‹ Histoire du commerce français dans le Levant au XVIIe siècleChapitre 111 sur 117 · O JU · texte numérisé non relu

O JU

âSiTsi;

i n tï-o C

SB

lS-2

'w'O'C o 'Ç 'w ^ *CO " 'U c3 « — " E-

5 3 ësT

:| ÎWm'v

es ^

i — s-r'o'O'C'coi:

XXVI APPENDICi;

IX. — Tableau des marchandises rapportées du Levant en France avec de brèves indications au sujet de leur nature et de leur usage'.

r> Drogueries.

Agaric. — Ce nom est donné aujourd'hui à des champignons très nombreux. — L'agaric du chêne (Boietus igniarius L.) desséché et préparc devient l'agaric des chirurgiens que l'on emploie comme hémostatique. — L'agaric blanc (Polyporus officinalis Pries.) est un violent purgatif drastique. — Il est difficile de préciser quelle sorte d'agaric on rapportait autrefois du Levant. Voici sur cette drogue les indications du Dictionnaire du Commerce : « Excroissance qui naît comme un potiron ou comme un champignon sur le tronc et les grosses branches de différents arbres. — L'agaric mâle, commun ou pesant, s'emploie ordinairement pour teindre en noir et on le met au nombre des drogues non colorantes dont les teinturiers du grand et bon teint doivent se servir. — L'agaric femelle est le plus estimé parce qu'il a beaucoup d'usage dans la médecine. — Le meilleur agaric vient du Levant ; la plupart se tire par Smyrne où on l'envoie de Dadalie qui en est à plus de quinze journées. On en peut acheter année commune jusqu'à 500 ocos ■*. »

Aglu ou Glu du Levant. — Tandis que la glu ordinaire se faisait avec la seconde écorce du houx, la glu d'Alexandrie ou du Levant se préparait avec des sebestes(voir ce mot).

Aloès. — Substance résineuse que l'on retire des feuilles charnues de plusieurs aloès. — Comme au ww siècle on en distingue encore dans le commerce trois sortes : l'aloès socotrin (cicotrin, BB, 90), le meilleur, qui venait autrefois de Socotora. — L'aloès hépatique (épatic) moins pur, qui tire son nom de sa couleur analogue à celle du foie, — l'aloès caballin, le moins estimé. — (Pour le commerce de l'aloès au moyen âge voir Heyd, t. II, p. 563.)

Assa tœtida. — Gomme résine fétide qu'on obtient par des incisions faites à la tige et au collet de la racine du Ferula .\ssa fœtida L. — L'assa fœtida, dit Savar}', n'a plus guère d'usage que pour les maréchaux qui en consomment beaucoup. Il en vient des Indes, de Perse, de la Médie, de l'Assyrie et de l'Arabie. La plus grande partie de celle qu'on a en France vient de Londres. Les Anglais l'envoient dans de grands tonneaux, ce qui la fait reconnaître d'avec celle de Marseille qui est dans des paniers de feuilles de palmier.

(i) Cette liste acte dressée .lussi complète que possible d'après différents documents des .\rcliivcs de 1.1 Cluimbrc : Etats des marchandises déchargés à Marseille de 1700 à niô. |7, JS. — Tarifs du droit de SO O'O dresses par arrêts du Conseil du 10 juillet 1703 tt du IG janvier 170(1. If H, .'>. — Tableati du prix des marchandises de IGSO à 1706. BB, 00. — Quant aux rciiscignoniciits sur les niarcli.iiidises ils ont été tirés du Dictionnaire du Comweice de S.iv.iry de Brusions, particulièrement bien informe sur le commerce du Levant. — L'idcnti' licjtion scientifique des diverses drogueries a été empruntée au Dictionnaire de Médecine de LiTiRù et Robin.

(2) L'oco ou ocque, mesure de pdids la plus employée alors dans le Levant, valait 400 c dragmcs » ou ; livres 2 onces, poids de Marseille.

APPENDICE

Balaustes. — On appcltait aiasi les Meurs du grenadier sauvage; elles étaient réputées astringentes et servaient dans la médecine.

Baume blanc — « Espi'cc de gomme en grande rcputaiion en mt-decine et en chirurgie et qui est un remède souverain pour la guOrison des plaies et de quantité de maladies. Les dames en font aussi un cas extraordinaire parce que, mêlé avec un jaune d'œuf et de l'esprit de vin, elles en composent un lard excellent. Les véritables baumes, c'est-à-dire les baumes naturels, se réduisent presque au bauiiic du Levant et au baume du Pérou. Le baume du Levant, que l'on tiein pour le plus excellent, coule de l'incision que l'on fait dans un arbre du même nom qui croit en Egypte et en Judée et qui est si précieux qu'il fait partie du donwiwe particulier du Grand Seigneur... Peu de personnes peuvent se x'anter de l'avoir pur et son pris est cause qu'on le sophistique presque au sortir de l'arbre d'où il distille. Sa véritable couleur est de jaune doré. Il y a encore le baume de la Mecque qui est une gomme sèche et blanclie, il ressemble assez à de la couperose blanche, surtout quand il est vieux. Il .t toutes les venus du baume de Judée et il y a bien de l'apparence que c'est le même qui s'est durci et qui ,i changé de couleur. » Savarv. (Voir les intéressants détails que donne Heyd sur le commerce du baume au moyen âge, t. Il, p. S/j-ilo.) Aujourd'hui l'ancien baume du Caire, de la Judée, de la Mecque, est considéré comme une térébenthine. Il s'obtient par l'incision de l'écorce du B.ilsamo- Jendron nu .Amycis opobalsamum et gileadcusc Kunih.

Bdelliura. — Gomme résine de l'.^r.ibie et des Indes Orientâtes produite par une plante qui était inconnue au xvii'' siècle et l'est encore aujourd'hui. Cette gomme entrait dans la composition de l'cmplàtrc divin, du niitliridaie, etc.

Benjoin. — Baume qui découle d'incisions f.iites au tronc du Styr.ix ben/oin. Dryandcr., arbre qui croît à Sumatra, à Java et dans le royaume de Siam. — « On tire du benjoin des fleurs blanches propres pour les asthmatiques et une hiiile qui est une espèce de bnunie pour ks plaies. « Savakv. — (V. HtYti, t. ll.p. s8o).

Bol armenium. — Les anciens désignaient sous le nom de bols des terres .tri^ik-uses qui servaient à différents usages en médecine. Ils leur donnaieiil des formes particulières et leur imprimaient uti cicltet (stgillum) d'où le nom de terres sigillées. — Le bol d'Arménie ou bol oriental était une argile ocreusc rouge (couleur due à de l'oxyde de fer), tonique c» astringente. — « On le croit dessicatif et cette qualité le lait employer pour plusieurs maux intérieurs et extérieurs. » Sav.\rv.

Cardamome. — On donne ce nom aux fruits de plusieurs espèces du f;enrc anionie, en particulier à celui de l'amomum Cardamomum L. — Peut-être les trois espèces de cardamome connues autrefois (grand, moyen, petit), et aujourd'hui encore, en droguerie, ne sont-elles que des variétés de ce dernier fruit. — a Le petit se recueille au roj'aume de Cinanor sur une montagne à six ou sept lieux de la mer, c'est le seul endroit du monde oi'i l'on en trouve. Presque tout ce cardamome, le plus estimé et le plus précieux, se débite et se consomme en Orient à cause que les peuples ne trouvent leur riz bien assaisoimé qu'avec celte sorte de drogue ou épice. Nos marchands droguistes de

XXVm APPENDICE

France le tirent des Anglais et Hollandais. Ces derniers en consomment beaucoup parce qu'ils se plaisent à le michcr. » Savarv. — (V. Heyd, p. 601-602.)

Casse. — Drogue qui purge doucement et qui était l'une des plus communément ordonnées par les médecins et apothicaires. On distinguait la casse du Levant, d'Egypte, du Brésil et des Antilles. — Pulpe des fruits du canéficier : Cassia fistula L. (Heyd, t. II, p. 602.)

Colequinte (Coloquinte). — Fruit du cucumis colocynthis L., de la grosseur d'une grosse orange. Purgatif des plus violents. La meilleure venait et vient encore d'Alep.

Coque du Levant. — Espèce de fruit de la grosseur d'un grain de chapelet, avec un noyau intérieur qui est la coque. Elle servait à faire périr la vermine ; on l'employait aussi, alors comme aujourd'hui, pour enivrer le poisson, surtout dans les eaux dormantes.

Corcome. (Curcuma). — Racine d'une plante des Indes Orientales (Curcuma longa L.). — Il était employé comme stimulant et réconfortant.

Encens. — Celui de l'Arabie et de l'Abyssinie est une résine fournie par un balsaniodendron, celui du Bengale est produit par une BoswcIIia. — L'encens, qui est fourni aujourd'hui en grande partie par le pays des Sonuli, provenait surtout de l'Arabie méridionale. — (V. Heyd, t. II, p. 614.)

Fleur d'Esquinance. — Même drogue sans doute que l'esquine , dont le vrai nom est squine, dit Savarj'. — Racine du Smilax China L. — « Cette drogue dont on fait des décoctions et des tisanes sudorifiques pour la guérison de ces maux que la raison abhorc tant et que la débauche n'évite presque jamais, vient de la Chine et de plusieurs endroits des grandes Indes. » Savarv.

Folium indy. — Feuille d'un grand arbre des Indes qui pousse particulièrement aux environs de Cambaye. — On ne l'employait que pour la com[>osition de la thériaque.

Galbanum. — Gomme résine fétide qui découle du Ferula galbanifera Lobel., plante qui croit dans l'Arabie, la Syrie et quelques endroits des Indes. Le galbanum était d'un grand usage en médecine et entrait dans la composition de plusieurs emplâtres.

Gomme. — On recevait du Levant cinq sortes principales de gommes dont les usages étaient tout différents.

Gomme adragaiit. — Elle sort spontanément des tiges et des rameaux de plusieurs astr.igalus. — « La meilleure vient d'Alep. — Les Marseillais en tirent aussi beaucoup de Smyrne où elle est apportée de Dadalic qui est à plus de quinze journées. Cette gomme a quelque usage dans la médecine où elle entre dans la composition des électuaires pour les maladies des yeux, mais sa grande consommation se fait par plusieurs ouvriers et artisans qui s'en servent dans divers ouvrasses. Les peaussiers s'en servent beaucoup dans la préparation de leurs cuirs. » Savaky. — (V. Hkyd, t. Il, p. 623.) Gomiiif ammoniac. — Gomme résine produite par une plante de la Libye et de la Perse, le Dorenia ammoniacum Don. — On en tirait un esprit et une huile auxquels on attribuait de grandes vertus. On l'emploie encore dans la préparalion d'emplâtres fondants.

Page 1