CIRE JAUNE
On récoltait en Guienne de la cire jaune, dite cire des Landes, qui était fort estimée, surtout pour faire des bougies, parce qu'elle blanchissait fort bien. On l’exportait en Espagne, par la voie de Bayonne, en une quantité de mille quintaux environ, représentant, à 25 sous la livre, prix de l'année commune, la somme de 12,000 livres. Un compte de vingt balles de cire envoyées à un négociant de Bayonne montre les frais qu'entraînaient ces sortes d'affaires, et le bénéfice que l’on était en droit d'en attendre.
Pendant longtemps les Landes de Gascogne furent en possession de fournir cette denrée à nos voisins : le Conterrolle de la recepte de la coustume de Bayonne, en 1625, renferme une multitude d'articles qui attestent l'importance du commerce de la cire sur la frontière d'Espagne.
Au commencement de l’année 1707, l'exportation de cette marchandise ayant cessé, la contractacion de Bilbao et les députés de la seigneurie de Biscaye demandèrent au gouvernement espagnol de faire venir d'Angleterre des cires et des huiles de baleine. Les pétitionnaires essuyèrent un refus; mais M. de Pontchartrain, en transmettant cet avis à M. Daguesseau, recommandait d'ôter à nos voisins tout sujet de plainte à cet égard, en engageant les marchands de Bordeaux, Bayonne et Saint-
Jean de Luz, à satisfaire en cela aux besoins des Espagnols.
La cire blanche de France en graine n’était pas, à ce qu'il paraît, de défaite à Bilbao en 1712, et Bordeaux recevait de la cire jaune d'Irlande * et du nord de l’Europe $. Déjà forte au moyen âge #, mais à peu près limitée aux besoins du culte, la consommation de cette denrée s'était considérablement augmentée depuis que l’usage de la bougie avait pris de l'extension.