GRAINE DE LIN
Cette graine se ramassait en détail, et se' consommait en Hollande, où elle servait à faire de l'huile et à engraisser les bestiaux. Celle que l'on recueillait aux environs de Bordeaux et de la Bochelle était embarquée dans le premier de ces ports, et celle que l'on récoltait dans le Périgord se chargeait à Libourne. La quantité sortant
' Registre du Conseil de commerce F. 12. 55, folio 153 verso; séance du 18 mars 1707.
' Ib'uL, F. 12. 33, folios 276 verso, 326 verso et 55i verso; 17 avril, 6 et 20 juillet 1708. — F. 12. 38, folio 282 recto ; 22 juin 171i.
" Voyez ci-après, p. 278, 279.
* On pourrait citer de grosses affaires en cire avant une oblige reçue par Themer, le 12 janvier 1374 (liasse 488-16, folio 13 verso), de la somme de 289 livres 10 sous tournois, valeur en cire. Une pauvre église de campagne allait jusqu'à contracter, le 5 avril de la même année, une dette assez forte « il cause de certain luminere de sire fourni ii Pey Arnaud, ouvrier de la paroisse du Taillan. » {Ibid., folio 163 verso.)
» Le premier document où je me rappelle avoir vu la dénomination de bougie, est une ordonnance de Philippe le Del, de l'année 1515, par laquelle il défend de mêler du suif avec la cire. Voyez Ordonnances des rois de France de la troisième race, t. l, p. 315, ^ 3, et p. 760, S 3. — Dans le Rolle des bateulx quij sont montantz en sus au debant lu njbijere de Guarone, etc., folio 51 verso ^9 novembre 139,3), il est fait mention d'une » balle bogyc. »
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de l'un et de l'autre était à. peu près égale, et consistait en douze mille boisseaux, mesure de Bordeaux, dont vingt faisaient un tonneau, trente-huit boisseaux dixneuf setiers de Paris et un last d'Amsterdam; lesdits douze mille boisseaux, appréciés, année commune, sur le pied de 7 livres le boisseau, représentent une somme de 84,000 livres. Une particularit('' à noter, comme Ta fait l'auteur du Mémoire de 1730 avant de donner le compte d'un envoi de soixante-seize boisseaux de graine en Hollande, c'est que cette marchandise ne pouvait pas sortir pour l'étranger.
En 1710, des négociants bordelais sollicitaient la permission d'y envoyer de cette graine, pour donner, disaient-ils, moyen aux paysans qui en avaient dans la Guienne, et entre les mains desquels elle devenait inutile et improductive, de payer leurs impositions; ils représentaient que l'huile de lin n'est pas bonne à manger et qu'elle ne sert que pour les peintures et à quelques sortes de cuirs. Appuyés par la Chambre de commerce, les pétitionnaires eurent gain de cause auprès du Conseil supérieur ' .
D'autres placets nous apprennent que le commerce bordelais importait aussi en France de la graine de lin ; mais qu'il évitait de la décharger dans la Guienne, qui en produisait à suffisance. Henri Woldt, négociant de Lubeck, et Nicolas Woldt, son fds, négociant de Bordeaux, propriétaires du navire V Aigle-Couronné, demandaient un passeport pour faire venir knlit navire de Lubeck à Roscoff, chargé de graine de lin, bourdillon, bourdille et
'Registre du Consi'il de cuiiimerti' F. 12. .").'), l'olio 211 veiso; scjuicc du 2G seitleniliic 1710.
autres espèces de merrain et de bois de construction, et pour aller ensuite charger l'équivalent à Bordeaux, « n'y ayant aucunes marchandises à Roscoft'ni à Morlaix. » Cette demande fut repoussée par ce motif que la graine de lin pouvait être importée en France par les navires suédois et danois, qui étaient plus à portée de nous la fournir que ceux de Lubeck'. Un autre négociant, le sieur Thomas Clock, exposait qu'il avait fait venir, avec passeport du roi, un navire de Lubeck à Roscoff, où il avait déchargé huit cents barils^de graine de lin ; il demandait un nouveau passeport pour aller de Roscoff à Nantes avec une petite partie de bourdillon et quelques douilles de merrain qui lui servaient de lest, et pour repartir avec un chargement à destination de Lubeck-.
On ne voit plus reparaître la graine de lin qu'en 1722 et en 1724. Le commerce de Bordeaux s'était plaint que le bureau des fermes voulût l'obliger à payer certains droits d'entrée sur cette denrée : le Conseil d'État rendit, le 18 octobre 1723, un arrêt qui soumit aux droits d'entrée et de sortie et aux droits locaux, la graine de lin venant des provinces dites étrangères dans les cinq grosses fermes, ou vice versa ^.