CHAPITRE QUATRIÈME
Lausanne Tavouerie en question, moyennant une rente annuelle de 10 livres lausannoises \
Quelques mois après cet accord, les dits frères cédèrent au même chapitre, en retour de 210 livres lausannoises, le chftteau d*Essertines en toute propriété '.
Pierre de Savoie , qui avait ménagé ces arrangements, dont il devait un jour retirer tout l'avantage, venait d^acquérir de Rodolphe de Rue le château et mandement de ce nom. Il le rétrocéda au dit Rodolphe, qui devint son vassaP. Environ dans le même temps il reçut la prestation d^hommage dUlric, seigneur d'Àrconciel et d*Arberg, qui lui céda ses châteaux d'Arconciel et d*niens, avec leurs dépendances, pour les reprendre de lui en fief.
Il ne s^était pas écoulé un mois depuis le prononcé du jugement arbitral qui portait à Finfortunée maison de Genevois un coup dont elle ne devait plus se relever, que divers seigneurs de TOgo vinrent augmenter le nombre des vassaux de Pierre de Savoie. Les frères Guillaume et Jaques de Pont lui cédèrent leur château de Pont , bâti sur un rocher que baigne la Sarine, promettant de lui ouvrir ce fort en temps de guerre et en temps de paix *. Ils lui rendirent foi et hommage â raison de leur seigneurie, qui leur fut rétrocédée ". Guillaume de Corbière remit à Pierre de Savoie son alleu et sa part du château de Corbière ; après quoi son fils puiné Henri en fut investi par le nouveau suzerain , à qui il
> Ch. du 16 août 1250, dans les Mém. et Doc, t. VII , p. 49. ' Ch. du 30 mars 1251 (XIII kal. April. 1250.) IMd.. p. 46.
* Ch. du mois de janvier 1251 (pour 1250).
* « ad faciendum pacem, placitam, sea gaerram. >
* Ch. da 23 juillet 1250, citée par M. Kopp, Geich. der eidgen, Bûnde, X, II, 9B« part., ou L. IV, p. 233, note 6.
rendit foi et hommage. Â la demande de Guillaume, Pacte de cession, passé à Romont, fut scellé par le comte de Gruyère et par Fabbé d'Hauterive , Pierre de Gruyère , frère du comte régnante Cet acte nous porte à penser : 1^ que la maison de Gruyère avait une part du château de Corbière, d*où il résulterait qu'au XIII® siècle les deux maisons de Gruyère et de Corbière étaient unies par les liens du sang; 2^ que Guillaume ne reçut pas lui-même en fief Talleu et la part du château qu*il avait cédés k Pierre de Savoie, parce que, de même que le comte de Gruyère, le sire de Fruence et d^auires seigneurs du comté de Vaud, il n'était pas légalement affranchi du lien féodal qui rengageait envers le comte de Genevois.
Plus tard Guillaume reparaît comme seigneur du fief de Corbière, parce que, selon toute apparence , il avait fait hommage à Pierre de Savoie, sauf la fidélité à laquelle il était tenu envers le comte de Genevois. Il avait d'ailleurs reçu de celui-ci Tordre de rendre, tant que durerait la gage^ rie, les devoirs féodaux à Pierre de Savoie.
A son tour, le seigneur d'Everdes^ voisin du sire de Corbière, devint l'homme du prince savoisien. Il en fut de même d'Ulric de Vuippens, Tun des plus nobles et des plus riches barons du pays d'Ogo. Divers autres seigneurs et chevaliers romands subirent l'influence irrésistible du nouveau conquérant '.
^ Ch do 81 juillet 1250 (dominica proxima ante festnm S. Pelri ad vincula.) Cettecharte, publiée intégralement (sous la date inexacte du l®^ août) dans les Mém. et Doc. de la Soc- d'hUt. et d'arch. de Genève, t. VII, p. 309, sauf le passage où sont nommées les personnes qui y ont apposé leurs sceaux , a été appliquée par erreur , dans l'ouvrage cité , au château de Corbière sur le Rhône , à trois lieues en aval de Genève.
* 'de Verdes, en allem. Griiningen.
' Voir d'autres détails dans notre Mémoire sur les comtes de Genevois.