CHAPITRE ONZIÈME
ainsi dire, dans la silualion pécuniaire d'une personne qui a plus de dettes que de bien. Rodolphe IV n*eul peut-être aucune des qualités qui distinguèrent si avantageusement la plupart de ses prédécesseurs. Il descendit au tombeau sans laisser de r^rets.
Rodolphe IV, on Ta déjà vu , s*unit d*abord à Marguerite Alamandivdont il eut deux enfants^ Rodolphe et Marie, et en secondes noces k Marguerite de Grandson, qui lui donna un fils, nommé François. De ces trois enfants, aucun ne survécut k son père: tous le précédèrent dans la tombe. Marie, épouse de François d'Oron, ne vivait plus en 1383. François de Gruyère, qui devint seigneur d'Oron en 1388, avait épousé, dit-on , Isabelle de Vallaise, dont il n'eut pas de postérité ^
Rodolphe de Gruyère, fils aine de Rodolphe IV, est désigné, dans quelques chartes de la fin du quatorzième siècle, sous le nom de Rodolphe le jeune comte ; mais aucun acte ne lui donne le titre de seigneur (dominus) de Gruyère, parce quil n*a jamais été le chef de la famille et de la seigneurie, ni par conséquent comte régnant de Gruyère. Il a porté le titre de comte, tout comme son grand-oncle Jean et comme d'autres membres de la maison de Gruyère. Rodolphe était seigneur de Montsalvens et héritier présomptif de la couronne, mais il n'a pas vécu assez longtemps pour en cein-
soB fils a?aieDt emprunté de la même confrérie 720 fl. d'or, et 20 L. de la chapelle de Ste-Madelaine. En 1400, la Conception lear prêta encore 100 fl. d'or. (Commun, par M. J. Bemy.)
La vente de la Terre de Palésieux servit à payer les créanciers que le comte de Gruyère avait à Romont. Voir ci-dessus, p. 897.
^ Gesehiefuforteher , XIll . p. 253 , où il est dit qu'Isabelle de Vallaise {Val Leia en Piémont) est dite la femme de François de Gruyère, seigneur d'Oron, dans une charte de Tan 1400.
(Irc son front. Néanmoins, Rodolphe de Montsalvens a répandu de réclat sur la maison de Gruyère. Comme guerrier, il acquit un beau renom dans la lutte de TAngleterre avec la France. Dans le Vallais, Rodolphe de Montsalvens soutint avec succès la cause du comte de Savoie , son suzerain. Honoré de la confiance de la cour de Savoie, qui le chargea de négociations importantes, il fut un des conseillers qui, pendant la minorité d'Amédée VIII, assistèrent la comtesserégente. Bonne de Bourbon. Il fut, le 16 décembre 1598, avec Louis de Savoie, prince d'Achaîe, et d'autres seigneurs, témoin de la confirmation des franchises de Nyon par le comte de Savoie, qui s'était rendu dans cette ville. Le 20 du même mois, il assista, dans la cathédrale, avec les mêmes seigneurs, h la cérémonie où le jeune comte de Savoie, baron de Vaud , rendit foi et hommage h Tévéque de Lausanne , Guillaume de Menthonay , à raison des fiefs mouvants de réglise de Notre-Dame, qu'il tenait dans le pays de Vaud. Dix jours plus tard (le 30 décembre) il assista, avec révéque, avec Louis de Savoie, prince d'Achaie, Oddon de Villars, gouverneur d'Amédée VIII, et d'autres gentilshommes, à l'acte par lequel ce jeune prince confirma les chartes qui réglaient les rapports des comtes de Savoie, avoués de Payerne, avec le prieur de ce lieu, et leurs obligations réciproques.
Rodolphe de Gruyère, seigneur de Montsalvens, avait, dès l'automne de l'an 1593, ajouté k ce titre celui de seigneur d'Aubonne. Il avait hérité des biens sur les bords du Léman , dans les paroisses de Corsier et de St-Saphorin. I^ nom de Vaugrenant, que Rodolphe de Gruyère porte dans quelques chartes, était emprunté à une seigneurie de sa femme, Antoinette de Salins, fille de sire Anselme de Salins,
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seigneur de Vaugrenant, chevalier, el de Jeanne, tille hérilière de Jean de Montrerrand et de Marguerite de Vaugrenant. Le 2 juillet 1391 , Anselme de Salins appelait à sa succession, pour le cas où il ne laisserait pas d'héritier mâle, ses deux filles Antoinette et Jeanne, de manière qu'Antoinette, rainée, eût les terres situées entre le Doubs et Salins, et que Jeanne eût pour sa part les terres situées de Tautre côté de la rivière ^ Antoinette avait apporté par dot à son mari la somme de 1600 livres d*or, au coin du roi de France, laquelle fut hypothéquée sur une portion des revenus du comté, le 23 mars 1393^ A ses deniers dotaux Antoinette ajoutait la seigneurie de Vaugrenant et celle de Villars- Farlay,dans la Haute-Bourgogne (Franche-Comté). Il paraîtrait que Rodolphe aurait fait, le 17 novembre 1391 , hommage au comte Etienne de Montbelliard , seigneur de Montfaucon, à raison des flefs et arrière-fiefs qu'il possédait dans la seigneurie de Villars-Farlay '.
Le 8 février de l'an 1400 de la nativité, Rodolphe de Gruyère, seigneur de Hontsalvens, fit au château d'Aubonne un testament de donation en faveur de la Part-Dieu. Il exprima le vœu qu'on Tensevelit dans ce couvent, el que Ton y célébrât son anniversaire et des messes pour le salut de son âme, ainsi que dans l'église paroissiale de Gruyère et au prieuré de Rougemont. Il fit â la Part-Dieu un 1^ de cent florins, rachetable par ses héritiers au prix de deux mille florins ^.
* Gesehiehtfoneher, Xlll. p. 267.
* Girard. Tableaux de la Suisse, p 29.
» Geschkhtforscker, XIII, p. 257-268 el 267.
* «Datum Albone die ocuva meosis febniarii anno a nativitate snmpto
Le même baron mit son scel k un document du 10 joio 1400 * ; mais son nom ne figure pas dans le traité de corobourgeoisie du 50 juillet 1401 , d'où il suit qu'à cette date il avait cessé de vivre. Rodolphe de Gruyère , seigneur de Monsalvens et d'Aubonne., mourut dans Tannée qui ferma le quatorzième siècle , ou dans celle qui ouvrit le quinzième '.
De son mariage avec AntoineUe de Salins étaient issus un fils, Antoine, qui fui successeur de son aïeul au comié de Gruyère, et trois filles: Guillemetie, qui devint la femme de Louis II de Poitiers, comte de Valenlinois et de Diois; Catherine, qui épousa Pierre de Vergy, seigneur de Champvent, et Jeanne, mariée à Humbert de Grolée, seigneur de Bressieux '.
Antoinette de Salins, veuve de Rodolphe de Gruyère, se remaria à Jean de Vergy, seigneur d'Autrey. De cette union naquit Charles de Vergy, qui , devenu héritier de sa mère.
millesimo quadriDgenlesimo. » Copie sur parchemin, sans sceau, parmi les titres de la Part-Dieu, aux archives d'Etat à Fribourg.
» Voir à la p. 392.
* Dans une charte du 25 mars 1402 on lit ces mots: «nobilis miles dominus Rodulphus de Gruerya, dominas de Montservens et de Albooa quondam filius ~ militis domini Rodolphi domini et oomitis Gruerje. > Dans une autre, du 6 mars 1402, Antoinette se dit « relicta quondam . . . domini Rodulphi de Grueria. » D'autres pièces, du 6 septembre et des l*' et 4 décembre 1402, font mention de Rodolphe de Gruyère comme d'uo trépassé.
' Il paraîtrait, d'après le contrat du 11 février 1418 (voir aa chap. XII), dans lequel Guillemette de Gruyère renonce, pour la dot qu'elle a reçue, à la succession de ses frères et sœurs déjà décédés {frairum et j suorum iam defunctorum), que Rodolphe de Montsalvens elda Tn^ avait eu plus d'un ûls et encore d'autres ûUes que cr^ nommées