‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 13 sur 170 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

pari: il fallol les rouvrir de force, el les pauvres filles se prirent k pleurer quand elles entendirent Técuyer qoi portait la bannière crier d'une voix Torte : c En avant la Grue! S'agit d'aller! reviendra qui pourra M >

A qui demander ce que devinrent les braves Gruériens qui se croisèrent pour la Terre-Sainte, et dont la bannière flotta peut-être sur les murs de Jérusalem? Nul ne le sait. Sans doute plus d'une Tamille eut à regretter un dés siens, plus d'une jeune fille pleura son amant. Toutefois ils ne périrent pas tous. Le comte Guillaume eut le bonheur de revoir sa patrie, car il apparaît en 11 04 comme fondateur du prieuré de Rougemont, et on le voit assister à la confirmation de la charte de li15. Depuis ce moment il ne laisse plus de trace dans Fhistoire.

Raimond 1115—1136 (?).

Raimond, fils aine de Guillaume l®^ succéda k son |)ère après avoir administré en son absence le comté de Gruyère. On a dit qu'Ulric , second fils du comte Guillaume et chanoine de l'église de Lausanne, qui avait pris la croix , revint dans son pays, qu'il en partagea l'administration avec Raimond, que les deux frères fondèrent l'abbaye cistercienne de Hautcrét et furent les bienfaiteurs de cette maison religieuse, qui, remarquons-le, date de l'an 1 134. — Ces allé-

^ Quant à la légende qui, daitt nos Mém. et Doe., t. I«r, p. Sd8, fait snite à celle qu'on yient de lire , elle n'est que la reproduction du stratagème imaginé par Annibal pour tromper Fabius et sortir de la gorge où il était enfermé. Voy. Polybe, Pun. III. 193; Tite-Live, L. XXII, 16, ;7 ; ippien, Bell. Ànnib.t L. VII, c. 14; Cornélius Nepos, Hannib,, e. 5.

16 HISTOIRE DE IJl GRCTÈRE.

gâtions ne sont appuyées d^aocone preuve. Rien ne montre que le chanoine Ulric échappa aux désastres de la première cHMsade. Quant k Raimond, il ne parait que dans l'acte de 1 1 1 5 ; on ignore la durée de son r^e. On ne connaît point sa femme. H laissa an moins deux fils: Guillaume, qui suit, et Radbod.

GtnLLAiniE II de 1136 à 1157 oa eoviroD.

Cest peu de temps avant la mon du comte Raimond, ou plutôt au commencement du r^ne de son 61s Guillaume, en 1 136, que fut fondée , près de Marsens, non loin de Riaz et d'Echarlens, au pays d'Ogo, Tabbaye d'Humilimont, aussi dite de Marsens, de Tordre des Prémontrés. A cet acte solennel assistèrent plusieurs grands personnages: Gui, évêque de Lausanne; Jean d'Everdes, seigneur de Vuippens; Ulric, seigneur de Pont , et Jocerin d'Ârconciel. Il est dit dans la charte de fondation, que la dotation de cet établissement religieux est due aux vénérables hommes Ânserin, Gui et Borcard, et aux puissants seigneurs de Marsens*. Or ces puissants seigneurs, que la charte ne nomme pas, c'étaient les sires de Gruyère , comme on le voit dans une charte sans date, qui fut expédiée vers le milieu du XU® siècle ^ Ulric, premier abbé d'Humilimont, par Saint-Amé-

' < Et ista faerunt facta per venerabiles Yiros et patentes dominos de Marsens. •

La charte de fondation de l'abbaye d'Hamilimont est aax arcbiTes d'Etat de Fribourg, dans un Vidimas en parchemin do 15 mars de Tan de la nativité 15^. La transcription de cet acte dans le Manuscrit de Boarqnenoad offre plusieurs variantes, qui nous semblent devoir être attribuées ao copiste ; elles sont d'ailleurs peu importantes.

Page 1