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kent mais ils ne tardèrent pas à être abandonnés. Lés magistrats municipaux ne s'occupaient pius que de la fondation pro- . cbaine de la célèbre université de Louvain, qui] devait donner •tant d'éclat à leur ville, et qui y fut installée en 1426.
L'attention publique, un moment distraite par les débats commerciaux dont il vient d'être question, se reporta bientôt toute entière vers la France, dont la situation politique s'aggravait chaque jour. Charles YI avait succombé à une attaque de fièvre quarte, le 23 octobre 1422, et sa mort, qui avait suivi de si près celle du roi d'Angleterre, laissait le royaume dans la plus complète anarchie. Le duc de Bedford, soutenu par les Bourguignons, commandait à Paris en qualitéde régent, tandis que le dauphin, autour duquel commençait à se ranger le parti national, se fôîsait couronner à Poitiers. Les habilants des campagnes, rangoiinés parles Dauphinois et par les Anglais, abandonnaient leurs demeures pour ftafr dans les bois, d'où ils sortaient à leur tour pour dépouiller les voyageurs et les marchanda. L*agricoTture,'lecommeree, l'industrie, ces trois grandessources de la prospérité d'un Ëtat, se tarissaient peu à peu au souffle des discordes civiles, lorsque quelques hommes sages et dévoués, parmi lesquels se trouvaient le due de Savoie, s'adressèrent au duc de Bourgogne, lui représentant que le rétablissement de la t>dix ne dépendait que de lui, et le suppliant de rompre avec les ennemis du royaume. Philippe consentit à envoyer des députés à Bourg eu Bresse, mais l'animosité qui existait entre ses partisans et ceux du dauphin était encore trop vivace pour permettre un rapprochement, et leurs conférences, bientôt abandonnées, ne servirent qu'à constater combien on était loin de s'entendre.
Le prince royal, dans son adversité, n'avait point eu jusqu'alors de sujets plus zélés que les Tournaisiens, dont les intérêts étaient cependant fort compromis par l'état incertain des affaires publiques. Les habitants de l'ancien chef-lieu du Tournaisis ne s'accordaient pas mieux entre eux que les Bourguignons et les Dauphinois, au moins s'il faut en juger par l'épisode suivant, qui nous donnera une idée de l'influence que les corps de métiers étaient parvenus h obtenir en cette cité.
La ville de Tournai , qui se livrait en 1423 à un commerce
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assez étendu avec l'Allemagne, en reçut vers ce temps, paraît-il, quelques doctrines religieuses condamnées par le clergé. Un grelfier, nommé Gillet, désirant populariser cette foi nouvelle, sema dans les rues une foule d'écrits, qui furent sipjnalés aux autorités locales. Le prévôt de la commune, Cnron de Fraielles, fit arrêter leur auteur, qu'on incarcéra dans les prisons de révêché. Il est vraisemblable que Gillet avait déjà fait quelques prosélytes, car un tailleur étran^^er, Jean Blaries, fort aimé du peuple, se présenta le lendemain au Chapilre, se disant délégué par le doyen des métiers, et réclama la liberté du captif Les chanoines, n'osant l'éconduire, relâchèrent le coupable, mais, ayant été informés que la démarcliQ de Jean Blaries n'avait pas été autorisée, ils firent saisir de nouveau le malheureux Gillet, qui périt sur un bûcher , et eureut assez de crédit pour obtenir l'expulsion de son protecteur.
Il n'en fallut pas davantage pour soulever les gens des petits métiers, toujours jaloux de leurs prérogatives. La foule (Mivahit le marché, qu'elle ne quitta point durant plusieurs jours, y apporta les bannières de trente-six corporations, et délibéra confusément sur le parti qu'on avait à prendre. Un ouvrier, connu sous le nom de Jean Cavet, accompagné de plusieurs foulons du Becqueriel (1) alla enfin recueillir les voix, et il fut agréé qu'on exigerait le rappel de Jean Blaries. L'émotion populaire croissait d'heure en heure, lorsque quelques-uns des plus violents montèrent à la Breîecqne, c'est ù dire à l'endroit d'où on lisait ordinairement les proclamations, annulèrent la sentence qui avait été prononcée contre leur tribun favori, puis, se mettant à la téte d'un immense rassemblement, enfoncèrent les portes des prisons publiques.
Les plus riches marchands, que ces excès rendaient fort soucieux, se préparaient à passer à l'étranger, lorsque les meneurs, appréhendant l'effet moral d*une telle démonstration, firent défendre à toute personne honorable de quitter la cité ou d'en fiiire sortir des meubles et de l'aident, sous peine de confiscation. Un de leurs concitoyens, Roger Declermes, ayant essayé
(1) Ce quartier était presque exclusivement habité^ à cette époque^ par des ouvriers lafniers.
de s'échapper malgré cette interdiction, fut condamné à payer une amende de mille écus d'or, et dut s*engager, par serment, à ne pas retomber dans la même faute (1).
Des commissaires français, envoyés par le dauphin, arrivèrent en ce moment îi Tournai. Ils avaient reçu la mission de supprimer la cliari^e de bailli du Toiiniaisis, créée par Charles VI, et de replacer tout le district sous la dépendaiH'e du bailli du Vermandois. Ils cherchèrent aussitôt à rallier autour d'eux les familles inlluontes de la localité, et eussent probablement réussi à remplir leurs instructions, sans la vi^^lance de Jean Blaries, qui surveillait tous leurs mouvements. Celui-ci représenta au peuple que les réformes proposées étaient contraires aux privilèges de la commune, excita une autre émeute, et engagea tous ses partisans, parmi lesquels on comptait particulièrement des foulons, des tisserands et des forgerons, à se revêtir de robes noires, aiin d'avoir uu signe de ralliement en cas de nécessité.
Des lixes sanglantes éclataient chaque semaine entre les bourgeois. Durant l'une de ces querelles, un brasseur, menacé d'un coup d'épée par son adversaii-e, ayant i)oussé le cri : u Aux robes noires! h l'aide ! «fut aussitôt entouré par plusieurs de ses confrères, qui lui prêtèrent main forte. Les agents du magistral, qui les suivaient de près, attaquèi-ent les « robes noires, » qui, celte fois, eurent le dessous. Jean lilaries, Jean Cavet, Rasse de Mambours, Jean Evrard, Robert le Harpeur et Jean Piétnrd, furent condamnés au bannissement et h diverses autres peines, telles qu'uu pèlerinage à Chypre, à Rome, ou à Saint- Jacques en Galice, et n'eurent que le temps de se réfugier au couvent des Frères Mineurs, alors considéré comme lieu d'asile. Leur absence ne changea nullement, d'ailleurs, la situation des alïaires, car, ii leur détaut, il se présenta d'autres chefs.
En effet, le M septembre 1424, les foulons, les tisserands, les charpentiers, les serruriers et les maréchaux se réunirent à grand bruit, et allèrent réclamer en foule, pour un de leurs
(1) Voy V Histoire de la «tUc de Touirmi, par le père Gautran, t. III, MS. de la bibi. de Tournai.
£T DS LA. MARINE £M BELGIQUE
compagnons, la liberté de retourner h Tournai, d'où il avait été exclu par les cclievins. Ceux-ci, secondés par quelques-uns des doyens, refusèrent d'obtempérer à celte requête. Les émeutiers prirent aussitôt les armes, passèicnt l'Escaut, et se fortilièrent au Becqueriel, ce qui leur lit domier le nom de « Becqueriaux. » Ils marquèrent leurs habits de croix blanches, entrèrent de force dans l'hôtel des Monnaies, et mirent à leur tête deux doyens des métiers, appartenant à la corporation des forgerons et ii celle des tisserands.
Les magistrats communaux, prévoyant des scènes de violence, convoquèrent leurs amis, les firent ranger devant l'hôtel de ville, termèrent toutes les rues avoisinantes ii l'aide de charrettes et d'étaux empruntés aux poissonniers, et se tinrent sur la défensive. Les Becqueriaux, loin de se laisser intimider par ces apprêts, se ruèrent vers le marché, qu'ils mirent en (Uatde siège. Après trois jours de combats, les bourj^eois (pii gardaient la place, désespérant de vaincre la révolte par la force ouverte, se décidèrent à négocier avec les assaillants et leur envoyèrent un parlementaire.
Il fut convenu qu'on déposerait les armes, de part et d'autre, en se piomettant réciproquement l'oubli du passé, et que les collèges ou métiers seraient mis en demeure de déclarer, à la majorité des voix, s'il y avait lieu de rendre les droits civiques au banni dont le retour avait été l'objet de tant de contestations.
Le Dauphin, qui en succédant à la couronne s'était fait recevoir sous le nom de Charles VII, et que les Anglais saluaient alors du titre dérisoire de « roi de Bourges, » se montra fort irrité en apprenant, par ses commis.saires, jusqu'à quel point leur autorité avait été méprisée à Tournai. Cependant, comme il craignait que le duc de Bourgogne, profitant de la permission qui lui en avait été octroyée par le duc de Bedford, ne prolitàt de toutes ces divisions pour s'emparer du Tournaisis, il n'osa se prononcer ouvertement contre les métiers, préférant u t-aler voile pour ne rien entreprendre mal à propos, et mettre la cité en quelque désespoir. » Adoptant l'avis de ses conseillers, qui lui recommandaient de temporiser, il se contenta d'envoyer aux rebelles deux prédicateurs célèbres, qui furent largement
HISTOIRE DU COMSIERCE
défrayés par les Tournaisiens, et se bornèrent h exhorter ces derniers h rester fidèles h leur souverain, et à ne pas rompre les liens étroits qui les unissaient à la France.
Le calme s'était rétabli peu à peu dans la ville, lorsque le peuple quitta brusquement ses travaux, le 29 juillet 1426, en criant qu'on lui rendit Rlaries et Cavet, qui n'avaient pas encore quitté le couvent où ils s'étaient réfugiés. Le prévôt s'opposa à cette demande, tandis que le grand doyen, désirant concilier les deux partis, faisait chercher secrètement les bannis, et leur ordonnait de quitter le territoire de la commune. Les Métiers, se sentant les maîtres, coururent au marché, qu'ils occupèrent, prirent possession du Becqueriel, et jurèrent de ne déposer les armes qu'après avoir obtenu justice. Ils se rendirent ensuite dans la campagne, enseignes déployées, en ramenèrent Blaries et ses compagnons, renversèrent l'ancienne niagislrature, et en confièrent les fonctions à des hommes nouveaux, sur lesquels ils croyaient pouvoir compter.
Ces alertes continuelles mécontentaient non seulement les marchands — qui ne voyaient pas sans déplaisir le triomphe de leurs ennemis jiulitiques — mais ruinaient entièrement leur commerce. Quelques-uns des plus notables habitants de la ville, ne voulant pas subir davantage la domination des Métiers, revinrent alors au projet qu'on avait attribué quelque temps auparavant aux tribuns populaires, et résolurent de demander des secours au duc de Bourgogne. Ils surent bientôt trouver un prétexte pour se mettre en rapport avec lui, sans exciter les soupçons. Les Touriiaisiens jouissaient, depuis plusieurs années, du droit de parcourir le comté de Flandre pour afiaires commerciales. Comme le duc leur avait défendu récemment l'entrée de ses États, les meneurs lui envoyèrent une députalion, dans le but ostensible de réclamer la liberté de navigation sur l'Escaut, mais en réalité pour nouer des relations avec ceux qui s'étaient retirés en Flandre durant les troubles, et obtenir, par leur entremise, quelque appui contre les insurgés.
Un accord fut conclu, sans beaucoup de difficulté, entre les exilés et les mandataires des riches bourgeois, et, le 15 octobre, les premiers entrèrent en Tournaisis , secondés probablemeiit par quelques hommes d'armes bourguigaous, et allèrent camper
ET m LA HABllfB BM BELGIQUE. M
dans le bois de Breuze, où ils se tinrent cachés en attendant le
moment d'agir.
Les magistrats, se doutant du dessein de leurs adversaires, avaient eu la précaution d'envoyer des aflidés dans toutes les directions, qui les mirent sur la trace du complot. Un maître teintui ier, nommé Jacques Espeissier, et quelques-uns de ses complices payèrent de leur vie cette entreprise avortée. Quant au duc de Bourgogne, il se conduisit comme s'il avait été complètement étranger ii toute l'allaire, et consentit même à traiter avec les Tournaisiens, auxquels il accorda le transit par la Flandre pour six ans, moyennant le paiement dune somme de quatre-vingt mille écus d'or('l).
Les rapports de ce prince avec les Anglais, jusfiu'alors si étroits, tendaient à se relâcher. D'importants débats, dont quelques États belges eurent beaucoup à soulîrir, commençaient à surgir entre eux, et faisaient déjà prévoir la rupture de cette alliance qui avait été si funeste à la France. Il sera nécessaire, pour mieux en comprendre l'origine, de remonter à l'année 1418, époque à laquelle Jean IV, duc de Brabant, épousait sa cousine, Jacqueline de Bavière, déjà veuve du comte de Ponthieu. Ce mariage, qui assurait à une branche de la maison de Bourgogne la possession du Hainaut et de la Hollande, ne fut pas heureux. Le duc, faible de corps, de santé et d'esprit, se laissait volontiers gouverner par d'obscurs favoris, et s'attira le mépris d'une princesse fière et impérieuse , dont la volonté énergique se raidissait contre toute contrainte. Deux partis s'étaient formés à la cour de Brabant, où ils se disputèrent quelque temps le pouvoir, lorsqu'enfm la duchesse Jacqueline, mécontente et irritée, quitta son mari et retourna à Valenciennes, chez sa mère.
£lle n'y resta pas longtemps. Des démarches ayant été faites pour rengager à revenir sur sa décision, elle résolut de se sous-
(1) Les Tournaisiens s'engagèrent à payer 20,000 écus d'or la proniiêre année, et 10,000 écus les années suivantes. Ils furent obligés, pour subvenir à cette énorme dépense, d*élabllr de nouYeanx impôts sur la bière, ainsi qa^one taille sur le salaire des dimiesUqaes. Toy. an sidetdes relations entre Philippe de Bourgogne et les Tournaisiens, les documents conservés aux Xrehim générales du royaume de Bdgiquet chambre des comptes, n** SU.
HISTOIRE DU comancB
traire désormais h toute importunité nouvelle en se retirant à Calais, et de là en Angleterre, où elle alla demander aide et protection au roi Henri, qui pour lors était vivant : c*ëtait en 14âl.
Son premier soin, en arrivant à Londres, fut de chercher à obtenir les moyens de recouvrer sa liberté, en rompant tous les liens qui Tunissaient au duc Jean. Elle envoya, dans cette intention, deux de ses conseillers au pape Martin V (1), et, sans attendre la réponse du pontife, se remaria avec Humphroi, duc de Glocester, frère du roi (2).
Le duc de Bourgogne, vivement contrarié du brusque dénouement de cette affoire, s'en était plaint à diverses reprises, tant au roi Henri V qu'au duc de Bedford. Geluî-ci , devenu régent, avait fôit tout ce qu'il avait pu pour étouffer ces causes de discorde. Il témoigna non seulement les plus grands égards à son puissant allié, mais consentit même à lui restituer les yîlles de Péronne, de Hoyc, de Hontdidier, et à l'invester des comtés d'Auxerre et de Mâcon, ainsi que de la châtellenie de Bar-sur- Seine.
Tout alla bien pendant quelque temps. Le régent épousa Ânne de Bourgogne, battit les Français à Verneuil, et se voyait sur le
point de recueillir les fruits de sa politique habile el coiiL'iliante, lorsqu'une imprudence du duc de Glocester réveilla toutes les inquiétudes du duc Philippe, et le rapprocha des Dauphinois.
Jacqueline de Bavière, accompagnée de son nouvel époux, et amenant un corps de cinq mille hommes d'armes, venait de débarquer à Calais, avec le projet d'aller rétablir sou autorité eu llaiuaut.
(1) Cette négociaUoD fut confiée à Goillamne, seigneur d'Andergnies, et à Henri Robinet, chanoine de Cambrai. Yoy. les Annales de Vahbasfe de SaiiU' Gkislain, dans la coll. des chron. belges inédites, publiées par la commission royale U histoire, l. YIll, p. o42.
(21 Quelques auteurs allirmcnl qu'elle avait obtenu un bref de divorce de ranli-pape Benoît Xlll, mais on n'a trouvé jusqu'ici aucune trace de cet acte, que nous avons vainement cherché, pour notre part, dans les bibliothèques et les dépots d'archives d*Angleterre et de Belgique. Jacqueline alléguait que son premier mariage était nul, pour cause de consanguinité, «Joutant que les lettres de dispenses qui avaient été produites lors de sa célébration étaient fausses.
ET DE LA lUEINE EN BELGiaUB
Le duc (le Bedford accourut aussitôt, espérant faire accepter sa médiation , mais la duchesse, sachant qu'il cherchait avant tout h ménager le duc de Bourgogne, la repoussa, et s'avança jusqu'à Mons. Dans rintervalle, une députation des échevins du Franc avait paru à Calais, afin d'engager les Anglais à respecter les Iruntières de la Flandre (i).
Une circonstance inattendue augmenta l'animosité des helligérants. Le comte Jean de Bavière, ancien évéciue de Liège, qui s'était lait séculariser veis hi lin de sa vie pour épouser Élisabelh de Luxembourg, avait droit, i-oinme usul'ruitier, îi la jouissance de la Hollande et de la Zélande, qui devaient retourner ensuite à sa nièce Jacqueline. Étant mort le 6 janvier 1423, empoisonné, disaient les Bourguignons, par quelques-uns des partisans de cette princesse, on découvrit qu'il avait institué pour héritier le duc de Bourgogne, en déclarant disposer de la propriété pleine et entière de ses domaines. Ainsi, li ne s'agissait plus seulement du Hainaut, mais de la possession de plusieurs pays, vastes, riches, et d'un grand commerce.
Philipi)e s'était rendu en Bourgogne, pour épouser Bonne d'Artuis, coiiilesse d'Eu et de Nevers, lorsqu'il fut informé du déharqucment des Anglais. 11 lit aussitôt parvenir un m;indement à tous ceux qui lui devaient le service militaire, en Flandre et en Artois, pour qu'ils soutinssent le duc de Brabant contre les altafiues du duc de Glocester. Sur les remontrances de celui-ci, Pliilippe lui adressa, le 3 mars, un défi en champ clos, corps contre corps. Le duc l'accepta, demandant que le duel eut lieu sans plus de retard, le 24 avril, jour consacré à Saint- George, protecteur des luttes chevaleresques.
Pendant que les deux princes se provoquaient aussi publiquement , les hostilités avaient commence en Hainaut. On les suspendit en apprenant ce qui s'était passé, les chefs s'étant chargés eux-mêmes du soin de régler leurs querelles. Hs n'étaient pas destinés, néanmoins, à se rencontrer sur le terrain. Le duc de Glocester, après s'être préparé à grand bruit à cette prise d'armes, retourna à Londres, où il ne rencontra nulle sympathie» et Jacqueline resta seule contre tous ses
(1) Comptes du Franc, UU-im.
HISTOIRE OU COMMERCB
ennemis. Les intrigues de la vieille comtesse de Hainaut, les menaces des ducs de Brabant et de Bourgogne, qu'encourageait la timide neutralité de l^Yngleterre , triomphèrent du dévouement de ses adhérents. La jeune princesse se vit bientôt enfermée dans la ville de Mons, sans espoir d'être secourue. Quelque zélés que fusscnl les Montois à témoigner leur courage et leur fidélité à leur souveraine, ils comprirent qu'ils ne pouvaient espérer de la défendre contre la multitude des assiégeants, et se décidèrent à capituler. Jacqueline, qui avait fait de vains efibrts pour vaincre cette résolution, fut obligée de se rendre, et on l'amena prisonnière à Gand, le 13 juin 1425, tandis que le duc de Bourgogne se faisait nommer gouverneur du Hainaut (1).
Jacqueline, après une première défaite, ne désespéra point de sa cause. Les populations hollandaises étaient divisées, depuis l'an 1350, en deux factions qui se haïssaient mortellement, et qui avaient été surnommées les Hoecks et les Kabeljaauws, c'est à dire les Hameçons et les Morues. Informée que les Hameçons se montraient disposés à combattre en sa faveur, elle trompa la vigilance de ses gardes, quitta furtivement la ville de Gand en compagnie de Didier de Merwede et de quelques hommes dévoués, puis, se rendant ii pied à Anvers, gagna Breda, pour se réfugier ensuite en Hollande.
Cette fuite, en procurant la tranquillité au Hainaut, excita une grande agitation eu Flandre, où l'on redoutait d'autant plus une lutte ouverte avec les Hollandais que nos marins avaient déjà fort affaire en ce moment. En effet, dans leur partialité pour l'Angleterre, ils avaient commis divers actes d'hostilité contre les Écossais, durant la captivité de leur roi, Jacques V', à la suite desquels on avait enlevé à la ville de Bruges l'étape des marchandises d'Ecosse, qui avait été transférée à Middelbourg (2). Des combats fréquents avaient eu lieu, dans l'intervalle, entre les navires des deux nations. On s'empressa d'arranger ce diûéiend, et Jacques l" permit non seulement le
(1) Corp. Chron. Flandria; t. III, pp 388, 389.
{i) Tyller's, EUtùfn ofScotkuiit 1. 111, p. 84; Andersoo, Hittory of commerce» t.l, p. 4i2.
ET DB Là MARINE EN BELGIQUE. 8S
rétablissement des anciennes relations qui existaient entre ses sujets et ceux du duc de Bourgogne, mais consentit en outre à autoriser la perception, au profit de ce prince, d'un droit du dixième denier sur les cargaisons de laines, de cuirs et de peaux, amenées d'Ecosse en Flandre (1).
Décidé h faire valoir ses droits, le duc Philippe ne mit guère de temps à s'y préparer. Il obtint, de son cousin de Brabant, le titre de ruward ou gouverneur de Hollande et de tous les domaines de Jacqueline (2), rassembla une foule de navires à l'Écluse, se mit à la tête d'une armée réunie h la hâte, et s'embariiiia pour la Zélande. Des troupes anglaises, envoyées parle duc de Gloccster, étaient déjîi arrivées dans l'île deScbouwen, et marchèrent h la rencontre du duc jusqu'à un endroit nommé Quademayc, près de Brauwershaven (3).
Les Flamands et les Picards, ayant de l'eau jusqu'à la ceinture, venaient de quitter leurs navires pour aller vers la plage, ïorsque les archers anglais se présentèrent à eux, et les accueillirent d'une grêle de traits. Les nouveaux débarqués, contraints de combattre avant d'avoir mis pied h terre, commeneaient k HfK)ntrer quelque irrésolution, lorsque le duc de Bourgogne, saisissant sa bannière, s'élança en avant pour partager leurs dangers, et les animer par son exemple. Lh, comme h Mons en Vimeu, l'héroïque Jean de Vilain vint au secours do son maître, et fit des prodiges de valeur. La bataille, un moment indécise, se termina par la défaite totale des soldats de Glocester, viveiTieut poursuivis par les gens de Dordrecht et de Delfl, qui en firent un grand carnage (4).
Philippe de Bourgogne ne put proûter de sa victoire, car on
(1) AreMm ffétUraies du royaume, registre aax ehartes, de Lille, ami.
ïf) Micris, Grool Charteihoek van HoUand, t. H', 789.
(3) Voy. la Chronique d'Eiifjunrand de Monstrelet, éAil. Buclion; Mcxor, Anunlea rerum Flandricannn, iii-fol. ; Golhit. Mémoires historiques de la réputaqw- séquanaise et des princes de la Franche-Comté de Bourgogne, Doie, 1592, M^'feK ; la Ckmiqiêe àt Jean de Dionniufe, dam k wrp. ehran. Fkmériœ, 1. 111,
SU, etc.
(I) Méi* waren vele liigelsche verslcghen ende vele gheqaest, ende de zomcghc die vloon ; cbme bleever III' Ingelschen te live, die in lAgelaad veder keordpii Voy Kronykvan Jan van Dismudêt âé|à citée, p. S8.
aUT. DO C0X1UBC£, T. II. C
approchait de la mauvaise saison, et l'hiver s'annonçait comme devant être des plus rigoureux. Le prince ramena donc son armée en Flandre, tandis que Jacqueline de Bavière, avec son énergique activité , continuait à tenir la campagne. Elle mit bientôt le siège devant la ville de Haerlem, dispersa les gens de guerre (jue Jean d'Ulkerke amenait au secours de cette place, et se rendit redoutable dans tout le Kennemerland. Klle ne se retira que devant une nouvelle invasion bourguignonne, qui eut lieu en 1426, et eut pour point de départ, comme la précédente, le port de l'Écluse. Cette fois la duchesse subit d'assez gi aves échecs, et dut chercher uu rei'uge sur les frontières de la Frise.
Les Flamands, tout en prêtant leur aide à Philippe de Bourgogne, auxquels ils accordèrent, indépendamment de divers contingents, un subside de cent mille écus d'or (1), désiraient cependant ne pas se brouiller avec les Anglais. Ils n'étaient pas sans appréhension à cet égard, car déjà les marchands belges avaient eu à se plaindre de quelques déprédations commises par des vaisseaux britanniques, montés probablement par les adhérents du duc de Glocester (2). La Hanse flamande» établie à Londres, déclinait rapidement, au grand regret des Brugeois, qui déclaraient ne plus vouloir en observer les statuts, n'ayant plus aucun intérêt à leur maintien (3). De plus, on avait pris, dans certaines localités, des mesures contre les ouvriers flamands (4).
(1) Despars, Chr. van Vlaenderen.
(t) Nous voyons, par on acte daté de Tan 1426, que le conseil anglais désapproavâ ces expéditions, et les défendit strictement. Rymer, faidera, X, 8tl; Anderson, 1. 1, p. Ui.
(3) Warnkœnig, Hisl de Flandre, trad. Cihcldorf, t. II, p. 211.
(4) I,es staliils de la corporation dos batteur? en cuivre deNewcaslle sur la Tyne, contiennent un article dcfondant d'employer des Flamands, qui faisaient une concurrence trop redoutable aux. ouvriers indigènes. Voy. a deseripUoR md kittorical account of NeweasUe upon Tyne, par E. Madtenzie, vol. il, p. 691. Beaucoup de nos compatriotes, ne pouvant s*employer utilement en Angleterre, émigi^rent alors en France. L*un d*entre eux, Simon Yan der Cruyce, est cité, en titS, comme « répareur » de la tapisserie de Charles d'Orléans. Nous retrouverons, plus tard, l'un de ses descendants, sous le nom de De la Croix, aux Gobelins.
EJ DE LA MARir«iË £iN BELGIUUB* ST
Ce fût donc avec une satisfaction réelle quMls reçurent la nouvelle du retour du duc de Bedford — qui s'était rendu en Angleterre pour y apaiser des troubles — et de son entrevue avec le duc de Bourgogne, à Lille. Les deux alliés s*y étaient donné des marques réciproques de bonne amitié, et le régent avait écrit aux lieutenants du roi Henri VI, leur enjoignant d'empêcher tout envoi de troupes en Hollande.
Les partisans de Jacqueline de Bavière, vaincus et découragés, commençaient à désespjérer du succès de leur cause, lorsqu'on publia une sentence du pape, qui condamnait les prétentions de cette princesse, et lui défendait, même après le ' trépas du duc de Brabant, de donner sa main au duc de Glocester. Cette dernière clause n'était point inutile, car Jean IV, depuis longtemps malade et infirme, mourut peu de temps après le prononcé de ce jugement, le 17 avril 1427, laissant pour successeur son frère Pliilippe, comte de St-Pol.
Le duc de Bourgogne, qui conservait le gouvernement du Hainaut et de la Hollande, fit aussitôt de grands apprêts pour achever la conquête de ce pays. De nouveaux navires furent équipés à l'Écluse, et les marins flamands, avec le secours des gens d'Amsterdam et de Haerlem, remportèrent un avantage signalé sur Jean de Brederode, amiral de la princesse. Plus de quatre-vingts prisonniers furent condamnés à mort. Il ne resta alors h Jacqueline que Schoonliove et Gouda, où elle s'était renfermée. L'hiver approcliait; h*s affaires de Bouri^ogne et de France rappelaient le duc; il laissa son armée sous les ordres du maréchal de l'Isle-Adam et de Lionel de Bournonville, et partit pour Dijon.
CHAPIÏKË VI
Traite de Delft. — rrivilcge accorde aux Montois. — Leur commerce. — Lutte entre les Dauphinois et les Anglais. — Jeanne d'Arc. — Levée du siège d'Orléaas. — Continuation de la guerre. — Négociations avec le duc de Bourgogne. — Coanmnement de Chmrles YII. — B^enoe du duc Philippe. — Une ambassade belge eu Poringal. — Jean Yan "Ejuk. — De la peinture sur Terre en Belgique^ — La plue ancienne gra?ure sur bois. — Voyage maritime de madame Isabelle de Pjortagal. — Ifariage du doc de Bourgogne. — La Toison d'w. — Les ouTriefs lainien. — Lee vigao* fales de LoavaÎB. — Une sédition à Grammont. — de Gompiégne. — > Le duo Philif^ hérite dn Brabant. — Les négociants tentoniqiiBa à l'ietnae. — Ordonnanoe sur la monnaie d'or et d'argent. — Notes sur quelques villes belges. — Entrevue de Nevers. — Le due de Bonigogne à Paris. — Paix avec la France. — Ses conséquences commerciales.
Jacqueline de Bavière, délaissée par les Anglais, trop fsiibke pour continuer à défendre la Hollande contre le duc de Boor-
go^me, se soumit enfin à la nécessité, et signa un traité avec reniiemi. Elle accepta la sentence papale rendue h son préjudice, reconnut le duc Philippe en qualité d'héritier dos ten es et seigneuries de Hainaut, de Hollande, de Zélande, et lui en * abandonna l'administration. Elle s'engagea en outre ii ne plus se remarier, h moins d'avoir obtenu le consentement de sa mère, du duc de Bourgogne et des trois États du pays, convoqués à celle occasion (1).
Cette priticesse, dont les malheurs taisaient oublier les délauts, eut au moins la consolation de ne pas se retirer sans
(t) Groot cliarteibook van HdUand, lY, 917-9i2.
HISTOIRE DU COMMERCE ET DE LA MARINE ES BELGIQUE. 9è
obtenir quelques témoignages de sympc^thie de la part de ses sujets. Elle reçut de riches présents au nom de plusieurs eommunes du Hainaut, entre autres du maire cl des éclievins de la petite ville de Saint-Gliislain, qui lui envoyèrent un cheval gris, d'une grande beauté. Il coûtait aux bourgeois 38 couronnes de France, de 46 sols chacune, soit 87 1 ivres 8 sols, ce qui était alors une somme considérable. Elle accorda à son tour quelques privilèges aux Montois, et réduisit le droit de mouture qu'ils avaient à payer en portant leurs blés aux moulins seigneuriaux, Il une redevance iixe de huit deniers la rasière. I' y avait, à cette époque, deux moulins à Mous; le Moulin-au- Pont, situé rue de Berlaimont, et le itfoulin- Jumeau, qui s'élevait dans la rue des Cliartriers.
Le Moulin-au-Pont existait dès 1275, ainsi qu'il résulte de certaines lettres de la comtesse Marguerite, par lesquelles celle-ci donne en arrentement perpétuel « au prolit de Jean Preudhomme, bourgeois de Mons, une pièce de terre, au pont de la Truille, du côté de Bertaimont, où il pourra taire bâtir une maison et un tonnaus pour esmuirre taillars (moulin à aiguiser), où l'on pourra moudre bled, seigle, avoine, pois, orge et autres grains, à charge de payer pour ledit Jean et ses hoirs, aux comtes de Hainaut, 60 sols eu deux paiements (I). »
Ces moulins, comme nous venons de le voir, étaient situés sur la Trouille. Celte rivière, alors navigable du pont de l'hôpital royal h Mons jusqu'à Jommapes (2), servait au transport d'un assez grand nombre de marchandises, bien que la circulation y fut moins active que celle qui avait lieu sur la Haine, de Mons h Coudé. En elTet, la dérouverte de gisements carbonifères dans le bassin du Couchant de Mons, h Boussu et au FI(MHi, avait donné une grande importance à cette dernière navigation. Le cliarbon, en sortant de la mine, était porté à dos d'homme jusqu'à la rivière, puis chargé à bord des querques^
(1) Saint-GéDois, Monwaienls aacienSy 1. 1, partie II, p. 469 ; Hachez, Notice kinirique fur la namgatùm de Mont à l'Etewa, broch. iii-8*. Bruxelles, 1880.
(S) OndédiargealUesmarcliaiidises, arrivant par ce convoi d*eaii, devant le monastère du Tal fle$ Écoliers, aujourd'hui TbOpiial civil» oii H existait un quai à cet effet.
90 HISTOIRE DU COMMERCB
petits bateaux d'une contenance d'environ quatre-vingts muids. Ce commerce prit surtout de l'extension h partir du xiv« siècle, lorsque la Flandre, ayant pu apprécier la valeur des houilles, commença à en faire une consommation plus abondante. De nouvelles fosses furent ouvertes; plusieurs centaines d'embarcations furent employées à ces transports, et des charrettes, ou barots, remplacèrent les hottes à l'aide desquelles on avait d'abord amené !e charbon jusqu'aux navires.
Pendant que tout contribuait à augmenter la puissance et la richesse du duc de Bourgogne, la France était tombée dans la dernière détresse, et la cause du roi Charles semblait désespérée. Toutes les villes et forteresses de la Beauce s'étaient rendues successivement aux Anglais qui, vers, la tm de septembre 1428, vinrent mettre le siège devant Orléans. Les habitants acceptèrent la lutte, brûlèrent les faubourgs qui entouraient leur cité pour les empêcher de tomber entre les mains de l'ennemi, et arrêtèrent celui-ci au pied de leurs murailles durant tout l'hiver. Ils s'attendaient à èti'e secourus au commencement de l'année 1429, lorsqu'ils apprirent que le comte de Clermont, battu à Kouvrai, n'avait pu arrêter un convoi de vivres que le duc de Bedford envoyait aux assiégeants, que leur victoire rendait plus redoutables que jamais.
Réduits h l'extrémité, les bourgeois d'Orléans envoyèrent une ambassade au duc Philippe, qui venait de prendre possession du comté de Namur (1), et offrirent à ce prince de lui remettre leur ville en dépôt, tant que leur seigneur, prisonnier en Angleterre, n'obtiendrait point sa mise en liberté. Le duc accepta cette proposition, et se rendit à Paris afin d'en conférer avec les chefs anglais, qui la repoussèrent avec dédain. « Nous n'avons pas battu les buissons, fit observer le duc de Bedford, pour qu'un autre prit les oiseaux. » Les deux alliés se séparèrent assez brusquement, et les Bourguignons qui combattaient encore à Orléans reçurent l'ordre de retourner dans leurs foyers.
(1) n ravaû acheté an comte Jean, le dernier desoendant des comtes de Namor de la maison de Flandre, le f7 mars et il entra en jouissance h la mort de ce dernier, le 1** mars 1499. De Marne, ffisl. du emté4e Namur.
ET DE LA IURi:(E EM BELGIQUE.
La nationalité française, entraînée dans la ruine de la monarchie, paraissait ne plus devoir se relever. Les rudes yeomen anglais parcouraient librement le pays, se frayant un chemin jusqu'au cœur de la France, pillant les châteaux, ravageant les camj»agnes, foulant et détruisant les serfs et les manants. La noblesse vaincue et dispersée, n'opposait plus qu'une faible résistance; les bourj^eois, dont la guerre dévorait les dernières ressources, cherchaient à traiter avec ceux qui pouvaient lui rendre la paix, lorsqu'une viohinte réaction, partie des rangs du peuple, releva tout h coup la fortune publique.
Les gens de la Glèbe avaient tant soulTerts, l'oppression qu'ils avaient subie (Hait telle, qu'un cri s'échappa enfin de leur poitrine, cri de douleur et d'exaltation, qui vola de clocher eu clocher, grossi par les clameurs de toute une nation ; « vive le roi ! Sus aux Anglais ! »
La fille d'un pauvre paysan de Domrémy, Jeanne d'Arc, donna le signal de cet élan de patriotisme. Simple et pieuse, elle crut entendre des voix secrètes qui lui commandaient de quitter son village, d'aUer délivrer Orléans, et de faire couronner le roi Charles à Reims. Obéissant à une impulsion irrésistible, elle va trouver le sire de Baudricourt, se fait conduire Cbinon, se jette aux pieds du monarque, qui, ébranlé par son langage éloquent et ferme, cède à ses conseils et se décide à envoyer un convoi de vivres vers Orléans. Dès lors tout change de face, car Jeanne avait foi en sa destinée et inspire la même confiance à tous ceux qui l'entourent. Montée sur un cheval de guerre, armée de toutes pièces, elle se faisait précéder par un étendard de couleur blanche, semé de fleurs de lis, et par des prêtres en habits sacerdotaux, qui chantaient le Veni Creator ei d'autres hymnes sacrées. Elle réussit bientôt à ravitailler la •ville assiégée, la dégagea peu h peu, repoussa les Anglais en toutes les rencontres, reçut une blessure en conduisant l'assaut livré par les bourgeois à la bastille des Tournelles, et eut enfin la joie d'assister à la retraite du comte de Suffolk, du lord Talbot et des autres chefs étrangers, qui renonçaient à une entreprise désormais impossible.
Jeanne d*Ârc, dont ces victoires inespérées avait augmenté le prestige, revint bientôt auprès .du roi et le conjura avec