CHAPITRE QUATRIÈME
droits âu corn lé de ses ancélres, el que ta cession de la seigneurie de Gruyère fui le prix de sa rançon, — Pierre de Savoie inféoda le cbàteau de Gruyère et ses dépendances h Guillaume de Gruyère, frère puîoé de Pierre, et ehanlre de la cathédrale de Lausanne, qui, en 1259, avait été chargé par son père de régler Tobjel des débats entre la maison de Gruyère ei le cbapitre de Lausanne, el qui. Tannée suivante, s'était déclaré en faveur de Jean de Cossonay, candidat au siège épiseopaL Pierre de Savoie lui rétrocéda la seigneurie de Gruyère pour qu'il la Uni de lui en fief, et Guillaume lui rendit foi et hommage h raison du cbâleau et de la seigneurie de ses pères.
Il fui stipulé dans la cession faite par le comte Rodolphe que, sî Guillaume ne laissait pas d'héritier issu de légitime mariage^ le dit fief reviendrait d'abord au comte Rodolphe et, après sa mon, à ses héritiers, s'il en restait qui fussent nés de sa femme Guillemette; que, dans le premier cas. Rodolphe et, après lui, ses héritiers, rendraient hommage b Pierre de Savoie, comme Guillaume venait de le faire à raison du fief qu'il tenait de lui. Rodolphe et Guillaume promirent de défendre loyalement, pour Pierre de Savoie, le château de Gruyère et ses dépendances , soit le franc alleu qui Ini avait été cédé. Dans le cas où Guillaume, ou son père, acquerrait quelque nouveau fief, soit par héritage, soit en raison du château de Gruyère, Pierre de Savoie^ content iu premier hommage, n'en esigerail pas un second*.
L'acte dont nous venons de rapporter le contenu ne fait pas plus mention de Pierre de Gruyère que s'il n'eût
* Ch. d;itée de Bomont le Vil des Ides [ïe 9« jotir) du mois de mai 1344. la cession avaiieu lieu le 19 a?Llt, comme U est dil dansceUe charte. SthweixfT. Gesthickt/oncher, L XIII, p, 670-57 J, ou oolfe Cartulaire.
jamais existé. Il est très probable qne Pierre de Savoie voulait poDir sa résistance en le dépossédant.
Cependant Guillaume de Gruyère, voué à l'étal ecclésiastique, n*orna point son front de la couronne que son père avait jusqu'alors portée avec dignité. Rodolphe conserva le titre et les droits de comte, peut-être en suite de quelque contrat. Il est certain que, peu de mois après l'événement que nous venons de rapporter, Rodolphe apparaît avec le titre de comte de Gruyère dans une charte, où, de l'aveu de ses deux fils, il confirme ii Fabbaye d'Hauterive la vente d'un manse, dit la terre de ChenensS situé dans le territoire d'Ecuvillens, que la famille de Gruyère avait acheté des frères Aimon et Henri de Prez, fils de Conon de Prez, chevalier, qui tenaient le dit fonds de terre en fief du comte de Gruyère*.
Dans le même temps, Pierre, «fils du comte de Gruyère,» lit remise aux religieux d'Hauterive, contre un dédommagement , de ce qu'il avait à prétendre d'eux touchant la forêt de Villars et de Rueyres '.
Dans une charte authentique du mois de mars 1246, sur laquelle nous reviendrons, Rodolphe porte le titre de comte et agit en cette qualité.
Il nous parait évident que le comte de Gruyère et son fils aine avaient recouvré ou conservé leurs droits patrimoniaux.
* Commane et village de la paroisse d* Autigny, district fribourgeois de U Sarine.
* Ch. du mois de décembre 1244 , dans la CoUectioa diplomatique de Haller, III, p. 78. La pièce que nous citons n'est que l'analyse d'une charte, non la copie de Toriginal.
* Ch. de 1244, ibid. — Nous avons déjà dit (p. 17, note 3) que la forêt de Rueria n'existe plus.