre en retraite. Spierinct i»,vi^> par !e nombre, ne voulut pas tomber vivant entre les :rJL:j:< ios \-ainqueurs. Il fit jeter à la mer quelques sacs d'a^ cf^::. ^-'i; avait à bord, et ordonna à un soldat de lui plo»x^*>cîî e:ve dans le cœur. Ses camarades, l'ayant vu tombff, >e vi^'î?:tèreni dans les tlots, mais on les en retira pour les -i ^ .^,';.^r <>-s îa hache. Billy, désirant se faire un trophée de •: > • : . .^ ' V .-t^s, lo> !îî saler, et força quelques prisonniers à les
rter devant lui au moment de sa rentrée triomphale à Groigue.
lean Roi, bourgmestre de Hoorn, devenu chef d'une partie de flotte de Philippe II, poursuivit à son tour les rebelles, et ir prit deux vaisseaux. Le duc d*Albe l'en récompensa en lui voyant le brevet de vice-amiral. Les corsaires, sans se laisr abattre par ces pertes, n'en devenaient que plus hardis et js entreprenants. Ils savaient que le capitaine général ne dissait point de forces maritimes assez considérables pour les iuire, et qu'il n'avait point de secours à espérer de son sourain, dont toutes les ressources étaient dirigées en ce moment ntre les Maures et les Turcs.
Les mesures prises par Boussu et par Billy obligèrent cepennt les Gueux de mer à se rapprocher des côtes de la Grande etagne. Ils manquaient entièrement de direction, et leur chef ivait ni les talents ni l'autorité nécessaires pour les courber us le joug de la discipline. Dolhain était entièrement sous ifluence de deux de ses lieutenants, Robert de Bailleul et ndas, l'un Wallon, l'autre Flamand. II n'avait avec lui que iq navires et deux barques, commandés par le Wallon Pleuceu, le Gantois Utenhove, le Flamand Hans Lodewyk, et par
officier italien. La flottille confédérée n'était défendue que r un petit nombre de combattants, mais était munie d'une ^ellente artillerie. L'amiral disposait encore de trois autres sseaux et d'un yacht, avec lesquels il guettait les bâtiments lant de Dantzick. Les partisans de la réforme, réfugiés ea gleterre, lui fournissaient de grands secours. La femme de rintuné Gabriel de Montgomery — le meurtrier involontaire du
Henri II — avait fait équiper pour les Gueux un magnifique are, connu sous le nom de la Comtesse. Toutes ces circoiinées, connues du duc d'Âlbe, l'alarmaient de plus en plus, il écrivit, le 18 mars 1570, aux magistrats d*Ainrers et de nd, leur recommandant de ne rien négliger pour s'assurer > moyens de défense, en cas de surprise; d'interroger tout anger dont le langage ou l'accoutrement semblerait suspect; lui demander d'où il venait, où il allait; de slnformer de sa )fession et de la nature des affaires qui ramenaient dans les f'S-Bas, et de dénoncer aux officiers de justice quiconque ne
89 HISTOIRE DU COHMI
répondrait point à ces questions d'ui 11 leur enjoignit en outre d'équiper de de placer sur chacun d'eux six & huit buses, et de leur Taire parcourir les ri vols, pillages et détroussements dont 1 se rendre coupables (1).
Sur ces entrefaites, Dolhain était an à l'embouchure de l'Ems, d'où il infe:
Hollande. Le duc ordonna au comte c Amsterdami, et d'y armer une douzaini à une flottille de huit à dix voiles, ragi offrir le combat à l'amiral Dolhaio. Le Boussu de se rapprocher de ce dern mer, mais non sans avoir perdu uni Trois des plus grands furent capturés gés d'artillerie et de munitions ; les au
Malgré ces revers, les rebelles ne i troupes royales. Après avoir battu en Frise, ils conçurent le projet de se ren et firent une nouvelle expédition dans vaillant capitaine Van Troyen, tomba nemi.
De nombreuses réclamations arrivai d'Orantje, au sujet de riiisubordinaiion donnée des corsaires, qui ne respec neutralité du pavillon. Fallait-il sévii oîi l'appui de l'AilemaKne échappait .
s'exposer, en les ménageant, à une ac La position du prince était fort difli moyen d'en sortir que de destituer son cer p;ir un liomme plus énergique et pi confidentiel de Guillaume le Taciturni Dolhain. et le pria de rendre ses con alors h Emden, promit toule satisfacti
m Altmcycr, Irs Cunit de mer f. la pn> di 9" année, lomc IV. pap. 36,) \i\ Gachard, Correspondance ri€fftiHppe//,to
après son retour d*un voyage qu il se proposait de faire à Cologne, n vînt effectivement, quelque temps après, trouver le prince à Dillenbourg, non pour opérer aucun remboursement, mais pour réclamer une somme de 5,000 écus, qu*il prétendait avoir dépensée sans indemnité. Il partit ensuite pour l'Angleterre, où Guillaume d'Orange, indigné d'une telle conduite, le fit arrêter. Rendu ensuite à la liberté, Dolhain se retira en France, reprit les armes en 1573, et racheta par une mon glorieuse les fiantes et les erreurs de son passé.
Sa place étant restée vacante, le prince songea un instant à lui donner pour successeur Louis de Berghe, qui commandait déjà une petite escadre de huit vaisseaux, stationnant à Londres. Il revint cependant sur cette détermination, et envoya le brevet d'amiral des Gueux à Guislain de Fiennes, seigneur de Lumbres, son ami et celui de Louis de Nassau.
De Fiennes, prenant la Rochelle pour quartier général, y délivra de nombreuses commissions maritimes. Les côtes des Pays-Bas devenaient tout à fait inabordables, infestées qu'elles étaient de corsaires. Plusieurs villes, suivant l'exemple d'Amsterdam, d'Anvers et de Gand se pourvurent d'embarcations armées et de soldats. Leurs finances ne pouvaient supporter de telles charges, et la haine de la domination espagnole grandissait avec le malheur public.
Le duc d'Albe, loin de pouvoir leur venir en aide, s'était vu obligé, vers la fin de l'été, de concentrer ses forces maritimes, afin de protéger le départ pour l'Espagne de l'archiduchesse Anne d'Autriche, fiancée de Philippe II. Cette princesse vint à Anvers, le 21 août 1570, et y logea dans la maison des Osterlings. Elle était accompagnée de ses deux frères, les archiducs Albert et Wenceslas. Une flotte considérable, équipée avec le flosgrand soin, l'attendait dans l'Escaut. Cet armement, composé de 26 vaisseaux de guerre et d'une dizaine de barques, ^it placé sous le commandement du comte de Boussu, qui fit hisser son pavillon à bord du Saint-Philippe. Parmi les noms des navires de convoi, nous citerons la Sainte-Anne^ sous les ordres du vice-amiral François de Bosschuysen; V Aigle Noir ^ ^pitaine Etienne Ditter, qui fit naufrage durant la traversée; ^faucon blanc, commandé par Egbert Van Wyck; le Grand
84 HISTOIRE DU COUraGS
Reynauls, capitaine Henri de f Seraerls; le Saint-Aniriem^ capitaine Adolphe de Haemstede; le Saint-George^ capitaine Josse Oli vers ; le Saint-Christophe, capitaine Paul Van Lpo ; le Soba* tor, capitaine Jean de Bourgogne, dit de Beveren, sieur de liaghem ; le Chevalier de mer, capitaine Jean Simon Roi ; le SêùU* Antoine, capitaine Vérone Hollants; le Lyon Rouge, capitaine Focke Zybrants; le Chat, capitaine Louis de Stedant; la Notre- Dame, capitaine Dierick Gornelissen, dit le beau Dierick; la Court de Bourgogne, capitaine Jean Vesterman; le Vert Bois^ capitaine Corneille Anthenius ; le yacht royal VÉpermer^ chef Jacob Van Schulenburch ; le yacht le Lévrier, chef Peetersiooii-Wors, et enfin le yacht VAigle volant, chef Jean Deyk (1). Le MmUm Janssen, de 1400 tonneaux, à bord duquel se trouvaient les chevaux de la maison royale, était considéré comme un tjrpe parfait d'architecture nautique, et l'un des meilleurs voiliers de l'escadre. Quatre-vingt dix bateaux marchands, que la crainte dei pirates avaient retenus jusqu'alors dans nos ports, se joignireat à Tescorte de l'archiduchesse pour gagner la pleine mer.
Guislain de Tiennes, trop faible pour aflironter dentelles forces, se préparait néanmoins à reprendre bientôt rofltasiiB et, en attendant une occasion favorable, rétablissait ladiscipUae à bord. Le prince lui avait donné l'ordre de veiller à ce qkliy eût désormais, sur chaque corsaire, un ministre de l'Évangile en qualité d'aumônier. Tout étranger, à moins d*autorisaUoa spéciale, était exclu du commandement, réservé exclusivement aux régnicoles. Quant au butin, on statua qu'il enseriK fait trois parts : la première pour Guillaume d'Orange, la seconde pour les chefs (â), et la troisième pour les marins. L'amirel avait le droit de prélever un dizième du produit total de b ])Vise, avant cette répartition (3).-
Le 1^' septembre 1570, Lancelot de Bréderode, Adrien Mefiningh, Albert Benningerhof et quelques autres rebelles te trouvaient dans la Vlie. Ils s'y emparèrent de dix grosses bul-
(1) Archives générales du royaumey compte de Jean Clocman, Reg,%€,tl9- [i) A charge de fournir des vivres aux marins. Voy. Bor, Uv. V, fol. ^ verso.
:{i Archives du nyaume, Conseil des troubles, papiers non classés.
ques, chargées de vivres, de six barques et d*un petit bâtiment de 80 tonneaux. Mentheda et Ruychaver étant venus les seconder, ils rançonnèrent encore huit navires, et capturèrent un bateau faisant le service entre Anvers et Bois-le-Duc. On y trouva, outre des marchandises, 4,500 rixdalers en argent comptant.
Sonoy, non moins heureux que les capitaines que nous venons de nommer, arrêta au passage une riche cargaison, envoyée d'Anvers en Italie. Des marchands de Deventer, de Kampen et de Bergen en Nonvége, furent successivement dépouillés par les Gueux. Ceux-ci songeaient à tenter une attaque ^li^rEnkhuizen, lorsque leurs desseins furent tout à coup décop- Qertés par une calamité inattendue, qui vint encore ajouter aux souffrances des populations du littoral.
La veille de la Toussaint, vers le milieu de la nuit, un effcoyable ouragan éclata tout à coup, soulevant les flots à une hauteur prodigieuse, et les faisant bondir par dessus digues et éduses, dont quelques-unes se brisèrent sous le choc. Les tles de la Zélande, une grande partie de la Hollande et presque toute la Frise furent subitement inondées. D'importants travaux qu'on venait d'exécuter au Sas-de-6and furent détruits, et les Gantois virent remonter le flux limoneux de l'Escaut jifs^ue dans leur ville. Le Brabant eut moins à* souffrir, mais à jf^vers plusieurs vaisseaux furent engloutis en rade, cinq cents {q^Uitoi^s et beaucoqp de chevaux périrent dans leurs étables, et quelques victimes humaines furent suffoquées dans les caves de la cité.
L'action de cette affreuse tempête se fit sentir sur toute r^fiendue des côtes de la mer du Nord et de la Baltique, jusqu'en Danemark. Elle coûta la vie à cent mille personnes (1).
(1) Un poète hoUandais, Joh. Fruytiers, a décrit cette inondation sous le tilr04e Rymbeiehryv. van der watervloed. La ville de Middeibourg fit frapper ^f(^méd|iiUe à Anvers pour perpétuer le souvenir de cette triste calamité. Ypy. Yan Loon, Il book, p. 135.
■IfTOOll DQ COMlIfiBCI, T. III. 6
CHAl>IT
Piogrii det Qasni. — Leur uniial, Qi dénatationa. — Foroes unlM des o eux. — Combate nuuitiiMS. — Feitei do Fajra-BM. — Ëmigris bdgea k 0 dans 1b midi de TSaiope. — Lea Gun le du d'Albe et la rane Eliaabeth. de pioaoriptioiL lanoA contre lei Qnenx Se» oonaéquenoet. — 1m penwptîoii < QoBux derant U Brille. — Belges atta U Brille. — la révolte a'étend ea H Bousan. — Les Qneax oocapent Fkaai Folitiqae de l'Angleterre. — Combata la guerre. — La Saint-ButhéleiDj. ministère anglais. — Forces navales Fr«dËric de Tolède en Hollande. — O Zajdetzée. — Départ du duc d'Âlbe p
Les Gueux, frustrés dans leuresj se rejetèrent vers l'île de Tesel, n qués par les glaces, entourés de | plus illitstres cliers, entre autres J de Mentlieda et Ruychaver, se vi:
entre les mains de l'ennemi. Ils acliarnés à continuer leur œuvre Worcum et de Staveren, surprises par eux, ainsi que plusieurs bour^ toral.
A la même époque, le duc d'A
rappel. « Désormais, écrivait-il à Philippe II, l'avenir peut être « envisagé sans crainte, tant en ce qui concerne le service de « Dieu que celui du roi. »
Tel n'était pas l'avis des comtes de Boussu et de Meghem, qui ne cessaient de réclamer des renforts pour la défense du littoral. Ils connaissaient mieux leurs adversaires, et avaient appris à apprécier leur audace. En effet, tandis que le capitaine général ne doutait plus de leur défaite, ils recrutaient des volontaires pour attaquer les galions espagnols venant de l'Inde, et arrêtaient, le 18 février 1571, quatre ou cinq vaisseaux marchands, à leur entrée dans la Vlie. Ils avaient alors à leur tête, en qualité de vice-amiral, le farouche comte delà Marck, arrière petit-fils du fameux Sanglier des Ardennes, et qui semblait avoir hérité de l'énergie brutale et des instincts sanguinaires de ce dernier. Vêtu de gris à la façon des cordeliers, rude, fier, implacable, Guillaume de la Marck avait juré de ne pas se faire tailler les cheveux ou la barbe avant d'avoir vengé, dans le sang des gens d'église, la mort tragique de ses deux amis d'autrefois, Egmont et Homes. Sur son navire flottait une bannière semée de disques, représentant dix pièces de monnaie, allusion à rimpôt impopulaire établi par le duc d'Albe sur la vente des objets mobiliers.
Les attaques des Gueux étaient incessantes. Le 2 mars 1571, ils paraissent devant Monnikendam, petite ville située au bord daZuyderzée, et s'y livrent à leurs dévastations habituelles; le 25 du même mois, ils surprennent l'île de Texel, courent aux églises, y brisent les images et les vases sacrés, et vont mettre le feu à l'habitation de l'amiral Bosschuysen. On commençait à Craindre pour La Haye, dont les habitants fuyaient vers l'intérieur, emportant leurs biens les plus précieux.
Les forces des Gueux, centuplées par l'enthousiasme qui les animaient, étaient loin cependant d'être de nature à résister à un puissant armement naval. Leurs vaisseaux appartenaient presque tous à la marine de commerce, et ne portaient qu'un petit nombre de pièces, d'artillerie. Leur flotte était composée en grande partie de (libots, petites semaques à deux mâts, de quarante à cent tonneaux, munies de six à vingt canons de fer fondu.
PluB urd, elle s'accrut d'an a«sdi , iNssea, puis de quelque» huquas, pt et hulques. L'équipage de tous ces b M se calculait k raison d'un bQOMBe.ii
Le duc d'Albe, harcelé de plaintes < :par les avis qu^ reoevaitcbaque j«iir d'eu fiair. Il eut recours d'abwd k U agents dans toute l'Ailemagoe, daosli .pirates l'entrâe des ports de la mer d -D'uctires négociations furent enUV^ ^reur Maximilien II. le comte dlB les villâB de Brème et de Hambouq^ de Boussu, le 33 mai 1571. d'aller i ^tee d'Angleterre, oti l'appui secret i vis, jusqu'en .ce moment, de se main
Ses ordres avaient été devançât assez considérable était sortie du :f d^iagwta Zélande. Le SB, un premie tant i la vérité, eut lieu prè« de U l'avantage de l'ennemi ; il y en eut un de Zierikzée.
Durant le combat, les Gueux opér wyk, mais Turent forcés de se retirei gooies.
Le 3 juin, une flotte bollandaisede ' de sel, fut assaillie par les pirates s et il y eut, de part et d'autre, une vn de blessés.
Le 18, le duc d'Albe apprit que seis rebelles, se dirigeaient vers Emden, a Il en avertit Boussu, qui fit mettre au sous les ordres de Bosscbuysea. Celi la veille de la Saint-Jean, à l'embc assaillit avec énergie.
Dos la troisième déchaîne, le déS4 les confédérés, qui firent force de vainqueurs. Neuf navires furent capti les autres se glissèrent eutre les b:
ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. Rd
is le port. Beaucoup de Gueux furent tués les annes à la in, d'autres périrent dans TEms, et douze prisonniers furent ïienés k bord du vaisseau de Bosschuysen, afin d'y attendre lécision du duc d'Albe à leur égard. Celui-ci, qui venait d'ener trois nouvelles compagnies de Wallons il Flessingue, r mettre cette ville à l'abri d'une attaque soudaine, ne délia guère sur leur sort, et les condamna à être pendus — es avoir été soumis à la torture— sentence qui fut exécutée sitôt.
les avantages partiels n'étaient pas de nature à terminer la rre. Vainement le vice-amiral cîngla-t-il ensuite vers Dous, où il remporta une nouvelle victoire, les corsaires repaisaient derrière lui, et prirent presque sous ses yeux quatre les vaisseaux marchands de Hambourg, dont Lumbres fit mgler le chef, en représailles de l'exécution de Jean Broeck. es luttes meurtrières désolaient tout le littoral de la Flandre, e rendait presque inhabitable. Non seulement tout commerce *itime y était devenu impossible, mais les pécheurs euxnes se voyaient forcés de renoncer à leur industrie. Les itants de Bruges et du Franc, plus particulièrement éprouvés cet état de choses, ayant demandé protection au duc d'Albe, li-ci leur répondit en leur envoyant des garnisons espales, dont la présence parut bientôt plus onéreuse aux habis que les sanglantes incursions des écumeurs de mer. On gra de nouveau » et un grand nombre de nos compatriotes, ttant pour jamais le pays, s'établirent à Colchester, où ils 'oduisirent diverses industries (1). I^s écrivains anglais tent leur esprit d'ordre et d'économie, et la modération avec lelle ils se défendirent contre la jalousie des populations gènes. Plusieurs d'entre eux y acquirent une brillante fore. Il existe encore une famille Fleming, dont l'origine tonte à cette époque, dans le Hundred de Chelmsford. Le loir de Wivehoe appartient, de nos jours, aux descendants 1 de ces colons, Segers Corsellis, de Roulers (3). andis que les forces maritimes de Philippe II, tenues en
I BiU. of the County ofEssex^ by Th. Wright. London, 1831, 1. 1, p. i78. ) IM., p. 397.
«« HISTOIRE m COMMERCE
é*;iec 'lans les Pays-Bas, n'y remporiaient Jouteuv et contestés, elles portaient un coi 'le l'Europe à la puissance ottomane. La I qui allait illustrer le nom de don Juan d'Aui du roi d'Espagne, lut livrée le 7 octobre 157 la dôraite complète de l'amiral turc, Muez Coup de nobles llamaiids et wallons priren et s'y distinguèrent (1).
Revenons aux Gueux, que rien ne déci proclama ieiil déjà les vengeurs de la pi .8 décembre, ils quittent les bords de l'Em: seaux. 5i> séparent en pleine mer, se réun cinglent vers Terschelling, pillent tout C( eux. et vont enfin jeter l'ancre dans La Vlie. riques qu'ils répétaient jadis en allantau co un hymne simple et grave, le Wilhelmus ve posé par deux Belges, proscrits et exilés lo
Les Gueux delà Vliescdisposaienl àopért la tlottille qui stationnait dans les environ les côtes de l'Ile de Wliight, lorsqu'ils se tro emprisonnés dans les glaces. Ils perdirent vires, eurent à repousser les assauts du ca] la tôle d'une compagnie de troupes wallor gèrent qu'après avoir assisté à la capture bàlîments.dont l'équipage fut fait prisonnit
Le duc d'Albe, dans l'intervalle, travaillai des poris de ta Grande Bretagne. Comprenai commise en rompant brusquement avec la lui avait envoyé, en 1571,François de Halewy sous le prétexte de conclure un traite de c roières négocinlions, néanmoins, étaient te Cccill. qui dirigeait alors le conseil briia; parfaitement les projets de la cour d'Esp souveraine, et n'avait garde de priver cel précieux que lui fournissaient les Riys-l répondre aux mandataires du duc que les
il^^ /
vaient commission du prince d*Orange ; que ce prince était ndépendant, et avait le droit, à ce titre, de faire la guerre au apitaine général. Il prétendit, du reste, que la reine, bien loin e favoriser les pirates, avait toujours défendu de leur fournir es vivres ou des munitions de guerre.
Cette politique était sage et habile. Quel intérêt TAngleterre vail-elle, en effet, à faire cesser une guerre qui l'enrichissait, )ut en multipliant chaque jour le nombre des adhérents à la éforme, et en abaissant une puissance dont le poids pouvait écraser un jour? Son rôle lui était tracé par les circonstances, t elle ne s*en était pas départie. Neutre en apparence, son appui 3cret était acquis aux révoltés.
Les Espagnols devenaient cependant plus pressants, et quelues menaces de guerre commençaient à se faire entendre. On nnonçait que les lords Seaton et Dacres, accompagnés d*un espagnol de haut rang, allaient partir pour TÉcosse, à la tète ecinq mille soldats wallons, pour opérer une descente dans e pays (1). D'un autre côté, l'indiscipline continuait à régner à prd de la flotte du comte de la Marck, et beaucoup de martiands anglais, dépouillés par des gens à la solde du prince 'Orange, avaient fait parvenir leurs plaintes jusqu'au conseil rivé (2). Lord Cecill, sans se départir de la règle de conduite u'il s'était tracée, crut devoir donner quelque satisfaction à Espagne et, tout en continuant à faire passer des secours au rince d'Orange, conseillai la reine de défendre désormais aux ueux de se réunir à Douvres et dans les autres ports anglais.
savait qu'ils étaient désormais assez forts pour résister quelue temps aux amiraux espagnols.
Cet édit de proscription, acclamé par les agents de Philippe II >iiime un triomphe diplomatique, ne fit que précipiter une rise, désormais inévitable. Tous les plans des rebelles furent irigés dès lors vers un but unique : la destruction des navires
(1) Voy. une lettre de John Lee à lord Burghley, datée d'Anvers le 9 nosnibre 1571. CoUeclion du State paper office.
(2) Il existe de nombreuses lettres à ce sujet, tant au Record office à >mires, qu*au Musée britannique. Nous en avons publié quelques-unes nanaut du comte de la Marck lui-même, dans les bulletins de la Commisan royale d'bistoire, 3* série.
9é xnwikd Ao OÂ
in duc d'An» dans Lt Tlle, et la oo destinée à devenir le point d^ppn d*nne place fbrté, ils oesftaiént d'él tift, et devenaient les dérenseond*!
dans la grande société hamtfîile. éi contre les jbies du rojrér domeat courses désordonnées pour tes b régulier, basé sur la justice, et lei
Le duc d'Albe , dont toutes les ment entravées piir le manque i gronder rémeuté, et ehercliaii en ^ flaire face. Il résolut de fkire perc établis, dùt~il les arracher à la poi:
Diertacés les premiers, se préparëi mencërent par demande^ u^ sursit voyer une dépulatioft à Philippe n bien la taxe du dixième et du vidg commerce. Cette démarcberesta bieutât que Jean de Fraye, coilèêt reçu l'ordre de remplir sa missi hésitation, se décida à obéir. Uh n cembre, enjoignit aux marchands t à l'hôtel de ville, et d'y prêter serai peine de voir fermer leurs boutiqo
Nul ne vint. Une nouvelle inj infructueusement, aux bouchers et Cette fois on ferma la boucherie d sonne ne parla de soumission : oâ et de poissons. De guerre lasse, li forcé d'autoriser le débit de la vian tien de brasser, qui avait provoqui de bière.
Cependant, le 12 janvier 157S, '.
poursuivis, et se virent sommés di présenta chea l'un d'eux, mais c< l'impôt que, s'il avait méfait contre à laisser vendre ses biens à l'enc payer elle-même. Les agents du di
osaient procéder contre les récalcitrants,
sacrés par le peuple. Le clergé intervint,
i'giques représentations, mais le gouver-
[)t qu'il ne faisait qu'exécuter la volonté
convoquer les doyens des métiers pour :dre leurs confrères à Fobéissance. Les iuserentdeprendrecetengagement.il fut les retenir à Thôtel de ville, mais déjàplus irmes stationnaient sur la place du mar- >éance. D*Albe, dont les passions étaient os, ne se possédait plus de colère. Saî- ^|
riait au cou, il jura de tout braver pour /
lance, et de soumettre les mécontents au -
marchand de soieries à qui il devait plus 'la d'ouvrir sa boutique en acquittant le ■|)ondit qu'il préférait perdre sa créance !ilôt que de payer l'impôt et de s'exr(Ml).
lue, passant par la ville, s'aperçut que y,
iriit en groupes, et semblaient tenir \l
une marque de respect, il en conçut .:|
a brusquement Bruxelles, qu'il menaça >j
!(i'iUin(k\ I. II, p. 1 il.
i, devenait grave, car l'exemple donné ivi à Malines et h Louvain. A Anvers, îf
'le s'acquitter de leur charge, ne vou- ;? ^^
lipides en allant de maison en maison. '.^i^
sseries, le 13 février, en garantissant \ lltS^:
raient point assujettis, pour le mo-
, et qu'ils coriserveraient la faculté de
lins le cas contraire. On fut forcé
iiiblables à l'égard des marchands de
Vuitiers et des boulangers, qui tous f,.
•il;{ré les amendes dont on les avait
fXlt'.'ï
El
Taadis que le gouverneur gânéral cb illusion sur les déplorables conséquent cier, et s'écriait avec rage « quil i roi de perdre le pays que d'avoir des n Gueux de mer quittaient les côtes briiai le 30 mars 1K72. de deux grands vaisa déchargèrent aussitât la cargaison, i guerre. L'un flit confié au capitaia Saftingen; l'autre reçut pour chef A kenbui^.
Les rebelles continuèrent ensuite le puis, ie veut ayant cbangé de direci Meuse, et se présentèrent devant la tobre 1S72. Leur floite se composait i commandés par la Harck, Entés, Trasl zoon de Ryk, Rooboll, Tbierry Dur Cabiljauw, et quelques autres capitaini faisaient partie des équipages, ou e:
diverses k bord de l'escadre, entre auti d'une famille noble du Brabant ; Nicolai toumaisien; Michel Grocq, liégeois; .
seigneur de Is Laye, ancien écbevii Hennebert, del'Ëcluse; Henri Horenm; se distinguer plus tard à Harlpm ; Charl de Longastre ; Arnaud de Londas, seign de Londas, seigneur d'Estoine; Guillai le Gantois Jacques Martius ; Jean On Schoonewal, né en Flandre, et célè audacieuse; Gilles Steltman, de Brus gerloo (1).
A leur arrivée, le magistrat se hâta d de la ville. Elle était cependant sans dé retirer la garnison espagnole qui y si temps. Tandis que les bourgmestre et ( les mesures qu'ils avaient à prendre, ui au nom des Gueux, les priant de lui a
ili Allracver, déjà cilt!, Rn'ue Irimesl iriie. 1
fOur« aller traiter de la reddition de leur cité au prince d*Orange. locapables de résister, entourés d'ailleurs d'une population AnForable à la cause de la réforme, ils se décidèrent à envoyer ■me députation au comte de la Marck. Tandis qu*on pariemen- Isit encore, l'ennemi s'approchait de l'enceinte, tambours Éitlants et enseignes déployées. Bientôt l'une des portes fut Ibircée, et les confédérés pénétrèrent dans la ville, au nombre de six cents, dont trois cents arquebusiers français et DVlUons.
Les vainqueurs, en s'y établissant, respectèrent les propriétés jMrivées, et se contentèrent pour tout butin de saisir les deniers publics. Ils pillèrent néanmoins les églises et les couvents, et Scent des feux de joie des images et des ornements sacerdotaux i|a*ils y trouvèrent. Le comte de la Marck n'était point d'avis de furder sa conquête, mais il céda à l'avis de ses principaux offieiers« qui voulaient, disaient-ils, y fonder une autre La Rochelle, eC en faire le rempart inexpugnable du protestantisme dans les Pays-Bas. Ils étaient loin d'apprécier, dans la première ivresse de leur victoire, toute l'importance de cet événement, mais elle ae tarda pas à leur être révélée par l'enthousiasme qu'il éicita.
Un grand nombre de villes néerlandaises levèrent aussitôt fétendart de la révolte, et chassèrent leurs garnisons. La com- ■Otion fut si générale, que les Espagnols, harcelés de toutes parts, ne réussirent à conserver, de tout le comté de Hollande, qae la seule ville d'Amsterdam.
Le duc d'AIbe fut consterné en apprenant cette nouvelle. II écrivit aussitôt au comte de Boussu, et lui ordonna de réunir toutes ses forces et de les diriger vers la Brille.
Les enseignes du comte ne tardèrent pas à paraître en effet, et furent saluées par une vive fusillade. De la Marck avait fait ravrir l'écluse de Nieuw-land, et les Espagnols, forcés de é'tpprocher par la digue, étaient exposés à tous les coups de lavs ennemis.
Ils avançaient cependant, et leurs adversaires commençaient I douter de l'issue du combat, lorsqu*ils s'avisèrent de faire Qne sortie vers Bernisse, dans le but d'incendier les vaisseaux que Boussu y avait laissés. Cette manœuvre amena la retraite
tt HISTOIRE DU COMMBRCB
précipitée de ce dernier, et fit manquer son entreprise. Il se replia sur Dordrecht, puis sur ftôfterdatti, ob il Ait reçu sans opposition, et qu'il livra au pillage.
Cette barbarie, jointe à Felfet moral de Téchec qull Tenait de subir, amena de nouvelles défections. Les hÉbitâiits de tïélh singue reflisërent de recevoir la garnison espagnole qù*6n lèUr envoyait, coururent à la citadelle qu'on avait élevée au ttiliéii de leur cité, la démolirent, et appelèrent à leut aide les (ieafénants du prince d'Orange.
Ce triomphe inattendu, en livrant aut insurgés Ttiûe des embouchures de l'Escaut, plaçait entre leutis mains les dfestinées du négoce d'Anvers. Les habitants de la grande dfétropdfe commerciale ne pouvaient désormais garder la neutralité; fli devaient à leur tour se joindre au mouvement, ou se résigiMr à une ruioe complète. Les Anglais, qui aspiraient à leuf suécession, dirigèrent aussitôt sur Flessingue un renfort de détt cents hommes, sous le commandement du capitaine Morgsi. Ce dernier n'avait point, il est vrai, de commission régulièMi mais n'en était pas moins en correspondiiance suivie avec tert Aurghley, dont il ne faisait qu'exécuter les ibstmctioitil (4- )Les habitants de Flessingue avaient d'ailleurs deux ageiûKi Londres, Jacques Swygher et Gilles Geyn, qui se trouYâiéU en rapports directs avec le gouvernement britannique (ï).
Il paraît probable aujourd'hui que la reine d'Angleterrt, dans le but d'empêcher les Espagnols d'opérer bru^emett une descente dans ses États, songea un instant à prendre po^ session, par des voies indirectes, des ports flamands.
A peine à Flessingue, nous voyons en effet ses délégués ouvrir des négociations avec les villes de l'Écluse et de BrugA et diriger une expédition de ce côté, sous la direction de A* Henri Gilbert.
Déçus dans leur espoir ;de s'emparer de ces deux villes, tt s'adressèrent aux magistrats de Nieupôrt, et les engagerai par l'intermédiaire de Ralph Lane, à se mettre sous la proW^
(1) Voy. ses lettres, Collection du StaUpaper ogUe, papiers de FHnére. entre autres colle du 16 juin 1372.
(2) Môme collect. Voy. lettre du 17 Juin 1572.
»n d'Elisabeth (1). La présepce d*un certain nombre de ançaisà Fiessingue dérangeait leurs projets sur cette cité. r Henri Gilbert proposa à lord Burghiey de faire naître une erelle entre les étrangers et les habitants, afin d'avoir une casion, en prenant le parti des bourgeois, d'expulser ces ites incommodes. Il parait néanmoins que Cecill ne goûta int ce projet (2). Ostende était gardée en ce moment par linze navires, portant pavillon écossais, et se trouvait à l'abri joe surprise (3).
Pes pombats fréquents avaient lieu entre les deux partis, à mbouchure de l'Escaut, et le duc d'Albe venait de réunir dix iUe hommes au camp de Rosendael, lorsqu'on apprit la proidine arrivée du duc de Médina-Cœli, que Philippe II venait I charger du gouvernement des Pays-Bas. Le duc amenait des nforts, et commandait une flotte de quarante navires, avec ijuelle il parut devant Blankenberghe, dans l'intention d'aller îbarquer à Anvers.
L'apparition de quelques bâtiments appartenant aux conféirés, l'engagea cependant à modifier ses plans, et à jeter ncre à l'Ecluse, avec une partie de son escadre. Le reste de division continua le voyage, essaya une furieuse canonnade Elessingue, et vint mouiller à Rammekens. Une flottille de mmerce, qui voyageait de conserve avec les navires de guerre, les avait suivis dans l'Escaut, toi^ba entre les mains des leux.
Le duc de Medina-Cœli ne devait point faire un long séjour ns les Pays-Bas. Effrayé de la situation où il y trouvait les ^res, il refusa d'en accepter la direction. D'AJbe disputait la »asession de l'tle de Walcheren aux révoltés, et cherchait à segipécher de s'emparer de Tergoes, lorsque Louis de Nassau Ddit tout à coup sur Mons et s'en empara. Il fallait à tout ix étoufler ce nouveau foyer de prosélytisme, et le gouveriur, abandonnant un moment la Hollande, expédia aussitôt des (Mipes en Hainaut. Dans l'intervalle, le prince d'Orange euva-
U) GoUection du Stêiêpaper office, lettre du 18 août 157%.
if) IM,, letUre du 13 apût 1579.
{%) IW-, Avis secrets envoyés au gouvernement britannique.
9B HISTOIRE DU COMlfERGB
hissait à son tour la Belgique, à la tête d'une armée rassemblée en Allemagne, et s'apprêtait à porter secours à son frère, et à le dégager. L'insurrection Taisait chaque jour de nouveaux progrès; unis aux huguenots français, comptant sur l'appui du roi Charles rx. lui-même, les habitants des Pays-Bas entrevoyaîeiit déjà, dans un avenir prochain, la défaite totale de leurs cruels oppresseurs.
Le glas funèbre de la Saint-Barthélémy, dont le soq lugubre annonçait à la France le triomphe d'une faction ambitieuse al antinationale, vint brusquement dissiper ces illusions. Les défenseurs de Hons, abandonnés par le prince d'Orange, se virent forcés de capituler ;*Malines, qui avait ouvert ses portes aux libérateurs fut livrée au pillage, et les soldats espagnob relevèrent partout leurs bannières, La lutte, après avoir étéeor le point de s'étendre à toutes les provinces, se concentrait ea Hollande.
Le ministère anglais, inquiet de son isolement, comprit qall était temps de faire des concessions à l'Espagne, et conseotit au rétablissement des relations commerciales entre la Gnaée Bretagne et les Pays-Bas, pour un terme de deux années. Od régla, à cette occasion, les comptes relatif aux saisies ihiiiB de part et d'autre, en 1868. Les anglais déclarèrent avoir réélise, par la vente des marchandises et des navires confisqués sur les sujets du roi, la somme de 111,066 livres steriiog, 17 gros et 11 deniers, dont il fallait déduire 11,000 livres dépensés en frais divers. Le produit total des biens enlevés aux Anglais, tant dans les Pays-Bas qu'en Espagne, ne mootiit qu'à 85,076 livres. Le gouvernement britannique se trouvait donc redevable, envers Philippe II, d'un capital d'enviroa 300,000 florins, qui fut payé à ses commissaires. Il est inutile d'ajouter que les marchands brabançons, dont les pertes étaient évaluées à plus de vingt tonnes d'or, n'eurent aucune parti ces remboursements.
Le duc d'Albe se vit bientôt en état de reprendre l'offeo^fe. Son armée augmentait chaque jour, et il était parvenu à réunir, sous le commandement de l'amiral Adolphe Van Haemstede, (It's forces navales assez considérables à Zierikzée. Là se trouvaient /<* Velkan, capitaine Gérard Van Nuytwyck;/^ Fauto»
doré^ capitaine Guillaume de Baernem et plus tard Pierre Eggens; rÉlephant, commandé par Corneille Hugens; le Joiias, confié à rilalien Vincent Berchachini ; le Christophe, capitaine Antoine Huybrechts; le Salvator, capitaine François Van Almanas; rAigle^ qui avait pour chef Baudouin de Bourgogne, dit de Fallaix; deux galiotes commandées par Joseph de Talavera et Thomas Cavalla ; le Dragon, contié à Gaspar Van Brecht; la Marie, capitaine Guillaume de Catz; le Coq, capitaine Jean de Bosschuysen; le Léopard, dirigé par Walraven Draeck; le Saint-Jacques, capitaine Hugues Willems, et plusieurs autres bâtiments d*un moindre tonnage. Quarante deux barques, sous les ordres de don Sancho d^Avila, châtelain d'Anvers, étaient déjà parties pour Tergoes en octobre 1572.
La défection de tant de villes n avait point abattu la fierté du gouverneur général. Son (ils, don Frédéric de Tolède, se mit en marche avec une armée vers la Gueldre et la Frise, et les réduisit de nouveau sous la domination du roi. Il se rendit maître, par capitulation, de la ville de Naarden, et en massacra impitoyablement les habitants. De là il se dirigea vers Haarlem, qu'il ne tarda pas à investir. Ce siège, mémorable dans les fastes hollandaises, dura sept mois, et fut poussé et soutenu avec une opiniâtreté égale de part et d*autre. La défense fut héroïque. Les femmes même y prirent part, et se distinguèrent, sous le commandement d'une des leurs, Kenau Hasselaar, dans plusieurs sorties. Don Frédéric avait espéré d*abord prendre la ville d'assaut, mais il avait compté sans le courage désespéré des habitants, dont la vaillante résistance, en occupant l'ennemi, lui fit perdre un temps précieux et sauva le pays. Forcés de se rendre après, avoir enduré les maux les plus affreux, la plupart d'entre eux périrent sous le fer des Espagnols.
La ville d'Alkmaar fut plus heureuse dans son opposition, et repoussa les troupes étrangères qui étaient venues l'assaillir, en leur faisant éprouver des pertes importantes. Peu de jours après, le comte deBoussu, qui était entré dans le Zuyderzée le 30 octobre, avec une flotte de 30 vaisseaux, se voyait attaqué par les Gueux de mer, commandés par Corneille Dirkszoon. Abandonné par son escadre, il se défendit pendant vingt-huit
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heures contre rennemi» à bord de son navire amiral, FlnfÊititUm (1). Son équipage* lorsqu'il se décida enfin à baisser pavillon, se trouvait réduit de 300 hommes à 80, et parmi ces deri^ers on en comptait à peine quinze sans blessures. Une partie des prisonniers furent conduits à Enkhuyzèn; les autres, parmi lesquels était Boussu lui-même, furent menés à Homes. On suspendit le drapeau de Tamiral à la voûte de Téglise de cette dernière ville, avec cette inscription, due au poète Thaamsaoon :
Door looter ghewelt, vtn menicb heU Der Vrûe westvriescbe ntUe, Werd BossoQ geveU, dU hier gesteU Tôt lofleken Ytn God*s gntie.
Ce fut au moment où la victoire semblait de nouveau fiivoriser la cause de la liberté, que le duc d*Aibe vit arriver aoc successeur, don Louis de Guniga y Requesens, graad coauBUdeur de Gastille. Il se hâta de partir pour l'Espagne, ebargi te n^alédictions de tout un peuple, dont Téno^gique rébelUoa atvivait à son despotisme. Ses exactions et sa tyrannie avalait ruiné le commerce et Tindustrie belges (S). '
(t ) Strtda. de BeU. Bti§. 374, 375 ; Hoon, Keiert. hia., M.
(i) Un poète anglais, Dyer, parlant de la prospérité de rAiiglelerre.dJt
. . . Oardayarote Whea Alrm^ft tyruDj Ibe iwaTiof arts Drore, froin tht fertile Talliet of theSelrald. Wiih tpeedv wmg and scatter*4eovw ttej •«d. Like a oomsiBilj of bées disiwli'd b7 some rvIcoUess svaia's ra|iacioas band, Wbileiood Elita to tbefofitiTes Gave gracioas vekoa^.
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