‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 52 sur 170 · CHAPITRE CINQUIÈME. f · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. f

session des droits et des terres dont les comtes de Savoie, Pierre et Philippe, les avaient dépouillés. Le 2 jain 1282 avait été conclu à Versoix, entre le comte de Genevois, la dame de Faucigny et son fils, dauphin de Viennois et d'Albon, an traité d*alliance offensive et défensive , auquel adhéra Tévéque de Genève (oncle du comte de Genevois), qui bientôt s'en retira.

Par ce traité, Béatrice, dame de Faucigny, se disant héritière de son père, feu le comte Pierre, restituait à Amédée comte de Genevois l'hypothèque de Tan 1250, notamment les hommages el les devoirs^ qui lui étaient dus par le comte de Gruyère. Le lendemain , Béatrice adressa à tous les seigneurs qui avaient rendu les devoirs féodaux au comte Pierre en raison de la gagerie de 1250, spécialement au comte de Gruyère et au seigneur d'Oron, Tordre de les rendre désormais au comte de Genevois, à qui elle avait restitué ses droits. Le roi Rodolphe, quoique favorable à Talliance de 1282, ne comprit pas le comte de Genevois dans le traité de paix qu'il conclut au mois de décembre 1283 avec le comte de Savoie. Le comte de Genevois n'ayant pas été réint^ré dans ses anciens droits, le comte de Gruyère dut continuer de rendre les devoirs de vassal à Philippe, comte de Savoie. Celui-ci étant mort (en août 1285), Amédée, Painé de ses neveux, se hâta d'occuper le trône de Savoie, que convoitait son frère Louis, qui trouvait dans la personne du chef de l'Empire un puissant protecteur. Amédée , préoccupé de divers projets, crut prudent de s'accorder avec son frère. Il lui céda, pour lui et ses héritiers, dans le comté de Vaud, le château de Clées, ceux d'Yverdon, de Cudrefin,

' < fidelUaUt et usagia.»

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de MoadoD, de Romont et de Rue, avec tout ce qui en dépendait, droits, justices, terres et vassaux. Il excepta certains fiefs, en particulier ceux du comte de Gruyère.

L*ancien comté de Vaud avait cessé d*exister dans son intégrité. On peut au moins dire que, dans un sens, il était démembré.

Louis de Savoie devint ainsi , en 1286, seigneur du Pays de Vaud. Il rendit, une fois pour toutes, foi et hommage à son frère, comme à son suzerain. Le comte de Gruyère et ses successeurs demeurèrent vassaux du comte de Savoie jusqu'aux temps de la conquête bernoise.

Le comte de Savoie étant à Genève, probablement au château de nie, dont il s'était rendu maître, et qu'il venait souvent visiter S y régla ce qui concernait la Gruyère. Le comte Pierre et son pelit-fils , héritier présomptif du comté , y vinrent rendre hommage à leur nouveau suzerain le 18 avril 1289. L*acte qui en fut dressé est un document curieux, vu qu'il détermine d'une manière définitive les rapports de la maison de Gruyère avec celle de Savoie. Voici Fanalyse de ce monument historique :

Amédée, comte de Savoie, notifie par les présentes que ses fidèles* seigneur Pierre comte de Gruyère et son petitfils Rodolphe, fils de feu Pierre de Gruyère, donzel, tiennent de lui en fief, et ont confessé devoir tenir de lui les châteaux de Gruyère, de Montsalvens, du Vanel et d*Ogo (Château d'(£x), avec leurs dépendances', excepté toutefois

* Le comte Amôdée éuit au chÂteau de l'Ile au commencement de mars 1289. Il y régla ce qui concernait l'hommage de la terre de Gei. Jfffm. et Doc. de la Société d'hist. de Genève, t. VIH, p. 171, note 104.

* « fidèles nostri. »

' Ainsi, les quatre seigneuries de Gruyère, de Montsalvens, du Vanel et de Château-d*OEx.

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