CHAPITRE ONZIÈME
Continuation du règne de Rodolphe IV. Aliénation des droits de L'ohmgeld à Gruyère. Communes affranchies de la mainmorte. Tentes de rentes foncières. Cession de fonds par l'évéque de Sion au comte de Gruyère. Celui-ci hérite des fiefs à La Vaux. Nouveau débat entre le comte de Gruyère et l'éyèque de Lausanne. Tentes et emprunts par le comte de Grayère et son fils Rodolphe de Montsalvens. Ordoonanoe du roi Wenceslas. Le Gessenay affranchi de la mainmorte. Querelle des deux comtes de Gruyère avec cette commune. Vente de la seigneurie d'Oron. Dael judiciaire. Accord du comte de Gruyère avec le sire de La Sarra. Berne fait i'acquisitiop de la yallée de Froutiguen. Comboorgeoisie des comtes de Gruyère et de la commune de Gessenay avec la Tille de Berne. Terres d*Oron et de Palésieux. Querelle entre le comte de Gruyère et Gaspard de Montmayenr. Mort de Rodolphe IT. Le Gessenay renouyelle sa combourgeoisie afec Berne. Détails concernant Rodolphe de Gruyère, seigneur de MontsaUens, et sa famille. [1893-1403]
Après avoir indiqué sommairement les rapports du comte de Gruyère et de son 61s avec la maison de Savoie, pendant les guerres du Vallais, il faut reprendre de plus haut les détails concernant Tbisloire intérieure du comté de Gruyère. Après les avoir enregistrés, nous poursuivrons Phistoire des deux Rodolphe, père et fils, jusqu'au moment où ils quittent la vie.
En 1585, le comte Rodolphe et son fils, Rodolphe de Gruyère, alors simple donzeM, avait vendu ^ Alamand de St-Germain, donzel, au prix de 400 livres de Lausanne, le droit de vente sur les denrées qui se vendaient dans les
* Voir p. 345 elsuiv.
CHAPiniË Or^ZlÈMK.
tiiardiés publics de loule la cliâlellenie de GruyèreV En 1388, peu de temps après la remise des oiages vâllaisans el le retour leniporaire des deui seigneurs de Grujère daos leurpaySf ceti3i«ci, cousidéranl le mauvais étal de leurs G^ nances, veudirenl à Harlmann d'Orsens *» au prix de 440 florios d'or, boo poids, leurs droits de vente el de péage dans la cbâiellenie d'CK^, ainsi quë les autres droits qui leur étâieDt dus dans la dite châleltenie, et qu'on avait coutume de leur payer, k quelque titre que ce fûu de toutes les marehandises qui se fabriquaient dans la dite contrée, ainsi que de tous les objets d'importation el d'eiportation. — Ce système, loin de ravoriser le développement de Tindusirte et du commerce, ne faisait que feutra ver. Il tendait évidemment à épuiser les ressources de ta prospérité publique, ou du moins h en diminuer la ricbesse. — Les ventes dont il s'agit étaient censées rapporter annuellement 13 livres de Lausanne, ou à peu près. Lesdeuï seigneurs susdits aliénèrent pareillemeut les censel les redevances qui leur étaient dus chaque année» h ta St- Nicolas d'hiver, par les gens de la [laroisse de Rougemonl et de la commune de Gérignoz, Les censitaires de ces localités, au nombre de soixante*sept, dé* signés dans Tacte de cession, payaient annuetlement, en moyenne, un peu plus de 5 sous. Le plus pauvre payait 2 deniers; la plupart acquittaient une redevance de 2 à 6 sous; un d^entreeus payait 10 sous; un autre, le plus riche, 22 sous, preuve d'une grande disproportion entre lestenures et d'une dill'éreuce notable de bien -être eutre les tenanciers.
* Ol scie de vente, dont nous ûe catiiiïiâsoas pas l'orlsinal ^ serait du SI jAnvier lasa, sulviiot uoe noit qui oous a été eommuniquéû.
* € de VrsQDft. »
560 HISTOIBE DE Lk CBUTÈRE.
Ceux-ci , pris ensemble , acquittaieni chaque anoée ii seigoeur environ onze livres de Lausanne^.
Le même jour, le comte *de Gruyère et ses deux fik, Rodolphe et François, accordèrent à la commune de Gruyère, et déclarèrent lui avoir cédé, en retour de trois ceni et treixe florins, bon or et bon poids de Florence, Yohmgeld mt le vin, tel que ce droit est déterminé dans la charte du 20 février 1541 *. c Le comte et ses fils, dit la nouvelle charte, destinent à Texonération de leurs dettes la somme qu'ils ont .reçue des prud'hommes, nobles, bourgeois et habitants de Gruyère. La commune de cette ville pourra établir deux hommes pour percevoir Yohmgeld. Ces deux officiers seront il fai nomination de la commune, qui pourra les révoquer. Cest \ la commune qu*ils rendront compte de leur office. Quiconque fera venir du vin h Gruyère devra le déclarer ii ees deux officiers, sans la permission desquels il ne pourra pas entrer de vin dans sa maison. Celui qui contreviendra à cette r^e sera passible d'une amende de 5 sous, à payer au comte. > Les deux (ils du comte approuvèrent le nouvel acte de cession de Pavis et du consentement de leur père, qui le scella pour lui et pour son fils François, îi la demande de celui-ci, présentée au comte par son clerc juré , Pierre Frossard de
' Ch. du 4 août (cqaarta die mensis sfngasti») 1388.
* Le comte Rodolphe IV attribae cette charte de concession à soo père, en disant : « cum incliie recordationis dominus Petras comes ei doninos » Gnierie quondam dominus et genitor nostri dicti comiUs (Rodulphi) oob- > cessent — in quadam littera — sigillo ipsius quondam domini Pétri » oomitls Gruerie sigillata, data mense Tebruarii die Mercurii ante festam * beati Pétri in Kalhedra annoDni. millesimo CCCo. quadragesimo primo. > Or, à cette époque, le comte régnant de Gruyère était Pierre III (ronde de Pierre du Vanel, qui fut père de Rodolphe IV), comme le prouve entre autres son codicille du 96 octobre 1343. L'erreur que nous signalons ne peut être attribuée qu'à la mémoire infidèle de Rodolphe IV, oa )i l'ignorance du clerc qui a rédigé la charte de 1388