CHAPITRE TROISIÈME
prévit uoe évaluatioD intéressée de la part de ses adversaires, soit qu'il ne voulût pas sanctionner par sa présence une cession qui n'était due qu*à la force, soit encore qu'il eût quelque dessein secret, il fit défaut.
Au jour fixé pour l'entrevue, il fit demander un délai par un jeune homme inconnu aux chanoines, qui étaient réunis à Saint-Cierge au nombre de neuf, le prévôt y compris. Le samedi suivant, 9 octobre, le prévôt étant avec les chanoines à Saittt'-Saphorin (Lavaux), blâma Rodolphe de Gruyère et lui adressa un avertissement pour l'engager à venir terminer l'affaire en question. Le comte s'obstina à ne pas paraître. On prit acte de son absence ou de son refus \
Quelque temps après cela, le 29 décembre, le prévôt et deux chanoines délégués par le chapitre vinrent h Moudon, pour libérer la terre et les hommes que le comte de Gruyère avait cédés au chapitre en réparation des dommages qu'il avait causés aux villages d'Âlbeuve et de Riaz. Certain Guillaume de Panthéréaz avait en gage la terre et les serfs d'Ogens, de Saint-Cierge et de Thierrens, pour dix-huit^ livres qu'il avait prêtées au comte de Gruyère. Le prévôt lui pa^a cette somme au nom du chapitre ^,
Le lendemain , 50 décembre, le prévôt consomma son œuvre en se rendant à Saint-Cierge, puis à Ogens et à Thierrens. Un , en présence des chanoines qui l'accompagnaient et de plusieurs autres témoins, il s'investit au nom du chapitre, c'est-à-dire qu'il prit solennellement possession
> Voir la charte des ides (15) d'octobre 1227. Ihid., p. 179-180.
* Dans les Mém, et Doc, t. VI, p. 181, ligne 4«, il faut lire XVIll, an lien de XII ; de même à la page 191, ligne 11 (Voy. p. 698, 2* colonne), témoin une charte originale du 9 avril 1230, que nous citerons plus bas.
* Ch. du IV des cal. de janvier 1227. Ibid., p. 181.
de la terre et des gens qae Rodolphe de Gruyère et Colombe de BelmoDl lai avaient abandoDDés ^
L'affaire était-elle terminée? Non : elle devait un jour renaître et prendre un caractère de gravité qu'elle n'avait pas eu jusqu'ici.
Avant de poursuivre le récit des débats qui avaient pour objet les biens provenant de la dot de la comtesse Colombe, nous enregistrerons quelques faits, dont les uns se recommandent à l'attention du lecteur par leur importance, dont les autres, malgré leur exiguïté apparente, méritent d'occuper une place dans l'histoire détaillée du comté de Gruyère. On ne connaît bien que ce qu'on a étudié en détail.
L'administration des diverses parties de ce petit empire réclamait tous les soins de son souverain. Au treizième siècle, les domaines dont se composait la terre patrimoniale de Gruyère étaient réunis sous le chef de la famille et de la seigneurie, c'est-à*dire sous le comte. Montsalvens, à cette époque, ne formait pas, que nous sachions, une seigneurie particulière. Nous en dirons autant du Vanel, quoique plusieurs chartes fassent mention d'une dame du Vanel, nopimée Berthe, sœur d'Ulric du Vanel, chanoine de Lausanne '. Le frère unique de Rodolphe le Jeune avait préféré l'état ecclésiastique k la condition de chevalier. Des deux fils de Rodolphe, l'un s'associait aux travaux de son père sans titre officiel, l'autre était chanoine de la cathédrale de Lausanne.
En 1227, certain Guillaume, fils de Pierre Âchard, avoua tenir en fief du comte de Gruyère les biens-fonds que son père et son aieul avaient eus des seigneurs de MontsaWens,
> Mém. et Doc, t. VI, p. 181.
• Voyez ci-dessus, p. 50, noie 1.