‹ Histoire du comté de Dunois, de ses comtes et de sa capitaleChapitre 2 sur 15 · CHATEAUDUN · texte numérisé non relu

CHATEAUDUN

IMPRIMERIE DE AUG" LECESNE, liDlTEUR

Rue (l'AttxauIéme. K* tl.

/Win:

^tTl -î UELEASED FROM THE COLLECTIONS

THE LOMG ISUND HISTORICAL SOCIETY-

II y a déjà près d'un oti que l'éditeur de l'ouvrage qui va suivra, s'exagérant sans doute le mûrilu de quelques petits travaux liUéniires dans lesquels je n'ai cherché qu'un délassement à mes études de naturaliste, vint rue trouver pour me prier de composer, sur le manuscrit de l'abbé Bordas, une Histoire du pays Dunois appropriée aux goûts et aux exigences de noire époque. Tout en le détrompant au sujet de la trop bonne opinion qu'il avait conçue de mou savoir-faire , je ne crus pourtant pas devoir refuser mon concours à l'œuvre patriotique qu'il se proposait d'accomplir; et, fils adoplif de la ville de CluUeaudun , je regardai comme une dette la faible part que je pouvais apporter dans la publicfjlion de son histoire.

Je commençai toutefois par détourner l'édilcur de ce projet de travestissement du manuscrit de l'abbé Boaius on une histoire moderne du pays Kunois, en lui représentant que ce serait enlever à ce consciencieux ouvrage le mérite de l'antiquité , sans avoir ù lui donner en retour l'intérêt d'actualité qu'on cxif^e aujourd'hui dans l'histoire, qui n'est acceptée de la majeure partie des lecteurs qu'à ta condition de ressembler autant que possible au

IKSïUiRE

romai>. Une fois l'èdileur converti sur ce point, il me fut f;uilc Je le f:uro convenir encore que, sous peine de faire perdre au niamiscrit celte naïvelô qui communique une saveur parliculidrc nux anciennes mconlnnccs, il fallait conserver non-seulement le fond , mais encore la forme de notre vieux chroniqueur. Il fui donc arriHùque le travail de M. Uori>as serait publi<!! tel qu'il est écrit. Toulefois, notre respect pour l'aulciir trc dut pas aller jusqu'à lui laisser ses taches, et il l'ut convenu que les fautes évidentes de langage, les ohscurilés de rédaction qui nuisent à l'intellijjence du teste etrcmpiîclient m<5me quelquefois complètement, les mots par tro|) vieillis qui sonneraient mal aux oreilles du puhlic ou qui rnuniiraicnt do rnciles critiques aux lecteurs superficiels , devaient être soigneusement évités; — qu'en outre les passages notablement trop longs et d'un intérêt trop faible pour soutenir l'impression, les diseussions d'antiquaire poussées au-delà de (jnelques pages, et les détails microscopiques qui fatiguent l'altention sans profit pour rintclligence ou la curiosité, devaient également disparaître; — enfin il nous paraît également indispensable d'ajouter aux notes rédigées par l'auteur des notes nouvelles deslinées à éclaircir les passages ambigus, à faire la comparaison de l'étal actuel du pays avec l'état ancien, et h indiquer les noms qao portent aujourd'hui tes localités désignées par l'abbé Bordas sous d'anoiennesdénominalions maintenant oubliées.

Il y avait là deux tAcbes bien distinctes. Mon flge . mon peu de connaissance des traditions locales , et le cours de mes études qui a été dirigé sur les sciences d'observation aux dépens nécessairement desconnaissances historiques, tout me commandait de m'abstctiir de la seconde. La première ne me parut pas dépasser absolument mes forces, et ce fût celle-là que j'acceptai.

Il esl donc bien entendu que je ne suis ni iintiquairc ni historinn , et que ce n'est pas à moi que les lecteurs devront s'en prendre des erreurs de l'auteur ou des omissiuns de l'annotateur. Quant à la partie littéraire dont je reste responsable et qui ii'étflit peut-être pas la moins délicate, ma crainte d'altérer la couleur antique de l'ouvrage que j'étais cliargé de restaurer a pu m'entraîncr fi laisser encore bien des vieilles expressions . bien des tournures originales; mais j'avais un double écueil ù éditer. Les lecteurs habitués au style élégant et parfois un peu maniéré des auteurs de notre époque, trouveront que je n'ai p;is assez. elTacé; les antiquaires et ceux qui aiment à secouer eux-niémcs la poussière d'un livre avant de l'ouvrir, diront que j'ai porté la main sur bien des beautés. Aux uns je paraîtrai méticuleux , aux autres sacrilège. J'ai dû me résigner à ces critiques opposées, en me rappelant l'avis d'un de nos écrivains qui a , lui , le rare privilège de ne point vieillir:

-• On ne peut contenter tout le moude et son pC-rc. •

Au reste, il y aura toujours moyen pour chacun de retrouver son compte. Les tinliquaires recourront au manuscrit, qu'en ma qunlité de bibliothécaire je tiens plus que jamais à leur disposition ; et , quant aux autres , ils adopteront Vullhna ralio des gens ennuyés, c'est-àdire qu'ils se bornerotit h regarder les jolies lithographies qui accompagneront nos volumes.

Paris, 23 aécembre 18/i6.

ACHILLE GUENEE.

> ^ ' r Tin

DE.SCUIPTIOIV DIT DtJKOIS,

Le Dunois, pays particulier, avec titre de Comtu (1) , mesuré sur ta nouvelle carte générale du royaume, a dixsept petites lieues de deux mille toises de l'orient à l 'occident (2) , et quinze du midi au septentrion (3). Ces distances sont les points les plus éloignés d'une circonférence inégale. Comme pays, le Jhmois a beaucoup plus d'étendue que considéré comme comté ; c'est-à-dire que le fief et la circonscription dans laquelle s'eserce le droit de haute justice des comtes de Dunois. sont plus resserrés que ne l'était le territoire de juridiction des anciens comtes deChMeauduu. J'irai jusqu'aux limites du district de ces premiers comtes , dans la notice détaillée que je donnerai de cet ancien pays,

(i) Pagus Diiiiensis, nomin£ Pagiis Duuisus dans les Capilulaircs de Oiarlcs-ie-CliîiuvK.

(!j A [ircndrc du hameau de Frcciil, paroisse de TermiHiers, jusqu'à Glaligii}' qtii joint le Maine.

(3) De la rîTitre de Seisse jusqu'au Gault dit en Beiincc.

UISTOIKE

qui est entouré par le Chartrain, l'Orléanais, le Itlaisois, le Vendûraois, le Maine et le Perche.

En prenant 1<î Dunois dans sa totalité , on pi'ut assurer qu'il n'est inl'érienr on produit à aucun cantondc la l^rance, et qu'il peut se suflire à tui-mfimc pour les difTércntes nécessités de la vie. Dans plusieurs endroits, le froment y est au plus haut degré de bonne qualité. Ses vins routes, légers, soutagréabics. Besuier, historien de Dlois, était mal informé lorsqu'il a avancéqu'au nord de ta ville de Cliàteauduu il ne croissait que des verjus. Les bons vins de Màchcclou donnent encore un démenti à son assertion. Ceus qu'on recueille à Test de la ville sont faibles et les moindres en qualité (*).

La portion du Dunois que l'on dit située dans le Perche, àcause de ses champs entourésde haies, ou plutôtà causede lafortildc ce nom qui s'étendait jusque dans celle partie (1), fournit des cidres et du poiré qui ne sont pointa dédaigner. Les pacages y sont propres à toute sorte de bétail. Les chevaux qu'on en lire sont d'un très-bon service et bien plus forts qu'aulrcfûis, depuis que les ordonnances et les régicmens , pour la propagation de cette espèce, y sont suivis, et que les inlertdans de la généralité ont eu soin que les gardes-étalons fussent fournis de chevaux de taille. Les hôtes à laine sont moins grosses dans cette contrée que dans celle qui fait partie de ce qu'on nomme la Deaucc ; mais le lainage y est bien plus fin et ressemble assez aux laines du Bctry. On trouve, dans la môme partie, de la mine de fer

(1) Ellejojgiiait la ForÊt-Longiie, que l'on regardait comme en faiwiH partie.

(') La culLLirr rit Ij vigiic a bcaiicnvip penlii de hiii impnriance aill environ* ijc ta ville, d,^uif le Icinpi rù écrÎTlit M. rnlibê lliyrtlni. diaqiie année rti Toit dÎKpnrsIlre (pirlquc* flècci qui lonL cuuTarLicj L-ti terres lab44unililes. Les rins des dna de la Varcntra-Fai-ron aoiit aSMX L-ftimca ; auiti Mt-ca la partie iiui a êlè La mieuf conierTêD , et celle dont le aol a ciiLI le inoiiii de Iransfûratatiuni.

nu COMTE DR miNOIS.

elles matières nécessaires pour les verreries de Fretteval et Montmirail.

Il y a dans l'île en prairies, vis-à-vis Saint-Avit-lès-Châteauduii, une (ontaîne (Fontaine-Bleue) que l'on a crue mlrtérale jusqu'à ce temps. Un apothicaire, M. Dupont, qui vient du l'anal jser, prétend qu'elle ne contient aucune substnrico minérale, contre l'idée commune. On li\ nonnme Fonlnine-Bleue par rapport à la couleur de son eau, couleur, néanmoins, qui n'est plus sensible lorsqu'elle est hors de son bassin (*).

Les carrières de pierres de taille tendres et blanches. Irès-propres à bfltir. sont communes, surtout le long des côtes que liorde le Loir. On en trouve de dures dans les plaines de la partie qui appartient à la Beauce, Celle que l'on dit du l'erche ne fournit guère que du caillou et du grisou.

Dans toutes les deux , c'est-à-dire en-deçA ou aunlclà du Loir, on ne manque point d'argile propre à la tuilerie ou à la poterie. Il s'en trouve spécialement sur la paroisse de IJonnemain, qui quand elle est convenablement mise en œuvre , ne le cède pas à ce que l'on fabrique de plus fin en France.

Le Uunois est arrosé par cinq rivières et par plusieurs ruisseaui.

Le Loir , en latin , IJdus , Lœdus , Ledius et Lidericus, est comme le fleuve du pays dans lequel les autres petites

{*) Li fuiiLiLuc , dite la Ftti»taifu-Wiiti€ , ic Irouvv bu eenlrc tienne tnaîrlv dppaxlettttUl AU- }«urdliui i M. Raînibvrt'St'iiii, L-lt^îrOiinL-fi tlv ton* ciilvti {i4r b rltîrru , vl cûntiiie fOUi ta nr>rii 4''tl*-iU'S«i»t'Avit. Cette lourcc, qui formait un Lawîn cii'rulAti^ âmes rëgulîeri d'environ F|ii!nte nit'lrct de cîrcoiir<Tt'ncF , cM inaiiilciinnt cnniblùc en partir. Le |)rnprîrtaif'if SL-tUfl t«iila« il 5 ■ qu«l)|Ufi aiiiil'L>«, du U rutolilir dans son Clol ]»riniiUf; tiioii il tut contraint A'j mtoiioer , ptr Mile rien trataui coiiHilrrablt'ft qur ctttc npi-rolion dL-valt iiôrcMiicr. Aprèi l'iToir lUf^giit à u «uiface, il la lit londrr , et parvenu à plus de douse niâtrea, il no put atieindi-c le solide , et ue Irouvo qitr de la \ikfec. Le» Dxpri-icti<:carailr<i])âr SIM. DcJtrtltt l)tipoiit nVuri'nt pour résultai qui; di> coniUilvr qu''!! (iVxittail dans ccUt- eau aucune fubsUiirv niin':nLle , nlH fut ri^^connu que Cffttc toinlc bleue notait (pj'unc illunion d*n|)Lir|ue priidulLv p«r la prufi>ndeur de la funlaînc dunL on ne pouTiît aperceTOÎr ie fnitil.

iiiSToiitt:

rivières vont se jeler. Il comnietiçait aulrcfois son coure régulier dès Charaprorid-cn-GAlinc, comn»e l'oUcstent des titres de l'abbaye de Thiron et du douzième siècle. Eudes de Lorme donna , dans ce temps, anx moines de Thiron In terre appelée l'Abbaye-du-Loir, etCîeoffroyde Lèves, évêquede Chartres, quatre charrues de labour dans le tnfime canloii. La fontaine à rai-côte, qui est nu-dcssons de la ferinc dite l'Abbaye-du-Loir, est regardée comme la première source de celle rivière. Elle n'est pUis «bondanlc. et (o filet d'eau qui en sort se perd imperceptiblement au pied du coteau, dans un marais appelé l'Élang-du-Loir, parce qu'autrefois le ruisseau de la fontaine, en le traversant, y formait un étang. Le cours réf;uiier du Loir ne commence donc mainlenarit que deux lieues plus bas, jusqu'où le marais continue, depuis la loiilaino du Loir. Les bords escarpés de cette rivière sont un obstacle à la multiplication de la carpe , dont il est à propos de la garnir de temps en temps. Ce poisson y est excellent; plusieurs y prennent une couleur saumonée, et grossissent jusqu'à y devenir du poids de vingt-cinq livres. Les perches, les brochets, les anguilles et le poisson blanc y sont fort abondons.

La Conie, Conia et Conida, fournil souvent dans l'été plus d'eau que le Loir. Ses sources, séparées par un trajet d'environ huit mille toises, se divisent en deux branches qui, chacune pendant quelques lieues, forment plutôt des marais assez larges que de véritables rivières.

L'un de ces deux marais commence au-dessus de Vinbon, qui est à sept lieues el demie de Châleaudun , nord-est, tantôt plus haut , tantôt plus bas (1) , et au-dessus du parc

(1) Il esl raie de voir luirailie les eaia Jaus l'cnilroil oii le vallon est irnïcrsii par le clicinîn de Gerjuignotiville ù YmouvJllc, el plus rare encore (l'en voir au-dessus.

/'. S. De roénioirc d'ijomme celle vivièrc n'avait Inri cummc elle a fai'

de Cambray , paroisse de Gcrmigiionvillu , et vis-à-vis du bois de Féale, paroisse de Fontenay. La feuille de la carte générale dclailléc qui vionlde paraître donne à celte branche le nomspécllique de Conic-Palae . par un mal-entendu. Un des géographes chargés de lever le plan de cette partie pour un inagiiilique et immense ouvrage de détail où il y a des objets oubliés, contre l'intention des directeurs, consulta, sur cette rivière, un habitant de Viabon qui avait lu dans un vieux livre que la Conie est un marais ou palus. Il avait pris le mot palus pour le nom propre do la rivière , et prononçait la dernière lettre comme si c'eût été un «. Le géo$;raphe reproduisit la bévue, et le paysan Jacques Landri est devenu parrain de la rivière.

L'autre branche de la Conie a sa source entre Villeneuve et Péron ville, vis-à-vis de Villecoy , dans une espèce de prairie flottante où l'élévation du terrain et ses pentes font prendre à ses eaux une direction opposée. Une portion coule à l'orient et va se perdre en Icrre, après un cours de trois mille toises , à un endroit noiumé le Fossé-Iilanc, vers la ferme de la Jambe , borne du Dunois et de la paroisse de Saint-Péravy, I/aulre iiortion descend au couchant jusqu'à ce qu'elle joigne la branche de Viabon, vis-à-vis Spoir, au-dessous de iNotlonville, d'où, ne formant qu'un lit d'un cours perpétuel , celle rivière va entrer dans le Loir au moulin d'Ecoublanc, paroisse de Marbou>''.

en 17(iS , où , pendant plusieurs mois, il ne se Irouvail pas môme de l'euii vis-ù-vis du bourR de Nononvillc. Il y avait alors vingt ans (|u'pilc avait coininencci à ditiparnllre ii rendrait indiqué dans In note ci-dessus, et, par la suilc, clic ne .sn vil plusjusqii'uudil iNoLionviilc, ûù elle s'est monlrÉe dcnouvciiu dès l'iiiver de in niOinc annexe nos. 1^ Ile s'est élevée sutcessivcnient; et, en 1771 , on a retrouvé l'eau sur la droite du ctie&iin d'Ynionville h Gcrraignonville, en sorte qu'elle était très-liaule où elle a son conr» réglé, et que le uioiilin des Najs, pri'-s Moliturd , était devenu inaccessible & pied SCO.

Ce qui produit la cruo des autres rivières ne fait que Irésraremcnl lo môme cffel sur les brandies de celle-ci. J'ai seulement remarqué que ûeax fois en vingt-cinq ans des fontes de neige ont fait {grossir la btaiiclic de Viabon . et probablement . celle de Péronville. Ces deux fontes furent ai subites que le soleil n'employa pas plus de cinq quartsd'heurc à cbacune. La neige fondit sans que la terre fût dégelée ; tes eaux coulaient sur des glaces qui faciliiiiicnt leur course dans tes lits des marais. (Juelqiies averses ont aussi produit le môme effet; mnis peu d'bommes voient ce phénomène une fois dans la vie. Excepté ces cas extraordinaires, le sol poreus des environs de ces marais absorbe les eaux avant qu'elles y puissent parvenir. De sorte que la Coule laisse faire ordinairement aux autres rivières leurs crues et leurs ravages , sons sortir de son équilibre.

Il arrive, au contraire, dans les saisons sèches, où les autres rivières décroissent sensiblement, et où elle-même est restée, dans les premières lieues de son origine, sans un cours suivi et même complètement à sec, parce que ses sources ne l'alimentent pas asseï abondamment, qu'on voit reparaître ses onux snria surface du vallon, dans les terres labourées, puis de là retourner dans les marais, prendre au bout d'un certain temps un cours réglé et rester souvent ainsi des années entières. Au reste, ces retours de crue et de dessèchement ne se font point sentira des intervalles réglés; mais dans tous les cas, on distingue toujours facilement les eaux qui lui appartiennent et qui ont une limpidité telle qu'on aperçoit les objets au traversa une assez grande profondeur.

Les puits des alentours sont sujets aux mêmes caprices, sauf te dessèchement parfait que je n'ai vu qu'une seule fois dans la majeure partie; mais cet événement extraordinaire était presque général dans le royaume. Les bassins

de ces puils, qui me paraissent plus élevés que le fond des vallons de la Conic, ne sont emplis que par des eaux qui filtrent dans les terres. On n'y découvre ni sources abondantes ni courans.

Quoique dans les endroits qui avoisiiient les sources de la Conie, les caus soient souvi'iil un temps considérable sans paraître à la surface , et iju'ou y laboure les terres en bien des endroits , ou trouve cependant leau dans le sol d'une façon plus ou moins aboruianlc , soit plus haut, soit plus bas. Cette eau filtre entre les terres d'un cours leiil et par petites veines qui me paraissent entretenir, en descendant, une communication i«on interrompue avec les eaux de cette rivière (1). C'est l'éruption tranquille de ces eaux intérieures des vallons de la Conie qui , lorsqu'elle est abondante, forme des crues, mi^nie dans la saison où le contraire devrait arriver. Les sources des puils étant plus élevées que les vallons de la Conie, ce refoulement n'a rien d'extraordinaire. La cause du tcn)ps où il se fait ne me paraît pas si aisée à deviner. Un nombre d'années pluvieuses le fait souvent espérer eu vairr. Il arrivera, au contraire, après un très-petit laps de tcmi)s et dans des années peu abondantes en pluie. La cause en serait-elle donc bien éloignée du pays où paraît la Conie ?

Les vieilles histoires nous apprennent que des crnes ou

(1) Dans t« endroits où lus eaux cessent de puraitre extérieuremco^, on eitsûr, en creusant, de pouvoir Taire des bassins dauU'ean reslcde niveau aïec celle qui filtre dan* les terres. C'est ce qui roe fait présumer que, quand oti rt'ruil un \Mçe et pi'nrond lit ihm les vitllons de ces marais, on ne parviciulriiit p;is à un dessfcKement complet. Dons les endroits où celle rivière a son cours réglé, quelque rapide qu'il soil, il n'entraîne point toutes les eaux du rnllon marécngeui; cur le terrain delà Conie n'a pas as&ei de pente depuis ses camn^encemcns jusqu'à son embouchure dans le Loir qui, lui-mCme, n'en a pas suffisummeitl pour aider l'ûpaiseinent des marais de 11 Conîe>

des diminations des eaux de la Conie on lire des pronostics

sur dilTérensévéïiemenscontingoris.On juge, par exemple, qu'il n'y aura pas ùc maladies épidi'miques, que l'on jouira de iapaix, que la ferlilité sera grande et, conséiiuemmenl, que les choses nécessaires à la vie seront û bas prix, si cette rivière se dessèche dans les premières lieues de ses marais et reste quelque temps dons cet (Hat. Au contraire, si les eaux y reparaissent et s'élèvent de laçon â former un courant, on s'attend à la guerre, aux maladies, à In mortalité et à la cherté des vivres (1).

La rivière d'Aigre, Àrula, Agria, Egra. prend sa source h Tripleville. Ses eaux traversent et remplissent le bel èlang de Verdes, que les anciens historiens appellent le Lac de J)unois. Les terres légères que son courant arrose à la sortie de cet étang, contribuent à lormer du vallon où elle passe un marais comme dans la Conie , et cela jusqu'à une nouvelle source abondante qui ressemble à un goulTre. Les

(1) Tous les auteurs, qui te répi^lent sur ces Taits, font trop d'hatmeor à la Conie , ou n'ont pas bien combiné les jeux de \a ririère propbéliqae avec les événemens qu'ils en déduisent. C'est lorsqu'i-ile se dessèclie que 569 extialjisoos causent des maladies el nu^rne la morlalU^, uinsi que la mauTaise qualité de son poïs!)Ou. Od a rcmajqiiÉ que les Jiojnnicï' vivaient moins longtemps et se portaient plus mal sur le:; rives de la Couie; peutêtre parce qu'ils sortent plus matin el rentrent pi u» tard. Elle était presque à sec pendant la dernière guerre. Reste le pronoslic delà modicité du prit ou de la clicriédes vivres auquel l'eicpérieiice continue de donner delà fol,

P. S. La politique et les ressorts extraordinaires que l'on a fait jouer dans le commerce des grains viennent de faire mentir le langage muet de la Conie sur l'articie des denrées. Il y avait bien longtemps qu'elle était â sec dans la brandie de Vinbon, lorsqu'on 1707 on ne trouïaïl de l'eau dans son lit qu'en j creusant ù deux pieds de profondeur; en 1708, il Tallaît fouiller â quatre pieds pour en trouver ; et elle n'a commencé à reparaître sur la surrace du terrain qu'au mois de mars 17C!>. Ccpeiulanl, depuis, et dès avant 1707, on a vu rcncUérir les gruins et, par couH-quent, lea autres denrées.

prairies sont flottantes en cet endroit que Ton appelle la Canche , vis-à-vis de Lée, paroisse du Mée. Ce bassin, peu aeressible, est d'une très-grande profondeur et renfermait , du temps de Botteraie , des poissons de grandeur démesurée^ à ce qa'ii;;assurG dans son poème de Châteaudun. Je n'ai poinlj personnellement entendu dire qu'il s'en péchât de semblables dans ces temps. Cette rivière se jette dans le Loir à environ treize cents toises au-dessous de Cloyes.

Celle d'Hière. Hiera, commence près de la forêt de Montmirail, a tiin hameau nommé le Marais, et reçoit plusieurs ruisseaui. Elle se perd imperceptiblement dans un lit pierreux au-dessous du moulin de ta Mauguinière , paroisse de Saint-Pellerin , et reparaît , une lieue plus bas , dans le potager du château de Viviers; elle se jette dans le Loir au-dessous'de Saint-Hilaire.

Enfin l'Oianne, en latin Ozanna, la cinquième des rivières qui serpentent dans le Dunois, lui sert aussi, dans se majeure partie, de séparation d'avec une portion du Perche-Gouet attribuée au paysChartrain ; elle se rend dans le Loir au-dessus de Bonneval.

Le poisson de ces rivières est fort bon , à l'exception des carpes de la Conie dont la chair sent le goût de vase, surtout jusqu'à Nottonvillc. Les écrevîsses et les anguilles y multiplient considérablement. On vante les écrevissesde rnière ; celles de TAigre ne sont pas moins eicellentes , et les truites de ces deux dernières , surtout les saumonées , sont justement estimées des gourmets. Les brochets verts de rOzanne ne le cèdent point à ceux du Loir.

De plus de trente étairgs que renferme le pays Dunois, les plus considérables, après celui de Verdes, sont ceux d'Écoman, de Vieuvicq, de Saint-Mandé , de Boîsvinet , paroisse du Plessîs-Dorin, de Bois-Ru(Bn. paroisse d'Arron, et du Grand-Galas, paroisse du Potsiay'.

Je ne dois pas passer sous silence un phénomène qui

msTonuî

Ce fut dans celte forêt , qui cependant n'avait plus cette étendue du temps de CKarles-le-Chauve, que ce roi se retira pendant quelques jours avec sa petite escorte, pour ne pas s'esposer à être enveloppé par l'armée noniibreuse combinée de l'enapereur Lothaire, son frère, et de Pépin, duc d'Aquitaine j son neveu.

Lorsque les forêts, aujourd'hui particulières, de Marchenoir et de Frettevol, ne faisaient encore qu'un tout, ce qui a duré jusqu'au quatorzième siècle environ , ce total portait le nom de Forêt-Longue [ Sylva- Lonia , Sylva-LongaJ. Après leur séparation, on a encore donné quelque temps le nom de Forêt-Longue à celle de Marchenoir. Ce qui restait autour d'Écoman a eu quelquefois le nom de Forêtd'Écoraan ; et la partie au-dessus de Moréc celui de Hautes- Forêts, dont l'église paroissiale dudit Morée a conservé le surnom : on l'appelle Notre-Bame-des-Hautes-Forêts.

Le Danois , excepté dans la partie que l'on nomme Perche, a de petits vignobles dans dilTérens endroits; celui de Châteaudun, qui seul mérite ce nom, à proprement parler, est d'environ deux mille cinq cents arpcns (1).

Ce pays , outre sa capitale dont je vais parler, renferme huit villes j savoir : Bonneval , Cloyes, Fretteval , La Ferté- Villeneuil, Marchenoir, Montigny-lc-Gannelon , Moréc et Patay. Bonneval n'est plus du comté de Dunois , quoique siluée dans le pays de ce nom. Excepté cette dernière ville, les autres sont si petites ou si peu peuplées qu'elles ne méritent guère le litre dont elles sont décorées. J'en ferai mention dans ma notice détaillée do l'ancien pays Dunois.

Cbateaddun {CaslrodunumJ, qui portait le seul nom de I>un , fhinum , dans la plus haute antiquité connue , est la capitale du pays qui en a tiré sou nom de Dunois.

(l) L'arpeni est loujours de cent perchea; mais la perche Danoise n'a que vingt pieds.

DU COMTÉ DE DUNOfS.

Le seul mot Dun . pour exprimer le nom Je celte ville , fa pas raôme été entièrement proscrit lorsqu'on l'a fait recéder par celui de Château, qu'on lui a doriiié pour appeler sa très-anrienne forteresse. En effet. (iré;îoirode fours, dnns le neuvième livre de son histoire, l'appelle ^rapleraenlAwMHm, après l'avoir nommée />unt<m-CaslrMm ins le septième livre.

Cette ville, relativement à son étendue, est du dernier

ing entre les villes communes du royaume , mais des plus

jolies. Agréablement située sur une émineiice , comme

l'annonce son nom Gaulois Dun, elle offre, du côté qui

fait face au nord , la plus charmante perspective.

L'éminence sur laquelle elle est assise, est un carré long du couchant au levant, en forme de promontoire. Il en serait un réel, si le vallon du midi et du couchant n'élait pointa sec ; il n'y passe qu'un torrent, qui vient des Cordeliers, dans les grandes pluies ou fontes de neige ('). Le Loir n'arrose que le nord. L'angle de cette émincnre, qui Bgarde l'ouest et le nord , est terminé par le beau chftleau b palais des comtes de Dunois. La chapelle et la grosse tour remplissent le midi de In cour. Cette tour, très élevée, est le plus respectable monument de cette ancienne forteresse.

Châteaudun doit ses cmbcllisscmens à ses désastres, II y bien des siècles qu'ils ont donné occasion au choix de m écusson , qui est de gueules à trois croissans d'argent , à lo légende : Exlincla revivisco Plusieurs historiens et géographes , en se copiant les uns les autres, disent que celle ville a porté autrefois le nom

\'l l> torr^Hl Itc ''iilj,[*lc plu,, l.a |jtM* pMimir |>illliv Ji, IBUI i|(li 1»' f.vrniâi^i4l >c prrj <liHi» uu gouin-v Joiit iVuTi-Ttorr rBl pritiqufco dans runcivii i-iiipl^ciîMi'-iit d.*» <'.iinit--licn , où t« lrou*r,tt «MJ'titril'IilM l'*» ra„Tiw*, contiiiuiiêniflill nppdcr» le OrtulU-*^!!»?!*»!-. Ce |;nulT,'c [intnotitc s"!'!»!.!] Miii* uxc i»rUi tir lu tille ,,1u midi au iiorH-<iLii>,l.

UISTOlItK

de Uube-Claire ou UrLe-Claire (Urbs-ClaraJ. C'est une erreur tirée d'anciennes poésies où rôpilliélc Vrbs- Clara, très-convenable en effet à Chûtcautlun, n cHt' employée, et spécialement dans la vie de Saint Aventin. L'ignorance a occasionne la méprise. Il est prouvé par l'histoire que , dans le siècle où l'on suppose que CluUooudun se nciininnit Lirbe- Claire ou Uuiie-Clairc, son seul cl vrai nom t'iail J)un, Ce siècle était relui de Saint-Avenlin ; et ce saint, dans sa souscription au premier Concile d'Orléans, ne s'est point qualifié évoque de llube-Cinire, mais de Dim. Avenlinus Ep. DunmRis, comme portatl te inarniscrit de ce concile, dons In Lililiothéque de Pithou. Lorsque l'évoque de Chartres se plaignit , dans le même siècle , et après la mort de Saint- Aventit), de te qu'un prêtre s'était emparé de l'église de Châleuudim sous un titre d'évèclié , il ne ilit pas de l'église de Rubo-Cldire , mais de l'église de Ihin. C'est cependnnt dans ce siècle que l'on suppose que la ville dont je parie portait un nom qu'elle n'a jamais eu.

Celte ville a le titre do vicomte. En y comprenant les faubourgs, elleconlientsix mille haLiitatvs(*). Ces faubourgs sont encore bien plus étendus que la ville, quoiqu'on ait prolongé de cent toises le faubourg de Saint- Yalérien, depuis son dernier incendie, en 1723. Avant cet incendie, elle n'avait que cent soixante-dix toises de la porte que l'on nommait d'Amont jusqu'à celle d'Abas , qui subsiste encore (**), c'est-à-dire dn levant au couchant, cl cent cinquante-cinq du nord au midi, à prendre de la cSôlurc du

{'} I)*BprcB 1c rDcenwniciil tlolSi^B, CliAtcatiduti rcnfi-rnii: oujauriTInii C,7H8 l'inbîUfiJi.

['*} I.a (Icninrcatit}!! entre la victltc TÎIlr et In faubourgs lu- laî»»^e auruut Uncc du côlà de l'Kncionti*' porte d'AniaiiL i\ iic rurte pliii aucuns TottgcJ (le ccUo pnrlâ t>t d«w foui* <|ui *xl>tuidit dani celte partie de la vtlle , vt e|tii m tmuTaieiil auprû* de la pluce Rnyatv rt tlaiiA l'uuiplact-mcnt où eit itm aujourd'hui rii^'itel-de-vUle. Ca point est artuellcnieiu le pli» cetktraL dr Clil* Icooduii. Ouant à la pnrlo (l'Abat , il n'en rctUit plot dan« ce» dernicrt tcinpt ({ua des purlioiii Je pllien qui TirutieiH d*£(re démvlivt vt ettlctées. t^urlqaei frRfnienï demurs itlcstnit Hulf l«i

ancîciiDrB Uniitee dr ce cùtv.

prieuré de Snitit-Pierre à celle de l'abbaye de Ip Madeleine (t). Dans la totalité, avec les faubourgs, on coiiiple neuf cent cinqunnte toises dans sa plus grande longueur, qui est depuis la (Jrapelle de Notre-Damc-du-Champdé , entre les routes d'Orléans et Beaugencj', jusiju'à l'église de Sainl-Jeaii, et <[uatro cents dans la plus grande largeur, en prenant de Saint-François jusqu'au faubourg de la Tannerie.

La première église de Châleaudun, pour le rang, l'aiitiquiW et la grandeur de l'édifice , est celle de i.a MAt)Er,EiNE , collège de clianoiiies séculiers [2) avant le douzième siècle, ensuite abbaye et chapitre de chanoines réguliers , aujourd'hui de la congrégation de France, vulgairement de Sainte-Geneviève; elle est aussi la première paroisse de la ville.

Le chevet de cette église, avec les bas-côtés qui Tcntouraient , écroula l'an (522. L'impossibilité, de la part des chanoines, de fournir 5 lu dépense, prolongea son rétablissement jusqu'à 1529, et força encore la comraunaulé de diminuer ce chevet de plus de dis toises, et de reprendre sur la nef pour former le côté tel qu'il est. Cette église a dis-hnit toises deux pieds de largeur, les ailes comprises. Le corps de la nef en a six et quatre pieds surquarantc de longueur (3). Son clocher, avec sa flèche, le tout en pierres , commandait tous les autres édifices de la ville ; comme il menaçait ruine et qu'une partie de l'intérieur de la maçonnerie était calcinée , on a été forcé de l'abattre presque en entier l'an 17'i.2. On s'est contenté de rétablir sa tour jus-

(1) L'ancien Paris, que l'on nomme la Gilâ, n'avait ({Dccenl loisos sur ànq cents.

(2) Ils vivaient en commun , cl leur maison se nommait Monastère. [3] La nef de Notre-Dame de C'bartres a liuit (oises de largeur.

UISTOIUË

qu'au soinuicl Je son c^irré , dans lu cours dos aiioces 1743 et nk'*. Elle rciitcrine huit i-lo<:lics, doul la plus grosise a cit]i| pieds de diamètre. La nèclie en ardoises qui est sur le chœur en contient quatre petites. L'ort;uo ix doux étages, qui orne le Ibnd de la nef et qui contient cinquante-deux jeux , a été fnbriqué par un facteur zélé nommé Jean Rillaud , originaire delllois. L'église de la Madeleine n'est plus qu'un assemblage de restaurations de différens temps (I). Le paa de ses douhle ailes , au nord, où est son unique entrée actuelle, est ce qui reste de plus entier de la construction première. La porte du milieu de celte favade , qui est en bois, est la seule ouverte. Elle est basse, parce que le terrain de devant a été chargé de décombres en différeus temps, lors des désastres que lu ville a essuyés et par suite des changemeiis qu'elle a subis. Le cintre de cette porte ouverte est chargé de ligures eti petit; lesquelles, o droite, en entrant, désignent le paradis, et à gauche l'enfer. II y a, tant au-dessus de celle porte que dans toute la façade, onze hgures; mais jusqu'ici les antiquaires (jui les ont étudiées n'ont pu encore Gxer le temps précis où elles ont été exécutées. Ils ne nous ont pas même éclairés d'une façon décisive louchant tes personnages qu'elles représentent, ni sur le rapport qu'elles peuvent avoir entre elles.

Bernier et le père Méneslrier en ont dit ce qu'on leur en avait enseigné à Châteaudun , sur une tradition que M. Liuicelol, de l'Académie des inscriptions el belles-lettres, a fait évanouir en partie, après un examen exact qu'il a fait de ces figures au mois d'avril 1733 ; on trouve ce qu'il en a dil dans le neuvième tome de riiit;loirede son Académie.

Pour In satisfaction dos lecteurs qui n'ont pas vu les mémoires de celte Académie ni l'eilrail qu'on eu a fait

(1) Si la Miidck'ine doit sa conslruclion t Cbailcmagne, clic auru pu c'U'c endommagée dîïs 911 por Les Nornmnds.

ifupi'imcr en 174-2, je vais joindre ici aux deus pliiiicliesque l'Académicafiiil graver, le signalement de ces onze tigures, en suiviifit l'ordre dans lequel M. Lancelot les a njjmérolées (•) .

La premièrti, à droite du cintre eu entrant, porte un sceptre louCTu comiiie celui de Childebert. qui est au portail de Saint-Gcnnain-dos-Prés à Paris; son bonnet ressemble à ceux que l'on voit sur les roonnaics de Charleraagiie; ses fheveux sont longs; sa chlamyde ou manteau est retroussée sur l'épaule droite ; il pend de sa ceinture une épéc ù grosse poignée . dont le fourreau est garni d'orneraens. Elle foule un dragott sous ses pieds.

La seconde, de l'autre côté, tient dans sa main droite un sceptre d'un simple fleuron à trois feuilles longues et étroites, et de la gauche une épée dans le fourreau, la pointe en bas; sa chlamyde est attachée avec une boucle et relevée sur les deux bras. Elle n'a rien sur la lûte; ses cheveux sont tressés et descendent sur ses épaules.

La troisième porte une couronne sur laquelle on voit des tresses- Elle a une épéc nue dans la main droite , la pointe eu haut et le fourreau dans la gauche. Ses cheveux sont longs et flottenl sur ses épaules. Son habit, ù manches étroites, est serré comme une tunique. Elle n des éperons dont les molettes sont carrées.

Le sceptre de la qualrième est moins touffu que celui de la première figure, mais plus garni que celui de la seconde; le dessus de la lÊle est endommagé; son habit est serré, mais les manches en sont larges. Elle a des éperons.

La cinquième représenft un évoque avec sa chasuble. Il enfonce le bout de son bâton pastoral , qu'il tient de la main

r* i rt lie rente pluf rien àv* onu n^i'c»qi]l drcomiiTiit le cintre du porlail rt In ftçiillede règUM de U Uadclein*, — EU» out Hi a«|ruitei en t79A.

gauche, dans la gueule d'un diable qu'il a sous les pieds; la mnin droite est brisée; son ornement de IHe ressemble plus à un diadème qu'à une mître.

La sixième lient de ses mains une hache d'wrmes qu'elle appuie sur son épaule droite; elle a un bonncl bordé d'un ourlet qui ressemble assez à un itindèiue ; les manches de sa tunique sont largos ; elle a aussi des éperons.

Tous les éperoas sont semblables à ceux que l'on portail sous la première race de nos rois, cl tels qu'ils sont dépeints dans les règlcmens faits à Aix-ln-ChapeUc l'an 817 , sous Louis-le-Dôbonjiairc; lorsqu'on défendit aux ecclésiasliques de les porter journellement, ainsi que des épées et des ceinturons , comme l'abus l'avait consacre dans ces temps,

La septième est une figure de femme qui lient dans la main gauche un rouleau déployé, sans traces de lettres. Les manches sont étroites; elle a une ceinture dont les bouts pendent jusqu'aux genoux ; ses souliers sont échancrés comme ceux de Clovis au portail de Saiiil-Germain-des- Prés. On ne lui voit point de cheveux.

La huitième est une femme qui a une robe ou manteau à manches larges et des cheveux tressés.

La neuvième représente aussi une femme dont le manteau a les manches larges; les tresses de ses cheveux sont trèslongaes; le fleuron qui termine son sceptre a les feuilles longues et étroites.

La dixième paraît représenter une jeune fille dont les tresses de cheveux descendent jusqu'aux genoux ; c'est la seule Qgure de femme dont la tôlg soit conservée. Un dessin fait en Ifiîi tes représentait tout entières.

La onzième est celle d'un homme qui porte une épée, la pointe en haut , dans la main droite , et dans la $;auche un sceptre assez semblable à celui de la quatrième figure; le

haut de la lête est rompu; le fourri'au de l'ép^'e pend à son ceinturon.

Il y a apparence, dit M. Lancelot, que demxnntres figures tiumérotées douze cl treize ont êtf; faile^ apràs coup, car elles sont hors-d'œuvre et ne lont point rorps avec le reste. Je pense en cfft'l qu'elles n'ont été eicrulécs que lor* d'une restauration où la croisée qui se trouve diuis le môme panneau que ces fij^ures a élé déplacée. Elle n'est point comme elles à une distance égale des deux piliers, l.e cintre de lîi porte qui est au-dessous est d'une architetture différente de celle qui lui est parallèle, ce qui annonce qu'il y a en des remriniemens dans cet espace comme dans tout le reste, et qu'elle a pu être Taile ilepuis qu'on a donné à cette église le nom île la Madeleine. Au-dessous des deux figures qui restent dans cet espace, il y en avait une couchce le long de la plinthe, et dont une m;iin qui est restée porte sur le pied de In figure assise représentant Jésus- Christ. La figure tombée était la Madeleine , et l'autre est Simon le-Pharisien ; leurs habillemens n'ont aucune ressemblance avec ceux des autres Dgures.

Dans l'examen de ces monumens, M. Lancelot n'a osé voir.comraequelquesanliquairesleconjecluraient, Charles, fils aîné de Charlemagne, Pépin, son second fils, Hildegarde, sa seconde femme, Adélaïde, Bertheet Hildegarde, leurs filles, non plus que Hernard, lils naturel du même empereur, encore moins l'évoque Turpin et RoUmd-lc- Furieux , malgré le cor tiue l'on attribuait à la sixième fi},'ure , avec d'autant moins de raison qu'il en est séparé par la plinthe, et qu'il appartiendrait plus naturellement à la seconde figure , puisqu'il est dans le même espace. Four le prétendu bâton de commandant, à cause duquel on croyait reconnaître Roland-le-Furi6u\ dans celte sixième figure, il n'en a coûté ù M. Lancelot que d'arracher de la

*io

HISTOIUE

terre et des herbes qui en masquaient la pnrtie distinctive , pour faire voir que c'est une liaiiie d'armes. A l'égard de Charlemagnc, il ne l'a pas entièrement méconnu, ni Louisle-Débonnaire ; mais au lieu de voir le premier dans lu Bgure numéro trois , comme ceux qui l'ont précédé en pareil examen, c'est dans celle qu'il a distinguée par le numéro premier; et il a cru qu'on pouvait reconniûtre le second , non au numéro quatre , mais au second , où le cor qui est dans l'angle vis-à-vis celle figure, pourrait bien indiquer en général, suivant la conjecture, le penchant pour la chasse des princes que ces figures représentent.

Cet académicien a esposé à la compagnie dans laquelle était enrôlé l'ahbé Le Bœuf, grand antiquaire, que tous les ornemens, tous les attributs des onze ligures de ce portail conviennent, sinon aux derniers leinps de la première race de nos rois, du moins au commencement de la seconde, et cela sans être désavoué, et qu'il est à croire que ces figures sont antérieures au dixième siècle, et, conséquerament, au roman de Roland , que Ton avait suivi à Cliftteaudun , pour ilonrier des explications de ces anciens mo- □umens.

L'an 1680, on découvrit l'entrée de la chapelle demisouterraine à laquelle les chanoines donnèrent le nom de Sainte-Geneviève, par respect pour la piitronne de la première maison de leur congrégation, qui est Siiinte-deneviève, à Paris; des pavés qui s'enfoncèrent dans l'aile du midi de leur église, donnèrent occasion à cette découverte (1).

L'existence de ce souterrain n'était pas inconnue; les formes de ses vitraux étaient apparentes du côté de Sainl-

(i) Comme clic eat humide, les clianoioes ie sont Jassës d'en Hiiirc usoge, l'uni destinée , en nSB, à leur servir seulement de stSpuilure, el en ont réduit l'enlrèe qu'ils ont fait recouvrir d'une large pierre.

Aigiian ; son nom ne l'était pas non plus : on l'appelait la Crypte ou Cuve de Sainl-Jacquos. On y n étnbli In conCrérie de la Croix, dans une mission faite par les Jt-siiiles. Les statuts de cette confrérie, en seize articles inaprimés, furent approuvés par Paul de Godet, évi^que diocésain , le 2 février 1708. Hti 1710, on découvrit la suite de cette église souterraine et son rond-point qui paraît avoir répondu aux bas-côté» qui entouraient le chœur de l'éj^lise haute, avant qu'on l'eût raccourcie. Il est clair que l'aîle du midi devait se prolonger sur la chapelle de Sainte-Geneviève, Ainsi ces souterrains faisaient le même effet probablement que partie de ceux de l'église de Chartres.

On a exagéré quand ou a dit que Ion avait fait cette dernière découverte à quarante-cinq pieds de profondeur , à moins que , par celte prolbn Jeur , on entendît à peu prés le sol du rond-point de cette église souterraine, dont la communication a été reconnue s'établir avec la chapelle de Sainte-Geneviève. La découverte de 1710 a été occasionnée par la nouvelle construction de quelques portions de l'Abbaye. D'où il paraît que cette église basse n'était pas plus souterraine à l'orient qu'au midi, et peut-être que, dans son origine, elle ne l'était qu'en partie au nord.

Le rocher sur lequel Chiltedudun est assis a été applani en différens temps, pour rendre la ville moins inégale. La paroi méridionale de ce rocher était ta moins escarpée ; c'est ce côté qu'on a dû naturellement combler. Les murs de clôture de cette ville, au midi, ont soutenu ces terres rapportées, et d'une colline on a formé une terrasse. La même marche a été suivie dans la dernière reconstruction tic Cliàteauduu. depuis la terrasse de In Madeleine jusqu'à l'emplacement de l'ancien grenier-à-sel , au fond de la rue de la Vieille- Salle (*). Il en est résulté que le pavé de la

/} Voir Paiiçioii ptdti , t[UÎ Tuit pMttîc de VAtium eu €ujp*\itlt Viiuoit^

HISTOIKË

sortie de la rue du (luichet a lu même élévnltun que celle du cintre de Ifi porte de ville que l'on y n dt'lruite. Il resle en terre, au ménie ondroil, une preuve de ce quej'avance. Sous le pavé actuel, on peut en trouver deux autres : la première vers le niveau du bas de la porte détruite ; l'autre environ huit pieds au-dessous ; ce qui indique que Je souterrain n'était pas plus entorré au levant qu'fiu midi dans son origine. Il j en a qui ont dit que cette L'gtise soûler* raine aviiil été construite par les premiers chrétiens de Cliâteaudun ; mais comme ceux qui ont vu le rond-poitit caché ont écrit dans un mémoire qui est dans le Cltorlrier de l'Abbaye , que son architecture ^l'tait assez semblable à celle du portoil dont nous avons parlé , il n'est pas naturel d'assigner à l'église soulernitiie une si haute antiquité. Il est vrai que la Iradiliou de Châtenudun aliribue en {général à Féfïlise de la Madeleine ta gloire d'avoir été fondée par les tjdèles de celle ville , sur la [in du cinquième siècle; aussi lorsqu'on dit que les églises datent de lel temps , on n'entend pos parlerdes bùlimens qui esisletU acluellcmenl, mais bien de la construction originaire.

La légende de Saint-Avenlin est le plus ancien témoignage écrit de celle tradition , et quoique du douzième oii treizième siècle seulemenl, il n'est pas plus à dédaigner que bien d'autres du même genre qu'on ne l'ait aucune difficulté d'admettre, parce qu'ils n'ont point élé contredits lorsqu'ils ont commencé à paraître. On n'a point de preuve que ceux qui vivaient dans ces siècles aient inventé C6 qu'ils ont écrit à ce sujet ; ils le tenaient donc de leurs pères ou de quelques anciens manuscrits. S'il faut des raisons pour admettre des faits, il en faut aussi pour les rejeter. J'en produis pour refuser au souterrain , lel qu'il est construit, la gloire d'être un édîDce bâti du temps de Sainl-Avcnlin ; je n'en ai point pour regarder comme une fable une tra-

dition qui n'a rien quo d« plniisilile; telle est celle qui donne en général lï-glise de la M.-uleleine tomme un fruit du zèlii du premier évoque de Cliâtoaudun. Pourquoi ne serait-elle pas admissible tant qu'on n'en démontrera pas la fausseté?

Un autre article de la tradition est que l'on doit à la libéralité de Charlemagne l'église actuelle de la Madeleine , ou plut<\t les morceaux qui y restent de la première construction.

Je ne contredirai pas ceux qui avancent quo le premier témoignage imprimé que l'on ait de celle tradition est ce qu'en a écrit Uené Chopin; mais il me parnitrait injuste de le soupçonner, avec uu correspondant de l'éditeur de la Nouvelle Gaule Chrétienne (Gallia Chrisliana), d"ôtrc le créateur de celle tradition, comme il le lait dons un écrit particulier que j'ai entre les mains. Je ne vois pas l'intérôt qu'aurait eu cet auteur, Angevin d'orif'ine, de forger un conte pour illustrer la princij)alo église de Châleaudun, Quand l'église de la Madeleine ne serait pas plus ancienne qu'on s'efforce de le rendre probable dans la Nouvelle Gaule Chrétienne , un serait forcé, par la grandeur de cet édifice, do cliorcherla dépense qu'il a dû occasionner ailleurs que dans le trésor de son chapitre. En eftet, quoique cette église fût très-illustre dans les temps ;i tam prœclara » (1) , ainsi que s'esprime Yves de Chartres dans sa Icltre cent vingt-unième , elle ne brillait pas cependant par de gros revenus. Sa principale ressource jusque-là avait été dans les aumônes des fidèles, en usage dans les premiers temps, et qui. malgré leur fréquence, suffisaient à peine aux be-

(1) Je n'ai lu les lettres d'Yves «le Chartres que depuis que ceci a été écrit. Il m'a paru que la Gaute Chrétienne tùimi une upplicallon tr&sgratuile b régliae de la Madeleine de Cbàteaudun, de ta lettre de Satnt- Ytgs dont ces paroles sont tiréei.

in HISTOIRE

soins du clergé. Si on en attribne les frais aux comtes du lieu , et c'est où semble vouloir nous conduire la NouveUe Gaule Chrétienne, la vôrité m'oblige de faire remarquer que ces seigneurs n'auraient pas manqué de nous éclairer par quelques diplômes sur ce grand acte de religioo ; eux surtout qui , à l'exception des aroortisseinens gratuits , n'ayant contribué à la fondation de t'Hôtel-Dieu et de la Collégiale de Saint-André que par leur approbation , n'ont pas manqué , dans des Chartres , de s'en attribuer la gloire et de s'en déclarer fondateurs , ce qu'ils n'ont point fait vis-à-vis de la Madeleine, du moins par aucuu titre connu.

La Nouvelle Gaule Chrétienne fait valoir une Chartre du comte Thiband IV, de l'an 1148, pour insinuer que cet honneur peut appartenir à ces comtes Geflés du Dunois , ainsi que l'établissement des Chanoines séculiers qui desservaient cette église avant les réguliers. ParcetteChartre, Thibaud lY renouvelle simplement les privilèges qu'il dit avoir été accordés par ses prédécesseurs à la Madeleine, comme à leur église spéciale dans Châteaudun ( sicut capellœ eorum). La Gaule Chrétienne n'admet de prédécesseurs de Thibaud IV dans cette partie , que ceux de sa maison , en remontant à Thibaud-le-Vieux , et conclut que la Madeleine ayant été la chapelle de cescomtes, il est vraisemblable que ce sont ces mêmes comtes qui y ont établi des chanoines pour y faire l'office, » à l'instar des Saintes-Chapelles, » comme elle s'exprime.

Outre que c'est faire précéder les modèles par la copie, on prend , dans cette occasion, le mot Cape//a dans un sens impropre. Il doit avoir vis-à-vis de la Madeleine celui qu'on lui suppose souvent dans ce grand ouvrage, et avec raison vis-à-vis de tant d'autres églises caractérisées de môme dans les anciens titres qui les regardent ; le mot Capella, dans la Chartre dont est question, signiûe, comme dans

Dlj COMTÉ DE DUNOIS.

bien d'oulres. une église paroissiale (I). De ce que la Madeleirio était la paroisse des comtes fieffés , c'ost-à-dire dn château, et (]u'elle a reçu , en conséquence, de Thibaut) lY , le renouvelleniejit des privilèges dont nous venons do parler , il ne résulte point qu'elle n'ait pas eu son existence, son collège on monastère de chanoines, ni même ses privilèges , avant ThiLiaud-le-Vieus , et que , dès le temps des comtes amovibles, elle n'ait pas été la paroisse de la forteresse, dont les commence mens se perdent dans l'antiquité. Ni saint V'ves de Chartres , ni personne des temps où la Gaule Chrétienne semble désirer que l'on fixe l'origine de l'église dont est question , n'a parlé de cette collégiale comme d'un élaliljssemenl nouveau de ses premiers comtes fieffés.

Un jtctil manuscrit, mais récent, rempli de dates concernant Cliâleaudun , [tar M. de Jean Meuriier de la Hogue , fait mention de la construction de cette église par Charlemagiie en l'an 813 ; c'est un an avant la mort de cet empereur. Si cette date était aussi bien fondée que les autres du manuscrit, elle assurerait la conjecture de M. Laiicelol, qui a présumé que Charles-le-Chauve avait fait achever cel édifice commencé |)or Cliarlcniagne.

Si on ne peut apporter comme une preuve de la tradition qui donne cet empereur pour fondateur de l'église actnelU* de la Madeleine, un verre singulier qu'on y conserve de temps immémorial sous le nom de Verre-de-Ckarlemagnc , du moins celle circonstance servirait jusqu'à un certain

(1) Ou cji |ieul vuir uu exemple danK un. Une île Suint-Avil, où ce letu)v Capetlai en parlant de l'église de SaioL-Pierre, ne peut être pris dans un autre sens que celui que nous oITic, en françai», le mot Paroisse, La chapelle des comtes ficlTès, prise grammalîcaleinenl , (tait duus la cou imême de leur cliAleau. L'an 1153, ils en accordècent lu desserte aux chanoines i-ëguliers de (a Madeieioc, substitués aux séculiers, comme je l'ai vti par nu titre de l'abbaye.

26 HISTOIKE

point à corroborer cette trarlition. C'est une coape d'un verre qui a peu il'épaiïseur et qui e:<t taillé on rorme de gobelet. Elle est enchâssée tiaiis une soucoupe d'argent qoi m'a paru de bas aloi et qui a une patte qui la rend assez - semblable à un calice ; le tout a neuf pouces de hauteur, et la coupe cinq de diamètre. Le verre ost orné de filets d'or ! I et de compartimens en émail et en petits grains, les uns bleus, les autres blancs, séparés par les filets d'or. On y voit une inscription arubc qui indique que ce vase a été la coupe d'un monarque. Klle a été interprétée par Frédéric Morel, interprète des lanirues et prorc>sfiir à Paris, par ces mois : « Majestas perpétua, vita lowjivva ac sana, for- . tuna aRcemlens , tempua wljHvam , iinperium perfectum. » (') j j C'est sans doute trés-graluitcmenl et par une interpréj ; tation erronée des histoires du nuiinc Kngolis, d'Eginhnrd ■ j et du poète saxon , que l'on a voulu faire pas.*er ce vase j! pour un des présens qu'Aroun-al-Raschid, roi de Perse, I ; envoya à Charlernagne on 800 ou 802 ; car, dans le détail de j I ces présens, ces auteurs ne disent rien de cette coupe qu'on il peut avoir raison de nommer Verre-de-Charlemagne, quoiqu'il ne reste aucun témoignage par écrit d'une antiquité sulTisanle pour rendre incontestable la tradition qui concerne ce vase. Des amateurs d'antiquités ont fait des offres à son sujet qui n'ont jamais tenté les chanoines de la Madeleine.

L'aigle à deux tôles etép'.oyée, que celte abbaye a choisie pour ses armes, peut bien passer pour un monument du souvenirrecoimaissantdeschanoinesquil'onladoptéeenvers le grand monarque qu'ils ont toujours révéré dans leur maison comme son restaurateur; mais il ne date pas d'assez

(•) Ce Taie , ichangi , Ter» la On de l'an Vil '1799) , aTec radiniiiMralian déparicmenlale , pour une aaiex grande quantité de livres qui formèrent le nojnu de la bibliothèque de Cbâ* teaodan , est maintenant dans le musée de la Tille de Chartres.

loin pour Caire preuve décisive de In réalilé des bienfaits de Ciiarlem;i{^tie en faveur de ce chapitre (1).

Celte nuirque réœnle d'un ancien souvenir, attaquée dans la Gaule Chrétienne , a fait d(Tider ù ses auteurs, aussi légèrement qu'inutilement, que le sceau d'une chartre de celte nltb-iye, du l'an 12112, qui porte cette aigle à deux lôtes, est le sceau de l'abbé de oc temps et non celui de l'abbaye. Ils n'auraient point mal fait cependant, pour en convaincre le public, de lui apprendre de quelle maison était Girard, pour lors abbé de la Madeleine , dont on ne connaît que le nom, et de faire voir que cette maison portait une aigle â deux tôles dans son écu , au lieu de nous donner à celte occasion une liste de personnes qui ont ou qui ont eu celle aigle pour armes, mais qui n'ont pas plus de relation avec Girard qu'avec son abbaye.

Quand le sceau de la chartre en question serait celui de Girard, il n'en est pas moins vrai que, depuis Irès-longtemps, le sceau de la Madeleine est le même. Quoique l'ancien sceau de telle abbaye, qui était la figure d'une sainte, ait Ho en usage jusqu'en 1225, comme l'insinue la Gaule ChnHienne , il ne s'ensuit pas que le chapitre ne lui ait pas substitué l'aigle à deux tôtes de l'an 1292. Tout homme impartial aura donc de la peine à acquiescer au jugement de la Nouvelle Gaule Chrétienne . qui décide que ce sont des sornettes ou une impertinence fgerrœj, de regarder l'aigle de la Madeleine comme une marque impériale et un juste souvenir de la fondation ou restauration par un empereur, encore môme qu'elle date de plus loin que l'écusson des empereurs d'Allemagne qui porte celte figure (2).

(1) On ïoU aussi l'aigle éployèe sur un nnlique bénitier el sur Icf plus anciens Mlituciis Je l'abbaje.

(2) Cbarlemagae rétablit les aij^les romuines sur les (:tcndard5, et surtout j'ai|;)c il deux têtes, origine de l'écu&son de ses successeurs.

i>8 HISTOIRE

L'histoire nous apprend qae l'aigle éployéc était une marque impériale dans les armées de l'ancienne Rome , qu'on en voit sur des médailles d'Auguste , qu'il y en a une de sculptée sur la colonne de Trajau ; que l'aigle à deux lôtes était employée lorsque deux légions campaient ensemble. Le choix des chanoines de la Madeleine , i>our les armes de leur communauté, n'aconséquemment pas moins de justesse qne celui des empereurs d'Allemagne , quoiqu'il l'ait précédé , et il n'en est pas moins propre à rappeler le sïouvenir d'un fondateur ou d'un bienfaiteur couronné à Rome. Jean Basile, grand-duc de Moscovie, n'a pris l'aigle pour armes que parce qu'il voulait qu'on le crût descendu des empereurs romains.

Le chapitre de Saint-André ne date au plus que de sept siècles ; cependant il est à sa troisième église. Je n'ai pu découvrir si la première , qui ne devait être qu'un trèspetit édifice , était dans une partie de l'emplacement où les deux dernières ont été construites, ce qui est assez vrai- «lemblable.

Il y a cependant des personnes qui ont cru que les premiers chanoines de Saint-André avaient habité uue chapelle dont était en possession une confrérie de Saint- Sacrement et les chapelains. On reconnaît cette chapelle aux restes de son bâtiment souterrain qui sert encore de cave à une des maisons de la rue de Luynes , sur la place de Saint-André.

Quoiqu'il en soit, les chanoines de Saint-André de ChAteaudun obtinrent, l'an 1211, de l'abbé et des religieux de Donneval , une censive et un terrain convenable pour bâtir , est-il dit, une nouvelle basilique en l'honneur de l'apôtre Saint-André. Les termes de nouvelle basilique semblent assez indiquer qu'il y en avait une plus ancienne, à moins qu'ils ne fussent relatifs aux autres églises de la ville. Il ne me parait pas naturel de le supposer. Le don est fait à des

Page 1