‹ Histoire du commerce et de la navigation a Bordeaux, principalement sous l'administration anglaise (volume 5)Chapitre 16 sur 126 · CHAPITRE XXXYII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXYII

ÉTAT DES MAUCHANDISES PRINCIPALES QLI VENAIENT A BOUDEAUX, TANT DE LÉTUANGEU QLE DE LINTÉIIIELR DU ROYAUME, EN 1730.

Marchandises siiccifices dans le Mémoire de la Cliainlire de commerre de Guicime. — Poivre. Bordeaux lire celte denrée de Hollande el queliiuefois d'Ansrlelerre ; menace de saisie et de confiscation de poivre arrivé par navires anglais en 17 li; prix du poivre à Bordeaux en 1730. — Giiiofle. Provenance de cet article; prix en gros et en détail. — Muscade. Importation de la muscade de Hollande ; montant de ce qu'elle coûte. — Ktain de Siam. Détails sur le commerce de ce métal ;i Bordeaux ; manufacture royale de faïence du sieur Huslin; préférence donnée à Tétain d'.-Vngleterre ; arrêt du 12 avril «1723 concernant l'étaiii de Siam ; saisie de théières de ce métal. — Cuivre ex ro.^ette. Provenance, commerce et prix de cette marchandise. — Cuivre en feuilles. Usage, commerce et prix de cet article. — Couperose de Suède. Affaires auxquelles la couperose donne lieu ; sa provenance.

— Peinture rouge de Suède. — Plomds d'Allemagne et de la Grande-Bretagne. Prohiliition de ces derniers. — Fil de laiton. Commerce et prix de cette denrée. — Fer-blanc. Exportation de cet article à Bordeaux et surtout à Piouen ; contenance et prix du haril de fer-hlanc. — Relations directes entre Bordeaux et Dantzick. — Cire jaune. Provenance et prix de la cire du Nord à Bordeaux. — Autres détails sur le commerce de cet article dans cette ville. — Cochenille. Provenance et quantité de la cochenille importée à Bordeaux. — Savon. Provenance de celui qui arrivait à Bordeaux. — Fabriques de savon dans cette ville et dans le voisinage ; délibération de la Chambre de commerce à leur sujet.

— Huile d'olive. Provenance de cette denrée; préférence accordée aux huiles d'Espagne.

— Importajice de ce commerce. — Café. Achats annuels do cette graine sur la place de Nantes ; poids et piix de la denrée. — Indigo, Safr.\n. Silence du Mémoire de 17."0 au sujet de ces articles de droguerie ; plaintes du commerce de Bordeaux concernant des indigos en entrepôt en l'année l'i'iCt. — • Provenance du safran importé à Bordeaux à cette époque.

Les marchandises d'importation, telles qu'on les trouve spécifiées dans le Mémoire de la Chambre de commerce de Guicnne, sont le poivre, le girofle, la muscade, l'étain de Siam, le cuivre en rosette, le cuivre en feuilles, le plomb, le fil de laiton, le fer-blanc, la cire jaune, la cochenille, l'huile d'olive, le savon, le café, la morue sèche et verte, le bois de merrain du Nord venant par Hambourg et Lubeck, les bœufs et le suif d'Irlande, enfin le fer. Nous allons passer tous ces articles en revue, en

ajoutant aux renseignements fournis par le Mémoire mentionné ci-dessus, les lumières que nous avons pu recueillir ailleurs, notamment dans les registres du Conseil de commerce.

Deux ans auparavant, c'est-à-dire en 17 2 8, ce même Conseil avait eu à délibérer sur les plaintes de la Chambre de commerce de Bordeaux, au sujet de la permission accordée à la province de Languedoc de recevoir par le port de Cette les drogueries et les épiceries'.

Bordeaux tirait ordinairement de Hollande quatre cents balles de poivre, pesant environ 1,800 quintaux, qui, à 20 sous la livre, représentaient 180,000 livres. Cette place prenait aussi des poivres à la compagnie française des Indes; mais c'était en très-petite quantité, parce que le commerce trouvait mieux son compte à faire venir l'article de Hollande, où il coûtait moins cher.

Quelquefois aussi il arrivait à Bordeaux du poivre d'Angleterre. En 1712, cinq négociants^, croyant pouvoir exporter de ce pays, sur les navires anglais qui venaient en France chargés de grains, certaines marchandises, à l'exemple des nations neutres, en exécution de l'arrêt du Conseil d'État du 30 septembre 1710, avaient embarqué sur deux navires, l'un de Londres, l'autre de Newcastle, du poivre, du plomb, de l'amidon

' Registre du Conseil de commerce F. 12. ~'i, p. lOii; séance du -25 novembre 17-28.

2 L'un d'eux, Barthélémy Luneman, était un gros marchand de la Roiissellc; on le retrouve ailleurs, notamment dans deux actes du notaire Michcllet, des 2o janvier et \-i février 1712.

et d'autres articles : ils se virent menacés de saisie par l'agent des fermiers généraux et sous le coup d'une confiscation, jusqu'à ce que le contrôleur général eût donné l'ordre de laisser décharger et entrer en ville les marchandises en question ^

En 1730, la livre de poivre se vendait 26 sous.

Le clou de girofle se tirait exclusivement de la Hollande, les Hollandais étant seuls en possession de ce commerce. 1] en venait ordinairement à. Bordeaux 90 quintaux, évalués à 7 livres 10 sous la livre pesant, représentant une somme de 67,500 livres. Au détail, la livre de clous de girofle valait 8 livres 15 sous, comme la muscade.

De même il n'y avait que la Hollande qui fournît Bordeaux de muscade. Cette ville en recevait deux tonneaux et demi, du poids de 560 livres le tonneau, en tout 14 quintaux, à 8 livres la livre pesant, année commune, le tout montant à 11,200 livres.

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