‹ Histoire du comté de Dunois, de ses comtes et de sa capitaleChapitre 3 sur 15 · SI · texte numérisé non relu

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chanoines et à un cliapitrc qui subsistait bien avant ce temps, et consùqueiiimL'nt qui tievaJL'nt <^tre eu possession de qutilque chapelle pour leur oITice.

Suivant uo méniflirc, qui est dnns le cliarlrier do laMadetciine. l'église, pour laquelle les religieux de Uonneval fournirent un terrain, ne fut finie que l'an I2,j9.

Elle était composée d'une iiefi deux pignons, qui n'avait pas plus d'élévation que deux ailes qui raccompagnaient et dont on voit des restes au fond des deux chapelles qui forment la croisée de l'église d'aujourd'liui. Il y avait dans sa tour, que son peu d'élévation rendait imparfaite, deux grosses cloches et quatre petites. Cette église, comme on sait , a été consumée dans le dernier incendie général. En construisant l'église actuelle (*) , outre le fond des chapelles de la croisée , on y a conservé de la précédente trois côtés de la tour, rétrécie dans la nef on elle avançait trop, le pignon du couchant, dont on a rasé la pointe et refait la porte. On a abattu le pignon de l'orient et rasé le mur de la ville qui y était adossé, pour faire le rond-point qui est sur le terrain de ta paroisse de Saint- Valéricn et le talus de l'ancien fossé de la ville. Cette nouvelle éj^iise a été finie et bénite au mois de septembre 1731 [().

{■i) On avait fait d'abord dans cclla igVifie des stiilles qiii rnmplissaicnl le fond ilu rond-point el un autel ù ta roniulne; le (oui d'un a5s<!i inauvuift goùl. Les ciianoincs, pnor ne plus 6lrc exposés aux regards des nssislans, avaient fait [ilnccr Dn;uitc ces slallcs cuinuie celles d'ù-préseiil ; Ifsqiielli;», ainsi fjucl'aulci, sont du dessin el de Texérution d'Elicnuc Cîùincnl , Irabile menuisier de CliHlcaudan. L'enlrée dn clircnr; en fer, est de Jean- René Ncsle, artiste de génie, originaire lic la mOrac ville, rtisidanlà Parii. Les grilles de l.-i Snintc-Cliapelle de CliAlcaïuliin sont :inssi de Ini. Celles de Fonlevraull et sa dessins, conimr celui que les clianaines de Notre- Dame de Clitirires viennent de lui dcmantler pour l'enlri^c de kurclia'tir, sont sus^i goûtés <]ue l'exéculion de sc9 entreprises est louée. Artiste en plusieurs genres, »es avis sont recherchés.

[') Li dtntière tgliw a été diU-uile il* fand ^r romlWp d»-pi]ii 1793 , <l vnr ion fniptie»nn?til, derantl propriété roiiimiiiialf , M trouvenl aujoiir^i'liui IV-cole JViiB«i^'nFment mullipl i*! I> catlr da tbiltra.

HISTOIKË

Lo Sai^tb-Cuafelle, dons te cbAteau. sous l'iuvocation de la sainte Vierge el de sainlJcan-Bapliste, esl un 'ouvrage du quinzième siècle, esliiuédesarchileclcs. Le voisinage de la tour et ses belles vitres peintes, ne lui Ii)is$ent qu'un (iunti jour sCtIcux qui porto au recueillement (*}.

Les ('JK'rniiiL'es qui sont dons les doux cliapcilcs, en côlé du saiicluaice . ne sont sans doute qu'un cQ'et du zèle de la princesse Agnès de Savoie, pour pouvoir proUter des plus longs offices dans les saisons rij;ourcuses.

Au-dessus do lo voiUc de cette église, il y a une autre chapclk qui était cunsacrée e» l'Iionneur de saint Vincent , diacre. Elle est profanée depuis longtemps. Dans la procession que In paroisse de Siiint-Aignnn faisait tous les ans le jour de Saint- Vincent, au château, on montait autrefois à cette chapelle pour y faire une station , en reconnaissance du don fait par un des comtes de Dunois, d'un morceau du crQne du saint diacre.

L'église du chapitre de I'IIôtel-Diku, qui esl sous l'invocation de saint Mcolns, a été bâtie en 137.'>. Elle succédait à une cluipeile, premier oratoire des frères , prêtres hospitaliers du cette maison, La nef en esl restée imparfaite ('•).

Outre les chapitres, il y a dans la ville trois paroisses et quatre dan» les faubourgs. La première , comme je l'ai dit, est celle de la Madeleine , dont l'autel est adossé au jubé , dans la nef que l'on a remplie dans ces jours de bancs uniforn^es (***). •

L'église paroissiale de Sai.nt-Pieuke n'a plus de celle qui a été brûlée en 1723 que le pan de son oile , où est d'un

. ('] Celle ctiapdiv qui, dcpuEjl795, ilaîl tlaii, Iç plu» ilrplonblif étal de déerodiiioti , cldimt ce ipit reitntl dri ma|riiifl(iuet vitriut peint, t\u\ la di^coraff^iit , a éle eulvvr , lor, de PiiiTafeion [ de IdlS , par tes Prawieni , eat aujourdliiiî. grâcea am aotlic de Xt. I« duo d« Lvynes, en vota de TéparatioTi.

|"J Ctllc égtiH] a ct^ démolia en 1794 . ul «ou fliuplacflmeDt fait paitie de la cour nL'tuelle de niMAVUa.

^"'\ Le jtiltè a élé snppiimé , cl Taulul a été adnisê aa chef et tic TégliM.'.

DU COMTÉ DE HliNOIS.

bout lu porle d'entrée , de l'autre son clocher de pierre. Se» trois cloches sont les seules des trois églises brûlées le même jour, qui aient échnppé à l'activité des flammes, A \a réserve de l'.inse de la petite. Les titres du onzième siècle font connaître qu'il y avait un cliapilre séculier dans celle église dépendant, dnns les temps, de l'abbaye de* Saint- Avit. De collégiale . saint Yves la rendit monacale . comme Je le dirai dans la suite (*).

Il y en a (jui font remonter l'origine de l'église paroissiale de Saint-Lubin ou temps de saint Avenlin . aussi bien que celles de Saint Pierre, de Sainl-Médard et de Saint Jean Saint Klienne, aujourd'hui son second patron, l'a clé le premier jusqu'après la mort et le commencement du culte de saint Lubin, ou, par reconnaissance d'un miracle qu'il avoit opéré dans celte paroisse , on l'y a établi piiniipal intercesseur auprès de Dieu. C')

On croit que l'éslise de Saint-Valérien a surcédé a une aulre qui était dédiée à saint Jncqucs-le-M;ijcur, et que c'est pour en conserver la mémoire que l'on a rais sous l'invocalion de cet opiMre la f^rande cliopelle qui , jusqu'à l'incendie dernier, rcnrennait le labernncle. La suspense du grand autel étant incommode pour la communion , oii l'administrait habituellement dans cctlp chapelle.

L'église actuelle de Saint- Valérien peut élre du onzième siècle. On croit son beau clocher de pierre plus récent.

La donation d'une maison située devant Saint- Vnlériet) , par Herbert, chanoine de Notre-Dame ou Sainle-.Maric do Châteaudnn . aujourd bui la iMadclcino , à l'abbaye de Saint- Père de Chartres, confirmée par saint Fulbert, qui a coin-

(•) Diniiolic ni riilirr •«« mii i^loclicr •iil79&, «oii tiiiplnctnifiilRrl i' coiif 4 l'hiopice art lliciirabltff. fï.it(l« Qii 1S24 pac V. U cbuvaKvr du UeauMi, cldtfÏB^par dri .«nrtdt. In n.RU>i. do 8aint-l'>nl île CbtrU'u.

[•'! Vcmlue en 1793, colle rgliâp ««rlU prildNlIl plurivurt Mnti-t* do mnppgin* Jt Im»!.-, liti mur» de oliltun- »uh»)âtriit » n p>rlro , «l Tml^rHiur est mjj.njril'hu i coiiverU eu {ardlii.

IIISTOIHE

meiicé à siéger en lOOG, est le plus aiiiien litre dool j'aie eu communication, qui iassi; mcnliori île l'i'glist; île Saiiit- Valéiieii. Celte église lui douiiée en 1037, par te comte Eudes secotitj, du runseotcmcnl de Thibniui 11! , aux religieux de Pont-ie-V'oi , dont l'abbaye venait de commencer vers t03fl; doniition i|ui fut cojifiniit'C avrr. d'autres, par le comte Etienne, l'an 1(>89. ]>ej>uis ce temps, réalise paroissiiile de Saiiit-Valérien n'a cessé d'ôlre en même temps iimnacule et olK-dioticc de Pont-le-\'ui jusiiu'au quinzième siècle, que lu petite coinmunnuté s'est reltrée et que la portion des moines est devenue ce qu'un appelle prieuré simple.

L'an 13(52, les environs de l'ont-le-Voi éluiit iidestés par les troupes ennemies , et Guy de Palhiaii , abbé de ce monastère, étant mort, le chapitre commit les prieurs de Sflint-Valérien de Cliâteaudun , de Tenaî, de l'ianiersel de Sœurs, avec l'aiiuiônier do l'abbaye, pour élire un nouvel abbi'. Ils procédèrent à l'éteclion [lar eitraordinaire, dans l'église de Saiut-Solcrane de Itlois , et clioisireiil Matideu Prémil, prieur de Valençai.

Dans le quinzième siècle, le pape Nicolas V donna le prieuré de Saint-Valérien avec Tabbaye de Pont-le-Voi en commande à (luillaume , son chapelain. Celui-ci eut quelques difficultés avec Pierre de Mincy, évCque de Chartres, qui lui demandait dix livres dix suis pour son droit de visite au prieuré de Suitil-Valérien, ce que Guillaume refusait. Ils transigèrent sur te diûérend le 23 mars 1V5I.

Il y aeu deux curés dans l'église de Sainl-Valéricn jusqu'au dix-septième siècle. Les deux titres ont été réunis sous Edme-le-Veil, qui était curé eu 1675. Le curé était protonotaire apostolique du nombre des partiel pans, et chanoine honoraire de la cathédrale de Chartres. Il obtint plusieurs indulgences pour soir église , et augmenta le nombre des reliques et les dévolions qui y subsistent.

La paroisse de Saint- Valérien 6lait enlièremcnt hors de i'ciiccinlo (Je la ville avant l'incecidic de 1723, quia donné occasion de prolonger celle ville jusqu'au pied de l'église dudit Saiul-Valùrien , sans cependant que les murs et portes de cet agrandissement oient été construils comme il était ordonné par l'arrêt du consoil-d'élat du roi. du 7 décembre J723.

Cette paroisse , outre ce qui en dépend dans la campagne, était composée autrefois de plusieurs bourgs, ainsi que l'on s'exprimait dans Ii*s siècles antérieurs . et que l'on nomme inaiiili^iinnt Tauboiirgs. Ces bourgs, qui avaient chacun leurs clôtures , étaient : lo bourg du Comte, qui renfermait l'église de Saint- Vaiéricn , le bourg du Vicomte , où l'on construisit l'église du Saint-Si'pulcrc, le bourg de la Tannerie , dont Saint-Médîird n'ii que la moindre portion , le bourg de Villeraai, qui commençait à la porte du bourg du Comte, au milieu de In place du Hasard, jusqu'à la porte Blaisoise, et le bourg Neuf, dont il est menlion dans des titres du douzième siècle, et qui pouvait Ôlre le Val, depuis le quartier de Saint-François ou bourg do Villemai , jusqu'au Val dit de Sainl-Aignan. En ce c.is , le bourg Neuf, comme celui de Villemai , était renfermé dans le fief nommé alors comme aujourd'hui Tuelièvro . dont la maison seigneuriale était où se trouve aujourd'hui la première porte de l'entrée desCordcliers (*).

11 n'y a aucune église dans Chfttenudun dont l'antiquité soit constatée comme celle de Saint-Mkoahi), par quelque monument tel que le tombeau de saint Avenlin. La plupart des anciennes églises ont commencé dans les faubourgs des villes, et celle de Saint-Médard , en conséquence de son

(■) t/é([lif((.> ri la p»TOi*tc mit été conicnréM, rt d'aprèt I«j nuur^llci di^liniilalioni Je paroÏMiti dcpuii 1790« cvllo de Sjiiiil<TBlcri«ii CDiiirm: ion Ancien territoïrp ftoua la dénomination de ■ucçnrsalç,

IllSTOUŒ

monument , peut bien ôlre regardée comme le premier endroit oui! a étt; permis d'adorer Jésus-Clirist publiquement. Suivant la tradition de Chûtcaudun , le corps dn saint avait été rais d'abord dans la oliapcUe qui lui est dédiée, et dont la voûte naliirellc est le rotlicr; si l'aiitrp, où l'on a rL^nierraé le corps du saint, n'a pas été le premier oratoire de ses ouailles , il est à présumer qu'il en devait être bien proche. Le premier patron de cette église a été saint Michel , qui n'est que le second aujourd'hui. J'ignore les raisons qui ont Fait donner la préférence à un conleniporain de saint Aventiu. Quelque reconstruction de celte église, qui a ét<i exposée à bien des révolutions, a pu en fournir l'occasion. Nous verrons son dernier désastre sous l'an 1.^90. Les murs ne furent pas assez endommagés pour ne pas sooleuir une nouvelle charpente. Elle resta trùs-longlemps sans lambris, et ses deux ailes n'ont encore que la simple couverture. Elle a été donnée aux religieux de l'abbaye de Saint- Lomer de Blois, établis dans le petit monastère de Saint-Gilles, mùme paroisse (*).

Saint-Jean lire, à ce que l'on croit, son surnom de la Chaiue, des servitudes auxquelles les liabifans sont restés assujettis , et spécialement ceux de son b(turg ou île de Chemars, après que ceux de la ville et des autres faubourgs en eurent été aflranchis par les comtes. Je n'ai rien dé-

(■; OUt* «pliw , nui pctidiiiil Ir* année» 1793 et 1794 fut coti»ertî(! m un nti-lîvr où l'oi» confeclîoitnail If alp^li-o au cnniptu du pnuTirMriiictilf il ùlt atiL-uéu en 1793, n IVncepiion di- Wih gaucli* fjtit fui diMiiolIo |n'ur V-Jargir loruv de Saint-MMlnriJ. Il tir rr<tc pltif que l^jocliiii portftil deynnRtit rur lu carrefour ; \v furplo* dv l'uniploccmetil Hrtdv h»nf,ti. Lu piruikK a clé Kiimc tiilte dr la ^ladeleme. A rhacuii dva cûlûs di: la jiortc rtait pUiiié un onite fort ricvè, rt ili llpureiil Imu ticus Hir un ancicii deHiii du diitcay et d« *e« emirontt joiul au manuscrtl de U. t'iLLé Darda».

I,ei rLiît|uc> du MÎnt Avent3n , avant tpjr le tnnibem qui les eante-imit fcSt vîulâ par lei miidaleide ITM^ «MifiU vlè reciuîllSct par d«s pf-irMinrci reliprusca, ct-dèpnscrs, Après la ruotifrrture de> ^glisci , piitrr Ici majris de M TiibUi llonrdîn, vicairr di< In Mndult-hii! i-i cliapGbin de t^llûl-cl-lllru. UiiM piirlic fft nialiiiunant rfnftrm^B datii un relitfuairc rxpoitc dant IVgtiir de la MaJtlriuHs, avec É'auloriïatiuti de l'Ordîuain:. Lt reste «it -eu dtpfll Boui l'aulnl de Tt nouicUe cbapi'll? de l'Untrl-rïîtu,

DU rOMTE DE DUNOIS.

couvert de l'époque de la cotistrucliori de l'église de Saint- Jean. La tour est du seizième siècle. Les armes des Longueville, qui y sout seulplées, semblent indiquer qu'ils ont ou part à la construction de ce dernier étlificc.

Dnns une bulle de Clément H, de l'an 104-7, en faveur de l'abbaye de Vendôme, il est fuit mention de l'église de Saint-Jean comme ayant été donnée à cette abbaye par Théodoric , évêque de Chartres, aussi bien que dans une bulle de Victor II, de l'an I05(i, toutes deux insérées dans la Gallia Christiana. Mais il est singulier d'y lire que cet évêque a donné seulement à Fabboye de Vendôme quatre églises, et d'en trouver cinq dans le délail. Il m'a |taru que c'était celle de Saint-Jean qui y était mal à propos ; en effet, le chartrier de Marmoutiers renferme les actes de la donation qui a été faite de cette église, par l'évéque Yves, pour la portion qu'il y avait, cl par Raduiphe, Ris de Lancelin , de Bcaugeiicy , pour le droit qu'il avait à la moitié de SCS fonds, qu'il abandonna audit Marmoutiers l'an 1092, enfin, par Robert, kijedoclaSy peut-être Languedouo, qui avait droit à l'autre moitié des fonds. Il s'en démit en laveur du même monastère , entre les mains de Geoffroy de Lèves, successeur de saint Yves et de Goslen , archidiacre de Danois , un dix-sept des calendes d'avril , étant prêt de partir pour la terre sainte. Sa mère Héloue eut part à cette donation. Quelque jogument que l'on porte des bulles de Vendôme, Marmoutiers a conservé ses droits sur l'église de Soint-Jcan ; et la nomination à la cure ne lui a échappé en faveur de l'Ordinaire, qu'à la réunion d'une portion de son abbé à l'archevêché de Tours, faite le -2!) octobre 1737 (').

En quelque temps qu'ait été bûti le beau vaisseau de Saint-François, dans le couvent des Cordeliers, on ne

f') Vé^ÎH de Saiut-Jtflii a été coitiarT^e comme fuccurule.

^^^^^t^^^^kMî

croit pas que ce soit la première église où ces menJians aient pratiqué les exercices de la religion , Jepnis leur établissement à Chaicaudun. Si cet édilice n'était que du temps delà Dédicace, ilnedaternitque du quinzième siècle, mais on le présume plus ancien (*).

La petite église de la Trimté, aux religieuses de la congrégation de Notre-Dame, n'est que du dix-soptième siècle (").

Outre les douze églises, il y a encore plusieurs chapelles à Cliûteaudun. Celle du Saiivt-Sépulcke n'est qu'un reste d'une église monacale et paroissiale fondée par Gcotl'roy , premier du nom , vicomte de Cliâtcaudun , dans le bourg de sa censite particulière ("'). Ce vicomte, qui était seigneur de Nogent , surnommé depuis Le liotrou , et d'une partie du Perche , soumit la nouvelle église du Saint-Sépulcre à celle de Saint-Denis dudit Nogent, qu'il ne Qt construire qu'après celle dont je parle. Ce n'tstplus qu'un prieuré simple, toujours dépendant du monastère de Saint- Denis de Nogent, habité par les Clunistes. Le religieux qui en est pourvu y fait actuellement sa résidence volontaire. Fraimbaud est le second patron du Saint-Sépulcre, dont le droit de paroisse a été transféré à Saint- Valérien, d'où il avait été distrait pour entrer dans les vues du vicomte fondateur. J'ignore si cette réunion a été l'origine des deux titres de curé à Saint- Valérien , ou si elle était plusaucictinu. L'église et le couvent du Saint-Sépulcre ont été détruits dans le quatorzième siècle; on ignore l'année. Des titres

I') La cucrnc , <lit* !• Crnd-^mrtUf , • r«di]]l*t4 •oiif LouTi XV IV^iiie al le cou'nil.

("J 1/cfIiie et l« couvent, lur Lel ruiuri ili'fquvl» oitt iiii fiilc» dt nouTelIr» coii»tnictionB, Custtil, ainsi que )*enclos, «enclns plufirun fois dpp^jU 1791 , ft rruiiÎB enlin à la j>rnpri*1« dite le ParaJii. Le toul eil fi«te«dè et occupe aujourd'bui jiAt La communauté di-l Dauicl des ijacréi- Cour», qui J a établi uu pciiainnuat.

(*") Celte diapetlf , la maison du prieur et Ici dépendances, aliénées depuia 1790, aonl deTeovet uoe LaLîtalIon particulière , oUTraul sur la rue de (Ibarlrcs.

r>U COMTÉ t)E IIUNOIS.

indiquent que l'an 1371 , il y avait deui curés à Soint-Vnlérien , qui ne me paraissent point avoir conservé de droits dans la clmpello du Saint-Sépulcre. Herbert, puis Hervé, ont été curés du Saint-Sôpnlcre dons le donziénic siècle, fomme on le voit par le cartulaire de la Madeleine. Le Pouillé de Chartres de IfilS, annonçait encore le Saint- Sépulcre sous le titre de Prieuré-Cure, quoique mal à propos pour ce temps.

La chapelle du prieuré de SAiNT-MAnxiN , dans le faubourg et tic de Chemars (1), fondée à la fin du dixième siècle pour les moines de Marmouticrs, par un abus autorisé des souverains pontifes, est devenue le titre d'un prieuré simple comme bien d'autres. !1 a passé de la nomination par l'abbé de Marmoutiers à celle du roi , par l'acte de réunion de la manse abbatiale dudit Marmoutiers à l'ardievéché de Tours , et ses revenus sont administrés par l'économat pour aider aux frais de cette réunion.

L'utilité publique a servi de premiers fondemens aux petits monaslères comme aux grands. On doit regarder celui de rjiemars comme un des anciens collèges où la jeunesse trouvait l'instruction.

L'an 1070, le seigneur Gérard Bonnesse donna à Marmoutiers la terre de Séonvilla , à condition qu'on le recevrait moine, s'il voulait le devenir. . e les religieux lui donneraient la sépulture, quand même il ne le deviendrait pas.

Les religieux Grcnt présent de vingt sols à lirmingardc , son épouse , et ti [rois de ses (ils. pour la ratification de ce don. Ils donnèrent à un quatrième un psautier , et s'obli-

(IJ De Cliemtirlio , par abréTiation , pour Campo Miirlioj comme Cbemars jnour le Cttamp-de-Mars. C'est une marque d'aQtiiguilé pour les villes d'avoir un Cliamp-dc-Mars , où l'ou cierçait la jeunesse au tnâiicr de la gaerre.

kO

UISÏOIKE

aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalero, établis depuis à Malle (*).

L^ maison dii Collège do ChiUeaudun élnil outrefois dans la partie du faubourg de Saint- Valérien qui fut brûlée par les Ligueurs, l'an 1590.

On est redevable de celle d'aujourd'hui h un zélé citoyen nommé Geslain . d'une famille anoblie . originaire de Souancô. Il donna, au commenceracnt du dix -septième siècle, cette maison à la ville pour rétablir un collège.

Nos rois avaient accordé à ce collège si» cents livres de rente, à prendre sur les greniers à sel de Châleauduti, Bonneval et Brou , au moyen d'une imposition de deux sols six deniers par chaque minol de sel. Celte gmlifu-atioii. pour l'entrelien des régens, a été supprimée au commencement du dis-huitième siècle. Ce collège est réduit à un principal régent , nommé par le corps-de-ville , qui peut le révoquer. Il a, du bureau de l'hûtel- de- ville, trois cents livres seulement, avec le logement, et il est obligé de fournir un second régent. M. Charles-François de Mérinville, évéque diocésain, y en avait entretenu deux autres à ses dépens, pendant quelques années , pour en faire sentir l'ulitité et exciter les personnes aisées du pays à suivre ce projet, en donnant des fonds; mais son exemple n'ayant pas fait l'impression qu'il en attendait, il a supprimé sa gratification quelque temps avant sa mort ("].

Les trois frères des Écoles CtiiiÉTiKNNBS de la communauté de Sairiit-Yon de Bouen , que MM. les ducs de Luynes et de Chevrcuse père et Ois . comtes de Dunois, ont établis dans un des bàtimens du château , à gauche de la porte

[') Cette cltapL-Uc , lo cioulin et les praîrii^B qui eu dépendaient furvut âliènci-s dam Ict |)remièreidiiuées 4le la réfnluUnn.

{") En 1813, le coUége a été lraiiir<;rK à la rnaîdon rup de Luyiiri, aclieléc par 1a tIUp, qui lui iceorde uneiubTcnlinn nniku^lltt. I.a bibliothriun puliLiquc y a ilé Iraniîcri'o cq 1I919,

'il

d'enlrée de la cour, conliiiueroril sans doute à se rendre très-utiles, tant qu'ils jouiront d'un honnête nécessaire , sans superflu (*).

C'est peul-élre un étal de langueur dans les classes des religieuses do la Congrégation de Motre-Uamb, quia porté tfitme Jlorie Pas{juior (veuve du Charles Goulu, sieur de Coulmier , ancien professeur en droit dans l'université de Bourges , et trésorier de France à Moulins) , résidant dans la maison dite de la Itain ville, paroisse do Sainl-Valérien , à fonder une nouvelle école de Biles >crs 17'»0, dans la juéine paroisse. Elle a donné à cet eiïet une maison rue d'Orléans et un fonds de dix-huit mille livres, pour y entrt'tenir deûx filles capables d'instruire les enfans de leur seie, surtout les pauvres, en tenant école publique deux fois le jour. Les lettres-|)atenles pour cet établissement viennent d'être accordées à cette dame en 1761 ('*].

Demoiselle Marie-Jeanne Roger, lille d'un médecin de Châleaudun, dont la charité n'est pas moins solide que celle de lu précédente, désirerait bien une pareille assurance pour la fçrande maison près le pont de Saint-Jean, dans le faubourg de Cbemars, qu'elle a consacrée, dans la proportion de sa fortune, à l'éducation, à la nourriture, au logement et à l'entretien de quantité d'orphelines, ou du moins de jeunes fdles pauvres, a qui elle donne pour maîtresses, comme dans l'école précédente, des filles libres de tout engagement. Au moyen du travail de ces enfans, elle y en a fait vivre jusqu'à quarante, dans certaines années (***).

(*) Ce> éct>let, «u|)pi'iniéc»à IVpoquc (1« Ib r^roliUitin , ont ùlr rctaMic* Tcr> 1820, l-I pUcco Atnii In L&timeiifi de l'aiicivn cn)U>ge.

(**) Cette maikOtl nui, tiartuitc dec ^'r^nenien* de la rcvolulîou avait perdu tct rcnlet , ■ été édiaii^^e tu 1S20 &«ei: U départcatuttt, coitlrït une autre située nie tlci Empei^u», etGOOù-. dti rentr- La commune y s i!l:ilili un« nniivcllu école dlrifiée pir âes Kvur» de li Providencv. Vne gmndft riiiintit^ dit jrnnttf fJllei 7 rr(;oivent unt! èduiation pratuiU*. La rente , vn acrnuri de U vllte et une cUik pavante aifuretit rentrcticn do« întttlulricci.

(***) r^^t ridliliiAeiiieiit n éproii*^ If iiu^niv >ort r|u« le\ iiulm. Tependont b iiiuîhou i;t un

JITMDICTIOKH.

Les premiers magistrals, à Chûleaudun , comme dons les autres principales villes de chaque contrée . ont été des gouverneurs ou comtes amovibles, à la volonté des conquérans des Gaules.

Un des plus anciens comtes de Châtcaudun, dont Grégoire de Tours nous parle dans son histoire , sans le nommer , vivait en 58i.

Les appellations des senlenecs de cescomles, sous les premières races de nos rois , étaient portées n la cour devant les comtes palatins . c'est-à-dire du palais, le roi présent ou absent (1). Les Missi Dominici, pendant qu'ils ont été en usage, ont aussi formé une juridiction supérieure aux tribunaux des comtes, et connaissaient dans leurs tournées particulièrement des cas royanx. L'an 8.13, Bouchard, évoque de Chartres, avec l'abbé Fleori , en remplirent les fonctions à Châteaudun, par ordre do roi Charles-le-Chanve. Les comtes amovibles ont rendu la justice par eux-mêmes à Châteaudun, jusqu'à ce que les vicomtes y aient été introduit?.

Lambert, comte de CliAleaudun , qui vivait en 877, peut bien avoir été le dernier comte amovible de cette ville. L'ambition des grands seigneurs, autant que la faiblesse des derniers rois de la seconde race , porta les comtes à user, comme d'une propriété, des districts dont ils n'avaient que la régie. Ces usurpations furent légitimées par Hugues

(1) Les grands seigneun oltacliÊiiâ la coiirajoytùrenl le titre de palatin & celui (te comte, ou le prirent seul , après que la qiiatitti de comie cessa de signifier eiclusireinent ceux qui iiccom)iagniiicnt les roi» cl étaient de leur) conseils ou tcars représeniaDs.

rnclai ont été conirrTés- Qu*Iqu«j l«gii poilérieuft ODt lucceiaitaïuaDt tleré Içi nfmui i COO fr. Alnfi l« ville, d^iiraiil fiire rivivrc 11 fondation, «, Paniato IB28, fait un traili avec Ici damei dt Salnt-t^ul dp Chartref . qui ont pri* ta iliroclion de T^cola et te taot «ngagée» A tenir Ua]T«Dltûniifet J*o^pIJClill«l OU dt pauTrC^.

Capet , qui en avait fait autant en faveur des comtés de Paris et d'Orléans, avant que d'être roi. Quoiqu'il en sentît les inconvéniens, lorsqu'il fut parvenu à la couronne, en 987 , l'affaire clail trop avancée et il y avait eu trop de part pour oser s'y opposer. Il la confirma , au contraire , par une autre innovation qui avait déjà cours : je veux dire l'inféo- (iation de ces offices, en y joignant, en bon politique , la clause de reversion au souverain , eu cas de défaut d'enfant mâle ou de crime de félonie. Quand je dis innovation , c'est relativement aux: usages introduits dans les Gaules par les Francs, et qu'ils avaient apportés de leur pays où ces usages étaient en vigueur.

Thibaud-!e-VieuXj qui ne prenait que la qualité de cqnite palatin, et que les historiens décorent spécialement du titre de comte de Blois, était , entre les grands seigneurs de France, un de ceux qui savaicMit le mieux parvenir, par la force et par la ruse, à la propriété des pays où la fortune conduisait sa domination. IVlatLre de Blol» et de son territoire , Il ne tarda pas à étendre ses usurpations sur le Danois cl à se faire céder le pays Ghartrniii. Plus (laite de la perception des finances et de la levée des troupes, pour parvenir à ses fins, que de l'ennuyeuse et délicate charge de rendre la justice aus peuples , il laissa aux vicomtes presque toute cette dernière partie de l'administration. Ce n'est pas que les deux prtMiiières fussent autorisées par l'inféodalion, dit Loiscau; selon lui, elles n'en faisaient pas plus partie que les autres droits que lui et ses semblables s'arrogèrent, de faire battre jnonnaio , faire grâce aux condamnés, légitimer les bâtards, naturaliser les étrangers, rappeler les bannis, amortir les biens d'église et donner des lois quelquefois aussi odieuses que bizarres , dont on se ressent encore dans quelques coutumes. Au reste, ce Tbibaud , surnommé le Tricheur, était bien dans le cas de ne pouvoir

suiBre par lui-môme à rendre la justice n tous ses sujets. Possesseur de In Touraiiie, des pays rjiartrajn, Ulnisois et Danois , qui, plus que lui, avait besoin de substituts dans celle partie?

L'établissement des vicomtes avait déjà paré à celle dillicnllé pour le Dunois-, r.hiUeatidun me paraît avoir eu le sien avant queTliibaud y eût des droits, llampo (1 ) était vicomle de cette ville dès l'an 855 ; mais était-il déjik vicomle fieflé? Les monumens que j'ai vus ne m'ont pas fourni les moyens de décider celle question. Il est évident seulement , par celte date , qu'il a gouverné Ghâteaudun dans le siècle qui a précédé celui du vieux Tlubaud . si la chronologie de la petite chronique de Bonticval esl fidèle.

Les comtes, eu se donnant des vicomtes, ne renoncèreut cependant pas entièrement à Tadminislration de la justice. Outre que leurs prévois ou alloués, ou ceux que l'on Dommail YiiUci, etc., et qui étaient préposés à la régie de leurs domaines , partageaient ces fonctions avec eux et les vicomtes ('2) , ils s'étaient encore réservé personnellement le droit déjuger dans leur cour ou assises, les affaires majeures et entre personnes de baiit rang. Ils élaieul, dans ce cas, assistés du vicomte, de leurs oITiciers ci-dessus et des principaux seigneurs du pays, qui leur tenaient lieu de conseillers.

On voit, dans te chartrier de l'abbaye de Saint- .\vit, que Cécile , veuve de Morel de Courtalain , ayant un di£Fércnd pour des moulins situés prés de Saint-Avil, celte affaire

(1) Le vicomte de Rampo estauisî nammé Renaud dans IcsnrcbirH de Bon ne val.

(2) IJ paraît que dans les commencemens de rétablIsBement des prévâb;, leurs Jonction*, ù l'égnul de radmitiistralioii de la jiislice, iic riijiondaieiit qu'il celte de procureur fiscal, et que leurs princijyates cUargca étaient de veiller sur les domaines des cottiles, d'en iccevoir les revenus, d"en recueillir les impositions ou tailles et autres drolls, et de les exiger par voie de coutraiote.

fut jugée en sa Taveur l'an 1150, parle comte Thibaud IV, tenant sa cour dans son palnis à Ch&leaudun. Cette cour , à l'irailntion de celle des rois, n'avait point de lieu (ixe ; mais comme ïhibaud-le-Vieux et |)lusieurs de ses successeurs préfôraicnt le chôleau de Châleaudim à la tour que le même Thibaud avait fait bALir à Chartres, et au château qu'il avait commencé à Btois, ils y jugeaient la plupart des différends qui leur étaient soumis.

Les vicomtes ayant fait valoir l'inféodation en faveur de leurs offices, à l'esemple des comtes, devenus en partie seigneurs de Châteaudun, et en arrière-fief tenu des comtes, avec lesquels ils partageaient bien des droita-casuels . abandonnèreritcomme eux l'exercice journalierdelajustice, qu'ils laissèrent aller à des ofliciers. J'en vois figurer dans quelques anciens actes qui regardent Châteaudun elle Dunois, sous les noms de vicaires [vicarii), fermiers ou intendans fvillicij, prévôts, cliûlulains (1), et dans des temps plus récens, alloués, puis baillis. Il y en a qui font remonter l'origine des baillis nu temps de Louis le-Jeune, pendant que les comtes étaient à la Croisade. D'autres au règne du roi Robert. L'administraltuii de ces derniers durait trois ans, au bout desquels ils étaient tenus d'en rendre compte. Ceux, spécialement qui ont porté cesdeuxderniércsquulilésétaicnt officiers nommés par les comtes. Les riconilcs ne me paraissent avoir nommé que des prévôts pour remplir leur siège , lorsque les juges des comtes adoptèrent la qualification de baillis. Avant ces temps, leurs représentans, pour rendre la justice , se sont nommés vicarii et vilHci. Les châtelains n'étaient officiers que des comtes.

Si les vicomtes ne se sont pas donné des officiers-juges dès le temps de Tliibaud-le-Vieui , à Châteaudun , ils n'ont pas dû tarder à le faire après lui ; car là-dessus les vicomtes,

(1) Jean Mégret était cliAtclain de Chàleauduu en 1362 (Cartulaire de la MaieUine).

UISTOIUE

en génùral . ont promplement suivi l'exemple des comtes, et se sont créé des seigneuries , môme aux dépens de c«axcU quoique de leur consentement.

La dignité de vicomte, nînsi augmentée , et le proQt considérobie qu'elle rapporlnil . au moyen des droits et des domfiirics renfermés dans l'inrùodatioii , fit de la vicomte de CtiiUeaudun un sujet digne de la recherche des grandes maisons. Ces vicomtes-seigneurs, pour pous.ser jusqu'au bout l'imitation de leurs comtes, se mirent en possession de tenir une cour ou plaids e&lraordinairos, pour juger par eux-mêmes les causes les plus im|)ortantes et entre personnes de distinction. Ils y étaient assistés, comme les comtes, par la principale noblesse du pays . par leurs officiers et m()me par ceux du comte. La noblesse était justement flattée d'une administration aussi digne de son émntation que de sa naissance , Inrsqu'ollf n'était pas occupée à opposer ses armes aux ennemis de l'État, lîllc se mit même dans l'usage de ne point laisser manquer ce tribunal extraordinaire, dans l'absence du vicomte. C'était alors le premier vassal du comte, entre les nobles, qui y présidait, comme il m'a paru qu'on en pouvait juger par le fait suivant.

L'an 1200, CieofFroy troisièmedunom, vicomte de Chftteaudun, étant absent de cette ville, Jean , seigneur de Montignyle-Gannelon , y tint la cour, assisté de Guillaume Papelon, châtelain dudit Châteaudun, IS'icolas, seigneur de Bois- RufHn . avec sesQls Nicolas et Jean. Itobert, de Membrolles, GcotTroy, de Ruan, et de Hubert, de SaiiU-Avit. Il y fut rendu un jugement entre Hicliard-l!a>'ene , écuyer, et les abbés et rêligictii de Thiron , nu sujet d'une maison située à Châteaudun , et d'un arpent de vigne dit la Vigne-d'Ogier, et la cour adjugea audit Havenc dix-huit deniers Dunoisde cens sur les objets , excepté les ventes (1).

(1) Dans la suite , ce cens fut remis aux RU. de Thiran.

m COMTE UK DINOIS.

Les comtes, lassés de tenir leurs cours ou plaids evtraorJinalres, mais ne voulant pas iais.scr aller aux vicomtes toute l'autorilc. confièrent cette fonction à des ofïïciers qu'on nomma baillis; lesquels, enCn , ont changé leur tribunal exlrordinaire en un cours de justice ordinaire et journalier.

Tant qu'ifs cxerci>rcntleurii]ridictionpareslraordinaire, il n'y eut qu'un liaiISi pour Blois et Châteaiidon, ou plutôt pour le Blaisois et le Danois , car ils jugeaient aussi hors de ces villes, sans tribunaux Uses. Les comtes continuèrent même à tïe tiommer qu'un hailli pour ces deux pays, lorsqu'ils eurent rendu leurs tribunaux fixes cl journaliers. Ces baillis alors firent créer des lieutenans pour eux , tant à Bloisqu'àCliûLeaudun (D.etàRomoratitin pour la Sologne. Ces baillis, qui s'intitulaient ordinairement baillis de Blois. prenaient cependant quelquerois la qualité de baillis de Dunois, dans les actes concernant ce pays spécialement; comme Jean do Lèvis , Jean d'Allonville , Jean deBeaosse» tous écuyers. Il y en a des témoignages dans plusieurs titres , et en particulier dans les archives de l'Hôtel-Dieu de Châteaudun , comme me l'a attesté un administrateur, Denis Ëstrivard a été le dernier seul bailli général pour Blois et Cliâteaudun , après avoir été le lieutenant de Jean de iteaussc , dans le tribunal du comte, audit Châteaudun.

Ce tribunal des comtes . sous une nouvelle dénomination déjuges, n'a point empêché lo tenuedecelui des vicomtes. Le vicomte a tenu le sien en prenaicr ressort de celui du comte , qui ne jugeait qu'on cas d'appel. On y connaissait en première instance des causes des habitans de la ville seulement et des vassaux immédiats du vicomte , dans les domaines qui lui appartenaient. Il avait aussi le premier

(1) Le premier lieulenant qui me soit connu esl Michel Poncel, qui vivait en J380.

IIISTOIKK

ressort sur les arrière-fiefs relevant de sa vicomte . dans lesquels le droit de justice était étnbli (1).

Ce tribunal îles oflicicrs du vicomte, sûparé de celui du comte sous les baillis, fut nommé d'nbord justice du vicomte. Dans la suite, il a porté , comme nilleurs , les noms de prévôté et vicomte, jusqu'à In réunion fuite au tribunal du comte, l'an 158<i. l-'rnnçois Biireulin , puisChiuileGodcbile. ont été les deux derniers prévôts de relie juridiction.

Sous l'administration des premiers baillis communs à Blois et à CbAtcaudun , le tribmiat des oiriciers du comte s'est toujours nommé Châtellenie. Les expéditions «les sentences qui y étaient prononcées commençaient ainsi : a >ous , justice de 1» cour de la cbâtcllenie de r.hâteaudnn, à tous ceui . etc. , n ce qui , d'après les actes que j'ai vus, a été pratiqué ou moins jusqu'en 1483. Il en était de même à Blois, parce que, comme dit Loi«îeau (Traité des Seigneuries), le terme cliàlellcnie , dans son origine , signifiait pleine justice, dans le temps que ce droit n'avait pas encore passé aus seigneurs châtelains, et que celte pleine justice n'appartenait qu'aux ducs et aux comtes.

Le plus ancien acte que j'aie vu, ou le titre de bailliage de Dunois ait été substitué à celui de cbiUellenie de Châteaudun, est une sentence rendue le 24 janvier i486, par Jean-le-Tonnelier , qui s'y intitule lieutenant de M. le bailli de Dunois (2). Elle est en faveur du prieur de Sainl-

(1) Si le droit de justice avait été de l'eisence Ju Cef , couinie i3 y en a qui le prétendent, pourquoi verrnit-nn tant <\e concesiions de cesflroits de justice fiiiles aux. poitesKurs d'arrU-Tc-fiers considérisliles, par les poise»- SËurs des grands fief^? Dire que dnan les fiefa oilt iJ n'y a plus de jtislicc, c'est qu'on l'a laissé perdre faute d'eiereicc, ce n'est pas prouver. On peut encore demander p<nirqucif, d'une même seigneurie, le fief relève d'nn seigneur cl la justice d'un autre ? Ceta detail-il arriver, si la justice était l'essence du fief?

(3) Depuis que François !*■', par sonédit de 1531 , eut blé nui baillis la liberté de se choisir des lieutcnana, el qu'il se réservu de les nommer, il

Marlin-de-Chemars , à qui elle adjuge le droit de donner mesure pour ta vente du vin, dans une maison dcvanlle puits du faubourg S;iint-Jean. Il est dit nu basque l'acte est cxptiJié iiouâ lesceldu bailliage. Ce litre de bailliage est inséré dans la rédaction de la coutume, en 1528; à l'imUatiou dti titre des comtes, il prend la dénomination du pays, et non de la capitale; on dit le bailliage de Dunois. et non le bailliage de Châteaudun.

Pendant que le (tlaisois et le Dunois ont eu un méine comte et un même bailli, ces pays et leurs capitales ont fionservé une parfaite indépendance à l'égard l'un de l'autre. Ce n'est que Charles, duc d'Orléans, comte de Blois et de Dunois, qui rompit cet équilibre, pnr la donation qu'il fit du comté de Dunois à Jean d'Orléans, son frère naturel. Datis l'acte de cette donation, il s'attribuait et se réservait pourluiet ses hoirs, qui seraient comtes de Blois, la suzeraineté et le droit de ressort sur ledit comté de Dunois, tant qu'il serait possédé par sondit frère et sesdesceodans en légitime mariage. Cette dégradation du comté de Dunois, dont la justite comme le fief n'avaient relevé jusques-là. de même que Blois, que de la couronne, aurait été peu sensible si, selon les termes de la donation, il avait été établi dans le comté môme de Dunois et vicomte de Châteaudun, un siège avec baillis etsergens, pour y exercer le droit du ressort, comme cela était stipulé ; mais celte clause n'a point eu son effet, et, contre les termes du contrat, on a laissé mettre en possession de l'exercice de ce ressort les officiers du bailliage de Blois. Outre que les comtes de Dunois et leurs juslicinblcs auraient toujours pu s'inscrire contre cet abus, celte sujétion de ressort aurait dû finir de droit au décès du roi Henri lit, dernier des hoirs

est probable que les seigneurs en firent autant, et qu'alors ces oflicicr« s'iDlilulÈrent lieulciiaos des bailliages.

en faveur desquels il était stipulé comme comtes de Blois. Il y avait bien des siècles avant Charles d'Orléans, que les grands seigneurs s'étaient arrogé le drnil abusirde vendre ou donner leurs fiefs , à telles charges qu'il leur plaisait , au préjudice des vassaux qui les habitaient, et qui se sont trouvés vexés, surloiil par les créations de ressort et cette mulliplication de juridictions subaltcrno».

Des historiens, en se copiant, disent que le Dunois a fait partie du bailliage de Chartres, mais ils le disent bien gratuitement. Il y en a eu des lambfviiix, à la vérité, qui ont passé dans le ressort de ce baiMiago, comme je le dirai dans ma nnljre des paroisses de l'ancien p;iys Dunois ; ces parcelles en ressortissent encore. Ils ajoutent qu'il a appartenu ensuite au bailliage d'Orléans, ce qui n'est pas plus vrai, excepté pour quelques [laroisses qui sont sur les limites du côté de lanvillc. Ce qui a pu contribuer à les faire écrire de la sorte, c'est que Honncval et son territoire ont pu être , pendant un court espace de temps, soumis à la juridiction du bailli d'Ortéan*. \ln elTet, le roi Philippe IV donna ordre, l'an 1592, au bailli d'Orlé.ins, de protéger l'abbé et les religieux de Bonneval ronlre son très-cher frère Chartes de Valois, qu'il avait gratitié du comté de Chartres et de Bonneval avec son tcrriLoii'e. Mais, outre qu'il n'était pas question, dnns cfs temps, de bailliages comme de baillis, Bonneval est, de lonips immémorial, pour la justice de.s religieux , passé dans le ressort de Chartres, c'est-à-dire depuis que cette portion du Uunois n été affectée au domaine des comtes de Chartres.

Il est vrai que, depuis les liefs héréditaires, la juridiction des comtes de Dunois a cessé par degrés de s'étendre sur tout l'ancien pays Dunois. Toitles les anciennes communautés el chapitres à qui on y a donné des possessions , soit de droit, suivant l'auteur de VEsprit des Lois, soit par

Df C()MTÈ UB UUNOIS.

ôi

usurpalion , selun Luiseau ,li, i^oit par des cooce^sioiis . y sont en possession de jusltces , el ces justices sont presque toutes lia ressort , soit de Cliarlres, soit d'Orléans, soit de Blois. P^r t'auiorité de qui? C'est ce que les mouumeus ne ni'ont point appris. Ce que je viens do dire de Eonrieval insinue que c'est par des privilèges particuliers. On pçut croire, qu'expressément ou tacitement, les comtes se sout prcHt's àce raorcellement de leurs tribunaux. Four quantité de iicCs en mains laïques, qui sont dans le mùme ca$, comme les baronnies de Montmirail, Authon, Id Bazoche- Gouet, parties de celles de Brou el d'Alluyes, c'est peutêtre parce qu'elles ont passf' â l'abboye de Saint-Père , si on en croit le carlulaire de cotte abbaye, ensuite à l'évêque de Chartres; les autres, par la grèro des comtes (Jui possédaient Chartres et Blois comme le Dunois. et qui ont visiblement attaché le territoire du Lonncval au comté de Chartres. Les vicomtes de celte dernière ville auront pu faire passer , par arrangemeitl avec les mêmes comtes . les ressorts de leur baronnie do la Brosse, à la ville où ils étaient les seconds, et quelques paroisses à leur terre du Puiset, où leurs usurpations n'ont pas éli- toutes anéanties par Louis-le-Gros, Les vidâmes de la même ville n'auronlils pas agi do même en formant leur bnrounie de IWeslay , dont une partie des domuiites et des mouvances sont dans le Dunois? ^2)

La coutume do ce pays, qui depuis sa rédaction en 1528, ne contient que cent articles, pour ne pas répéter ce qui lui était commun avec celle de Blois , a , par suite de ce que

(1) Ce Tul sans doute sur des moUrs fuiiUés que Ptiilippc-le-Bel dérendit de s'attribuer le droit de Justice, sons prOtcxte de concessions de fiefs, tatoue Taites h Téglise.

(3) Des cinq cliàtelleiiies, qui sont les piincipales seigneuries ou ressorts du bailliage de Dunois au siège de Cbâleauduii, savoir: Monligny , Courtalain, Molilijrd, le Miïe et llubestan, il n'y a que la dernière qui soit hors des limites du pays Dunois.

HISTOIUE

je viens de dire, cessé de faire loi pour tout l'ancien territoire de Danois. L'usage a prévalu que , dans les différentes justices , on suive la coutume du ressort où elles ont été assujetties, quoique, comme remarque Coquille sur la cofH tume de Nevers, le peuple d'une province, de quelque juridiction qu'il soit, étant orr^i^airement une môme nation , devrait, comme il a tait parle passé, être soumis aux mêmes lois. On n'imite pas la justice souveraine, dit Loiseau, qui ne ju^e , suivant la coutume de son chef-lieu , que ce qui est dans son territoire.

Gomme , par les ordonnances de Charles IX, d'Henri III

et l'article 263 des états de Btois , il n'y a que les baillis royaux qui soient de robe-courte, c'est-à-dire qui aient le privilège de ne pas remplir le devoir de leurs charges , celui de DuDois eu remplit les fouclions, ayant sous lui des lieutenans , tant àChûteaudun qu'à Marchenoir, Frcttcval et Morée. Quoique le lieutenant, à Châteaudun , prenne la qualité de lieulenatit-général, il n'a pas, comme le bailli, droit d'exercice dans les sièges des autres lieutenans.

Les avocats, à Chèleaudun, suivent encore l'ordonnance d'Henri IV, du 2 juillet 1600, car ils y font les fonctions de procureurs comme les procureurs méracs. Le nombre de ces derniers fut lise à sis l'an 1577. par Marie de Bourbon, veuve du comte Léonor d'Orléans. Il Test maintenant à dii. 11 n'y a qu'un grellier, et jusqu'en 1752, il n'y a eu que deux notaires tabellions, les comtes ayant trouvé moyen de n'y pas laisser établir des notaires royaux , soiL en remboursant ceux qui levaient de ces offices, soit, comme vient de faire M. le duc de Clievreuse, qui en a levé pour son comté quatre offices, qu'il fait affermer avec les anciens tabellionages. Il y a vingt huissiers à la résidence de Chilteaudun, qui s'inlitntent huissiers de la vingtaine du comté et bailliage de Dunois.

nu COMTÉ DE DUNOIS.

Ce n'est que depuis que l'audience a été transférée dans le cliAtcflu , à l'ocrasion du dernier incendie général . que ce corps dn hailliage. à chaque rentrée annuelle, commence par entendre une messe solennelle dniis la Sainte- Chapelle.

Lorsque les charges de l'hôtel -de -ville deviennenl royales parla vénalité, lesolBciers, avocats et procureurs, en corps, cessent d'assister, avec les autres corps, aux cérémonies publiques, pour n'ôlre pas obligés de céder le pas, comme ils y mit été cundamnéiî par quelques arrêts sur requête. Ils se conlentenl alors d'assister aux grandes cérémonies de religion , qui se font par le chapitre de ladite Sainte-Chapelle (1).

Si les échevins remontent jusques vers le temps de Charlemagne , ce n'est qu'aux successeurs de Hugues-Capel que l'on allribue rétablissement des communes. On mit en œuvre cet expédient pour faire revivre l'autorité royale , dans les différentes provinces où elle était presque anéantie par le pouvoir tiop étendu et trop absolu des comtes, proléger le peuple contre leur tyrannie , et lui rendre un droit qu'il tenait de la nature, je veux dire la liberté, car cette institution ta leur rendit. Ce coup-d'élat contre des usages aussi contraires à la monarchie qu'injustes à l'égard du peuple, fut conduit avec tant d'adresse, que les hommes contre lesquels il était dirigé en assurèrent le succès, en rautorisatil eux-mêmes. Ils opposèrent vraisemblablement

(i) LeSjuinl6@S, un arréi du coiueil-d'élal du roi régla ainsi les ran(;s des différent corps de juridicijoiis de ChAleauduii , dan» les tnarcbes :

Sur une ligne, ii droite, le bailli et son lieutenant , suivi» du prévûl dçt maréchaux et de son lleulcnant ; aprèa ceui-cî, les olljcicr^ du fisc; b l^nr luite les officiers du corps-de-vilie ; aprÊs ces derniers, les avocals, puis les procureurs.

Sur uae autre ligne, ïgaucbe, les président, lieutenansi et conscltlcrs del'éieclion, suivis des officiers des eaut-el-fbrCts. Personne ne fui contenu

mSTOlUE

comptes àe lUois. le 11 mars dn la raëme année, M. Ocvalles. ùcuyer, clievalior ihi Sdinl-Lmiis, avait, romnie ses préd'icessiMjrf., »oii logeinvnt au rliiUcau de CliAteinKJun , où le mûmo tribunal que celui du Lnilliage sert à la juridiclion des caux-et-forôts. Elle y est exercée par un expédiant, pour le lieutenant lie robe-longue, qui a un nuire tribunal à Marchenoir; sa résidetice est celle du g.irdeinorteau. Cette maîtrise partie uli«'>re n'eterce pas $es fonctions fiur (oui ce que rcnfi-rme le pnys Dunois, mais seulement sur oe qui appartient ou relève du comte. A>ant cette maitriiie, les oUiciers du comte, pour les bois, se nommaient forestiers.

'On regarde comme l'origine des éleetions la création des généraux des aides, faite en 1310, pour tes impositions ordonnées par le roi Philippe IV, et surtout celle de leurs adjoints, auxquels on donna le nom dï-Ius, établi par le prince de Galles . pendant l'emprisonnement du roi Jean, en Angleterre, l'on 13âC. Charles V établit deux de ces élus dans chaque ville épiscopale, l'an 137:1 , pour Ûtre juges en ce qui concernait les finances de rÈt;U; et.en J379, il leur adjoignit un clerc, pour rédiger les actes et sentences, et un receveur. En 1452, Charles VII étendit ces tribunaux à plusieurs villes qui n'étaient pas épiscopalcs. Celui de Châteaudun ne fut bien Formé qu'en 1S..54; encore , par son érection , élnit-i! partagé entre cette ville et Itonneval, où une partie des élus élaietit tenus d'aller siéger une fois la semaine, pour un district de cette ancienne portion du Dunois. L'an 1543, François I"créa un nouvel élu, pour le siège de llonncval, avec obligation de résidence dans ladite viHe; mais, sur les remontrances de ce corps, dont tous les membres residaietil à Châteaudun , cette création fut

nu COMTÉ DE DUNOIS.

sans effet, parce qu'ils promirent que, malgré leur rôsiileticc dans la mûtropole, ils siégeraient exactement à Uoiineval, mais cette cxaclituile cessa bieiilût, et les intéressés se pourvurent contre les élus à la cour des aides. Ils en oblirireiit trois arrêts daus les années 1595 , 1597 et 1622, ce qui n'a pas empêché la suppression d'un siège d'ailleurs fort inutile. Celui de Châtcaudun fut d'abord ouvert le jour du marclié le plus considérable . qui est le jeudi ; mais , depuis 1G92 , on a fixé les audiences au mardi , jour où le marché est moins considérable, ainsi que celui du samedi. Avant le dernier incendie, l'hôtel de cette juridiction élnit au milieu du rang de maisons des clinnoines de Saint-André, qui donnent sur la rivière. Depuis, au lieu de bûLir sur l'emplacement qui lui est destiné sur la pince Royale, les officiers ont acheté, dans la rue de la Cuir.isserJe, une maison convenable, qu'ils viennent de vendre, en 1770, à un de leurs confrères, pour se mettre à loyer dans le cloître de l'HiUcl-Dicu. Cette juridiction est composée d'un président, un lieutenant , sii conseillers ou élus, un procureur du roi, un greffier, quatre procureurs et un huissier aiidicnrier.

Cctleélection a juridiction sur 145paroisses, sans compter celles de la ville. Il y a quelques années qu'on lui a ôté les paroisses de JufTray , Françay et Villefrancœur.

It y a pour celle élection un subdélégué de l'intendance d'Orléans et son greffier (*).

vitE:viEn-.i>$!tEL.

Quelques-uns disent que les impùls sur le sel ont corn-

(*) ]>fli}rr« la iiou«L-lU- circoit»ciîi>lîuii t il im mlu }>Iiik f|i,i>- f^O CMiiniuiit;), ooin rvuiplaii^iiiK ta}ai de paruJJKh. Ev 1790, lui n feul>ili(uè te uota Je il'jttrict k ct-lul JVItclion ; en 1500^ ép€it\um 'Ad \a création Ae» prvtpcliirr* ^ t'.liftluauiluii tal iloeiiu cliv^f-ltcu d'iiu arrniidiMrincnl du (l»p»rlemtrit iJ*Eurr flLoîr, «oiii ridniiiilstrntion d'un «ouft-prtfeL t.v»>ITairca coiit«nl»ffiii«i du rciiorl de IVttfctioii M>ût ju|!^«it p»r un coineil de pr^Certurc. L« coufenl ri« U Uodrlehic cit drvn>u lliûlrl de U sous-prircclurir.

mencûsous Louis VU; d'autres sous Philippe-Ie-Bel, en 1290 ; et plusieurs, l'an l.ilfi seulement . sous l'hilippe V, qui exigea ui> double de chaque minot de sel. Ce n'est qu'après 135G qu'on élablil des greniers au profil du roi. Henri 11 les mit le premier en ferme l'an t.VtS.

C'est sous Henri IV qu'on n ér\^é e» juridiction leschani' bres desgreuiers-à-sel , composées d'un président, d'un grainetier , un contrôleur , un procureur du roi , un greffier et un gnrde sédentaire. Le grenier, ou chambre du sel, brûlé i\ l'incendie de 1723, était au fond de la rue de la Vieille- Salle, joignant te mur de ville près l.i grosse tour, en allant au Guichet (').

Il y a aussi à Châleaudun , par rapport aux Qnances, une direction des aides , dont le bureau , dans la rue de Luynes, a été acquis en I".'>5 , de JacquesCosté, bailli de I>unois (**).

JtRiDic'rio:vs slppkihiëios.

Outre les juridictions dont je viens de parler, il y en a eu dcui autres à Ch&teaudun , qui ont été supprimées. La première, fort ancienne et relative aux droits que les comtes, possesseurs des grands fiefs, s'élaieiil arrogés, était une chambre des comtes -, elle a eu ses ofliciers jusqu'à ce que celle de Blois ait été érigée en cour souveraine. Jeanne de flocbbert, veuve de Louis d'Orléans, premier du nom , fixa les officiers de celle juridiction , par ses lettres du 26 novembre 1519, à un président, quatre maîtres, un procureur, un grelTicr, un premier huissier, etc., ce qui fut confirmé par le comte Léonor, le 3 novembre 1572.

['] Lon de U rpcon»tractînii ât 11 ville , aii Ëuî i ini(tr<r *»t li pUce B'^^ile , eii fiée 4< l-bf^tcl- «ir'rîlle, uti cmpUccainit Mjr U-igiiel IVdiJîce a Hi «Icti^. Il a ét^ letiilu et e*t devenu propnéti plftlcullére, U juridîcitoit ajaiil été luppriniév eu 1790.

(") C« )>ure<iu a tii remplace par la dircclinn <îci conlribuUoni iudirccinii U niaiwa ait dflvmue une baLitalioii plrtîruli^re.

DU COMTÉ i)E UI'NUIS.

L'autre tribunal, qui ne subsiste plus, était celui de la prévôté de la maréchaussée . supprimé en 1720. Sa juridiction s'étendait sur tout raucien pays Dunoi<i; Banneval et son territoire, une partie de re qu'on nomme le Perche- Gouet, jusqu'à Autlion et Montmirail , y étaient compris. Depuis l'établissement des présidiaui, le prévôt de Châleaudun avait recours, pour le jugement des criminels , à ceux de Bfois. d'Orléans ou de Cliartres. Les exécutions se faisaient sur la place du Marché-au-Rétail, dans le faubourg de Saint- Vnlérieii, entre les rues de Janville . de Rlois et du Sépulcre, dans l'endroit ou le puils public de ce quartier est renfermé daus une maison particulière.

Il y a ou aussi trés-nnciciincment à Chùteaudun une fabrique de monnaie nommée Dunoise. qui a été en usage jusque dans le qunlorzième siècle. On a conservé des pièces qui y ont été frappées du temps de Cltailes-k'-€liau\e et sous son autorité , dans le neuvième siècle.

Cette prérogative, qui nous instruit du rang honorable que tenait entre les villes celle de Chôteaudun , sous la seconde rare de nos rois, a été continuée sous les vicomtes mêmes, comme on le voit par les légendes des monnaies Troppées dans leur temps, dont quelques-unes portent : Viceconies Caslri-thmi; les plus ancienties portent : Duno- Caslro, puis Casiri- [iunî ; et d'autres, selon Dernier, Dunis- Castili , si cet historien de Blois n'a point été mal informé sur ce fait, comme il la été sur d'autres. On peut voir les figures des marques ou empreintes de quelques-unes de ces mofmates, diitis cet auteur , et encore mieux dans le nouveau Glossaire de Ducange. folio 650 , où l'on trouve une instruction sur leur valeur, qui fait connaître que les deniers Dunois étaient plus faibles de deus parties sur douie

tiO

HISTOIKE

que les deniers Tournois restés en usage. En sorte que quatorze deniers Dunois ne vaudraient qu'u» sol Tournois, et que les dix deniers Tournois vaudraient le sol Dunois. D'anciens titres m'ont instruit que cette monnaie était en usage jusqu'à Nogent, Mortagne et Béicsmc, domaines de la maison des vicomtes de Ctiâteaudun.

OFFiriALITË.

C'est sans doute sur l'antiquité de l'église de Châteaudun qu'est fondée la préséance des archidiacres de Dunois, dans l'église de Cliarlres, surlesautresarcliidiacres, » l'exception de celui de Chartres mânie. Il }> a bien des siècles que ces anciens commissionnaires des év{^quL>s ont chiingê leur étal onéreui en une dignité ecclésiastique. Le for extérieur qu'ils se sont érigé à Châteaudun est des plus anciens. La déférence non-seulement des ecclésiastiques, mais des laïques mêmes j en toutes sortes de cas, pour les décisions des juges de cette orQcialité, a rendu ce tribunal aussi célèbre que fréquenté, depuis le onzième siècle jusqu'au temps où l'autorité souveraine a contraint les juges d'église à se renfermer dans les matières qui étaient purement de leur ressort.

Depuis que les évoques, par leurs secrétaires, les archidiacre», les doyens ou juges des oOGcialités, par eus-mômes, s'étaient lassés de rendre volontairement service ou public , pour rédiger toutes sortes d'actes, les greffiers ou notaires ou clercs de l'officialité de Châteaudun, comme ils ont été dénommés en dillérens temps, ont rédigé presque tous les actes publics, jusqu'à l'élablissement des notaires et tabellions , tant royaux que seigneuriaux , c'est-à-dire jusqu'au quatorzième siècle.

On peut juger delà façon avantageuse dont on appréciait autrefois les tribunaux des officialités, par l'inlitulô des

actes des nolaires. Ils les commençaient ainsi : « Nous , justice de la vénérable cour de rarchidiocofié de Dunols , à tous ceux, » etc. (1)

Les premiers juges de ce tribunal étaient nommés doyens, et, eflectivement, ils me paraissent les mômes que ceux que l'on a nommés doyens ruraux , fonctions qui ne sont plus d'uïDge dans le diocèse de Chartres. Ils ont pris dans la suite le titre d'officiaux, ayant pour subsliCut un vicegérant, aussi ecclésiastique, de m^me que le promoteur. Celte juridiction, avant l'incendie, s'eserçait dans un petit bâtiment qui était dans ta cour du presbytère de Saint- Pierre. Après cet événement, le siège se tenait dons la salie qui sert au bailliage, dans le château; mais on a Tait cesser cette loEérancc, et les aOTEiires se jugent chez i'oQieial ou chez le vice-gérant.

L'archidiaconé de Dunois était autrefois composé de cent quarante-cinq paroisses, sur lesquelles s'étendait cette juridiction. Depuis Téreclion de l'évôché de Blois, il «e lui en reste que quatre-vingt-onze. Pour dédommagement des cinquante-quatre cures séquestrées, on a donné aux archidiacres de Uunois , dans l'église de Chartres, trois cents livres de rente, à prendre sur l'abbaye de Joyenval, donnée elle-même comme dédommagement aux évoques de Chartres, derérection du susdit évéque. L'archidiacre de Dunois est aussi titulaire de la chapelle de Sainte-Catherine-de-

(1) Garcic, notaire, E;renier «lu mètne Iribunal, commence encore de cette Idçon un acte de prise de possession de )a cure de Laniieny, en 1591. Il ne fuut pas croire pour celu que, iiuqu'i ce temps, on eût laissé les oQicialJléf connaître de toules sortes d'aflalies temporelles, comme uupnravant. Quoique l'inocal-géiiéral Pierre Ue Cu^nf res , en 1329, eût été désavoué par le roi I^liilippe de Valois, sur ce qu'il avança dans une burangue, les principes de ce magistrat Tirent une-impression dont on ne tarda pasjirairc us^gc pour faire revenir aux juges laïques ce qui était de leur ressori, et autoriser les appels comme d'abus. L'ordoononce de Franco ta I", en 1539, Ot le reste.

Bli

uisTuiui:

Fr6cot, paroisse de Tmay-en-l)unois ; elle vaiil environ deux cents livres de revenu; c'est tout le fonds de son titre, encore est-il le mieux partagé de loua ses confrères.

COnSIERCE.

Le prinL*ip[il commcric de la ville de Cliâteaudun est celui des grain» (jue produit le pays, Ses menues denrées se transportent à Paris. Ses vitiss'expùdient dans le Perche el la Normandie. On y vend lieaucoup de bestiaux , principalement de moutons et de vatlies. Les mnrfhès du jeudi, qui sont les mieux approvisionnés, ayant été transformés en des foires régulières (1), (inl fait revivre son commerce de cliuvaux , de coirs . de laines , ete. (*)

Ses anciennes manufactures d'étanainc. de serge, de couvertures et d'autres binages, etc., sont presque anéanties. Celle de faïence, qui s'est établie depuis peu aous la protection de .\J. le duc de Chevreuse, comte de Dunois, a été l'orl estimée dans les coramenceraeiis, pour le lini du travail et ta beauté de la matière, que l'on était parvenu à rendre presque diaphane. Mais elle est déjà bien déchue de ce premier éclat , et il est à craindre qu'il n'en reste bientôt que les fours tt l'inscription de son entrée.

Là manufiii'turc de toiles est tombée dans l'indastrie privée, el les particuliers eux-mêmes font travailler, pour leur usage personnel, un assez bon nombre de lisserands.

(i) Ces Toires clmogèrent de jours, en conséquence de leUres-patenlci de iHi, du /| novembre, enregkirées au Parlement le SO septembre i73â. Oci les mil gQ 35 jiinrier, mi-corCme, 0 mai , 4 juillet, 30 DoQt et 38 oclobre. En 175S , elles fureut Giécs au premier jeudi de janvier, il celui de la roi-caréme^ anx premiers jeudis de mai el de juillet, el aux derniers jeudis d'ooQl et d'octobre.

{*} I.a (airv du pT^isiier jt'udk J« juillet tiPlili depuù 18^^ pendunl Luil juuri , d'apr^n Tsulnrimtton ^upûriiurv. Elle ■ prospéré déi-lor... Le comnicrcr (les laîiica y «it cnuaîd^rsblc , vt eu outre toute cnpccr lia ntarchandiac j ibo»de.

DU COMTÉ HE DUNOrS.

Parmi les mOtiers dont celle ville est bien fournie, ceux qui fonl corps <le €ominunaul(''a\ocL'Teclitui de maîlrise(*), Kotit : les apotiiiciiires, Jonl les anciens statulii rurutit approuves le 3 juin 1571 , par le comte Ilcriri l"irOili'îir)s ; les boucliers, par Louis I" d'Orléans , le il)' otlubre 1.">;10; les boulangers, pur Agnès de Savoie, veuve dutomlc François 1" d'Orléans, le 20 décembre l'»98. et par Louis 1", en 1Ô30, le 7 janvier; les chapeliers, par le comte Frnnvois II, le. 19 février 1505; les tisserands, tes menuisiers, les tonneliers, autorisés en jugement par Loiseau , Lnilli de Dunois, le 6 mai JG02, et par lettres royales, au mois d'noût 1693; les perruquiers, par des ordonnances générnlrs, etc. Je ne range pas dans la communauté les chirurgiens, dont l'état mérite une dislinction particulière et généralemeiil accordée aujourd'hui.

Les comtes, en favorisant le corps des boucliers et en leur abandonnant des prairies de leur domaine , les ont chargés de l'entretien des boucheries qui , avant le dernier incendie , étaient à côté du bureau des aides d'aujourd'hui. C'est aux frais desdils boucliers que la nouvelle boucherie a été construite, d'un bout sur la rue de Blois, de l'autre sur la rue du Sépulcre.

Celui d'entre les boucliers qui présente le plus beau bœuf devant le bailli ou le lieutenant, le mercredi qui précède celui des Cendres, a le privilège de vendre seul de lu viande pendant le carême. Ce bœuf, le corps couvert d'un drap blanc et de grosses tresses de lierre, la tête ornée d'une haute et large branche de laurier ou d'if en éventail, garnie de beaucoup de rubans, est promené le lendemain jeudi et présenté au château, ensuite aux principales maisons et communautés de la ville, escorté de tambours et de trom-

L— faUnba ont mafltd lea nuilnM*.

niSTOlKE

petles. On dit i]u'nutri>fois l'aiiimnl finissuil pur être exposé dans la cour du cliftteau, pour Olre déchiré |>ar la meute (lu comte, lorsqu'il lui plaisait de donner ce spectacle.

Ki;:vif: dk.h nt !%oih.

Les liabilans de CtiAteaiidiin ont ôti' vniité.s par nos vieux historiens, pour la sngacitù de leur esprit. Aucun, môme des modernes t n'oubllL' cet ancien proverbe : n H est de CluUenndnn, il enlend à demi-mol. » lis le font avec d'autant plus de justice , qu'il y a encore bon nombre de Punois d'un génie pénétrant. Si quelque mnltn critique voulait tirer avantage contre le proverbe , par nn cxnmeti de détail, je lui O[»poseroi le uiéliuigo du sang des élrnngers avec celui des naturels, s'il y trouvait plus pour fevception que pour la règle {*).

^MILICE uui:itc.'i<:oiMr;,

Les liabilans mariés de CiiAteaudun , excepté les privilégiés, fortncnt deux compagnies de milice bourgeoise, sous deu\ drapeaux, qui paraissent dans les réjouissances publiques, aux obsèques des maires et échcvins, cl de leurs premiers olllciers, etc. ('*)

EKCEIVrE DE tIIATKAlDt\.

Il y en a qui ont prétendu que l'enceinte de Chflteaudun était autrefois plus étendue qu'au temps du dernier incendie. Il me paraît qu'ils ont pris les clôtures nmltipliées dii fossés

{*) i*jiî cru ^cToir laiwflr, dsiift toutu ion iulégrilé et afec ms Uiui-nure>un pi'U lurftniièu, cr )VftMilg« d« noire vïruT rompatriotc On lui pardonnera hm» doute la nairclc de win îjr^e en faTrur «l.r na lionne [n\ et dr wn patriotisme. Ma tâclie il« criirrrcteur devenait ftVillcura ici par trop driicale, t-Uiiil nioi>nirinc lin «le cca ftrangrri dent le crni«enienl aurait cnntriblié , »ul,ailt Vablié Ilordaa, à amener une drçénercsrence dans La race priniiliTe du pa^». { A. G. ]

("I Celle milice a été rcniplacfe par In j^nlc naliottale.

DU COMt* DE DANOIS.

ou de portes de ses très-anciens faubourgs pour celles de la ville môme. La découverte que l'on a faite, en aplanissant et nivelant le terrain de Ciiftleauduii , après l'incendie de 1723 , indique , contMiromcnt à celte prétention , qu'une de ses anciennes clôtures renl'ermait moins de terrain que la dernière. En effet , on a découvert les restes d'une porte et d'un mur, dont la trace commençait entre Saint- Pierre et Saint-André , et se prolongeait, en ligne assez droite, à la sortie du c6té de Saint-Aignan. ce qui donniiit à cette cité une forme carrée, qui était commune à nos villes dans les cinquième et sixième siècles, selon le savant antiquaire feu M. l'abbè Lebœuf. Il y a appareuce que cette clôture n'a été reculée du côté du levant, jusiju'à l'entrée du sanctuaire actuel de Saint-André, d'où elle allait vers l'extrémité de ta rue de la Madeleine, près la place Royale, que dans le temps des vicomtes. Ils n'auront pas trouvé convenable de laisser le palais qu'ils s'étaient lait construire exposé dans un faubourg moins bien clos que la ville. Il est vrai que, dans les mômes travaux dont je viens de parler pour la reconstruction de Châteaudun , un a aussi découvert les vestiges d'une porte de clôture sur la place que l'on a nommée du Hasard , parce qu'elle s'est offerte d'elle-même pour former une espèce d'alignement avec ce qui restait des maisons non incendiées, en descendante Saint-François. C'est encore sans doute ce qui a porte, dans ces temps, à penser que , dans une haute antiquité, la clôture de la ville avait été bien plus étendue que dans les temps connus; mais il n'en est pas moins vraisemblable, pour ne pas dire vrai , que celte porte n'était que celle d'un des l'aubouriçs , celui que l'on nommait le Bourg-du-Comlc , comme il est dénommé dans des titres^ du douzième siècle , que j'ai vus. t^tlc porte le séparait du faubourg qui a pris le nom de Saint-François , depuis qno les Frères mineurs, dits

Cordeiiers, se sont établis au bout de ce quartier. L'enceinte de Gh&teaudan a toujours été très-resserrée pour ce qui concerne ce qu'on y appelle la ville , et ailleurs la cité , de même que la majeure partie des anciennes villes du royaume ; et ses faubourgs , d'une antiquité qui remonte au-delà de nos traditions, ne paraissent pas avoir été moins étendus dès leur origine que de nos jours.

m COMTÉ I»E DDNOIS.

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