XXXII APPENDICE
barbe à nos épiciers et droguistes de Paris y mêlent souvent de la racine du premier, il est aisé d'en faire la différence. » — Savary.
Rhubarbe. — La véritable rhubarbe est la racine du Rheuni ofTicinale Bâillon et probablement d'autres plantes de la même lamillc. Hlle vient des montagnes de la Chine et particulièrement des provinces de Chen-si, Kan-sou et Se-tchouen.— Au moyen âge et au xvii« siècle on ne savait pas exactement d'où elle venait. « Les uns disent qu'elle vient dans le royaume de Boutan, les autres qu'on la trouve dans les provinces de Xensi et de Suchen dans la Chine d'où elle passe en Turquie par le moyen des marchands du Tliibet et du Mogol ; d'autres la font naître sur les contins de la Moscovie et d'autres seulement dans la l*er.se. » Savary. — La Rhubarbe était d'un très grand usage en médecine et on lui attribuait des propriétés extraordinaires. — (V. Heyd, t. II, p. 665-667.)
Scammonée. — Gomme résine dont on distingue encore, comme au xviii siècle deux sortes : la scammonée d'Alcp, la meilleure, qui parait provenir d'incisions faites au collet de la racine du Convolvulus scammonia L. ; la scammonée de Smyrnc fournie par plusieurs plantes , entre autres le periploca scammone. « II n'y a guère de purgatifs plus surs, mais aussi plus violents que la scammonée ce qui fait qu'on ne s'en sert jamais sans en avoir corrigé la trop grande force par quelque préparation et alors on l'appelle di.igredc ou scammonée diagredé. On tire de ce suc une résine qui a plus de vertu que la scammonée même et l'on en fait un sirop qui est un très bon et très doux purgatif. » Savary. — (V. IlKYn. t. II, p. 669.)
Schine. — (China ou Chine). « Racine médicinale qui vient d'Orient. Cette racine est d'un rouge brun tirant sur le noir au dehors et blanche ou rougeâtre en dedans. I-!lle croit dans dos marais qui sont ordinairement couverts de la nier qui, en se retirant, en entraine quantité sur la grève. On la croit e.xcellente pour guérir la goutte sciatique et elle est aussi estimée souveraine contre l'hydrupisie et l'asthme. » Savaky.
Sebestes. — Fruits desséchés du CorJia Sebestena I,. qu'on récollait aux environs de Seïde, adoucissants et légèrement laxatifs. — Ils servaient à préparer la glu du Levant ou d'.Mexandrie.
Sel ammoniac. — « L'ammoniac naturel, n'est autre chose que l'urine de chameau cristallisée. Il est si rare en France qu'il ne s'en fait aucun commerce. — On tire le sel ammoni.ic artificiel par le moyen des vaisseaux sublimatoires de toutes sortes d'urines d'honuues et d'animaux où l'on a mêlé du sel commun ei de la suie de cheminée. Il vient ordinairement de Venise et de Hollande. — L'usage de ce sel est fort considérable en l'raiice, soit pour la médecine, soit pour beaucoup d'ouvriers, teinturiers, (ondeurs, orfèvres, maréchaux, etc.... » Savahy. - Il s'agit ici du chlorhydrate d'annnoniaque.
Semence de ben. — Plusieurs drogues sont qualifiées du nom de semences, ainsi la semence de sauge, la senience de ben. V. Graines de ben.
Semencine ou semen contra. — On le recevait dWlep et de Smyrnc. — Vermifuge bien connu.
APPENDICE
Setnea cartami. — Cette drogue devait ctrc an.ilogue ^u icmcn contra. Savary pUcc ce nioti l'article Scmcnciiic sans aucune explication.
Séné. — l'urjjaiif des plus einplo)ès, encore aujourd'liui. — L'arbrisseau (plusieurs espèces du genre Cissia) qui porte les feuilles de séné est cullivé en plusieurs endroits du Levant. — « M. Binndel qui a été longtemps consul di. la nation française dans plusieurs échelles du Levant, nous assure que le vrai séné ne croit que dans les bois d'k'tbiopie et en Arabie aux environs de Moca, qu'on ne l'achetait autrefois qu'au Ciire et que celui qu'on tire de Seide, de Tripoli, etc., y est apporté du Caire ou d'Arabie par des caravanes, ou d'Alexandrie par mer. — Les épicicrs-droguisics de Paris distinguent trois sortes de séné. — La première espèce est le séné qui vient de Scîdc qu'on nomme séné de l'appaltc, du mot appalto qui, en langue franque et Italienne, si|j;nilîe ferme ou gabelle, les douaniers du G. S. faisant payer un droit assez considérable pour en permettre le transport. — La seconde espèce est te séné de Tripoli ou d'Alexandrie. — La troisième espèce est le séné de Moca ou A la pique. — Les marchands épiciers et droguistes vendent encore le grabeau ou poussière qui se trouve au fond des balles, ce qui est une assez nnauvaisc marchandise. » Savary.
Spica celtica. — Le nard celtique. — • Se trouve sur les montagnes des Alpes et en d'autres endroits. Les marchands de Paris le reçoivent par la voie de Marseille et de Rouen. » Il était moins estimé que le nard indien, spicanarJi.
Spicanardi. — Racine de l'andropogon nardus L. qui venait des Indes. — Elle entrait dans la composition de la thcriaque.
Stia marin (ou stinc). — < Espèce de petit lé/ard amphibie, assez semblable au crocodile pour la figure, mais si petit que les plus grands ne passent guère quinze pouces de longueur. Il s'en trouve quantité en Egypte le long du Nil et c'est de \i qu'on les apporte en France. — On croit leur chair bonne contre les poisons et propre .i ranimer la chaleur des vieillards. — Le stinc entre dans la composition du mlthridate. u Savary.
Storax. — Baume d'odeur très agréable qui provient du styrax oflîcinalc.a II y
a de trois sortes de storax, le storax rouge, le calamité et le liquide. — Le
storax liquide est une espèce de résine factice de couleur grise composée de
vrai storax, de galipot, d'huile et de vin battus avec de l'eau pour le rendre en
consistance d'onguent. Il vient assez grande quantité de storax liquide de
plusieurs échelles du Levant, particulièrement de Smyrne, on en lire, année
connnunc, de cette ville jusqu'à 2.000 ocos. — Le storax calamité est une
composition de plusieurs drogues excellentes. — Du storax et du benjoin
auxquels on ajoute du musc, de la civette ou de l'ambre, suivant qu'on aime
[ces odeurs, on fait d'excellentes pastilles dont on brûle au lieu d'encens ordi-
In.iire dans les principales églises des catholiques. — On compose aussi du lait
LJiginal avec ces deux gommes que l'on fait dissoudre dans de l'esprit de vin;
Lite drogue que les dames emploient pour leur teint, et dont se servent aussi
L-s barbiers étuvistes, doit être d'un beau rouge, claire, odorante, et qui ne
te point l'esprit de vin. » SavarV.
irindy (Tamarin). — Fruit du Limarindus indica, arbre des Indes, de Lsic occidentale et de l'Egypte. — Purgatif d'un goût aigre et assez agréable.
XXXn' APPENDICE
Turbit (Turbithl. — « Racine médicinale (convolvulusturpethum) qui vient Jes grandes Indes, surtout de Cimbaye, Surate et Goa : d'autres prétendeat néanmoins que le \'éritahle turbit vient particulièrement de l'ilc de CeyUn. Le turbit des modernes a si peu de ressemblance avec celui des anciens qu'il c=>i ditHcile de croire que ce soit le même. » Savary. — Pargatif drastique antrelois très-employé.
TuUe. (Tuthie). — Suie métallique (oxyde de zinc) qui resuit attachée a des rouleaux de terre qu'on suspendait exprès en haut des fourneaux des tbadenn en bronze. — On la recevait d'abord d'Alexandrie et plus tard d'AIIcmaçce. — « La tutie est propre pour les maladies de» yeux, délayée dans de l'eic ie rose ou de l'eau de plar.tin et incorporé dans du beurre irais. Elle est aossi -:: excellent remède pour les hémorroïdes.» Savary. (V. Hevd. t. IL p. &;^--j.i
Zedoaire. — On distinguait et on distingue oncore la zedoaire(Curcunia 2e-S:unia Rt.>%coc) qui vient des Indes et des Moluques et la zedoaire ro-auje o*. zenimbet. — Sorte de gingembre sauvage qui passait pour un excellent cctr.ii2. iV. Hevd. t. II. p. 676.1