‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 53 sur 170 · CHAPITRE CIMfiUlÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIMfiUlÈME

Priogy-le-grand et le-pelit, la villa d'OEx, Contremessc \ le bois de Bolère', les villages oa hameaux d'Estavanens, de Grandvillars (?), de Schcenried' et de Cuves, quatre abergements au hameau de TEssert, et quarante sous de cens annuel à percevoir sur lechesal et le fonds de feu Pierre d'Er- Ienbach\ Le comte Âmédée leur donne, en augmentation de fief, quarante livres par an. Ses féaux ou fidèles le comte Pierre et son neveu Rodolphe lui ont rendu , k raison des dits châteaux , foi et hommage lige, c'est-à-dire Thommage qui obligeait le vassal à défendre le seigneur envers et contre tous. Ils ont promis , pour eux et leurs successeurs , au comte Amédée, d'observer religieusement envers lui et ses successeurs le serment de fidélité qu'ils lui ont fait, de l'assister de tout leur pouvoir , et de lui obéir comme vrais et fidèles vassaux obéissent à leur seigneur. Le comte de Savoie les tient pour ses hommes et les investit du dit fief lige*^. De plus il leur accorde pour eux et leurs héritiers la faculté de ne lui faire, ainsi qu'à ses successeurs, qu'un seul acte de

* on Conlremeys, localité voisine de la Tour-de-Tréme.

* dans la chÂtellenie de la Tour-de-Tréme.

* Ce mot sigoiûe BtUeuerX. C'est le nom d'une localité composée de maisons disséminées sar nn espace qui sépare Gessenay des Uot»ei ou des marais de Gessenay (Sanmmôser),

* Les noms qui précèdent sont plus ou moins altérés dans l'acte original, dans l'ouvrage de N. Cibrario, Doeum. tig» e monete, p. 924 et suiv., et, en partie, dans le Sehwnxer. Geschiehtforteher, t. XIII, p. 96, où nous trouvons à l'occasion de Pierre d'Erlenbach la remarque suivante: Cet homme était un descendant des premiers possesseurs authentiquement connus du bas Simmentbal, dont il paraîtrait avoir été dépossédé par les barons de Weissenbourg, qui l'auraient fait descendre au rang de simple homme libre. On rencontre en 1226 un Pierre seigneur d'Erlenbach, et en 1252 un Rodolphe d'Erlenbach, chevalier.

* cde dicto feodo ligio. » Ce fief comprenait les quatre seigneuries mentionnées ci -dessus.

foi et d'hommage * pour le dit fief lige. Le coaile de Savoie et, ^ sa demande, Tévéque de Genève^, ont apposé leurs sceaux à cet acte, fait ^ Genève le lundi avant la fête de Saint-Georges (le 18 avril) j 289.

Cette charte, dans ce qu'elle a d'essentiel , confirme et rend permanent un état de choses qui existait déjà, au moins provisoirement , sous les prédécesseurs immédiats du comte Amédée V.

Le fief lige dont il est question dans cette charte , était un fief en raison duquel , indépendamment de Tacte de foi et hommage, le vassal était tenu d'aller à la guerre et de s'acquitter en personne des services militaires qui étaient dus au seigneur. Rodolphe III comte de Gruyère avait pris part , comme d'autres vassaux , à l'expédition de Pierre de Savoie contre Fribourg ". Obligé par l'ordre du 29 juin 1250 de rendre à Pierre de Savoie, tant que durerait la gagerie, les devoirs féodaux auquels il était tenu envers le comte de Genevois, il avait uni ses hommes d'armes à ceux de Pierre, et s'était ac(]uitté en personne , envers ce prince, des devoirs militaires qu'il devait auparavant au comte de Genevois, son naturel suzerain.

L'acte du 18 avril 1289 r^la définitivement la question de vassalité des comtes de Gruyère.

Avant de faire le récit abrégé des guerres qui, sur la fin du XIII® siècle, désolèrent une partie de la Suisse, et dans lesquelles les sires de Gruyère furent entraînés, nous devons enregistrer certains détails qui concernent leur maison.

' «unam fideliiaiem ligiam.»

' Robert, oncle paternel d'Amédée, comte de Genevois.

" Voir ci -dessus, p. 85.

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