NOTICE SUR LES VILLES , BOURGS , FIEFS , JUSTICES, CHATEAUX
MAISONS DE CAMPAGNE DE OUELQUE IMPORTANCE QUI Y SONT nF.!^FFJmÉS.
OBSEBTATIOKS PRilUMIKAIRES.
Je traiterai ici du Danois selon ses .incienncs limites, c'est-à-dire celles jusqu'où s'étendait la juridiction de ses premiers tomtes avant l'Iiérédilé des fiefs. Ce sont elTeclivemenl les limites du Dunois considéré comme pays.
Quoique le nom de Comté ait succédé à celui de Pays, é roccasion de celte hérédité des Qefs . ce n'a été cependant que d'une façon imparfaite. Les guerres, les usurpations, les acquisitions, les démcmbremens, les ventes, les échanges, les privilèges utiles accordés à des vassaux nobles, l'établissement des justices particulières ont introduit dès les coramencemens une différence sensible daris la succession d'un terme à l'autre , relativement à la quotité du district. On ne trouverait pas en France uu seul comte qui soit seigneur de fief ou justicier de tous les objets
renfermés dans renccinle de son comté. Souvent, au cetilre de son territoire, i[ se Ircove des portions qui relèvent de seigneuries situées dans d'autres pays, pour tout ce qui constitue la va.«salitù. Les comtes ne font donc poi[it une môme ctiose avec les pays, qui étnieril des Icrraius contigus sur 1esi|uels, sans exception, n'élendiiit la juridiction dos youverneiirs ou comtes amovibles. On voit des pays qui renferment plusieurs comtés, comme on voit et comme on a vu des comtés formés de l'assemblage de plusieurs pays.
Plusieurs portions de l'ancien pa^.s Danois relèvent, tant pour le (iefque pour la justice des ducliés de Chartres et d'Orléans et du comté de Itlois, immédiatenienl ou médiiitement , par des seigneuries du ressort et de hi mouvance de ces grands Hefs, soit que leur chef-lieu soit enclavé dans le Dutiois, soit qu'il soit situé dans un des pays voisins.
On regarde la majeure partie du Dunois comme faisant partie de la province de Biiaiice et la moitjdre de c<*lle du l'crclie. Ces deux noms de provinces ne paraissent cependant pas si anciens que le Pagus Dmiemis. Les Dunois fDunmsesJ, qui Faisaient partie des Cliarlrains. sont bien antérieurs à ces dénominaliona lieauce (1) et Perihe,et leur origine paraît avoir suivi imuiédiatemenl la division des Gaules en provinces.
Des cinq Laronnies qui composent le Perclie-Goeth, on en trouvera quatre qui sont de l'archidiaconé de Riinoîs , quoique du bailliage de Chartres. Le sunuim de Goeth , encore plus récent que celui de Perche , vient des seigneurs de ce nom qui ont possédé les cinq baronnies qui te for-
(I) La Beaucc n'a jamaU rait un lout ma» un mCme cbef. Ce uou de province n'a jamais fuit fortune de façon & roiirnir un [lire a aucun grand leign^un On ne trouve oi comtes, ni dtics tle Beauce, Elle u'a figure diins rtiisloire du gouveruemenl détaille du rojauoie daiiSi aucun (eaips.
nu COMTÉ DE DUNOIS.
ment, et dont la mnison est tombée en quenouille vers la fin du douzième siècle, par la mort de Guillnume (îoelli . qunirième du nom (I). Si nn croit la tradition de l'abbaye de S{iint-l*ère , la mfijeure partie des grandes terres ([ui formefit ce canton fut donnée à cette abhaye par la reine Clotilde, femme de Clovis I". Celte tradiliori aurait dû ajotiler comment la propriété des biens les plus considérables de ce territoire était venue à Clotilde , qui était une princesse bourguignnnne.
Quoiqu'il en soit, elle ajoute que les Normands ayant ruiné Chartres et l'abbaye de Saiiit-Père , l'an 8i2. l'évéque Ilélie, par la désertion des moines, s'empara, entr'siutres biens de l'abbaye, de ceux que la reine Clolitde lui avait donnés dans le Pcrc/ip, est-il dit. Cet évêque avait de grandes obligations A plusieurs seigneurs qui l'avaient défendu de leur mieux contre les barbares, et pour reconnaître leurs services signalés , il les graliliu de ces biens à titre de foi et hommage envers les évoques de Charlres , pour les attacher, eus et leurs successeurs, à son église. 11 serait à souhaiter qu'on eût d'autres exemples aussi anciens de l'origine des fiefs. L'évoque dut partager ses libéralités entre cinq seigneur», selon l'historique do Saiiil-Père. qui donne ce fait pour l'origine des cinq baronnies du territoire nommé Perche-riouct , ou plutôt Coelh.
I>ans tout le Dunois, l'assemblage des maisons qui sont aiilonr d'une église paroissiale, quelque peu nombreux qu'il soit , se nomme bourg, {^est s'écarter de la juste remarque de lïuchesne . qui dit que bourp , châtel , château, rocher , pu y, mont, sont tous pris pour un lieu fortilié et de défense. On donne dans le même pays le nom de village à ce qui ne devrait porter que celui de hameau.
(]) Guillaume J", le premier r|ue j'aie découvert du nom de Goclb, el seigneur des cinq buronnifs, vivait dans Ië di.ti^me siècle.
IIISTOIKE
Je suivrai l'ordre alphabétique h l'égard des paroisses. Toutes celles dont je vais faire mention sont ou ont été de l'archidiaconé de Duuois , excepté Frelteval, Mort^e , Lignières, Saint-Hilaire-ia-Gravelle et Saint-Lubin-des- Prés.
Le comte de Dunois était seigneur immédiat des paroisses où je n'en annoncerai point d'autres.
Une inspection des archives de l'évôché et de la cathédrale aurait pu rendre cette notice plus intéressante.
ALUIE, ou Aldtb, Alldie, Alloïb, Alovb, Avallocium, Aîogia, Alùya, Âleya, bourg sur le Loir à dix mille toises de Chilteaudun, fournit un eseraple de la confusion que les inféodalions ont Jeti-e sur les limites des pays. Elle est du nombre des terres que la tradition de Snint-Père de Cbarlres prétend avoir été données par l'évoque Hélie aux seigneurs qui l'avaient secouru contre la fureur du capitaine Dastingel de ses Normands ; et comme elle passa avec les autres à la maison des Goeth , on a traité cette baronnie avec les quatre autres de baronnie du Perche- Goeth , quoiqu'elle soit dans la Beauce. Ceux qui ont divisé l'archidiaconé de Dunois en deux doyennés , l'un dit de la Beauce et l'autre du Perche , connaissaient sans doute les limites de ces deux provinces , puisqu'elles servaient de fondementà leurdivision : etils n'auraientdoncpasatlrlbué Aluie au doyenné de Beauce, s'il eût été enclavé dans ce qu'on appelle province du Perche.
La rivière et des fossés forment la clôture du bourg d'Aluie. On estime que sa forteresse est du onzième ou douzième siècle. Sa tour, fort élevée, est ancienne, à la couverture près.
Il y a dans la cour du château , au pied de la tour, une
ciiapelle en titre dédiée à Saint-Nicolas. Le logement du seigneur n'est qu'en bois. Le parc est coupé par plusieurs canaux où circule l'eau de la rivière.
La halle dans la place, à l'audience près, qui est au-dessus, est assez ttiutile pour les marchés, qui n'y ont pas pris faveur, fls'y vend seulement, le jeudi de chaque semaine, quelques menues dcnréesen petite quantité pour l'usage des habita ns du bour^^.
L'église paroissiale est hors du bourg, à t'est. Les bois, assez considérables , sont à l'ouest.
Le premier seigneur ir^îiiie que je connaisse par les anciens docuintiis, est Iluguc;* d'Aluie fde Alogia). il est au nomhre des témoins de la donation de Jusiers n l'abbaye de Saint-Père de Chartres, par la conolesse Lelgarde, femme de Thibaud I" le Tricheur, qui est de 978. Il fut encore témoin dans une autre charte de l'an E>8J , pour l'introduction des religieux de la môme abbaye de Saint- Père de Chartres dans celle d'Evron au Maijie.
J'ai parlé de Guillaume Goeth , troisiôme du notn , qni , du consentement de sa ieinme Eustachc , donna à Saint- Père l'église de Saint-Lubin de Ciiâteaudun, l'an 1096.
Hilduin, sei;^neur d'Ahiie, parait dans une charte de l'an 1108, pour une terre située à Luigny. Son épouse se nommait Lelgarde. Us eurent un fils nommé Gosselin , mort sans lignée. Guthon de Hrou vivait en même temps. Guillaume Goeth, quatrième du nom. étant mort dans la Terre-Sainte vers la fin du douzième si^le, Hervé de Gien, qui vivait en 1J97, se mit en possession d'Aluie et des autres baronnies des Goeth, en qualité de gendre du défunt, dont il avait épousé la fille aînée.
Le comlc Thibaud V disputait à Hervé une partie de la succession de Guillnume. Hervé n'élarit pas assez puissant pour résister aux forces de Thibaud et à celles du roi
HISTOIKE
Philippe II, dit Augu!«te, c|iji ilonnail des secours au comte, prit li' parli de livrer Moiilininiil à IticliarJ I", mi d'Angleterre, duc de Normandie , |)our le soutenir contre son c()rn])étiteur , ce qui le fit réussir. Cet lltirvé étnit tils (l'Hervé de Dniigciiu. Il eut pour successeur d;ins hi seigneurie d'Aluie un autre Hrrvé qui lut Hervé de Uonzi, quiitriéme du nom. Celui-ci fut comte de Nevers par Mahaud de Courlentii, son épouse, dont il fui séparé en 1213 j>our cause de parenté; il était fils de Geoffroy «le Donzi , suivant !e cartulaire de Saint-l'ère; il donna à l'obbé Gui et aux religieux de ladite abbaye quarante livres de rente à prendre sur le pi'nge de Brou , pourquoi l'iibbé et les retigiiHii: Itti donnèrent en échange ce qn'tls possùdfiieiit à Mois- llullin, l'an 1215. Cet Hervé fut au sit''ge de Dainielle, et mourut empoisonné en 1222.
Charles de France, roi de Sicile, premier «lu nom. fut seitîiieur d'Aluie et îles autres baronnies par sa mère Ulanclie de Cu-^lilie, qui descendait d'Hervé IV, comte de Nevcrs, Simon, évéqnc de (>hartres, exploita sur lui les cinq baroiinies . faute (l'iiommage à la bnronnie de l'ont- {iouin. Ce fut l'an l-i80.
Yolande de Flamîres. épouse en premières noces d'Henri IV, comte de Bar, et en tiecondcs de Philippe de Nav;irre, était flame des Cinq-Baronnics en 13'.10.
|.a liimille des Hoberlet, connue [>ar les services qu'elle a rendus à l'Etat, a possédé ta bnronnie d'Aluie dans le quinzième siècle. Friiin;oise Holirrlet , lille de Florimond , lils de Claude, biiron d'Aluie, porta celte baroitnie, l'an 15.3:), 0 Jean Ilabou, seigneur de la Ilourdaisière, son mari ; Isabeau, leur fille, à François d'Ecoubleau, seigneur de SourdisetdcMondoubleau; Charles, marquis de Soiirdis, gouverneur de l'Orléanais , Biaisais, Venddmois, Ikinois et pays Chartrain , fit ériger Aluie en marquisat, et mourut
à Paris en 1fi66, — Pierre-Armatul, ranrqiiis de Gassion , otnit seigneur d'Aluie. Ses Jiérilièros ont vendu celte terre en lliiï, ù iJiuiii' N. Hoiilin , venvc du ranrquis de Morilboissier, seigneur dn Ilaussoy.
ARROU, Arro et Arrodiiu , ;i huit mille ktiscs de Châleaudun , est la paroisse lu jilus êtiMulue , noa-seulemetit du finnois, mais de tout riv&clit; Elle renferme, ontre son bourg, qiialre-vingl-lrois villngos et soixnnle-neuf Termes ou moisors isolées. On divise cette paroisse en cinq quartiers, qui preiincnl Irurs noms des principaux tielsde clinque qniirtier : 1" des Rois-Besnards ; -i' de liois-IUilliii , que Ton appelle tiussi quartier des Bois, piir<:e qu'il en est le mieux lourrd , et Gr:ind-QiiJirtier, par son étendue; 3" de Courtalain, ptiree qu'il est en première installée de la justice de Courttiliiin ; du quartier des Bois-Besoards il s'étend jusqu'à la l'Ieuvièrc , près l'Eltiug-Neuf , qui est l)aroisse de la itaïoche ; i" de SîiiuJ- Romain finur la ml?me raison , parée qui^ ses hahitans sont en première inslarice de la jusiicc de Saint- Komaiit de Brou ; i" et du Mée.
Le bourg est sur la rivière d'IIiêre On y a fabriqué de rétaminc. Les tisserands, qui y sont on gratul nombre , roramc dans toutes ces eontrées. y font de grosses étoffes de laine sur lil que l'on nomme telon, dette iHoffe et la Joilc composent IMiabillement de la majeure partie des ludvitans, à qui le peu de l'orlune a jusqu'à présent interdit le luse. L'étamine est pour les lenjines aisées l'hahit de rérémoiiie diiiis celte partie du Dinuiis.
Les deux ailes de l'église, la tour en pierre avec une flèche en ardoises , la plus grosse et la plus élevée de tout le pays, ne sont guère que du quinzième siècle, le rondpoint et le pignon de },Tisous sont fort anciens.
L'église d'Arrou et ses revenus étaienl entre les mains de SCS seigneurs dans le douzième siècle. Vers 1168, Foucaud d'Arrou , du consentement de SufTli-ie, sa mère, de Ligine, son épouse, de ses fils Herbert, Je.m et Kotrou , de Mt'lizenrle, sa Clle, et de sa sœur Arcmburge, abandonna à l'abbé et aux moines de Saint-Père de Chartres les droits qu'il av»it sur celte église , qui avait alors Saint- Pierre pour patron. L'acte de celle donation fut passé à Chapclle-Koyate , où l'on avait déjà introduit les religieux de Saint-Pàre. Cet ode . qui est sous le règne de IMiilippe I", porte <s que ledit Foucnud d'Arrou donne à Saint-l'ère JB le tiers de l'église d'Arrou fde Àrro). la terre de l'Autel, B la moitié des offrandes des quatre Pôles, une charrue de B terre, deux arpens de pré , six deniers de cous , la .sépul- 0 ture des eiiTans qui av<)ient encore l'habit blanc falbato^ » rumj , toute la sépulture du Pctil-Buis fde BuxetutoJ, la B moitié de la sépulture du ï'arvts (Àtrii). Témoins : 0 Hugues Pastel. Durand, prêtre, Hcrmoin , maire de B Bois-Moyen (Basti-Medii), que l'on prononce Boisméan, 0 Herbert Petit-Chien , Rainaud de Saint-Romain ; ce qui 0 fut confirmé par Mallhide de Brou , Geoffroy de Modène, » son époux , Guillaume, son Qls de son premier mariage n avec Guillaume Goeth, second du nom, seigneur des » Cinq-Baronnies. »
Foucaud desrendait de Geoffroy d'Arrou. qui vivait en 1008. 11 ne borna pas son zèle à donner à l'église de Saiot- Pierre de Chartres les droits qu'il avait sur l'église d'Arrou. il s'y donna lui-même et y reçut l'habit de Saint-Benoît des mains de l'abbé Hubert.
Gunhère ou Guherias. frère de Foucaud, voulant aussi se faire moine à Saint-Père , retira d'un autre frère nommé Jean le droit qu'il avait sur les biens de l'église d'Arrou, moyennant une terre située, dit le cartulaire de Saint-
Père, dans le Perche au pays Dunois. Il retira oussi, par échange du moulin de Villeraore, ce queJe»n, son neveu, possédait de ladite église, du consentement de Itichilile, ûlle d'Odon Desrédfil , el femme de sondit neveu, et donna tous ses droits à la même abbajre où il fit profession.
Hugues d'Arrou imita son père Foucaud et son oncle , tl se fit moine dans la même albaye , à laquelle il donna une portion des dîmes dont il était en possession, un arpent de pré et le labour d'une charrue de deux bœufs.
Jean d'Arrou el sa femme Richilde furent fâchés de tous ces dons faits à Saint-Père, Ils troublèrent dans la suite les religieux dans la possession de ce qui leur avait èlô aumône ; le dillèrcnd durail oif.ore après Iriir murl. Odon llesrédat, tuteur de leurs enfans , le renouvela ; mais enfin il y eut un accommodement dont fut témoin Payen du Plessis.
Quoique le don do Foucaud li'Arrrtu semble imliquer l'entrée des moines de Saint-Père dans l'église d'Arrou . à en juger par une bulle de l'an 1127, ils devaient déjà en être en possession sous le bon plaisir des seigttrur,«o(en usufruit- Cette bulle est d'Honorius 1! , qui confirme à l'abbaye de Saint-Pierre de Cliarlres l'église de Saint-Père d'Arrou avec ses chapelles. « Ecclefiiamsancii Pelride Arrocnm rapeilis suis. « Alexandre III en avait fait autant par une bulle de l'an II6V. Ko effet, on verra que les religieus percevaient des dîmes dès t!43, et que cependant Hugues leur en abandonna plus Uni une portion, comme je viens de le dire. Une luxe conservée dans la même abbaye, pour un service général établi en 1129, par l'abbé (Tuillaume , pour tous les religieux défunts de Saint-Père, porte que le moine d'Arrou paiera un sol chaque année pour ce serrice. a Monachus de Arro decem denarios. a Ces dix derniers étaient tournois et faisaient le sol Dunois.
Lee bûtimens de Saint-Père ayant été endommagés par
des inondalions arrivées au commencement des printemps des aimées I3V2 et 13i5 , ï'abbé Pierre à \a Plumée cngrigea le pape Clémeut VI, qui était è Avignon, à réunir à son abbaye lea revenus de la cure d'Arrou, pour aider à les réparer, en prélevant toutefois une jielile portion pour le prêtre dudit Arrou. Je ne déciderai pas s'il y avait toujours eu un prêtre séculier avec les moines , ou le moine d'Arrou pour y faire les fonctions pastorales, mais on voit par l'acte du chapitre général de Sai nt- l'ère , tenu en 1325, qu'il n'y avait plus alors de moines que dans les paroisses où l'on voit aujourd'hui leurs prieurés simples. Il y avait à Arrou un prêtre séculier ou curé dans te temps de la demande de l'abbé à Clément VI. Ce pape accorda à l'abijé les fins de sa requête , par une bulle du 13 octobre 1347.
Aimeric, évêque de Chartres, lut chargé de t'ulmiiier cette bulle et de régler ce qu'il conviemirait de laisser de revenu au prêtre qui avait la charge de la paroisse. Pour en juger, l'évêque fit Taire une enquête par sou olUcial. Celui-ci rapporta que le prôlre d'Arrou était obli;.;6 , de toute atiliquilé, d'avoir un chapelain , de célébrer tous les jours la messe dans son église paroissiale , et trois fois la semaine dans la chapelle de Méry. L'évêque. sur cet exposé, adjugea au prêtre la maison presbylériale, clos, jardins et une vigne, les droits de Taulet . les oblalions quotidiennes, tant en argent ciu'en cire, et généralement tous les droits d^s fonctions (lastoiales, di>t muids de grain h la mesure de Dunois, apparienant au prêtre, tant pour les anniversaires que pour la gerbe de Saint-Bartliélemy ; au moyen do quoi ledit prêtre serait tenu d'enlretenir une lampe dans l'église paroissiale, et de desservir la chapelle de Méry. Il lui adjugeait aussi neuf setiers et mine de terre, tant pour lui que pour les siens , sur quoi il donnerait à Saint-Père cent sols le jour de la Nativité de Nutre-Seîgneur , et pareille somme le jour de celle de Sninl-Jean-
DU COxVfTE DE DUNOIS.
mêr
laslère. Ce
Baptiste , les dîmes réservées
règlement est du dinoauche Oculi Tan I3W.
Cet ncte de charité, que le pape Faisait faire pur l'évoque, aux déftefis des droits naturels du pasteur d'Arrou , déplut à L'c prôtrc. Il ne trouvait pas juïile qu'on enlevât pour toujours le bien de son église, pour on gratifier une autre moins utile aux fidèles, encore qu'elle renferinâl des sujets agréables à Sa Sainteté. Sans doute il était choqué de ce que les abus dans l'église pour In répartition de son temporel, tirassent leur force de la tiare même. S'il ne se fut agi que d'un secours pendant quelques années, il faut croire qu'il se serait résigné à subir les actes de ses deui supérieurs, mais un démembrement de fonds à perpétuité le rendit opposant. L'iibbé fut contraint de recourir encore à Clément VI, qui, le 5 octobre 1352, rendît contre le prêtre d'Arrou une sentence conforme à la décision dei'évêquc.
On est redevable nus aumônes manuelles de quelques particuliers de la construction de la chapelle de Notre- Dame-de-Pitié, bâtie en bois au bout du bourg d'Arrou, du côté de Cliapelte-Royale , et au zèle de Pierre Davoust, curé du lieu. Il en fit la bénédiction !e 11 novembre lOiV . en présence de François de Montmorency, seigneur d'Arrou, qui y avait aussi contribué. Il en fut dressé acte par Civert, notaire royal. Les bienfaiteurs ponr les ffuids bien modiques furent Louis et Michel les Mauduit, Martin Bordas et quelques autres.
La chapelle de Sainl-Benoît . à quatre mille toises du bourg, a été fondée pour les Jreligieux de Tyron, à qui Jérémie, seigneur de l'!le-cn-\'endûmois, donna sa terre de MéreleLh , que l'on nomme aujourd'hui les Mellerels , prés de ladite chapelle , avco six arpens de bois dans la forêt de Rois-UulTin.
inSTOIWK
Sous l'évèque Geolïroy de Lèves , les religieux de Tjrun et ceux de Sainl-Père eurent, pour les 'dîmes de Mérelelh . des différends qui furent terminiispar cet évfiquc. Il déclara que toutes les dîmes de la paroisse d'Arrou, compris Mérelelh, apparliendriHent aux religieux de Saint-Père, excepté les dîmes des bestiaux dudit Méreletlr , à moirvs qu'ils n'appartinssent aux fermiers. Ce règlcraenl est de l'an lli3. Il ne cadre ^uère avec ce que nous avons dit du don d'une portion des diroes fait par Hugues d"Arrou. Comment l'ôvCque aurait-il confirmé aux moines un droit qui ne leur avait pas encore été accordé'?
Quoique les revenus de la cliapelle ne fussent plus connus , il y eut en 1540 des difficultés pour h\ possession de celte chapelle . entre J.irques Davaugonr, seigneur de Bois-Rulfin , et Marin Vallée , curé d'Arrou. Jacques Davaugonr, comme seigneur, prétendait que ladite chapelle lui appurtiniail, ainsi que les oliLilioiis et baisemains, qu'il consentailcepeiidant à employoraux reparutions de ladite chnpelle; le curé soutenait, au contraire, que la chapelle était publique et lui appnrlfiiait do droit commun.
Il fut convenu entre les parties, devant Soucliay. notaire, le 30 juillet de la mûme année, que le curé jouirait des oblatfons et baise-mains à son profit, et qu'il dirait une vigile des morts pour les fondateurs , et à la fin , une messe haute du jour par chaque an , le jour de la translation de Saint-Benoit. La fétc qui s'y faisait le dimanche d'après cette translation et la procession ont cci^sé d'être pratiquées depuis l'an 1738, h cause des abus qui s'y glissaient dans la multitude qui se rendait à Suint-Benoît. Ce jour était devenu une espèce de foire qui n'était pas exempte de désordres.
Le seul abus qui soit resté est celui de boire ou d'aller cliercher pour faire boire aux fiévreux de l'eau d'une
fontaine qui esl dans le Ironc d'an vieil arbre au milieu du pré , auprès du cimcliére <lo la chapelle.
La Providence ne rebute pas toujours, à ce qu'il semble, la simplicit*^ de ccus qui pratiquent de bonne foi ces arlioni! superstitieuses. J'ai lu un acte du siècle passé, rédigé par le noîiiiie de Cliapelle-Uo)ale, qui conslnte qu'une fille du même bdurj; nyant perdu la vue , l'avail recouvrée après avoir été pendant neuf jours implorer sainte Scholastique, et se laver les yeux à h) ftmtaine Méasiay.
Cette fontaine esl sur la paroisse d'Arrou, à trois mille toises environ de s<iii lirjurg, sur le «-hi-niin dp Chapelle- Hoyale. On y iidrosiic des prières à sainte Scholastique. Il s'y trouve tous les vendredis des infirmes ou des gens envoyés par eux. qui y portent, comme h la chapelle de Saint-Denoît , des aumônes de pain . de fromage, d œufs cuits, etc. Il y viont aussi des pauvres qui prennent ces aumônes, quo l'on dèposi' à la croix qui est (très de la Ion taine. Les inlirnies se lavent les yeux, et les pieux commissionnaires emportent de l'eau à ceu\ qui les ont envoyés. Cet usaj^e vient de ce qu'il y m eu près de la fontaine Méasiay une chapelle de sainte Scholastique. On a voulu !a rétablir dans le siècle dernier; !e bois de sa construction était déjà élevé , mais les charités n'ayant pas été assez abondantes pour achever l'ouvrage, on en a fait le parvis de celle de Nolrc-I>anie-de-Pilié.
L'ancienne chapelItdcFontaine-MéaslayfFwnfis- iWc/fflHfy avait été donnée dans le onzième siècle aux moines de Saint-Père, par le seigneur Lambert, Herbert, son frère, Richalde, Odeline el Foij{ hère , leurs sœurs, avec les mêmes dîmes el la Iroisiéme partie de ses revenus; témoins: Josselin, Rorelle , Guillaume de Koisméan, Hugues de Belche, Raimbaud de Villessard et autres.
il y a de bonnes et profondes maruières dans la paroisse
HlSTOliŒ
erArroii, surtout à Bouillon et aux Villencuvos. Dans h pjirlie (lu Dutiois que l'on nomme du Pcnlio, la marne eî^l absolimii'iit iiùccssiiire pour eotrelenir la bonne cullure des terres , qui y sont fortes al compactes. Avant lii; [lerccr jusqu'à la iiuirne, on rencontre des courans d'eau semblables ù de petites rivières Lorsqu'on en est proche, ce qui se, L'oiitKiît porieson que rendent les coups (Je pioclie. et quelquefois le bruit itiiîme des eaus , on perce lii voûte de ces tnrrens profonds en laissant tomber perpeoiiiiuliiiiremettt un essieu de charrette attaché à !a corde du treuil du moulinet, autant de l'ois qu'il est nécessaire; alors l'eau à laquelle on donne jour jaillit avec tant de force et d'abondance, qu'elle inonde tes environs du trou; l'éruption fitite , le culme succède , l'eau prend cours ailleurs et laisse son lit à sec.
A mille toises au-delà de Snint-Renoît , il y a dos tuileries qui donnent te nom au village dont il n'y a qu'une partie d'Arrou , lautre est du Gault.
Quoique l'on croie que la maison seigneuriale d'Arrou était derrière le chevet de l'église , comme ce n'est point un fait démontré , il s'est élevé des contestations entre les seigneurs du Mée et le haut-justicier d'Arrou , pour la prétention du (îcf sur le terrain de l'église. On fait valoir aujourd'hui pour ce droit celui du fief du Plessis-d'Arrou, aussi sans manoir; cependant , dans le temps que le chapitre de Nogent-le-Kotrou a possédé le Plessis-d'Arrou . il ne paraît pas qu'il ait prétendu à la seigneurie de l'église contre le haut-justicier, reconnu en général pour seigneur d'Arrou. Marin Davaugour, qui était haut-jusiicier d'Arrou, racheta celîef du PL'ssis des chanoines de Nogenl, le 5 mars 1483, moyennant une renie de dix livres, à laquelle il s'obligea envers leur chapitre.
Foucaud d'Arrou , dont nous avons parlé , me paraît
ih
avoir eu un droit de suzeraineté sur la paroisse de Fontnine- Rtioult, car, sous Htigues IV, vicornU» do CliàleauJuii , vers l'un 1159, il coiiliniia, en laveur du inoiiaslèri; de Sûint-Oerjis de Mogeiil-le-Hutrrju. le don que lui avait fait ilobcrl Jletsuseile, de sa terre situùc à Foiilaiiie-Uaoult, appelée Melsasello comme lui , à inoiiis que celle coriÛrmoUon ne rùl comme parent, car Jean, Ris dudit Fnuiaud, iiiiiuiéla les reli;;ieux deSuint-Deiiis ausujel JeceUe lerro; l'alTiiire lut appaisée par reutreinise de fîeoflroy . comte de Mortagne , l'rère aîné du vicomte H»}^iies V; lémoins : Guériri , l'ayen , Hugues , prêvùt de Cliàteaudiiu . et autres.
GeodVoy d'Arrnu, iioinme-lige de Jean de MonliLi;riy . signa avec celui-ci une charte pour la Mailideine contre le maire de Uuan, l'an 1208. Le même, avec Marie, sa mère, Cécile, sa femme, et Jean, sou fds, avaient douué à ladite abbaye de la Madeleine ce qu'ils possédaient à Runn dés l'an 1205,
Ou trouve encore un autre GeolTroy d'Arrou , qui vivait en 12i0 a>ec Uéloïse de !a Guerche, snn épouse; puis Simon d'Arrou et Etienne d'Arrou, qui vivaient en i2i7. comme on le verra à l'article Rua».
Les seii^iieurs d'Arrou ue me sont plus connus jusqu'à Guillaume Davaugour, tilsde. Marin dont je viens de parler. Guillaume se lit adjuger par conliscation le Ref du Tour-à- Ban à Arrou , dont jouissait Jean du Plessis-(^hAlillon par sa fenune , Culheriiie Dovaufiour, dniue du Mée, pour cause de félonie. La sentence de conliscation , obtenue au bailliage de Charlres, le 5 mars l/»83, fut confiruiée par arrêt du Parlement, le 7 septembre l'i^%. cl fut rendue exécutoire contre Guillaume du Flessis , seigneur du Méc , fils dudit Jean.
A Guillaume II a succédé Pierre Diivaugour, dans 1rs seigneuries d'Arrou et Bois-Uufiin . ertsuite Jacques, (ils
HisnuiiK
de Pierre. Il n'eut point d'enfans mâles, mais qiinLre tilles.
La seconde, nommée Françoise, fut mariée <t François de Maraliti, <H tvllo cul vu pnrt.ij^e Arrnu et Bois-Hufïin. Ces terres passèreiil de ceux-ci à Jwinne de Montmorency- Fosseiix . leur nièce, lille de JfU'queliiie Davaiigour, sœur aînée de Frati toise . qiiiavïiil oii Courlulain pour sa portion. et qui avilit épousé l'ierre de Motttmoreiicy-Fosseux. Ce ne furent pas les enfans milles de ces derniers qui eurent les seigneuries d'Arrou et Bois-RufTin. mais leur seconde fille, Jeanne de Slontraorency. luette Jeanne porta ses biens â Jean de Bcausoucles, seigneurde Bourguérin, gouverneur du DunoJs, son mari , dont elle eut Pierre de Beausoucles. On prétend encore dans le pays que la triste niairoir de Bois-Huflin ne fut point iiidiflérenl au roi Henri IV, eo considération de celte tlnnie. Il lut accorda des lettrespatentes par lesquelles il lui permettait de faire clore de murs, boulevards et fossés le bourg d'Arrou. Les voyages incogiiîto étaient dugoùl de ce monarque ; on lient encore comme lertain dans le canton que , dans une course de cette espèce à Bois-Bulïin , il lui arriva, en passant à Brou un mercredi, jour du miirclié, vis-à-vis de quelques gentilslionunes descendus à l'auberge des Caiinettes avant lui , une histoire qui a quelque ressemblance à celle que les historiens rapportent des procureurs deCréteil à l'égard du même roi, excepté que M. de Vilry fit foueller ceus-ci a pour avoir refusé au roi, qu'ils ne connaissaient pos, de 0 ce qui rôtissait ; » et que les gentilshommes qui se régalaient à Brou , et qui refusèrent d'admettre à leur table leur roi , devant lequel apparemment ils n'avaient jamais passé en revue, puisqu'il leur était inconnu, eurent seulement la disgrâce d'apprendre de sa bouche même qu'ils avaient refusé l'honneur de dîner avec leur souverain.
De Pierre de Beausoucles, Arrou, Bois-BuiTin et Cour-
rr
(alain ont passe* à Fran^^ois de Montmorency, marquis de FoRseux , comme arrière-neveu de Jennne de Montmorency, mère dudit Pierre. François, chef assez pauvre de toute l'illustre maisou de Montmorency , mit encore des obstacles à sa fortune par son attachement à la Fronde et au cardinal de Ketz, C'est pour ce sujet qu'il fut arrêté à Paris en 165^, et mis à la ll'astilic. Le crédit qu'il avait sur la noblesse fut causequ'ou le retintiiept mois dans celte maison. Il n'en sortit qu'en donnant sa parole d'honneur de se tenir tranquille dans son château de Courtalain.
Il y avait un tel désordre dans les afiTaires de François de Montmorency, que M. Léon de Montmorency , son Dis, a été obligé de racheter en quelque façon ce qu'il a pu des biens de son père, qui était accablé de créanciers ; c'est à quoi il employa la dot de son épouse, Marie-Madeleine de Pousseraote de l'Etoile, qu'il a épousée en 1694. Arrou . Courtalain et leurs dépendances leur sont restés et ont passé à M. Anne- Léon dit le baron de Montmorency , leur fils.
Bois-ROFFIN, Bosats-Rulini , le plus considérable domaine des seigneurs d'Arrou, distant du bourg de trois mille toises, a pour château une grosse tour de grisons, laquelle, si on en juge par ses réparations, paraît avoir essuyé bien des assauts dans les guerres intestines. C'est une forteresse ceinte d'une terrasse à deux talus , sur la pointe desquels règne un gros mur qui en fait la première enceinte. Un large fossé au pied du tains estérieur et rempli d'eau fait la seconde. Un autre fossé à eau renferme et la forteresse et la basse-cour, qui a une porte forte avec la coulisse à herse.
La chapelle domestique, qui n'est bâtie qu'en buis, est restée longtemps profanée. M. Léon de Montmorency, à la sollicitation de son épouse, en a fait faire l'autel et les petites décorations. Elle devait être bénite en l'honneur de
HISIOIIU-;
la Saillie-Vierge, preraiùre patronne de la dame, qui m'a dit qu'elle demaiulerait, piirsoii testament, qu'on entretînt, au moyen de deux cetits livres de rente, un chapelain pour desservir cette chapelle et y faire le catéchisme aux enfans du canton. Quoique la chapelle ne soit pas encore bénite, on fciit cséculcr cette dernière intention pA* un chapelain qui réside à Courtalain.
1^1 juslice de ce fief s'exerce dans l'auditoire d'Arrou. Elle est du ressort de Rrou , comme celle d'Arrou, et du ba il lifige de Chartres , dont elle suit la coutume avtic les additions pour tes Cinq-Baronnies.
Guillaume de Kuffin signa l'acte deMetsaselle pour Saint- Denis de Nogent-le-Rotrou, vers 1150, ce dont j'ai fait mention ci-dessus.
Nicolas de Bois-Uuffin et ses fils, Nicolas et Jean, vivaient en 1200, comme on l'a vu dans ce qne j'ni dit de l'adminislratioti de la justice à Chfttenudun. 11 est cependant à présumer que ceux-ci ne jouissaient pas* des principaux domaines de Bois-Ruffln; dès l'an 1/27, cette terre appartenait aux seigneurs de Frettevalet de Meslay-!e-Vidarae , des Vidâmes de Chartres.
Vers ce temps, Urson , seigneur de Fretteval et de Meslay, lîls de Nivelon do Fretteval , étant dans le chapitre de Saintl'ére de Chartres, donna à l'abbé Guillaume ot aux religieux de cette abbaye le domaine de la lerre de Rois-Rutfin, la réserve d'une terre de deuï charrues, et de six arpens de bois, que Jérémie de l Isie , qui vivait en M36, avait donnés ci-devant aux moines de Tyron , qui devaient être attachés à la chapelle de Saint-Genoit. Il donna aussi le droit de justice, les maisons, courtils, jardins, cens, se réservant la moitié du droit de ferrage et des cens sur les prés , et la paisson des porcs, tant qu'il y aurait des bois, et si les détenteurs ne payaient pas les droits, il les ferait pour-
DU COMTÉ m UUNOlS.
suivre, ou à lajjuslice des moines sur le lien , ou à la justice d'Arrou ; l'amende ne devait pas passer cinq sols.
A son retour è Frelteval , il fît confirmer ce don par Béatrii , sa femme, et par Nivelon, leur fils. Guillaume Ciot'th te conDraia aussi comme snzeraiit et seigneur des Cirq-Baronnies, spécialement de Brou.
L'abbé Guillaume nomma pour maire de Bois-RulTin Geoffroy d'Arrou ; témoins : Jean des Monceaux f de MonceolisJ et Garnier Piquebœuf. Les offices de maires étaient devenus des fiefs , et le salaire qui y était attaché était apparemment la cause de la répugnance qu'aurait pu avoir un homme noble et un ancien seigneur de la paroisse. En général , cet ofBce répondait à celui des Viltici qui, dans la basse latinité, se sont appelés Slajordomiis et maire en français.
Les religieux de Saint-Père jouirent de ce qui leur l'tyit donné à Bois-Rulïin jusqu'à l'an 1313, et le cédèrent alors par échange à Hervé de Nevers , baron d'Alluyes , pour 40 livres h prendre sur le péage de Brou.
Tficolas de Bruèrc donna, l'an 1181 , à l'abbaye de Saint- Avit , deux muids de blé à prendre sur la grange de Uois- Ituflin , à cause de deuï de ses sœurs qui étaient religieuses à Saint-Âvit.
L'an 1200, Nicolas de Bois-Ruflin et ses fils Mcolas et Jean assistèrent, comme nobles du pays IJunois, pour juger une alTnirc dans la cour du vicomte à Chfiteaudun. Dans la suite , cette terre a passé aux seigneurs d'Arrou.
Lb Mée, ou MEzetMËSY. Meseium, château et châtellenie qui relève de ChAleaudun pour le fief et la justice. C'est un démembrement de la châtellenie de €ourtalain, comme Courtniaiu eu est un de celle de Montigny. La seigneurie des Mcsnils, qui a été possédée par l'ancienne
IIISTOIKE
fjimille des Despersonnes (1) , est unie à son domaine , et c'est ce qui forme le quartier du Mée nssujetli à la coutume de Dunois.
Un simple corps de logis entouré de fossés è eaa, forme le cliâleau du Mée. II y a dans la bosse-cour une petite chapelle dédiée à Saint-Biaise ; l'ancienne, biftie en pierres. sert de grange.
L'an 1210 , au mois d'août , Robert du Méc donna à l'abbaye de la Madeleine de CtiÂleaudun ce qu'il y avait à percevoir sur la terre de la Bertinière. près le Mée, pour son anniversaire et celui de Pétronille. sa femme.
De la maison des Davaugour , seigneurs de Courlalain , Le Mée passa à Jean du Plessis, l'un des seigneurs de Châtillonau-Mainc, d'où la maison tire son surnom, par son mariage avec Callierine Davaugour, qui fut contracté l'nn 14-67, Jean, comte de Dunois, leur flt remise, le h décembre de la même année, du rachat qui lui était dû pour la seigneurie du Mée. Leur fils, Ciuillaume du Plessis, qaaliûé châtelain du Mée, épousa, en 14^8^, Catherine de Kay de Bcaujeu. Marin du Plcssis. leur ûls, qui (-lait époux de Renée de Tiercelin , dame de Riclieville , paroisse de la Colombe, en 1531, laissa celle chillellenie à son fils, René du Ptessis, gentilhomme ordinaire de la chambre de Henri IV. Il était gouverneur des ville et château de Châteaudun. li se maria, en 1568, avec Claude de BeauBls, fille de Claude, seigneur du Tronchet , et de Jeanne de Villeray.
François du Plessis, fils aîné de René , fut chittelain du Mée et gouverneur de Châleaudun. Il épousa en premières noces Catherine (!:houaisnc, fille de Nicolas Hector, seigneur des Coudrcaui. et d'Eléonore Aulde, dont il eut
(1] Philippe Despersotines fut cité, Fan 1353, aa ban Bsserablé i Issoudun.
SI
François , père de René II , dernier mâle de la t>r»nclie du Plessis . qui o porté le nom du Mée. De N. Viiuposteaa, il n'a laissé que deux Qlles; l'aîrit'e , iMfirte-HIarguerile du Plessts du Mée, a épousé N. Potin, sei«;ficur du Cliesne, diocèse d'Evreus , dont N. Politi (1) , seigneur rhâtetain du Mée . qui a épousé à Paris N. Lavocat , Bile du maître des comptes, nièce du coiiscilLér d'Etit, et cousine de feu M. Talbé Lnvocat, d'une famille ancienne distinguée dans la robe et dans tes lettres.
Uené du Plessis . frère de François I" et Gii de René 1". fut capitaine et gouverneur des château et ville de Fretteval, par provision de Uenri . comte de Dunols.
GciGNY, petit fief et justice, relève de Bron. La maison seigneuriale joignant le bourg d'Arruu, est entourée de rossés à eau et accompagnée de deux petits Lois qui servent de promenade aux habitans. Guigny appartient depuis longtems A la maison de Soyal-Donnery, branche endette des Soyal-d'Alonne. Ils y ont été précédés par les de Hacinne et de Pôris.
Les Bois-Besnards , Bef relevant de Courchiverny , et
haute-justice ressorlissatit au bailliage de Blois. Les loge-
mens du seigneur et la basse-cour sont, comme tous ceux
du pays, entourés de fossés à eau, Il suffit de creuser la
terre dans ces contrées pour se piocurer cette sorte de
clôture. Ce Qef est à douze cents toises du bourg. II est
régi par la coutume de Dunois. De Charles Bordas, il a
passé à Denis de Givés, puin au Ris de celui-ci, naari de
dame Andrée de Loubes du Saulnn , dont il eut trois Qlles :
deux religieuses; une a été élue prieure de Nazareth à
Nogent-le-Rotrou. Elles avaient fait profession dans le
prieuré de CourviMe , ordre de Saint-Bernard. La dame
Grenet, qui en était prieure perpétuelle, administrait si
{i) Il Tienl de tendre te Mée, dont il porte Je nom , b M. le baron de Montmorency.
BlSTOllŒ
bien les Fonds modiques de la maison à son avantage particulier, que madame des Bois-Besnards , dame d'autant d'esprit que de mérite , se vit forcée d'user du crédit de ses amis pour retirer ses OMes de cette maison. Celle qui est restée dans le monde est épouse de N, de la Mouclielièrc de Saint-Amond , dont elle a deux fils : l'un capitaine réformé du régiment de Montrevel, l'autre lieutenant dans le régiment de Rourbon.
Lb Veunay, âcf dans le quartier des Bois-Bcsnards, dont la haute-justice s'élend sur quelques maisons du bourg, est régi par la coutume de Dunois , du domaine des seigneurs de Courtatain ; sa justice est exercée à l'audience dudit Gourtalain.
La R£Mo>'MÈ:aE, fiefet petit cbAtenu , aussi entouré de fossés ù eau , est dans le quartier appelé de Gourtalain. L'abbé Piélre , seigneur du lieu , y a fait bâtir une petite chapelle en l'honneitr de ta Sainte- Vierge, pour sa commodité parliculièrc, parce qu'il y résidait fréquemment.
La RoDHDiMÉitE, dans le quartier de Sainl-Uomain, n'a rien de particulier que sa cliapelle domestique de Saint- Sébastien , où l'on va processioanollement d'Arrou le jour du patron . dire la grand'messc. Cette terre a passé d'Antoine Bordas, sous-brigadier des gardes-du-corps , à Louis Meunier de Fontcny , par sa femme, nièce dudit Antoine.
lioiSMÉAN, Boscus-Medius , raâme quartier. On vient d'y rebâtir un petit cliStcau en 1759.
Dans le dixième siècle , un chevalier nommé Hardouin , de la suite du comte Eudes 1", donna une partie de Boîsraéan (Bosci-Medii in pago Dunensi^ à l'abbaye de Saint- Père , du consentement de son seigneur , le comte Eudes. Dans le siècle suivant , sous Eudes II, il s'éleva des dilTicultés entre les religieux de Saint-Père et plusieurs chcva-
nu COMTE DE DUNOIS.
liera de la suile de ce comte . qui avoient des perlions dans Boisraêani. Pour les lerrniner, l'abbé Mngenard et les religieux abandonnèrent au comte l'usufruit de ce qu'ils y [lossédaierit, à condition qu'elle retournerait en entier à l'abliaye après la mort dudit comte, moyennant que les religieux abandonneraient alors aux iiériticrsdii comte la terre de Guinz , près le chàteou de Provins , qui leur appartenait; l'acte d'accord fut signé par Eudes et sa femme Berraengardc; Berihe, reine, qui est sans doute la seconde femme d'Eudes I" , fille de Raoul III le Fainéant , roi de la Bourgogne-Transpivaune. On sait l'ancien usage des cnfans des rois, de prendre eux-mûmes, savoir : les mâles, la qualité de roi , et les filles celle de reine. Lesnutrcs témoins sont Agnès, ûllc de Berthe, Yvoii, Renaud, vidame de Chiirlres, Mvelon, Gauscelin, Laudy, Le Large, Gilon, Thibaud, etc.
L'an l">3â , fiuillrvume de Boisméan donna à l'abbaye de la Madeleine de Chûteaudun la moilié d'un seller de blé de rente sur la métairie de Boisméan , du consenlement de Mathieue , sa femme, ce qui indique que l'accord ci-dessus n'avait pas eu tout son effet-
Arrou, suivant la Crois-du-Maine, est la patrie de Jean Boulaizc, prêtre, qui toute sa vie se fit honneur de la pauvreté évangelique , et ne rougit jamais de celle où la nature l'avait fait naître. Des protections et les établissemens de charité lui procurèrent dans sa jeifnesse une éducation que ses parens n'étaient pas en état de lui donner. Une place de boursier dans le collège de Montaigu lut fournit de quoi développer ses talens et faire connaître son mérite à Paris; en sorte que la principalité de son collège ayant vaqué, il en fut élu principal le 20 août 157!. Il était alors absent de Paris. On l'avait envoyé à Rome pour les affaires de l'Eglise. Celte absence donna occasion à un parti contraire à celui
UISTOIHE
qui avait élu Roulaize, de Un duiitiLT un compôtiteiir nommé Jean Margot, qui se mil en exercice. Boiilaize, à son retour cle Home, altaqua riiilruspar les vojps de droit. 11 fut cinq ans environ depuis sa nominiition avant que de pouvoir Tairez terminer cette affaire par un jugement à son avonta{;e. Les gens de mérite ne sont pas toujours e\empls de reproches dans leur conduite. Boulaize, paisible dans la place de principal , s'avisa de chosser de son collège les régens qu'il croyait riches, parce qne, disoit-il, le collège de Montaigu , par son institution , est (e collège des pauvres, ce qui était vrai ; mais il ne faut pas cacher non plus, d'après l'auteur que je cite et In Bibliothèque Charlraine de 1». IJron, que ces régens riches étaient ceux qui avaient élu Margot. Il fout croire que, malgré les .statuts du collège, ce fut la raison qui fil improuver la conduite de Boulaize par ses supérieurs ecclésiastiques. Ils commencèrent par les remontrances pour faire changer de système au principal. Boulaize n'élail pas homme à reculer, lorsqu'il croyait la raison de son côté ; il demeura iutlexible. Sa fermeté alors fut jugée comme l'aurait mérité l'opiniâtreté, et on lança contre lui l'excommunication l'an 1576.
Le principal, frappé du coup , n'en fut point abattu. Il appela comme d'abus au [Parlement de la sentence d'e.Ycommunication; il démontra que sa conduite avait pour fondement sa conscience , éclairée par les règlemens de son collège , qui étaient approuvés par celte coursouveraine ; malgré ses justes remontrances , comme on ne donne qu'avec peine le tort aux supérieurs, surtout lorsque l'église et la robe sont en bonne intelligence , Boulaize ne pouvait réussir à faire prononcer un arrêt. Ces longueurs le portèrent à avoir recours immédiatement au roi. Il en obtint des lettres favorables pour faire lever les censures, en attendant la décision du Parlement.
Itll COMTÉ DE DUNOIS.
Le roi, claus ces lellres, le traite de o son ami et féal D Jean Boulaizc, pr£tre pauvre perpétuel cl père des I» pauvres , principal du collège de Montaigu. « C'étaient sans doute les qtialttèâ que le priocipal avait prises dans son placet.
Il parait, malgré cela , que cette affaire ne se termina , ati bout de deux ans , que par son abdication volontaire de la principalîté.
Itoulaize avait écrit sur un miracle arrivé à Laonen 1566, dans la personne d'une Temme reconnue pour possédée et pour délivrée par la vertu de la sainte hostie, A la tête de cet ouvrage, il mil une lettre qu'il avait adressée au pape Grégoire XIll, dans laquelle il parle du collège de Mon- Ifligu comme du berceau de la société de Jésus , et s'en félicite. Les choses humaines ont leur temps de vogue.
En 1575, il publia un alphabet hébraïque in-folio et un volume in-octavo de la dilFérente signiGcation des mots, par rapport au sens mystique. L'année suivante, qui me parait celle de ses plus grandes agitations, il mit sous presse V Abrégé de ta Langue sainle, in-folio. 11 dédia cet ouvrage à Augustin de Thou , Jean de la Guesle et Barnabe Brisson , auxquels il adresse , dans son épitre dédicaloire , ces paroles singulières : « Délivrez , défendez , aimez le n prêtre Boulaize, votre pauvre perpétuel, ù qui, contre » les statuts de son collège et les arrêts du Parlement, on » refuse le peu qui lui est nécessaire pour sa vie, son » entretien et ses études, dont il jouissait avant qu'on » l'envoyAt à Rome pour avoir soin des biens et de l'église V de Dieu, o
Cet homme, savant et singulier, a aussi composé un commentaire sur les Soixante-et-dix Semaines de Daniel. J'ignore en quel lieu et en quel temps il est mort.
IIISTUJUK
Cette paroisse est aussi h patrie de défunt Jean Tfallou , prètre-chapeluin de Bonrejms , successivement furé de Cliaveiiay ot de Plaisir, où il ost mort le 14 mars 1760. II était né aux Breloiiriières le 2\ août I726, de Jean Gnilou, laboureur, et de Marie Cocquan. Après avoir fait de rapides progrès dans ses premières éludes au collt-ge de Châtoaudun, suas N. Fapion. diacre, prieur de Saint-Marlin-du- Péan , principal de ce collège cl un des meilleurs humanistes de son temps, il les continua duns l'Université de Paris, où une quantité de petites poésies, qui sont manuscrites, lui raéritèreftl l'estime des gens du métier, enlr'aulres du poêle Vadé , qui le jugeait propre à faire quelque chose en ce genre. La bonne lalinité . la pliilosophii; , In théologie n'étaient pas moins de son ressort, s'il eût eu le temps de s'y livrer, mais un faible tempérament l'a fait mourir à la (leur de son âge , et nous a privés dr ce qu'on eûl pu espérer du fruil de ses éludes.
Celles de M. Frain';ois Hattet, chirurgien-major de l'hrtlel- J)ieu d'Etampes, loiil hotmeur i>i son pays. Elles sont relatives à son état ; plusieurs mémoires sur dilTéreris sujets de son art, lui ont assuré l'estime de MM, les académiciens de l'Académie royale de chirurgie établie à Paris en 1731. lieux de CCS écrits lui ont mérité le premier pris d'émulalion nu concours , au ju(;cmont unanime des mêmes académiciens , qui l'ont élu leur associé le il juin 1701, élection confirmée par un brevet du roi, expédié à Marly le 21 du môme mois. Il est né à Guigny. mf-me paroisse.
AU VILLE, Arida-Villa, sur le Couétron , à qualorzi; mille quatre cents toises de Chàlcaudun , a pour seigneur le chevalier de Malte, qni se trouve titulaire de sa commanderie. Cette coramanderiefut fondée pour les chevaliers
PL' COMTK Dli DU.NOIS.
du Temple, dttruils en 1314; ceux de Saint-Jcan-de- Jérusalem leur ont succédé. Celles de la Boissièrc- lès- Cliilteaudun et de Suurs ont un même titulaire.
L'an 1227, Renaud d'ArvjIlc chargea le maître du Temple dudit lieu d'une renie d'un demi-rauîd de Lié envers l'abbaye de Saint-Avit. Comme elle n'était pas acquittée l'an 1239, Albéric , év(}que de Chartres, écrivit de Châteaudun h Benaud , maître du Temple d'Arville, de faire justice sur cet article aux religieuses.
On prétend qu'il y avait beaucoup de juifs à Arvilte, et qu'on peut le démontrer par des titres du château de la Fontenellc. On voit dans le bourg d'Arville les restes d'un grand bâtiment que l'on nomme encore la Juiverifi. On estime que c'était la Synagogue.
La cure dépend de Malte; comme son revenu n'est que la portion de trois cents liires, on dédaigne do faire faire la caravane aus curés qui restent séculiers.
ACTAIN VILLE , ou ÛTTAiPiviLi-E , Ottainvilla et Octinvilla, à onze mille trois cents toises de Châteaudun , de son élection , bailliage de Dunois, au siège de la baronnie et chûtellenie de Marchenoir. Celte paroisse est de l'évêché deBlois depuis son érection en lfi97. Elle était de l'archidiaconé de Dunois. Sainl-Sulpicc en est le patron. L'évêque de Blois nomme à la cure comme abbé de Pontlevoy.
La Chèsk , petit château , appartenait à N. de Marcel de Galon , copilaine do grenadiers au régiment de Gondrin . tué au siège de Fritourg.
La Beiossb vient d'être bAtio par M, Bodin de Vaux, maréchal-de-eamp. Son frère , chevalier de Saint-Louis, qui a épousé N. de la Perrière, en a hérité.
IllSTOlkE
AUTHON et AUTON, bourg clos el une des cinq baronoies dites du Perche-Gouel, prés la source de l'Ozanne, est sur une élévation distante de Châteaudun de dix-huit mille toises ; il est de son éleclioti el de l'archidiaconé de Danois- Le calvinisme avait Tait les plus grands progrès dans ce bourg, et il y a encore quelques familles qui s'en ressentent, La fabrique des étamiiies y a été fort considérable, et elle s'y soutient encore. Il s'y lient un marché le jeudi de chaque semaine. Il y a grenier à sel. La ramille des Le Clerc de Lesscvillc est en possession de cette baronnie.
AUTUEUIL. Astolium et Altolium, n'est éloigné de Chàteaudun que de quatre mille toises. Il est de son siège en première instance. Cette paroisse est de l'évèché de IMois, où ChMeauduu mâmc aurait été conquis , sans une opposition formelle de Paul de Godet, évoque de Chartres , lors de la nouvelle érection. L'église est sous le titre de Saint-Avit. L'abbé de Saint-Lotncr nommait ta cure, aujourd'hui l'ordinaire , qui en a l'abbaye.
BAIGNOLET, Batnoîetum, distant de Chàteaudun de douze raille toises , de son élection , ressort de Janville , coutume d'Orléans. La seigneurie de Kaignolet fut aumAnée à l'abbaye de Boiineval , par un clerc d'Elampes nommé Frédéric, qui ta tenait de ses pères; ce don fut confirmé par le roi Lothaire, ainsi que porte une charte de Louisle-Gros, de l'an 1122. Celle charte avait pour but de pacifier les différends des religieu:ii de Ronneval avec Hugues du Puiset. Ebrard, pore de celui-ci, avait commencé à donner occasion à son fils de colorer ses prétentions, sous prétexte
1>U COMTÉ Dli DUXOlri.
de ia garde dont on l'avait char{;é, ou qu'il s'était arrogée, pour augmenter les droits de sa seigneurie du Puiset et les élentJre.
Les guerres favorisaient l'ambition et l'injuslice de ces seigneurs. Les religieux de Ronneval , comme bien d'autres, trouvaient d'abord ieur compte à sacrifier volontairement quelque chose de leurs revenus vis-à-vis de puissans gardiens , qui mettiiient leurs biens h couvert des dévastations des ennemis. Ebrard leur avait rendu ce service, et son fils voulait se faire u» droit de ce que les religieui avaient accordé au père par reconnaissance. Hugues voulait les gnrder malgré eus dans celte portion du Dunois, même jusqu'à Cormainville. Louis-le-Gros, dans cet accommodement, arrêta une partie de ses prétentions et de sesesactions. mais la garde lui resta , espèce de droit féodal qui a écarté Baignolet de la suzeraineté des comtes de Dunois, de même que l'attribution du ressort de sa justice au siège de Janviile, parce que les rois, et spécialement Piiilippele-Bel , avaient mis les religieux de Bonneval sous la protection des baillis d'Orléans.
Après la donation dont nous venons de parler, il restait encore des seigneurs du nom de Baignolet , comme Yves de Baignolet, qui signa, l'an tll9 . une cliarle du vidaine de Chartres, Nivelon de Frelteva! et Drison , son flis, en faveur de Saint-Père. Ils y possédaient mûme encore quelque chose, car Robert, dit Crassus de Baignolet, y donna du bien aux religieux de Bonneval, au mois de janvier 1250, don qui fut rendu public par Mathieu , évèque de Chartres.
Les retigieuE ont trouvé, dans les temps, les revenus de leur église de Baignolet sufîisans pour en former un de ces titres que l'on nomme prieurés, du nom de celui qui
IIISTOIUK
nom. Suivant le cartulaire ancien de Saint-Cèrc, que l'on nomme velus Aganus , compilé par le moine Paul , qui vivait en lOGG , Odon de Basoches vivait dans te douzième siècle, Henri de Sailli en était seigneur en 1671. Cette terre a passé ensuilc aux seigneurs de Uangcau, Courcillon. Charlotte, Hélène-Françoise et Hélène-Suzanne de Courcillon, qui signaient Du Flessis , La rerrine, sœurs de Philippe, marquis de Dangeau , y Faisaient leur résidence dans la maison seigneuriale, rebâtie de leur temps. Vers 1G80, celte terre a passé par vente à Louis-François, marquis de Laubespiruie, seigneur de Varize , et Marie- Françoise de Beauvilliers-Saint-Aignan , son épouse , auxquels vient de succéder M. le marquis de Laubespinne, leur (ils, qui a épousé madame de bélhune-Sulti . dame de Cour vil le.
Cette paroisse s'est signalée par le malheureux attachement à la doctrine de Calvin. 11 y a encore au moins une douzaine d'habitans du bourg qui en sont partisans . sans trop la connaître que par tradition. Son proche était un des plus publics et des plus fréquentés du Dunois après celui de Marchenoir. Le bâtiment en subsiste encore en maison raanable , dont la propriélé a été adjugée par conUscation h l'hôtel -Dieu de Châteaudun, conrormémcut aux édits de Louis XIV.
C'était principalement la religion dominante à Basoches qui renduiit ce séjour agréable à mesdemoiselles de Courcillon, qui en Taisaient profession d'après leur père. Elles y étaient si fort attachées, qu'après l'iiilerdit du prêche, elles en firent transporter la chaire et les bancs dans une chambre de leur maison , où le fermier loge actuellement ses chevaux. On voit encore dans un passage de leur appartement, au lieu d'assemblée, une grande embrasure
garnie de tnbletles, où les assiittans laissaient leurs livres de prières, ainsi que le mitvistre. Les deux aîoiies sont nnortes dans leur reli{îion , la prenriêre en Angleterre. N. Sarrante, curé de Daiigeau , trouva de la racilité à Taire passer la plus jeune du calvinisme à ce qu'on appelait jansénisme;. C'est la chaire du prédicant qu'on voit encore dans l'église de Hasoclies , où on i'ij transférée au cliâteau.
11 ne paraît pas cependant que celle doctrine ait jamais
été totale dans celte paroisse, et c'étnil peut-être pour rassurer le petit nombre, qu'on avait praliciué dans la tour ronde qui sert de clocher, quantité de meurtrières qui vienneitt d'être bouchées. On sait que dans les endroits où les calvinistes ctaient en majorité , les falholir[ues étaient obligés de se tenir sur la défensive. Je n'ai cependant pas été instruit qu'il y eût eu de graTids troubles à Basoches à ce sujet. Dans urt temps, les calvinistes, au contraire, demandèrent avec douceur qu'on leur laissftt libre une portion du cimetière pour leur sépulture . et ils se contentèrent , sur le refus du curé et des catholiques, de se pourvoir devant le juge royal à Blois, qui les débouta de leur requête, Ils prirent alors le parti paisible de s'en former un particulier près du chemin qui conduit de Basoches h Boissay , et qui est actuellement en jardin.
Il y avait au pied de la tour de l'église une chapelle dédiée à saint Jacques, qui est détruite. Comme c'est un titre qui a deux ceols livres de revenu , cette chapelle étant venue h, vaquer , une des deux Hélène de Courcillou s'avisa d'en pourvoir son ministre, qui était probablement quelque clerc défroqué, mais il perdit la concurrence avec un ecclésiastique qui y fut nommé par l'ordinaire. Ce litre est encore h In nomination du seigneur.
L'église de Basoches avait été aumônée à l'abbaye de
'ik
HISTOIRK
Bonncval. Ses religieux y ont formé un prieuré qui est à
la nomination de t'nblté , de même que te titre du curé.
Depuis quelem;)rquisdiî Laubespinne a fait l'acquisition de Basoclics, il a transporté l'eiercico de la justice à l'auditoire de Varizc. Etje est du ressort du bailliage de Dunois à Ghâteaudun.
ViLLBRETt sur la Conie , est un flef qui appartenait, en 1658 , à François de Saumery et Jeanne de Tarrjignn , son épouse; en 1069, à François, fils des précédetis, mari de Marguerite Challou ; à autre François, petit-fils, en IfiSi ; il avait pour femme Louise de l'Etang; et on 1709. à Louise d'Autruy, épouse de Gabriel d'Ecliallard.
BoissAY, aulro (ief aussi sur la Conie, était possédé en 1600. par Esùcliius-llavid d'Ergnoutel sa femme. Flisiibolli du Montdoré. César MoUay en est devenu propriétaire par son mariage avec Marguerite de Saumery, Leur fils en jouit.
BEAL'VILLIER. lleUum-ViUare , distant de treize mille trois cents toises de Châteaudun et de son élection, dépend en première instance pour la justice du bailliage de Du nuis »a siège de MarcJienoir, Ils'est nommé autrefois le Plessis- Minard (Plesseium-MenardiJ, Cette paroisse, avant Térection de l'évêclié do Blois, était de l'arcliidiaconé de Danois. Elle a saint Mamerl pour patron.
Va domaine et fief de ce lieu, dont le château ruiné est dans le bourg, se nommait Les Lanhes. Il a apparteim à la maison de Maitlé-Bresé. Marguerite ['nnreval , épouse de Louisde Maillé Bresé, radonnéàson neveu . M. Alexandre- Pierre Parceviil, acquéreurdeOucques, le Ptessis d'Escbelle et Briou , où il réside , et dont il a fait rebâtir le château. Cette dernière terre est de l'Orléanais.
DU COiMTÉ ME DUNOIS.
Les Qefel jusCice des Bordbs-Meslin', dans le même
bourg, appartiennent nu même seigneur.
Kovii.i-ON, autre Ref, est du domaine 'Je Vitlcgomblain. La petite rivière de Rovillori prend sa source aui étangs de Beauivillierel (J'Oucc|ues.
KINAS, de l'élection de Ctiâteaudun , d'où son bourg est éloigné de onze mille toises, a pour patron de son église saint Maurice. L'archidiacre de Dunois était présentatenr de sa cure avant que Blois fut évéclié.
Quoique les curés de Binas prissent la qualité de barons de Binns, excepté les deux derniers, ça toujours été sans préjudirier aui droits des comtes de Dunois, qui en étaient seigneurs immédiats, ni à feur siège de justice de Marchenoir, où les habita ns de Binas allaient plaider en première instance, avant la concession dont nous allons parler.
Cbantosmb, Cantusma, un des plus jolis châteaux du Dunois , distant de treize cents toises de Binas, avait pour propriétaire en 1555, Jncques Fleurleau. Léonard Fleurteau , son flis, mari de Marie Noblesse, le possédait en 1572. Pierre Fleurteau , trésorier de France à Orléans , fils de ceux-ci, leur succéda ; sa femme se nommait Madeleine Lamiraud. lis eurent un Ois nommé Jacques, qui fît rebâtir le château de Chantosme. Il en fonda \n chapelle le 15 octobre 1640, par acte devant Douer et Guérineau, notaires. Il y donne aux curé:^ de Binas « soixante livres de » rente annuelle, ou la moitié de la dîme du terroir de t> Villesicler , â Ea charge d'une messe et anniversaire pour fi le repos de son âme et celle de Philippe de Fleurteau , 0 et encore de dire une messe tous les vendredis dans » ladite chapelle. f>
nisroïKi':
GosLon-Jean-ltapliste Terrât, chancelicrdu duc d'Orlénns, gramt-lnSsoricr des ordres du roi , seigneur de Chnnlosrae, mort sans postérité te 19 mars 171 9, obtint !a haute, moyenne et basse justice sur la paroisse de Binas et hnraeaijs en dé[)endaiit. de Marie d'Orléans, comtesse tJe Uunois, veu^o du duc du Nemours, par lettres données à Paris, le 25 septembre IGOii, confirmées par lettres patentes doimées à Marly. au mois de juillet 1C96, enregistrées au Parlement le 7 août de la mûme année. Il avait sollicité celte concession pour parvenir à ("aire éri^jer (.Iianlosme en marquisat, pour lui et ses descendans en ligne directe, ce qu'il fit exécuter par des lettres-patentes données à Versailles au mois de décembre môme année 1C9(j, portant union à la terre de Chatitosme des terres et seijçneuries de Binas, Ablainville, Meninville, La Folleticre, Saint- Laurent-des-Bois et Tavers; ces deux dernières sont paroisses ainsi que Uinas. Au moyen de la concession de la dernière, on mêlait l'Orléanais avec le Dunois pourfonrier i:c marquisat.
Chanlosme avec ses dépendances a passé par contrat de vente du '20 mai 1739, devant Prévôt, notaire à Paris, à M. Pierre-Antoine de Jaucourt et Suzanne-Marie de Vivons, son épotue. On l'appelle le marquis dcC.bantostne, dont deux cnfans: Pierre, dit le comte de Jaucourt, mcstrede-camp et enseigne des gendarmes écossais, marié le 11 juillet 1752, à tlisîibetfi-Snphie (jilly ; et Henri, enseigne de vaisseau; un troisième, le vicomte de Jaucourt, aidemajor des gardes Irançaises; tous trois neveux de M. le chevalier de Jaucourt, si connu dans la république des Lettres, et qui a tant fourni d'articles dans VEncychpcdie.
Saint-Jean, chapelle dans le village d'Ablainvillo , où setiennent l'assemblée et la louée des domestiques, le jour de Saint-Jean-Bapliste.
DU COM'IÉ Uli UUNOIï;.
Meiziùres, (ief uL petit chAteau donl on vient d'nrncr lus dehors par des avenues plantées.
BOISGASSON, Hoscus-Gassonii , dislaril de ChAlpnuduri àii sis mille qualrr cents toise? ; suri église fut donnée diins le oiiîième sièctc aux rcljj»ieas de la celle de Saint- Julien de 1)0 uy.
ViLLKMESLB en est le ehAleau seigneurial. Il a été érigé en c"lic\lcllenie dans ce siècle, par l'union des seigneuries de Boisgasson, Langcj . Bouffrj et La Kerté-de-Fer. L'audience de celte ehiVleltenie est dans le bourg , et les appels eu sont [Mirlès partie à Cliaiciiuduii , partie à Montigny , selon les ressorts d'où dépendaient les justices avant leur union. Ellfssont au nombre de cinq.
Boisgasîjoa et Villeinesle ont appartenu ani maisons d'Illiors, de Reniy , ensuite à N. Desloges qui , par ses injustices envers ses vassaux et sa eonniveiice avecson juge, occasionna ['interdiction de ta justice de Boisgasson , qui n'a été levée qu'après l'acquisition de cette terre par Pierre-Marie Tyroux , seigneur d'Ouarville, conseiller nu Parlement. M. Marie Tyroux , son fils, maître des requêtes, qui en jouit, a beaucoup travaillé à l'ernbellissemeot de ce joli château j par quantité de pliiriliitions alignées , surtout sur le chemin de Droué et dans le bourg. Il y a plus de trente ans que la foudre détruisit la Hècbe du clocher de Boisgasson , que l'on a réduit ù un petit dôme.
La Febté-de-Fer . ou couverte de fer, Firmitas- Ferrea , lief et justice réunis à la châtellenie de Villemesle. Il y avait autrefois une petite forteresse qui a soutenu des sièges dans les guerres intestines , et où elle a succombé. Les .anglais, pour la prendre , avaient assis leur camp à an endroit nommé la Motte, où, jusqu'à ces temps, il était
IIISTOIHE
cette église a été hâtie an commencement du onzième siècle; car. suivant cette tradition , ce fut des Tourneaux à chaux qae l'on avait construits pnur sa bâtisse , iiue tes habitans de Booneval prirent occasion de conduire par aumône les voilures de chaus à Chaitres, dont parle Ronillard dans sort histoire , pour contribuer au n'tfiblissement de la première église du diocèse, ijue rebâtissait l'évôquc Fulbert, parce qu'elle avait été brûlée pnr accident l'an 1020.
On dit aussi à Bonneval que cette église, dans son origine , était pour les Templiers ; mais on sait que les chevaliers du Temple n'ont été institués à Jérusalem qu'en 1118, ce qui détruirait la première tradition. Son chœur était autrefois clos de murs qui en remplissaient les arcades à une grande élévation , et même en face de la nef, ce qui indiquerait qu'elle n'aurait pns été seulement paroissiale. En efTet, il y a une ancienne l'ondalion dont le litre portait, h ce que m'a dit le pasieur actuel , que les prières que Ion demandait seraient Faites à la cliapelle de Saint-Nicolas , chapelle paroissiale de la fondatrice dans ladite église , laquelle y subsiste encore (1). Peut-être que le chœur fermé n servi auK religieux même de l'abbaye. Les papes qui . pour leur intérêt particulier autant que pour l'intérêt de la religion en général, ont donné la préférence aux moines sur le corps des fidèles de chaque ptaroissu où il y avait ûe ces moines, obligèrent ces troupeaux et leurs pasteurs de se reléguer dans des ctiupellcs ou dans le bas de la nef. dès qu'il y aurait au moins quatre ou cinq moines dltacliés à ces églises.
(I) Selon ThieTS, ces cidiures île rauralllei n'ont él6 mises en usage que drpuis le dauitème siècle, et potir se garantir des injures de l'air dans un siî-de où Urbain H a augnitnU- b longueur des oflices par rétablissement de celui de la Vicigo et par les Totidalinns de ct'Iui des morts. Celle dont est question pouvait avoir été des |>lu} ancienne; de ces clôtures.
C'est ce qu'Ak'iiandre [|[, étant à Bourges , fil spécialement en fiiveur do ralvbnjo de Saint-Pk'rre de Chartres, par une bulle du 28 avril llfiT. Il y inlertJit le grand-autel aus prôtresou chapelains , c'est-à-dire curés dans les celles ou obi'dicnces de ladite abbaye où il y aurait quatre ou cinq moines.
Je dirai eti passant que, dans la mCnie bulle, ce pape donne pouvoir à l'ahbé de Saint-Père de présentera révoque des prêtres pour desservir les paroisses dépendantes de l'abljaye, qui seront sujets de l'évéque pour le spirituel , et de Tahbé et des moines pour le temporel, abus qui est toujours regardé avec assez diiidiUéretiice parles puissances qui seules le peuvent corriger.
Il y a aussi dans l'enceinte de Bonneval un petit hôlel- Dieu et sa chapelle proche la porte de Saint- Michel, On y entretient des lits pour les malades.
Les comtes du pays de Dnnois ont conservé dans Bonneval une petite juridiction qui porte le nom de prévôté. Celte qu'ils ont abandonnée aus moines, et que le peuple nomme bailliage, parce que l'on traite son juge de bailli, fait un contraste avec l'usage par lequel les bailliages sont au-dessus des prévôtés. Au contraire, la prévôté de Bonneval est au-dessus de ce quasi-bailliage , sans droit de ressort cependant . mais de préférence exclusive pour les cas royanx et la police générale. La prévôté de Donneval ayant été liée, comme je l'ai dit, au domaine du comté, puis duché de Chartres, elle s'est trouvée justice royale comme celle de Chartres même.
Le prévAtde Donncval prend aussi la qualité de président, parce qu'il préside dans le bureau de l'hôlel-de-ville. Il paraît que les comtes n'ont établi ce juge dans Bonneval , que pour y témoigner A perpéluilé de leur droit de suzeraineté, sans vouloir préjudicier aus droits et privilèges
H iS 101 HE
qu'eux et les vicomtes de Ch&tcaudun avaient accordés aux religieux pour radniinistritlion de la justice . non plus qu'à ceux, que les uns et les autres iivuienl sollicités avec tout le zèle possible auprès des souvernins pour le rnSme moitastère ; aussi ce prévôt u'a-t-il de juridiciiou iminédiale dans Bonneval que, comme je l'ai dit, pour les cas royaux el la (lolice générale.
11 y a eu ccpcndatit, en dilTércns temps, des difficultés entre les comtes et les religieux , à l'occasion de ce juge. Thibaud IV les termina avec eux l'an 1118. dans le palais épiscopui de Godefroy, évoque de Chartres. Dernier était pour lors abbé. Ce fut lui , avec sa communauté , qui accorda au même Thibaud une place près des murs de son abbaye, sur la grève. Ce comte y lit bâtir une maison qui tut agrandie par Catherine, veuve du comte Louis, par une augmentation de terrain qu'elle obtint aussi des moines, moyennant deux sols de rente. Depuis que les comtes ont cessé de fréquenter celle maisonnette, à laquelle leur piété Uumble et la vie édiliantc des religieux de Bonneval avaient donné naissance, on s'en e.'ît servi jusqu'à son entière destruction pour tenir l'audience de l<i prévôté. Elle portait le nom de la Salle , nom usité dans les siècles atitéricurs pour signiQer la miiison ou le palais des grands seigneurs. On voit encore les restes de ses fondations.
Il y eut aussi des arrangemens entre te comte Louis et les religieux de Bonneval, pour leurs droits respectifs, l'an 1198. dont fut témoin Goherius de Lanneray et autres seigneurs du pays. Ce comte étendit les siens un peu plus que ses prédécesseurs ; mais Tliibaud VI en retrancha la coutume de prendre dans ses passages les chevaux des habitans ; il se réserva seulement celle de se servir de leurs 0 chaudières et trépieds, et confirma aux religieux la justice s d'Ormoy. d de Ulmo.
DU COMTE Dli: DUNOIS.
Une môme chambre à loger sert d'audience au prévôt,
au juge des religieuii, et de lieu d'assemblée pour le corpsde-ville. L'audience des religieux était précédemment audessus des halles qui leur appartieinicnt ; Guillaume de La Voue, leur abbé, les lit accroître par l'acquisition qu'il 6t d'une maison voisine, le 8 octobre 15'2'i.
Les prisons, sont communes et sont entretenues par les religieux.
Outre Notre-Dame , rsonneval » deux autres églises paroissiales dans ses petits Taubourgs. Celle de Saint-Michel, la plus ancienne de toutes, était dans sa première enceinte. On voit autour de son faubourg les restes de cette ancienne clôture; les murs subsistent encore en partie dans toute leur élévation an nord de l'église; la porte du côté de Chartres a été démolie dans ce siècle ; celle par où on allait à Châteaudun subsiste encore, ainsi (jue son pont de bois et un autre pont plus loin, sur le lit de la rivière. Il est de pierre et très-ancien. De ce pont, le chemin tournait la colline sur la gauche jusqu'à la chapelle de Saint-Jacques, de là à Sainl-Martin-du-Péan jusqu'au côlé de Saint-Christophe. Cette chaussée, des Romains ou des Gaulois, est bien entière dans cet espace.
On dit que les habitans de Saint-Michel n'ont été séparés de la ville , que parce qu'ils n'ont pas voulu se soumettre à un sur-cens que les religieux exigèrent pour se dédommager des dépenses qu'ils faisaient pour rétablir la clôture , bien plus endommagée des autres parts. On nomme ce sur-cens droit de mi-carême, peut-être relativement au jour où il était exigible.
On croit que l'église de Saint-Sauveur doit son origine à un cimetière commun qui ne sert cependant plus qu'aux habitans de cette paroisse , et que c'est pour en conserver
UISTUIIIE
le souvenir que la processinn générale y vn tous les ans faire l'adoration, le )our des Ramcauii.
L'abbaye, au su*]-ouest de h ville, renferme l'ulije ot l'agréable, leshois et les eaus. Lu rivière lui prorure d'un cAté une clôture grat^ieuse. Klle en avait une autre de niuraillnsdu mfime côté, qui rerjrermaituii bien plus grand terrain. Ces murs sont presque entiers, depuis le petit faubourg de Saint-Jacqnes (1) Jusqu'à Saint-Martiu-du- Péan.
Les lieux réguliers qui , avec l'église qu'ils joignent , forment le carré des cloîtres , sont récemment bâtis. L'église est grande : ce qu'elle a soulTcrt des guerres y est attesté par de nombreuses réparations, H n'y a que les bas-côtés de voùLés , la nef n'est pas môme lambrissée. On croit qu'elle fut dédiée vers 860 , mais il est clair que ce n'est pas le vaisseau actuel qui reçut celte dédicace , mais saos doute une portion de souterrain où l'on éleva la première église. A la droite de l.i porte d'entrée , au nord , du côté de la ville, on voit un ancien tombeau élevé et en pierre, avec une figure couchée qui représente un homme d'armes maillé jusqu'à la tête inclusiveineiil , et dont le bouclier est en pointe el »ans écusson. Le zèle de certains religieux pour leurs maisons produit toutes sortes d'efléJs ; il a valu k ce tombeau une inscription fort récente qui l'annonce pour être celui de Foulques, fondateur de celle abbaye, dont j'ai fait mention dans l'histoire, et aussi une petite slfltiic de femme sous li's pieds de laquelle est une plaque , parce qu'outre les bienfaits de la personne qu'elle repré- .sente à l'égard de celte abbaye, elle annonçait la charité de la même personne pour les pauvres de Bonneval et de
(1) Ce fautMurg, du c6lÉ de Chateaudun, se nomme de Saint- Jacques, du iiorn du patron d'une cbupelle que l'on vient de raser, el on commence prëcisémcDl deeccCtii 1» nguvelte route tracée par ordre du Conseil.
DU CO.MTÉ DE DUNOfS.
son territoire , ausqucis elle ordonnail qu'il fût distribué annuellement par les relif;ieut une qudntilc assez considérable (le bié , qu'ils font donner fictuellcment en pain. Cette tigure est au [tilier du cdté de l'évangile , lequel est de nivcnu au jubé.
C'est à cette obbaje que la ville de Honnoval doit son existence. La petite chronique de Bonncval, manuscrit du dixième siècle, dont le père Mabillon (ait mention duns les actes des saints de l'ordre de Snint-Benoît, est le plus ancien ouvrage qui fasse mention de ce lieu. On ne peut pas juger, d après cet écrit, de ce qu'il y avait d'habitations dans b vallée de BotMioval, lorsque le seigneur Foulques y donna . l'an 8il ou 812, de quoi y former un monastère; mais la route ancienne de Chartres ù t^hûteauduu par cet endroit, peut nous faire présumer qu'il y avait au moins quelque h(»spice pour les passans, vers le pont de Saint-Michel.
La chronique n'annonce aucune église dans le lieu de Bonneval où Foulques fonda l'abbaye; elle semble même insinuer que ce lieu était de la paroisse de Saint Maurice. C'est ainsi que dom Mabillon l'a copiée :
fl Anno DominiSki. ve/8i2, quidam miîes^ Fuko nomme, n videns locum habilem ad œdificaiionem Monachoïum , n dédit de sitn fisro et de suis hœreditariis ad Cœuùbium n monachile inslruendum , tton solùtn lionam- VaUetn sed p et ecclesiam Sancti-Mauricii aliasque el villas et ecclesias , B numéro plus quàm viginli. w
11 est étonnant qu'un seigneur à qui on attribue tant de biens, et môme la possession de quelques églises, ne soit connu que par celte chronique; mais on peut toujours présumer, par ce que je viens de transcrire, que la vallée de Bonneval était de la paroisse de Saint-Maurice, ce que semble indiquer le sed et et l'église même de Sainl-Maurice.
iiisroiiu:
Quoiqu'il en soit, il paraît toujours que Sonneval était peu de chose au temps de la foridîitiori de son nbbaye , car l'an 877, la première du règne de Louis-le-Bégue , le comte du lieu , c'est-à-dire Lambert, comLc dcChâleaudun. craignant pour tes religieux de Bonnevnl la Turcur des Normands, qui avaient commcnci'î à paraître sur nos côtes dès l'an 818. et dont les brigandages étaient devenus fort redontableij depuis ce temps. gr.1ce à la faiblesse du gouvernement, assigna, comme je l'ai dit, un lieu de refuge à ces religieux dans Ciiâteaudun, pour en faire usage dans l'occasion. Gausmar, qui mourut l'année suivante 878, était pour lors abt>é et reçut ce bienfait.
Bonneval s'arcrul avec le temps. Il formait un bourg au commencement du douzième siècle , comme il paraît par une charte de l'abbaye, insérée dans la Gallia Ckrisliana. On y voit qu'Alis ou Adèle, qui était veuve du comte Etienne dès M09, eut occasion d'entrer dans une grande colère contre les religieux et les habitansde Bonneval, à cause du meurtre d'un de ses vassauï commis dans ce lieu (1). Pour venger cet attentat, A lis imposa une taille sur le bourg de Bonneval, esl-tl dit : v tnburgo Bona- » vallemi. » Les religieux représentèrent d'abord à la comtesse qu'elle agissait contre les privilèges qui leur avaient été accordés, et lui en firent remettre la teneur reproduite dons des anciens litres souscrits par les comtes et les vicomtes de Châteaudun. La comtesse était trop irritée , ils ne furent pas écoutés favorablement. Ils renouvelèrent leurs instances l'an 1109 . par une supplique où ils pressaient la comtesse de cesser d'exiger sur leur bourg (in bttrgo illorumj une coutume si onéreuse et qui était
(1) Ce TDSsal se Dominait Hugiic»LeDoir. La cent qDaftre-Tiugt-scptième leUre d'Yves de Chartres , qui est à In comtesse Adèle, est pour l'apaiser contre les RR. dans cette occaiion.
DU COMTE hE DUNOIS,
nouvelle. La comtesse se laissa enfin fléchir , spùcinlement par les sollicilalions de l'évoque Yves el par les conseils de ses enfans , les comtes Thibiuid et Etienne ; et comme on lui avait appan^mment persuada qu'elle avait beaucoup manqué envers Dieu et les saints par celte façon de punir le crime, elle fit une satisfaclion publique devant l'autel des saints martyrs Marcellîn, Pierre, Florentin el Hilaire, c'est-à-dire disns le chœur des religieux , en présence dudit évoque saint Yves , de Bcrnier, abbé de Bonncval , pour lors grand ami de l'évêque. et de Guillaume, abbé de Saint-Père de Cliarlres.
Pour qu'il ne prît pas envie ani successeurs de la comtesse de suivre son exemple pour les impositions , l'abbé Bernier se fit présenter l'année suivante au roi Louis-le- Gros , par le comte Thibaud I\^ et par Hufîues lit , vicomte de Chàteaudun , qui lui Qrent obtenir la ratification de l'abolition de taille sur le bour;:; de Bonneval. Ceci se passa à Élampcs, où tes lettres furent expédiées le 14 septembre Il 10, le roi y étant alors. Thibaud souscrivit ces lettres ainsi que le vicomte Hugues, avec GeolTroy , son fils, Payen de Ch;1teaudun (^Payuniis £>uncnsis^et Guy de Manneville.
Malgré ces précautions, les comtes levèrent encore des tailles dans la suite sur les habitaris do Bonneval, Les religieux n'en obtinrent l'esemplion pour Tannée 1188, qu'au moyen de la somme de cent ;'livres qu'ils donnèrent à Thibaud V.
Bonneval n'élait qu'un bourg l'an 1109, comme on vient de le voir, mais il devait Être clos, puisque sur la fin de 1110, ou au commencement de Hlf , il fui pris d'assaut par Louis-le-Gros , comme je l'ai dit dans l'histoire. Je lui trouve le titre de ville dans une autre charte de Louis-le- Gros , de lan 1118. Il est vrai qu'il est eikprimé par le mot
nisTomi:
vUla, qui , dans la bonne l.itinité , ne signiGe point oi'la , mais qui est si souvent emplujé dans ce sens sur nos moiiuinens et à propos irittiiienne» villes, qu'il est naturel d'en conclure, rrayant pns d'autres renseigneniens sur ce fait, que Bonneval a <;omme»t'<î dès cette époque à ûtre truite de ville.
Avant ce que j'ai dit de la dot de la comtesse Jeanne de Chûtillon et la vente de Bonncval à Philippe-le-Bel , on ne sait si sa possession n'avait pas passé entre les mains d'Ahard de Bonneval cL di; Gavin de Boniieval, son fils. On trouve la signature de ce dernier dans une charte du comte Henri-Etienne, de l'an llOâ, par laquelle il alFrancliissait la maison des évoques de Chartres de tout piilage à leur mort.
Les vidâmes deCliarlres ont eu aussi Bonneval ; et si ce n'était pas (mi qualité de seigneur de Meslai queNivelon de Fretteval ratifia la vente que Hicherde Jupeau avait faite à Ciirard , abbé de Bonneval, de sa [erre dudil Jupeau, l'an 1103, on pouvait présumer que c'était en qualité de seigneur de Bonneval que, dès ce tem(»s, ils le possédaient, et que les deux que je viens de nommer pourraient être de leur maison. Les comtes retirèrent Bonneval d'entre les mains de ceux de cette maison des vidâmes de Chartres, seigneurs de .Meslai , et je n'ai pas découvert la raison qui le leur 6t restituer par des lettres du comte Jean de Châtilton , données à Chinon , l'an liGl , en faveur de Mathieu, vidarae de Chartres, reslitulion qui fut ratifiée à ce qu'on dit, par Pierre de France. Cette ratification n'est pas probable ; la restitution même n'a pas eu lieu, ou Jean de Cliùtiilon lui-même racheta Boimeval des vidâmes après cette restitutioti , puisqu'il donna Donnerai en dot à sa fille, l'an 1263, en faveur de son mariage avec ledit prince Pierre de France.
Quoiqu'il en soil, Jeanne de Châtillon , devenue veuve dudit prince, vendit Bonnevnl à Phi!ippe-le-Bel, et ce roi en gratifia son Trèrc Charles de Valois , à qui il le donna en opnnage en môme temps que le duché de Cliartres. l'an
Comme ce n:ionarqoc avait de la bonne volonté pour les rcligieus du monastère rie lîonneval, il chargea, après cette gratification , son bnilli d'Orléans de proléger Tabbé et lesi religieux dudit monastère, surtout « contre son » très-cher frère Charles, comte de Chartres. »
Outre ce que nous avons dit ù l'occasion des seigneurs du Puisct, cet ordre ne peut-il pas être regarda comme un des moyens dont on s'est servi pour étendre le ressort des baillis d'Orléans sur plusieurs objets du Dunois. Celle charge qu'il donnait au bailli pouvait-elle avoir autrement son elTet qu'en le faisant juge des parties? Le même roi Philippe soumit de même les appellations de la iustice temporelle du chapitre de Chartres , au môme bailli d'Orléans ou à son lieutenant , dans la châlellein'c de Janville, ensuite au juge de Poissy , et son fils Jean au Parlement, l'an 1356.
La ville de Bonneval a éprouvé bien des calamités dans les guerres des .Vngiais. Ils s'en rendirent maîtres vers 1370, comme on le voit par une charte d'Yolande de Flandres, comtesse de Bar et dame des Cinq-Baronnies, du 26 février 1377, Ce fut peut-être Robert Canotle, lieutenant-général anglais, qui s'en rendit maître lorsque de la Champagne il passa par Paris, et de là dans l'Anjou et le Maine.
Dans le siècle suivant , Bonneval n'eut pas moins à souffrir ; il fut le triste jouet des armées anglaises et françaises. Pris en 1420 par les Anglais et les Bourguignons . il fut repris l'année suivante , après la bataille de Beaugé , par le
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mSTOlHE
dauphin, qui fut Charles VII. Aussi maltraités à-peu-près p»r un |varli que pnr l'autre, leti habittins atinndonnèrpnt leurs foyers et se retirèrent , ainsi que les religieux de l'abbaye, dans des lieus moins exposés. Lassés bientôt Je leur vie fugitive, ils présentèrent requête au roi Charles VII, l'an 1424, pour lui demander ce qu'ils croyaient nécessaire pour rentrer avec quelque silrelé dans leurs anciens asiles, exposant à Sa Majesté qu'ils manquaient de tout.
Le roi écouta favorablement la supplique des religieux eldcs habitans ; mais comme il n'était pas en état par luimême de parer à tous les inconvénicns où leur retour les exposerait eux et leur ville, il leur permit de prendre des saufs-conduits de ses ennemis mûmes et des lettres de sûreté. Les siennes sont du 6 mars 1424.. Il leur donna pour capitaine-gouverneur de leur ville un chevalier du pays nommé Philippe de MculTes ou Mousces, Mcaussé peutêtre . seigneur de la Folie-Herbault ; leur permit de se défendre par la voie des armes envers et contre tous ceux qui entreprendraient de les molester, fût-ce les gens du roi même.
Ces précautions étaient faibles contre les inconvéniens de ce temps ; elles n'empêchèrent pas les Anglais de brûler l'abbaye l'année suivante 1425, et de maltraiter encore la ville de façon à occasionner la nouvelle clôture et le surcens dont nous avons parlé.
Je ne sais ce que cette ville souffrit lorsque les calvinistes ruinèrent encore son abbaye Tan lôG8, et que les religieux ne se sauvèrent que par la fuite.
Vers l'an 122G , les religieux do Bonneval av.iienl fait bâtir une église ou chapelle à Poireux , paroisse de Saint- Michel . qui est détruite.
Il y a à Bonneval un grenier- à-sel. Le marché s'y tient
tous les lundis, et le premier de septembre il y a une: foire considériible, surtout en bestiaux, près de la chapelle de Saint-Gilles, vers le Houssay.
Entre les abbés de Bonnevnl on peut remarquor spécialement Arnaud de Chartres, qui vivait en 1160. Il rendit sa maison respectable par sa vertu et son zèle. Il écrivit sur les paroles de N. S. sur la crois, sur les principales actions de ce Rédempteur, surl'OEuvredes Six-Jours, des Louanges de la Sainte-Vierge et des Méditations.
BOUFFRY, Balfredum, Beaufredum, Buffereinm , Bofferium, Caslrum-Bofferiœ , à neuf mille cinq cents toises de Chôteaudun , dans la partie occidentale du Dunois couverte de bois, de buissons, de haies, et où la fougère et la bruyère sont communes. Le bourg est sur une colline dont l'élévation et la largeur jusqu'à Fontaine-Raoult , procure tes vues les plus étendues et les plus variées.
Par l'accord que Geoffroy , évêque de Chartres , fit l'an 1133 , entre les chanoines de la Madeleine de Châteaudun et les religieux de Tyron , il est dit que les RR. ne seront point tenus de porter leurs morts de leur métairie, située paroisse de Ru«>n , à l'église de Ruan , mais à celle du château deBouffry {ad ecclesiamde Castro- BofferiœJ y ce qa] indique que Bouffry avait un chftteau ou forteresse dans le douzième siècle. Il était alors entre les mains de seigneurs de son nom, comme Hugues de Roufifry, qui signa la charte par laquelle Hugues III, vicomte de Châteaudun , confirmait l'église de Cltoue auxdits chanoines de la Madeleine. Gaultier de Boulï'ry , frère du précédent, est témoin dans ta ra^lïme charte.
Sous le vicomte Geoffroy, second du nom, qui vivait en 1132 avec Éloïse , sa femme, de leur consentement et avec
l'approbation de leurs enfanis , Hugues, Payen, Alpes et liloise, un Hugues lie Botiffiy ayant pris l'habit de Tyron, donna avec Uemeric de Koail'rY flîtiufrediisj ,a[ix religieux de Tyron , la terre du cfiâtenu de Ijouffry (de CasielUs- Baufredij , tout le lief fliuinonem de AeraniaJ sur le ruisreau d'Égrenne, avec le bois, h quoi coiisenlirent Marguerite, femme d'Ucmcric , leurs Dis : Angole, Gauthier et (îuillaume, et leurs filles : Ade, Auburgc et Odcline.
L'an 1240 , Hugues de Bouffry vendit la troisième partie des dîmes de Villebout aux clianoiiies de la Madeleine, moyennant quarante livres Dunoiscs. Jean de Rougemont . comme seigneur de fief, en reçut dix, et l'an 12i7, Radulphe de Boulîry rcconuuL que les chanoines de la Madeleine avaient droit de prendre trois muids de blé sur le moulin fViariiJ. Bouffry a actuellement le môme seigneur que Boisgasson et fait partie de la cliàlclleiiio de Villeraesle, comme nous l'avons dit article Roisgasson.
Je crois que c'est à Thibaud lil et à Aiis, sa seconde femme, que Tyron a été redevable du petit monastère détruit et prieuré des Foutcaux, sur l'Égrcnnc, paroisse de BouBFry , vers la un du onzième siècle.
Geoffroy II, vicomte de Châteaudun, et Ilelvise ou Êloïse, sa femme, donnèrent h la celle des Fouteam fde ForiellisJ et à l'abbaye dont elle dépendait, en l'année 1132, quatre charrues de terre à Fontaine-Raoult, deux autres près la rivière d'Égrenne [ad Buinonium), la terre des Plaines de Bouffry (cet article n'est peut-être qu'une confirmation du don de Hugues de Bouffry); et cela du cotiscnteroent de leurs fils, Hugues et Hubert. L'acte lut dressé dans la cour du vicomte à Chfltcauduii ; présens : Ernulphe Despierres {Espkrrius), de Linneray, Guillaume de Porcheria, neveu de la vicomtesse, et Guillaume de La Ferlé. Dans ta suite, le vicomte Hugues, fils des pré-
cédens , suscita quelques (lilBcultés aux religieux sur ces donations, mais il se désista et abandonna \a lerrcde Fontaine-Raoul l, l'an 1148, du consentement d'Eloïse, sa mère , qui étoit veuve dès 1 145.
Vers le môme temps, Gavin de leur donna une
charrue de terre ans Fouteaus , et Robert de Ruiloii, étant à l'estrtîmité et s'étant fait donner l'habit de Tyron par les religieux de !a celle des Fouloaux , leur donna , en reconnaissance d'une si grande faveur, un des moulins de Bullou ; Hildegarde, sa femme, ses enfans Robert, Hugues, Guillaume et GeoBroy Clercl raliCèrent cette sainte action.
Saint Nicolas était le patron de l'église du prieuré des Fouteaux, comme l'indique une bulle d'Eugô ne IV, pour Tyron , où on lit : «r Ecciesiam sancli Nicolai de Forlellis, » Il l'est encore de sa petite chapelle. La haute justice est du ressort de Tyron.
Saint Jacques, maison qui a pris ce nom de sa chapelle, qui est profanée. Elle appartient aux Le Lorrain, famille noble très-ancienne dans le pays.
BONREPOS a été habité par une brandie de la maison de Courtarvel.
La paroisse de Bouffry était de Tarchidiaconé de Dunois avant que Blois fût devenu évûché. La Sainte-Vierge en est patronne , saint Jean , le second. Le chapitre de Chartres présente à la cure.
BOURNEVILLE, Burnevilla , à onze mille toises de Chàteaudun, est une très-petite paroisse qui renferme cependant encore des calvinistes. Le château appartenait , en 166-2, à Martin du Bosc, écuyer d'une famille de robe de Rouen. N. de Monceaux en est propriétaire, et dame
ri4
IllSTOIKE
N. de Tarragon. Il possède aussi lo flefde Elarville , môme paroisse.
BOORSAY, Burseimnel Buiselum, à treize mille huit cents toises de Châteaudun , et de sa justice en première instance. Il y avait ci-devant un prévôt pour la police. Celui qu'avait l'abbesse de Sairit-Avit , et avec lequel elle fil un accord ou mois de juillet J225, n'étoit que pour ce qui regardait les possessions de l'oijbayo dans cette paroisse. C'est cette abbesse qui nomme â la cure, qui a saftil Pierre pour patron. Elle y est regardée comme dame de fier.
Celui de la Guimèee. dans le bourg, est possédé et a servi de demeure à une branche de la maison de Courlarvel. Ce fut Françoise Davaugour qui porta ce fief à Foulques IV de Courtarvel. Françoise était fille de Pierre Davaugour, grand-cbambcllan du roi Henri 11 , et tante de Jacqueline, dame de Courtalain , femme de Pierre de Montmorency- Fosse us.
Boursay sert de séparation au Dunois d'avec le Vendômois ; le fief du IIact-Boorsay relève de VendAme et est de son élection , et non de celle de Cliâteaudun , comme le reste de la paroisse.
BRE VAIN VILLE , Brevaumdn et BrevaimiUa , de l'archidiaconé de Dunois avant l'évôcbé de Blois. a saint Médard pour patron et était à la nomination de son archidiacre. L'église, peu accompagnée de maisons , est à sept mille toises de Chftteaudun, Une grande partie de cette paroisse est soumise à la justice du château de Thierviile , paroisse de Charray.
Le fief de Saunai, dont le propriétaire est décinaateur de la paroisse , est du domaine d'Ëcoman.
BULLAINVIfXE et BULAINVILLE, BelenviUa et BeillonviUa , distarkt de CliâLcaudun de neuf milEc loises . a été aumdiié à l'église de Chartres par ses seîgrieurs. Le chapitre a assujeUi les habilans de Bullainville à la justice qu'il fait exercer à Villars.
Robert de Bullainville (de SelenviltâJ vivait en 1141, et donna des dîmes de Siinchevilic à l'abbaye de Tyron.
Hugues de Bullainville fde BeiltonviUâJ •tigna , l'an 1189, une charte de Thiband V pour Saint-Avit.
BULLOU. Son bourg et une partie de la paroisse est du Vendôtnois. De Fontaine-sous-Peiou, le Dunois passe aux terres de Gros-Chône, aux Muffets, puisa l'alteau, de là sur la paroisse de la Vilie-aux-Clercs, ensuite autour de la forôt de Fretteval jusqu'aux paroisses de Fonlaiue-Raoult et Villebout.
La verrerie, qui est dans la forêt de Fretteval, est de la paroisse de Bulluu.
Pierre de Bullou amortit, en 12^4-, une rente donnée à l'abbaye de Saint-Avit, par Jean Troussel , ù prendre sur la grange de Givès.
Jeanne La Prunelle {Prunella] , que je crois de la maison de Prunettï , porta la terre de Bullou à Robert de Harcourt, son mari, vers 1350, et depuis elle a passé au prieur du lieu. Les appels de la justice vont à celle de l'Ile-en-Vendômois, qui est du ressort de Montmirail, dans le Perche- Gouet-Dunois.
La chapelle de Sainte-Badégonde sur cette paroisse est du Dunois.
Bullou est de l'électiou de Châteaudun , dont il est éloigné de douze mille cinq cents toises.
lIlSTOIItE
La verrerie qui est dans la rive de la forêt de Frctleval est de celte paroisse.
Les MuFFETS appartiennent à la maison de Bonaventure.
CHAMPROND-SOUS-MONTMIKAIL. sur la Brayc,
étoîi^iié de Ghûleauduii de neuf lieues et demie, de son élection , et duns la baronnic dudit Montmirail , archidiaconéde Uutvois. Cette paroisse joint le Maine.
CQAPELLE-GU[LLAUME , Capella-GuiUetmi , sur rtljère, à seize mille deux cents toises de ChAteaudun et de son élection . a le prieur du lieu pour seigneur. Celte paroisse est aussi dans la baronnie de Montmirail. N. de Commargon, dit le Chevalier-de-Pré , a faithAlir, en 1736, la maison du Tertre, de l'autre côté du logement et bordage du curé.
La seigneurie et vieus manoir de Pré, même paroisse, est aux aînés de cette maison de Commargon.
CHAPELLE-ROYALE, Capelta-Regia, à orne mille cinq cents toises de Ghâteaudun , a pour seigneur le prieur de Saint-Romain. On a assujetti les liabilans de Clinpelle- Royale à la justice du Prieuré, à Brou, La Mairib, près de l'église, est le lieu seigneurial,
Landrin , qui était abbé de Saint-Père de Chartres, dès 1031 , obtint de la dame (1) Berthe, est-il dit dans le cartulaîre de l'abbaye , partie par donation , partie par acquJt, la terre de Cbapelle-Royale, prés de Boisméan-en-Dunois;
(1) Domina, esl-il dit da.ns le carlulaire. Était-elle de famille royale et de ceux qui ont donné occasion au surnom de Royale ?
ensemble les droits que ludilc dame avait sur l'église dudit lieu, à quoi consentirent Gaulliier, clerc, HcrvÉ, Hugues, Tliibaud , Sigebod et Eugiicie, enfans de ladite dame. Le comte Tliibaud III, de qui Chapelle-Royale relevait , donna son consentement et signa l'acte.
Rahérius , après Élre devenu l'époux d'Ëugucie, prétendit rentrer dans cette terre, mais le comte Thibaud employa sa médiation , et le seigneur Rahérius se contenta de recevoir quarante sols pour renoncer à ses prétentions, à quoi Eugucie souscrivit.
Vers l'an 1038 , Théodoric, évêque de Chartres , abandonna aussi aux religieux de Saint-Père a Soint-Romain ce qu'il avait de droit sur l'autel de Chapclle-Royaie, en présence de Foucher , archidiacre de Durvois, et d'Eudes, doyen fDecœnus DunemisJ, c'est-à-dire doyen rural ou juge de l'ollicialité de Chateauduri , et peut-être tous les deux. Il fut dit que l'église serait exempte à l'avenir des droits de vente et d'achat, de synode et de visite. C'est encore annoncer un des abus pratiqués dans l'église, par lequel les évéques s'érigeaient en seigneurs de liefs des églises et exigeaient des rachats, lorsqu'on donnait dans l'autre abus de vendre et d'acheter ces églises.
L'abhé Landry acquit encore au même lieu une ferme de Gauthier, (ils de Plectondect beau-Bts d'Agot; Hubert, seigneur de Bel', en accorda l'amortissement.
Dans la suite, l'abbé, nommé Guillaume, eut bien des difficultés pour ce que possédait son abbaye dans cette paroisse, surtout des seigneurs Herbert et Hugues, l'an 1 104.. Ceux-ci ayant refusé de se choisir des juges, comme leur permettait Guillaume Goëth, troisième du nom, on les contraignit de comparaître à Brou, où ils avouèrent leur tort devant Eustache, épouse dudit Goëth, Robert, son flis , et Gaston, fils d'Eudes. Trois jours après, les
maisons des religieux, h Cliapelle-Royalc, et leur moulin furent brûlés, à l'inRligation de Herbcrl et de Hugues. Ceux-ci furent excommuniés. Enfin il y eut un accord Tan 1105 ou 1106, à la aoUicitalion du comte Thibaud et d'Yves, évèquc de Chartres.
CHARBONNIÈRES, à seize mille cinq cents toises de Ghâteaudun , de son élection et de l'archidiaconé de Dunois, est sur la rivière d'Ozanne. Il y a un beau cliAteau, que N. Leclerc de l'ECTeville, seigneur du lieu et d'Âuthon , a fait ériger en châtellenie dans eu siècle. Celle paroisse est respectable par la retraite de saint Lubiii dans la partie qui, de son temps, était la plus solitaire.
CQÂRRÉ , Ceretlum et Chanictum, dont l'église a pour patron saint Marcel, était à la nomination de l'abbé de Pontlevoi , dont l'abbaye fait partie du revenu de l'évêché de IMois. Ce bourg est à cinq mille cinq cents toises de Cliûteaudun. Ce fut Guarin de Friaise et Avemburge, sa femme, qui, l'an ÎIIS, aumônèrcnt l'église de Charré à l'abbaye de Pontlevoi. Ce Guarin , après la mort de sa femme , se fit religieux à Saint-Lomer, et il y aumôna la dîme des jardins de la Ferté-Villeneuil, dont peut-être était-il seigneur.
Il y a dans le bourg un fief du même nom de Chabré, qui est du domaine de Courtalain.
Thierville, château à soixante-cinq toises du bourg, avec une haute-justice qui s'étend dans cette paroisse et dans d'autres. La majeure partie de cette paroisse dépend , pour la justice, de la chambre épiscopale de Chartres, sans cesser cependant d'être assujettie à la coutume de Dunois.
Saint-Lacrbnt, chapelle près la Ferté, ancienne maladrerie.
Des Courtin, Tliierviltea passé ù M. le marquis de l'Age, qui a Tait raser le chtHcau pour élever une construction plus moderne. Acquéreur : fiernon, écujer, sieur Desmarais , officier aux Gardes-Françaises.
CHATILLON , Casliltio et CasteUio , à six mille toises de Châlcaudun , de sou siège en première iiistaiice , et formant une portion de sa paroisse. Il y a eu aussi de la justice de Brou et de celle du Mée hors du bourg. Son église en crois est assez bien bâtie , surtout le chœur. Son clocher en donjon est garni de trois cloches harmonieuses.
La Mairie, dont le propriétaire a sa chapelle parliiulière en côté du chœur, est un Qef et château au couchjint du bourg. Il y a bosse justice pour les censitaires, qui en relèvent. Peut-être Gourmond et Herbert de Chfttillon , qui signèrent la charte du comte Henri-Étienne , l'an 1105, pour l'exemption du pillage de In maison épiscopale de Chartres , étaient-ils seigneurs de ce Def, que Jeanne Le Vavasseur a porté à Jean de Vassé, son époux , d'une branche de cette maison qui habite le Poitou , et qui en jouit encore.
ViLLAKS, à quatre cents toises du bourg, au levant , que demoiselle N. de la Voûiie à fait passer dans ces jours à
N. de JoulTrey, son mari.
Les Fkktons appartenaient en 1700 aux d'Anglas. Ils viennent d'être acquis en 1765 par N, Pothin , seigneur de la châtellenie du Mée.
CIVRY , Cïumacum, esta six mille toises deChâtcaudun.
HlSTUlRlî
Cetlc paroisse a ûté auttiôoéu à l'èglisc de Chartres, et son chapitre en est seigneur, il force d'aller plaider les justiciables de cette paroisse à Thiville, où il a établi le siège de la première portion de sa prébende de Danois-
Le seigneur de Varize a dans le bourg un fief et censîve du môme nom de Civky. Par un usage immémorial, il fait courir l'épée ans garçons de Civry le lundi delà Pentecôte Depuis quelque temps , au lieu d'épée, il fait donner un écu au vainqueur à la course.
Cet exercice de la course était autrefois en usage dans presque tous le:s bourgs de la partie du Dunois dite dans la Beauce, à certains jours de fête, communément celle du patron, ou plutôt le dimanche suivant, ou un des trois jours des ffttes de la Pentecôte, et s'étendait jusqu'aux QUes, au^ïquelles les seigneurs donnaient pour pris des rubans. Aux noces, les garç^oiis ont pour prix de cette course, qui est quelquefois à cheval , une paire de gants, cl celui des filles, qui ne courent jamais qu'à pied , est un gâteau. C'est l'épousée qui tient ces pris dans sa main à un certain but.
ViLTRON appartenait, en 1696, à Antoine-François de Féron et Elisabeth de Montdoré , son épouse. Leurs petits enfans en jouissent aujourd'hui.
CLOYE, Cloya et Claya, petite ville distante de Châtcaudun de cinq raille toises. Son pont , sur le Loir , a de belles arches. Cloye n'a eu que la qualité de bourg jusqu'au seiïiéme siècle. Il a eu des seigneurs de son nom , comme Adam de Cloye , dont il est fait mention dans l'accord des religieux du Saint-Sépulcre de Châteauduo , avec le vicomte Hugues IV, l'an 1166. Dans cette m&rae année, Guillaume, évoque de Chartres, appaisa les différends qui s'étaient
DU COMTE UE DllXOIS.
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élevés entre Gaultier, prCtre, c'est-à-dire curé de Sainl- Gcorgesde Cloye , et Guillaume et Renaud deGrariiIville, chevaliers , au sujet de quelques dîmes de cette paroisse , qui était à la disposition de l'archidiacre, c'est-à-dire celui de Dunois. Henri , titulaire de cet archidiaconé , donna l'église de Saint-Georges, la moindre des deux paroisses de Cloye, à l'abbé et aux religieux de Tjron , pour reconnoîlre quelques services qu'ils lui avaient rendus ainsi qu'à l'église de Chartres. La nomination de cette turc a ensuite passé au dojcn de Saint-André de Chûtcaudun. Le tloclier de Saint-Georges avec sa flèche tout en pierre est du quinziènae siècle, à ce qu'on croit.
L'église de Saint-Lubin, la pins considérable, esta la nomination du nouvel ordinaire, c'est-à-dire l'évoque de Btois. On vient de travailler à sa décoration, On y a l'ail la porte d'entrée où étnit l'autel, que l'on a maintenant placé h l'extrémité occidentale.
C'est le roi François I"' qui a érigé Cloye en ville, par lettres-patentes de l'an 1545, pour l'eiécution desquelles le lieutcfiant-général de lilois dressa procès- verbal le 20 août de la même année.
La clôture de Cloye avait été détruite différentes fois par les guerres intestines, tant des seigneurs particuliers que des Anglais. Le comte François . Iroisiéme du nom d'Orléans, qui avait eu part à son érection en ville , n'en avait pas moins à cœur que les habitans le rétablissement de cette clôture ; mais comme la somme qu'il donna ne fut pas suffisante, les habitans firent le reste par une cote dont le rôle fut arrêté le 18 octobre de la même année. Cloye a encore beaucoup souffert depuis, mais il s'est mieux soutenu que la Ferté-Villenouil. Il y a eu de tout temps une bonne tannerie à Cloyes; au reste, le peuple y est pauvre. Le marché y est assez considérable en grains et en denrées
HISTOIIIU
des liotioraires pour les sermons de la Dominicale à la Madeîeiiic tic Chàteaudtm.
HoMAisviLLE . niérae paroisse, appartient aux de Phclines. N. de l'helines et son épouse Ucnrietle Loger en sont en possession.
CONAN , paroisse du Dunois, à dij-liuil mille quatre cents toises de Cliâtcaiidun , mais de réiection de Blois. La haute juslioe ressort de Marchenoir. N. de Beaulieu, qui en est seigneur, a réparé le chiUeau et n'a réservé que quelques tourelles de l'ancien,
Jean de Goigiion, seigneur de Ctinan vers 1570, avait pourferame Jeanne d'Angennes, fille de Denis d'Angennes, seigneur de la Loupe. Elle se remaria en 1578 avec Gabriel de Chambray ,
CiiEViGNY, chaieau dans celte paroisse, relève de Blois, mais il est du Dunois. Pour la séparation de ce pays d'avec le Vcndômois , il y a une borne plantée entre ce château et Rbodon . sur le chemin de Rliodon à Oucques. prés le bois de Buisseleau. Les limites, en remontatiC, vont ensuite à une autre borne qui est vers Sainte-Gemme , et en descendant, à une borne qui est vers les bois de Viîleberfol (1) , entre Rhodon et Charapigny, puisa l'Etang-Neuf , qui est du Dunois, et à la rivière de Scisse, qui sépare le I>unois du Blaisois jusqu'à Pontijou , paroisse de Maves, où je reprendrai les limites. On a changé le nom de Chevigny en celui de lioisscleau versKiSO, lorsque Barlhélemy Savorni, écuyer, l'a fait rebâtir.
(1) H y avait une borne auui dons RUodon, ([ut n'est arrachée que depuî!) (environ vingt ans ; elle y siiparait quatre Tnaisons qui sont encore du DuDois; on l'a oubliée Uaus cet aveu.
CONIE, Conia, à quatre mille huit cents toises de (^hûteaudon . tire son nom de 1» rivière sur laquelte ce bourg est situé. Le chapitre de Cliarlres et ses vassaux, qu'il fait régir par la coutume de Chartres, vont plaider ù Thiville. Si ce chapitre élnil en possession de Couie avant 1107 , ses anciens seigneurs n'en avaient pas encore perdu le nom , car cette année Hugues de Conie signn un accord entre les chanoines de Saint-Martin-au-Val à Chartres et [es religieux de Saint-Père, au sujet du [lartage de deux farailles serves. L't^t^lise de Conie est très-pauvrement, pour ne pas dire indécemment meublée, comme te sont commuoémcnt celles dont le grand chapitre a te revenu. Son clocher, dont raiguillo est fort élevée, fut rétabli en 1G18.
La Sangleuie , dans le bourg , appartient à N. de Cursay.
CiMTET, château entre Conie et Vallières, avait pour propriétaire en 1220 Hervé le Roux , écuyer, qui conGrma un don fait à Saint-Avit par Payen de Fronville. Jean Vaillant de Guélîs, écuyer, maître des requêtes , bailli de Duiiois, a possédé Chatet et y est mort Tan 1574-. On voit sa tombe dans le chœur de Conie , et celle de François d'Aguesseau , un peu effacée , quoique celui-ci ne soit mort h Chatet que dans ce siècle. Il a passé par vente à N. de Vassé , ensuite à Jules-César de i'runelé-Saint-Gcrmain, sun pupille. M. Jules-Etiennc-Honoré marquis de Prunelé, Gis du précédent, le fait démolir pour en employer les matériaux à Moléans, sa résidence.
Le lief de La Ch&isb , même paroisse, coutume de Ounois et du domaine de la Brosse.
CuANTELAis, autre fief dont le propriétaire a sa chapelle sous l'invocation de sainte Anne , à c6té du chœur de l'église paroissiale. M. Maury, bailli de Dunois. en est propriétaire. .
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IIISTOIUE
COHMAÏNVILLE , en preiniore instance, du bailliage rie Dunois, est éloignô Je oirtc niillo toises de Cliâteaudun. La lour de son ogiisc est hicii plus récente que l'église môtiie et son campnnicr à trois tlochos, qu'on laisse subsister entre le chœur et la nef. Cette église a été donnée aux moines de lîonneval, qui en mellent les revenus à couvert dons une ferme qui fait l'ornemenl du bourg, par la grandeur et la solidité de sa grange et de ses greniers. Jean Prunelle {Johamies Prunelius) , que je suppose de la maison que l'on nomme de Prinielé , iibnndonna un tiers des champarts de Cormainville, qu'il tenait par succession des seigneurs de Secouray , aux moines de Ronneval, qui lui donnèrent des terres en échange, L'im 1187, le comte Thibaud V avait réglé les parts de la terre de Cormainviljo entre les seigneurs de Sccouray. paroisse de Noltonvtlle , et les religieux de Bonneval.
Quoique Hugues du Puiset eût été puni par Louis-le- Gros de ses usurpations et de ses vexations sur les biens des églises qu'il trouvait à sa bienséance , Ebrard , son Qls , ne laissa pas de suivre l'exemple de ses prédécesseurs. Il prétendit le droit de garde et de procuration sur l'église de Cormain ville, dont les biens pouvaient payer ses bons soins. L'abbé et les moines se défendirent. Ils trouvèrent ries moyens de porter cette afiaire devant Louis Vil, l'an 1140. Ce roi les affranchit, l'année suivante, des entreprises de cet avide tuteur qui opprimait une partie du Dunois, sous prétexte de le défendre , et qui fut débouté par le monarque de SCS prétentions.
Outre la grosse portion des moines de Ronneval dans les biens de l'église de Cormaînville, il y en a une autre affectée au prieuré: il n'y reste au pasteur que trois cents livres.
COURRRHAYE, CorftaAajya, sur la Conio, branche de Viabori, à onze tniilc ciiHj cetils toises de Cliilleautluii. La majeure partie suit Iq coutume d'Orléans et a été soumise par les religieus de Donncval , à leur justice du prieuré de linignolet, aliénée. Les revenus de la petite église de Courbeluij'C. attachés à un prieuré simple réuni à l'abbaye de Bonnevnl , lui sont si étrangers , qu'elle ressemble assez en dedans à la première demeure en ce monde de celui que l'on y adore.
On donne à la ferme d'ORMOT le nom d'abbaye, parce qu'elle a servi jadis de lieu de plaisance à quelques abbés de Bonneval, spécialement aux deux d'itliers, Cette terre est à cent toises de Courbchoye.
La rouche , espèce de roseau dont on se sert spécialement [lour faire aux maisons des couvertures bien meilleures que le chaume, est si commune dans ces cantons , dans les marais de la Conlc , qu'elle y fait une partie de l'aisance du menu peuple qui la coupe.
MonoNviLr.E, chîiteau à mille toises de la paroisse. Son propriétaire, regardé comme seigneur de fief de Courbehaye, jouit des droits honoriGques dans régltsc. Il a été possédé par les de Saint-Martin , de Tonne-Charente , de Villereau. Les de Monceau l'ont aliéné depuis plus de vingt ans. M. Lemaire, avocat du roi au bailliage de Chartres, en est propriétaire.
COURTALAIN. CnrteUannmetCuria-Àlani,&ar rHière, à sept mille trois cents toises de Chiïlcaudon , est un joli bourg à marché. Il s'y tient les lundis. Il était autrefois de la paroisse de Saint-Petlerin. Une portion du parc est de celle d'Arrou.
C'est à Guillaume Dayangour et Perrette de Baif, son
HlSTOIllE
épouse, que l'on atlribuc l'érection de In chapelle de Courlalain cri é^îlisc paroissiale. On a Mé il y a trerUe ans , de dessus un massif que l'on trouviiit occnpcr Irop de terrain, la pierrcsLipulcraledecellel'errelte, et on l'adressée à rencontre du pignon. Elle vivait ainsi que son innri en iïï^. Ce sont eux aussi qui ont fait construire le château d'aujourd'hui, qui est en potence, avec une tour à son nngic e^itérieur.
On n'a commencé qu'en 1751 à faire enclore de murs le parc de ce château, où l'on vient de faire une nouvelle basse-cour pour changer l'ancienne en parterre et en jardins, la nouvelle avenue prenant de l'ancien jardin jusqu'à la Berlin ière.
Courlalain est une châlellenie appelée ta seconde aux assises du bailliage de Dunois. Elle a été formée au commencement du Ireiïième siècle, en faveur d'Odon ou Oudin Borelle ou Bourreau (en latin lioretlus) , par un démembrement de celle de Montigny-le-Gannelon. Elle n'a de ressort que sur les justices de Chauchepol et de la Teuîe.
La place et les halles pour le marché sont grandes et commodes. Ces marchés sont fournis de tontes sortes de denrées et de grains. Ses foires du 1" de mai et du 29 août, que la piété de Monseigneur Léon de Montmorency et de son épouse ont fait transférer aux jours de marché, par respect pour deux fêtes chômées, celles de Saîiil- Michel et de Sainte-Catherine sont fort marchandes, surtout la dernière, pour les chevaux et toute sorte de bétail.
On présume que Courlalain a tiré son nom d'un de ses anciens seigneurs nommé Alain. Il Ta donné à une famille noble qui en était en possession dans le douzième siècle, comme Morel de Courlalain, dont la veuve, nommée Cécile, donna à l'abbaye de Sainl-Avit , l'an 1150, un
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tiers de deux moulins situés près colle abbaye; et Yvori de Courtaluiti , qui reçut uitc dîme près S<iint-Pellerin , du prieur de Saint-IIilaire-sur-Yère, envers lequef il s'obligea à une rente de sept setiers de grains par an , moitié hibernage et moitié marchais, par acte de l'an 1192. Cette famille de Courlalain a possédé Marolles. Itobert et Drogon de Courtalain , seigneurs de Marolles, firent du bien à l'abbaje de 'lyron l'an 1130, suivant le carttilairc de cette abbaye. Elle a subsisté à ma connaissance jusqu'au seizième siècle, que Jean de Courlalain était seigneur du Favril et de Prasville en partie, l'an lo98, suivant les titres du château de Prasville.
Oudin , Odon ou Eudes BoreMe, seigneur de Courtalain , vivait eu 1200. Je le crois quatrième fils de Hugues II de Montigny, L'an 120S>, par ses lettres données à Montigny au mois de septembre , il accorda, comme seigneur de fief, aus chanoines de la Madeleine desservant l'église de Lanneray, la jouîssauce d'une vigne et d'une place qu'Odoii de Lanneray venait de leur donner.
L'an {2ii.O, Eudes Borelle, son Bis, ratifia le don que son père avait fait à l'abbaye de la Madeleine, d'un pré et d'un petit bois situés ù Champcbabot. Le même confirma , l'an 1243, une donation que Rodolphe, écuyer, et Marie, sa femme , avaient faite dans sa censive à Chàteaudun, dans le quartier du Guichet , quartier et rue dont le nom vient peut-être de Bernard du Guichet, qui y possédait une maison dans !e siècle précédent, à moins que ce Bernard du Guichet n'eût pris lui-même son nom de ce quartier et de cette censive.
Martin du Rouvray et Bertrande d'Illiers possédaient Courtalain en 1449.
Cette lerre avait passé avant 1480 à Marin Davaugour, seigneur d'Arrou et Bois-Rulln, auquel ont succédé
iiiSTOiui:
Guillaume , son Qls, Pierre, son petit-fils , Jacque? , son arrière-pelit-DIs , dont la ûlfe, Jacqueline Davaugour, porta cette terre à son mari , Pierre de Alontmorency- Fosscux. Leur liJlo, Jeanne de Moiilmoruncy , eut Courlalain et l'ut mariée à Jean de BeauxoucEcs ou Itcausoucles. seigneur de Bourguérin et gouverneur cl«] Danois, do qui elle eut Pierre de Beausoucies, seigneur de Courlalalii. Celui-ci étant mort sanscnfans, lachitellenie de Courlalain a passé à l'raiiçois de Montmoreiiçiy-Fosseux , chef du nom et armes de Loule la maison de Munlmoreiicy , lequel était petit-neveu de la mère de Pierre de Beausoucics. Il hérita de même d'Arrou et Bois-Bullin , comme je l'ai 4it article Arrou.
Monseigneur Léon de Montmorency, fils de François, a passé la majeure partie de sa vie dans le ihAleau de Courtalaio, avec son épouse. Marie-Madeleine Poussemotte de l'Étoile. Ils s'y sont occupé» à édiûer ot à soulager par leurs charités la multitude des pauvres dont leurs paroisses sont remplies. Ce clief des Montmorency y est mort le 20 mars 1750, âgé de quatre-vingt-siv ans. il avait toujours joui d'une bonnesailté. Une suflbcation l'enleva le Ijuittéme jour après la perte de son épouse. Son sto'icisme naturel ne put vaincre la douleur iju'il ressentit de voir rompre une union de cinquante-trois ans, et qui avait été aussi fidèle que chrétienne. L'humilité leur a S'ait choisir leur sépulture dans le cimetière de Courtalain. Leur fils, messire Anne- Léon baron de Montmorency, seigneur dudit Courlalain , Arrou, Bois-lVulBn, LeGaull, Le Poislay . Saint-Peilerin, etc., menin de monseigneur le dauphin, lieutenant-général des armées du roi, chevalier de ses ordres, après avoir assisté , ainsi que M. le marquis de Fosseux , son fils unique (1), à l'inhumation de son père, a fait poser, par
(1} Aujourd'liui duc de MonlmoreDC]' , doni un lits, né le 12 juillet 1769, de son second mariage.
Dli COMTE DE DUNOIS.
respect pour ses dignes et pieux pareiis . une grille de fer qui entoure leurs fosses.
Suiviint un usaigc immémorial, [es nouveaux mariés de Courluloin , (]ui ont épousé tics filles, sont tenus de présenter au seigneur, le lundi de l.i Pentecôte qui suit leur mariage, un ballon que l'on nomme éteuf, et d'en jeter ou faire jeter un autre par dessus le faîte du cliàteau. A faute par le nouveau marié ou son substitué de faire passer une lois sur trois essais ledit éteuf par dessus le château, il est condamné à une amende d'un écu au profil de la jeunesse du pays.
Le môme jour, ceuï qui ont épousé des femmes veuves portent un chat renfermé dans une terrine, que l'oo attache au puits qui est près du tliûleau et de l'église, pour servir d'amusement nus jeunes gens, qui cassent le pot à coups de pierres et assomment, s'ils le peuvent, l'animal qui y est enfermé.
Courlalaiii est La pairie de François He7.ault, mort en 1764, curé de Saint-Hilairc-Saint-Mcsmin , diocèse d'Orléans. Entre bien des talcns qu'il avait reçus de la nature, il a surtout cultivé celui qu'il avait pour la chaire. On a imprimé l'oraison funèbre de JJonseigncur Louis, duc d'Orléans, qu'il a prononcée à sa mort l'an 1752 , dans la catfiédrale d'Orléans, à la prière du corps de la ville, qui lui en marqua sa reconnaissance.
DANCY, Danceium, Panciacum, à six mille cinq cents toises de Cliàteaudun, dépend en première instance de la prévôté de HonnevaL Le seigneur de Mémîllon en est seigneur de Qel' , et il a les droits honorifiques dans l'église. On voit, par le carlulaire de Tyron , que Payen de Dancy vivait dans le douxiènie siècle. 11 fut témoin dans une charte pour cette abbaye l'an tlSl .
IHSTOIWE
L'église d(j Dnncy fut donnée à l'abbaye de Roniicvnl dans le neuvième siècle, lors de la tnnslation des reliques de saint Florent, avec des droits sar Massuères fMalguerœJ.
DANGEAU , Dangeolum , Dangeolum , sur l'Ozanne ,
archidiaconè de Dunois, élection de ChAteaudun . dont il est éloigné de huit mille toises. C'est un bourg où il reste bien des vestiges de sa clôture, de fortes murailles, ni^gligées depuis plus d'un siècle. Ij proximité de Rrou a empoché de faire réussir le marché qui y est indiqué pour le vendredi. Le bourg et la justice relèvent de la baronnic d'Aluie. H y a beaucoup de villages de celle paroisse qui sont du bailliage de Dunois, lequel , de ce côlé , s'étend jusque dans la portion chartraine du I*erche-Gouet, c'està-dire jusqu'à Rabeslan, paroisse de Saint-Avil, et à La Voiie.
Les moines de Marmoutiers ont été jadis introduits à un prieuré qui ne fait plus qu'un tout avec celui de Vieuvicq. Ils ont été tous deux dépendant de l'abbaye de Marmoutiers. L'église de Dangeau est grande ; elle est la seule des églises de campagne du Dunois dont les ailes tournent autour du chœur. La cure est à la nomination de l'ordinaire depuis la réunion de l'abbaye de Marmoutiers à l'archevêché de Tours.
La petite chapelle de Sainte-Anne, près ce bourg, en deçà de la rivière, sur le chemin de Uonncval, est à la collalion de l'archidiacre.
Celle de Saint-Denis est ruinée. Elle était à un bout des bois de Dangeau , du cùtij de ChiUeaudun, prè.s une ferme ruiriée sur la route , au carrefour à aller de la lleurtemalle au Hang<;r. Lorsqu'elle subsistait , il s'y tenait une foire ou assemblée considérable le jour de la fètc du patron.
Nous avons vu. arliclt; Alluyes, que Dcingean avait des seigneurs de son nom dans le douzième siècle. Gilles Chollet possédait cotle terre en 1490,
Jean Cliollet , seigneur de Dangeau , eulune lîlle nomraée Marte, qui porta la terre de Diingeau à Geoffroy de Gourcillon , vers i'*10. Ce sont ceui de celte maison qui ont rebâti le chMcau de Dangeau, dont il e»<t écroulé un pavillon depuis quelques années , quoiqu'il liit le dernier construit. Le calvinisme avait fait beaucoup de progrès dans la paroisse, et spécialement dans le bourg de Dangeau. sous la protection des seigneurs de cette maison de Courcillon, qui s'étaient jetés dans cette secte. Le dernier Courcillon, marquis de Dangeao, s'était fait catholique sous Louis XIV, dont il était courtisan. C'est lui qui faisait les billets de Louis XIV à madame de la Vallière, et les réponses de celle-ci, sans que les deux parties sussent qu'il prenait ce double emploi. 11 y a dix-huit volumes in-folio de ses mémoires, dont partie est écrite par un de ses gens. L'abbé de Dangeau , son frère . était aussi homme de lettres.
Ces seigneurs de Courcillou avaient formé à Dangeau un consistoire secret, dont le bâtiment du prêche est encore dans la basse-cour du château. ïls s'étaient rendu maîtres d'une moitié du cimetière ordinaire pour la sépulture de ceus de leur secte , et pour moins choquer les catholiques, ils y avaient fait faire une porte au nord , afin d'éviter tout inconvénient entre les deux partis.
La conversion des seigneurs a aidé celle des habitans. Il n'y reste aucun hétérodoxe. C'est en faveur des Courcillon convertis que Louis XIV avait érigé Dangeau en marquisat.
Marte -Anne- Jeanne de Courcillon, fille unique de Philippe , l'a porté à Honoré-Charles d'Albert duc de Luynes , grand-père de M. le duc de Cbevreuse, comte de Dunois. qui le possède aujourd'hui, et qui en a fait trans-
porter les titres dans la tour du clidleau de Châteaudui».
De la coutume de Ounoia sont, entre autres, les Gefs suivans :
Brétigny, qui a passé de la maisotr de Courcillon dans celle de ta Goupiilière, par alliance. Il est possédé aujourd'hui par M. Louis-Charles de la Goupiltière, demeurant au Mans.
Le Mùnil-Foucoer, réuni au domaine de Dangcau.
Le Ranger , d'où relève le château de Boutonvilliers . môme paroisse.
FoucRiNET, qui a été habité par tes Uemarliércs , seigneurs de Viabon et de Mervilliers. CeUiî qui est actuellement seigneur de Mervilliers a été baptisé à Dangeau ; son père l'avait été à Ctiarenton , et Je crois que sa religion lui faisait préférer la petite demeure de Foucrinet à ses autres terres.
nONNEMAIN. Donainanus et Domiemanum , appelé vulgairement Saint-Mamert , du nom du patron de son église, est à deux mille cinq cents toises de Ghâteaudun. Il y a une fontaine considiVable au pied de la colline au levant, près le moulin i]ui est sur laConie. La dévotion au saint martyr, patron de la paroisse, auquel on a recours contre la colique, a donné occasion à la superstitiou de consacrer Tenu glaciale de cette fontaine qui sort du rocher, si capable d'augmenter ou de donner la maladie dont on soulioile d'être préservé.
C'est dans co lieu que l'on tire la meilleure des terres dont on fait usage h la manufacture de faïence établie dans le chdleau deCliiMeaudun.
La Varenne, sur le chemin de Marboué à Châteaudun, est la seule maison remarquable de celle paroisse. F^e propriétaire de celle maison fait présenter une bouteille de
vin et un gâteau au clergé de Saint- Valéricn , lorsqu'il passe processioiinellemenl le second dimanche d'après rûqucs , en faisant le lonr de sa paroisse, et an bas du petit chemin qui ta st'pare de cello de Saiiit-Mamert , près de cette raiiison. Louis de Cerisy en était possesseur en 1(554. N. HoJié, brigadier des armées du roî, célibataire , vient de ta vendre à M. Guértneau , receveur des tailles à Chàleaudun.
DOUY, Duiacunit Deciacttm , Divacus et Doetum , sur le Loir, à deux raille six cents toises de Cliâlcaudun. Son église, fort pauvre, est sur une hiiuteur. Elle est sous le litre de Saint-Snuveur. La fêle de la Sainte-Triiiité y est eriL'ore conservée comme patronale, ce qui était commun à toutes les églises dédiées nu. Sauveur. Il n'est pas bien ancien qu'on ail adopté pour ces églises lu l'été de la Transnguration.
La celle ou prieuré de Saint-Julien est dans le bas. Il est l'ait mention de ce pelil moirastère, dégénéré eu prieuré simple , dans une charte que Charles-lc-Chauve fit rédiger en faveur de Frodoin, ablié de Corbion . l'an 301, pour lui confirmer les possessions de sa maison qui venait d'être détruite par les Normands, en 857 ou 858. Ces possessions sont rangées dans la charte par chaque comté où elles sont situées, cl la celle de Doity est exprimée dons le rang de celles du comté de Uunois fin comilalu DunensiJ. Je dirai en passant que Corbion resta avec ses ruines, et que ses religieux passèrent à Blois où ils formèrent l'abbaye de Sainl'Lomer. Le prieuré do Douy a été dépend;inl de ces deux abbayes jusqu'«\ sa réunion nu prieuré, encore conventuel, de Rotine-Nouvelle d'Orléans, où l'on vient de commencer à foire l'office dans une église nouvellement bâtie.
HISTOIUE
Celto réunion s'est faite par une bulle d'Alesandre VU , du 14 décembre 1C(»1 , du consentement de La Viéville, évoque de Rennes et abbé de Snint-Lomer. et de dora Benoit Drachet , titulaire du prieuré. La bulle fut fulminée par Jean Edclinnc, oITicial de Chartres, le V mars 16G2. Elle fut autorisée par dos lettres-patentes vérifiées au grand-cotiseil le 22 du raûmc mois de mars 1602.
L'an 117G, lieaudouin , abbé de Soint-Lomer, obtint permission du chapitre de Saint-Martin de Tours de construire un oratoire à Uouy. J'ignore les droits de ce chapitre dans la paroisse de Douy, et quel est l'oratoire que les moines y voulaient construire.
Ancise, château, a passé par vente de la maison du Rainicr à M. de Lugalte. gentilhomme ordinaire de la chambre, qui y a fait construire une chapelle domestique. Charles-François de Monstiers, évéque de Chartres, ne lui a accordé la permission de faire bAtir cette chapelle, qu'en s'obligeant à faire au grand-séminaire de Chartres une rente de huit seliers de blé , pour un titre clérical en faveur des pauvres ecclésiastiques. A la mort dudit de Lugatte , cette terre a été vendue à M. Urson , intendant de la Martinique, qui s'en est dessaisi presque aussitôt par vente à M, de Réviers de Mauny.
Viviers, Vibecmm j ancien château qui a exercé la plume d'Augustin Costé, dans son poème sur le Dunois, a été restauré en 1732, par M. Charles-François Houel, dit le marquis d'flouel, capitaine aux gardes, brigadier des armées et gouverneur de l'île de Rhé , à qui a succédé M. François-Henri-Louis Houet, enseigne aux gardes, qui vient de mourir, N. Houel, sa tante et son héritière, a épousé M. le marquis de Monlbize-en-Rrie.
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J)l COMTÉ DE DUNOIS.
DROUÉ, Droveum, Druacum, bourg à raarchû, n'était qu'un très-mince village avec une maison seigneuriale de peu d'importance , avant le dernier siôcle. 11 est sur le ruisseau d'Êgrenne, à neuf mille six cents toises de ChAteauilun. Il a passé de la maison do Vendôme dans celle du Rninii^r . par le mariage d'Isabelle de Vendôme avec Antoine du Kîiinier, sur la fin du quinzième siècle. Dans le dernier, Isaac du Rainicr, maréchal de- camp, a fait bâtir ce château en pierre et en brique. Il a aussi formé le bourg, sa belle place plantée d'ormes, les balles , maisons et avenues alignées. Il avait fixé le jour du marché au mardi , et on y vend encore quelques menues denrées. Les foires franches qu'il y établit aussi sous le bon plaisir de Louis XIII, se soutiennent mieux. Elles se tiennent les jours de Saint- Nicolas . Saint-Claude, Saint-Simon, Saint-Malhios et Saint- Mathieu.
Le même, pour rendre son bourg favori plus fréquente et plus renommé , obtint, en lfil2, que la chfktellenie de Montigny-le-Gannelon , dont il était aussi propriétaire et dont Droué dépendiiit, fut divisée pour l'exercice de la justice. Sur le rapport de N. Mabault, nommécommissaire pour informer , il lui fut octroyé d'établir un siège de justice à Droué , où elle serait rendue à tous tes justiciables et ressorts de Monligny qui seraient plus proches de Droué que dudit Montigny , et que le juge s'intitulerait bailli de la châtellenie de Montigny, moitié pour Droué.
Charlotte , fille de Louis du Rainier , a porté cette terre à Charles, marquis d'Étampes, son mari, mort en 1716; Louise-Charlotte, fille de ceux-ci, à Masimilien , comte de Fiennes, dont la petite-fille, N. de Fienncs, en a fait vente , avec N. de Matarel , son mari, à M. le marquis de Brancas , en 17G3.
Droué donne maintenant le nom générique à la paroisse.
iiisTomii
(liii a lieux églises. On ignore $i ollcs ont jamais Tait deux paroisses sôparocs. La plus élûignC'e du bourg est celle de Notrc-Dacne-de-Hoisseleau. où est la résidence du curé. Elle était aussi conventuelle et de la liépendancc de Sainl- Avit, tl ne reste point d'î litres qui indiquent si les religieux de Saint-Avit y ont eu une celle ou ohédiemc avant que les religieuses de la même abbaye y aient habité le prieuré. Il est du nombre de ceux que l'on nomme bénéOces simples. L'abbesse de Saint-Avit en est toujours collalrice et en pourvoit telle religieuse qu'il lui plaît de son ordre . c'esti\-dire de Saint-Benoît. Elle nomme aussi à la cure.
L'autre église, plus voisine du nouveau bourg, dont elle n'est séparée que par un petit étang, est celle de Saint-Nicolas- de-IJourguériti , alias Hoisguérin (Boscus- GuariniJ. L'ancienne église paroissiale de ce petit bourg était tonl proclie du ruisseau et à peu près vis-à-vis de celle d'aujourd'hui, selon la Iradilion du lieu. On ignore en quel siècle les malheurs des tom[JS occasionnèrent sa ruine. La tradition, encore orale, ajoute que ce malheur mit les paroissiens de cette église dans le cas de demander refuge, pour les pratiques de religion , au prieuré de Uoisseleau , sans qu'on sache si ce troupeau représentait le total de celui d'aujourd'hui, ou s'il n'y en avait pas déjà un pour qui le prieuré de Roisseleaii fui église paroissiale ; c'est <'e que l'on doit croire cependant d'après la bulle d'Alexandre III , qui porte que la chapelle de Saint-Nicolas était dans la paroisse de Notre-Dame-dc-Boisseleati. Celte bulle est de l'au 1177, et la tradition ne donne pas la destruction de la première église de Bourguérin , pour être d'une si grande antiquité. Elle ajoute que l'église actuelle de Hoiirguérin n'est en partie que la chapelle de l'ancien château de Bourguérin, que ses seigneurs otit fait augmenter d'une nef, pour travailler avec plus de succès à y rétablir une
espèce de paroisse, et renouveler l'ancienne autant qu'il serait en eux. Celte dglise parnîl décorée du litre de paroissinlc dans le quolorzieme siècle. Il y o dans les titres el la cure de Droué, un acte d'nmortissement nocordé au curé de Bourguérin, le 14 août 1387, par Guy de CiiAtillon , eomle de Dunois , à cause de \a terre de Fougères.
Gilles Bourdais, chapelain du roi, est qualifié curé de Saint-Nicolas, de Bourguériu cl de Pfotre-r>ame-de- Hoissolcau , dans un bail qu'il fil à vie de la terre de Fougères, dépendant de son bénéfice, le 2 juillet ICi-SG. (]ette église fut mal entretenue, pcut-èlre parce qu'elle était aux seules charges des seÏRneurs de Rourguérin ; elle fut réduite dans un état à n'y pouvoir célébrer le servire. C'est peut-être pour cela (]ue Laurent de Marvilliers, dans une transaction de l'an I5"29, devant Seguin, notaire de In baronnie de Montigny , Galliot de Beausoucics, dans un aveu au fief du Croc-Marbot, pour la terre de Fougères. en 1570. et Jean de Beausoucles, dans un pareil aveu, passé l'an 1591 , ne se sont qualifiés tous trois que curés de Boisselcau.
Enfin, au commencement du dix-septième siècle, sur procès intenté devant le chapitre de Chartres, par Jean de Beausoucles, seigneur de Bourgnérin , puis porté au bailliage de Blois, et enfin au parlement, sans décision, Jean Tarennc, qui ne prenait aussi que la qualité de curé de Boisseleau , s'obligea, par transaction, avec, ledit seigneur de Bourguérin , tant pour lui curé que pour ses paroissiens, comme leur procureur, de regarder l'église de Bourguérin comme paroissiale.
Cette transaction , qui est du 23 novembre 1603 , porte que ledit Tarennc prendra ù l'avenir la qualité de curé de Bourguérin et Boisseleau, comme ont fait, est-il dit, ses prédécesseurs, et ainsi qu'ils étaient appelés aux sanncz,
IIISTOIUE
c'esl-à-dire sinoflcs, île Chartres; qu'il sera célébré le service divin dans ladite église de Bour{;ucriii , de naguère recouverte etréédifléc, quoiqu'il y eùl |>lus de quatrevingt-dix ans (l) , de l'aveu dudit Ueausoucles, que le curé el les habitans avaient prescrit pour leur possession dans l'église de Boisseleau; que pour faire faire ledit srTvice, le curé dotiiierait cent livres à un vicaire révocable à sa volonté; que, cepeiidatil, le curé pourrait aller oiTicier a Uourguériu toutes lois et quand il lui plairait; que tedil vicaire célébrerait l'ollice dans ladite église de Bourguério, y prêcherait et baptiserait, et que le curé recevrait les droits parocliiaux; que le vicaire serait logé à Bourguérin , par le seigneur dudit Hourguériri , qui serait dùchargé , lui et ses vassaux, d'aller à Uoisscleau, sauf ses vassaux du IJois-Hercis, qui, à leur choix, iraient à l'une ou à l'autre des deux églises: le tout sans préjudicier à la dame abbcsse de Saint Avit, pour la présentation de ladite cure de Hoisselcau et de l'église dudit Sainl-Nicolas-de-Bourguérin.
Entre les signatures on voit celle de Louis Jeallain , qui se dit demeurant à Droué , paroisse de Boisseleau , Droué n'étant point du vasselage de la seigneurie de Bourguérin , et S(^s habitans étant apparemment alTectionnés à l'église de Boisseleau, quoique plus éloignée.
Les habitans de Droué sont assujettis à la banalité du four et du moulin, qui, comme tous les autres, ayant été construits pour l'avantage des particuliers, sont entretenus maintenant pour le proBt des seigneurs et la gène de leurs vassaux.
n y avait dans ce bourg une manufacture de serge de plus de quarante métiers, dont quelques-uns pour les
(1) Ces termes ne Bignilinicnt rju'un temps immécnorial , les parties ii'élitui point instruites avec certitude du passé.
étamines et les couverlurcs. Ce commerce , qui procurait l'aistince des liabitans, ne subsiste plus.
ÉCOMAN ou EscoMAN, Escomentum et Scamandum , à dix mitlu deux cents Loises de ChAteauduii, était autrefois enveloppé dans la Forët-Longtie, bien diminuée dans ce (juarticr depuis lo douzième siècle. Dans te temps, les bois de son territoire étaient encore assex considérables pour faire une sous-division de celte Forét-Longuc, sous le nom de ForÊt-dÉcoman , comme il se voit parties titres.
Le prieuré, cure de son église, est à la nomination de l'évoque de Blois , comme abbé de Bourg-Moyen , et i\ sa collation comme nouvel ordinaire; elle était de l'archidiaconé de Du n ois.
Le corate Thibaud V donna, l'an 1141, aux chanoines; de Bourg-Moyen , à Écoman , la dîme (Furnorum svorum de Scamando) et celles des Monlils. L'acte fut dressé sur le champ où il était eu conférence avec Louis VII dit le Jeune, entre Monlreuil et Mord. Présens : Geoffroy de Lèves, évéque de Chartres, et saint Bernard, abbé de Clairvaus.
La terre d'Écoman était du domaine du comté de Danois. Elle fut vendue pendant ta niinurilc du comte Henri 1", le 90 décembre 1597 , à OEucas Marchand , écuyer, seigneur de la Geuliniôre, cinq mille écus sol , vente qui fut confirmée, après les formalités requises, parle bailli de Dunois. par sentence du 12 lévrier 15!!8.
M. de l'Age, lieutenant des maréchaux de France dans cette province, seigneur d'Écoman, vientd'en faire réparer le château, qu'il embellit par des jardins et des plantations. La haute justice, liailliage du Dunois. est du ressort de Marclienoir. Les trois étangs d'Écoman ont plus de deux mille huit cents toises d'étendue en longueur.
Saint-Andhê , prieQr6 simple , uni à Tliiron , î'tait un
des petits moiiiistères dont celta abbnye a été redevable an comte Thfboud IV. Les religiousdc celle Celle é(>rou>èrent tes bietirtiitii des seigneurs du nom de Rorclle, Burrelle et Bouveau, ainsi qu'on les a diversement nommés. Ces seigneurs lilaicnt fort atlacliés aux comtes du pays. Etienne de Itlois avait gratifié Aston ESorellc du Moulin-NeuT et d'un lerrain. depuis la rivière de Seisse jusqu'à la Forôl- Longue. Geoffroy Borelle, fils d'Aston, du consentement de Geoffroy, son lils, donna ces possessions aux moines de ladite Celle de Saint-André dans la forôl, sous Louis-le- Gros, Ce dernier Geoflroy Uorellc donna aux mfimes religieux des vignes à Froidmeuteau , et fit conlirmcr la donation l'an 1132, par Ursjon ou Urson CFraH-V^eFrclleval. Témoins : Paven de Fronvilte, Diiatrix, femme d'Urson ou llrsîon, et par Leurs cnfans, Ursion . Nivelon, Humelin et Renaud.
Robert, frère de GeoOroy d'Ozouer (de Oratoriù), leur donna aussi une charrue de labour aui Sainles-Vallées (ad Sanctas-Valles) . Robert partait alors pour la Terre- Sainte.
Les religieux de Saint-André ayant eu un différend avec les ehantiines dcSaint-Calais du cli&teau de Blois, pour un droit d'avenage qui a passé de ces chanoines à ceux de Bourg-Moyen , le comte Ttiibaud VI prononça sur ce différend l'an 1206, et obligea les religieux de donner un muid d'avoine aux chanoines.
Les TiiÉNiÉUBS, maison seigneuriale où il y a une chapelle, à quinze cents toises d'Ëcoman, à l'ouest, oppartiont à demoiselle de Meaussé de Villcbcton.
FA1NS, Fenœ, bailliage de Chartres, n'a plus rien de commun avec le Dunots , que d'Ôtre de la juridiction de
ai
m COMTÉ DE DLNOIS.
son archidiacre. Cette terre a été longtemps possédée par la maison de Villercau. De Pré. possesseur actuel, vient de Taire rebâtir le ihôteau, fermer et clore le parc. Il en est le troisième possesseur de son nom. La justice est sous le titre de prévôté. Le Qef est reporté partie à AlJuyes et partie à Dangeau.
FLACEY . Flacurrii h quatre mille deux cents toises de Ghâtcaudun, de son bailliage en première instance.
MoBEKNEViLLE OU MoRÛviLLB, ctiâleau rcbflti ainsi que sa chapelle domestique vcrst72I>, par Pierre Mosni , Ois de Pierre, qui était lieutenant du liaîlliage deDunois, n été donné par la veuve du réédificateurà M. Pierre Goislard df Villebresme, secrétaire du roi, ancien lieutenant du mémo bailliage.
FONTAINE-RAOULT etFoNTAiNE-Roox, Fons-Radulphi, Foniana-Raditlphi , h huit mille cinq cents toises de Cliâteaudun , de son élection, diocèse de Blois, de l'ancien archidiaconé de Dunois avant l'érection du nouveau diocèse. Son église, dont le clocher est détruit depnis longtemps, a saint Marc pour patron. Elle est sur la même côte élevée et a la même vue que Bonffry. Les comtes de Dunois et les vicomtes de Châteaudun y avaient introduit les religieux de Thiron , qui y ont un droit de justice et de mesure. Le reste de la paroisse est du bailliage de Dunois et de la baronnie et châlellenie de Fretteval , soit en première instance, soit en ressort. Elle était autrefois renfermée dans la Forét-Longue. La maison et chapelle en ruine de la Madeleine, dans la forêt de Fretteval, est de cette paroisse.
Sainte-Cécile, chapelle et fief, affectée à la prébende d'un des deux premiers prêtres hospitaliers condonnés de
UlâTOIlŒ
rhûlol-Dieii lîr rJiflteiiiiiliiii. est à ilcnne cents loUes de Foritaiiio-Uaoult sud.
Le Hredil , château niiiié et seigneurie (BroHum), nom convenable à un endroil cduvert île bois, est aussi du ressort de Frelteval. Il y nvnit au lïreuil unccliapelle du titre de Sniril-Jouin, dont on a donné quelquefois le surnom nu ehâleati. Mathieu d'Orsay, seijjneur thi Rreuil- Saint-Juuin, en donna la dîme à l'abbaye de Saint-Avil , l'an 1205 el l'ati 1232; Euslarhe du Rreuil , en Tnisiint Édéardc et Eustai'hc , ses Tilles , religieuses dans In môme abbaye, lui fil don d'une ferme située à liteauville; ce qui fut ralilié par le chevalier Hugues des Ghâtcllicrs.
Des de Marescot le Ttreuil a passé par succession à Andrée de Loubcs, épouse de M. de (>ivés, seigneur des Uois- Besnards.
FONTENAY-SllR-CONIE, Fmiamtum , archidiaconé de Dimois, élection de Châtcaudun, bailliage et coutume d'Orléans. Le chAleau actuel a été bâti |>ar un de ses seigneurs de la maison de Villereau. Jcnnnc de Carnascl en était dame en 1625. H a passé par vente aux de Hotman.
Notre- Dame- DE-FoNTENAY, chapelle et prieuré de l'ancienne Gliation deSaint-Avit, fut fondée, ainsi que sua petit monastère qui est maintenant détruit, l'an 118G, par Marthe de Lanneray , dame dudit Fontenay , pour quatre religieuses, qui devaient être avec leur maison soumises nux abbesses de Saint-Avit-iès-Châteaudun , qui en pouvaient changer les religieuses. Goherius et Geoffroy de Lanneray , fils de Marthe, approuvèrent ce que leur mère avait fait ; Ébrard ou Evrard du Puiset accorda l'amortissement à cause de sadite terre du Puiset , dont ses prédécesseurs avaient étendu les droits sur Fontenay.
Henaud. évéque élu de Chartres, avait approuvé cet
flU
l)U COMTÉ l)K UUINOIS.
t'lnblissc«menl l'annûe môme de sa foinlîilion ; et, Vim 1203, il assigna des revenus au clidpctniri de ce petit nioiiastère. C'est ncluell<'iiienlu[i prieuré si m plu iJii plus mince revenu, que l'obbesse coulère ù telle religieuse de son ordre qu'il lui plaît. 11 paraît que dans ces temps on avait plus de soin qu'nujourii'hiii d'enlreleiiir les lits de la Cotiie, car l'acte de i'ondiitioti porte que ce prieuré était bAti dans une île , ce qui n'est plus sensible que duns les crues extraordinaires de ce marais. Fontenity esta treize mille cinq cents toises de Châleiiuduii.
La chapelle de lii !VlAi.AnitEuiE d'drgèrcs et quelques maisons de ce villufîe sont de la paroisse de Foiitcnay.
FRETTEVAL, Fralavallis, ainsi nommé de la forme coupée de la colline où étnit le ch&teou. C'est urx' petite ville distante de onze mille toises de ChAtcaudun, de son élection , avec titre de baronnic et cliAtellcnie , et qui faisait, avec Marchenoir , la plus grande partie des revenus en bois des comtes de Dunois. Cet endroit n'a de ville que le titre et sa petite clôture , qu'on n'entretient plus. La justice y est esercée par un lieutenant du bailli de Dunois.
Le Loir et le petit faubourg de Saint-Victor la séparent de la côte escarpée cl très-élevéc, vers le sommet de laquelle on voit au midi les ruines de son ancien cliflteau, et un peu plus bas, vers l'est , celles de l'éj^lise paroissiale de Saint-Victor. Ce château était un des mieux fortifiés des onzième et douzième siècles ; il n'en reste plus que les gros murs. Sa forteresse consistait en une grosse tour, suivant l'usage de ces temps. Cette tour a encore toute son élévation, quoiqu'elle soit lézardée presque du haut au bas, en quatre endroits Elle a pour ouvrages extérieurs trois enceiittes de n^iuraillcs et autant de fossés.
IHSTOIKE
Les autres bâtimens, motiis anciens, les cours, les enclos avalent une distribution plus utile qu'agréable.
La moitié des murs de sa chapelle subsiste aussi à rezpan. On voit que cette chapelle était composée de deux églises voûtées l'ufie sur l'autre. Elle est construite du nord au sud. Cette chapelle , dédiée à Sninl-Georges , fut fondée par le comte Guy de Châtillon . premier du nom. Il y avait attaché un petit collège de chanoines pour la desservir, et lorsque ce château a été abandonné par les comtes de Dutiots, à la lin du dernier siècle, les modiques revenus ont pnssé, à ce qu'on m'a dit, im\ deux collégiales de Châteaudun. C'est la comtesse Marie d'Orléans, veuve du duc de Nemours, qui o cessé totcilcmerit d'entretenir ce château , et qui en a nommé le dernier gouverneur.
Il y a environ vingt ans qu'on n rasé presqu'entièreraent les murs de la masure de Saint-Victor, avec l'agrément du comte, pour en luire servir les matériaux h la construction de la tour et du clocher de Saint-Nicolas. C'est à cette église paroissiale de Saint-Nicolas que celle de Saint-Victor et ses revenus ont été réunis , sans pour cela en l'aire un riche bénéfice. On parle actuellement d'y réunir aussi Saint-Lubiii-des-Prés.
Dans les quiniîème et seizième siècles, Fretteval a eu des capitaines ou gouverneurs, comme on les appelait, qui tenaient leurs provisions des tomtes , par un abus, dit Loiseau, contraire au droit des souverains, le droit de lief des seigneurs ne devant pas s'étendre sur le militaire ; pourquoi le Parlement n'a jamais reconnu ces gouverneurs, qui auraietgl dil être nommés par le roi.
Il se pratique tous les ans à Fretteval , le dimanche de la Trinité, un exercice singulier, qui s'appelle rompre la perche. Tous ceus qui tiennent du comte , comme seigneur de Fretteval , quelque portion de la rivière, sont tenus à
celte pratique. On entretient un gros poteau carré, solide, au milieu Ju Luir, à une portée de fuail au-Josâous du ponl; il excède de (luelques pieds la surfucc de l'eau. Chaque tenancier , ou un homme pour lui , est conduit dans une chaloupe poussée raidc, à force de rames, dans le fil de l'eau , vers lu poteau; il lient dans sa main une peLile perche d'aune longue de cinq pieds, plus ou moins, et lorsqu'il se trouve à portée du poteau , s'il manque en trois essais de casser la perche , en la poussant à l'enconlre du but, il encourt l'amende de trois livres.
|[ y .1 une chaussée ou chemin pierre, qui prend de FrcUeval pour gagner Bois-KuiTm. Ce grand chemin passe près de Bellande, partjissede VilleLout, conlinue jusqu'il celui que l'on nomme de César , qui conduit de Cliàteaudun au Mans. Il n'a pas été prolongé plus loin. On le nomme le chemin de Henri, parte que c'est un ouvrage de Henri II , roi d'Arigiclerre, duc de Normandie, etc., pour faciliter sa roule par Montmiraîl, Hois-IlulTin , Fretlcval, pour aller à Âmboisc où s'étendaient les bornes de son haut domaine.
Les plus anciens seigneurs de la baronnic et châleltcnic de Frettevnl , qui me soient connus, étaient de la maison desvidamcs de Chartres, ils pouvaienldescendrcdeGirouard, vidame de Chartres, parent du comte Eudes 1", selon le cartulaire de Saint-Père, estrait par dom Aubert (I). Ce Girouard, qui eut plusieurs entans, était le père de Uagent'roy , évéque de Chartres , et de llardouio , qui succéda à Kagenfroy en 955.
I. Nivelon des vidâmes de Chartres, seigneur de Fretteval, premier du nom , et de Meslay, dit depuis k Vidame ,
(1) Celle pareQté avec Eudes peut Caire présumer un dëmembremeDl (la principal objet du damaiae des comtes de Dunois, c'est-à-dire la ForCl-Longue.
IIISTOIKR
avait pour épouse Ermenlrmle. 11 signa , l'an 1031 , In fondalion <lt? Saitit-Deiiis de Nogenl-lo-Holrou , par le vicomte (leriiAleaudiin. Il eut guerre avec (leoflTroy Marlel, comte <l'Anjou , qui se rendit maître de son chAt«au de Frelteval. Ermentrude , son épouse , pour rengager à donner l'église de Saint-Lubin-des-Vignes, près Chartres, aux religieux de Saint-Père, lui obiiiitlonna ses bagues . Iirocolets et joyaux. Elle mourut avant son mari qui, dans sa vieillesse , prit l'hahrt de religieux à Saint-Père.
Payeii , U'.ur fus aîiré , voulut venger son père du comte d'Anjou et reprendre Fretleval sur Gcoflroy Martel; il succomba dans son entreprise et fut lue par ses ennemis , .'i' l'entrée du cluUeau dudit Fretteval, on il fut percé de plusieurs coups. Il était jeune et mourut sans en tans, à moins qu'un des deux Ursion dont je vais parler ne descentlît de lui.
II. Fouclier, cadet de Nivelon, qnntiûé vidame de Chartres, préféra à l'état ecclésiastique, qu'il me paraît avoir embrassé dans sa jeunesse, l'état militaire. Landri.abbé de Saint-Père, élu en 1031 et mort seulement en 1062 , l'engagea à renoncer {\ la possession utile de l'église de Saînt-ï.ubin-des-Vignes-lÈs-Charlres, que son père et son frère aîné avaient conservée, malgré la donation que sa mère Ermentrude en avait faite, et qui avait été consentie par sondil père Nivelon. Foncbcr y retint cependant la dîme du clos Sigismond. Je ne vois pas (lue ce Foucher ait pris d'alliance , et c'est je crois mal à propos que le père Anselme le fait père d'Agnès , dite la comtesse, femme de Hugues III, vicomte de CbAlcaudun, qui était plutôt sa sœur. Il vécut jusqu'en 1095. Ilbert, Uls de ISivelon , qui signa la donation de Chapelle-Royale à Saint-Komain et Saint-Père, par la dame Berthe, l'an 11 VO, pouvait filrc frère de Payen et de Fouclier.
m. Nivelon ou Nevelon , second du nom, sire de Frelleval, signa» l'an 1060 , la charte de fondation de i'abbnye de Vendôme, commeticée en 1033, el dont Téglise avait lH6 consacrée en 1040, Je n'ai pu déraôler duquel des [irécédens ce Nivelon pouvait ûtrc Qls. On voit encore sa signature dans une charte de la eomlcsstî Adèle , veuve du confite Etienne, en faveur de Saint-Père, l'an il04, avec celle d'Drsioti, son fils. Ce Nivelon fit le voyage de la Tcrre-Sainle vers l'an 1111. 11 enétaitdc retour l'an 1115 puisqu'il signa une charte en faveur de l'abbaye île Saint- [.omer (1).
IV. Ursioii, sire de Fretteval, seigneur de Meslay et de BoisrutUn, vidame de Chartres, coidirina tous les dons laits à l'abbaye de T y ron dans SCS terre.s. di.'puis sa fondation jusqu'à l'année ou Etienne, roi d'Angleterre, fut pris en guerre, c'est-à-dire l'an IIVO. On voit dans la charte ce qui avait été donné dans le Dunois à Froidmantcl , à Péronville, par Jean de Secoret. On voit aussi dans la môme charte, que l'épouse d'Ursion se nommait Béatrix et leurs enfans , Nivelon , Hamelin et Renaud. Ce dernier est peutêtre un des assassins de saint Thomas de Cnntorbéry , avec Guillaume de Traci, HuguesdeMorville et Richard Breton, nommés par Mathieu Paris.
V. Ursion de Fretteval , qui vivait dans le même temps que le précédent, eut pour femme une dame nommée Gricée, du consentement de laquelle il donna à l'abbaye de Bonneval le quart du revenu de son four banal dans le
(1} Âraot que de partir pour la Terrc-Saialc, Nivelon avait remis aux religicui do Saint-PiVe le droit que lui et ses préilL^cesseurs avaient exercé, et qui (Jtaitde miiiiir de gens de guerre quelques-unes des terres des RR,, cnnime AbonvMIe, où ils étaient nourris, et en retour, les religieux lui dona(>renl dii livres d'argent, trois livres i> \a comtesse, fcmnic de Hugues III , vicomte de Cliâtcaudun, et (](iRrantc sols ii son Trére Hamelin, Abonville est de lu poroissc de Lcvesville-lu-ClicDard.
bourg de la Tannerie à ChAleaudun , et un setier de blé sur les moulins dudil Châteaudun , en reconnaissance de ce que les religieui de ladite abbaye avaient enterré honorablement dans leur oglise, son oncle, Fouchcrde Fretteval, qui avait pria leur habit sur la un de sa vie. C'est apparemment le Fouchcr dont j'ai parlé , numéro II. Les témoins de celte donation furent Érard de La Ferlé. Nivelon, Fouchcr et l'hilippe , fils d'Ursion et de Gricée, et Agnès, leur fille.
Le mdmii Ursion , qui était seigneur de Meslay, abandonna aui mêmes religieux dcBoitncval, du consentement de sa femme Gricée . In maison qu'il avait dans Doniicval , près le cimetière de Notre-Dame, moyeitiiant la somme de cinquante livres qu'il reçut des religieux, ce qui Fut confirmé par le comte Thibaud IV. Je ne sais si les deai Ursion dont je viens de parler ne sont point le môme marié deux fois.
VI. Nivelon III du nom , sire de Fretteval et seigneur de Meslay , eut pour femme Aalis , du consentement de laquelle , ainsi que de leurs fils , Ursion et Hugues , et de ses frères, Foucher, Philippe et Mathieu, il confirma, l'an 1190 , cl affranchit, comme seigneur de ûef , en faveur de Saîntc-MadclcinedeChùteaudun , la vente faite par Bernard Dneii (c'est-à-dire Doyen) de deux muids de blé et un muld d'orge, pour vingt livres, monnaie d'Angers ;lesdits grains à prendre sur la dime du parc du seigneur Niveloo , aux Chauvelières. L'acquisition était faite par Geoffroy Brusion, fondateur de la chapelle des Chauvelières.
Vlï. Ursion ou Urson de Fretteval prit alliance avec Iléliscnde, dont tl eut un (ils nommé Guillaume Nevclon. Ils accordèrent un droit de chaufi'age de plusieurs charretées de bois, à prendre dans la forôt de Fretteval, aQ;i chanoines de la Madeleine, par acte de l'an 1232.
L'année suivante , UrsËoii confirma ce qui avait été réglé par Ursion, premier du nom, savoir : que les plaids qu'il avait droit d'evercer dans plusieurs viElages autour de !Boaneval, de môme que le comte, se tiendraient dans la vilte roâme de Uonneval. Il est probable que ce droit a été uni à la prévôté de Bonneval , et que ce sont les droits de première instance qu'a cette prévôté sur tes paroisses hors de Bonneval.
VIIL Guillaume Nevelon, seigneur de Fretteval et do Meslay , et Jeanne, sa femme , donnèrent. Tan 1262 , aux chanoines de ta Madeleine, le droit de prendre annuellement quatre charretées de branchages dans leur forêt. Ce (iuillaume est le dernier des sires de Frellevat, des vidâmes de Chartres qui soit venu à ma cormaissance.
Je ne sais si ce fut comme gendres de ce Guillaume, qu'Alain de Mcslen ou MeulantetGuy d'Argenton devinrent possesseurs de la baroiuiie et chàlellenie de Frclleval, qu'ils vendirent à Hugues II de ChAlillon , comte de Bluis et de Dunois , par échange de trois cents livres parisis de rente à prendre sur le trésor du Temple à Paris . ce qui fut fait vers la fin du treizième siècle.
Depuis ce temps , Fretteval est resté uni au domaine des comtes de Dunois, qui avaient toujours possédé la majeure partie de la forél de ce nom, et auxquels sont encore rentrées les portions que les vicomtes de CbAtcaudun y avaient acquises, lors delà réunion de la vicomte au comté. François I" d'Orléans l'avait vendu le 6 juin liSG, à Jean Boudet, contrôleur des finances du duc d'Orléans, moyennant cinq mille cinq cents écus d'or , mais il fut racheté par Agnès de Savoye, le 13 juin 1492, pour ses enfans mineurs, comtes de Uunois [I).
(1) L'aliiinyljon de FrcUeval pur François portail faculL£ «le rémér6 jMtidaiit te coui'A de six années; la dale da 13 juin iadique seulement le jour de l'acquit.
Itt
Saint-Maiic, tliapelle, ci -devant inaladreric, à deux cenls loises de Frelteval ouest, est réunie à l'Ilôtel-Dieu de
Morée.
RocnBDX, château bâti pnr de Goulaines, appartient à sa fille, mariée d'abord au marquis de Drue, puis à M. de linillnche, qui l'ont vendue à M. de Candie, mort depuis peu en Prusse , ou le roi lavait appelé comme un particulier Turt intelligent dans Icij tinaiices, vl uû on dit qu'il a été tué par un serrétnire qu'il avait metK'' avec lui . et qu'il n'y protégeait pas comme il le lui avait promis. Les héritiers Candie ont vendu Rocheux en 17G8, à M. Le Trosne, avocat du roi à Orléans.
GERMIGNON VILLE, Germinonis-Villa , archidiaconéde Dunois, bailliage d'Orléans à la clitltellenie de Janville, élection de Chartres et une des paroisses que les temps ont le plus séparé de la communication avec la capitale du pays Dunois où elle est située , et auquel elle sert die limites entre l'Orléanais elle pays Charlrain. Son bourg est éloigné de seize raille loises de Châteaudun.
Après la ruine de l'abbaye de Saint-Père de Chartres par les Normands, l'an 812, l'cvCque Hélie, suivant ses cartulaircs, se mit en possession de l'église de Gcrmignonville et de bien d'autri^s, qu'ils supposent avoir appartenu à cette abbaye avant ce désastre. Aganus, évoque , et, à ce qu'on croit, comte de Chartres, favorisa te rétablissement de ce monastère, et Ragenfroy, son successeur. lui rendit, outre plusieurs églises, celle de Germignonville , environ l'an
On voit par l'acte de Kagcnfroy , inséré dans les susdits cartulaires, que Gcrmignonville ainsi qu'Ourvillier sont du pavsDunois. C'est ainsi ques'exprime l'évêque : u Quamdam
0 terrain ex nostro in Pûtninicatu nomine Germinoniss villam atque duo adjacentia, Flaissainviliamel Moriolum D villace, in Pago Dunensi silam.... Eliam in ipso pago n eddemque parrochia ecclesiam villœ quœ dicilur Ursus- « Villaris... Ihnamufi et reddimus. » Cet acte est signé par [etlit Ragenfi'oy , par Hildeman , archevêque de Sens, Josepli , archevêque de Tours, CoBstantins, évoque de Paris, sous le règne de Louis IV. Dom Aubert, dans son manuscrit historique sur ces cartulaires , présume que cet iicle est de l'an O'i-l.
OcuviLLiEii est V Ursus-Villaris dont it est meiilion dans la donation de Ragenfroy. On nomme vuli^aircraenl ce village Saint-Léonard, à cause du patron de son église, qui est le Solitaire du Dunois. Il s'y fait un grand concours du peuple des alenlourSj lequalrième dimanche d'après l'ûques, jour de la fête de ce saint , à son tombeau , près Marchenoir.
Par l'acte énoncé ci-dessus, on voit (îerraignonvMie annoncé comme le lieu spécialement paroissial ; en voici un autre du même siècle, qui donne ce caractère à Ourvillier. Il est du même Ragenfroy et présumé dans la Gaute Chrétienne, de l'an 95V, Il est signé du comte Thibaud l" ou le Vieux , de la comtesse Letgarde, son épouse, de Hugues, duc de France, et Hugues, son flls. It y est dit que Kagenfroy donne, dans la paroisse d'Ourvillier, Gerraignonville, situé dans le pays Dunois.
a In parrochia VosivHlaris Germinonisvillatn in Pago B Dunensi cum triginfa mansis cullis et incultis. In Pago » Carnoten^i , ImoniêvUlam , cum nove^m mansis et dîmi- >i dio. t>
Ce second acte, qui n'est qu'une tonfirmnlion du premier, en faveur de Saint-Père, par Taulorité séculière. dénote que les églises d'Ourvillier et de Germignonviîlc
UISTOIUK
devaient être regnrdées comme égnlcment pnroissiales dans ce temps , pour un môme troupeau. Il sert comme le premier à montrer les limites des pays Dunois et Chartrain.
L'an 1143 , Odon, en sa qualité de maire de Gcrmignonville , se désista de tous les droits qu'il avait prétendus sur les biens des religieux de Saint-Père dans son territoire, excepté le plat des noces jusqu'à vingt sols , et on lui assigna un muid de blé, moitié froment, avec un muid d'avoine qu'il reconnut tenir en fief desdits religieux. Les. témoins de cet accord furent Itichard d'Orgères et Ebrard de Gcrmignonvillc.
Vers l'an 1024, un laïc nommé Ililduin, vassal fcasatusj d'Odolric, évoque d'Orléans, prétendit que l'église d'Ourvillier lui devait appartenir. Il fit ses remontrances à ce sujet à Févèquc d'Orléans, aOn qu'il l'en fît jouir. Celui-ci engagea Fulbert pour les évoques de Chartres, et l'abbé de Saint-Père , dont la maison était en possession de cette église, à une conférence cntr'eux pour décider sur les prétentions d'Hilduin, qui disait « que ladite église, située n dans le pays Dunois, était du même vasselage que ce n qu'il tenait en fief de l'évfiquc d'Orléans et du môme » bénéfice. » H se plaignait d'avoir en vain essayé de se faire rendre justice par les prédécesseurs d'Odolric (1).
Il y eut deux entrevues des parties : la première à Ourvîllier môme , la seconde dans un lieu nommé Castaneltes. Tout examiné, on prononça en faveur de l'abbé de Saint- Père et de ses moines.
Les calvinistes ont eu un proche entre Ourvillicr et le hameau de (Irandvillier, qui est de la paroisse de Viabon, dans un champ qni appartient à l'abbaye de Saint-Père , ce
{i) Cet Odoiric était ncven et bfrilicr de Bogcr, évêque de Beauvaisi que je crois llls du comte Eudes I". L''évf^([ae Roger esl celui à qui oa attribue le râtabLiuemetil de l'abbaye de Coulombs en 103A.
qui est indiqué par des litres du monastère d'Ambcrt , qui n une ferme à GrandvilUcr.
Cambuay , château dont le corps de logis est du dernier siècle. Une partie de son domaine et une portion de sort parc sont de la paroisse de Funtenay. Ce château est sur une des sources de la Conie, qui , quelquefois, s'élève un peu plus haut. Son Ut marécageus traverse le milieu du parc dans sa largeur. L'iiilcntioTi du propriétaire est d'y faire un large canal assez profond , pour rassembler les eaux, en avoir un courant en tout temps, et changer en honnes prairies un terrain où les roscnuK seuls se plaisent et une herbe trop grossière pour être d'une grande utilité. La terre de Cambray, quoique légère, produit des chûnes d'une belle élévation.
Le château relève de Vallières, paroisse de Xoltonville , la basse-cour d'Allaines , la basse-justice et d'autres objets du Puiset. DeN, d'Oinville, seigneur du Puisct, les Bordes, Hoé, Saint-Simon, Cliarlionnicres-aux-Bois , la terre de Cambray a passé par vetite, vers 1575, à N. Lambert, membre de laChambrc des Comptes de Paris, etN. Lolièvre. son épouse^ Par succession, Cambray appartient actuellement à M. Charles Lambert, qui a épousé demoiselle Marie -Ileoriette de Croismard, fille de M, Henri de Croismard, écuyer-cavalcndour et commandant des petites écuries du roi.
GOHORY, Gohoriacum, (toheriacitm , Goherium. Ce nom peut venir du nom de Goherius , qui était celui de seigneurs connus dans le Dunois dans le onzième siècle. Cet endroit, où il y a peu de maisons, est ù sis mille cinq cents toises de Châtcaudun , et du bailliage de Chartres pour la majeure partie.
nisToiuiî
L'église Pt seif^neurie de Goliory fiirenl numôriùs » l'abbé et aux religieux de Sniiil-Midiel , au péril de la mer (1) , par Eudes Borel, seigneur du lieu et peut-être de Courtalaiu. Cette donatfon fut confirmée l'an 1208 par Renaud , évéque de Chartres. Ces religieus y formèrent une Celle dotil ics iDuiiies curciil uti diil'ércitd avec le curé séculier, qui présidAit au troupeau vers le milieu du XIIP siècle ; ce fut ou sujet des novates. Ce curé s'accommoda enlin avec les moines et Tabbé du Mont-Saint-Miclicl sur ce litige, et leur orcord fut conrirnié le 7 avril isn. par Mathieu des Champs, évéque diocésain.
I.e prieur commendataire de Goliory est seigneur de la paroisse. Ia'S appels de la justice ressorlisseiit à labaronnic, maintenant comté de Mcsiay, dit le Vidaroe-
BÉLESSABT, lief du Dunois, Le Iîois-Saint-Père , village
alternulivement de cette paroisse et de celle de Dangcau , sont du builliagc de Boiuieval.
L'église de Gohory tomba en ruines au commencement du seizième siècle, on ignore par quelles causes. Elle fut rétabUe, et la consécration en fui faite le 25Juin 1536, par Barthélémy Simon , abbé de Saint-Cheron-lés-Ctiartres et évéquc titulaire de Sébaste. comme en fait foi une inscription qui est dans celle église, au-dessus de sa principale
(i) La dévolîon au Monl-Sainl-Hicbd a ët6 le motif de cette donation. Les ptlcrtuagi-s à ctllc ulibajc (liaient eu vugiic dans ces temps. U u'y a plu» que queltiiics jeunes gens du petiplc qui rosseiilpar troupes ce voyage, et plu3 rarement que JBtnnis, Ils y alluienl tambour baltaiil et sous un drapeau, Ceui de Cbf^letiuduri disposaient quelquefois ce «Icmîer et» arrivant diip» la c!]Li|>ctlc du Cbunipd^, h l'autel de leur confrérie, qui subsiste encore. Le premier de la l^nnde (lui, en ajiprocbant Je lïoim-Micliet, Vapcrcevait et criait : « Voil;^ le Mont, t Ëlail ri'connu pour capitaiue de la liaiidc et recevait une couronne plus ornée que celîe des autres pjjlerins. Ceu!i-ci se coiltuicut d'une loqne de paille fi (|ucuc , qui prenuil la forme du cliapeau et qui êtaîl Kurmoiiléc d'une couronne de plomb garnie de coquillages. Ils prenaient aussi deux Itanduujiî'res en croix qu'ils mclloicnt sur leurs babils.
porte d'entrée ; celle iiiscripUon , en mauvaises rimes , commence ainsi :
• L'an de grâce mil cJaq cent trenle-sii ,
■ Des jours de juin, un moina de *ing:l-$ix. • Etc.
La mênie église devint l'objet de la fureur des Caivinistcs quarante-cinq ans après. Conduits par un nommé Chevallier, ils la pillèrent, puis la brûlèrent en 15(>8. Elle ne fut partaitcment rétablie qu'en 1572 , par les soins de Bertrand Bougery, son pasteur, comme le fait voir une autre inscription qui est au pan du nord. Du même cAtë, vis-à-vis le chœur , le prieur a sa chapelle particulière.
Il y a dans le môme lieu une école sous le titre de Préceptorerie, fondée au commencement du siècle dernier, par M. Charles Lemaistre , religieux de Bonneval, qui Gt Tacquisilion de la maison et des prés, qui en Tont la dotation modique.
GlîlLLONVILLE , distant de doute mille sept cents toises de Châteaudan , de son élection. Le bourg , selon la tradition du lieu . s'est assujetti de lui-même à la justice des religieux de Bonneval à Baignolet, à l'exemple de ceux de cette paroisse, qui y ont été contraints comme vassaux de ces religieux . et à cause de la proximité du lieu et du ressort à Janville , moins éloigné et plus commode que Chàteaudun. Dans l'Aveu du comté de Dunois à Blois , que j'ai cité , on énonce les droits du comte sur une partie du village de Gaubert et sur la ferme de Villercenne, actuellement détruite.
Garnier Boteitlcr de Guillonville . chevalier , Hugues , son flis, et Hernaud Boleiller, son neveu « par l'entremise delUanassès, évêque d'Orléans, renoncèrent, en faveur de Girard, abbé de Bonneval, et de ses moines, à leurs prétentions surChauvrcus, même paroisse de Guillonville.
(iisioiriE
C'était Jal(]in, dis de RaiinhauJ et piTo de Girard, qui avait donné cette terre ù Uonrieval,
LAiibOisE , simple ni<iiâon bourgeoise dans Guillonville, va être regardée comme seigneuriale, au moyen de l'acquisîlion que le stcur îlngoulleau et N. Blet , Olle du prévôt de Bonneval, nouveaux possesseurs par achat, viennent de Taire de [a hautc-juslfcc sur Guillonville , avec une pelile censive que M. Lnuis-Cliarles Le Mairat leur vient de faire par vente en 1765 , comme seigneur de Baignolet, en ressort et en lief de sadile seigneurie de fiaignoict.
Guillonville est une des paroisses où Ton trouve dos protestans.
JALLANS, Jallanlium et Jatemum, n'est qu'à mille cinq cents toises de CliAleaudun. On vante, sous le nom de fontaine de Jal'ans, une espèce de petit puits qui est dans un caveau et dans le jardin d'un particulier, parce qu'il est sujet aui mômes crues et aux mômes décroissemens que la Conic , et qu'on en tire les mômes pronostics. Jumeaux était entré d^ns la maison des Uuplessis- Châtillon-Soint-IIilaire, par une Beauûls. Il appartient aujourd'hui à M. de Meaussé. On a oublié ce fief et maison seigneuriale sur la carte générale.
Le fief de l'Esthivarde et la maison du Ghos-Noybb ont un môme propriétaire.
HocHEFORT. Un seigneur de ce fief donna outrefois une dîme aux religieux de Saint- Valérien cl aux religieuses de Saint-Avit. Les donataires eurent ensemble à ce sujet des difficultés, qui furent terminées l'an 120'», par Lancelin , abbé de Ponllevoy, du prieuré de Saint- Valérien, et Eustache , abbesse de Saint-Avit.
LA BAZOCHEj Barrochiay petite ville et une des cinq baroimics dites du Porche-Gouet, ou plutAt Goëth, sur l'Hière , est à treize mille six cents toises de €hâteaudun et de son élection. Les religieux de Pontlevoy , qui ont possédé sou église, y ont encore un prieuré simple, à la nomination de leur abbé, c'est-à-dire de l'évéque de Blots.
II se tient tous tes samedis un tissez bon marché à La Bazoche, sous deux halles. Il y a aussi deux foires, l'une le jour de Saint-Jean-Bnptiste , patron du lieu , l'autre le 9 septembre , fête de Saint-Gourgon , où les reliques que l'on a oblenuesde Rome sous le nom de ce saint, attirent une gronde quantité de pèlerins.
Cette baronnie a encore les mêmes seigneurs que celle de Montmirail.
LA BOSSE, à douze niille deux cent cinqunnle loises de Chatcaudun, de son élection, bailliage dcDunoi9,àla baronnie de Marchcnoir en première instance. Sainte Madeleine est patromiede son église, qui était de l'archidiaconé de Dunois avant qu'elle devînt de l'évêché de Blois. Elle avait été aumànée autrefois à l'abbaye de Bonneval.
Les seigneurs de Villegomblaici ont un ûef dans cette paroisse.
LA CH.\PELLE-DU-NOYER , Capella Nuceti ou de Nïicelo , à deux mille deux cents toises de Châleaudun. Son église, isolée, n'était autrefois qu'une simple chapelle dédiée à la Sainte- Vierge. L'église paroissiale était Saint- Aabin-des-Vignes, où il y a une ferme qui n'est éloignée que de quatre cents toises de Châleaudun. Après la
iiiSTOiut:
destruction do l'église paroissiale de Saint-Aubin . les possesseurs de la ferme y avaient réédiflô une chapelle qui n'a été détruite qu'à la ihi du siècle dernier. Le changement d'église n fait clianif^ar, de nom à la paroiss^e , sans que, dans \a nouvelle, ou oublie l'ancien patron , et luutc la paroisse en solennise encore la fêle.
Touciie-Breoibr, château bflli dans ce siècle, par ÎV. Lambert, écuycr . trésorier do Fronce à Orléans, acquéreur de celui de la Varenne, môme paroisse. La paroisse de Sainl-Aignan de Châleaudun faisait une station à la chapelle de la Varenne, avant qu'elle fût prolanée, dans la procession qu'elle Fait tous les ans à Saint-Avit, le troisième dimanche d'après Pâques.
LA CHAPELLE-ONZERAIN, alias Ozan>e, Capella- Ozannœ , Ozorenium: on dit aussi Ciiapelle-Ozebain, ù
onze mille toises de Châteaudun, de son élection et de son archidiaconé avant l'érection de l'évéché de Blois. Saint Martin est patron de son église.
La troisième année de l'épiseopat de GeolTroy de Lèves, c'est-à-dire l'an 1119, Eudes Le Roux , chevalier, résidant à Orléans, remit audit évèqiie la moitié de la Chapelle- Ozanne, par les mains de Gauscclin , archidiacre de Dunois; et, suivant l'intention du m(^me chevalier, l'archidiacre, par ordre de l'évêque, la donna à Guillaume , ci-devant moine de MarmoutierSj et pour lors abbé de Saint-Père.
Eudes Le Roux ne tarda pas à augmenter ses libéralités pour les RK. de Saint-l'ère, en leur donnant ce qu'il s'était réservé à la Chapelle-Oianne, en terres, dîmes, champarts et fiefs; il renonça à ses droits sur le pourpris et entrée de l'église , réservant à ses serviteurs le pouvoir de se bâtir une maison près l'entrée de ladite église ; il fut
accordé, par le môme acte, que les religieux, rcraienl bâtir une t'glise à Tournoisy ; que les menues dîmes seraient au prètfe qui desservirait Tournoisy , excepté celle de laine, que le moine de Tournoisy partagerait, ainsi que celle de blé , etc., avec le moine de la Chapelle-Ozannc. à eundition cependant que ce dernier n'en pnicruil point de sa mnisoii ni de son labourage. Le tout Tut fait du consentement de la femme de Robert le Roux, d'Adérarine cl lîustaclie» leurs flls. de Rolrude, leur fille, do Robert de Membrollcs , de qui il lennil ces choses en Oef, de ses frères , Guillaume et Gervais , de Graon , dit Queue-d'Hirondclle.
Les cnfans de Maurice BulgercI , savoir : Gavln et Gaultier , Mélisende , femme de Gavin , et leur fils Etienne, voulurent inquiéter les religieuï sur ces donations; mais ils s'en désistèrent devant Richer, successeur de Gauscelin, dans rarcliidirtconédc Dunois, et Hervé, doyen. Présens : Robert de Mcmbrolles, Robert Acuteus junior, qui pouvait être seigneur d'Ymonville, Guillaume de Bene, que je présume parent d'Aculeus, Ebrard Brilelius et autres.
II reste encore dans le bourg de la Chapellc-Onierain un Bef de son nom et une maison seigneuriale, dont les propriétaires reçoivent les droits honorifiques dans l'église. C'étaient apparemment les propriétaires de ce fief qui portaient le nom d'Onzerain dans le treizième siècle. L'an 1208, Guillaume Onzeraiu, ccuyer , donna son consentement, en qualité de seigneur de Qef , au don de la dîme des Sollians, fait aux religieux de Bucy . dans la forêt de Montpipeau ; et l'an 1215, Potin de la Chapelle-Onzerain donna aux religieux de Voisins, ci-devant de Bucy, la dîme du blé de Loupille. Le même Qef appartenait à la famille de La E'^orest, résidant à Sancheville; en 1639. à Louis de Yillequoy et Marie de Brandous, son épouse.
rilSTOlKK
M. de Réviers de Mauny en esl devenu possesseur par sa femme.
LA CHAPELLE-VICOMTESSE doit probablement son surnom à une des vicomtesses de Cliâteaudun , dame de Mondoubleau , qui y aura introduit les moines et qui aura attaché la seigneurie et la liaule-justice au prieuré. Il est réuni ou séminaire de Blois depuis Irenle ans. Saint Michel esl patron de son église, qui était de rnrchidiacoiié de Dunois. La rivière d'Égrenne prend sa source sur cette paroisse.
Saint-Blaise, chapelle, fait partie de la prébende d'un des deux premiers prôlres hospitaliers condoniiés del'IIdtel- Djeu de Châteaudun. Elle esta trois cents loiscs de La Chapelle-Vicomtesse.
LA COLOMBE, à dix raille trois cents toises de Chû- Icaudun, bailliage de llunois, à la baronriie-châtellenie de Marclienoir. SaitU-Martiii est patron de soit église. Elle était de l'archidiacoué de Dunois avant l'érection de l'évêché de Blois. Son évoque, comme abbé de Ponllevoy, nomme à sa cure et à son prieuré simple. Toutes les maisons de La Colombe, une seule exceptée, ont droit de chauffage et de paisson dans la forêt de Marchenoir. C'est sur celte paroisse, comme nous l'avons dit, que le comte Thibaud IV a fondé le Pctit-Citeaux , dans un ancien château nommé l'Auraûne , à l'entrée de la Forêt-Longue.
SAiNT-LAruENT , chapelle que l'on a laissé tomber eo ruine depuis environ dii ans, ainsi que la maison seigneuriale à la Grande-Touche,
RiCHEVîLLE , maison seigneuriale, appartenait, en 1587, à Joachim de Tiercelin, comme petit-fils de Claude I^
Loue, De cette l'amiile, Kichcvllle a passé par alliance, dans le siècle suivant, à François du Plessis-Cliàtillonfieaujeu , fils de Rané du Plcss^is-Dcaujcu et de Louise de Bruet, bronche cadette des du Plessis du Mée. Les arricrepelits-Bla de François en sont en possession. Le cadet écrivit, il y a quelques années, une lettre singulière au roi. L'adresse était : n Au roi, dans son château de Versailles. » La supplique était d'un jeune homme aussi peu instruit que plein d'ardeur pour servir son prince, dons une place plus convenable que celle de simple cavalier à laquelle son peu de fortune l'avait réduit, quoiqu'il eût l'honneur, disait-il, d'appartenir à Sa Majesté. Celle lettre plut assez au ministre pour qu'il la remît au roi, qui se fit informer des qualités du gentilhomme et lui accorda cent livres de pension et une liculenance.
Il y a une autre seigneurie de Richeville plus considérable, paroisse de Membroilos, qui a de mftme appartenu loiigtem|ys à la maison de ïiercclin , qui l'a vendue à M. Pierre d'Alès , raaréclial-de-camp, et à demoiselle Marie de Musset, sa femme, dame d'honneur de la reine Anne d'Autriche.
LA FERTÉ-VILLENEUIL, et VTNEUtL, FirmUas de Yilta-Noti, Firmitas-ViUemlis, Feritas-ViUenoti, petite Tille en ruines sur la rivière d'Aigre, qui la traverse, à cinq milles toises de Chûtcaudun-sud. C'est une ancienne châtellente qui a fait partie du domaine des comtes de LHinoiSi et qui ressortit au bailliage de Blois (i). Avant l'aliénation par vente à Jean de Tiercelin , chambellan de M. lo duc d'Orléans, faite par le comte François I" d'Orléaus-Dunois, l'an |fi87, lo 2 Juillet, il n'y ovait qu'un lieutenant pour l'administration de la justice sous le bailli de Dunois.
(1} De rail, car de droit elle devrait ressortir au Parlement, aioM que le bailliage de Dunois.
Le mot Ferté signifie on liea fortiflé , et dans ce sens . La Ferté devait l'être dès le douzième siècle au moins, temps où l'on voit des seigneurs de son nom. Dans le cartulaire de Saint-Père , on trouve Sansion de La Ferté, qui signe une charte l'an 1119, dans le monastère de Saiot- Lomer de Blois. Guillaume de La Ferté vivait dans le même temps. En cas que ceux-ci appartinssent à d'autres Ferté , l'existence de celle-ci est connue du même temps, par les seigneurs du nom de Friaise. qui, s'ils n'en étalent pas seigneurs . y avaient du moins des possessions ; comme Jean de Friaise, chevalier, qui accompagna le comte Loais à la cinquième croisade, où il donna des preuves de son intelligence , de son éloquence et de sa bravoure. H y fat tué près d'Ândrinople , à côté du comte , qui j périt aussi l'an 1205. Le moulin de La Ferté appartenait , en 1240 , à Jean de Lèves , de la même famille que Geoffroy , évêque de Chartres.
Le comte Guy I*' de GhAtillon acquit la terre, ville et chfltellenie de La Ferlé, l'an 1323, du seigneur Mauvlllon. Depuis qu'elle a été achetée par les de Tiercelin , elle a ^«ié par vente aux Sablets d'Heudiconrt, aux de Pleurs, dans le siècle dernier, et depuis peu d'années, à M. du Cachet, comte-^ j,6drc8e1?"^'^*l>sr^
Le$ Anglais et les BooriruiffnAn« T**NL"^ncé la ruine
-njidérahlement sous Charles ix" /"' ^^ - » ont pas plus épargnée danslpl-^ ^' «alvinistS»?"*!*! "«1646, le, troapesll'Vr'*"^*'^^'^' «»'•-« 164. '>0'té le dernier coup. L„'^^-''^»"^«>^t '•»' on
abandonnées ont servi â lenr .„"• ^'"' ^^' «aisons ;e«te e„eore bien des morcZ.lT' '''' '^* *"'*«». « P«« bien longtemps que 2 L T ""''**' '' «V a ==^^___ ^ '' ^''^'' ^« Châteaudun et de
DD COMTï: DE DUNOIS.
Blois y étaient encore dans leur entier, aux couvertures près. Outre le château et la chambre du sel , elle renfermait près de trois cents maisons de particuliers.
On y voit encore quelques vestiges de son château , dans lequel le comte Thibaud V Bt dresser une charte l'an 1215, par laquelle il donnait à l'aumône de Beaugency, entr'autres choses, vingt sols Dunois de rente à prendre sur la prévôté de Marclienoir (les prévôts étaient les receveurs), et trois seticrs de sel à prendre la veille de Saint-André, sur "la prévôté de Châteaudun.
Des deux paroisses de La Ferté qui subsistent encore, celle de Saint-Marlin, est la plus considérable. Dans le temps des guerres dont nous venons do parler , on donnait le nom de Fort-Saint-Martin à son église, qui est en deçà de la rivière, par rapport à Châteaudun. Le haut de ses murs était garai de créneaus ; ceux du chœur n'ont été supprimés que depuis peu , par ordre des administrateurs de son Hôtel-Dieu, dans une réparation qu'ils y ont Tuit faire comme gros déeimaleurs. On y voit des meurtrières de tous côtés. Il y aussi des casemates. On a encore trouvé dans ce siècle quantité de boulets au pied de ses murs et aux environs. En faisant neltoyer une fontaine qui est dans la sacristie, il y a environ quarante ons , on en tira de ces boulets et beaucoup de sabres, d'épées et d'autres armes.
L'église paroissiale de Saint-Pierre, au-delà de la rivière, était en même temps monacale et dépendante de l'oiillevoy. Dans une charte de cette abbaye, il est dit que, l'an 1170, Gavin de Friuise, en se faisant religieux audit Ponllevoy, donna à la même abbaye , du consentement de Gaulhicj- de Frioise . son frère , la. dîme sur les jardins de La Ferté-Villeneuil (de Firmitale- Villelonii). Celte charte fut dressée dans le clottre de Saint-Pierre de la même ville de La Ferté. Il n'existe plus que le chœur de cette église ,
HISTOIRK
qui avait deux nilcs, dont les murs et quelques pillen«il résisté au temps et indiquent son ancienne Tortne. CesLi comme possédant l'nbliaye de Pontlevoy , que les évétjw nomment au prieurû de celte église, dont la cure , aisi (juc coMo de iîaint-Martiii , était à la nomination de li{ même abbaye.
Le petit HAtel-l>ieu de La Ferlé est sur le bord de I' rivière, du cfllé de Saint-I'ierre et de sa paroisse. Il iip] que deux lit» pour les hommes et deux pour les renuDOt On j a réuni 1» maladrerie de Snint-Laurent, près deU| Ferlé, mois de la pnroisse de Charré , et celle de Saint' Micliel de Cioyes. Dèa avant le quinzième siècle , c'élait ecclésiastique qui était maître de cet Hôtel-Dieu , et qi était pourvu par le grand-aumônier de» deux petites m\ dreries dont je viens de parler.
Le revenu total n'étisit pas assez ample pour que le maîlii pût rendre son Hôlcl-Dicu utile à bien des pauvres. I furent encore bien moins soulagés lorsque , conforniéraeii à redit du mois de décembre 167-2, Tordre de Saint-Lainri s'empara des deux maladrericsde Saint-Laurent et deSoial Michel. L'édit du moisde mars 1692 ayant remis les cli au même état qu'elles étaient avant celui de 1672, aini que les déclarations des 15 avril et 20 août de la mô année, de Pleurs, seigneur de La Ferlé et de Ronliily travailla à profiter de l'occasion. Il présenta sa requête en conseil, pour Taire réunir à fNîJhétuité les deux susdites mnladrerips à riIôtel-Dieu de LaPlNI^, dont il offrait de faire toutes les réparations à ses dépensT^S^* lui accorda un arrêt favorable le 18 septembre 1693, qui^Bkjronon cependant pas sur toutes les fins de sa requête. I senla une seconde l'an i&è^k, sur un nouveau plan, qi était de transférer l'IïôEel-Dieu à Romilly, où il ferait construire les bâtimens nécessaires, et où les malad
un
seraient plus à portée de tirer des secours de son chàU^au du Jonchet tenant à Romilly. Un arrôt suivit la reqiiûte ; il donnait acte des offres du sieur de Pleurs, et ordonnait qu'il serait fait droit, après avoir sur ce reçu les avis de Tévôque de Cliarlrcs, alors diocésain, et de l'intendant d'Orléans.
Les flvis reçus, le conseil privé donna un troisième arrôt le S. raai 1697 , par lequel le roi , sur les offres du seigneur de Pleurs, ordonnait qu'il serait établi un Ilfltel-Dieii à Romilly, auquel Sa Majesté unissait les biens et revenus de celui de La Ferté-Villctieuil et des maladreriesde Saint- Laurent, près La Ferté, et de Snint-Micliel de Cloyes, pour en jouir h compter du 1" juillet 1C95, à ta charge d'acquitter les Fondations dont pouvaient être chargés lesdits Uôlcl-Dieu et maladreric, et de recevoir les pauvres malades des lieux où ces biens étaient situés, à proportion du revenu.
« Que la qualité, les droits et facultés de fondateur et » patron de l'Hôtel-Dieu de La Ferlé- Villeneuil, esquels a ledit seigneur de Pleurs avait été mointenu conome sei- « gneur de ladite Ferté , par l'arrêt du conseil du 18 sepa tembre 1G93, lui demeureraient et appartiendraient 0 commeseigneur de Uorailly.ctù ses successeurs, seigneurs » dudit lïomilly , sans qu'à l'avenir les seigneurs do La » Ferté- Villeneuil pussent prétendre à ladite qualité , droits » et facultés, en cas de séparation des terres et seigneuries a de La Ferté et de Romilly ; que ledit Hôtel-Dieu serait B régi par dcu\ administrateur» , l'un des liabilans de » Romilly , l'autre de La Ferté, nommés par ledit seigneur » de Pleurs et ses successeurs» o
Le même seigneur obtint, au mois de juillet 1697, des lettres-patentes conformes à cet arrêt , qui furent enregistrées au Parlement le i'i août suivant.
M. de Pleurs fit bâtir, en conséquence, une maison près
IIISTOIBB
de l'église de Romllly , où les malades ont été soigub pendanl plusieurs tinnées, par les filles qui cri avait le gouvernement; mui:« eiifln, ayant considéré dans la suite que le logement du premier Hôtel-Dieu à La Ferlé était plus convenable par l'étendue de son enclos et de sesbàtimens et par sa silualiori sur la rivière, l'Ilôlel-Dieu y o été rétabli, du consentement de l'évoque de Blols , nouveau diocésain. Cet Hâtct-lMeu n'a que seize cents livres de revenu cl bien des charges. Il est gouverné par deux su'ur» de t.i charité de la congrégation de Montoire appelées dès 162't. Elles instruisent les jeunes filles, visitent les pauvres malides dans leurs maisons , tant à La Ferlé qu'à Cliané et à Itomiily. Les administrateurs leur donnent trois cents livres d'argent et les fournissent de pain, de vin , de bois, de thoiidelle el de médicamcns. On leur entretient une servante cl on leur fournit d'une monture pour leurs courses dans les trois paroisses.
Un arrôt de la chambre souveraine des décimes, du 17 août 1733, a déclaré cet Hôtel- Dieu exempt d'impositions, malgré une sentence de la chambre ecclésiastique de Blois.
Quoiqu'il n'y ait plus de marché à La Ferlé, on y conserve sa mesure particulière , dont le muid vaut treize seticvs de Cb&teaudun.
LA FOLIE-HEKBAUD, Folia- Herbaldi , petite paroisse que l'on croit extraite de Sancheville, est à quatorze mille toises de Châtcaudun, bailliage el élection de Chartres, archidiaconé de Bunois. De la maison de Vassé, elle a passé par alliance à celle de la Roche-Boisseau.
LA FONTENELLE, FonlamUa, distante de onie raille
Ctiâteaudun , du ressort de lu nie de Monligny , au siège de Di'oué. Son châtenu, bâti en bois seulement, est maintenant écroulé. Ses fossé!» à eau , SCS jardins , sn futaie en faisaient une demeure grncicuso avant qu'on eût visé à l"élé{;ance des maisons de cannpagne. Une duHainier l'avait porté à feu M. le marquis de Fienncs, lieuleiiant-génèral, et !a fille de celui-ci à M. de Malarel. Il s'y tient une assemblée considérable le jour de Saitilfiilles , f^te du patron. Les premières sources de ta petite rivière d'Ëgrcime sont dans son vallon.
LA GAHANDIÈHE, Gafienderia et Gohenderia, à dix mille toLSGS de Cliâtcaudun , bailliage de Dunois, à la châtellcnic de Marchenoir. Son église , sous l'invocation de saint Jean , était de l'archidiaconé de Dunois avant que Blois fût évÊchê. Son prieuré est uni à la manse du Petit- Ctteaux, dont elle est proche. La cure est à la nomination de l'abbé de lioiineval , qui avait aussi celle du prieuré.
Les religieux de Bonneval bâtirent à leurs frais l'église de la liabaudière l'an 1204 ; le clocher eo est détruit.
LA MADELEINE DE IMIÔU, Sancta-Magdalena de Brovîo, de Bra'îaco, de Bra'ioco, de Brajolo, paroisse et faubourg de Brou, qui paraît avoir précédé l'esistencc de la petite ville et mérité autant qu'elle le nom de Brou . qui signifie un lieu fangeux. Elle est sur la rivière d'Ozanne, qui ta sépare do la ville, et en même temps en cet endroitde la partie du Pcrche-liouet qui appartient au payschartruin. Elle est aussi de ce côté la dernière paroisse de l'arcliidiaconé de Dunois.
La majeure partie de celle paroisse . du fief des seigneurs de ta baronnie de Brou, est en conséquence du bailliage
de Chartres. Les comtes de Dunois y ont une prévôté que l'on nomme la Prévôté du Pont-de-Brou , qui n'est qoe pour la manutention de la police et de quelques droits. Fretté, alias Foltaize, et le fief de Saint-Pierre sont dn bailliage et comté de Danois.
L'église paroissiale est à côté de celle du prieuré de Saint-Romain . qui est Pancienne abbaye de Broa , dont saint Laurent était le patron.
L'antiquité de Brou ne date que de ce monastère détruit , dont saint Lnbin a été abbé. C'est ce qui me fait présumer que ce faubourg pouvait bien avoir été tout Brou dans les commencemens, ou du moins le quartier le plus considérable de ce qui était habité dans cet endroit.
Depuis le siècle de Saint-Lubin (le sixième) , je ne trouve rien de l'abbaye de Brou jusqu'au onzième , où , corame bien d'autres, elle éprouva l'avidité et la fureur même des coureurs du Nord. Ses restes tombèrent en mains laïques , c'est-à-dire de ces défenseurs que les évêques aidaient à devenir propriétaires des églises ; ils y sont restés pendant près de deux siècles.
C'est Landry , abbé de Saint-Père de Chartres , élu en 1031 , qui a fait revenir ou donner à son abbaye le monastère ruiné et dépeuplé de Brou. Deux amis de Landry lui rendirent ce service : ce furent Âirard de Bullou et Landry de Torielle. Ils surent si bien prendre le chevalier Geoffroy Raivard , leur voisin , qui était en possession du monastère ruiné , près le château de Brou , qu'il l'abandonna avec l'église telle qu'elle était alors, à l'abbé Landry et à son abbaye. Ils n'entendaient sans doute par là que donner une marque de leur reconnaissance à leur bienfaiteur, ou sauver à bon marché un bien d'église d'un illégitime possesseur.
L'acte fut signé et approuvé par Mathilde, veuve de
DU COMTÉ DE bUNOIS.
(iuillaumc iioëlh III du nom, seigneur de Brou, cl par GeolTroy «le Modène. alors sou secorul mûri, résidiint audit châlrau de l3rou, par Guillaume Goëlh, (Ils de ladite dame Malhilde, Airard de Bullou , Bernard, son frère (1), Landry de Torieile, Guillaume, prévôt de Cliéleaudun, Rainaud , forestier, par le donataire, et autres.
Landry de Torieile , dont il est ici question, donna aussi ù Saint-l'ère, du consciilemcnt d'Rrmeline, sa femme, une ferme et. une maison, le droit qu'il avéïil au faubourg du monastère de Brou (je n'ose dire avec le cartulaire a Sainl-Komi)in , je crois que ce serait par anticipation) ; co qu'il fit afin que Landry reçût son (ils Ernnud parmi ses religieux. Il doima au mCtnc temps, avec Gildnin de Dampicrrc, l'églisede bampicrre, près Brou, ainsi qu'en jouissait Ucnaiid Daen on Itoycn. Ceci ne fut (ait que vers 1103, temps ou le père de Renaud lloyen s'était fait religieux à Saint-Père, en y donnant, ainsi qu'au monasl&rc de Brou, sa dîme du Mesnil elde la Forêt , paroisse d'Arrou. Ce fut te prre de Renaud qui attira le jeune lirnaud Torieile à Snint-Père et (]ui sollicita les largesses du père, qui avait ci-devant donné à l'églisede Dampicrre un pré et le vivier des Mo tes.
Quelque temps après que les religieux de Saint-Père eurent été mis en possession du monastère désert de Brou (1), ils rasèrent sa cliapelle, qui n'était que de bols et qui menaçait ruine, pour hAtir une église de bonne maçoniierie, avec le secours des aumAnes des fidèles. La construction de cette nouvelle église occasionna la découverte du chef de saint Romain, martyr, Tiom. Aubert, reli-
(1) Ce Bernard «le Bullou motirul l'an 1063, des blessures qu'il avait reçues préc£tk'iijmi?nl A la guerre; son corps fut porlC el înliunii! à SoluL- Père.
On appelle communément la ville le Grand-Brou, et Saint-nonaain 16 FeUI-Broa.
gieux de Soinl-Père, qui a Tait un extrait historique des deux cartulûires de sa maison . l'an IGTV. rapporte ce fait, pagci quatre-vingt-huit de son manuscrit, d'après Agobcrt, évoque deCiiartrcs, qui en avait été témoin étant archidiacre. Cet Agobert avait suc-cédiJ à l'évi^que Théodoric, mort en lO'iS. On ne dit pas en quel temps cette relique avait été apportée au monastère de Brou, mais voici l'histoire de sa découverte :
Un seigneur breton fort riche, nommé Paulin, désirant avoir des reliques de quelque saint martyr, pour les déposer dans une église qu'il faisait M[\t sur une do ses terres, envo]ia à Rome un de SCS domestiques nommé Maur, personnage aussi simple que pieux.
Cet envoyé , parvenu à la capitale de la chrétienté , y passa neuf mois sans avoir réussi dans sa commission. Heureusement, l'hôte chez lequel il demeurait s'aperçut du chagrin que lui causait sa non-réussite, et par ses questions et ses offres atTectueuses, il lira du pèlerin le sujet de son embarras , et se prêta avec succès à l'en tirer. Cet hôte eut recours à un moine à qui il avait rendu quelques services, et il en obtint le chef de saint Komain, martyr de Rome, que Maur, bien satisfait, mit précieusement dans son sac , après l'avoir enveloppé d'un linceul. Quoique son chagrin eût été poussé au point de le rendre malade, les services de son hôte aidèrent à le rétablir promplement, et il reprit la route de France. Il passa au bourg de Brou (ad Brœicmn vicum), où il tomba malade et mourut. Il pria ceux qui l'assistaient à ses derniers momens, d'enterrer son sac près le mur de i'églisc du monastère , ce qui fut Odélement exécuté. Ce dépôt y resta jusqu'à ce qu'en creusant pour les fondement de l'église que l'abbé Landry Taisait bâtir, il fut découvert et reconnu d'une façon miraculeuse, car un ouvrier ayant porté la
nu COMTÉ DE DUNOIS.
main pour le lever de terre , il Tut à l'iiisEant prive de la vue. Les prêtres du Heu et les Qdèles , avertis de ce qui se passait, vinrent sur le lieu et firent des prières. Le chef fut alors leva sans dil!icu!té. Un écrit qui y était joint instruisit de la qualité du dépôt , dont la valeur s'était si cruellement révélée pour le pauvre fossoyeur, qui fut au reste consolé par un second miracle qui lui rendit la vue, à la grande satisfaction de rassemblée. Une odeur suave sortit de l'endroit d'où l'on avait retiré le chef.
On peut croire que cet événement ne nuisit point à la construction de la nouvelle église , où l'on déposa la précieuse relique après sa construction. Elle n'en devint que pluii chÈre aux (îdèles, à qui l'on doit, je présume, son nom vulgaire de Saint-Romain, car, dans la bénédiction ou consécration , on lui conserva le nom de l'ancien patron de cette abbaye, je veux dire de saint Laurent, diacre et martyr, qui en est resté constamment le patron jusqu'à ces jours , qu'elle a été interdite pour être mal entretenue, car c'est actuellement l'unique façon de sévir dont on use en pareil ras. Le prieur commendatatre, qui n'a pu s'en fâcher, a généreusement gratifié l'église paroissiale, c'està dire la Madeleine, du chefdu saint martyr et d'un calice.
Malgré le renouvellement du monastère de Brou, la communauté connue sous le nom de prieuré de Saint- Romain était peu de chose. L'abbaye de Saint-Père retenait pour elle nne partie des biens qui ne lui étaient cependant donnésdans cccanton qu'à l'intention de la bien entretenir. Guillaume Gocth, quatrième du nom^ n'était d'ailleurs pas si favorable à Saint-Romain que sa mère l'avait été , et il en exigeait bien des choses onéreuses. Un accident lui fit suivre une conduite toute différente. Son fils Hugues avait été fait prisonnier de guerre dans la Terre-Sainte. H eut recours à ta piété pour obtenir de Dieu sa délivrance. Son
ID
HISTOIUE
chagrin valut à l'obbc et ans moines de Saint-Père d« lettres par lesquelles il s'obligeait, du consentement de $a femme Kustache et de ses Qls Guillaume et Robert . et il« sa Olle Mathilde , de ne plus rien exiger de la Celle de Saint-Romain, et d'en conserver les droits. Il prend II qualité de prince dans cet acte, du moins le cartulaire la lui donne. Entre les témoins sont : Gualhon de Brou, Hugues de Bruières et Rahérius d'Essart.
Eustachc, épouse de Guillaume Goclh, prit spécialement à cœur Taugmen talion du petit monastère de Brou, au pied de son château. Guillaume, moine de Marmoutiers, son parent, avait été élu abbé deSnint-Pèrel'an 1102. Elle l'en^aj^ea à laisser au prieuré de Brou tous les biens situés dans ce canton. Guillaume cul le consentement de ses religieux conforme aui désirs de la dame , et elleavec son mari donnèrent, à cotte considération, deux métairies audit prieuré et la moitié d'un moulin à Unverre, la dime de leurs moulins et droit de p&che trois fois l'an dans l'étang de Brou, Ils exemptèrent de tous droits les biens de ladite Celle, excepté qu'ils se réservaient celui de minage dans le bourg de Saint-Romain, au temps du marché , savoir : depuis le mardi après midi jusqu'à six heures du matin du jeudi , par chaque semaine , sur tous ceux qui ne seraient pas habitans dudit bourg; tandis que les habitans du môme bourg paieraient le minage aux moines de Saint-Romain , de même que tous ceux qui j auraient du grain en grenier ou en garde hors le temps du marché, lis donnèrent aussi aux moines le droit de pâture des porcs dans leur forôt ; celui de vendre vin, excepté trois jours de l'année, que les lavcrnrsdu bourg de Sainl-Uomain devaient être fermées, et ils exemptaient tous les habitans dudit bourg de toute sujétion, excepté de la garde du château en temps de guerre.
£n conséquence de ces arrangemens, l'abbé Guillaume
m COMTÉ DE DUNÛIS.
fl5
envoya Moïse, moine de Jaziers, pour présider la communnulô de Saint-Homain, où il plaça plusieurs religieux. Ils furent bien reçus du seigneur Guillaume et d'£astache, qui leur donnèrent encore une métairie à leur arrivée. Témoins : le seigneur Névelon et Urson , son fils , Landry de Bonneval, Rotrou.Gillebert. écuyer tranchant, Gosbert, écuyer, et autres.
Hervé d'Alluyes, fils d'Hervé de Dangcau , de la maison de Nevers , héritier par sa femme de Goëth IV, dont elle était fille aînée, ne Tut pas favorable pendant quelque temps aux moines de Saint-Romain, mais enfin il s'adoucit. Par un acte qu'il fit rédiger à Brou, l'an 1197, il leur remit les coutumes exorbitantes qu'il en avaitesigées jusque-là. Il leur donna même droit de pèche dans l'étang de Brou, le jour de l'anniversaire de Guillaume Goëth, son beau-père, et des autres seigneurs des baronnies; il leur accorda la justice criminelle et le droit de marché le jour de Saint- Laurent, patron de leur monastère, et cela du consentement de Philippe de Danzë et Raoul ou Renaud de Montmirail, que l'on dit ses frères et qui pouvaient n'être que ses beau iL-frères. Les témoins furent : GauIticrdeLanneray, Daniel , prieur de Saint-Romain , et autres. Cette communauté n'a pas subsisté au-delà du quatorzième siècle.
Élienne , abbé fie Saint-Père, s'empara du prieuré de Saint-Romain pour cri employer les revenus à réparer son abbaye. li mourut en t^f6. Ce fut dans ces temps que Saint-Romain fut saccagé par les Anglais. L'abbé Jean Jourdain en pourvut, en 1430, frère Jean Pinart, et lai accorda pendant douze ans les revenus du prieuré de Saint- Labin de Cbâteaudun , pour réparer les ruines de celui de Brou, ce qu'il fit en 1V5-2. Jean Jourdain se démit de son abbaye dans son chapitre, l'an li6V, au mois de mai , et fit élire le prieur Jean Pinart , pour rompre les brigues de
l'évoque Mille d'Illiers , qui eût voulu que Jourdain se fût prêté à lui faciliter les moyens d'avoir cette abbaye en commande , ou de la faire tomber à Charles d'Illiers , son neveu. Je n'ai point trouvé de prieur résidant à Saint- Romain depuis Pinart.
. Le Petit-Brou ou la Madeleine est à dix mille toises de distance de Chàteaudun.
LAMADELEINE-VILLEFROUIN, très-petite paroisse à dix-sept mille toises de Ghftteaadnn , bailliage de Dunois, au siège de la chàtellenie et baronnie de Marchenoir. Elle sépare le Danois du Blaisois dans la vallée de son nom , dans laquelle il y a une borne posée à cet effet , el d'où les limites se prolongent à une tour nommée Âutry ou la Maison-Fort.
LAN6EY, Langi, Langeyum, h cinq mille quatre cents toises de GliAteaudun. Son fief, sa basse et moyenne justice relèvent de Montigny , la haute de la tour de Chàteaudun. Elles sont toutes trois réunies à la chAtellenie de Viilemesle. Son église avait été donnée aux moines de Saint- Lomer dans le prieuré de Douy , réuni à Bonne-Nouvelle d'Orléans. Ce n'est que depuis l'érection du diocèse de Blois que l'ordinaire, c'est-à-dire l'évéque de Chartres, nomme à la cure.
L'an 1166, Mathieu de Langey et Pétronille, sa femme,
''*<^nl à l'abbaye de Tyron la moitié de la métairie de
et l'an 1240 , Garoier de Langey , qui vivait dès
douzième siècle, assura . sur l'autre moitié de la
..oine terre, de quoi faire faire son anniversaire à celle de
la Madeleine de Chàteaudun , où il ordonna sa sépulture.
Langey a passé des seigneurs de son nom à ceux de
DU COMTE l)K DUNOIS.
Montigny. €e fut avant l'an 1V0O qu'Isabcau de Montigny porla celte terre dans la maison du Bellay, par son mariage avec Hugues du Bellay, qui fut tué à la bataille d'Azincourt, en 1415. Jean, leur 6ts, mari de Jeanne Logé, en Tut rois en possession. Ces derniers eurent un Gis nommé Louis , qui fut marié à Marguerite de la Tour-Landry, de qui sont issus ces cinq du Bellay-Langey qui ont laal Tait d'honneur à leur ramille et au nom de Langey, par leurs talens et les services qu'ils ont rendui^ à l'Etal.
Guillaume de Langey, l'aîné, gouverneur du Piémont, ouvrit aux quatre autres le chemin des grands emplois. Ses mémoires sur son siècle Teronl vivre son souv&iiir dans la république des lettres. Il mourut cependant ruiné et sans récompense. Chnrlcs-Quinl o dit que cet homme seul lui {{vait fait plus de mal et déconcerté plus de projets que tous lej. français ensemble.
Jean , le cadet , cardinal et évoque de Paris, qui posséda Langey , fut assez bon poète et très-bon orateur. Il donna des preuves de sa grande mémoire et de son discernement, qui furent avantageuses à l'Eglise et à l'Etat. Doyen des cardinaux et évêque d'Ostie, la faveur du cardinal de Lorraine ayant éclipsé la sienne, il se retira à Rome, où après avoir fait bâtir un palais près des Thermes de Dtoclétien, avec la magniGcence qui lui était naturelle, il mourut en 1560.
Le zèle du troisième , René , évêque du .Vf ans , son application à la physique et à l'histoire lui attirèrent l'attention des savans et l'estime du public.
Martin , qui a passé pour aussi fidèle historien que 6dèle ministre, mérite encore par ses mémoires la reconnaissance des amateurs de notre histoire. Il fit plus d'honneur aux lettres qu'il n'en reçut par sa qualité de prince d'Yvetot. Il mourut à Glatigny , le 7 mars 1559.
hi
Jacqaes, ieplusjeane, colonel de mille hommes, trooTa aox pieds des mars de Sassari , eo Italie . on tombeau glo- Fieox aux gens de son métier, et qu'il mérita trop tôt.
Ce rot spécialement aa cardinal de Langey que s'attacha ce génie singulier qui a été , dans son siècle , aussi amusant par ses ouvrages , qu'il est sooTent peu intelligible dans celui-ci. François Rabelais , successivement cordelier à Fontenay-le-Gomte , bénédictin à Maillesais. professeur de médecine à Montpellier, médecin ordinaire du cardinal de Langey, chanoine de Saint-Maur-des-Fossés , enfln curé de Meudon (*) , où sa critique flnit avec s'a vie l'an 1553 , n'est point encore dans l'oubli à Langey. On montre dans ce bourg une maison , la dernière à gauche en allant à Boisgasson , que l'on dit a?oir été bfttie pour lui par le cardinal. Elle porte encore son nom. On y donne pour sa figure un buste en pierre tendre, actuellement un peu mutilé, qui est au-dessus d'une fenêtre de cette maison et daua aon couronnement.
De Martin du Bellay, époux d'Isabelle Chenu, dame d'Yvetot, Langey a passé h leur fille Catherine , qui devint seconde femme de Charles de Beaumanoir-Lavardin , huguenot , qui ftit tué au massacre de la Saint-Barthélémy. Leur fille, Elisabeth de Beauroanoir, qualifiée dame de Langey, épousa, en 1597, Louis de Cordouan, seigneur de Maimbray. Leur fils , René de Cordouan , dit le marquis de Langey, fut séparé de la demoiselle de Saint-Simon de Courtimer, sa première femme, par arrêt du 8 février 1659, après avoir succombe à l'indécence du Congrès et avoir été déclaré impuissant. II protesta devant deux notaires contre l'arrêt qui lui défendait de contracter aucun mariage, et prit une ftecoude alliance avec Diane de Mon-
(') Anal d'éto* curt à Mcudoa , bbelah en «Tait rempli lu fonctioin i Soudijrniu-Perche.
nu COMTIÎ DE DUNOES.
lault tic Navailies, dont il eut sept enfaiis, C'est ce qui a lioniié occasion à la cour d'abolir la vieille jurisprudence au su|el du Congrès.
Langejr a passé ensuite par vente nu brave capitaine Yrier de Magouticr de Laubanie. François, son frère, lui succéda en 1706 et fil rebâtir le château de Langey, qu'il a laissé imparfait.
Il a élè ensuite vendu au marquis d'Uouel, seigneur de Viviers, puis h Pierre-Mnrie Thirous , seigneur de Villemesle.
Le Hameau, licF où ît ne reste que la place et les fossés de son ancien chAleau, relève de Montigny, la justice de Prépalteau , et Prcpalteau du même Montigny. Il a appartenu aus de Villebresrae , maîtres des comptes à Blois, et aui de Villereau. De ceux-ci , il passa par vente du 12 avril iM^y à Guillaume de Harvilie de Palai&eau , avec la baronnie d'YmoiivtlIe-cn-Cliartrain; le tout pour deux nnille sept cent cinquante livres.
Jacques de Courlarvel de Saint-Kémy possédait le Rameau en 1 655. De sa première femme , N. de Langard (1), il avait eu Marie de Courlarvel , qui porta le Rameau à son mari , le marquis de Hautefeuille, d'où il passa par vente à Jacques-Emmanuel Bordas, garde du roi. Jacques Bordas, seigneur du Bois-Raîmbourg , et ses co-héritiers, l'ont vendu, en 1760, à M. Thirous de Villemesle.
Le Bois-Raimbourg. Sa chapelle domestique a saint Hubert pour patron. Cette maison était alternativement de la poroisse deSaiut-Pellenn et de celle de Laogey. Elle a été attribuée à ta dernière pour toujours l'ani 167'ik , par
(1) La secoodefut Françoise J^e PrérAl, veuve de Laurent delà Baume- Ic-BlanCj mère de M"* de La Vatlièrc, matlresse de Louis XIV. C'est cd 165S que Françoise Le Prërdt eut pqdt troitièmé mari le marquis de SaiDl-RéiDjT.
lao
IIISTOFKK
sentence de rofïicial du 1" mai . sur la requête du propriétaire. Les mêmes qui ont eu le Rameau ont possédé le Boîs-Raimbourg, excepté le dernier acquéreur du hameau. Ils font trois livres de rente au curé de Saint-Pellerin , pour dédommagement de l'alternatiïe perdue.
ViLLEBAlAY. iief auTOÔné h l'abbaye de la Madeleine de Chdtcaadiin, par Mathieu do Villebalay, l'an 1209. et la donation confirmée par Jean de Monlîgny, Mathildc, sa femme, ses lits Hugues et Jean , et ses filles Alix , Marguerite et Isabelle.
LANNERAY , Lanneriacum, iMnneretum, Lennerium, à (rois mille trois cents toises de CtiAleaudnn et de son bailliage en première instance.
Ëspiériusde Lanneray vivait l'an 1120. On trouve ensuite Geoffroy de Lanneray, dont la veuve, nommée Julienne, donna la moitié d'une métairie aux chanoines de la Madeleine de Châteaudun, et leur vendit Tautre moitié. Ce furent de ces seigneurs du nom de Lanneray qui en donnèrent l'église aux mêmes chanoines.
Gohériusde Lanneray et Léarde. sa femme, firent construire et fondèrent, l'an 1217, la chapelle de Saint-Thomas, près de Lanneray , qui est détruite depuis longtemps. Cette fondation était aussi en faveur des chanoines de la Madeleine, dont un d'entre eux était chapelain et faisait l'ofîice divin dans ladite chapelle, où il résidait et jouissait des biens portés par la fondation et détaillés dans le cartulaire de leur abbaye.
L'an 1269, Gohériusde Lanneray. successeur de Simon, son père, donna au prieur de Lanneray , à perpétuité, un muid de tilé sur la dîme de la même paroisse. Dans la suite, Guillaume, vidame de Chartres, fut condamné à payer ce muid de blé.
DU COMTÉ Dlil DUNOIS.
L'Épinai , Spinetum, maison et Bef à trois ou quatre cenls loisesdc Lanneray , se nomme vulgairement Sainte- RAnÉGONiJE, depuis que N. de (lirard, seigneur du lieu, et son épouse , ont établi la dévotion à cette sainte reine dans leur chapelle du même lieu , consacrée à la Sainte- Vierge, comme on le voit par son principal aufcl ; celui de Sainte-ltadégonde n'étant que dans la nef. Celte chapelle est néanmoins inscrite à l'évêché sous le titre de Saintc- Hndégonde. Le titulaire esta la nomination du propriétaire du château. Son revenu ne consiste que dans le casucl considérable, surtout en évangiles qui s'y disent à une aflluence considérable de voyageurs qui s'y rendent tous les dimanches, depuis le 13 août , fôte de la sainte, jusqu'à la Toussaint.
La Todche, surnommée Hersant, du nom d'un de ses anciens propriétaires , est un château Éloigné de mille cinq cenls toises de Lanneray, sud-ouest. DesLeJay, magistrats à Châteaudun , il a passé par femmes aux de Montigny du Saacheville, seigneurs de Montigny -en -Bourgogne et vicomtes de Dreui. Le second possesseur de ce nom vient de vendre cette terre à Louis-Julien Dugué, ancien mousquetaire, secrétaire du roi.
Les Chatelliebs appartiennent à M. André-Gabriel de Boisguyon, ancien écuycr de Mesdames, second (ils de Nicolas de Boisguyon de Cliaucheput et de Marguerite de Gyvès, sa seconde femme. Il en est devenu possesseur par l'alliance qu'il a contractée avec Marie- Anne -Erncste Cuperly , dont le père, originaire de Paris, les avait acquis de M. le marquis de La Stocillière, capitaine de vaisseau.
La Haloyère appartient aux mêmes , par acquêt de N. Maury.
La Poterie. v
fiouRGOiNG. Des Gosté , baiilis de Danois , a passé par les femmes à N. Recoquilié, originaire de Chartres.
LA VILLE-AUX- CLERCS , en Vendômois. Ce qu'il y a de la forêt de Fretteval snr cette paroisse est du Dunois , ainsi que Richeray et Corbigny, qui sont en première instance de la baronnie-châteilenie de Fretteval. Les limites du Dunois passent de Corbigny à i'Escottière , où il y a une chapelle de Sainte-Radégonde, puisa Malabry, tournent la forêt et se prolongent à Gratte-Loup, ensuite aux bois du Breuil, paroisse de Fontaine-Raoult.
LE GAULT. GwOdum, dit AU PERCHE, pour le distinguer de la paroisse suivante du môme nom , qui est dans la Beauce, est à treize mille trois cents toises de Châteaudnn. Celle-ci était tout entière du domaine de Courtalain, jusqu'à ce qu'au commencement du treizième siècle, Oudin Borel , seigneur de Courtalain , aumôna une partie de son Gef et le droit de justice dans le bourg du Gault, au chapitre de Chartres, à qui il en donna l'église.
Les seigneurs de Courtalain n'ont cependant point cessé de prendre la qualité de seigneurs du Gault, et d'y faire tenir tous les ans des assises que l'on nomme Chevauchées. Ce qui est resté de leur dépendance suit la coutume de Dunois ; mais on a fait adopter celle de Chartres à ceui qui sont vassaux du chapitre.
La Teuzb, fief et haute-justice sans manoir, qui relève de Courtalain , est du domaine du Mée, paroisse d'Arrou.
La rivière de Couéteron commence sur cette paroisse , près du Petit-Gault. Depuis Arrou jusqu'au Maine, ces cantons paraissent comme une forêt continuelle, tous les
moindres champs étant entourés de haies garnies de chênes, d'ormes, de charmes, etc. Le bouleau se plail tant dans ces cantons, que si on laisse un champ sans culture , mais bien clos et à l'abri de la dent des bestiaus , lu bouleau, dont la semence est propngée par le vent ou les oiseaux, y parait semé de lui-môme, et au, bout de trente ans Forme un bon taillis , surtout entre Bois-RuiTui et Le GauU. Comme il y a beaucoup de pâturages, on se sert des bœufs pour le labour d.ins cette partie du Dunois jusqu'au Venilômois, Maine et Grand-Perche.
LE GAULT, dit EN BEAUCE . par la raison que je viens de donner , est h treize raille loiscs de Chftteauduii el de son élection; it touche au pays Chnrtrain-Beauceron, Il n'y a qu'une ou deux maisons dans son bourg qui soient de la coutume de Dunois , h ce que m'ont dit des gens du lieu , encore ces droits du comte tombent-ils dans l'oubli. Cette paroisse est du bailliage de Chartres, car une partie dépend en première instance d* A lluyes, l'autredu Iloussay.
Planciieville , village Irès-considérable, est de la justice du chapitre de Chartres, au siège de Villars , établi pour ce qui dépend de la seconde portion de !a prébende de Dunois ; le bourg et plusieurs hameaux sont de la prévôté de Bonncval.
Les seigneurs du Iloussay et ccus du Bois-de-Prc prennent la qualité de seigneurs en partie du Guult.
LE IIOUSSAY, Htiîselum, village érigé en paroisse dans le siècle dernier, est à huit mille neuf cents toises de Châteaudun et de son élection. Celte nouvelle paroisse a été attribuée à l'archidiaconé de Dunois, comme étant enclavée
HISTOUIE
dans son ancien pays, quoiqu'elle fùtde ta paroisse dcSaint- (Îcrmaiu-Iùs-Alluyes , qui est de l'archidiaconé de Chartres. On y a joint quelques Ltimeaus tie la paroisse de Saint- Sauveur de Bonneval, pour Tormer un troupeau plus consjd^jrabtc.
Jean de la Frcseliérc et Marie Poinicl , sa femme, possédaient Le lluuss.'iy en 1380.
Le château actuel, qui est un des plus considérables du I>unoi9, fut bâti en IGOO, par Claude .Mallier . intendant des finances, originaire d'Orléans. C'est lui quia fait bâtir l'église et qui l'a fait ériger en paroisse en 1C28.
Sa pclile-rillc, Marie Mallier, Olic de Claude Mallier, devenu évoque de Tarbes, a porté cette terre à la maison de Maillé- Brézé. par son mariage avec Louis de Maillé, marquis de Benchart. Leur tille unique , Maric-Anne- Gencviève. a eu pour mari Philippe-Claude marquis de Montboissicr. dont les pelils-enfans sont propriétaires du Ifoussay.
Leur mère, dame Boutin, veuve du licomle de Montboissicr, a pris par engagement , de monseigneur I.ouis- Pliilippc duc d'Orléans, comme duc de Chartres , la ville et prévfllé de Bonneval , dont tout le revenu ne passe guère huit cents livres, tant en droits de péage, foire de Saint- Gilles, que petites rentes sur les particuliers qui ont fait des ouvertures dans les murs de la ville. Elle en prit possession le 8 septembre 1759 , avec tout l'appareil qu'elle put imaginer.
Celte môme dame, qui a fait aussi l'acquisition d'.\lluyes, en prit possession de même le 26 août 1764..
C'est elle aussi qui , en 1767, a fait ériger Le Houssaj en comté, sous le titre de comté de Monlboissier-lès- Alluyes.
tâS
LE MÉE , Mesiuni el JUesum, à cinq mille huit cents lotses de Châteaudun , diocèse de Blois, ci-devant arcfiidinconé de Dunois el de son bailliage au siège de CliMcauilun.
La Motter.\ie, fief qui relève du Rameau el hautejustice, en ressort à Châtcaudun. On en lient les plaids dons le bourg. Des de Chambry et des de Chanvalon, La Motteraic a passé par vente au possesseur actuel , M. Louis de Meaussé cl N. de Monligny de Saucheville, son lîpouse, qui résident dans le château ci-après.
ViLLEBETON. Pierre de Villebetou signa, l'en 1200, une charte pour la Madeleine et le I*etit-Cîteaux. Cette terre appartient depuis longtemps à une branche de la farailtc de
Meaussé.
LÉZANViLLE a éié poss<^dé par les de Guidard et de Prunelé.
lloMAtNViLLB, par les mËmes de Pruneté, après les de Parent.
LE PLESSTS-D'ÉCII ELLES, ou DES ÉCHELLES , ou DE L'ÉCHELLE, Pttssiacum, Plesseium , Plaxitium de Scalis et de Scalâ , Plessiacum Hervei de Scalis , à quinze mille toises de ChAteaudun , bailliage de Durtois, en ressort de Marchenoir , était aussi de l'archidiaconé de Dunois avant que Blois fût évôché.
Son église a été visitée depuis peu par deux nrchitecles. L'on , de Paris , a décidé , sur rexamen de ses murs , qu'elle devait avoir été bâlie dans le neuvième siècle ; routro, de CtiAtcaudun , plus modeste ^ mais peut-être moins éclairé en ce genre , n'a pu rien décider du temps de la fabrique de murs peu élevés , sans aucun ordre d'archilcclure, trèsépais, mais tout simples.
Celte église, dédiée à la Sainte-Vierge, a été aumônée
UISTÛIIIE
par ses anciens seigneurs à l'abbaye de Bourg-Moyen. Les prieurs-curés de Marchenoir en sont titulaires et possesseursite temps immûmurial, de mAmc que delà ciiapellede Saiiil-Tliomas-dc-riellou . mCme paroisse, et dans la forêt de Marchenoir, sur le bord de laquelle est situé le bourg cl château Ju Plessis-d'Échelles.
Une maison du Plessis parait des plus anciennes do Danois et répandue dans plusieurs de ses châteaux. Hervé do Plesâis- d'Échelles vivait dans le onzième siècle. Dans le douzième, on trouve, par !e carlulaire de Tyroii, Girard du Plessis , surnommé Diable, et Payen du Plessis . son frère; Guillaume, Hugues et Eudes du Plessis, fils de Payen. Jacques de Nézement, qui peut ôtre de la môtne maison, était seigneur du Flessis-d'Ëchelles dans le doozième siècle, comme on le voit par l'inscription d'une cloche qui paraît avoir été transportée du campanier de l'église du Plessis-d'Échelles dans le clocher de Marchenoir. Son inscription porte qu'elle a été fondue Tan 1200 . qu'elle a été nommée Sylvain par noble homme Jacques de Nézement, seigneur et fondateur de céans, ce qui ne peut se rapporter à l'égîise de Marchenoir où est cette cloche. Les de Nézement ont eu Le Plessis jusque dans te seizième siècle. On le voit par la tombe de Guillaume de Nézement , qui est dans l'église du môme lieu. Les GrC' naisie , qui paraissent de In même maison, ayant les nièmos armes, ont succédé aux de Nézement dans le dix-septième siècle. Une autre tombe, dans la même église du Plessis, foitfûi qu'Anne de Vermaise. épouse de Louis de Gronaisie, seigneur du Plessis-d'Échelles, mourut le 6 septembre 16tl.
Guillaume de Grenaisie, gouverneur des châttau , ville et baronnie de .Marchenoir, en était seigneur cti 1659. Il était marié ù Elisabeth de Uiants.
M. Pierre-Alexandre Porceval, écuyer , a acquis celle terre de M. d'Argerison.
Lt PLESSIS-DORIN . Plesmcum- Dormi , au pieil de
la forôl de Modlmirail, élection de Châtcaudun , dont il est éloigné de dis-sept mille six cents toises. Il y a de belles rontajncs qui forment un ruisseau qui va se jeter dans la rivière d'Égrcnne. Letang de Uoisvinel, qui a plus de mille toises de long el cinq cents de largeur, est sur celte jiaroisse et sur la grande-route du Mans , ainsi que la chapelle de Germinet. M. de Neveu est seigneur de cette paroisse, qui est du ressort de Montinirail.
LE POISLAY, du domaine de Courtalain , où ses habitans vont en première instance, est à dix mille toises de Chôtcaudun. L'étang du Grand-Galas , sur cette paroisse, a huit cents toises de long.
CnAUCiiEPOT, château bâti dans le siècle dernier, relève, ainsi que sa justice, de Courtalain. La maison de Despierres s'y est éteinte après l'avoir fait passer par alliance à Nicolas de Boisguyon, qui a épousé en secondes noces Marie-Marguerite de Gyvès, dont trois garçons. L'aîné, Nicolas- Armand de Boisguyon , marié à demoiselle Henriette-Thérèse de Saint-Pol de Masie, a laissé un fils nommé François. J'ai parlé du second . André-Gabriel , article Lanneray. Le troisième, Louis-Nicolas, capitaine de grenadiers du régiment de Lamballe, a été marié dans l'église de la Congrégation d'JÈtampes, à demoiselle Thérèsellenrjotte Bue hère.
LES AUTELS-SAINT-ÉLOI, petite paroisse su rl'Ozanne,
mSTOIllK
 Ircize mille six cents toises de Châteoudun , de son élection. M" de Bcringhen, comme dame de Brou y en a aliéné la seigneurie à M. Le Clerc de Lesseville, pour lui facilita réreclion de sa cliâtcllenie de Charbonnières.
LKiMÈllES , Lignerice , boilliage de Dunois , à la ho* ronnie de Fretleval, de rôlection de Châleaudun, d'oà son boui'g est éloigna de treize mille toises.
Jacques de Mnrvillfers, seigneur du Breuil, l'était de Lignières en 1450, par son épouse. Catherine de Néiement. En 1520, François de Morviiliers en était propriétaire ; son épouse était Jeanne Iluraull de Béicsbat. Celte terre a passé ensuite à la maison d'illiers. N. de la Porte, fermier général, seigneur et reconslructeur de Meslay, près Vendôme, en a été acquéreur.
LOGROTi , Lugrum et Ugreoîium , h cinq mille toises de Châleaudun. L'ancienne église de cette paroisse a été détruite , on ignore en quel temps. Elle était située dans le petit vallon de l'Étang-Neuf ^ sur un terrain appelé encore le Vieus-Logron, Le terrain où elle était est du domaine du curé , et joint trois minois de pré , qui sont aussi de la cure. L'église d'aujourd'hui étuit une chapelle bâtie pour la commodité d'un château qui en était proche. Elle fut donnée auï chanoines réguliers de la Madeleine de Châleaudun vers lt54, car il n'en est point mention dans la bulle d'Eugène III, en faveur de leur abbaye, qui est de l'an 1152, et Adrien IV en fait mention dans la sienne, qui est de 115'i'.
Les seigneurs de Chantcraesle onl acquis la seignetirie de Logron, en ont laissé tomber le château en ruine, et en
ont même aliéné le. terrain depuis peu. Ils ont joint à la justice de Logron celle du fief de la Grange, paroisse d'Yèvres. Le tout est du ressort de la baronnie, maintenant comté de Meslay. Les officiers de cette justice de Logron vont tenir une fols par an des assises , c'est-à-dire des plaids, dans une rue de Brou, près le monticule où était le château, comme ayant juridiction dans ce quartier.
Fbéville , petit château qui n'avait été bâti que dans ce siècle , par le seigneur Deiorme et Marguerite Costé , sa femme , a été rasé en 1759 par le propriétaire de Ghantemesle , acquéreur dudit Fréville.
Le Grand-Judé a été uni aussi an domaine de Ghanlemesie , par M. Marie-Camille Fillon de Villemur, receveurgénéral des finances de Paris, qui avait acquis deN.de Tarragon, propriétaire, par N. de Marolles, son épouse.
LOLON , petite paroisse à six mille trois cents toises de Châteaudun , est du domaine de Meslay et de sa justice en première instance.
Taillbfied , fief et château détruit. Le chevalier Geoffroy de Taillepied y vivait en 12<i-8 avec Guillaume, son frère. Ils firent un accord au mois de mars de celte année, avec les religieux de Bonnoval, pour avoir fait des dégradations dans leurs bois et avoir emprisonné un de leurs fermiers. Cette terre est du domaine de Mémillon.
LONGNY, Lucaniacum, à quinze mille quatre cents toises de Châteaudun, de son élection, archidiaconé de Dunois et bailliage d'Orléans. Sa haufe-justice, qui relevait de la Brosse , est tombée en désuétude depuis que les sei-
Htâi()iiti<:
gficurs de Goury ont accoiilurnû le» liabitans de Bazoches i aller à jours iilaids, a|irès avoir traité moyciirinnl vingt livres ilc rente, avec les seigneurs du Piiisel, [lour nvoir la liatilc-justiic'e à (îonry. Les soigneurs de Mémillon ont exercé à Longny un droit de péage dont l'abus a cessé sous Louis XIV.
Le nom liilin Lucaniactim vient de celui du patron de celle paroisse , sainl Lucain. Les h'-geiidaires ne s'accordent pas sur le temps et le lieu de In naissance de ce saint laïc, mai» ils sonl lous d'aciord sur le tanton où il rt souffert le martyre. On fioitle plus commmiémenl<iu'ilétait originaire de Poitiers ou des environs, qu'il fut instruit cl peul-Ctre bopltsé par Saint-Hilairc. On ne voit point <]u'il ail fait partie du clergé , mais il n'en fut pas moins zélé pour la propoigalioii du christianisme; c'est ce qui le porta, au milieu du quatrième siècle, à suivre les Alains, joints aux Suèves et aus Vandales, lorsqu'ils passèrent la Loire et qu'ils vinrenl dans la Beauce. Ce fut là que , lassés des remontrances instructives de ce missionnaire inratigoblc , ils lui firent éprouver les tourmens dont leur naturel féroce était capable, et lui tranchèrent enfin In tête , ou plutôt , selon la tradition de Longny , constatée par les plus anciennes statues et les images de son patron, un d'enlr'eux lui sépara le orAnc d'un coup de hache au-dessus des sourcils , dans le lieu nommé Villepion (Villa-Peditonis) , paroisse de Terminiers. La tradition ajoule que de là il alla encore, son crâne à ta maîn. jusqu'à une grosse pierre qui a porté longtemps le nom de pierre de Saint-Lucain , et que tes temps ont fait disparaître; que son corps y fut ramassé par des fidèles . porté et inhumé dans l'endroit où «n a fait bAtir en son honneur l'église paroissiale de Longny.
Ses reliques y ont été en grande vénération jusqu'à ce
tSI
que la crainte des desordres que les Normands causèrent en France dès la lin du oeuviènie siècle, fit transporter le corps de ce saint dans la capitale du royaume. On fêle à Paris cette translation le 80 octobre. Elle est aussi d'usage à Longny où on la chôme. On célèbre encore une autre fôtc de ce saint dans la même paroisse, le dimanche qui se trouve entre le It et le 22 de juillet , époque que l'on assignée son martyre. Elle y est solennisée assez indécemment par le peuple, comme le sont en général toutes les félcs de village que l'on riiit les dimanches dans la Reauce; ce sont des assemblées pleines d'abus et des espèces de foires.
GoDRY. Ce chflteau se nommait ci-devant Masurier. li relève pour le ûef de la Laronnie d'Orgcres. Ce n'est qu'en 1652 que Pierre de Goury, qui en était propriétaire, lui a fait changer de nom pour lui donner le sien. C'est le même qui a obtenu le droit de haute-justice des seigneurs du Puiâet etun tiers des menues dîmes de Longny desreligicux deMarmoutiers, dont ses prédécesseurs avaient déjà acquis les grosses qui relèvent de Cambray.
Les religieux de Marmoutîcrs avaient été mis en possession de léglisc de Longny, et leur abbé a nommé à la cure jusqu'à l'union de l'abbaye à l'archevêché de Tours , faite en 1738.
LORGES, dans l'Orléanais, à quinze mille quatre cents toises de ChAleaudun. Marigny, que l'on nomme vulgairement la Pouillerie dans cette paroisse, estduDunois. ainsi que le bout de la forêt de Marchcrioir dont il est enveloppé; il n'est qu'à mille toises de la chapelle de Snînt- Thomas-de-Bellou. H s'y tient une assemblée le lundi de la Pentecôte, dont les abus choquans portèrent Pierre du Cambout , évoque d'Orléans, à lancer l'eicommunicatlon
contre cens qai s'y trooTersient ; l'habitode a prévalo sar la crainte des peines ecclésiasliqaes.
LUIGNY. alias LOUPNI , de l'élection de Châteaudun . dont il est distant de seize mille toises . est da ressort de Brou pour la justice. Le nom de Loupni loi a été donné à cause de la quantité de loups dont il était infesté. La maison de Langoedooe possède sa seigneurie.
L'an 1108, Hiiduin, seigneur d'Alloyes, renonça à ses prétentions sur une terre située près Loupni , qui avait été auroônée à Sainl-Père et au monastère de Brou. L'acte fut signé par Guillaume Goëth, seigneur de Brou, qualifié prince , et sa mère Eostache, dudit Hiiduin d'Aliuyes, de sa femme Letgarde et de son Qls Goscelin . de Galhon de Brou , Hugues de Toreille et son frère Geoffroy , Hugues Brunelle , Hugues de Bruyères , Robert d'Essart et Rainard du Chfttel (de CaHanelo).
LUTZ, Luzium, à trois raille toises de Ghâteandan , de son bailliage en première instance. Jusqu'aux troubles do calvinisme, l'église paroissiale de Lutzétail près du chemin de Châteaudun à Orléans , dans un champ qui abute sur la Croix-Torse , que l'on trouve sur ce chemin , dans lequel champ il y a peu d'années on trouva encore une patène. J'ai dit que cette église fut pillée et brûlée le mardi 9 mars 1568. Elle avait été donnée au chapitre de la Madeleine , ou plutôt de Sainte-Marie de Châteaudun, avant que les réguliers y eussent été introduits, car il paraît qu'on n'a fait qu'augmenter le domaine de ceux-ci à Lutz depuis leur entrée à Châteaudun , comme on le voit par des donations de différens particuliers , insérées dans le cartulaire de la Madeleine.
m COMTE l)K DUNOIS.
Sauchevii.le, lief el château avec une chapelle domestique, a(>[mrlient à la Tamille de Moiillgny, originaire de Bourgogne, par mariage cotilraclé avec N. de la Forest , dame du Sauchcviltc . la Chapclle-Onzcraiii et Ecrinières. Les fiefs d'ETBAUvjLLE, de Eresne el de Villoli/iek sont du domiiiiiede Sauchevillc. duiU la censivcs'éleiid sur une rue de Brou.
Menainvii.i.e vient de passer des Colas de Malmusse à N. Itracliet. par sa femme.
BoinviLLE, au sieur Carré, officier de marine.
mAIlBOUÉ, 3farbovinm , Marbrovium , Sfarboëtum , Marboïttm, sur le Loir, à deux mille quatre cents loises de ChAtcaudun. Il y a dans une miii&on du bour^ un mai avec des ni"cadL\sque l'on regarde comme un rcsle de lieux réguliers des religieux de Marmoutiers , que l'on croit y avoir établis, el dont le cimetière, selon la tradition , en était éloignd' et près de la ferme appelée Saint-Martin.
Etienne de Marboué , qui avait un Def à Pont-lès-Saint- Avit, vivait en 1236 , selon le cartulaire de la Madeleine.
Les CoDDiiEADX , château et fief dont les seigneurs reçoivent les droits honorifiques dans l'église de Marboué, en est éloigne de mille toises. Denis Le Maistre, secrétaire de François 11, neveu de Gilles 1", président du Parlement. et Marie Le Noir, son épouse, demoiselle de ttcnée de France, duchesse de Ferrare, possédaient les Coudreaux en 1576.
Clément Marot était fêté dans leur château. Denis, leur fils, épousa en 1628 Catherine, fille de Jacques Monceaux, conseiller en l'élection de Châteaudun et de Bonneval. et de Catherine Gentil. Jacques, fils de ceuK-ci , aliéna tes Coudreaux. Il a appartenu aux de Maillé-Kerinan , puis,
par retrait , aoi de Maillé-Bennehart. Marie-Anne de Maillé, marqaise de Hontboissier, dame da Hoassay, l'a venda aa siear Loais Renard, secrétaire du roi de Lille-eo-Flandres , qai a commencé les restaurations du principal corps de logis. Elles ont été continuées, les fossés comblés, les nouveaux jardins formés et les basse-cours construites , par le nouvel acquéreur, M Pierre-Félix David, chevalier de Saint-Louis, originaire de Marseille, qui a apporté des Iles-de-France et de Bourbon , où il a été gouverneur , une fortune suffisante pour faire Tacquisition de ce domaine , l'embellir et l'augmenter.
Le Tronchay , 6ef sur le chemin de Logron à Châteaadun , près le Bois-Jubaad. Il ne reste de son manoir que quelques murs. N. de Beauvillier y faisait sa résiidence vers 1450. C'est aux libéralités de ce seigneur que Marboué est redevable de son joli clocher en pierre. Le donateur est enterré dans l'église de Marboué, ou sa fosse voûtée fut découverte il y a quelques années. Marie-Camille Fillon de Viliemur a ajouté ce 6ef au domaine de Chantemesie , par acquêt.
Prvneville , petit chAteau rebâti depuis peu , appartenait dans le seizième siècle à la maison des Jancourt ; dans la suite aux Despueil , puis aux Monginot , calvinistes. M. Etienne de Lamolère , commissaire des guerres , et N. de Mailly de la Périne le possèdent aujourd'hui.
MÂRCHENOIR, Marchesnerium , Marchesneîum , March»nium, JUarche»mum , Marziniacum et Lacus- Niger, petite vitle , baronnieet chflteilenie , du domaine des comtes de Duoois , distante de quatorze mille toises de Cbâleaudun. Les noms de Lac-Noir et de Marchenoir ont été donnés à cet endroit par rapport à sa situation dans la Forél-Longue,
nu COlITli DK DLIXOIS
et le Itîrrain bas qui règne entre cet endroit et Sainl- Lêonurd, et qui était aussi cnvetoppc (Ions la forâl. Elle conserve son eticeinle. quoique mal entretenue, cl ses deiiï portes. Celle enceinte estsi petite qu'elle ne renferme que trente- et-une maisons et son église. Il ne reste de sa forteresse que la moitié de la lour, Iriis-élcvée, qui a commencé à s'écrouler en 16t>i. Marclienoir fut fort endommagé par les Anglais, et repris sur eus en 1427. Le lieutenant (lu liaiili de Dunuis ù Marclienoir tient ses nudiences le jeudi. Le même officier est juge de rohe-longue des Eiiux-et-Forûis du comte. Le garde-marlenu, conseiller des deux si('?gcs de Châtcaudun et de Marthenoir, réside nussi actuellement à Mnrchenoir. Il n'y a point de marché en cet endroit. Il s'y lient seulement une foire franche le jour de Siiint-Michel.
L'église de Mfirclienoir, dédiée à la Sainte-Vierge . était de rarcliidiuconé de Jlunois avant que Blois fût évêché. Les comtes y ont introduit les chanoines réguliers de Bourg- Moyen pour pasteurs. Il y n une stnlion fondée pour l'A vent, le Carême et l'Octave du Saint-Sacrement. Le prédicateur qui en est chargé est tenu d'aller prêcher aussi àOncqucs l'Avent et le Carême. Les fonds de cette station sont assignés sur le château de la Touche, paroisse de Lanneray. Il y a quarante écus pour le Carôme, soisantc livres pour l'Avent et quinze livres pour l'Octave. Paul Reneaulme, prieur-curé de Marchenoir, puis deThciivy, où il est mort en 1749, avait commencé une Bibliothèque universelle, dont plusieurs in-folios manuscrits sont dans la bibliothèque de Saint-Jean de Chartres.
Saint-Michel, chapelle qui appartient aujourd'hui aux Chartreux d'Orléans, était une maladrerîe à laquelle le comte Thtbaud V donna un pressoir banal et autres droits l'an 1190.
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Somt-Pere reniormem un lait concer-
nanl celte chapelli" et que je transcris ici. Pûlronille. flg^e d'environ douze ans, lilie d'Albert, portier de ia ville de Marclieiioir. et d'Adélaïde, ayant avalé le bout en cuivre d'une gîiîiie, en se joiinnt, le cuivre resta dans sa gorge, sans, dit-oi) , que les cliiruri^iens pussent parvenir à l'extrairc. Pendant quatre mois elle ne se soutint qu'au moyen de ce que sa mère put lui faire distiller de sou lait. La mère entendit parler des relinues de saint Gilduin , trouvées par hasard l'on 1165 dans l'église de Snint-Père, lorsqu'on la rebâtissait. Adélaïde, toujours dans l'adliction du triste étal de sa fille . ta recommanda au mérite de saint Gilduin, et dans l'instant elle eut la consolation de voir le morceau de cuivre rejaillir de lagorgodclamalade. Elle eut souhaité pouvoir la conduire sur-le-champ à Chartres, pour rendre grâce à Dieu sur le loinbeau de celui «ju'elle regardait comme son libérateur; mais les chemins n'étant pas libres à cause de la guerre (apparemment celle de Louis Vil et d'Henri II d'Angleterre) , elle fut obligée d'alleiidre jusqu'à la paix qui tut conclue entre les deux monarques et les Glâ d'Henri, l'an 1178.
Un acte de la comtesse Aliï, femme du comte Etienne . fait connaître qu'au commencement du douzième siècle, la portion de ia Forèt-Longue qui porte te nom de la petite ville dont est question , était encore bien plus étendue que dans ce temps. Ce litre, de l'ao 1115, porte que la comtesse donne à l'abbaye de Snint-Lotner de Blois, une portion de ses bois dons la forêt appelée la Forét-Longue fquœ Sylva-Longa dicitur), savoir : en longueur, depuis le Grand-Oucques ( Olchia-Grandis ) jusqu'à la terre do Guillaume, lils de Fredon ; et en largeur, depuis un sentier appelé le chemin de In Fêle, ainsi qu'il est tracé depuis le GranJ-Oucques à aller à la vallée de Saint-
Victor (I) , jusqu'à la plaine qui regarde MontfoUet el la Beaute-Biaisoise.
Tous les habilans, lant Je la ville que du petil faubourg de Marche noir, ont droit de chauffage etdi; paisson dans la Torôt, Pour le cliaiifTage , les oiriciers dos Eaux-ul-Forâls îndiqijL'Di tous los ans, dans les coupes que loti exploite , la dépouille d'un certaia espace proportionné au droit total de chacune des paroisses rivagères qui otit ce privilège, el qui n'est pas Égal pour chaque maison ; la dépouille de six boissenus, nnesure de Duiiois, est In plus Forte quotité. C'est au syndic de chaque communauté que s'en fait la délivrance. Les rivagers nobles ont leur syndic particulier.
Elisabeth, fille cadette de Thibnud V, qui vivait au commencement du treizième siècle , eut Marchenoir , dont elle est qualifiée dame. J'ai parlé de son mariage avec Sul[)icc m d'Amboisc, el d'un second avec Jean l>oisy. J'ai dit qu'elle ne laissa qu'une fille du premier, laquelle n'eut point de lignée, ni de Ilichard de Beanmont , ni de Jean couïledeSoissons.saus quoi Marchenoir eût pu ôtre distrait du domaine des comtes de Duiiois et passer a au autre igrand Gef, comme Bonneval; mai<i le comte Jean de Châtillon hérita de cette dauie, qui se nommait Mahaud d'Amboisc, cl aucun des comtes de Uunois ne l'a aliéné de son domnine depuis ce temps, du moins quant à la forôt. Je n'en dirai pas autant do la petite ville, car on trouve dans ta Chnmbrc des Comptes de Ulois.lajeUe Marchenoir, que, sur la (iti du treizième siècle, le comte Hugues 11 acquit, paréchnnge, sept fiefs et arrière-fiefs dans la ch/i-
(1) CeUc vallée était nommée de Sainl-Victor parce qu'elle rcnTermait une église |»aroissiaIe ilu titre de SainL-Vicloc, qui a été réunie à celle de Vient)'. C'est ce que l'on peut juger d'aprts tes titres de Tabbaj^e de Suiiit-Avit, qui avait la iiomiiialion de ccUc église. La donation de In comtesse, dont je n'ui vu qu'uu petit cxirail, Clail fuite san» doute conjoioleineiU avec ses cnruii» propriétaires.
UISKJIUE
tellcnic de Mnrclicnojr, de marquise, dnroe de 5lorclienoif, et lie Henri Delon ou Rellou, Vih Je ladite marquise (1); el dans le chnrlricr de Bourg-\loyen, que llugue:^ de Marchcnoir fit du bien h celte abbaye Tan 1209.
I>epuis ce temps, je ne trouve rien de reliilif à Marchenoir et à son canton , sinon que Louis-le-Gros étant co Huerre avec Henri 1", roi d'Angleterre, il fit solliciter Foiililues V, comte d'Anjou, d'armer en sa faveur. Foulques fil dire à Louis, par un chevalier nommé Hugues Cléers , qu'il no te ferait qu'à condition qu'on lui rendrait la dignité liércdilnire de grand-sénéchal qu'il avait eue dans sa maison. Le roi engagea le comte à une conférence pour examiner la légitimité de sa prétention ; elle se tint entre Marchenoir et la terre de Bisclic , appelée llici p;ir Moréry. Quoique les litres du comte ne luïssenl pa.s parfaitement authentiques, le roi voulut bien les reconnaître pour justes ; mais comme Guillnurae de Garlandc était en possession de cette charge, et qu'il s'était rendu utile dans son exercice , le roi lui en fit faire hommage au duc d'Anjou sur le lieu de la conférence , et créa un arrière-fiuf d'une charge.
Riscne est une maison et fiof de h paroisse de Marchenoir , possédée par M. Pierre Goislard. .secrétaire du roi , ancien liculoiiant-géiiérol du bailliage de Dunois.
MAVESestdii Blaisois, mais PoMiJOO . sur cette paroisse, est du Dunois. Le pont de Pontijou est moitié da Dunois et moitié du Blaisois , ce qui est indiqué par une borne ainsi que par l'étang et le milieu de la vallée , eo
(1} On trouve dans le même siècle un Foulques Delon, qui vivailiM 1S43, et qui prétendait droit de dhne sur une vigne ii Glatigny, apparie» nant aux BR. de Ponllevoy. Jeanne Bellou était épouse de Pierre de Villcreau ee 1984.
remontant jusiu'à l'arche des Trois Seigneurs, parce qu'elle sert aussi de borne à l'Orléanais. Les limites remontent par les Prés de Villemusards, derrière un taillis qui est au seigneur de Briou. et continuent jusqu'à la Maison-Fort, appelt^e aussi Autry , qui est du Dunois; ils se prolongent jusqu'à la forôt qui en failles bornes, devant Briou, Lorges et Poisly, qui sont de l'Orléanais; ensuitu les limites vont à Villesiclair et au château de Ghantosmc du [)iinois.
MELLERAY, paroisse au pied de la montagne de Motitmirail , éloignée de vingt mille toises de ChSileaiidun , île l'archidiaconù de Dunois, Les melons et l'oignon y viennent dans les champs sans grande culture.
La dévotion à saint Léonard, second patron de l'église paroissiale, avait occasionné une pratique superstîlicase, que la sagesse des pasteurs a récemment abolie. Il y avait un carcan tenant ti une chaîne attachée a la muraille , et on altacliait par le bras à ce carcan ccu:( qui venaient y l'aire dire des messes de Saint-Léonard. C'était pour exprimer, par une cérémonie ridicule, ce que le peuple pense de ce saint, lors;|u il l'appelle saint Lie et saint Délie. L'église de .Melleray avait été donnée aux religieux de Saint-Catnis. Celle de leur prieuré, joignant relie de la paroisse, n'est plus entretenue, et ce bénéfice a été uni au Petit-Séminaire de Chartres.
MEMBROLLES. Mœinberolœ , à sept mille toises de | Châteaudun , de ranhidiaconé do Dunois avant <iue Blois fût évôché. On croit que cette paroisse a été démembrée de celle d'Ozoir-le-Breuil , et qu'elle n'en était qu'une succursale. Elle a le môme palron, c'est-à-dire saint Martin.
lllSTOIRIi:
Elle est (lu bailliage de Uutiois en preoiière ii)»Uince i
ChAleauduii,
Membrolles a doanû le nom ù une faniille noble du pays, Helyuti ou llelguile iIl> Membrolles, Blunulic, sn mère, et llobcrt llofiiii Orent un i-chanj^c avec les religieux de Tliiron do ce (qu'ils possédaient ù Li-Ziinville. Blanche ajouta le quart d'un Tour bnrial de Cfiâleauduii , ou elle avait droit, t't cela pour Isi lerro d'Otvillier, qui avait àli donnée aui religieux par Payctt de Fronville. L"ai.'lc fut passé à Châteaudun et signé par le vicomte GconVoy II et ses Ois llujjucs cl Payc^^n, appelô aussi Hubert, par Ursion de Fretlevai , Mathieu Le U»ux , Renaud de Sccouray , l'an 11-28 Rosceliii de Membrolles, qui vivait en ÎIGG, signa l'actoi I entre le vicomte do Châteaudun et les religieux du Sninl- Sépulcre. Une fille de Inmlques de Membrolles ayant lait profession à Saint-Avit l'an 1:202, son père Ut une dunatioa à l'abbaye à celle occasion.
Koberl de .Membrolles visait aussi en l'20O. et l'an 1248, au mois de décembre, il vendit, avec sa sœur Alix et Juldiii de BL>auvoir, son beJU-frtîre, aux Ull. de Honneval . une maison qu'ils avaient dans Bonneval.
Itanoplin do Membrolles vivait dans le môme temps, et vendit ses droits sur In dîme deChivcrai, Tan 1222.
LeCorbet, ci-devant Le Noiseme.nt. Il paraît que le principal bûtimeiit de ce château et de sa chapelle domestique, ijue l'on a rasés en 1762 . avaient été construits dans le quinziéitte siècle , pendant que l'ordre du Porclîpic subsistail, et que celui qui en était propriétaire en ce lemps en était décoré, car on voyait le l'orc-Épic en relief en différens endroits de ces bàlimens. On y vient de substituer un corps de logis mieu& entendu et mieux placé que l'ancien , qui était masqué par la basse-cour.
Le Noisemenl a appartenu aux de Mareaa-Accarie, dont
le fameux ligueur, an des Seize. Louise Halte . fille d'Euvcrtc Halte, seconde femme de René d'Alès, second du nom , lui porta celte terre par leur mariage du i3 octobre 1602 (I). Ce René d'Alés, marùclial-de-camp, était seigneur de la terre de Corhct en Tournine , el gouverneur des ville et château de Cliûlcaudun.
Pierre d'Alès , lits du prccédenl , ayant laissé le Corbet en partage à sa sœur, épouse de Pierre des Bocus, fut fâché de n'Otre plus dans i« cas d'ajouler à son surnom celui d'une terre i]ni avait l'ail litre dans sa ninison d<;[niis des siècles; c'est ce qui le porta à faire chanj^er le nom du Noisement. cl à lui faire donner celui de Corbet
Jacques d'Alés de Corbet, fils de Pierre cl chevalier de Saint-Lazare, sul faire un bon usage de sestalens pour les armes, la politique et la religion. Nommé par le roi pour assister à une assemblée provinciale des Calvinistes du gouvernement d'Orléans, il s'y alliru la confiance des principaux, et en décida plusieurs à profiter de ses conférences particulières el de ses écrits, qui les tirèrent de l'erreur , ce qui lui mérita les éloges du grand Kossuet et les égards de Paul Pélisson.
M. Pierre d'Alés, fds unique du [jrécédenl , est né en 1688. l.'ni le 13 avril 1711 , tnvcc Fr.inçoise Hrelon . Illle de Claude François, seigneur des lîordages, et de Marie de Courtarvcl, il s'est appliqué à instruire sa f.iinille. a laquelle on n'eût pu souhaiter un meilleur maître. Chrétietr éclairé, il n'a pas passé tout ce temps d<ins rindilTércncc pour les troubles que l'acharnement de deux partis onl causés dans l'église, tin pourra tnmver dans son cabinet tm manuscrit sur ces matières. AOTranchî des liens du mariage, il est
(1) Jean HnUc, (^cuyer, .«cignour de Dumliron, l'ôiail aussi du Noiseinent en 1580.
lllSTOn\E
entré dans l'état qui nrait fait l'objet de ses premiers vœui, et où il ovail été initié par la tonsure. Prêtre et chanoine de Elois, il a fuit bâtir le petit château de Richeville où il s'est relire , et a laissé le Corbet h son 6is aîné , qui suit.
M. Pierre-Alexnndre d'Alès, né à Corbet, le 17 arril 1715, juge du point d'honneur dans sa paroisse, marici Btois, le 13 mot 17'»3, avec Marie-Anne Daguel . fille d'Êtieiiric, seigneur de Beauvoir, et de Marie-Anne de Courlarvel , a eu do cette première femme Louis-Hugues, ri6 le 2 février 1755 , et reçu à l'éeote militaire. M. Dalès, depuis sa retraite du service , travaille à faire honneur à sa patrie par une vie solidement occupée. Le premier ouvrage qu'il a donné au public , Sur l'Origine du ^fal ., en deux volumes in-12 , dédié à l'eu monseigneur le dauphin, ayant été annoncé d'une façon honorable pour lui dans les papiers puljUcs, une basse jalousie de quelques nnti patriotes Gt débiter dans le pays que dans cet ouvrage il n'était que le prèle -nom de deux jésuites. J'ai vu le manuscrit de ce livre, l'ne indisposition qui n'affectait que la vue de l'auteur, dans Le cours de sa composition, le mit dans le cas d'avoir recours à trois mains étrangères , celles de son épouse, de son curé et d'une de ses parenles. M. d'Alès a perdu cette épouse en 1762 , an mois de novembre.
Outre l'ouvrage dont je viens de parler, M. d'Alès avait déjà l'ait imprimer , pendant l'esil du Park-mcnt , une brochure in-12 qui a pour titre : Examen des Principes de Gouvernement qu'a voulu établir l'auteur des Observations sur le refusque faisait te Châtelet de reconnaître la Chambre royale établie pendant cet exil.
On a aussi de lui une brochure de cent quarante-deux pages, dite imprimée à Amsterdam en 1758, qui contient de nouvelles observations sur les deux systèmes de la noblesse commerçante ou mililaire; et en 1706, Origine de
la Noblesse française , ln-1'2. de 510 pages, chez Després, à Paris.
Ce seifjnenr lettré est mort à ChAleaudun, fi la maison nommée J.a Rainville, chez M. Goulu, le 9 janvier 1768. Il était venu <Ians celle ville pour y passer quelques jours. Son corps a été inliumé dans le chœur de l'église de Sairil- Valérien , du côlé de l'épîlre , près la chapelle de Saint- Ville.
MOISY. Moissiacnm, Moisseiacuin , à neuf mille loiscs de Chûleaudun, bailliage de Diinois, au siège de Marchenoir en première instance.
(îirard de .Moisy signa, au commencement iln douzième siècle, un accommddcmenl enlre les chnnoinc;s de la Madeleine de Chàteaudun et 1rs religieux de Bonncval, pour les dîmes de Snint-Aubin-des-Vignes.
L'église de Moisy, dédiée à la Sainte-Vierge, maintenant (lu diocèse de Rlois, était de l'iirchidiaconé de DurioJs. Elle fut aumônée à l'abbaye de Bunneval, qui a encore la nomination n sa cure et î^ son prieuré,
Girari). prieur de Moisy, i^ui élnit dans les bonnes grâces du comte Louis, en reçut, pour so>i bénéfice, une pièce de terre et une masure, l'iin 1 198, pur leLlres données à Chûleaudun. Ce prieur devint abbé de Bonneval. Le prieur de Moisy était tenu d'une redevance en blé envers le prieur de Vicuvy. que Matiiias, abbé de Bormeval , contraignît le prieur d'acquitter l'an 1270.
Le Plessis-M aillé apparlienl à Nicole, lieutenantgénéral de Chartres.
MOLITARD el MOULITARD, Mons-Lelardi. Le iK>m vient de Monasterium , car Mulitard est dans un fond sur
la Conie. C'est la troisième cliâleltenie du comté de Dunois. 1 mouvaiito de In tour de Chflteaiidiir) Le surnom Letarii vient probûbleinenldece que le petit monastt're détruit de Matitard a pu 6tre Tondô par un seigneur nommé Letanj.
Il est fait mention de ce monastère dans une charte de Louis I", de l'an 836 , en ftiveur de Micy , parce qu'il a été de sn filiation. Il y est dit que cette Celle consiste dans une portion de la Conie (cum aquà Conidâ); qu'elle possède de* monlins. du bois, des prés , des terres cultivées et d'incultes, des pacages , des vignes et des fiefs , «|ue ce roi confirme à l'nbbaye de Micy. C'était le roi Thierry !*■ qui l'avait donnée h Micy, comme liérilier du duc Loup-le- Mauvaisi'ea; hœredil'ile Lnpi pessimi ducis). Ce Louple Mauvais avait OU un des assassins de Childéric II (1). Ebrouin, maire du Palais sous Clotairc III, enfermé dans le lTlonast^^e de Luxeuil sous Childéric II , redevenu maire par la force sous Thierry I", esila Loup-le-Mauvais , et à sa mort, le roi hérita ou s'empara de ses biens. Le monastère de Molilard était sous le titre de Saint-Etienne, et il en reste utic chapelle dans ce petit endroit, sous le titre de prieuré-
liirard de .hiyac donna, au mois de novembre 1243, une place au lieu de Julaises à l'abbaye de Saint-Avit. à la charge de lui payer , ainsi qu'à ses snccrssenrs à Molitard , dis deniers de cens, ce qui semble indiquer qu'il était sci-
(4) Friddgairc ne tiomme des assassins de CLiiUléric que logolbert et Atnalbett ; il ne les conuaissait |ins tous. Ce Tiil la rruaulé de CLildén'c coQlrc un spjgncur nommé Bodillou, i|u'il fit batlrc pur terre, le.s membres ^Uac.liés ù des pieia, comme si c'efll été un esclave, qui irrita la doblesse et qui le Gl miissncTcr dans }u foiôt de Lcuconie. L'abbë Le Dœof place celle forOl de Lcuconie dans Je Vexiii , près de Cliaiinionl, et critique ceui qui croient que c'e^t Clii!lle$, ou Livry, on Lions ; je n'oserais mellre en concurrence la Fopti-Loiigue dans le Dunois, li'ilc Sytea-Louia, près de laquelle Loup-lc-Mautuis avait aussi des possessions, et où il y arait une cliajieUê de SBinl-Maxiinin, aumânée aussi à l'obbaje de Micy.
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gneur de Molitard. Cette châtellenie et son petit château ont passé par vente des de Taureau à N. de Vassé, puis à son pupille, Jules-César marquis de Prunelé-Saint-Gerinain.
L'église paroissiale de Molitard a été rebâtie sur la fin do seizième siècle . parce que l'on croit qu'elle avait été maltraitée par les Calvinistes.
La chapelle de Saint-Thomas , au pied des bois . sur le chemin à aller à Bujlainville, à gauche, a été détruite l'an 1750. Sa charpente et sa couverture ont servi à restaurer l'église paroissiale, qui était interdite à cause de son mauvais état. Le doyen d'Anpers , titulaire de Sainl-Thomas, a consenti à l'union des revenus à la fabrique, pour qu'après sa mort on l'employât à la pension du desservant , car cette paroisse, réunie a celte de Moléans, n'a point de curé en particulier , et le titulaire des deus paroisses a son presbytère, que l'on vient de rebâtir, e^ Moléans.
Valainvu-le , fief, ancienne maison et cliapelle dédiée à Sainte-Barbe, a eu des seigneurs de son nom dans le douzième siècle et depuis. Les deThuilière, les de Grouche de Chepy l'ont aussi possédé. N. Aviceen est aujourd'hui propriétaire.
TuociiEPOT a été aussi habité autrefois. Maurice de Trochepot avait donné à Tabbaye de Saint-Avit ie droit de dîme sur Villélain, paroisse de Lanneray , que les religieuses de cette abbaye cédèrent aux chanoines de la Madeleine le 7 janvier 1230.
MoNTANSON. M. le marquis de Prunelé. acquéreur de ce petit cliàteau. vient de le détruire pour en joindre tes revenus à Moléans. Noël Renouard , secrétaire du roi, en était possesseur en 1666, et Antoinette Charreton , son épouse.
HlâlOltŒ
MULl.ÉAN, MOLLÉANS, MOMLÉAM», iJamolium.
snr la Conie, à trois mille Iroisceiils loiscs de Châtcaudun, est la terre la plus t'ourriic du bois dans ccllo partie du Danois jusqu'à r(»rléanais. Sa haute-justice relève de la tour de Ciiâlcaudui). <iuîllaumc de Courcillon , bailli et copitaine de Chartres, en était possesseur on 1410. De N. de la Terrière, il a pansé à la maison de Grouche do Chepy , puis, par vente , au possesseur actuel , M. Jules-Élienne-IIonoré marquis de rruiielé-Sainl-(îern3ain , beau-frère de M. le marquis de Chepy, qui l'y a précédé. Il a commencé en 175'» à rebâtir le principal corps de logis de ce château , auquel il a fait des cmbeliissemens diri<^és avec autant de goùl que d'iutelligcnce,
AcxK OU AuiHAY, Alnetum, sur le Loir, à douze cents toises de Molléani^, a passé do la maison d j Gratîart à celle de Prunclé vers 15Û8 , par le mariage de Jacqueline de (iraCfart avec Jacques de l^runelé-Sainl-Gerraain. Ce petit château appartient actuelleinent à celle de Menijssé.
MONTil Ail VILLE, MonharvUla et Mohervilla, à six mille deux cents toises de Chàteoudun. Le 6ef du bourg est du domaine du Iloussay, pour quoi Pierre Mallier, secrétaire du roi erv sou conseil d'Étal et intendant de ses Qnancea, (ils de Claude, seigneur du Houssay, se qualifiait seigneur de Montirarviile en 1650, qu'il se démit des Gnances le 18 avril. Le baron d'Alluyes en est haut-justicier.
Vbainville , (ief et haute-justice du ressort de Ch&teaudun , a appartenu aux de Jaucourl, ensuite aux Monginot, qui en ont commencé le château actuel vers 1730. N. Carlier, acquéreur, l'a fait finir en 1758 et former ses avenues.
MONTIGNY, surnommé le GANELOIV, Montiniacum- Ganelonis, ci-devnnt pelile ville close, avec un châleau qui subsisle sur la côte septentrionale du Loir, quatre mille sept cents toises au-dessous de Châteaudun. C'est la première des châlellenies qui relèvent de la tour dudit Châleaudun. Celles de Courtalain et du Mée , paroisse d'Arrou, en sont des démembreraens, comme nous l'avons remarqué. Le reste de sa juridiction a été partagé entre son siège de justice et celui que ses seigneurs ont fait érigera Droué.
Sans m'arrôler à la tradition du pays, qui veut que Charleroagne ait gratifié de cette terre le chevalier Ganelon, qui le trahit ensuite à Uoncevaux , je dirai que Montigny ne me paraît point avoir eu de surnom jusqu'au temps de son propriéLaire Ganelon , abbé fieffé de Saint-Avit-lès- Châteaudun , et trésorier de Saint-Martin de Tours, qui vivait au onzième siècle. La riche succession qu'il laissa à ses héritiers collatéraux peut leur avoir donné l'Idée de chercher à éterniser le nom d un seigneur bien venu de tout le pays, en l'ajoutant à celui de la principale des terres qu'il leur laisse. En effet, dans [a charte où co Ganelon de Montigny donne l'église de Saint-JIilaire-sur-Yère à l'abbaye de Marmoutiers , il dit qu'elle est située prés la ville ou château de Montigny, sans rien ajouter ( juxtà Montiniacum Castrum meum ) , et ce n'est que dans des lettres postérieures que j'ai vu ajouter le nom de Ganelon.
Du reste je ne déciderai point si ce Ganelon se prétendait de la famille du fameux traître de Charlemagne. Je dirai même qu'il semble que ses successeurs à Montigny ont en cette prétention , se fondant sur ce qu'il y avait de plus anciennes constructions à Montigny, où il était visible que l'on avait adopté les fables dn faux Tiirpin. Une porte détruite depuis peu portait Ib nom de Roland et sa figure, etc. , etc. Ces monumens supposaient que l'on avait cra
HlâTOIiŒ
dans cette maison avoir un intérêt particulier de retracer dans des ouvrages d'archileclure les faits d'un romao que l'on regardait alors comme une histoire très-vùridique.
Les bienfaits de lianeton envers les églises nous renseignent sur l'état de M<uitigny. du moins de son temps, Le mot Casirvm, employé dans la charte citée pour Marmoutiers , ffiit connaître que Monligny était un des lleui des plus impnrtans dans le Dunois au onzième siècle. Dans la charte de la restitution de l'abbaye de Snint-Avit , en faveur de sa communauté de femmes , le droit qu'il accorde aux religieuses de la paisson des pores dans sa portion de forêt dite du Perche (quœ vncalur Perticus) , donne une idée avantageuse dn domaine de Monlignr, et parait proaver que les bois de la Itoclne et ceux qui appartiennent au chapitre de Chartres faisaient partie de cette forôt. qui devait alors ^tre assez près pour que les relif^ieui pussent aisément jouir du droit qui leur y était accordé.
Monligny fut réédiiié sur la fin du douzième siècle. S'il avait manqué alors par vétusté, il aurait dû être bien plus ancien que les Ganelon. 1t est pourtant probable qu'il dut dans ces temps sa ruine aux remuemens du roi d'Angleterre et de ses enfans, dont les dissensions éclatèrent en France. Ce fut Jean de Montignyqni lit rebâtir cette petite ville, comme le prouve un acte de l'an 1198, par lequel ce seigneur reconnaît que si le prieur de Saint-llilaire-sor- Yère cl les vassaux dudit prieur ontcontribuéde la somme de quinze livres pour réédiQer la ville de Monligny, cela ne tirera pas à conséquence , et qu'il ne les obligera pas à l'avenir de lui payer pareille somme.
Ce Jean de Montigny était attaché au comte du pays, Louis de Champagne, et en était aimé. Celui-ci gratifia la châtellenie de Monligny en faveur de Jean , du droit de haute-justice sur la majeure partie du Dunois que l'on dit
ItU COMTÉ HE DUNOIS.
située dnrs le Perche, c'est-à-dire sur les objets ou Ciiâteauduii jouîssnit encore dans ces contrées de l'exercice immédiat de la justice. L'acte de celte concession est du 10 mai 1199,
Jean de Montigny rendit bien nux religieux de Marmouticrs dans Saint-Hilairc la gratiflcation qu'il en avait exigée poar rétiblirla forteresse, car il ratiHa, l'an 1200, le don que Ganelon leur avait jadis fait de Téglise dudit Salut- Uilaire. Il y ajouta l'abandon de quelques droits , que les seigneurs de Montigny s'y étaient réserves jusqu'à lui. Par un autre acte, de l'an 1208, il exempta les habitans de Sainl-IIilaire de tout service, excepté de fournir des voitures pour le transport du foin d'un pré qui était de son domaine , et il accorda aux religieux du prieuré le droit de pêche depuis le moulin du Pont jusqu'à Beschereau. L'an 1201 , par l'abandon qui fut fait h Hébert de la maison du prieuré dudit Sairit-Ililaire, un fit donner audit seigneur cent livres et trois coupes d'argent , et lui , en récompense, s'obligea à vingt sols de rente envers ledit prieuré.
11 paraît que Caneton avait été précédé immédiatement dans la possession de Montigny par un seigneur nommé Ilahérius de Montigny, qui avait eu un Dis nommé Hugues, lequel étant mort jeune, avait laissé pour héritier Ganelon, trésorier de Saint-Martin-de-Tours. Il m'a semblé aussi que , dans ces temps, la maison de Montigny dont il s'agit ici était la roômc que celle qui possédait Montigny surnommé Couvert de Fer, paroisse de Saint-Léonard , et que les uns et les autres étaient une même famille avec les Borelle don( il n élé question dans d'autres articles, et les Kahérius de Vieuvy.
Après Ganelon , neveu du trésorier Ganelon, on trouve, du surnom de Montigny, Thuelon , qui forçait les paysans, vassaux des moines de Saint-Hilaire , surtout ceux de
Mersanics el de Baronville , de moudre à ses moulins, e( que le moine Yves apaisa lorsqu'il fui prieur de celte obédience.
Foucherde Montigny fut petit-fils de Thuclon, el Hamelio fut fils de Foucher.
Geoffroy de Moiitigny sigon, l'an 1118, la conGrraation d'un (lou fait par (leolîroy II , vicomte de Ch&teaudun^ aai religieux de Tyron.
Hugues de Montigny vécut aussi au commencement du douzième siècle. li'Uodierne, sa femme, il oui Eudes ou Odot). Celui-ci eut un Ois de son nom d'Odon ou Eudes, et Hahérius , qui fut seigneur de Vîeuvy , avec une Dlle nommée Claire, qui épousa Gaultier d'Aunai, bienfaiteur de la maladrerie de Saint-Lazare-lès-Châteaudun, l'an
Odon et Rahérius de Montigny, Cls de Hugues, ûrent une donation en faveur de l'abbaye de Vendôme l'an lUO. Il est aussi parlé de ces deux frères dans le cartulaire de la Madeleine, à l'an 1147.
Jean de Montigny eut de Malhilde, sa femme, Hugues II qui, du consentement de son épouse nommée aussi Mathilde, donna des droits de cens à l'abbaye de la Madeleine, et Jean, lequel avec sa femme Isabelle , donna la moitié de l'étang du Boulay aux chanoines de la même abbaye, résidant à Kuan. Il eut aussi trois filles, savoir : Alii, Marguerite et Isabelle.
l)e Hugues II naquirent Jean , Rallier, Odon , Jeanue et Isabelle.
Philippe de Montigny, dit l>uplessis, el Jeanne, son épouse, vivaient en 1230 ; Philippe avait une sœur nommée Agnès, qui épousa Odon de Vallières. Jean esl celui qui fit rétablir Montigny.
La chAtellenie de Montigny fut réunie, mais bien peu de
m; COMTÉ DE nuNois.
temps, au domaine ilu oomté de Diuiois, |iar l'aciiuisilion qu'en Ql Charles duc d'Orléans , moyennant la somme du (rois mille trois cents livres, car cite fut revendue vers H09, à Guiot de Henty. pour six mille livres tournois,
Jacques de Renly , successeur de Guiot . accorda la moyenne et basse justice à frère Gillct La Teste , prieur de Sainl-Hilaire, sur les vassau!^ de son prieuré, par acte du 23 avril 1V79, excepté le maire et la mairie de Mersantes.
Joachim de Froraenlières, seigneur de Montigny dés 158't , accorda le 20 février 161 5, au prieur de Saint-Hîlaire, un droit de chasse ppur son moulin de Bescherenu, sur plusieurs liameaux de la baronnie et ciiâtellcnie de Montigny , moyennani une rente de six setiers de moulure, mesure de Dunois.
La maison du Kninier a succédé audit Fromentièrcs. Cette terre a passé ensuite, par une du Rainier, dans la maison d'Étampes, et par Charlolle d'Étnmpes , au comte de Tiennes, dont une petite fille , épouse de M. le marquis de Matharel, a vendu Montigny le 15 mars 1765, au seigneur de Saint-Michel , président à la chambre des comptes de Blois, ci-devant lieutenant civil à Marseille , sur lequel M. Thirous de Villemesle , maître des requêtes honoraire, vient d'exercer, pour M. Pierre Thiroux d'Ouarville, son fila mineur, oilicier au régiment des gardes frangaiscs , le retrait féodal . droit de retenue féodale dont M. le duc de Chevreuse lui a fait cession comme comte de llunois; laquelle cession a été déclarée valable par un arrêt du Parlement, du 9 avril 1767, après un plaidoyer de douze audiences , et M. le duc de Chevreuse maintenu dans ses titres, qualités et possessions, par rapport au comté de Dunois.
L'acquéreur , honorablement accompagné des personnes de distinction du voisinage, a pris possession de cette terre
IIISTOIKE
au mois d'août 1767, avec tout l'éclat d'usage. La religion n'a pas été oubliée dans cette fête; on y a assiste à une messe ctianléu solennellement. Outre une nombreuse compagnie dans le château, on y a régalé plus de six cents personnes dans les cours, llix-huit violons et d'autres iustrumens ont égousé les maitres et leâ serviteurs pendant les vêpres.
La petite enceinte de Montigny était garnie de (ours et de portes. Celle ducûté de Chûteaudun, qui est très-forte, est encore en son entier. Le cliAtcau taisait partie de sou enceinte au midi. Sa cour, en dedans de la ville, était for- UËée en particulier de fossés, de murs et de petites tours de pleine et solide maçonnerie, qui auraient encore fourni un moyen de défense après la prise de la ville. .
L'église paroissiale, consacrée à lïieu sous le titre de Saint-lîilles, est hors l'enceinte au nord. Elle est maintenant de l'évëclié de Blois. La cure était à la nomination de l'abbé de Bourgmoyen , comme est encore son prieuré simple, auquel les dîmes de la paroisse sont attachées. Les religieux de ce prieuré avaient acheté ces dîmes l'an 1231, d'Odon de Vallières et d'Agnès de Montigny , son épouse, ce qui fut ratiOé par Philippe de Montigny, dit Duplessis, frère d'Agnès, et après sa mort, par Jeanne, sa veuve.
Montigny, par la nature de ses habitans et ce qui y reste de maisons, dont très-peu sont situées dans l'ancienne enceinte, n'a plus l'ail* que d'un village, sauf ses ruines et son château qui est assez mal tenu. M. de Saint-Michel en avait commencé les réparations.
Le mutd de grain de Montigny vaut seize setiers de Dunois.
Le Fodunil, fief et château à onze cents toises de Montigny au couchant, restauré dans ce siècle, relève de Montigny. Il y a une chapelle domestique. Charles-François
Houël, seigneur de La Roche-Bernard! et Viviers, gouverneur de rile-de-Ré, en a fait l'acquisition il y a quelques années, de M"' de la Bruyère, belle-mère de M. le marquis de Créquy, lieutcnant-fiiînéral. L'épouse de M. le marquis de Montbize, tante du dernier Houël , a hérité de celte terre el des autres biens de son neveu.
MONTMIRAIL, Mons Mirabitis , une des cinq baronnies dites du Perche-Gouet , élection de Châleaudun , ne me paraît avoir rien eu de relatif à Châteaudun depuis l'érection des Gefs, que par rapport aux finances et au gouvernement militaire pour les niiljces. Pour le spirituel, elle est de la juridiction de l'archidiacre de Dunois.
On ne voit guùre de château dont l'assiette soit plus élevée que celle du château de iMontmtrarl. Il y a trente ans environ qu'il Tut restauré par son propriétaire, homme de grande fortune, et qui la méritait par ses manières simples et d'autres bonnes qualités. Il se nommait llavet. A la mort de son fils, dit le marquis deNutly, cette terre a passé , à titre de succession , au sieur Guitbon , négociant à Rouen.
La petite ville est moins élevée que le château , quoique son terrain le soit beaucoup. Ses halles sont devenues assez peu utiles et son marché à très-peu de chose, depuis que son grenier-à-sel a été transféré à Aulhon, 11 s'y vend cependant encore quelques menues denrées le jeudi de chaque semaine.
Montmirail est à vingt mille trois cents toises de Châteaudun. Sa forêt est en deçà ; elle peut avoir environ trois mille toises de traversée.
Les cinq prébendes du chapitre de l'autel de Saint- Nicolas , dans l'église paroissiale de Montmirail , ne datent
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que de l'an ir»0-2. Ln fondation a été si modique pour ktj revenus, que le» titulaires ne sont astreints a aucune i dence.
Guillaume , quatrième du nom, dernier des Goëtb, p»1 sesseursdes Cinq-Baroniiies, étant mort dans un voyagea] la Terrc-Silinte, sous l'hilippe-Augusle, le comte ThitMoél V, qui n'était que beau-frère de Guillaume, parce qut] celui-ci avait épousé Elisabeth , sœur de Thibaud , lorsqu'elle fut veuve de Hogcr, duc de la Fouille, voulut s'em- 1 pnrcr de Motitmirail et d'autres terres de la succession de Guillaume. Hervé d'Alluyes , de h maison de IN'evers. fibi d'Hervé de Jlangcau, s'y opposa comme mari de la fillt | aînéec du défunt. Pour se défendre contre Thibaud, H traita avec llictiard , roi d'Angleterre, et lui livra Moiitmirail. C'est parce moyen qu'il m'a paru que celte terre fui conservée aux véritiibles héritiers de Guillaume, tels que Hervé , qui avait déjà Aliuyes par sa femme, puis Renaud de Monlmirail, frère du comte Hugues de Nevcrs, comme le dit Villehardûuin dans son histoire de là prise de Constantinople ; lequel Renaud élait « muU-riche et mult-halt baron, o Dans un autre endroit, il le qualtlie q un hault Bér de France , » ce qui est la même chose que baron. U le dit aussi cousin du comte Louis de Blois. Renaud de Monlmirail mourut à lu cinquième croisade, où il était accompagné de son neveu nommé Gervais . tils de Henri du Cnslel.
Bernard de Monlmirail fut fait prisonnieren Syrie, l'an 1203, avec Renaud de Dampierrc et Jean de Villiers.
LeBoile. N. Foulard du Mans, propriétaire.
le , I an
MORÉE , Morœcia , Moresium , Moreginm , petite ville qui fut bâtie dans la ForËt-Longue et dans la portion appelée de Fretteval, est sur le Loir, à dis mille toises
de Châteaudun-sud. Je présnrae que Morée ne s'est formé et n'a élc habité que depuis Tan 1096, parce que la charte du comte Etienne , rapportée page 924, me semble regarder cet endroit. Le comte y engage les religieux de Marmoutiers de faire bûlir dans la portion de forôl qu'il leur donne, entre le chAleau et ville de Frelteval et Froidmenleau , ce qui paraît convenir spûcialemenl à Morée , ù moins que ce ne fût à la cliftpelle de Saint-Ktienne, oùii y a encore un reste de cette forût que l'on appelle les bois de Saint- Claude, si toutefois Morée n'a pas passé des religieux de Marraouliersà ceux de Saint-Lomer de Blois , que je trouve en possession de Morée un siècle après cette donation , car l'an 1176, Jean, évéque de Chartres, permit à Heaudouin , abbé dudit Saint-Lomer, de bâtir un oratoire à Morée (in villa quœ dicitur Morerium), ainsi qu'il lui avait été permis par le chapitre de Tours.
ïl paraît que l'église paroissiale et prieuré de Morée , bâtie hors des murs sud-est , sur l'élévation appelée INolreiïame-des-IIautes-Foiéts , a fait partie de ces construtlions. J'ignore les raisons qui Orent passer cette église sous l'archidiacre de Vendôme.
Après que Morée eut été bâti, la partie de la Forôt- Longue qui l'environnait fut appelée de son nom, comme on le voit par le cartulaire de la Madeleine. On y lit que Robert, seigneur de l'Ile, qui en avait une portion, donna aus chanoines Je la Madeleine un droit de chauEl'nge dans ta forêt de Morée (in foi'eslà de Murenesio) , l'an lâOa. Il consistait en quatre charretées de bois mort par chaque semaine , traînées chacune par deux bœufs, à la charge de faire ses anniversaires et ceux de ses antécesseurs Jérémie et Renaud, ce qu'il faisait du consentement de Geoffroy et itenaud, ses Uls. Présent, Arnaud, forestier, etc. Geoffroy changea ce droit par transaction de l'an 1231. en quarante
sols de rente à prendre par les cliaiioines sur la lerreds l"llc-eri-Vendômois.
La très-petite ville de Morée est fort peu pourvue d" bilans. Elle est encore close de fossés, de tnurset de pori Celle du côté de FrcUevnl a encore ses battons. Je ne crofe pas cette clôture l'orl aniioiine, tout y paraît du même temps et sans restaurations, II n'y a d'église dans son eoceinte que la chapelle de son H6(et-llreu.
Cet llûtel-Dicu est fourni de luiit lits pour les malades, qui y sont gouvernés par Irois sœurs de la charité de llnstilution de Sainl-Vincent-de-Punl , qui y tiennent les petites écoles pour les Qlles. La nialadrerie de Saint-Marc de Frelteval y a été réunie.
Jean de Pranelé. abbé de Saint-Lonier, transigea l'an lO'tS, pour la justice du prieuré de Moréo , avec Charles, duc d'Orléans, comte de Blois et de Dunois, à qui il la céda, ce qui la fit revenir au comté de Dunois. Elle y esl exercée par un lieutenant du bailli de Dunois. C'est actuellement le même que pour Marchenoiret Fretteval.
Il y a une espèce de faubourg du côté de Frelteval , quî est traversé par un ruisseau qui vaut une rivière. Il vient des étangs d'Ecomaii.
MOBIERS, Mori<Ecmm, Morcherium, Mocreriœ, sur ta rive du paysChartrain. élection de Cliûtcaudun, dont il esl éloigné de neuf milîe deux cents toises, est de la seigneur!^ et justice d'.Xlluyes en première instance.
Gavin de Moriers signa, Tati 116'*, avec Foucher Meslay , une charte de Thibaud V , en faveur du chapitre de Sainte-Croix d'Orléans.
Il y a à Moriers un petit vignoble dont on tire beaucoup de plant.
MOILHARD et MOULHART. à treize mille cinq cents toises de Châleaudun, do son élc4;lioti, arcitidiaconé de Dunois. M. le comte de Montboissier en est seigneur. La haute-justice ressort de Brou.
NEUVy. surnommé EN DUNOIS , Noviacum et JVbr«5- Vicus, élection de Châiteaudun, dont il est distant de onze mille deux cents toises.
Par des acquêts, les barons de Mesiay ont étendu leurs droits de tiefet de justice sur le bourg et une partie de la paroisse de Neuvy, dont les habitans vont en première instance à Mesiay.
MoRSAN. gros village entre Villars et La Folie, a une haute justice particulière, dont les mômcii seigneurs de Mesiay ont supprimé le siège , faisant tout exercer î\ leur chilteau de Mesiay. Celle justice relève immédiatement du bailliage de Dunois. Allowii.i.e, Tounviu.R, etc., relèvent aussi immédiatement du la tour de Cliûteaudun.
Me>'Ai?(ville est delà châtellcnie de Molitard; ainsi celte paroisse est en partie du bailliage de Chartres, en partie de celui de Dunois.
Garnier de Neuvy (de Novo-Vico) vivait dans le douzième siècle , et signa la charte de Hugues III , vicomte de ChûteauJun , qui cotidrmait l'église de Clioiie à In Madeleine, du temps de Fouclier, son abbé. Élienne de Neuvy signa une charte pour la malndrerie de Saint-Lasare-lès-Châteaudun , l'an 11 ïO ; Haimeric de Neuvy en avait signé une du vicomte lieolTroy II, l'an J;i51.
Charles Le Tellier, aïeul du chancelier, était seigneur de Neuvy, et Catherine de \'aillant de Guélis était dame de Morsan. René, leur QlsJeur succéda; il mourut en 16S1.
Leur pelit-fils Charles eut ensuite ces seigneuries ; il fut conseiller au l'arlcraetit et mourut en 170-2.
NOTHO^VILLE et NOTTONVILLE , Villa-Nantulphi et NottonviUa, dont le liourg n'est plus composé que de quelques maisons habitées par des journaliers , est à sept mille taises de CliiUenailun . sur la Conie , branche de Viabon.
Les vicomtes rie Chartres, seigneurs du Puiset , en ont été les plus anciens seigneurs connus. L'an 1073, Evrard ouÉbrard, vicomte de Cliarlres, laissa ses dignités et une patie de ses bions à ses frères. Il distribua aux pauvres ce qu'il avait en or et en argent, et donna aux moines du monastère de Saint-Mnrtin-dc-Marnnouticrs, ce qu'il possédait à NoÉtonville dans le Dunois fqxtid qitid in dominio habere videbaturin villa que Nanlutphi mmcupabatur in Duuensi territorio). Le bourg de NotlonviJIc avait celle prérogative qu'on y venait, de toute antiquité , des villiiges d'alentour, faire les sermons pour l'épreuve des fers chauds, les duels avec le bouclier et la lance , et que les accusateurs et les accusés y venaient demander et recevoir justice. Cette donation futconflrraée à Blois par Thibaud, comte palatin de France, comme seigneur, le dimanche 15 des calendes de mai , c'est-à-dire le 14. avril de la même année 1073. Présens : Alzon Borelle, Gaultier Panepnratn, llardouin Ruillon,Odon Molemouche, Albert de Vitrny, Archembaud, Pire-que-Lonp , Ernaud Aculeus,
Ébrard s'éteint rendu volontairement pauvre , et s'étant dénué de tout pour satisfaire aux excès de sa vie passée , se mit à voyager et à mendier, quoiqu'il eut encore sa femme. Après cette épreuve, il vint au grand monastère, c'est-à-dire à Marmoutiers, se refaire de sa fatigante péni-
letjce, y prendre part en conscience à ses grands biens el recevoir l'habit de l'ordre. On le laissa cepcndiint quelque temps en habit laïc, porce que toutes ces cérémonies édiflantes n'étaient pns toot-à-fait du goût de sa femme. Son épouse n'en était pas si édifiée que ses frères. Hugues, le second de sa maison oprè;» In! (1), devenu vicomte de Chartres, alla le visiter à Marraoutiers et fut si touché , diton , de ses tendres soilicilalions , qu'il donna au monnslère de son frère l'autre moitié de Nothonville. Témoins : Adam, ûls de Borneiirï, el Ansel, fils d'Arembert, ce qui fut coii- Brmé par leur autre frère «Jaleran de Brcteuil , dans le château du Puiset, appartenant à Hugues, en présence d'Odon Borelle et d'Herbert deTilly.
On voit par ceci comment l'église et la seigneurie des Bois-de-Nothonvi![e ont passé aux religieux de Marmoutiers. On y reconnaît aussi l'antiquité et lu rang que tenait celte église et le lieu de Nothonville , par rapport à son canton.
Le clocher de Nothonville, soutenu comme bien d'aulres dans la nef. sur quatre piliers de bois , avec une belle flèche couverte d'ardoises , a été rétabli en 1685.
On voit deut anciens tombeaux do chevaliers dans cette église; l'un à côté de in porte du pan et sous In chaire, la statue, couchée, est maillée aux bras et aux cuisses, la moitié Je son écu est frettée dans le haut, il n'y a qu'une bande dans la pointe; l'antre, qui est dans la chapelle de la Brosse , à côté du chœur, du côté de l'évangile, dont la
(1) Ce Hugues est Hugues du Puiset, qni engagea lanl de luUes nvcc d'autres grandi «eigiteur», à l'abri de sci pelhe TorteresK du Puispl , qui était coniposôe, avant sa prsmitrc destruction, d'une tour ronde, un donjon de bois élevé sur l'éminpnce et fortifié d'ur» reinpnrl dérendo par une pnlis^adc el un fosse avec un parapet. Le loni; d'un second fosté il y avait une grande courlinc un peu riiuiquéc, accoinpugnée de tourelles et de redoutes. Le même Hugues avaU eu a seigneurie du Pui'ct de Guy, son oncle, dit Suger.
statue, niissi couchée . est de pierre comme la précédente, m'a paru habillée en pèlerin des Croisades ; son écu, en pointe, n'est chargé d'aucun t>lason; elle est mutilée paris tfite et les pieds. Le chevalier qu'elle représente a une longue robe de dessus, sans manches; on remorque sa haut du collet le commencement d'un capuchon, le reste a été emporté avec la tête. Le capuchon tumbe en roroM de mosetle sur tes épaules et sur la poitrine. Il est ceint d'une ceinture large d'un pouce . arrêtée avec une boucle, et il pend de celle ceinture une petite escarcelle. Le baudrier est plus large que la ceinture . et l'épôe passe par dessous reçu.
Il y a dans le chœur une tombe rase de Ilarvi de Coyao. seigneur de la lîrosse , et d'Agnès dWrbouville, morte en i
11 paraît que les deux donatifins dont j'ai fait mention cidessus ont été restreintes. Les enfans ou les héritiers n'ont pas toujours concédé ce qui élaitéchappé de la main ou de In plume de leurs auteurs. Les vicomtes de Chartres, seigneurs du Puiset, restés seigneurs de la Urosse , sont rentrés ou se sont maintenus dans la seigneurie de Nolhonville et la moilié de ses dîmes, dont ils ont continué de jouir jusqu'à ce jour.
C'est, je pense, ii ces vicomtes de Chartres qu'il faut rapporter le commenreraenl de la qualité de châtellenie et baronnie que porte le château de la Brosse , à mille trois cents toises de Nothonville nord-est. C'est là qu'on a liié le siège de la haute-justice pour les habitans de Nothonville , comme pour les censitaires de la Brosse , que les susdits vicomtes ont assujettis à la coutume de leur vicomte de Chartres et à sa mouvance.
Le château de la Brosse a été rebâti , ainsi que sa chapelle domestique, dans le dernier siècle. Il nppartenail, en
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1368, à Jean Jusseau d'Amboise, à cause de Mahault Dumels, son épouse; dans le seizième siècle « aux comtes (le Dunois. Claude d'Aligreen TU l'acquisition du marquis de nothelin vers 1560. Les d'Aligre l'ont eu jusque vers 16^0 ; ensuite Pierre Tiraqueau. Claude de Riants en était seigneur en 1652. A la mort d'Antoinette de Riants . qui y faisait sa résidence continuelle , il a été vendu à N. de la Porte, de qui Mortseigneur .Jean-François de la Borde, écuyer, ancien fermier-général, seigneur usufruitier de Mémillon, t'a acquis il y a quelques années. Ce dernier propriétaire en a fait refaire tous les gros murs et distribué l'intérieur.
Il y a une pierre levée au bout du parc de la Brosse , près le chemin qui conduit à Pontault.
Les Bois-DE-NoTTOKViLLE, vulgairement Nottonvillkl' Abbaye, seigneurie aussi qualifiée baronnie, en ce qui me paraît avoir resté aux religieux de Marmoutiers des donations dont j'ai parlé , avec la moitié des dîmes de la paroisse.
Ce lieu, appelé aussi l'Abbaye, à cause de ses possesseurs, les abbés et religieux de Marmoutiers , est à mille toises de l'église nord. Il a passé dans la portion de l'abbé depuis les commandes, et, conscquemment, fait partie aujourd'hui des revenus de rarchcvôché de Tours.
Nos rois avaient apparemment rais ces biens de Marmoutiers sous la protection des baillis d'Orléans , comme ils avaient fait pour ceux de l'abbaye de Bouneval. ce qui a pu conduire à l'introduction de la coutume d'Orléans dans ce Qef , dont la justice a été aussi en ressort de Montnrgis, on ne sait depuis quel temps, jusqu'en 1638, qu'elle est rentrée en ressort du builii d'Orléans, à rétablissement des présidiaux.
Les abbé et religieux de Marmoutiers avaient fait de cet
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HISrOlKE
endroit le chef-lieu de leurs possessions dans ces qoarliers, (le sorte qu'ils ont assujetti à sa justice leurs vassaux de Villeau, en prenaière instance, et autres, et ceus de Mézières , Vieuvicq, prèsllliers, et Laleu-le-Bois ou Laleu- Delouis, par appel. C'e^ ainsi qu'on a laissé les scigneoti cccli^siastiques , de môme que les laïques, arranger leon justices et dépayser leurs vassaiu , comme il leur a plo.
On entrclienl le manoir de ÎSottonville-rAbbayc dam la simplicité antique , excepté que l'on a descendu la cha^ pente de la tour carrée, qui la faisait apercevoir de trèsloin. On en a changé la chapelle en audience. Elle avait été bâtie par Sébastien Galigaï, archevêque de Tours et abbé de Marmoutiers. Son cœur y avait été déposé dans la muraille. On a trouvé que l'endroit de ce dépôt avait été fouillé , lorsque , depuis peu , on en a fait louverturej dans le dessein de transporter ce cœur dans l'église paroissiale, car il ne s'y est plus Irouvé. On présume que quelque main avide , pour s'emparer de la caisse précieuse qui pouvait renfermer ce cœur , aura violé ce dépôt.
Vallières, château et village sur la Conie, est da bailliage de Dunois. Il y a une chapelle domestique dans le château. Odon de Valltéres le possédait en 1231 . .lean de Lanneray en 1362, Henri de Rabentel , lieutenant aux gaidcs, et Marie Tiraqueau^ son épouse, en 1655; il fut tué l'anifée suivante , au siège de Valenciennes . avec d'Acquitçny , capitaine aux mCmes gardes, fils du seigneur de la Croisetle, intendant de la maison du duc de Longueville, comte de Dunois. N. de Vassé en a été acquéreur. Il a été adjugea sou pupille, Jules-César de Prunelé-Saint- Germain. Son flis, M. Jules-Ëtienne de Prunelé, seigneor de Saint-Germain- le- Désiré, de Molitard , de Moléans et de Ghatet, le possède aclucllemcnt.
Arclainville ou Reclainville , bailliage de Dunois.
!)U COMTÉ m DUNOIS.
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Une maison seigneuriale, où est la chapelle de Sainle- Barbe, a eu pour propriétaires les de Sailli et de Fontcnai. Elle a passée N. Hubert, seigneur de Vaudrenet. La ferme du seigneur de la Brosse, dans ce village , a été rebâtie en
Secoduay ou Skcoret, Succurreïum, ancien fief et maison seigneuriale dont les propriétaires portaient le nom dans les onzième et douzième siècles, était encore habité en 16ôi. La famille de Secouray était une des plus considérables du pajs, comme on le voit par des titres des temps que je viens d'annoncer. C'est N. du Breuil et Marie de Poiloue, sa femme, qui y demeuraient en 1654-, et Henri de Sailly en 1672. La seigneurie est octueltement du domaine de la Brosse.
PoNTAtfLT, autre fief avec justice , est à présent du domaine de Yarize. Sa maison seigneuriale était habitée en 1650 par François de Calriot et N. de Longueuil , son épouse. Pierre deCatriot, mari en premières noces d'Anne Laîsné, et en secondes de Catherine de Bellesaises, y demeurait en 1656. Louise de Grève , puis Charlotte Vavasseur, l'avaient possédée précédemment."
OIGNY, Ungiacum Qt Oigniacum, sur le Couétcron, petite rivière abondante en truites et en écrevisses, bailliage de Dunois , ch/ltcllenie de Montigny, au siège de Droué, où les habitans d'Oigny vont en première instance. Ce bourg est aussi de l'élection de Chàteaudun , dont il est éloigné de treize mille trois cents toises.
ORGÈRES, Orgeriœ, qualifié baronnie, à quatorze mille toises de Chftteaudah , à l'est, a appartenu aux vicomtes
msroiuE
de Châteoudun. Geoffroy IV et Alix, sa noble épouse, i firent dresser une charle dans leur château d'< >rgùres , p:ir tieofli'oy, leur chapelain , le 17 màn; l'année n'est pas marquée dans le cartulaire de la Mndeleinedont je lire ceci. Il faut que cet acte soit de 9a On du douzième siècle ou du cornnniencement du treizième- Par cet acte, le vicomte et sa femme donnent vingt sols de rente aux chanoines de la AJadeleine , à prendre sur leurs bans decarôaie à Châteaudtin , et un bois près Ghouë , pour les chanoines de la même obbnyc qui étaient établis â Chouë. Richard d'Orgèrcs et Odclinc, sa femme, vivaient dans le même siècle.
L'an 1235 , par lettres signées à Mttcliinvjlle , Simon de Rnchefort, seigneur du Puiset. fit un accord entre les chanoines de lu Madeleine et Pierre d'Orgères , pour 1» portion que ces chanoines avaient dans la dîme d'Orgères ; ils l'accordèrent pour quatre seliers de blé et quatre se tiers d'avoine, mesure d Orgères, qui seraient donnés par ledit Pierre d'Orgères ou ses frères Jacquelin et Eudes, ou sa sœur Ilodeburgc. f^aditcHodeburge s'ctant mariée à Eudes de la Coulure , donna, du consentement de son mari, ce qui lui npparlcnait dans la dîme d'Orgères, aux chanoines de la Madeleine, de qui ils reçurent dix livres. Simon de Rochefort , comme seigneur de flcf de cette dîme , garantit la transaction précédente, et confirma la vente par lettres de l'an 1-244 , tant pour lui que pour Hugues d'Aspremont, son frère.
Claude Mangot, garde-des-sceaux de France , et Marguerite Le Beau de Viltarceou, étaient seigneurs d'Orgères l'an 1580. Ce sont peut-être eux qui ont fait donner la qualité de baronnie à Orgères.
La haute-Justice d'Orgères est du ressort du bailliage de Dunois au siège de Ghâteaudun, Depuis que M. Louis-
François marquis de Laubespiiie a fait L'acquisition d'Orgères, on a rendu commun à Orgères le siège de là justice dti Vartze.
Iji Maladrebie-d'Orgères. Une portion de ce village, avec la chnpelle de Saint-Marc , est de la paroisse de Foritenay et du bailliage d'OrEéans , châteticnie de Janville. Le reste est de ladite paroisse d'Orgères.
ODCQUES, Occa et Ulca, gros bourg et château, avec un marchi!; considérable qui s'y tient le mercredi de tliaque Remaille, est à quatorze mille toises de Châteaudun-sud , de son élection, diocèse deBtois, ancien archidiaconé de Dunois II y a deux paroisses, dont l'une est sous le titre de Saint-Jean, l'outre sous celui de Soint-Se vérin. Celle de Saint-Severin était à la nomination de l'archidiacre de Dunois, et celle de Saint-Jean à la nomination de l'abbé de Saint-Lomer.
Le fief de La Salle , dans ce bourg , avait autrefois un château , et ses seigneurs avaient les droits honorifiques dans l'église de Saint-Jean, il est maintenant réuni au domaine du seigneur du lieu, qui a eu des seigneurs de son nom, comme Robert de Oucques , qui vivait l'an 1120, et Hardouin de Oucques, oncle de Bernard Doyen, en 1190.
La maison de Beauxoucles ou Beausoucles en a été longtemps en possession. M, Pierre Parccval . seigneur de Briou , en a fait l'acquisition da comte de Sainte-Mesme , Élie-Guillnume de Lh6pital, à qui elle avait passé par alliance d'une Beausoucles avec un Lhôpital. N. Parceval , fille de Pierre, vient de porter Oucques à M. le baron de Nispen , colonel d'infanterie , son mari.
Vers le milieu du dix-septième siècle, Anne de Lhôpital- Sainte-Mesme épousa Louis de Beausoucles , seigneur
d'Oucques. Guillaume-François-Antoine de Lhôpital,
iniirquis de Saiiite-Meiinie , arrière-neveu d'Anne, était projtriétaire d'Oucques. Ce fnl dans le ciiàleau de ce bourg que ce seigneur , grand matliémalicien , qui s'y était retiré en 1692 , y augmenta ses connaissances par la fréquentation du fareeux Jean Bernouilli. de Bâle, qu'il y avait attiré, et qui y passa près de quatre mois.
La tiaule-justice d'Oucques est du bailliage de Dunois, châlellenie de Marchenoir. Il se lient à Oueques deux foires franches, les jours de Sïiint-Jeaii et de Saint- Louis, Ijî boisseau d'Oucques pèse dis-huit livres. Le muid y est composéjde soixante de ces boisseaux.
C'est peut-être de l'église de Saint-Jean d'Oucques dont il est question dans des reproches que Maurice , abbé de Soitit-Lomer, reçut, vers 1107, de Geoffroy , abbé de Vendôme , parce qu'il avait bûli une chapelle à Oueques , quoique ce fût du consentement d'Yves, évêque de Chartres, suivant sa lettre soiiante-douze.
La chapelle ruinée de FRÉPESLEa été donnée au chapitre de Saint-Martin de Tours, par un de ses chanoines.
OZOUER et OUZOUER-LE-BREUIL , Ororium et Oratorium-BroUi , Bauzeia-de-Brolio ,h sis mille quatre cents toises de Ghâteaudun , diocèse de Blois, ci-devant de l'archidiaconé de Dunois et de son baillage en première instance à Chàteaudun. Il n'y reste aucun vestige d'un endroit boisé qui a dû lui faire donner le surnom de Breuil. Ce bourg et son église surtout ont beaucoup souffert dans les guerres intestines.
Lors de la fondation de l'église monacale et paroissiale du Saint-Sépulcre, Vivien, Tils d'Otranne, donna aux religicui dudit prieuré une terre d'une charrue à Oiouer-le-
nu COMTE DE DL'NOIS.
Brcuil . du consentement de Geoffroy , vicomte de Châteaadan.
Arbodville , village et petite maison seigneuriale , à mille toises d'Ozouer , qtii appartient à la maison de Meaussé, acquise en J767, avec le fief seigneurial do Fresnay. paroisse de Membrolles, par M. Al. d'Alès, seigneur de Corbet, et demoiselle Jeanne-Madeleine de Musset, sa seconde femme, (ille de M. Pierre César de Musset^Bonavenlure, ancien capitaine des grenadiers au régiment de Chartres, chevalier de Saint-Louis, commandeur de l'ordre de Sninl-La/are , et de N. de Pelsairc^ qui demeurait à Châtcaudun.
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OZOIIER-LE'DOYEN. en vieux langage OROEll-LE- DAEIN , Ororium et Oralorium-Decani , lire son surnom d'une ancienne famille du Dutiuisdu nom de Doyen (Daeia). Son petit bourg est h sept mille quatre cents toises de CMteaudun-sud, de son bailliage eu première instance , diocèse de Blois, ancien archidiaconé de Dunois, L'église, dédiée à Sainte-Anne, dépendait de l'abbaye de Pontlevoy.
Bernard Doyen (Dacin] vendit, Tan 1190, à Geoffroy Brusion, seigneur des Chauvclières , deui rauids de blé et un muid d'orge de rente sur le parc des Chauveliôres, do consentement d'Anceline, sa femme , de ses frères Thibaud et Barthélémy, et de son oncle HardouindeOucques.
Les Lancelin de Beaogency ont été nussi en possession d'Ozouer-te-Doyen. Philippe Lancelin donna dli-huit setters de méteil à l'abbaye de Saint- Avit , à prendre sur la métairie d'Oroer-le-Daein, ce qui fut confirmé par Lancelin, son fils, et par ses petits-fils Philippe, Pierre et Robertles-Lancelin, l'an 1-229. Geoffroy Payen , seigneur de Montpipeau , eu passa reconnaissance au mois de septembre
illSTOIKE
1236, à ladite abbaye, comme seigneur censîer dudil Oznuer.
N. Mercier, d'une famille originaire de Lyon , possède aujourd hui celte terre.
OZOUER-LE-MAnCHÉ, diocèse deBlois, ci-devant de l'archidiaconé de Dirnois, élection de Beaugency. Le comte de Duiiois , coniinc cbâteiain cl baron Je Marchenoir, y jouit d'un quart des dîmes. Les anciens comtes en ont abandonné un demi-quart ou curé.
Il n'y a que le chùteau de Mézières et Ablainville qui dé- (icndcnl du Dunois. Je crois le reste de la paroisse et le bourg, de la châtellenie de Beaugency.
PATAY, Patayum, Pateijum, Patavium, Pateium, Paleicum, ancien bourg auquel on a donné le titre de ville, est en première instance du baillia^^c de Dunois, au siège de Châleaudun , dont il est éloigné de quatorze mille toises à l'est. Ce lieu est renommé par la défaite des Anglais qui eut lieu en l'»29, et qui fut le signal de leur décadence en France.
L'église de Patay n été brûlée deux fois dans les guerres intestines, sans qu'on en ait conservé les dates. Sa tour carrée, surnnonlée d'une aiguille en ardoise, fait apercevoir cette petite ville d'assez loin. Elle a été desservie par des religieus de Bonneval , qui y ont formé un prieuré simple. Le prieur de la Celle de Patay fit un accord , l'an 1171, entre les religieux de Bonneval et les chanoines de Sainte-Croix d'Orléans, par lequel il futdit qu'ils jouiraient en commun des terres de Villavalderem et deGaubert, paroisse de Guillonvllle et autres, ce qui fut signé par Gaultier, archidiacre de Dunois.
Le couvent des filles liospilalières de Notre-Dame fut fondé en 1629, sous l'autorité de Léoiior d'Élampes, évCque diocésoin. La petite chapelle des religieuses est entre leur chœur et une salle garnie de six lits, où elles sont tenues de gouverner les maindes de leur sexe. Les hommes ne sont admis dans celte salie que le temps de se faire saigner et de recevoir les remèdes que les dames jugent à propos de leur administrer charitablement. Ces religieuses sont astreintes à la cl<^lure; mais comme leur institut les appelle à cette salEe , et que les étrangers de tout sexe y sont admis, on en fait le parloir te plus ordinaire. J'ai parlé de l'institutrice de ces religieuses, Françoise Uaoguyn , dans le corps de L'histoire; la maison où elle est née a fait le commencement de ce monastère en hôpital.
Patay n'a, comme Cloyes, qu'un prévôt de police sous le bailli de Dunois.
Les marchés s'y tiennent les mardi et vendredi de chaque semaine; ils sont assez considérables pour les grains. Le muid de Patay fait treize setierset mine, mesure de Chàteaudun. Ce n'est pas le comte de Dutioisqui perçoit tes droits de mesurage et des halles le jour de Saint-Jacques, 25 juillet, ni le jour de Saint-André, que se tiennent les foires de Patay, mais le seigneur de La Ferlé- Villeneuii , par un ancien privilège accordé par les comtes.
Il y a dans celte petite ville un fief et une censive du même nom de Patay . qui a été possédé bien des siècles par une ancienne maison du pays qui portait le nom de Palay, et qui a contribué dans les temps au peu d'illustration que Ton a <iccordé à cet endroit. Elle a donné un évfique à l'église de Chartres dans le quatorzième siècle , c'était Jean de Patay.
Gunhère ou Goherius, fils de Hugues de Patay , fit profession à l'abbaye de Saint-Pierre de Chartres, l'an 1103,
et lai donna an cens de six sols six denîers-obole dans la ville d'Orléans, paroisse de Saint-Micbel , proche la porte de Paris , ce qai montre combien la ville d'Orléans était peu étendue à cette époque. La maison de Patay a subsisté jusque dans ce siècle; elle est maintenant confondue par les femmes avec celle d'Alès de Gorbet et de Bonaventare de Musset, qui ont vendu le Qef de Patay an marquis de Rochechouart, seigneur de Montpipeau. Il est encore du domaine dudit château de Montpipeau.
Patay vient d'être entièrement démantelé en 1755, du consentement de M. le comte deDonois, duc de Chevreuse et de Montfort , pour en faire servir les pierres à rétablir les rues de cet endroit, si défoncées qu'elles étaient devenues impraticables. Le fossé n'était pos profond. Les murs, tourelles et les trois portes ne me paraissent pas d'une grande antiquité, car on n'y voit point de réparations, quoique les pierres ne fussent liées qu'avec du mortier de terre blanche.
L'an 1325, Charles de Valois, comte de Chartres, d'Anjou et d'Âlençon, fils du roi Philippe-le-Hardi, mourut de paralysie à Patay , au mois de décembre. Son corps fut transporté le 16 à N(^ent-le-Roi, et de là, selon Moréry, aux Jacobins de Paris.
Renaud Touchet, marchand i Patay, était le trisaïeul de Marie Touchet, maîtresse de Charles IX, ensuite fename de François de Baizac-d'Ëntragues, et mère de ia marquise de Verneuil, maîtresse de Henri IV. Renaud eat un fils nommé Jean , qui fut reçu avocat à Orléans. Celui-ci y eut Pierre Touchet- Bourgeois , qui fut père de Jean Touchet , seigneur de Beauvais , lieutenant particulier de la même ville d'Orléans et père de Marie.
La croix cassée qui est dans la haie, au-delà du faubourg dit Blavetin , et à gauche , en allant à Lignerolles , est
indiquée comme une borne enlre l'Orléanais et le Dunois, par l'aveu de 1587, fait à filois. Le Dunois s'étend de là à Chaltcville , hameau de deux maisons , l'une de la paroisse de Rouvray-Sainte-Crois , et l'autre de Terminiers. La première est de l'Orléanais, et la seconde est du Dunois et vient d'£trc brûlée par accident. De là les limites se prolongent jusqu'à Frécul , autre hHraeau de la paroisse de Terminiers, et indiqué coinrae borne du Dunois parle m&me aveu, qui ajoute qu'ensuite ledit comté de Dunois s'étend une lieue dans l'enclave dû bailliage d'Orléans, ce qui doit s'entendre de Loigny , arcliidîiu'oné Je Dunois, laissant à droite Terminiers . qui est de l'Orléanais.
Un parti des roécontens, sous la minorité de Louis XIV, tint garnison assez longtemps dans Patay , où l'on tient d'un vieillard, qu'ils mettaient tout le canton à contribution, et que ceux de Loupille, paroisse de Péronville, ayant refusé de satisFaire à leur taxe , le clieP de la garnison {]t faire un publicat et annoncer au prône , par le curé de Palay : « que les meubles des habitansdeLflupille seraient 1) vendus à l'encan , faute par eux d'avoir satisfait à la conn tribution ordonnée par le commandant. » C'était faire te pillage d'une manière assez civile.
PÉRONVILLE , Hespessum-vitta , Pessonis-viUa , Petrivilla, PeronvUla, sur une des branrhes de la Conie , à neuf mille cinq cents toises de Châleiiudun , de son siège de justice en première instonce, diocèse de Blois, ci-devant arrhidinconé de Dunois. L'église est sous le titre de Saint- Pierre et a été aumônée au chapitre de la Madeleine de Ch&teaudun.
L'an 1135, Pierre de Péronville (de Bespessum-villâ) coEifjrma, dans le lieu seigneurial dudit bourg, les dons
lilSTOIKE
de biens que Hubcii de Péron ville, son père, ofait au monastère de TjjTon cl quelques-uns de leurs ce taires.
Pierre de Péronville ( Pessonis-viîlœj fil dans le m' siècle et te même temps une donation à l'abbaye de Saint- Avit, pour la dot de stT ûlle Ameline. C'est sans doute le môme seigneur que dans l'arlicle précédent.
MACIIENAIN VILLE , MACnELAlNVlLLE et MACHA IN VILLE,
vulgairement CiiATEAO-RASÉ.à onze cents toises de Péroovillc-sud, village et i-liàleau. La ton r, hôtel et seigneurie de Machelainville , comme s'exprime l'aveu du comté de Dunois, de l'an 1587. était une forteresse renommée dans ces cantons, dans les guerres intestines. Les murs, fort élevés, en subs^istent presque dans leur entier. C'était UD bâtiment fort irrégulicr, où sotil collées des demi-loors. La cour est fort étroite ; le tout entouré de larges fossés à sec, qui ne nuisaient pofntaux souterrains.
De la maison de Patay, Mactielainville a passé dans cel de Prunelé, parle mariage de Marguerite de Patay, fille de Pierre , avec Guy de Prunelé, seigneur d'Herbaud en Blaisois. Jean Prunelé, leur Hls, eut permission du comte de Dunois. l'an 137 V, de fortifier une tour dans sa terre de Machelainville ; ainsi on peut dater le château-fort de ce temps. En 1620, Elisabeth de Prunelé a porté cette (erre à son mari , Jean Le Bouteiller de Senlis, et Marie , lîlle de ceus-ci, à Henri d'Orléans, marquis de Rothelin. Le Throsne, avocat du roi au bailliage d'Orléans, en est en possession par acquêt.
Le Sef de Bélestke appartenait en 1631 à Antoine B sonnet et Marie deXiercelin, son épouse, dame de Bois
Celui de Peuthe relève de Courtaiain.
es à
PESOU. Le bourg et une grande partie de la paroisse sont (ïu Vendômois.
Fontaine-socs-Pesoc cl CnÊ^E-C.\RRÉ sont du Danois, cliâtellenie de Frettevat. Ces deux endroits et leurs dépendances ont chacun un rôle partirulier pour les tailles, et sont de réieclion de Châteaudun.
PRÉNOUVELON, Piveium-Nevelonis, à dix mille luises de Châteaudun , de son biitlliagc en première instance et de l'élection d'Orléans , diocèse de Blois, ancien arcjiidiaconé de Dunois. L'église est dédiée à saint Lubin. C'est un prieuré-cure dépendant de l'abbaye de Notre-Dame de Bcaugency.
SEiiojiviiXE, Oef et château, appartenait, en 1587. à Marie de Loudou et Laurent de Varennes, son mari. Il est à présent aux RR. Bénédictins de Bonne-Nouvelle d'Orléans.
Villiers-le-Habd , château bftti depuis peu. Le Dunois s'étend de là à Favelle et à Pinntepoii. paroisse d'Épiés, suivant l'aveu de 1587, et à une partie de Villiers-lc-Hard , que je ne vois point sur la nouvelle carte générale.
PRÉ-SAlNT-ÉVROULTouSAINT-ÉYROL, éloigné de Châteaudun de huit mille trois cents toises , est en partie de la justicedft la prévôté deBonneval en première irislance, et en partie de celle de la première portion de la prébende de Dunois dans l'église de Chartres , au siège ûxé à Villars.
Le roi Philippe I", en donnant Le Boulav , village de cette paroisse, à l'abbaye de Bonneval, spécifie dans la charte , qu'il exempte les religieux de toute redevance
envers les vicomtes de Châteaudun , par qoi l'acte M consenti.
PRÉ-SAINT- MARTIN ne date, à ce qu'on dit. qoefc deux siècles en qualité de pnroisse. Son église , en partie, était la chapelle d'un chdtcau détruit , dont une partieét l'enclos a été donnée pour foriner le presbytère. Ce bourg, en première instance, de l.i bnronnie d'Alluyes, est distiwt de neuf uaillc quatre cents toises de Châteaudun , de SM élection, archidiaconé de Dunois.
Le Bois-DE-PiiÉ. ou vulgairement Le Bois-de-Bvis, parce que ce châleou en est entouré , est celui du seigneur de fief et de ia censive de celte paroisse.
RENAY, à dix mille quatre cents toises de Ghâteandnn et de son élection. Les limites du Dunois passent sur cette paroisse, qui est presque tout entière du Yendômois.
RFIODON , de l'élection de Châteaudun , dont il est éloigné de dis-huit mille toises. Les limites du Danois et da Vendômois passent aussi sur celte paroisse. Ils ont une borne qui les sépare près Villeberfol, et qui est indiqué dans l'aveu déjà cité. El n'y a que vingt ans qu'il y en avait une dans lUiodon qui enclavait l'église, actuellement du bailliage de filois, et séparait te Dunois du V^endômois. On ne compte plus que quatre maisons dans Khodon qai fassent partie du Dunuîs, dont il reste encore une autre borne entre Uhodon et Champigny , ainsi que nie l'a assuré M. le curé de Saint-Jeao d'Oucques.
ROMILLY-SUR-AIGRE, Romilliacum-ad-Arulam , à cinq mille quatre cents toises de Cbâleaudiin. Son église a saint Pierre pour patron. L'archidiacre de Dunois nommait à la cure avant l'érection de l'évéché de Blois, dont cotte paroisse est maintenant.
Le château du Joncdet est le lieu seigneurial. Son parc louche le bourg, et le manoir en est à trois cents toises.
Jean de Montauban, lîls de Guillaume et petil-fils d'()livier, seigneur de Marigny , l'était de Homilly et de Marigny l'an li50. M. le comte de Sourchcs vient d'acquérir Romilly à la mort de M. de Pleurre.
Boccue-d' Aigre, liucca-Arulœ, Bucca-Dgriœ, prieuré simple , autrefois conventuel , de la congrégation de Tyron, tire son nom de l'embouchure de la rivière d'Aigre dans le Loir, sur laquelle il est situé. L'ancienne église est détruite ; il n'y reste qu'une chapelle en l'honneur des saints martyrs Jean et Paul, Ce prieuré fui fondé l'an 1176, par Alix de France, flile de Louis VII et d'Aliénor de Guyenne, femme du comte Thibaud V , qui conOrma cette londution la même année, dons un voyage qu'il El à Tyron. C'était de son consentement et d'une portion de soti domaine que la comtesse avait fait cette fondation , car il dit dans la charte qu'il donne sa maison voûtée et la ferme de Boiicfie-d'Aigre, sa maison d'Vron, des dîmes, un droit de pèche, celui d'usage et de chauflTage dans la Forôt-Longne , avec l'amortissement gratuit de tout ce que les religieux de ladite congrégation avaient acquis dans ses comtés. Le comte Louis, son fils, après quelques ditlicuUés, confirma les mêmes donations, da consentement des seigneurs de Bois- Ruffin et de Montigny. par lettres rédigées à Châleaudun , le 11 septembre 1101.
L'année précédente, c'est-è-dire 1190 , Paycn de Mondoubleau , de la maison des vicomtes de Châleaudun ,
UISTOIRE
donna mi\ religieux de Rouche-d'Aigre droiC de pécbe dntis la pûclierie de Moddoubioaii.
Isnard de Pont élai) prieur de Bouche-d'Aigre en 1263. Léonel Grimaud , viciiire-général de l'abbé de Tyron , l'était en 1447, et fut àlii abbè de Tyron Tan 1458, Présens, comme témoins de l'éleclioti, frëre Robert Rossery, prieur de Saint-Pierre de Chûteaudun. Léonet était alors doyeo des prieurs de s» coiigrégalion.
La justice de Rouche-d'Aigre , comme celle du comté, ressort encore à Blots.
RUAN, Rua et RoUwmahtis , diocèse de Blois, ci-devanl de l'nrchidiaconé de IJunois , diiUelleriie de Montigny. est éloigné de Châtcdudun de huit mille cinq cents toises sudouest. L'église est dédiée à Saint- Valérien , martyr. Elle était ruinée par les guerres et abandonnée au commencement du douzième siècle.
Après l'an 1131 , époque où Cieoffroy de Lèves avait Tait conGrjTier par le pape l'introduction des chanoines réguliers dans la collégiale de la Madeleine de Cliâteaudun , il y eut un conflit de prétentions entre cet évoque et Geoffroy d'Arrou, pour l'église de Ruan. Le dernier, comme seigneur, avait donné ou confirmé la possession de cette église ù\i\ nouveaux chanoines de la Madeleine, et le premier, comme ordinaire, à l'occasion de sa destruction et du défaut de rétablissement, en avait graliCîé les religieux de Tyron, déjà établis dans In Celle des Fouteaux. La paix se Gt entre le seigneur temporel et le seigneur spirituel , aux conditions que t'églisede Ruan resterait aux chanoines réguliers de la Madeleine, et que les religieux des Fouteaux ne paieraient aucune dîme aux chanoines qui seraient prêtres, c'est-à-dire pasteurs à Ruan. Cet accord est de
m COMTÉ DE DUNOIS,
l'an 1133. La Gaule Chrétienne (Gallia ChristianaJ VaunoiTce mal i) propos comme fuii par l'évôcjue, eiJlre les chanoines Je Chartres et les religieux de Tj roii , peut-èlre [>arce qu'on appelait encore quelquefois les chanoines de Châteaudun chanoines de Sîiiiile-Maric.
Sous Foucher, abbù de la Madeleine, qui siégeait l'an 1148, Rahierdc Montigny ac(;orda à ces chanoiocs établis à Kuan , la justice dans ce bourg , et leur Ht don de la lande de Lozar, ce qui fut confirmé par Hugues IV. vicomte de Châteaudun. Présens ; Cuillauine, son frère, Hugues Horelle et deus de ses écuyers.
L'an 1215 , par acte passé à Montigny, au mois de septembre, Jean , seigneur de Montigny, abandonna h Maurice, abbé, et aux chanoines de la Miidelcine résidant il Ruan , le droit de mesurage et de labolage dans ledit bourg, dont l'amende , par les délinquans, serait de cinq sols pour les chanoines et de vingt deniers pour leur maire du mérnc lieu de l\uan.
Renaud , écuyer , possédait cette mairie de Ruan l'an 1243, qu'il reçut vingt livres de droit d'amortissement pour les biens qu'Etienne de Meslai avait donnés à la Madeleine, pour y fonder son anniversaire.
Simon d'Arrou, écuyer, suivit l'exemple de son prédécesseur Geoffroy, en faveur des nouveaux chanoines de la Madeleine. Il donna, pour ceux qui étaient ù Ruan, des Befs qu'il possédait dans celte paroisse et un arrière-fief lenu par Etienne d'Arrou. Ce don est du mois de janvier 1247 , le jeudi de devant la fétc de la rurification. Il y eut une confirmation du même abandon dans le mois de février de la même année, qui fait foi que Simon d'Arrou reçut des chanoines , en reconnaissance , une somme de soixante livres et nue robe ; ce qui fut encore approuvé au mois de juillet 1248, par Jean de Montigny, fils de Hugues,
HtSTOIUE
qui reçut aussi trente livres des chanoines. Non immmore$ cfiaritatis , dit l'acte.
Le cliAteau de La Bdllièhe (Bulderiaj, vis-à-vIs da J piicurû des l'outeaux . est niicieti ; il en est menliori dam le cat'luluiru de lu .MadeleJnc ù l'irn 1200. César de lient; en était en possession dans le dernier siècle, cl ^1 descendans dans celui-ci , où cette maison étant tombée en quenouille, Mademoiselle de Rcntj , dame d'honneur de Madame la princesse de Condé , et deux autres demoiselles I SCS sœur-s, ont vendu , à la mort de leur frère , cette Ime à M. Nicolas-Pierre de Vilmin, président honoraire au bailliage de Chartres et tapitoul de Toulouse.
SAINÏ-AGIL cl SAINT-A<iILE , Sanctus-Agilo, à quinic raille trois cents toises de Châteaudun-ouest , de son élection. diocèse de Blois, ancien archidiaconé de Duriois, a eu des soigneurs de Dcf de sort nom , comme Hugues de Sainl- Agil, dont il est fait mention dans le cartulaire de Saint- Avit au douzième siècle, J>e la maison de Courlarvel, Saint-A^il a passsé à celle de Hnulefeuille , puis, par vente , à M. Magian.
Lo prieuré de Biles de Saint-Agil fut Tonde l'an 1190, par Hugues IT, vicomte de Chàleaudun , sous la dépendance de l'abbaye à laquelle ses revenus sont réunis , c'est-à-dire de Saint-Avit.
SAINT-AVIT, que l'on surnomme vulgairement AU PERCHE, pour le distitiguer de la paroisse du môme nom qui est près dilliers , dans laquelle est renfermée la chôtellenîede Rabkstan, qui relève de la tourdeChâleaudun. Celle dont est question est de l'élection de Châtenudun ,
dont son bourg est éloigné de quinze mille cinq cents toises à l'ouest. Son nom lui v îent du séjour (jue saint Avil, son patron, a fait dans ce lieu, désert de son temps, avnnt que de se fixer aux porlesde Châtcaudun. Lesrcligieuï de Saint-Avit y avaient une Celle qui est prieuré simple. Le prieur est seigneur du lieu, et s.i haule-justice est du ressort de Chartres.
L'an 1200, Hubert de Sainl-Avit donna son suffrage, comme noble du pays Dunois, dans la cour du vicomte de Châteaudun.
La TiiiÈRAis, ancien cliûteau ruinée avec des bois de liaute-Tutaie qui sont en proie aux coureurs de nuit, parce ([u'on n'en connaît pas les propriétaires, relève de Courtalain pour le fief et pour In justice en première instance.
Près le gué des Pierres, sur la grande roule de ChAteaiidun au Mans, il y a une pièce rie lerre nommée le Champdu-Débat. parce que les olliciers de la châtcllenie de Courtalain s'y transportent tous les ans, pour y tenir les assises et entretenir le droit de juridiction prétendu par le
seicneur de Courtalain dans ce territoire.
SAINT-CHRÏSTOPHE, à trois mille cinq cents toises de Châteaudun nord-est, est sur le Loir, qui le sépare de La Péhkse, cliâtenu triste, composé de quatre corps de logis qui forment an milieu une espf^ce de cour où le soleil se fait à peine apercevoir, par l'élévation des bâlimens. Les dehors de ce cliàtenu furent fortiflés, dans les temps de troubles , de murs élevés et de quelques tourelles propres à mettre le propriétaire à l'abri de la mousqueterie. Ils en ont fait rexpérience bien des fois, selon la tradition du lieu.
La possession de La Périnc par la maison du PIcssis ,
HisTorHi:
origirioirc de Neuvy-en-Touraine. puis pur celle de Courcilion-IMiiigcau , en a Pail loiiglemps un séjour précieui aux Calviniste!*. Or) y voit quantité do leurs lotnlieaut dans une des grandes caves de ce cliâteau , qui sootsoui le rocher. Il y a une clirtpellc domestique avec une croi«t de verre peint. Elle est dans un des corps de bâtimeiisu levant.
T.a Périnc a passé par msriage à N. Costé, dont la fille, Marguerite, l'a portée par mariage à N. Delorme , ofTuier pâtissier bouche du roi , et une iilte de ceux-ci , à M. Pliitippe-Marie de \lailly, (ils de Jean de Maiily, secrétaire du roi. seigneur de Méinillou, dont les gendres, MM.de Meaussé-d'Aunai cl de Lomulère de Prucieville, en sont actuellement propriétaires par iiidivis.
La chapelle de Saint-Ouen, dons les bois de la llulerie. près le plus ancien des trois chemins de Ronncval à CliAteaudun, c'esl-à-dire la levée appelée Chemin-de-César, est en ruines.
SAINT-CLAUDE-DE-FRÉMEXTEAU, ou FR01D.MA5' 'JEAU, ou FROIDMANTEL (de Frùjido-Mantelloj , à sept mille toises de Châteaudun, de son élection, de son bailliage en première instance, évôché de Blois, ci-devant orchidiacuné de Danois. Celte paroisse a un même curé avec celle de Saint- ieaii du m^.mc lieu. Il y a une Tontaine consacrée . par un faux culte , à l'honneur du patron.
La chapelle de Saint- Etienne, dite aussi de FnoiD- MANTEL ou FréiielX'teait, cst à quatrc cents toises de Saint-Claude et en ruines, prés les bois appelés Ik)uquel$de Saint-Claude , un des restes de la Forôt-Longue.
SAINT-CLOUD, à cinq mille quatre cents toises de
DU COMTÉ DK »U?<01S.
Chflleniulun, do son bailliage en première instance. Les chanoines de Saint- Cloud, près Puris , qui doniienl la cure. sont en partie seigneurs de Saint-Cloud, et en entier de Chaltonvilie, Sainl-Cloud n'est église paroissiule que depuis les guerres des Calvinistes , qui détruisirent celle de Villemore, dont le village ii'exisle plus. C'est pourquoi on trouve dari<> quelques mouumens Saint-Cloud aulrefois Villemore, alias Villa-Mari, pour annoncer la pai-oisse.
Jean Petit , dit de Salisbéry, évoque de Chartres, adjugea l'éj^lisc de Villenaoreaus {hanoines de Saint-Cloud, contre les prétentions de l'archidiacre du pays , qui soutenait qu'elle devait lui appartenir. Le décret de l'évêque est du 15 septembre 1178.
Villemore a eu des seigneurs de soti nom. Henri de Villemore signa, l'an 1105, la charte du comte Henri- Étienne, qui renonça à l'usage de piller la maison des tjvèques de Chartres à leur mort, au protit des comtes de la ville.
Le Pensiek ou Poussiku appartenait, vers 14.M, à Hugues de Prunelé , dont la tille Madeleine, à qui cette terre lut donnée, épousa Jean d'Allonville, seigneur de Louville-la-Chenard , vers In fin du même siècle. H a passé depuis à N. de Poustelle. par son mariage avec N. de Meaussé, Ce seigneur était calviniste , mais il abjura ses scntimens. Le fameux Pajon , ministre de Marchenoîr, lui écrivit à ce sujet. Cette terre est rentrée dans la brandie de Meaussé de Villebeton.
SAINT-DENIS, surnommé quelquefois DES PONTS, alias de SAINT-AVIT , à sept cents toises environ de Chiteaudun . est une église paroissiale qui n'existe que depuis la lin du douzième siècle ou le commencement du treizième. On l'a substituée à celle de l'abbaye de Saint-Avit qui, avant ce temps, servait à la paroisse ainsi qu'aux religieux
iiisrotKi:
et r(;li<;icusGS qui habitaient l'abbaye. Ce n'est que depu'ii la retraite (les religieux que les religieuses de Saint-Avit ont foil bâtir Saint-Denis , pour être plus séparées du peuple, quoique la clôture ciacte ne fût pas encore d'obligation pour clic dans ces tcmpt». Aussi , jusqu'au temp de rétablissement de cette clôture telle qu'elle subsiste aojourd'huij l'abbcsse et ses religieuses allaient aux fôlcssiolenticlles dans celte nouvelle éf^lise paroissiale , chanter l'ofSce divin pour la satisl'aetion du peuple , et peut-être j faire sentir leur droit de supériorité.
Ce n'est qu'à l'année 121^ qu'il est question pour la première fois de l'église parois.siule de Saiut-Denis dans le chartrier de l'abbaye. l>ans cette année, l'abbesse Aalisou Alals retira des mains du chevalier de Frotdeterre la naoilié des menues-dîmes de Saiiit-Detiis et de Lanneray , qu'il avait usurpées, en lui donnant vingt-deux livres dix sol», monnaie Dunoise.
J'ai parlé de l'abbaye, qui continue à donner sou nom au lieu où elle est située. L'église de Saint-Denis, qui esti côté et sert de clôture à une de ses trois cours , tire le surnom que j'ai annoncé des deux ponts sur le Loir et du bourg qui est plus loin , par rapport à la ville.
li se tenait autrefois une foire dans ce lieu , le jour môme de la fête patronale de Soint-Avit. qui est tombée en désuétude. Il n'y a plus qu'une assemblée le Lundi de Pâques, où l'alïluence des peuples», fort considérable cidevant, diminue de beaucoup. On expose le jour dans l'église de l'abbaye ce qu'on y a sauvé de reliques du malheur des temps. 11 n'y a plus qu'un très-petit os de la portion du corps de saint Avit qui fut laissée à sa mort dans celte abbaye , comme je l'ai rapporté dans le corps de riiistoire.
La Rochs-Bern'Aud, château abandonné > Qef et haute-
justice Jonl lo siège, suivant un vieil usage encore assez commun, se lient sous un orme que l'on rencontre en alliuit du village de Pont à Vouvray .
On voyait encore il y a vingt ans, dans le petit château de La lloche, une chose qui mérilait place dans un cabinet de curiosités historiques. C'était te brasgauclio postiche du fameux François de La Noue, surfiommé pour celte raison Bras de-Fer. Il faisait usage de ce bras de fer comme de celui qu'il avait eu cassé à la prise de Fontenay en Poitou, et qu'on avait été obliger de lui couper à la Rochelle, l'an 1572. Ce grand capitaine, breton d'origine, calviniste de religion, aimé et estimé des Catholiques, était devenu seigneur de La Roche par son mariage avec Marguerite de Téligriy , fille de Charles, seigneur de Licrvjllc.
Théoplillc de La Noue, leur second Gis, fut seigneur de La Roche, Il prit le nom et les armes de Tétigny après que Louise de Coliguy, veuve de Louis de Téligny, tué au massacre de la Salnt-Barthélemy à Paris , eut épousé en secondes noces Guillaume, prince d'Orange.
François de La Noue avait été fort aimé de Léonor , comte de Dunois , duc de f^ungueville , qui lui ot)tint une réception fort honorable à la cour après le massacre de la Saint-Barthéicmy , cl le profit de la confiscation de Louis de Téligny, son beau-frère, dont je viens de parler. François de La Noue commandait pour le roi dans le Qainault lors de cette scène tragique. Ce grand capitaine a laissé des mémoires de ce qui s'est passé dans son temps (1) , où il parle fort peu de lui, quoique cet homme, plein de droiture et de bonne fol , y ail été un modèle pour la noblesse en bien des genres . à la religion près (2).
(1) 11a sont iiUllulÉs : Discours polifiriues et militaires du leigneur de Lu I\oue, el imprimés à BAlcen 1S67.
(S) La ^ouc mciiatl i]tii> ¥Jo dure, mé|)risait les richesses > ÉtailaUacbé
m HISTOIRE
Jacques de Cordouan possédait La Roche-Beroard en 1655, et dans ce siècle, M. Charles Houëi, marqois d'Hooël , gouverneur de l'Ile de Ré , en a fait l'acquisition ainsi que de Viviers. Les bois de ces deux terres sont considérables.
La chapelle de Saint-Pierre-de-Vodvrat et son ha-> meau sont sur le territoire de La Roche . et c'est à ses seigneurs que l'on attribue la Fondation de cette chapelle. C'est peut-être par cette raison que La Noue Bras-de-Fer , dont je viens de parler, y fut inhumé. Il avait trouvé sa fin à Laroballe, dont il faisait le siège en 1591. En regardant du haut d'une échelle ce qui se passait dans la ville ^ il fut servi d'un coup de mousquet à la tôte dont il mourut quelques jours après, et son corps fut transporté à sa terre de La Roche-Rernard , près CbAteaudun. Odit de La Noue, son fils aîné, qui était prisonnier depuis quatre ans dans les Pays-Bas, ayant obtenu son élargissement, arriva, contre son attente , assez à temps pour rendre les derniers devoirs à son père, qu'il croyait aller rejoindre en Rretagne. Ce fut lui qui le fit enterrer par ses gens dans la chapelle de Vouvray. La profanation d'un lieu saint par l'inhumation du corps d'un hérétique, aigrit dans ta suite le zèle d'un archidiacre de Dunois. Étant dans le cours de ses visites , il fit exhumer ce corps, et , pour rendre plus éclatante une action qui naturellement passait les droits de son ministère, il le fit, sans autre forme de procès, jeter dans le Loir. Bien entendu qu'il se fût épargné cette seconde cérémonie, si La Roche n'avait pas passé des de La Noue à d'autres maîtres. On prétend que ce n'est que depuis que les seigneurs de La Roche ont professé le Calvinisme , que l'abbesse de Saint-A vit a eu la nomination de ce bénéfice simple.
à son métier par honneur et partisan de la frugalité. Ses enfans acquittèrent fidèlement bien des dettes qu'il n'avait contractées que pour l'Étal.
Taureau était un château où l'on voit les restes de peliles fortiTictitions. Il est du domaine de La Rochu et Viviers.
SAINTE-GEMME, Sancla-Gemma , paroisse éloignée de quinze mille huit cents toises de Chûteaudun-sud, et de son élection. La grande rue du bourg de Sainle-tremme sépare le Dunots du Veiidômots ; le c6té où est l'église est (lu Veridômois. Il y a une borne au bout iludiL bourg, suivant l'aveu du comté de Dunois de 1587, qui marque les limites de ces deux pays, lesquelles se prolongent jusqu'à une autre borne près Yîllegomblain . et travcrsiMit la cour du cbâteau dudit VilLegomblain , dont une portion est du Venddniois. De l'enceinte dudit château, les limites continuent jusqu'à une borne plantée au-dessus dos llécotièrcs, près l'étang du même nom , etc.
SAINr-II[LAmE-LA-r.îlAVELLE, Sanclus liilarms ik Calcula, sur le Loir, à neuf mille toises de (>liâleuudun, de son élection, clifllellente de Frelteval en première instance.
C'est d'une maison et métairie situées dans le bourg de Sainl-Hilaire-la-(jravelle, qu'une branche du Plessis du Mée, et cadette de la brandie de Beaujeu . a pris le nom de Saint-ililairc. Elle a commencé à Ucctor du l'icssis, gouverneur des ('iiâteau et ville de Chàleaudun. Il était Qls de François du Plessis-ChMillon du Mée et de Madeleitre de Meaupou. De sa seconde fctinme, Agnès de Liberault, est venu François, mort dans t'appartemert qu'il avait dans le chAteau de (^luUeaudun , laissant, de M;idc]eine Noël , fdie de Jacques, lieutenant de la maréchaussée à Orléans, François-Marie-Colas de Malmusse . Hector, chanoine de
msToiim
(Uiorlres, et un lroisi^(nc, raorl chevalier de Sainl-Louis.
SAmT-ITlI.AniE-SrR-YÈKE, ^ Irois mille cinq wnU loîstîSiloChîVi™udiin sud-ouest, évCclié de Blois , ci-dcvanl arciiidiacotié de Dunois, cliAlellenie de Monlign)', eu première inslancc pour la liautc-juslice. I/cvôque de Plois nomme à la cure depuis lo réunion de l'abbaye de Marmoutiets ù l'iurlievCcIié de Tours,
Dans le onzième siècle, T.anelon, seigneur de Moiitigny, trésorier de Suinl-Martin de Tours, abbé fieffé de Saiiit- Avit, donna l'église de Sainl-Hitaire, près la ville de Monli^ny, aux moiiaslère et religietu de ^larmouliers, sous la réserve de la moilié des revenus sa vie durant. Ilonri T", roi de France, Thilinud, comte de Blois et Dunois, GcnlTroy, viromte de ChAteandun, ralifièretil celle donation^ ninsi que IVirliard de ,\Ionldur cL Cinnclon, neveux du dom teur. Telle a été l'origine de la Celle de Sainl-Ililairft' devenue, tomnic presque toutes les autres, le titre d'ai bûnéfice simple.
Frère (Villes La Teste, (irieur do Sainl-lliliiire, augmenta son bénéfiee l'an IW^, par l'acquisition qu'il Jil , le 3 décembre, (le [,1 métairie dti Kouillis.
Frère Pierre Savary a été le dernier prieur régulier qui paraît avoir ^nrûé la résidence dans son bénéfice, f/nn iVild. il alTcrma la métairie de Baronville deux seliers de froment, douze de méteil, doute de seigle, vingt d'avoine, et deux pourceaux à choisir. La mûme année , il transigea avec Michel (iodereau , curé dudit lieu , sur les droits du dedans de l'église, par sentence arbitrale , rédigée à Chôteaudun le 31 mars. Il y est dit que le plat de viande des noces sera partagé entre le curé et le prieur; que le curé seul aura le pain et lo via qu'on offrait à la messe des époyj saillcs, etc.
(juillaumc Mesnagc o élu le premier prieur commendatairedeSainl-lIilairenii comineiicetncnl du seizième >iècle, comme on le voit par un bail qu'il passa par procureur, l'ail 1507, N. de Mailly létail en 16G9 , puisqu'il reconnut !c 29 octobre , que les quatre muids de ^ms du curé , mesure de Montiguy, valaient cinq mtiiils quaire setiers, mesure de Duoois, c'cst-à-dirc du Châtcaudun.
SA1M'-JEAN-DE-I'IU)1DMEMEL. ou Froidmantead, ou Fbémenteau, FrxoMENTEAO , de Frigido-Mantello, de Frigido-PaUio , FutmenleîH, Futmanlelli . sur le Loir. C'est l'ancien bourg et chûtellenie de Froidmcntel, et plus communément dans les derniers temps Frémenteau; laquelle chiUellenic faisait partie du domaine des comtes de Dunois. Ce bour}» renfermait deux églises , comme on le voit par une bulle de Pascha! 11, de l'an 1107, en faveur de l'abbaye de Saint-Lomer de Blois , dont on avait introduit des religieux dans Frémanteau. La première annoncée dans cette bulle est Sainte-Opportune fecdesiam Sainte- Opportune) ; la seconde, In chapelle de Frémentean {cum rapella Ftttmentelli) ; c'est -A- dire que réfjiise de Sainte- Opportune , comme l'église des moines, avait le pas. et que l'autre pouvait &lre destinée aux paroissiens et à leur pasteur , qui , du mot capella, étaient quelquefois nommés chapelains.
Ce bourg a beaucoup souffert en différens temps. L'église de Sainte-Opportune a été détruite , et une petite chapelle sous le nom de l;i même sainte , qu'on lui avait substituée , sert de cuvcrie et de granjje au curé.
Il n'est resté que l'église de Saint-Jean, dont l'évéquc de Blois nomme le curé comme abbé de Sainl-Lomer, Elle était de l'archidiaconé de Dunois avantl'éreelion du nouvel
évCclié, roriTiii en entier d'une portion de celui de Chartres.
Si SAiNT-CLAnnE est surnommé dk Fuciomentel parce qu'il n'était séparé du bourg de ce nom que par le Loir, ce bourg devait être considérable dans les anciens temps.
Ln chAtellenie de FhomkntkaI! a été détruite parlaccs- »ion ijuc les comtes de Duiiois, de la maison d'DrIéans, ont faite d'une pnrtie de sa juridiction et de son territoire aui sei|i;ncurs de Hougcmont ; ce qu'ils en ont conscrvi; vîeut en première instaure ô CliAteaudun depuis ce temps. Fromenleau est à sept mille toises de Cliâteaudun.
Roi'GEMONT, château et seigneurie, ctt à cinq cenlJ toises de Froidmiinteau ou Saint-Jcisn-de-Froidmentel. Les appels de la liaute-justice sont portés à Frelteval , pour ce qui regarde son ancien domaine ; et pour ce qui concerne ce qui y est uni de Fromcnlean , les appels sont portés â ChAleaudun.
Jean Je Uougemnnt, seigneur de fief des dîmes de Villebout, vivait en 1240; Philippe de Hougemont et sa Femme Isabelle de Montigny, en 1252 ; tiuillaume de Rougemont , seigneur de \ eniays . et Jeanne de Voycr de Paulmy, en l'i3i; N, de Vendôme ie possédait en i't'G; Charles de lîenuclerc, secrétaire d'Etat, en lG2i; et actuellement Anne d'Fsmcs, marquis de la Chesnaie, grand-écuyer traiicliBiit, y a succédé à Jean-Baptiste-Nicolas d'Esmes, marquis delà Chesnaye, grand-écuyer tranchant, son père, porte-cornette blanche de France, gouverneur de Mculan , et à Marie-Louise-Gcnevièvc du Bouchet de Sourches , so mère.
Beauvoih, château à mille quatre cents toises de Frénicnleau, vers Cloyes, a eu des seigneurs de son nom attachés aux comtes du pays dans le douzième siècle.
DU COMTÉ DE DlINOIS.
SAINT-LAURENT-DES-BOl^. de Sylvâ-Loniâ , dans la i'orH de Marclierioir, à Ireize mille toises de Cliàtcaudun , de son éleclion , ci-di3vatit en première instance de la châteilenie de Marchenoir , u èlé aliéné par mîidame de Nemours, vn faveur des seigneurs de Chantosme. pour former leur marquisat. Les habilans de Saint-Laurent ont droil de chauffage et de paisson dons la forêt. L'archidificre nommait à la cure de Saint-Laurent-des-Bois avant rércclion de l evÊché de Blois.
SAINT-LÉONARD, à Ireize mille sept cents toises de
Chateaudun, cliûtellenie de Marclicnoir , dont il n'est (éloigné que de huit cents toises , csi un bourg ronsacré par le séjour et la mort précieuse du saint solitaire dont on lui a donné le nom. Saint Léonard est un des anachorètes sorlis du monastère de Saint-Mesmin , sur ta Qn iln cinquième siècle ou au commencement du sixième , qui ont édiûé le Danois et les provinces voisines. Sa vie et sa mort ont été couronnées dans ce monde par le temple que les fidèles ont élevé sur son tombeau, bien persuadés qu'elles l'avaient élé dans le ciel. Les malheurs des temps nous ont dérobé tes circonstances de sa vie. qui n'auront pas échappé à la plume de ses contemporains, qui le respectaient jusqu'au culte.
Les reliques de ce saint confesseur étaient restées dans son tombeau jusqu'au treizième siècle. Pour les mettre plus à portée de la dévotion des ûdèles, et suivant i'nsage qui s'introduisait, Gaultier, évéque rie Chartres, fils d'Adam, un des principaux oITiciers du comte du pays, en (it l'exaltalion le 10 mai, l'an 12'26. La cérémonie se fit avec beaucoup de pompe. L'évèque diocésain y était assisté de celui du Mans, des abbés de Bonneval , de Bourgmoyen, de Saint-Mesmin, de Preuilly. de Saint-Calais et de l'Étoile. Hugues V, vicomte de Châleandun, y assista avec les soi-
HÎSTOIKE
gneurs ilc Frellevnl . de Monligtiy el iiuires. C'est de là qw la léte (le Saint- Lôonanl, qui se solomnisc le qualrièm* dimanche irnpros l'âfjues, a pris son origine, ainsi quel» foire qui s'y tient le lemlemain. Le concours des malades devint si Créqueril, qu'on fil bAlir plusieurs loges autour du cimelr^rc , pour y relire i spôrinlenicnl les fous, qu'on y tenait enchaînés pendant m-tif jours, et sur lesquels on lisait l'évangile de la lète »hi Sflint. Il en étnit dit un si grand nombre à diffûrcns malades que, suivant les registres de la fabrique, elle a vendu à ceux qui s'en foisaienl dire, le jour de la fête seulement, pour quatre-vingts livres de petites bougies, qui, dit-on, n'étaient payées qu'un denier la pièce.
L'an 1333, le 11 avril, on visita le dedans de la chûsse. et le 10 mai 138'f, on fil une nouvelle translation des reliques de Saint-Léonard , c'est-à-dire qu'on les déposa dans une nouvelle châsse. Ce fut l'abbé de Bourgmoyen qui en fit la cérémonie, sur la permission qu'il en avait obtenue des grands-vicaires de Cluirtres , l'évûque Louis de Vîuicemain étant absent.
La lourde l'église de Saint-Léonard, garnie de Iroisgrosses cloches, est un édifice du quinzième siècle seulement. Ce sont les chanoines de Bourgmoyen de Blois qui ont été mis en possession do l'église. L'évêque, comme leur abbé, nomme, et comme ordinaire, confère le prieuré-cure.
Dans les papiers de la fabrique , il est fait mention da passage de Louis XIV à Saint-Léonard , au 7 septembre 1683, lorsqu'il allaita Chambord. La foudre avait renversé la nef de l'église duilit Saint-Léonard, et. à ta requête du prieur, le monarque, en passant, accorda, pour la rétablir, la démolition du prêche de Marchenoir et ce qu'il possédait de biens-fonds. Il en reste quelques i^entcs à cette fabrique.
DU COMTIi DE DIÎNOIS.
Cigogne ou Sigogne , châlfaii et fief, a appartenu très longlemps à la maison de Bcausoucles; il est très-négligé.
Ci.ESi.E, maison seigneuriale . opparlienl ù N. Mainard,
secrétaire de lîi morine.
La CmmToisiE, fic[' relevant de Chiverny, dont André de Mtissel , doyen de Saijite-Croix d'Orléans, était propriétaire en 1571, appartient aujourd'liui à tleraoisctlc Françoise-Félicité de Musset.
AIo>TiGN¥COUVEiiT-i)E-FEn, chiltoau détruit, qui a été possédé depuis le douzième siècle au moins , piir une brandie de la maison de Montigny du Dunois, u été porté en 1Ô08 dans celle de Beausoucles , pur le mariage de Cliarlolte de Montigny avec Pierre de Hcausouclcs. en 1508. Il y en a qui ont cru que do celte maison de Montigny eu Dunois sont sortis les Le Bouianger-Monligny. dont Jenn , dit le Boulanger, fut premier président au Parlement de Paris, en liTI.
SAli\T-LUBlN-I)ES-CIN0-FO!NDS , dans la baronnie d'Authon , de l'élection de Châlcaudun , dont il est éloigné (le dis-ueuf mille loiscs, a pour seigneur N. Drouas, seigneur de la lloguerie , château et seigneurie dans la même paroisse, dont la juslice est en ressort de Beaumont.
SAlNT-LUBIN-D'ISICiW, alias Isimc, Sanctus-Leabinm àc hinaco j est aussi dénommé Issigny et Ibsigny. Il est h trois mille toises de t-hâteaudun, et de son bailliage en première instance. L'église est presque isolée, il n'y a auprès que lu maison du prieur-curé cl celte du bedeau. LYtte paroisse est fort étendue en longueur. La cure dépend de l'abbaye de la Madeleine.
Ghantemesle, Canta-Merulaet Canta-Mioula , ancien et beau château , réparé à la moderneet bien entretenu, ainsi que ses dehors , est à deux mille toises de Saint-Lubin, sa paroisse. Il relève, pour le fief et la justice, de Molitard, Ses propriétaires sont seigneurs de Logron , dont il n'est distant que de huit cents toises.
Guillaume de Chantemesie vivait Tan 1118, qu'il signa une charte pour l'abbaye de Tyron. C'était la fondation du monastère de Jouy-Dieu. Sous Gervais , abbé de la Madeleine, qui siégeait en 1226, Nevelon de Chantemesie fut témoin d'une confirmation de donation de biens faite à la Madeleine par son oncle Guillaume de Malemort , comme seigneur du fief de Chevron, paroisse de Lanneray (1).
N. de Châteaumur fut seigneur de Chantemesie en 1298 (2) ; Guillaume Chabot en 1318 ; il fonda la chapelle de Saint-Vincent dans l'église de Chartres.
Thibaud Chabot, troisième du nom, petit-nevea de Guillaume, obtint Chantemesie l'an 1365, pour remplir le compte de tutelle que lui devait ledit Guillaume, et l'action intentée par Thibaud II, son père, contre le même Guillaume.
Louis Chabot, seigneur de Chantemesie , fils de Thibaud III, fit alliance avec Marie de Craon, fille de Guillaume II, vicomte de Chftteaudun , et de Jeanne de Montbason , et mourut en 1^22.
Chantemesie a passé ensuite à la maison d'Illiers-d'Entragues , sortie de celle de Vendôme et d'Yolande d'Illiers,
(1) Oq trouve aussi dans le même temps un Guillaume de Chantemesie qui abandonna aux clianoines de la Madeleine de Cbâteaudun , ee qu'il prétendait des menues dîmes d'Isigny, l'an 1237, ce qui fut confirmé la ro£me année par le susdit Nevelon de Chantemesie.
(3) Sa fille, Airois de Châteaumur, porta Chantemesie à Sebran Chabot, son mari ; du moins Guillaume Chabot, leur fils , désigné ci-dessus, Tut seigneur de Chantemesie.
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hériliëre de l'aricieime maison d'Illiers; ensuite, par vente, au commencement de ce siècle, à Louis Boivtn, directeur de la compagnie des Indes à Fondicbéry , et à Marie de Lorme, sa femme, lille de l'acquéreur de Frcville. Le sieur Boivin , aussi capable que riche, est celui qui a rebâti le château de Chanleraesle, à l'exception de ses tours, et qui a dirigé la majeure partie de ses embellissenilcns extérieurs. Il a été connu sous le nom d'Hardancour, pendant sa direction à E'ondichéry , et fut admis à l'audience du Grand- Mogol, avant que Thamas Kouli-Kan cul enlevé de son trône , le plus précieui de l'univers , les richesses immenses en bijoux, etc., qui en faisaient les oroemens. Dans un retour de l'Orient, il Gt, pour sa coniipagnie, un présent de curiosités à Louis XIV, surtout de porcelaines de la Chine, qui furent bien reçues du monarque, qui témoigna aussi sa satisfaction d'un entretien assez long qu'il eut à celte occasion avec ledit sieur d'Hardancour.
Il n'avait laissé qu'une filte, qui a été Marie-Camille Fillon de Villemur, quia beaucoup augmenté le domaine de Chantemesle , lequel a passé aux héritiers de son épouse, dont la mort a été suivie de près parcelle d'un Gis unique. Ceux ci ont vendu Chanlemesie à Jean-Viclor Varin, commissaire-ordonnateur de la marine à Moiil-ltéalcn Canada, lequel, pour sa parLicipnliun aux malversations commises dans ce pays, qui en ont facilité la prise aui Anglais, a été condamné au bannissemcnl, etia terre dcChanlemesIe sur lui confisquée au profit du roi, et adjugée par décret , en i764, à Frunçois-Marie Prévôt, secrétaire du roi et cidevant munitionnaire de nos armées, intendant honoraire des Gnnnces de monseigneur le duc d'Orléans.
Le Plessis, surnommé Hogod , Plaxitium-Hugonis, était possédé dans le dernier siècle par la maiiion de Courcillon-Dangeau. François de Saint-Denis, élu maire de
m HISTOIRE
Chftteaadan. en est te propriétaire actuel, par succession de son père.
La Chapelle de Saint-Eutrope de Bois-Ausou , est de la même paroisse et à trois mille toisés de Saint-Lubin , vers le chemin de Gohory à Châtilion.
SAINT-LUBIN-DES-PRËS, à dix mille six cents toises de GhAteaadun, de son élection, tire son surnom des prairies où son église isolée est située entre Morée et Fretteval. Ses habitans sont sujets en première instance de la châtellenie de Fretteval , excepté ceux qui sont de la justice de Lormoie, fief du domaine de Rougeraont, qui en dépendent seulement pour le ressort.
Les Boulais, dans cette paroisse, maison qui a été habitée par les Duplessis-Beaujeu , de Bruet et Duplessis- Saint-Hiiaire.
SAINT-MÀNDÉ, Sanctus-Maldetus et Mandetus , aliàs SAINTE-MARIE-DE-LA-FORÊT-LONGUE . Sancta-Mariade-SylvârLoniâ. Ce lieu était autrefois enveloppé de la Forêt- Longue, qui dans le douzième siècle s'étendait encore jusqu'auprès d'Oucqnes , comme je l'ai dit article Marchenoir.
C'est une bulle de Paschal II, donnée à Marmoutiers l'an I 1107, qui dénote que l'église que l'on nomme Saint-Mandé portait le nom de Sainte-Marie-de-la-Forêt-Longue^ dans le temps de sa fondation par Raoul deBeaugency, seigneur du lieu. Il la fit avant son départ pour la Terre-Sainte en 1096, en faveur des religieux de Saiiit-Lomerde Blois.
La construction de cette église sur le district de la paroisse de Oucques, se 6t au bas d'une petite ville appelée Montfollet (Mons-Fauni et Mons-FoUetus). Au-dedansde
DU COMTE m: DINOIS.
de celte ville, il n'y avnit qu'une simple chapelle delà dépendance de Saint-Jean d'0ucquc3, pour lors unique paroisse du bourg de ce nom , qui élail dans les mains des mêmes religieux de Sainl-Lomer. lesquels desservaient , en conséquence, la chapelle de Montfollct, qu'ils oril convertie en prieuré. Le titre en subsiste encore sous le nom de .Notre-Dame , et la maison prieurale, ou ferme de ce prieuré, est actuellement à côté de l'église de Saint- Mandé. C'est la seule maison qu'on y voie avec le presbytère.
Si on peut dire , d'apri-s le bréviaire de Blois et sa légende deSainl-Mandé, au 18 novembre, que la chapelle de Montfollet était sous l'invocation de saint Mandé, ce serait aller contre les premiers titres qui concernt'nl la paroisse dont je fais l'article, que d'avancer, d'après le même bréviaire, que c'est cette chapelle ou oratoire qui a été érigée dans la suite en église paroissiale. Ils placent nettement la chapelle de ce local dans la ville de Montiollel ou Montfaune, et le terrain où l'on a bâti l'église paroissiale était en dehors et au bas de Monlfoliet.
Outre la place que le fondateur, Raoul de Beaugency, assigna aux religieux pour bâtir cette église , au bas et près de Montfollet , il leur donna et Bt borner un terrain autour de cette église, pour y former un bourg ou faubourg, dont les habitans ne seraient tenus de lui faire autre service que celui de la guerre , à la différence de ceux de la ville de Monlfoliet, qui étaient tenus à d'autres sujétions, ce qui eut son exécution.
Par le môme acte . il confirma ausdits religieux la possession de la chapelle de Montfollet, dont ils avaient précédetnment fait une succursale imparfaite de Saint-Jean d'Oucques,en y recevant les oblations des habitans du lieu et du voisinage. Ce qui me paraît avoir donné occasion
niSTOIRR
à ce renouvellement de droit el de possession de la c de Montfollct. el du casuel qu'y fournissait la piété chari» table des fidèles, c'est que les religieux de Vendôme, soife tenus dans ces temps par Liincclin de Beaugency, pèreÉ Rnotjl. s'étaient emparés de Montroliet. en avaient eipuhé le? religieux de Saiut-r.omeret avaient prolongé leuriiSBN palion pendant plus de vingt ans. Les récriminations dci religieux de Saint-Lomer aust synodes diocésains Icnr avaient cependant enfin procuré une sentence de l'égli» de Ctiartres, qui les avait rétabli» à Montfollct et qui aviK fait déguerpir tes religieux de Vendt^nle. Ceux-ci, en« retirant, furent se réfugier dans le fort d'un bois (in laU" buluni ciijusdam sj/lvœ ) , que l'on croit être le lieu dï Nonnes, entre Oucques el Saint-Mandé, où il ne reste qw quelques fondalions des bdCimens. Ce bien, qui appartient encore à l'abhayc de Vendôme , pouvait être alors dan» an bosquet séparé de la grande forêt, que l'on commençait* disséquer par des arrachis. Dans la basse latinité, on i donné le nom de sylva à de petits bouquets de bois , et celoi de buscus à des forêts. Le Latibtttum peut être aussi Boisseau . dépendant de la même abbaye de Vendôme, qaij a joint sa seigneurie et terrage des Noues.
Malgré la sentence juridique prononcée contre les religieux de Vendôme, ceux de Saint-Lomer ne se furent pas plutùt mis en devoir de construire une église , pour servir de paroisse aubasdeMontfollet,duconscntcmentderévèque de Chartres diocésain, que tiColTroy, abbé de Vendôme, forma opposition et cita Maurice, abbé de Sainl-Lomer, i la cour du même év6i|ue, pour l'empêcher de passer outre, sans préjudice d'autres conclusions contre lui et ses religieux ; c'était saint Yves qui siégeait. H jugea les moyens de l'abbé de Vendôme inadmissibles, et le débouta de sa demande. Appel au souverain pontife par Geoffroy. Yvei
Idissa écouler le temps judiciaire de celappe! mal formé et mal suivi, pour rendre urt second jugement cotifirmatif du premier, accordant aux mômcsj religieux de Saint-Lomer les oblations des autres cliapellcs voisines, qui étaient pour lors du district de lo paroisse d'Oucques. Il y en avait apparemment d'autres que celle de MonlfoUet dans ce Lânlon et dans l'élenducde Id paroisse d'Oucques.
MONTFOLLET fl NOTRE-DAME-DE-LA-FORÈT-LoNGOE , OH
Saint-Mandé, avec son faubourg, situes entre les forteresses de Marclienoirel de Vicnvicq, que les parti? opposés des rois d'Angleterre et de Frnnce trouvaient dignes de leurs fréquentes attaques et de leurs opiniâtres résistances, ont trouvé leur ruine dans les dévastations commises par ces différens partis. On croit que l'église pnroissiale, dont il n'y a que la moitié de restaurée, ne doit la sienne qu'aux excès des ennemis du catholicisme. Sans les papiers , on ignorerait qu'il a existé en cet endroit une petite ville du nom de MonlfoUet, car 11 ne reste de maisons à Saint- Mandc que le presbytère et la ferme prieurale dont j'ai parlé (1).
Malgré ces désastres, on a continué de tenir dans ce lieu une foire à la Mi-Caréme . qui est toujours la plus considérable de ces contrées. Saint-Mandé. de l'ancien archidiaconé de Dunois avant Térection de l'évéché de Blois. dont il dépend , est à douze mille quatre cents toises de Châteaudun et de son élection. Une partie de ses habitons sont soumis à la justice de Marchenoir, l'autre à celle de Vieuvicq.
Sur le monticule qui est au sud-est de l'église de Saint- Mandé , il y a une fontaine qu'un culte superstitieux avait
(1) H. Hégia, curé de Saint-Jean d'Oucques, me mande en 17S9, qu'en déMcIianI ceUe année aux raoDlicule) de Saint-Handé, on a troufë les rondemens d'une tour.
198 IllSTOlKE
rendue autrefois précieuse aux fiévreux , qui jetaient de dans l'offrande ridicule de quelques épingles.
Lb Plbssis-Saint-Martiii , fief et maison seigneurialt que l'on qualifie de cbàtellenie, relève de Beaogency. Guillaume Duplessis en était propriétaire en 1273. N. Le Noir le possède aujourd'hui.
La Pagerib, petit fief et maison , à cinq cents toises de Saint-Mandé.
SAINT-MARTIN-DU-PÉAN. Sanctus- Martinus de Pedano, au bout de l'ancien parc des religieux de Bonneval, et sur le plus ancien des trois chemins connus de Bonneval à Chàleaudun , est à six mille toises de cette dernière ville. Son église a été aumônée aux religieux de Saint-Père de Chartres, qui y ont formé un prieuré. Le prieur, actuellement commendataire , en est seigneur et haut-justicier. Il n'est pas certain que l'église actuelle paroissiale , à laquelle le titre de prieuré simple est attaché, soit la môme que celte qui a été aumônée aux HR. de Saint- Père. Il parait, au contraire , que celle-ci était sur la hauteur , étant dénommée, dans le cartulaire de Saint-Père, Saint-Martiu (Alpedani), ce qui me parait signifier Saint-Martin-du- Haut-4Péan , nom qui ne convient pas au local de l'église actuelle.
Etienne, abbé de Saint-Pierre, et, par corruption , de Saint-Père de Chartres, obtint du comte Thibaud IV des lettres par lesquelles ce seigneur reconnaissait que les deniers quNI avait levés pour son voynge de Jérusalem, sur les habitans du bourg du Péan , comme sur ses autres sujets, n'étaient pas perçus en vertu d'un droit, mais qu'il les avait regus de leur bienveillance. C'est ainsi que les moines profitaient de celle des seigneurs pour avaacer leurs propres
kl
aifaîres, en subissant d'tibord ce qu'ils imposaient ensuite sur CL'Ux qu'on avnit rei dus leurs sujets.
L'an 1339, un prCCre commit un assassinat sur le district de Saint Martin-du-P6an. Ce priïlre fut pris et conduit dans les prisons de Saint-Père-de-Chartres, où son procès lui fut fait par le retiffieux oniciji! d'un prétendu archidiacon6 qu'ils s'étaient créé sur douze cures de leur dépendance, du conseuleiiient abusif d'un croque diocésain. Le chapitre de Chartres s'opposa aux démarches des rcligicui, qui en appelèrent à Home des poursuites du chapitre. C'est ainsi que, dans ces temps, chacun se mêlait de ce qui ne le regardait pas, ou du moins qui ne le devait regarder que pour constater te délit.
GtriBEUT, fief et château ruiné. Il est resté soumis au seigneur naturel du pays, le comte de Dunois. Il y a près du hameau une chapelle en titre dédiée à Saint-Laurent, qui est à la nomination du seigneur du lieu. Guibert a été possédé par les de Varades, de Fcsques, Le Mairat et d'Archembaud. Le sieur Breton , conseiller en l'élection de CEiâteaudun, en a fait l'acquisition et le répare. On a tracé la nouvelle route partie dans le jardin , partie dans le bois du château de Guibert, et on a abandonné la dernière route, qui est entre celle-ci et celle de Saint-Martin-du- Péan.
SAlNT-MAUR-SUR-LE-LOm est à cinq mille cinq cents toises de Chèteaudun. Le nom paraît indiquer que ce petit endroit est redevable de son nom aux religieux et abbé de Boimeval , qui en sont seigneurs et justiciers pour le civil ; à l'égard du criminel , il est porté devant le prévôt établi parle.s anciens comtes, pour les droits qu'ils se sont réservés à Bonneval. Un incendie arrivé dans le dernier siècle con-
IlISTOtUl?
stima l'église deSaint-Mauravecson clocher, dont l'oigaille était assez élevée pour faire apercevoir des environs l'endroit où existe cette église.
L'an 1213, Thibaud , prêtre de Snint-Maur (ce que \'w\ nomme aujourd'hui curé), était en dispute avec Tabbé ei les religieux de Boimeval , pour la perception des menuM dîmes. Ils prirent de part et d'autre pour arbitre l'archev&que de Sens, lequel , avec son conseil, adjugea à l'abbé et auK RR. les deux tiers de celle dîme, et l'autre tiers seulement au pasteur. Si celui-ci eût été informé que, trots ans auparavant, son métropolitain avait adjugé au mfime abbé et à ses religieux les dîmes, môme novales. de Lorelle et de Caiiste , dans son diocèse , je présume qui! n'aurait pas abandonné ses intérêts entre les mains d'un pareil juge arbitre.
Au reste, sans se faire un gros revenu, les curés de Saint- Maur sont rentrés dans la possession de toutes les dîmes d« leur église, môme d'une petite portion dont l'ubbaye dQ Petil-Cîteaux jouissait à La Touche, ut que l'abbé affernu encore le 2k octobre ik9ii, à (iuillaumc de Mervilliers, seigneur de Méraillon et dudit lieu de La Touche, moyennant cent sols annuellement.
Il y a deux pierres levées dans les prairies communes de Saint-Maur. Les dissertateurs sur ces monuments , qui sont assez communs dans te Dunois , pensent, les uns, que ce sont de ces autels et de ces pierres qui sont condamnées dans le Lévilique, par rapport au culte qu'on leur rendait, et qu'un canon du Concile de Nantes a ordonné de renverser; d'autres prétendcrst que ce sont des monuraens élevés pour transmettre la tradition de batailles ou de victoires considérables; d'autres, enfin, que ce sont de« tombeaux de personnes remarquables. On pourrait peutêtre éclnircir cette dernière prétention en fouillant sous ces
pierres, cg qui serait aisé sous certaines d'eiilrc elles, qui sont ou cassées ou renversées.
WÉMiLLON. Meso-MUoniscl Mansio-Milonis, beau château resté imparrait selon son pinn . dont l'cïécution aurait formé une cour bien élroîte, si ses ailes eussent été achevées. C'est un ouvrage en pierre et en brinuos, de la fin du seizième siècle, que l'on doit à son propriétaire, N. de Vienne, d'abord secrétaire du marquis d'O , surintendant , ensuite contrôleur-général des finances sous Henri III. César-Augustin Coslù a fait valoir ce propriétaire et son i:hàteou daiissortingénieux poème sur le llunois. Mémilloii a passé dudit de Vienne, par Marie de Vienne, sa fille, à Charles de Thiercelin , marquis de Snveuse , mort avant 1648. Jean-Armand de Thiercelin, leur fils, était marié en 1658, à Françoise do la Barre. Les de Mervilliers avaient possédé Mémitlon avant ceux-ci, et leur habittitiun était la maison actuelle du fermier; ils furent bienfaiteurs des Cordeliers de Clultcaudun.
AJémillon a été vendu, il y a quelque.'^ années, parles enfnns de Jean de Mailly et Marie-Marguerite d'IIuarl, son épouse, qui en avaient été acqiu'reurs, à M. Roussel pour la propriété, et l'usufruit à M. Jean-François de la Borde. écuyer, ancien fermier-général, et dame Elisabeth Le Vasseur , son épouse.
Mémillon est bailliage et coutume de Dunols.
Lo chapelle du prieuré de Saint-Kicolas-de-Givès (vUlœ Givariensis) n'était pas encore bénite lorsqu'on y reposa en passant les reliques de saint Florentin , dans le temps de leur translation à Bonneval, vers l'an 855. Elle est détruite depuis bien des années. Givès est à onze cent cinquante toises de Saint-Maur, en allant à Villiers.
fiiijcl [[uelques réprimandes de i'évèque. SemerTÏlie, aajourd'liui (lu l'évôcliû do Blois, était de rarchidiacoiit! de DuTiols.
SDUAZÉ et SOIZÉ , joignaiiL Iti Maine , archidiaeoné àv Diinois, il dix-scpl mille citiq cents toises de Cliâteaudun, , est de l'élection de Mortngiie.
Le Sadlce, flefj village, cliapiîlle et chAlcau . même paroisse, est de l'élection de CliMeauduii. N. de Loubes eii est seigneur.
THIVILLK, ThuiviUa, à trois raille toises de Châteaudon , a clé possédé par une des anciennes maisons du pays, qui portent cncori: le nom deTliivilIc. Ils ont gratifié l'église catliédrule de Chartres de l'église et de la seigneurie de cutle paroisse. Ils en ont cependant conservé la maison seigneuriale bien des siècles, et lecliAleaude ChampromaÎD nvec le fief de Bapaumejusqn'ili ce jour.
Les chanoines de Chartres ont fourni à Thiville un siège de justice, pour tout ce qui dépend de ce qu'ils appellent ta seconde portion de la prébende de Dunois.
CiiAMUBOMAiN.Cechâteau et le fief de Bapaumb viennent d'échapper à M. le comte de Bupaume, dernier d'une
branche de la maison de Thiville, par la perle d'un procès mnlhcureus. Ces immeubles ont été adjugés par décret à son procureur, le sieur Sénéchal , qui a l'ait rebâtir le chAlcau de Chompromain et travaille à l'embellir. L'autre branche de Thiville jouit dans l'Orléanais des terres de Sery et de Pré-Lefort.
La Chaise, petit château, a été possédé par les Duplessis, originaires de Touraine , qui ont eu La l'crrine, paroisse de Saint-Christophe-cn-Dunois; ensuite aux AUégo.qui ont
fait honneur aui bnilliages de Dunuis et d'Orléans ; ensuile :i N. Tourlier, inlendaiit de la n:iais(tn de Longueville; puis à N. de Palluaii.
ViLLECHÈVRE appartcfiail en 1587 à François de Fauville. M. Pierre Goisiard , sctriilaire du nn , aticiun lieulenaitt du baillicige de Dutiuis , en est propriétaire.
Toiir,iiAiu.OD a été bâti en 1722 par mademoiselle IJigot. Il a passé à M. Lhuillier, conseiller d'honneur au baillinfîe d'Orléans. Il appartenait en 1663 à Jacques
Gastalleiiie.
T0UU>'01SY, Turnesiacum , evéclié de Blois, ci-devaiit de rarcliidiaeoné de Dunois, élection de Châteaudnn, d'où il est éloigné de douze mille toises, sur la route d'Orléans, de son liailliagepour la majeure partie , et pour le reste de celui de Dunois. Ce bourg était ruiné par les guerres dans le onzième siècle. Son église était détruite et presque toute la paroisse en Triche. L'église, les champarls et la justice appartenaient à Saiiit-Picrre-le-Puellier à Orléans, qui n'en relirait presque plus de revenu. Il n'en revenait non plus aucun profita Guy. chambellan du roi Lonts-le-Gros, qui, en qualité d'abbé ftefTé ou avoué de Sainl-Pierre-le-Pucllier, avait droit à la moitié des revenus de ladite église. Pierre, maire de Sainte-Croii d'Orléans, et Guy, son oncle, qui tenaient la moitié des revenus de l'église de Tournoisy en arrière-fiel' du susdit chambellan , n'en retiraient presque rien non plus. Ce fut ce qui donna occasion à Guillaume, abbé de Saint-Pèrede-Chartres, de traiter avec les laïques dont je viens de parler, pour racquisiliori du la moitié desdils revenus de l'église de Tournoisy, par Tentremise de Gilbert, sacristain de son abbaye, ce qui lui réussit l'an 1111. L'acquêt fut conllrmé par Louis- le-Gros, autorisé par Jean, évêque
HISTOIUK
•VOrléon* , el roris(?nli pur li- chapilre de Saint-Pierre- Puellior, <|ui cùda oiix acquéreurs l'autre nioilié qui lui restait , h condition que le» religieux de Sninl-Pi^re è Tournoîsy leur fenniL'nt pnrt de la moitié des champaris (les terres que l'on di'rricherail.
L'acle fut aigrit' par Attèto , femme de Guy, par Odeline, mère du maire Pierre, et Elisabeth, sa femme; Ebwrd, chanoine de Sninte-Croiï , cl Jean, dit Payer», son frùrc; Arcmburge, surnom(u6e Bretonne, sœur Uudil Pierre, maire de Sainlr-Croix ; Marie, femme de Droesius, beaupère du môme Pierre; par Zacliaric, doyen; Jacques, sons-doyen , et Bartliôlciny . maire de Saiiil-Pierre-Puellier, et autres.
Telle est Torigitie de l'obédience de Tounioisy, aujourd'hui prieuré simple, à lu noniinalioa de l'abbé de Saint- Père.
Les religieux de Saiiit-Père, après cette acquisition , donnèrent des terres de Touriioisy ctdeSorency àdifTéreos particuliers qu'ils y attirèrent, à la charge de leur faire une rcdevatice annuelle de deuï deniers cl d'un setier d'avoine par arpent, que ces détenteurs seraient tenus de rendre à Chûleaudun ou à Orléans , selon que la vente y serait plus avantageuse, elcetu à la volonté des religieux. Ils exigeaient aussi deuï gelincs el deui pains. Ces cens. avenages , avec la justice et une petite métairie , sont la portion du prienr de Touruoisy. l^'abbaye de Saint Père a retenu les clin uiparls.
Les religieux doTournoisy obtigèrenl aussi leurs tenanciers à quatre deniers pour la poisson de chaque bœnf ou vache, ctî qui indique que In surface du terrain de Tournoisy ét;iil d'autre nature qu'aujourd'hui ; peut-être y restait-il des bois, qui la rcndaienl plus fraîche et plus propre aui pâturages qu'à présent.
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Dès le dixième siècle, Arnoult, vassal d'Ardouin, dievalicrdc la suite du comlc Eudes 1", avait donné à Stiinl- Pèrc et à l'abbé (iibcrt, des prés et de l'eau dans le viltûge de TliL'oan, [irès de Aids, dans le même eatiton. Je ne sais si CCS prés et celle eau ne sont pas évanouis avec les pâturages de Tournoisy.
SoHENCY est du bailliage de Dtinois et La rontnrc. Ce peut-ftlre vers ces quartiers qu'étaient situés Inleolet Mériville-en-Du[)oi3, du domaine de l'évéque d'Orléans. L'an 9M, Hugues Caprl voniatilîiîisnrer les possessions de cet évûclié , donna des lettres dans le détail de^vqueiles il est dit que l'évéque possède m pugo Dunensi, Inleot et MeriviUa.
TRISAY, Trisi , Triskicum. Les marquis de Dangeau en ont la seigneurie. Alluyes est le ressort. [,es seigneurs du môme Alluyes et eeus du Houssay y ont des fiefs. Trîsay est sur rOïanne , à sept mille cinq cents toises de CtiâteauiJun.
SAiNTE-5lES»re , alias Saint-Maximin. chapelle qui fut donnée sous ce dernier litre aux religieux de Tyron, vers l'an ll-20> par BiTiiier^ abbé de Bunncval , à condition qu'ils ne prétendraient rien sur la mère-église de Trisay, qui est à la nomination de l'archidiacre de Dunois.
Paycn Dubois (de /^usco^ augmenta le domaine des religieux de Tyron qui demeuraient à Saint-Maximin , près la rivière d'Uzanne. Matliilde, sa veuve, suivit son exemple, ce qui l'ut approuvé par Hugues d'Alluyes . avec qui elle convola en secondes noces. Les fliles de la tnème iMuthikle donnèrent aussi leur conseutemeril au> bienfaits de leur mère, en faveur des religieux de Tyron à Saint Maximin, savoir : Béatrix, qui avait épousé Bourgoin, Ermetigardc,
Temme d'Auberl, et Marie, qui n'avait pas encore p) d'alliance.
Sainte-Catherinb-de-Frécot. autre chapelle que I seigneurs du fîct'dudit Frécol ont unie au titre de l'arch diacre de Dutiuis. Elle pouvait avoir été bâtie et fond l'an 1âV7, par t^aullier deFrûcot, chanoine de Chartres,
TROUBLEVILLE et TKIPLEVILLE, Trublevilla ,
ncuT mille toises de Cliûlenudun . de son baitlioge en pr mière instance, est situé aux sources de la rivière d'Aigi qui commence par former l'otang de Verdes. La principf source de celte rivière est la fontaine de Troubleville, qi l'on nomme de Saint-Martin, à l'honneur du patron de paroisse ; elle est au lias d'un champ dépendant de la cur Il y a plusieursautressourcesdansle vallon, qui forment marais qui commence plus haut que la fontaine , et q ressemble bien à ceux des deux Conies dont nous av parlé.
Le bourg de Troubleville est rempli de ruines qui dénotent que trop combien il a dû souffrir pendant I guerres qui ont adligé le cœur du royaume. C'est pea être dans celles du seizième siècle que son église fut d truite, avec d'autres du même pays. Celle d'aujourd'b n'était qu'une chapelle, qu'il a été moins coûteux de rét blirque l'ancienne église paroissiale,
Il y a des pierres levées entre ce bourg et celui de Pr nouvellon. J'ignore si c'est de ce lieu dont portaient nom Henri de Troubleville j sénéchal de Cascogne, poi Henri 111, roi d'Angleterre, qui eut part, avec Renaud Troubleville, son Itère, aux successions de Gaultier , raar chai, et d'Anselme, son frère. Ces de Troubleville vivaiei en 1238, selon Mathieu P&ris.
Mo.NTHiERViLLE, Gef, appartient aui clianoines de Saint-Jacques de Blois, qui sont dans ia cathédrale de ladite ville.
VARIZE,à sept mille toises de Cliâteaudun, relevait de La Brosse pour le Oef, et en dépendait pour la justice en première instance. L'an 1530. te 20 octobre, Louis d'Orléans, second du nom, comte de Danois, érigea en fief, comme baron de La Brosse, la terre et censîve de Variîe. y joignit le droit de haute-justice sans ressort pour Iji Brosse, maïs pour Chartres, comme La Brosse même, ce qu'il fit en faveur de Lionnet de Tascher, seigneur de Herville et dudit lieu de Varize.
N. Robin, maître des Eaux-et-Forèts de Touroine , propriétaire dudit Varize, mort en 16,50, (it construire en pierre et brique le pavillon qui sert d'entrée au château dudit Varize. Les de Loisel ont succédé à ce dernier dan» la propriété de Varize. Il a passé ensuite à Louis -François de Laubespinnc, marquis de Uauterive . mort dans le ch&leau dudit Varize, où il avait très-longtemps vécu, l'an 1758, étant âgé de quatre-vingt-douze ans. Son corps a été inhumé dans fa chapelle, qui est dans l'église paroissiale dudit lieu, à côté de Marie-Françoise de Beauvillier de Saint Ai{;nan , son épouse, morte quelques années avant lui Leurs cercueils sont enTermés sous de petites voûtes de briques. Monseigneur Charles-François comte de Laubespinne , leur Ois, leur a succédé, et a pr s alliance avec demoiselle Maiimilienne de Bcthune, Olle de Louis-Pierre-Maximilicn de Béihune, duc de Sully, comte de Nogent-Ie-llotrou, marquis de Courville . seigneur de Yillebon. Ils ont ncqais la terre et maison seigneuriale de Pressainville, même paroisse de Varize.
Le Pomm et , fief qui , en 1600 , appartenait à Charles de