‹ Histoire du commerce et de la navigation à Bordeaux, principalement sous l'administration anglaise (volume 3)Chapitre 21 sur 141 · GRAINE DE LIN · texte numérisé non relu

GRAINE DE LIN

‘Cette graine se ramassait en détail, et se consommait en Hollande, où elle servait à faire de l'huile et à engraisser les bestiaux. Celle que l’on recueillait aux environs de Bordeaux et de la Rochelle était embarquée dans le premier de ces ports, et celle que l’on récoltait dans le Périgord se chargeait à Libourne. La quantité sortant

1 Registre du Conseil de commerce F. 12. 53, folio 135 verso ; séance du 18 mars 1707.

? Jbid., F. 12. 55, folios 276 verso, 326 verso et 334 verso; 17 avril, 6 et 20 juillet 1708. — F. 12. 58, folio 282 recto ; 22 juin 1714.

3 Voyez ci-après, p. 278, 279.

# On pourrait citer de grosses affaires en cire avant une oblige reçue par Themer, le 12 janvier 14574 (liasse 488-16, folio 45 verso), de la somme de 289 livres 10 sous tournois, valeur en cire. Une pauvre église de campagne allait jusqu’à contracter, le 3 avril de la même année, une dette assez forte « à cause de certain luminere-de sire fourni à Pey Arnaud, ouvrier de la paroisse du Taïllan. » (bid., folio 163 verso.)

$ Le premier document où je me rappelle avoir vu la dénomination de bougie, est une ordonnance de Philippe le Bel, de l’année 1313, par laquelle il défend de mèler du suif avec la cire. Voyez Ordonnances des rois de France de la troisième race, t. 1, p. 513, S 5, et p. 760, $ 5. — Dans le Rolle des bateulx quy sont montantz en sus au debant la rybyere de Guarone, ctc., folio 31 verso (9 novembre 1593), il est fait mention d’une « balle bogye. »

de l’un et de l’autre était à peu près égale, et consistait en douze mille boisseaux, mesure de Bordeaux, dont vingt faisaient un tonneau, trente-huit boisseaux dixneuf setiers de Paris et un last d'Amsterdam; lesdits douze mille boisseaux, appréciés, année commune, sur le pied de 7 livres le boisseau, représentent une somme de 84,000 livres. Une particularité à noter, comme l'a fait l’auteur du Mémoire de 1730 avant de donner le compte d’un envoi de soixante-seize boisseaux de graine en Hollande, c'est que cette marchandise ne pouvait pas sortir pour l'étranger.

En 1710, des négociants bordelais sollicitaient la permission d'y envoyer de cette graine, pour donner, disaient-ils, moyen aux paysans qui en avaient dans la Guienne, et entre les mains desquels elle devenait inutile et improductive, de payer leurs impositions; ils représentaient que l'huile de lin n’est pas bonne à manger et qu'elle ne sert que pour les peintures et à quelques sortes de cuirs. Appuyés par la Chambre de commerce, les pétitionnaires eurent gain de cause auprès du Conseil supérieur {.

D'autres placets nous apprennent que le commerce bordelais importait aussi en France de la graine de lin; mais qu'il évitait de la décharger dans la Guienne, qui en produisait à suffisance. Henri: Woldt, négociant de Lubeck, et Nicolas Woldt, son fils, négociant de Bordeaux, propriétaires du navire l'Aigle-Couronné, demandaient un passeport pour faire venir ledit navire de Lubeck à Roscoff, chargé de graine de lin, bourdillon, bourdille et

1 Registre du Conseil de commerce F. 12. 55, folio 211 verso; séance du 26 septembre 1710.

autres espèces de merrain et de bois de construction, et pour aller ensuite charger l'équivalent à Bordeaux, « n’y ayant aucunes marchandises à Roscoff ni à Morlaix. » Cette demande fut repoussée par ce motif que la graine de lin pouvait être importée en France par les navires suédois et danois, qui étaient plus à portée de nous la fournir que ceux de Lubeckt. Un autre négociant, le sieur Thomas Clock, exposait qu'il avait fait venir, avec passeport du roi, un navire de Lubeck à Roscoff, où il avait déchargé huit cents barils de graine de lin; il demandait un nouveau passeport pour aller de Roscoff à Nantes avec une petite partie de bourdillon et quelques douilles de merrain qui lui servaient de lest, et pour repartir avec un chargement à destination de Lubeck ?.

On ne voit plus reparaître la graine de lin qu'en 1722 et en 1724. Le commerce de Bordeaux s'était plaint que le bureau des fermes voulût l’obliger à payer certains droits d’entrée sur cette denrée : le Conseil d’État rendit, le 18 octobre 1723, un arrêt qui soumit aux droits d'entrée et de sortie et aux droits locaux, la graine de lin venant des provinces dites éfrangères dans les cinq grosses fermes, ou vice versé.

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