CHAPITRE QDÀTRliME
comme firent d'autres seigneurs, en prêtant Thommage h Pierre de Savoie, sauf la fidélité due au comte de Genevois.
Cependant Pi erre de Savoie pressait la fortune sans lui donner de relâche. Durant les négociations qui précédèrent la paix d'Evian , il obtint de Jean de Cossonay la promesse que celui-ci ne Fempécherait point d'occuper à volonté le château fort d'Essertines *. Le surlendemain fut conclu le traité d'Evian, entre l'Elu de Lausanne, d'une part, le comte Amédée et son frère Pierre de Savoie, d'autre part. Ce uaité valut â Pierre la cession des droits temporels de l'église de Lausanne sur Romonl, sur la contrée située entre les deux Glanes, sur Bossens et sur Estavayer'. — D'autres acquisitions assurèrent de plus en plus l'influence du prince savoisien sur le comté de Vaud. Guillaume de Fruence lui céda la maison forte de Cbâtel S^- Denis et ses dépendances. Pierre rétrocéda le tout au fils de"^ Guillaume, nommé Jordan, qui lui fit hommage lige â raison de ce fief. Alors Guillaume rendit hommage à Pierre, sous réserve de la fidélité qu'il devait au comte de Genevois'. Pierre, seigneur de Villars\ près de Gruyère, lui céda tout ce qu'il possédait près de Torny-le-Petit ', et lui en fit hommage , se réservant toutefois la fidélité à laquelle il était tenu envers le comte de Gruyère, dont il était le vassal *. Pierre de Savoie acquit aussi d'Anselme de Billens les droits de celui-ci sur
> Ch. du 27 mai 1S44, dans les Mém. et Doc, t. VII, p. 46.
* Ch. du 20 mai 1244, ibid., p. 42 et saiv. ■ Ch. du 18 juillet 1244.
* Grand viUars.
* Torny-Piuet.
* Charte du 99 avril 1248. — Cibrario, Storia délia monarchia di Savoia, vol. II. p. 73.
la maison forte de Romoni. Il s'installa dans ce château , et il s'attribua le droit de haute justice sur les gens d'Anselme de Billens, et même sur ceux qui ne ressortissaient pas à la juridiction du château de Romont\
Après avoir ainsi marqué son retour au pays de Vaud par de nouveaux succès, Pierre de Savoie marcha contre le comte de Genevois, et il ne tarda pas à s'emparer du château du comte, à Genève, objet de sa convoitise ambitieuse. Le soin de terminer le différend qui avait armé ces deux antagonistes ayant été remis à Philippe de Savoie, qui était fait pour ainsi dire juge et partie dans la question , les parties firent d'abord un compromis*. Ce compromis fut bientôt suivi d'une sentence arbitrale ', qui condamna le comte de Genevois et ses fils laïques Rodolphe et Henri * à payer une somme de 10,000 marcs d'argent à Pierre de Savoie, et engagea â ce dernier, en attendant le payement de la dite somme, tous les fiefs du comte de Genevois entre l'Arve, la Drance, la cluse de Gex et le pont de Barges", c'est-àdire les fiefs du comte situés dans une partie du Genevois et dans le comté de Vaud, notamment les châteaux de Genève et de Baleison, dans le Genevois, et ceux des Clées et de Rue au pays de Vaud ^. — On sait que Pierre possédait
^ Ch. da mois de mai 1349, non pas 1259 , comme on lit par erreur dans le Solotkum, WœhenhU de 1828, p. 850, oti cette charte est publiée .
* Le 10 juin 1250.
■ Le 28 join 1250.
* Ils avaient, en 1287, surpris et blessé Pierre de Savoie. Voyez Mém. el Doc. de la Soc. d^hist. et d^arch. de Genève, t. VII, p. 211-213, et les chartes qo» XI et XII, ibid., p. 299 et 301.
* Au delà du village de Bargen, en face d'Arberg. Voir ci -dessus, p. 7.
* Voir la sentence du 28 juin 1250, dans les Mém. et Doc. de la Société d'hist. et d'arch. de Genève, t. VII, p. 301.