‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 120 sur 170 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

ne (>araîi pas que celle démarche ait eul le résultai qu*en espérait TâiUeur. Voici m qui arriva neuf ans plus lard.

SireOton deCrainlson, fils de feu Guillaume de Grandson, coseigneur de Sle-Croiï el d'Auboune, avait été d'abord soupçoDué^ puis accusé d'avoir Mté par le poisoa la mon d*Amédëe VII , comte de Savoie, Les commuuaulés des bonoes villes du pajs de Vaud» et probablement le comte de Gruyère lui-même, avaiêol élé convoqués k Moudon, par le bailli de Vaud ei par la communauié de cette ville, pour délibérer sur la question de savoir si Oton de Grandson devail être coqdamné '. Ce qui su il prouve que ce seigneur^ quoique faus* semenl accusé, ne fui pas reconnu innocent. Les châteaux, cbâtellenîes, juridictions, hommages el vassaui, toute la terre d'Oton de Grandson, tousses biens meubles et immeubles furent confisqués par sentence, h cause de ses énormes crimes ^, au profil du comte de Savoie* Celui-ci reprit facilement les seigneuries d'Aubonne et de CoppeU mais il n^en fut pas de même des autres terres d'Oion de Grandson. Quelques maisons fortes appartenant à ce baron firent résistance, notammeni le château de Sle-Croix, qui, s'élevant sur une crête du Jura, dominait la vallée d'Yverdon* La garnison de ce fort était composée d'aventuriers, dont le sire de Grandson s'était assuré le concours à prix d'argent, 11 paraîtrait que le comte de Gruyère aurait élé cbai^é de prendre de vive force le redoutable manoir, et qu'on lui aurait déféré le commandement d'une expédition mttltaire. il est certain que les bonnes villes envoyèrent des députée à Moudon, auprès du comte de Gruyère, pour aviser

* Bficummurëlatiftàî'hiiiloirfdïiPayîtdeVanâ. p 50. ■ * pour exigens crimes. » t>ocument Ju 4 novembre 13§3.

aux moyens de marcher contre les bandits qai gardaient le cMieau de Ste-Croix , et décider si le pays de Vaod ferait h chevaochée, c'est-à-dire s'il fournirait des soldats pour one expédition. Le comte deGruyère, on plutôt son fils, profita des circonstances pour se faire payer de la cour de Savoie et acquérir la seigneurie d'Aubonne, dont il convoitait depuis longtemps la possession. Cette fois ses désirs furent accomplis. En effet , le 4 novembre 1393, Amédée VIII, comte de Savoie , de Tavis et du consentement de ses pèrm , ou plus exactement de son aïeul maternel et de son beau-père, les ducs de Berri ' et de Bourgogne, et de Bonne de Berri S sa mère, comtesse de Savoie, ainsi que de ses conseillers , vendit k Bodolphe de Gruyère , seigneur de Montsalvens et de Vaugrenant, et à Jean de La Baame, seigneur de TAbergement, tous deux chevaliers, les seigneuries d'Aubonne et de Coppet, au prix de 14,000 fl. d*or, petit poids. Ces deux fiefs provenaient de Jeanne Alamapdi, fille d'Humbert (coseigneur d'Aubonne et de Coppet), femme d'Oton de Grandson. Le comte de Savoie, en les inféodant à d'autres vassaux, se réserva naturellement les droits de suzeraineté, de foi et d'hommage.

La maison de Savoie devait à Bodolphe de Gruyère 8000 florins, comme on l'a dit. Celui-ci paya 6000 fl. pour compléter le prix d'achat. Ordre fut donné k tous les sujets des seigneuries d'Aubonne et de Coppet de reconnaître leurs nouveaux seigneurs, et d'acquitter envers eux les droits et

^ Dans U charte française on lit « de Bourges » (capitale da Berri). Amédée Vlll éuit fils d' Amédée VII et de Bonne de Berri, fille de Jean dac de Berri. Il épousa le 80 octobre 1393 Marie de Bourgogne, fille da dac Philippe.

Page 1