‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 44 sur 170 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Les progrès iDcessaots de Pierre de Savoie inqaiétèreoi les Fribourgeois. Lorsqu'ils le virent s'approcher de leur cité, ils prirent les armes. A cette époque le rapport de dépendaoce de la maison de Gruyère envers la maison de Savoie était bien établi, quoique le comte de Genevois ne Teût pas sanctionné par Fabandon volontaire de ses droits. En effet, en tète des seigneurs féodaux qui unirent leurs hommes d*armes aux boui^eois de Moudon , de Payerne et de Romont, vassaux de Pierre de Savoie, pour combattre les adversaires de ce prince, était Rodolphe, comte de Gruyère, comme on le voit dans Tacte d'arbitrage qui termina cette guerre. Parmi les hommes liges, tenus à défendre Pierre de Savoie envers et contre tous, nous remarquons aussi Guillaume de Corbière ^ Il avait donc été remis en possession de ce flef, et avait fait hommage au prince savoisien , sauf la fldélité due par lui au comte de Genevois.

Rientôt Pierre de Savoie, investi par le vicaire impérial du protectorat de toute la Rourgogne*, s'assura des goi^es et des passages les plus importants de la haute Gruyère, en se faisant céder le Pas de la Tine, celui du Vanel, et la Tour d'C^o, soit le Château d'QEx , situé entre ces deux défilés. Il rétrocéda le tout, avec dix livrées de terre à Rossinière, au comte Rodolphe, qui se reconnut son homme lige à raison de ces fiefs , réservant la fidélité à laquelle U était tenu envers le œmte de Genevois '.

^ Ch. da S5 février 1255 (in die Jovis ante mediam Quadragesimam 1354). Kopp, Geteh. der eidgen, Bûnde, t. II, 3** parUe, oa L. IV, p. 336, note 9.

' Voyez Koppy Gesekichte der eidgen. Bûnde, t. II , 3« partie, ou L. IV, p. 338, et la charte du 7 mai 1355, publiée par le même auteur dans son second recueil de documente (Urkunden, etc. 1851 ; p. 104, n^ 30).

' « . . . salua fideliuie comitis Gebennensis ...» Voir, dans notre Cartolaire, trois extraite d'une charte authentique du mois de mars 1356, ou plutôt 1356, nouveau style.

Ce fait est une nouvelle preuve de ce que nous avons dit, que le comte de Gruyère était vassal du comte de Genevois en raison de son comté.

Laissons Pierre de Savoie marcher avec une armée au secours de son frère Thomas, prince-régent de Savoie, qui, battu à Monlebruno par les insurgés, était retenu prisonnier à Turin, et portons nos regards sur la capitale du comté de Gruyère. Cest ici le lieu d^enregistrer un événement mémorable dans les fastes de ce petit empire.

On sait que jusqu'au milieu du XIII^ siècle il n'y eut à Gruyère que deux chapelles. Tune au château, naguère enlevée au culte, Tautre sur un plateau, au-dessous de la petite cité féodale S La population de Gruyère et des environs, s'étant considérablement accrue, regretta Tabsence d'une église paroissiale qui répondit à un besoin réel. L'élise de Bulle étant située k une lieue de Gruyère, il n'était pas facile aux habitants de cette ville et des alentours de la fréquenter assidûment, surtout en hiver ; d'ailleurs elle ne pouvait plus contenir les fidèles qui devaient s'y rendre. Ceux-ci, empêchés d'aller régulièrement à l'office, couraient risque de perdre leur &me. L'évéque de Lausanne, voulant remédier à cet inconvénient, résolut, de l'avis du prévdt et du chapitre, d'édifier k Gruyère une ^lise paroissiale, qui dépendrait de l'église de Bulle, et qui aurait tout le droit de paroisse que Bulle avait eu jusqu'alors dès le torrent de la Tréme vers Gruyère. En signe de dépendance, la nouvelle église payerait chaque année k l'église mère deux livres

' Voir notre Introduction, p. 05, et la Chronique fribourgeotsc, publiée par M. Héliodore Raemy. p. 400 et suiv.

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