‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 27 sur 170 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

ville de Payerne, avec leurs droits et leurs possessions, promettant de les défendre de tout son pouvoir '. Aimon, sire de Montagny, et son Trère Guillaume, commencèrent un procès, prétendant que Favouerie de l'église de Payeme leur appartenait de droit héréditaire, tandis que le prieur, le chapitre du couvent, et les bourgeois de la ville, soit la commune , affirmaient le contraire et leur contestaient le droit d*avouerie. Le différend fut terminé par Tintervention de l'évêque et de quelques barons, soit des principaux boui^eois', des deux partis, qui arrangèrent Taffaire de telle façon que les deux frères Âimon et Guillaume de Montagny renonceraient à leurs prétentions, après quoi le prieur leur donnerait Tavouerie de son église en fief, leur vie durant. Ensuite d'un accord ^ faire entre les deux frères, Tun d'eux posséderait seul Tavouerie , et dans le cas où celui-ci viendrait à mourir le premier, le survivant exercerait Tavouerie jusqu'à sa mort; bien entendu, toutefois, qu'il ne pourrait point transmettre cet office à un héritier. Les deux frères promirent solennellement de ne pas inquiéter l'église et la ville de Payerne dans leurs droits et possessions. La violation de cette promesse et le refus d'une réparation de dommages dans le terme de quarante jours, auraient pour conséquence immédiate la prestation de dix cautions, qui feraient l'otage soit à Moudon, soit à Estavayer, jusqu'à complète satisfaction. Dans le cas où les deux frères refuseraient de tenir l'otage, leurs nombreux parents' ne leur donneraient ni aide ni conseil *. Parmi les seigneurs qui s'enga-

^ Charte du mois d'août de l'an 1235, dans le Recueil dipUm. du canton de Fribourg, toI. I, p. 10.

* Voyez notre Introduction, p. 271 et sniTantes.

* Consanguinei.

* Charte des Ides (15) de juUlet 1226, communiquée par M. L. deCharrière.

gèrent à refuser leur concours aux frères Aimon el Guillaume de MoDtagny, dans le cas prévu par le contrat qu'on vient de lire, nous remarquons Rodolphe II, comte de Gruyère, et son fils Rodolphe.

On voit par cet acte qu'un lien étroit unissait la maison de Gruyère et celle de Montagny. Ce lien avait sans doute son origine dans le mariage du comte Rodolphe II avec Gertrude, issue, paralt-il, de la maison de Montagny.

Le compromis dont nous venons de parler est le dernier acte où figure le comte Rodolphe II en qualité de chef de la famille et de la seigneurie. Il laissa k son fils Rodolphe, dit le Jeune ^ les soins de Fadministration, que celui-ci avait déjà partagés avec son père depuis Pan i200, toutefois sans porter le titre de comte. Il ne parait plus dans les actes publics que pour les revêtir de son approbation, comme tout autre membre de la famille. Il mourut en 1258, longtemps après sa femme la comtesse Gertrude. Il avait eu d'elle trois enfants: Rodolphe, qui lui succéda; Pierre, qui était entré en religion, et Béatrice, qui, mariée à Aimon seigneur de Blonay', vivait encore en 1255. De cette union naquirent Jean et Pierre, qui possédèrent ensemble la seigneurie de Blonay, Aimon, qui fut chanoine de Téglise de Notre-Dame de Lausanne*, et une fille, nommée Isabelle ^

Il est tel généalogiste*^ qui donne à Rodolphe Mln^, comte de Gruyère, deux autres fils outre ceux que nous avons cités: Tun nommé Nicolas, qui aurait vécu en 1252,

^ Rodai pbns cornes de Grueria et Beatrix , filia eias , uxor Aymonis de Blonay, laudant. Nobil, ÀlUBripœ, p. 30.

• Mém. et Doc, t. XII, 2* partie, p. 87 et 125.

• Ihid., ire partie, p. 159.

• Der SchtoeÎMeritche Geschiehtforscher , l. XIII , p 55 el sttiv.. d'après la chronique manuscrite de Philibert Pingon.

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