‹ Histoire du commerce et de la marine en Belgique (volume 2)Chapitre 72 sur 74 · BUT. DU COMMBRCI, T. III · texte numérisé non relu

BUT. DU COMMBRCI, T. III

s'âtmolant bletartour, attaquent les troupes qui couvraient le Bsinaut. Deux Belges, les généraux Clairfayt et Beaulieu, CAm- -ninilaiuit ce corps d'armée, Tort de vingt mille soldats. Dumooriex lenr livre bataille k Jemmapes, près de Mons. et les t^Uge h la retraite, n marche aussitôt sur Bruxelles, ou il est reça le 14 norembre, et de là se dirige sur Liège, qu'il occupe le t8 du même mois. Deux jours auparavant, le général La- ImurdoniMye, Fan de ses lieutenants Taisait publier à Anvers on décret de la Convention proclamant le grand principe de tl liberté de l'Escaut.

Il n'y est plus question des traités. Le langage des mtaktaires de la terrible aœemblée est aussi bref qo'foeri^qiiw. b exigent l'abolition du privilège bollandais :

«c Parce que les fleuves sont la proinriété commue de Ion « les pays qu'arrosent leurs eaux ;

a Qu'une nation ne peut, sans injustice, prétendre à esmt- « ver seule la navigation d'un fleuve, ni anpMuft lee petite « qui habitent à l'intérieur du pays de jovùr des iaé>M « avantages;

« Qu'un tel droit est un reste d» swntudes féodjdes, oo,liM it au moins, une monocratie odieuse, que la violence a seule pi « établir, que la faiblesse et l'impuissance ont pu seules god- « sacrer;

« Que, par conséquent ce droit peut être révoqué à chaque « instant, malgré toutes les conventions existantes, la nauire « ne reconnaissant pas plus de peuples que d'individus pririn légiés, et les droits de l'homme étant inaliénables. »

A peine ce manifeste venait-il d'être lancé, qu'une flottille, partie de Dunkerque, entrait dans l'Escaut, remontait audadeusèment son cours et arrivait à Anvers.

Quelques revers subis par les généraux français, auxquels on avait opposé le prince de Cobourg, ramenèrent les Autrichiees en Belgique en 1793. Le prince chassa les républicains du Umbourg et du pays de Liège, battit Dumouriezà Neerwindeaet prit Valenciennes. Rien n'arrêtait plus la marcbe victorieuse des troupes alliées, car les Anglais et les Hollandais venaient de se joindre aux Impériaux, lorsque le duc d'York fut détacbé avec des forces considérables pour assiéger la ville de Doit-

kerque, dont TAngleterre ambitionnait la possession. Cette faute, en séparant les deux ailes de Tarmée, rendit la supériorité aux Français, qui purent les faire plier Tune après l'autre.

La neutralité des Prussiens leur ayant permis de masser de nouvelles forces sur les bords de la Sambre, ils prirent CharleroK et repoussèrent le prince de Cobourg à Fleurus. Les alliés, frustrés dans leurs espérances, abandonnèrent de nouveau nos provinces, où les armées républicaines s'installèrent comme en pays conquis.

L'annexion de la Belgique à la France fut décidée en 1795, l'année même de la mort de Louis XVI. Merlin, chargé d'en présenter le projet à la Convention, se borna à faire ressortir l'utilité d'une pareille mesure, qui n'avait pour sanction que Tomnipotence révolutionnaire :

« n importe à la république, dit-il en cette occasion, de faire « pencher en sa faveur la balance du commerce, d'enlever aux a Anglais plusieurs branches de celui qu'ils font avec tant « d'avantages, et par conséquent de ne pas laisser échapper de <c ses mains les incalculables profits que lui promet la possession a d'une contrée dont les productions excèdent constamment a les besoins, de ne pas se priver de ceux que lui assure la libre « navigation de fleuves, de rivières et de canaux qui ont toujours •a passé pour les plus grandes sources de prospérité publique. »

En tombant sous le pouvoir de leurs puissants voisins, les Belges perdaient brusquement leurs institutions nationales et leurs garanties de liberté, c'est à dire ce qui leur restait de vie politique. Les charges financières qu'on leur imposa furent extrêmement fortes. Déjà, de 1756 à 1785, ils avaient versé dans le trésor de l'Autriche la somme considérable de 74,591,484 fl. Il leur fallut recevoir les assignats de la république, avilis par des émissions successives qui s'élevaient, en 1795, à 45 milliards 881 millions ; payer d'énormes contributions de guerre ; fournir des objets d'équipement, des vivres, des armes; en un mot, satisfaire à des réquisitions de toutes natures.

Ces sacrifices, hâtons-nous de le dire, lui valurent cependant de grandes compensations. Toutes les provinces de la Belgique furent soumises à des lois uniformes, formulées d'une manière claire et précise. Les administrations et les tribunaux furent

entièremuit réoiyuiisék. Le système monétaire subit des modifications considérables, et les corporations de métiers Turent Bupprimées par décret du 16 brumaire, an IV. Tous les prifilé^B qae les villes avaieut poss^^dés jusqu'alors, et qui constituaient en leur favttir ue aioDopoIe exclusif au détrimeot des campagnes furent alxdis, et les établissements industriels dédarés libres de choisir les emplacements les plus favorables à leur prospérité.

Ptûmi les moyens qu'on employa pour rendre quelque activité aux manaboturos, nous citerons tes expositions àes produits de l'indostrip, fondées sous le ministère de François de Nenfcb&teaa, et dont la première eut lieu le 10 septembre 1798. (Tétait lit ane idée Gâconde, car rîtn ne pouvait plus contribuer k entretenir l'émulation entre les fabricants et ^ vulgariser le$ notions utiles et réeliemeot pratiques. En l'an VII, le ministre de l'intérieur se fit ouvrir un crédit de 200,000 francs pour réoompenser les premi^s importaieurs de machines h tiler le ■ colon, et ce ftirent des Belges qui en eurent la plus grande part (1). Il autorisa chaque département h envoyer des ouvriers laborieux et intellisfents dans les ateliers modèles qn'on venait de créer, pour les initier aux nouveaux procédés mécaniques de filature et de tissage. Des concours furent ouverts et des prix considérables attachés aux inventions, aui importations et aux perfectionnements utiles à l'industrie {%■ Ostende avait cessé d'être un port franc dès le 6 mars 1796. Napoléon Bonaparte, qui venait de faire signer à l'Autriche te traité de Campo-Formio, par lequel cette puissance renonçaitâ

(1) Les premières filatures monlées à l'anglaise qu'on ail vues en Pru« sont celtes des deux TrËrcs U6v\n cl François Bauwens, les toDdaleun in fabriques do G-and. La première tnl établie à Passy, l'aulre h Gand: tb étaient parvenus â se procurer un excellent oulillage. On ne tait pas aalion, dans les slalisliques publiées à celle époque des HlsturesnamaDdci. Elles étaient déjà cependant en pleine activité, et lorsque Napoléon vJDtl Gand en 1803, Il y eut à l'hOlel de ville une cxpositloa des produits des manufaclures. On y remarqua des basins, des piqués et d'aulres éloflte d'imitatiou anglaise. M. Liévin-Bauwens prit également riniliative de lintroducliun de la lllalurc de colon dans les maisons de force. (3) Ed.B&rlel, Et$ailurVkitloinducommeretaiefindm$tm.p.W.

tous ses droits sur la Belgique, visita les fortifications d'Ostende le 13 février 1798. Trois mois après, le 19 mai, à trois heures du matin, 37 navires anglais parurent inopinément devant la ville. Un parlementaire fut dépéché vers la place avec ordre d'en réclamer la reddition, mais, soit précipitation soit ignorance des coutumes maritimes, Tofficier qui commandait la batterie de la plate-forme Taccueillit à coups de canon. La flotte ennemie ouvrit aussitôt le feu^ auquel on répondit vigoureusement. Plusieurs navires furent forcés de prendre le large, après avoir subi des graves avaries. Vers sept heures, 2,000 hommes débarquèrent sur la côte, se portèrent vers Slykens, et livrèrent aux flammes quelques bateaux pécheurs. Ostende n'avait pour toute garnison que 150 grenadiers, sous le commandement de Muscar. Leur situation devenait critique, lorsque des renforts arrivèrent enfin de Dunkerque. Les Anglais, attaqués dans les dunes, y furent totalement défaits, et laissèrent 1,800 prisonniers entre les mains des vainqueurs, auxquels ils abandonnèrent en outre 8 pièces de campagne et 2 obusiers. Parmi les captifs se trouvaient plusieurs ofliciers distingués, entre autres le général Cort et lord Campbell. Les pertes éprouvées par les Ostendais durant le bombardement de leur cité furent évaluées h près d'un million. Leur commerce était tombé dans un état de langueur, dont il ne se releva point durant de longues années. On obligea tous leurs marins, de 18 à gO ans, à se faire inscrire chez le commissaire de marine, et à prendre service à bord des bâtiments de guerre français.

Le blocus des côtes flamandes par les Anglais empêchait également la ville d'Anvers, devenue le chef-lieu du département des Deux-Nèthes, de rétablir ses relations avec l'étranger. Il n'y vint que huit navires, appartenant à des nations neutres, en 1799. On en compta 49 en 1800, naviguant sous différents pavillons, et 76 en 1801. Le droit d'entrepôt ayant été accordé aux Anversois en 1802, la situation s'améliora, et 969 vaisseaux, de nationalités diverses, jaugeant 39,817 tonneaux, entrèrent au port à cette époque. Les perceptions des douanes augmentaient proportionnellement. Elles montèrent, en 1803, à 6,088,770 francs, rapportèrent 8,237,078 francs en 1804, et atteignirent 16,062,403 francs en 1805.

su BisnHBi DO oomncE

ltep<déoa Bonaparte, nonimé premiw coosal é» U rip>* bUipie, Je U décembre 1799, et qui u ât conflSrer actte dif^ k vie trois ibb après, diargea, en iM3. M. Parier. méoÊàiiàm

habile, et eq>érioieaté, de lui fournir 3,000 canons de 36, des- ] dues à rarmonMit de la flottille qu'oo organisait h. Boulogo»', contre l'Angleterre. H. Périer re^ut des avances successU-M.« juuju'Â coDCUireoee d'an million sept cent mille francs, et fltl dioiz de U ville de Uége posr y créer son usine. Il rétablit sisiÀ la rive g«u(^ de la Heose, à un qunrt de lieue en aval dg>4 coatre de la cité, dans le fkubourg Saint-Léonard. Cet emplace-^ ment, sîtaé à proximité des houillères et de deux grandes A^i vières, la Meuse et la Sambre, était excellent sous tous les rapports. H. P^ery âtbfttirdeux halles, destinées au coulage des pièces, et qui renfermaient chacune six fourneaux h rérerbères, un vaste atelier où l'on pouvait forer vingt boucbes â feu b la fois, et d'autres ateliers secondaires destinés à la confection des objets que nécessite la fabrication des bouches à feu, tels que des modèles, des outils de diverses espèces, des briqua T^lractaires, etc.

Désirant que rien ne pût arrêter ses travaux, il instilla son usine six machines & npeur d'une force totale de 96 vaux, qui liii coûtèrent au delà de 160,000 ft^ncs. Il fitcreoso', pour les alimenter d'eau, un canal correspondant avec la Meuse. Tous ces préparatifs exigèrent environ deux ans, et M. Périer ne fut en mesure d'exécuter les commandes qu'il avait acceptées qu'à partir de 1805. L'entreprise ne prospéra point sous son premier fondateur, qui finit par résilier le contrat qu'il avait signé avec le gouvernement, et celui-ci prit possession de 11 fonderie de Liège, destinée à acquérir plus lard une célébrité européenne. Sous le consulat et l'empire, on y fondit 7,000 boucbes à feu, de divers calibres, tant pour la marine que pour les batteries décote. On y coula, entre autres pièces, des mortiers à plaque de douze pouces, dont le forage est très difficile, et des obusiers à la Villantroys, du poids de 8,491 kilogrammes.

Sous l'administration française, l'industrie du fer prit des développements et s'enrichit de nouvelles découvertes. MM.Podcelet trouvèrent un procédé pour la ftibricaiion de l'aciw fondu, et en obtinrent d'excellents résultats. Huy fabriqua des

iqu» ■ dnt I

fer-blancs assez estimés. En 1790, M. Douy, de Liège, conçut l'espoir de tirer le zinc de la pierre calaminaire, et il y réussit vers 1809. Le département de la Lys (Flandre occidentale) possédait les plus belles manufactures de toiles de TEurope. La pèche du hareng et de la morue y formait une branche importante du négoce. Dans le département de FEscaut (Flandre orientale), on trouvait des nombreuses blanchisseries de sel, des fabriques de Cobalt servant à Témail de la faïence et de la porcelaine ; des filatures de lin, de chanvre et de coton, des papeteries et des verreries. Indépendamment de quelques-unes des marchandises citées plus haut, la province d'Anvers (département des Deux-Nèthes) fournissait des étoffes de soie, de la sayette ou laine filée, des futaines, des toiles cirées, des toiles à peindre, des peaux chamoisées, de la dentelle, des chapeaux, du savon vert, des cartes, de la céruse, de la cire blanche, du bleu d'azur, des draps, des pipes de terre. On y remarquait une fonderie de cuivre, une fonderie de fer, cinq fabriques d'épuration de colza.

Les productions du département de la Dyle (Brabant) consistaient en céréales, pierres calcaires, pierres bleues, pierres à faux, toiles, dentelles très renommées, galons, papiers peints et cartes à jouer, voitures de luxe, cuirs, bières, eaux-de-vie, savons noirs et blancs. On y comptait une fabrique d'çau-forte et d'acide nitrique, deux verreries, plusieurs raffineries de sel, beaucoup de manufactures de tabac, des amidonneries, des fabriques de céruse, de faïences, de poteries ; des moulins à sucre, à huile, à moudre, à tanner, quelques moulins à poudre et une quantité de fours à chaux.

Le Hainaut, devenu le département de Jemmapes, faisait un commerce assez considérable, dont les principaux articles étaient le charbon de terre, le fer, les marbres, les pierres à bâtir et les pierres à chaux. On y avait établi de nombreux établissements industriels, particulièrement des forges, des clouteries, des verreries et des faïenceries. On continuait à y faire des étofies de laine, des bonneteries, des bas, des toiles et des dentelles.

Le département de la Meuse, formé d'une partie du Limbourg, était connu pour ses excellents pâturages, et son commerce de

\K H&Tnms DC COmCRCE

>c-.'ir. 1 -'. '.ZK-rz.. î*-iui:^"ii? de bois, du fer et d'î xfc-ii^T, -"? 'i^T. .r:r j-let. les confitures, des dragée -TiciL:-^ ■>- i.: -> cr- jiius. -ies étoffes de laine iSi: ., « .. -.-*■ «.'niiecrrt'. les <:iiapeaux,debelles pien

:.--r.»r'-, - -iici^r; :*i Meuse jNamur) produîsa ^?-.:-.. -:.r il -îi'.a ^!i 3eiies lames, d'une grand *r .-r:r . •iïrîm^'.î' -a les fourneaux pour la -5- -^ :-^'i:: :t *u sioie propre aux verreries;

— - ■— m- :^ uiier.es, des poteries, des faïc

> ,-^ „ :-rrr?=^ i -iiaux, des marbres, de la e<

•'•.:- j-.c 'iuniica:ion plus étendue des mac

.^•— i; T? r • unuE ie Tannée 1798, Cockerill e

T .-îLt-r^- le Verviers. En 1812 > un brev

- ... c-.:r - rvr*? i 'acriquer le tulle piqué avec I

. T^ ii. - — • : ;iacMieu5*?:5. Les machines h rotatior

•r . '. .. r .1* e minerai à la surface et à i

T»..- --. - - lic-u — s.iL rix appareils chargés du ti

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. .. .^- ji5.«.rLt< .dr^ 1803.

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.^ : : !. :<c i!; IX, la jonction de l'Esc

. . -.: ^:.e grande sensation dans!

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>. : T ;e projet la canalisation

-^ -. ..*-a:lons le 3 avril 1806, e

. . ;> -.lùvi-ables, formé du cai

. u >: .:5^e entre la Scarpe et YEi

- . .: .:, .::ur> de ce fleuve entre

.'. ■■: . ::r\? canalisée, ainsi que 1

:..: fut chargé do Toxcc

; . ^"oa le tracé par la 11^

.. ;: :'.Oi.'lier en clocher, c

. .■■ •.;/: le du projet cousis

..•.\!îo voie navigable

charbonnages, afin de diminuer les frais de transport. Ces travaux furent commencés avec solennité le 18 octobre 1807, et terminés le 19 octobre 1818.

Les chambres de commerce, qui fonctionnaient déjà depuis longtemps en Belgique, furent réorganisées et multipliées par un arrêté du 3 nivôse an XI. Elles siégeaient à Bruxelles, à Anvers, à Bruges, à Ostende et à Gand, et elles ser\aient d'intermédiaires entre les négociants et l'administration centrale. Chacune d'elles envoyait à Paris un certain nombre de députés, dont la réunion constituait un conseil général. Le décret du 12 germinal an XIÏ (1804) établit des chambres consultatives de manufactures, de fabriques, d'arts et métiers, à Louvain, Tirlemont, Nivelles, Saint-Nicolas, Mons, Tournai, Courtrai, Ypres, Maestricht, Venloo, Hasselt, Malines, Turnhout, Huy, Liège, Verviers et Namur. Aussitôt après la paix d'Amiens, le ministre Chaptal recourut aux lumières de la chambre de commerce d'Anvers pour connaître son opinion sur l'utilité de la formation de grandes compagnies, les rapports à établir avec l'Amérique , la situation de la marine marchande , les modifications à apporter aux tarifs douaniers, l'entretien des ports.

Le premier consul arriva à Anvers, en 1803, accompagné des minisires de l'intérieur et de la marine. Les hostilités étaient sur le point de se renouveler entre la France et l'Angleterre, dont la flotte avait été portée à huit cent un navires.

Bonaparte, tout en explorant l'Escaut, s'enquit de la profondeur du fleuve, de la quantité d'eau requise pour la mise à flot de navires de 74; puis, satisfait des réponses qu'il avait reçues, il prit aussitôt les dispositions nécessaires pour la création, sur les rives anversoises, d'un vaste arsenal et de chantiers de construction. Cinq cents forçats furent expédiés de Brest pour commencer ces travaux. Le projet du premier consul était d'y amasser d'immenses ressources navales, hors de l'atteinte des escadres ennemies, pour s'en servir avec promptitude et énergie en cas de nécessité. Ce qu'il se disposait à faire à Anvers pour le nord de la France, il voulait également le tenter dans le Midi, à Bruno, petite ville située à l'embouchure du Rhône, qu'il entendait relier à Arles au moyen d'un immense canal.

des pipes, des pierres è chaux, lerie, etc.

De cette époque date l'applicnii à l'industrie. Dans le courant di pliqua une il la draperie de V> pris pour un métier propre à Hi' sortes de matières rilamentcii-^ vant à apporter la houille ou mettre le mouvement, — soi:

et de la confection des éiuili ments — ont été importée.-

Le gouvernement frantj.-.

nicalions plusdirectesen' ordonna, par arrêté du 'Sl'Oise. Cette mesure prn trict charboanier de y comprendre dans i'eii- Haine. On fît droit ii (ant un réseau com)<' Saint-Quentin, decc' -

et en décidant la nbrai et Tournai. L;i -mr^

de Chauny h Chan *. ■=<

Ce rut l'ingénii' .jj^.i

du canal latéral • ..~am

plus courte, dr T-^^-iwi

était une faute. ^xrr^t^

i^lMilEN BELGIQUE. 319

)iËt-aur ea 1804 sous le nom de

I nouveau souverain parcourent

■s françaises reçoivent un écbec

lûfinent l'Océan aux Anglais. La

lu bloquée par l'ennemi. Il ne lui

le la pèche du poisson frais, faite

a moyennant un permis en due

^é d'obtenir. Joacliim Murât était à

oiniral ûc l'Yance. A défaut de vaisseaux,

! jiniif de guerre des tarifs douaniers,

u-appcr ses rivaux en ruinant leur com-

iuiinit;ues furent déclarées en état de blo- .

(douiulgué à Berlin, le 21 novembre 1806,

i;iii()n.s mercantiles avec cette puissance.

fi'isÈ en interdit, et toute cargaison anglaise

lis impériaux devait être aussitôt livrée aux

absolue, jusqu'alors sans exemple dans

Ses pertes immenses h la Hollande, et en géné-

mt la marine marchande était la principale

ies. Elle força la Grande Bretagne à multiplier

I à y clierclier des débouchés nouveaux, pour

C qui lui étaient fermés en Europe. Les Belges

t guère, et eurciuméme lieu de s'applaudir d'un

, tomber les barrières qui les séparaient des

h, et leur livrait les marchés français. Les chefs

Rétablissements industriels, accablés de demandes,

I bénéûces considérables. Plusieurs industries

fc développèrent durant cette période. La cochenille

> venant à manquer pour la teinture des tissus, on

tl k étendre la culture <le la garance et du pastel ; on

I la canne à sucre par la betterave dont la production

0plus en plus abondante.

• janvier 1807, dix vaisseaux de ligue, rAiiversois, le .

5 de Lyon, le Charlemame, le DtiguescHii, VAwlacieuXt

'fjltttatre, le Thésée et tAWanien étaient en construc-

ners. Toutes ces forces étaient préparées pour des

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If lêlo • tôt ;i fulu!

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ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. 5âl

trée fut promise aux chefs de fabrique et aux manufacturiers étrangers qui viendraient se fixer en Belgique. Les droits de barrière, supprimés sous l'empire et remplacés par une taxe sur le sel, furent rétablis en 1815.

Sur ces entrefaites, la diplomatie se préparait à disposer de nos destinées politiques. Son arrêt était prévu, car il avait été décidé, au moment de l'arrivée des alliés à Paris, que la Hollande recevrait un accroissement de territoire. C'est h ce titre que notre pays lui fut annexé en 1815, pour former avec elle, sous le sceptre de Guillaume P% le royaume des Pays-Bas.

combinai.-' anglaise ï- Kousv

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Bj, .-l' COMMERCE ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. 3SS

.'>xist:iit entre les Hollandais et les Wallons.

< lioe entre éléments aussi divers, il eût fallu que

iijiaiiialiié présidai à leurs rapports. Tel n'était

Z^ nailés qui constituaient îe pacte de leur union.

^. . !a Hollande comme formant l'individualité na-

^r I ;uiliaume ne l'entendait point autrement. Il eo

^ , lies les firemiers mois de son avènement, en

1:ii|;;i[]ue l'institution du jury et la publicité ju- 1- t'tant contraires aux mœurs et aux institutions ii^cs de division, toutes morales, venaient s'en luirijs, exclusivement matérielles. Les Belges, tout industriels, manufacturiers et agriculteurs, n'avaient- ^x'aiement fait preuve, dès les temps les plus reculés, ii's commerciales? Devaient-ils se réduire, après avoir iiilir sur leur sol d'immenses marchés où affluaient les 'i des deux mondes, au simple rôle de producteurs ? En «nt qu'ils cherchassent à relever leur négoce, à rendre à une partie de son ancienne splendeur, à profiter du tt entre l'Angleterre, la France et l'Allemagne, comment ilierla rivalité jalouse d'Anvers et d'Amsterdam, et assouffes baiaes qui, en toute occasion, depuis le moyen âge, leot constamment manifestées par des actes d'hostilité réroqne?

u'autre part, en admettant que les Belges acceptassent cette

partition du travail national, les causes de discorde étaient-

;te8 désormais écartées? Moins que jamais. En effet, durant

.or réunion k la France, nos fabricants s'étaient lancés dans

.ue foule d'entreprises qui, tout en offrant de l'avenir, ne pou-

.iàieDt se développer que peu h peu, et réclamaient pendant

quelque temps la protection du gouvernement. Les Hollandais,

, au contraire, préoccupés de la nécessité d'accroître leurs res-

soarces maritimes et coloniales, désiraient l'abaissement des

. droits de douane et la liberté de commerce. Cette opposition de

Toes se manifesta dès 1814, et ce furent nos manufacturiers

qu'on obligea de renoncer k leurs prétentions. Un des premiers

actes des puissances alliées fut de bouleverser la législation

douanière, alors existante, et de remplacer les anciens règle-

mentsproliibitifâ par des ordons à la frontière à 3, 5 et 8 p. c. Ce 1 sition, eut des conséquences dép

Toutes les mesures prises h ot ces tiraillements. Tandis qu'on H le système méirique français, o bre 1814, le régime du" sursis, qi; faculté d'arrêter, en certains cai contre son débiteur. L'embauchaj furent punis par la prison ou I'm neuves fut permise avec certiâ< déjà servi, on les soumettait h ud

Le 35 mars 1815 parut une défi munitions et des chevaux. On rei nouvelle que l'empereur Napolétu près de Cannes, s'était dirigé ai aux acclamations de l'armée, r« Ce retour était une déclaration d( provinces les plus vives inquiéta envalii par des troupes de toutes retentit de nouveau dans les i crise fut courte, mais elle retardi des affaires, et pesa lourdement si Le gouvernement avait autorisé, li compagnie exclusive pour faire le réunir, en deux ans, les capitau) ment. Un arrêté du 12 janvier de aussi peu de succès, une prime d douze premiers navires qui an baleine.

On modifia, en 1816, le tarif doi aucune satisfaction aux manufac s'en convaincre, d'en parcourir ra positions : les denrées coloniale droit de balance, s'élevant pour 100 kilogrammes, à 30 centimes pour le labac. Un grand nombre d tiés à la sortie, ainsi que les fil

ET DE LA MARINE EN BELGIQUE. 5f5

pêche ; des primes y sont accordées aux pêcheurs de morues et de harengs; le sucre raffiné y est frappé de fortes taxes à l'entrée: telle était la part de la Hollande. Le gouvernement se montrait généreux envers elle ; il prodiguait les encouragements à la navigation et h la pêche, sources principales de la prospérité néei;landaise.

Voyons maintenant comment il traitait l'industrie belge, qui luttait avec tant de désavantage contre la concurrence écrasante de l'Angleterre. En effet, les entrepôts britanniques regorgeaient deproduits manufacturés, qu'on n'avaitpuécouler durant le blocus continental, et dont on remplissait tous les marchés du continent. La bonneterie n'obtint qu'un droit proportionnel de 3 à 10 p.c; les draps et les étoffes de laine, deSp.c. ; les toiles de coton blanches, de 30 florins par 80 kilogrammes ; les indiennes, de 38 ; les étoffes de soie, de 4 à 6 p. c. ; les toiles de lin, de 2 à 12 p. c. ; la papeterie, la cordonnerie et la poterie, de 18 p. c. ; les cuirs préparés, de 12 florins par 80 kil. Les houilles étrangères et celles du pays furent déclarées libres de tout droit de douane, mais assujetties à un impôt de consommation assez élevé ; les fontes étrangères furent soumises à un simple droit de balance, tandis que la sortie de la fonte belge était imposée à raison de 2 florins par 100 kil. Les Hollandais tenaient à se réserver la faculté de s'approvisionner de charbons de terre à Newcastle, et de fers en Suède.

Tandis qu'Ostende perdait son commerce de transit et se plaignait de l'envasement de son port, les Anversois n'avaient pas davantage à se louer de l'administration néerlandaise. Après avoir reçu jusqu'à trois mille navires en 1818, ils virent s'abaisser ce chiffre dès 1817, d'abord à 999, puis, en 1818, à o83 navires. Leurs rivaux essayèrent même de rétablir un droit de toll sur l'Escaut, en vertu d'un règlement qui n'avait jamais été appliqué, datant de 1793. Le produit des contributions dimînuaiten Flandre plutôt que d'augmenter en raison del'accroissementde la population (1). Les patentes, qui y figuraient, enl8l6,

(1) D'après le rpcensement fait dans la Flandre orientale le îîî mars 1816, la population des villes s'y élevait à 440,370 âmes; celle des campagnes, à 475,319 âmes, ce qui porte la population tolalc de la province à cette

HIST. DC COMMRnCE, T. III. Si

pûur la sciiiiii6deiSlt8ttflMttaprodaitirentpIii9,ra 1811» qie i78|860 fl* Les états de la provmee aoUiciiaieiii aTee instaBec; oiais sans poovmr 86 ilrâ^ éeootaTt k caiialisaiion de te |ii8iitt*auz boailltees da Haiiia«£ Cette dmiande se nfnimA en 1817, ei on appela en même temps ratteulkm dn g^m» nemmt sur ren?asement da canal de Gand ait Sas. . La députation d^ états présenta,, en ISlft» on taUean |éaf rai de l'industrie et du cinnmeree dans liBis disirieto flamuidi. M JadiSt observait^e, en 179S, la diAteUsmie dn YieoxlNMffi» « composée de 49 villages, comptait pins de 16,000 métieisl m tisser la toile, occupant 18,000 individus ide tout âge etdii ■m deux s^es. ^^ouidliui cette industrie est privée de im « meilleurs débouchés, nos blanchisseries ei nos teintimriii « demeurent inactives à cause des droits ga*on a imposés ss « France sur les toiles Uanchies et teintes, et pinsiem â« «. che& de ces établissements ont déjà quitté le pairs. Ba^t % qu'un moyen de les relev^^ c'est deflrappar d'une taie |Îbi ^ forte les toiles étrangères, d'empêcher lajsortie da UaoaA 'fn non peigné, d'exempter les cultivateurs tieseraiida de psi^ « patente.

ce La fabrication des dentelles languit comme celle des tCHta. « Les imprimeries, les filatures et tisseranderies de cotoo, qui « rournissaient autrefois du travail, dans la seule ville de « Gand, à 5,000 ouvriers, se trouvent dans un état déplorable, a En 1801, leur prospérité était telle que MM. Bauwens, qui se a trouvaient alors à la tète de cette branche d'industrie, avaient (c obtenu la médaille d'honneur à la grande exposition natio- « nale de Paris. Nos raffineries de sucre sont en progrès, ^ « nos papeteries commencent à faire des envois considérables « au dehors , mais nos tanneries et nos distilleries font .peu « d'affaires.

(c La navigation intérieure et extérieure se ressent de la sta- « gnation générale du commerce, bien que son état dépéris- « sant doive être attribuée à d'autres causes. Nos bateliers <c n'ont, ni en France ni dans les provinces septentrionales du

époque à 615,689 personnes. En 1819, elle avait augmenté de 5 6.7 p. c pour les villes, el de 5 1/5 p. c. dans les campagnes.

c< royaume, la faculté de caboter de port en port, bien qu'elle (( soit accordée ici aux patrons de barques français et hollan* (( dais. >)

La partialité du gouvernement en faveur des habitants de la Néerlande irritait vivement les esprits, et donnait lieu à des scènes de tumulte et de violence. En 1816, les ouvriers gantois détruisirent ou livrèrent aux flammes toutes les marchandises étrangères qui se trouvaient dans leur ville.

Les états de Flandre ayant insisté de nouveau, en 1817, sur la nécessité de remédier î^ tant de maux, le roi leur avança enfin une somme de 400,000 florins , remboursable en deux ans. Il fut décidé qu'on l'emploierait à acheter chez certains fabricants de coton, en recevant de ceux-ci un engagement formel de continuer leurs travaux, — un certain nombre de pièces de calicots, qu'on paierait, partie en argent, partie en matières premières. Les délégués des états tenaient îi cette dernière clause, car elle obligeait les vendeurs, dans leur propre intérêt, à convertir immédiatement, en tissus, les cotons en laine qui leur étaient remis, et à donner par conséquent de Foccupation à la population ouvrière. On convint ensuite de faire blanchir les calicots ainsi acquis, et de les vendre à l'étranger.

Cette opération réussit parfaitement. 12,852 pièces d'étoffes furent achetées par la commission, qui les distribua à douze blanchisseries différentes, et les écoula avantageusement. La ville de Saint-Nicolas demanda des secours pour les rouenneries, mais on lui refusa tout subside.

On prêta 75,000 florins, sans intérêts, à un filateur d'Audenarde. La ville de Renaix et les communes de Ruyen, d'Orroir, d'Amougies et de Deftinge obtinrent également quelques avances.

De pareils faits n'ont pas besoin de commentaires et prouvent suflisamment combien le mécontentement des Belges était légitime. Comment ne pas condamner une administration sous laquelle l'industrie nationale, autrefois si florissante et si riche, en était réduite aux expédients pour ne pas mourir.

En 1818, on chargea les marchandises du Levant, importées par voie de terre ou par bâtiments étrangers, d'un droit additionnel de o p. c. Les Suédois ayant défendu aux armateurs

belCM et hoUiadaU d'kvortor m 8o6de d*«trw n ^pM edles pramamt dii »À wémt des Pa|»-Bi9, on m d> . r^iré8aiUMeiiTeraeaïeiile8aoaiiMtt«ntMnAoMirâg?UM.IIa mntU rojil permit la eréMiM tfone cwpttnie 4e ODauMCM «td0DivigitioB,fiwdée dtasto batd^MdMUr, tféqidparette louw des TiiiMuix deeUnés à ttàn te tnfia «us late «ri» itiee. lA gonvernemaat pallia 4e wnlinaaM erdmaufie* nit tWes fc ta pédw. parflealiteflaent i oeUe te cabOtoad «i di kareog, et accorda dea prines h oeox ^i s'y limiflat toM pêcbenr OMninea d'avoir aeeeptd du sorioe à réUrtagetiii^ potaH k de fimea amendea et mAnM à la prisoo (1). La toaite ta ii4(res Alt proUbéa par la M du fO novwDbre fS18.

Les taxée levées- aar le diatiKHi Ma» ftB<em réduites à BO cents en 181$, tandis qa'oo taxait las bouillea isporUM à 7,4S florios les 1000 kil. Cette aneeesion, bien q«e iwdîTe, bt ftivorablemeat aecoetUie en Bdgique. Les navirae aaiioam obtinrent une réduction des droits de tonnais le IS siai, etlv iwrques de pMw en furent mdme lotalanent nAanebies. U caboiafe et la navigatioa dans teaeaoz iatérteores fineat eubt sivement réservés aux habitants des Pa|a-Bas. Qudquea kamsois furent sutorisés à constituer, vers le mdma teaips, mt compagnie d'assurances contre les risques de mer et d'inceadie, appelée, d'après la devise qu'elle adopta, Securitas. C'était une Téritable société anonyme, ta première qui se soit régulièrement constituée dans nos provinces depuis la publication do Gode de commerce de 1807. Elle existe encore de nos jours (i).

Les fabricants de draps du Limbourg et de la province de Liège, dont la position n'était pas beaucoup plus brillante que celle des manufacturiers gantois, réclamèrent à leur loor. en 1830, l'appui de l'Ëtat. Un arrêté du 1" janvier de celle année, ordonna de n'employer que des étoffes indigènes pour

fl) Voy. la loi du lî mars 1818 sur l'eiercicê de la grande pEcbe. L'ouvrage de H. Harlial Cloquel sur l'industrie, le commerce, la marioe ri li pCchc nationale, publié i. Bruxelles en tSlS, contient beaucoup de déUiU sur les dispositions diverses auxquelles cette brancbe d'Industrie Tôt mamise 90US le gourernemcnt néerlandais.

{>) Voy, Ad. Demeur, lei Sodités anonyna de B^iqve en 1857, Brux«ll«.

rhabillement de l'armée et des employés des différentes administrations. Le roi lui-même déclara se soumettre à cette mesure, pour lui et sa maison, et engagea tous les grands fonctionnaires, les magistrats, et en général tous ses sujets, à suivre son exemple. Il alla plus loin, et, comprenant enfin tout ce que le maintien du tarif de 1816 avait d'onéreux pour les districts méridionaux, il nomma une commission de dix-sept membres pour en préparer la révision. MM. Lecocq, Van Crombrugghe, Engler et Joseph Olislaegers y représentaient les intérêts belges.

Du travail de cette commission naquirent les lois du 12 juillet 1821, et celle du 26 août 1822. Elles accordèrent une remise de 10 p. c. sur les marchandises importées ou exportées sous pavillon néerlandais. Le droit de tonnaçe n'y figure plus, pour les navires nationaux, que pour 45 cents, payables annuellement. Il fut fixé pour les navires étrangers à 1 fl. 50 c. par tonneau, payables à chaque voyage. Si Tappui du gouvernement avait manqué souvent h l'industrie, il était libéralement accordé en toutes circonstances à la marine marchande.

Le sel brut, libre h rentrée s'il était importé par des Hollandais ou des Belges, était frappé dans le cas contraire d'un droit de 2 florins. Le sucre brut, expédié par intermédiaires, fut taxé à 80 cents par 100 kil. à l'entrée ; introduit par nos armateurs^ il ne payait que 10 cents. L'huile de poisson provenant de la pêche nationale fut déclarée libre à l'entrée, et les autres furent imposées à 2 fl. le baril. Tout droit de consommation sur la houille du pays fut aboli, et le droit d'importation des houilles étrangères fixé à 7 fl. les 1000 kil. Les redevances sur le fer en barres furent portées à 4,25 les 100 kil. Les toiles de coton blanches venant du dehors payaient 55 fl. les 100 kil.; les toiles imprimées ou teintes, 100 fl.; les tissus de laine 34 fl.; les tissus de soie 4 fl. le kil.; les draps de 40 à 160 fl. les 100 kil.; la bonneterie, 10 p. c; les toiles de lin de 1 à 3 p. c. L'agriculture fut également protégée : les droits d'entrée pour le froment furent de 11,25 fl., et pour le seigle de 7,50 fl. les 1000 kil.

Il nous reste à dire quelques mots d'un nouveau moyen d'encouragement qu'on imagina à cette époque, et dont on fit grand bruit. La loi du 12 juillet 1821 portait qu'un fonds spécial, pris

iîO HlâTUIIie W COHMEHCE

sur les revenus des douanes, serait consacré désorniais k soutenir, ou moyen de primes, les industries que les tarifs en vigueur ne favorisaient pas suffisamment. On espérait de IcU avant8(!;es de celle idée, qu'on donna le nom de million Merlin \i la somme ainsi prélevée, dans la prévision des cbangemenls étonnants qu'elle allait produire. Les subsides promis furent d'abord accordés avec mesure et discernement, mais bieutùl leur distribution servit de prétexte à de nouvelles récriminations. Le souvenir de l'enchanteur Merlin avait été invoqué mil il propos, ou tout au moins il ne sutTisait plus pour opérer des merveille».

Le roi GuîUaun.o Tut mieux inspiré en instituant ù Bruxelles, l'année suivante, la Socitflé gén^i'ale, puissante compagnie financière, qui exerça une influence considérable sur l'avenir du pays. Nos négocianis s'étaient trouvés jusqu'alors sous la dépendance de la Banque d'Amsterdam, la seule qui existât àtsii la royaume.

La Société générale disposait d'un capital de oO,000,000 de florins, et les statuts qu'elle reçut en 18S2 en firent une banqoe de dépôt, d'escompte et de circulation, ayant beaucoup d'analogie avec les établissements du même genre créés en Angleterre el eu France. Elle avait le droit d'émettre des ubli^tlons, « de faire des prêts sur propriétés foncières. Elle fut autorisée ï ouvrir des succursales dans différentes villes de province, afin d'y faciliter les échanges et d'y ranimer le crédit. En 1824, elle devint, h certaines conditions, caissière de i'Élal.

La même année, un traité fut conclu entre les Pays-Bas el l'Angleterre, par lequel ces deux puissances admettaient réciproquement leurs sujets à faire le commerce dans leurs colonies respectives de l'archipel oriental, du continent et de file de Ceylan. La situation s'améliorait peu à peu, mais il restsil encore bien des abus à redresser. Nous en trouvons la preuve dans un document oHîciel du 39 mars 1824, instituant une société de commerce à la Haye, oii le roi Guillaume lui-même trace un tableau peu satisfaisant de l'état des affaires. Nous n'eo transcrirons que ce passage : « Depuis notre avènement au « trône, toutes les branches du grand commerce n'ont pas « acquis l'extension et la vigueur que permettait le rétablisse-

« ment de la paix générale et de nos relations d'amitié avec « tous les peuples.

« La construction des vaisseaux, 4eur armement, les manu- « factures et les fabriques, n'ont pas le degré de prospérité dont « ils étaient susceptibles.

a On doit regarder comme une des principales causes de ces « circonstances le peu de succès qu'ont eu la navigation et le « commerce avec nos possessions d*outre-mer, surtout dans « les Indes orientales. En effet, ce commerce et cette naviga- « tion n'ont pas répondu à l'attente des négociants.

c( Il importe de chercher un remède à cet état de dépérisse- « ment, de développer l'agriculture et les diverses branches « d'industrie qui s'y rattachent, et d'assurer ainsi à la nation « les avantages auxquels son rang parmi les peuples, la situa- « tion de son territoire, et l'importance de ses colonies lui « donnent le droit de prétendre. »

La société de commerce dont il est parlé plus haut, plus connue sous son nom hollandais de Handels Maatschapptj , possédait un capital de 37 millions de francs. Elle pouvait constituer des agents dans les principales places de commerce, et avait pour mission de multiplier les débouchés au dehors en facilitant les exportations. On lui permettait, à. cette fin, de faire des avances aux manufacturiers et aux armateurs.

La Société de commerce s'engageait à ne faire ses expéditions que par des navires nationaux, et à employer successivement tous ceux qu'on mettrait à sa disposition, pourvu qu'ils fussent construits solidement, et qu'ils eussent un tonnage déterminé. Le roi avait contribué pour 4 millions h la formation du fonds social, s'était porté garant à 4 1/2 p. c. des deniers fournis par les particuliers, et avait promis de parfaire la souscription, en cas de nécessité, jusqu'à concurrence de 12 millions. L'empressement du public surpassa l'attente des fondateurs de la compagnie, car les demandes d'actions s'élevèrent en peu de temps à 69,565,250 florins. Cinq directeurs étaient à la tête de cette vaste entreprise. On leur adjoignit vingt-six commissaires, dont quinze appartenaient aux provinces du Nord, et les autres à celles du Midi.

L'institution de la Handels Maatschappy rendit quelque acti-

ET DE LA MARINE EiN BELGIQUE. 555

l'exécution de grands travaux, tantôt pour la réalisation d'importantes opérations industrielles et commerciales. En 1828, une société entreprit l'exploitation des mines du Limbourç: et du Luxembourg, et obtint, en 1827, la concession d'un canal de jonction entre la Meuse et la Moselle, par le grand-duché. Pour soustraire les produits de bassin houiller de Flénu au péage onéreux que la France prélevait sur le canal unissant la Haine à l'Escaut, et qui passait sur une partie du territoire français, une compagnie entreprit la construction du canal dePomerœul à Antoing, livré à la navigntion en 1826. Une autre société résolut de creuser le canal de Charleroi à Bruxelles, réclamé dès 1699, sollicité de nouveau en 1750, ordonné par Napoléon, et qui ne reçut un commencement d'exécution qu'en 1827. Le canal de Terneuzen, plusieurs fois projeté, et qui devait mettre Gand en communication avec la mer, fut exécuté de 1825 à 1827 ; enfin, la Sambre fut canalisée, le canal d'YpresàNieuport restauré, celui de Bruges à l'Écluse, par Damme, rétabli {l).Ily avait, quant à ces travaux, uniformité de vues entre les deux peuples, qui tous deux n'avaient qu'à y gagner.

De 1825 à 1830, la prospérité matérielle du royaume s'accrut rapidement. Les expositions de Gand, de Haarlem et de Bruxelles permirent de constaterles progrès de l'industrie nationale, dont le malaise disparaissaitseusTinfluence d'iine meilleure administration. Tournai vit s'augmenter sa fabricatipn de tapis et renaître celle de ses porcelaines, un moment abandonnée ; Vçrviers et Dison développèrent leur draperie qui avait des débouchés nombreux en Hollande et dans les colonies ; l'atelielr de machines de Cockerill prit de l'extension; Gand, tout en restant un grand centre manufacturier, s'adonna aux opérations maritimes : une compagnie commerciale, dite de la Lys et de l'Escaut s'y forma à cette époque. Bruxelles avait le monopole des objets de luxe et de mode qu'elle expédiait dans toute la Hollande, et auxquels elle ajouta la rubannerie à partir de 1827 ; la passementerie introduite en 1825, rivalisa depuis avec celle de France; la fabrication des instruments de musique continua à prospérer.

(1) Barlet, déjà cité, p. StS5.

mSTOIBE bV COMUERCB

i le Hainaul, dans le Borinsfre et aux en\irons de Liése, on exploitait un grand nombre de liouillères, dont les produits étaient envoyés en France et en Hollande. Les premiers hautsfourneaux au coke s'élevèrent à Couvin et îi Seraing avec l'aide du jîouvernemeni, aux Haucbig et à Couillet aux frais de quel- ({ues maîtres de foires. La verrerie du Val-Saint- Lambert fui établie le 28 juin 182B et s'enrichit de perfectionnements successifs (I).

Le tissage et l'impression des étoffes de crin ne datent que de quelques années avant 1830 ; on tenta de nouveau celle de la batiste, mais sans succès. On fil des essais, en iS\Q, pour am(Sliorer la confection des cordages et celle de papiers peints. En 1836, le gouvernement adopta un projet d'établissement modèle pour la culture du mûrier et l'éducation des vers à soie. mais le chois peu intelligent de l'emplacement qui y fut consacré empêcha cette industrie de prendre de l'extension. La fabrication des produits chimiques, restée stationuaire et presque insigniSante sous la domination française, se répandît en Belgique Ji partir de 1815, et s'enrichit de perfectionnements notables. La vapeur fut appliquée h la navigation à partir de 1823.

L'administration hollandaise, en faisant quelques concessions commerciales aux habitants des provinces méridionales, n'avait satisfait qu'à une partie de leurs vœux. Les Belges ne réclamaient point seulement 4es moyens d'exercer leur activité, mais encore d'importantes réformes politiques. L'action du système représentatif ne leur offrait aucune garantie, car ils n'envoyaient pas plus de députés aux états généraux que les districts du Nord, dont la population était beaucoup moins nombreuse. On leur avait imposé l'idiome hollandais — inconnu de la plupart d'entre eux — comme langue officielle et nationale; des peines sévères avaient été promulguées contre la presse; les impôts avaient été établis sur de nouvelles bases ; l'inamovibilité judiciaire, promise par la constitution, avait été ajournée, et les sujets néerlandais obtenaient, dans toutes les

(t) Elle fui incorporée, en 1836, dans la Société anonyme dite < maDoticures de e'accs, crislaui, verres â vHres et gobeieteries. •

parties du royaume, la préférence dans la répartition des fonctions civiles et militaires.

Il y avait là de graves causes de désunion, qui provoquaient chaque jour des complications nouvelles. Un bouleversement était à prévoir, et il eut lieu en 1830. Les Belges prirent les armes, s'arrachèrent au joug qui pesait sur eux, réclamèrent leurs droits de nationalité — si noblement justifiés par des travaux énergiques et persévérants — et parvinrent à les faire reconnaître par toutes les puissances.

Depuis lors, tout s*est transformé autour de nous, et la Belgique, constituée en royaume, est entrée dans des voies nouvelles. Elle a vu grandir ses ressources, ses relations et son influence. Douée d'un génie éminemment pratique, elle a compris que le commerce et l'industrie ne peuvent se développer que sous l'égide de la liberté, au sein de la paix publique. Son sol s'est couvert de railways, de canaux et de routes ; une nombreuse et vaillante population remplit ses ateliers, et sa vitalité est plus ardente que jamais. Ce sont là ces victoires, et les seules qu'elle ambitionne. En les multipliant, elle servira à la fois ses intérêts et ceux de l'humanité.

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