‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 19 sur 170 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

pitre (le LausaaneS avaieol cédé & la maison religieuse d^Haoterive un manse situé & Coltens, pour la moitié duquel Hauterive devait donner chaque année 18 sous k Téglise de (Grand-) Villars*. Juliane et son fils avaient encore cédé au même monastère, en retour de 30 sous, la quatrième partie de tout le territoire du Sac, en posant, suivant un usage féodal, un caillou sur Tautel, en signe de renonciation k tout droit sur Timmeuble concédé'. Enfin, Juliane avait aussi donné k relise d*Ecuvillens , pour le salut de son âme, et du consentement de son fils\ sa part desdlmes qu'elle avait héritées de son père avec ses sœurs. Les moines d^Hauterive, ayant k réclamer d'elle 18 sous avant qu'elle eût Tait ce don, avaient racheté de l'église d'Ecuvillens les dîmes que celle-ci avait reçues de Juliane'.

De leur côté le comte Rodolphe et sa femme Agnès avaient aussi cédé au couvent d'Haulerive leur quart du territoire dit le Sac, et leurs fils Guillaume, Pierre et Âmédée avaient approuvé cette donation ^

Vers le même temps (eu 1170) la comtesse Agnès avait donné, pour le salut de Tâme de son mari et de l'âme de son fils Guillaume , tous deux encore vivants , k Tabbaye d'Hauterive, six poses d'une terre dite la Majorie, sise k Ecuvillens, où la cession avait eu lieu. Ce don fut approuvé, k Gruyère, par Pierre et Rodolphe, fils de la donatrice.

* Matile, ChrofUeaJaut, Cartul., p. yii. ' If6. donat. Àltœripœ.

* Zapf, ibid., p. 110, ex Libro donat.

* «iaUana — laadante Petro filio sao. »

* Voir le «Partage de dîmes fait entre les ûlles de Pierre de Glane, » pièce de 1170, tirée du Livre des anciennes donations de Haaterive (Lib. aniiq. donai. Àltœ ripa) et publiée par M. le prof. Matile « dans les Monuments de Vhistoire de Neuehdtel, t. I, n* xxiv.

* Castella, Notices histor. et génial, (ex Libre donat.)

Depuis (eo 1175), le comte Rodolphe abandonna au même couvent tous les droits qu'il avait sur un de ses hommes, appelé Emon (Aimon), de Cottens-sur- Autigny, et sur son tènement. Ce don, fait en plein air, devant la porte du monastère de Bulle ^ est un des nombreux exemples de Tantique usage de faire à ciel ouvert les actes qualiûés d'instruments publics. Ce moyen de publicité a été remplacé par la presse.

L*acte dont nous parlons fut d'abord approuvé par Guillaume, Pierre et Amédée, Qls du comte, en présence de Pierre de Montsalvens et d'autres témoins; ensuite, à Gruyère, par la comtesse Agnès et son quatrième fils, Rodolphe, qui était clerc ou ecclésiastique seulement tonsuré.

L'abbaye d'Hauterive ne fut pas seule Fobjet de la libéralité des comtes de Gruyère et de leur famille. Une charte de Tan 1177 nous enseigne entre autres ce qui suit: Rodolphe, comte de Gruyère, Agnès, sa femme, et leurs fils Guillaume, Pierre et Amédée donnèrent à Téglise de Notre- Dame de Théla, soit de Monteron, tout ce qui relevait de leur seigneurie dans le territoire de Chevressy, de Munnens, de Junièreset de Filliroles; de plus, toutes les acquisitions que les religieux de Monteron avaient faites ou qu'ils feraient dans la vallée d*Yverdon : bien entendu, toutefois, que sans Taveu du comte ou de ses fils, l'acquisition de Tun des fonds susdits n'ôterait point à ce fonds le caractère d'un chasement , soit d'une tenure faisant partie d'un fief,

' Zapf, ibid., p. 109-110, incomplet. Liber antiq. d<mai. ÀUmripm, p. 90. — c II conste par les chartes du clergé de Bulle que cette antûiae

> église était desservie par plusieurs prêtres qui haletaient en connauDau-

> té, qu'il y avait un corridor aboutissant à Téglise, et qu'on appelait ce

> bâtiment mofuMiermm.» Castella, Notices histor, et généal., p. 16 (Hier.).

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ou, |)lusex3cicnieut, d'un arrière-fiet doni la Jouisâaiice ëtail accordée h la charge d'une redevance annuelle eu argeril, ou de quelque aulrn réserve.

Le comte el ses fils accordèrent aussi aui moines de Monleroû le droit de faire paître leurs bestiaui dans la dite vallée ; ils leur concédèrent les usages dans les terres, les prés, les forêts, les eaux; de plus, les prestations de blé, de gerbe, d'avoine, aiusi que les dîmes que les relîgieui avaient acquises censiiivemeut (c'est-à-dire avec charge de cens), dans les lieui mentionnés ci-dessus, de ceux qui les tenaient du comte; bien entendu que les religieux auraient la cession de ces dîmes aussi louglemps que ceui dont ils les avaient acquises conliuueraienl à servir le Oef, c'esl-à-dire qu'ils prêteraient foi et hommage au seigneur (savoir au comte de Gruyère) et lui payeraient les droits qui lui étaient dus. Si, au contraire, ils venaicnl à ué^liger le ûef et que le comte s'en plaignit, celui-ci devait faire connaître en temps convenable la cause de sa plainte ^u\ religieux ; après quoi, si ceui h qui les religieux payaient le cens donnaient à ceux-ci la garantie nécessaire^ le comte ne donnerait pas suite S sâ plainte, el les tenanciers continueraient à percevoir* comme de coutume, le cens que lenr devaient tesreligieus. Si les tenanciers ne pouvaient satisfaire à leurs obligations, dans ce cas les religieus payeraient au comte le cens annuel, et obtiendraient de lui complète défense contre chacun. Si, dans la suite, le comte rendait le fief aus tenanciers, ceux-ci recevraient te cens comme du passé. II en serait de même aussi souvent que le comte ou ses héritiers auraient fait leur plainte pur le même motif. Parmi les témoins de cette importanle donation et de cette convention il convient de nonmipr Magnon, abhé frtlautcrut, et Pierre,

chevalier* de Montsalvens. De soo côté, Pierre^ seigoeur de Montsalvens% quiest, pensoDS-noQs, le même que le précédent > et qui, dans le même acte, est aussi appelé Pierre de Monlsalvant*, sans autre désignation, donna aux religieux de Monteron les droits de blé, de gerbe et d'avoine, sans aucune réserve. Ils obtinrent aussi de Jocelin de Corbière , de son frère Pierre et de leur mère, la cession des droits que la maison de Corbière possédait dans la même vallée, cession qui fut approuvée par la femme de Jocelin, en présence de plusieurs témoins, parmi lesquels on distingue Ulric chevalier de Corbière^. La notification de ces diverses donations, et d^autres qu'il ne convenait pas de mentionner ici, fut faite par Landri, évéque de Lausanne, Tan de Fincarnation 1177".

Les dons mentionnés dans la charte qu'on vient de lire furent confirmés en 1224 par le comte Rodolphe IV.

Pierre, seigneur de Montsalvens, qu'on a vu figurer dans quelques actes de donation, notamment dans celui de 1 177, mourut quelque temps après. Son fils Guillaume eut des démêlés avec Tabbaye d'Hauterive au sujet de certains droits ou biens-fonds qu'il contestait à ce monastère. Guillaume dut céder. Il passa un acte par lequel il confirmait à l'église d'Hauterive la perpétuelle possession de tout ce que son père et son prédécesseur avait cédé à cette église soit en pur don, soit à prix d'argent. Cet acte, fait à Ecuvillens,

^ Peuiis miles de Montsalvant.

* DominusPetnis de MoDtsalvaDt.

* Petnis de Montsalvant.

* Ulriciis miles de Corberiis.

* Voyez le Cartul, de. Vabbaye de Moruheron, dans les Mém» et Doc, t. XII, 3* part., p. 27 et saiv. Cette charte pourrait donner lien à des observations intéressantes.

' Cartul. deMonlheron, ibid., p. 59

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