CHAPITRE SEPTIÈME
guerre. A la mort de son aieul, Pierre III posa sur soo front la couronne de ses ancêtres. Il fut comte de Gruyère, chef de la famille et de la seigneurie. Ses neveux Pierre et Jeau ', fils de feu Rodolphe, fils aine de Pierre le Jeune, héritèrent de leur père, Tun la seigneurie du Vanel, Tautre celle de Montsalvens.
Bien que possédés et administrés par d'autres membres de la maison de Gruyère , ces deux mandements ne cessèrent pas de composer , avec les autres, le comté de Gruyère. Pierre IIT, ayant le fief principal, auquel était attaché le droit de haute seigneurie, jouissait des prérogatives du chef de la famille et exerçait Tautorité suprême \
A Tavénement de Pierre III, la paix étant rétablie, ce souverain commença par quelques actes administratifs un règne qui devait être fort long, et qui ne fut pas sans éclat.
D'abord il donna en bail à cens, k Jean de Neirivue, k sa sœur Clémence etii leurs héritiers, la moitié du four, du moulin, du battoir^, et tout ce qu'il avait de droits aux dits immeubles, dont la moitié appartenait au village et à la paroisse de Neirivue. Il accensa de plus tout le cours de la Neirivue, dès la source de ce ruisseau jusqu'à son entrée dans la Sarine, s^engageant à n'établir ni four ni moulin à Neirivue sans le consentement du nouvel acquéreur et de ses héritiers. Ce bail à cens fut fait au prix de vingtcinq sous lausannois d'cntrage^ et de seize sous de cens
' lis portèrenl d'abord, et pendant plastears années, le nom de Perrodus et de Johannodus, diminatifs des noms de Petrut et Johannes, sons lesquels ces deui frères paraissent constamment dans la suite.
* Voir notre Introduction, p.352etsuiv.
* < bauitorium, » grange où Ton battait le grain.
^ Droit, que l'on payait as seigneur en prenant possession d'un fief ou d'un bail à cens.
160 HISTOIRE DE LA GRDTkRE.
annuel, payables en deox termes, Tun k la fête de Ste.-Val« burge (2 mai), Taotre à la St.-Gal (16 oet.) Le cédant garantit an cessîonnaire la possession des immeubles susdits. Les paroissiens de NeirÎTue étaient tenuir-d'en faire usage et de payer la redevance annuelle, réglée par la; coutume. Toutefois, dans le cas où le nouveau possesseur ne leille* rait pas à la conservation de ces immeubles, les paroissiens seraient autorisés à faire moudre leur grain ailleurs^
Pierre, comte de Gruyère, céda au révérend Nicolas Psalteri de Lausanne, prieur de Roogemont, en faveur dû couvent dont ce prélat était le chef, un cens de vingt-six coopesi de froment, mesure de Gruyère, k prélever sur divers te^ nanciers. En retour de celte rente annuelle, le prélat, de l'aveu de son supérieur, Tabbéde Cluny, et du consentement de Pierre, comte de Gruyère, ainsi que de Pierre, seigneur du Vanel, et de Jean, seigneur de Hontsalvens, neveux du comte, fit Ji Willelme, Rodolphe, Mermillod et Ulric, frères, dits Arbelestres, la cession d^une diine qu'il percevait dans le territoire entre les deux Flendrus , et il en investit les quatre frères susdits'*.
On a vu que Tacte de foi et d*hommage lige prêté en 1289 par les seigneurs de Gruyère au comte de Savoie exceptait entre autres fiefs le territoire de Gontremesse et le bois de Bolère, situés dans la châtellenie de la Tour-de- Trême, et qu'il passait sous silence le château de ce nom\ Voici pourquoi. Les fiefs dont il s'agit relevaient alors, non
' Ch. da mois d'aoOtJ 304.
* Ch. da mois d'avril 1306, avec les trois sceaux des seigneurs d^ Gruyère et celui du prieur de RougemoDl, sur lequel on lit distinctement NIGHOL. ' Voy. plus haut, p. 114 et suivante.