‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 78 sur 170 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

A rialérét que Marguerile de Corbières preoaît h Tafrraochisseiïient des hommes tatllables de sa seigneurie^ elle ajouta des aumônes en faveur des couvenls. Du cooseotefoent de sou époux et de ses filles Isabelle et Agneletie\ elle fonda un anniversaire à la chartreuse de la Val-Sain le, comme on Ta dii plus haut'* Elle légua, de Taveu des deux filles qu'on vieni dénommer, à l'abbaje d'flumdimoni, (mur une pitance, soii pour un repas des religieux, el pour son anoiversaire, une rente de 12 livres de Lausanne qu'elle assigna sur divers tènemenls de la paroisse de Charmey, k condition que les moines feraient chaque année, à la messe des mortSt une collecte ou prière spéciale pour le repos de on àme".

Ces dispositions furent les derniers actes de Marguerite deCorbières, première femme de Pierre de Gruyère, seigneur du VaneL Elle mourut le i*^ décembre de la même année,

Ilaissant à son mari trois filles, Isabelk, Agnelette et Mar- ^ DLmlnuitf du nom â*ÀgnH.

■ Page U% Ch. du 98 novembre 1319.

' < KaL decemb. CotntmemoratiD) Margarete coad(oiDi)ne de Corberes vïom d(omi}ni Pelrî de Grtierla, que dédît nobis apud CharŒeiXlI lihras taa«. Céasus pro pi dauoia convint ul facienda, ia etemosinam, et pro ^uo auniversfarto^ fsicfiendo. pro cuïu^ anima debemus eotidie in mlâsa pro dermicii&îD p«rpetuu[n dlcere vnam coLleota m spéciale m, ObîilâuteTn^tnno Di. M"XCC"-XIX", » Eitrait du N^Scrobge de J^abbaje dllumilimoitt, communufaé par M l'abbé J. Gremaud

Suivant l'analyse d'une eharie [Kn Dirtttorio arrkivi CoUegii SH-Mihaûiù. quod hI Friburgi. fol. 55!. JUarguerite aurait légué, en 1319, à iMmiliraont, pour son anniversaire et ceïni de Rodolphe cl d'Henri de CorïMères, un cens annuel de 1-2 L, 6 sous el 8 den* de Lausanne f qu'elle ayrait assigné sur divers tènemenls rtère Charmey I) paratt évident qu'il ne s'agit pas de deux legs difTérenis , quoique le Nécrologe et la charte ! «parchemin Hm endommagé* ) ne s'accordent pds entîèferaenl

guérite ^ Elle fut inhumée dans Tabbaye d'Humilirnool, qu'elle avait choisie pour le lieu de sa sépulture.

La mort de Marguerite , femme de Perrod de Gruyère, tie rompit pas le lieu que leur union avait établi entre ce noble sire et la coseigneurie deCorbières, et par contrecoup avec Louis de Savoie, baron de Vaud. Nous voyons dans plus d*une charte qu^après le décès de sa femme, Perrod de Gruyère, seigneur du Vanel , conserva le titre et les droits de coscigneur de Corbières. Cest en cette qualité que, de concert avec deux autres membres de la maison de Corbières, il vendit en 1525, à Girard de Charmey, des biens^ dans celte vallée ', etqu*en 1528 il possédait une partie du château de Charmey.

Un docTumentde 1522 enseigne que Perrod de Gruyère, seigneur du Vanel et coseigneur de Corbières', du consentement de ses filles Isabelle et Marguerite, ainsi que de Taveu de Pierre, comte de Gruyère, son oncle, et de Jean de Gruyère, son frère, a vendu en toute propriété à Tabbaye d'Humilimont , au prix de deux cent dix livres, petite monnaie -de Lausanne, la montagne vulgairement dite Oudechi (aujourd'hui Les Oudèches^ au pied de la Dent de Branlère), avec tout ce qui en dépendait, en bois, prés, pâturages, etc. Perrod, le vendeur, et son oncle Pierre, comité de Gruyère, ont juré sur les saints Evangiles de garantir la dite vente. Isabelle et sa sœur Marguerite , ainsi

* Voir plus bas.

' Voir plus haut. p. 143.

' « Ego Perrodus de Grueria, domicellus, dominus de Vaoello et condominus de Corberes. »

CBAPITRE SErriÉME. 181

qoe leor oncle Jean de Gruyère, pleioemeol iostruiis en langue maternelle* de la Tcote susdite, ainsi qoe de leurs droits, les deoi soeurs étant d*ailleors autorisées par leur père, et la première ayant, de plus, le consentement de son mari Ebal (de Belmont), ont approuvé la vente dont il s'agit. Et pour assurer ii cei acte plus de validité, Perrod de Gruyère, le comte Pierre son oncle, et son frère Jean y ont apposé leurs sceaux, ainsi que Tofficial de la cour de Lausanne, qui Ta scellé ii la demande des intéressés'.

Celte vente fut confirmée an mois de juin 1336^ A la même. époque, Girard de Graramont, seigneur de Montferrand, coseigneur de Corbières, et sa femme Isabelle (qui avait épousé ce seigneur en secondes noces), du consentement de Pierre de Gruyère, chevalier, seigneur du Vanel, père d'Isabelle, vendirent au couvent d'Bumilimont la montagne de Tissinivaz (au pied du Follierent), au prix de soixante livres de Lausanne ^.

Dans ces deux actes Pierre, seigneur du Vanel, ne porte pas le titre de coseigneur de Corbières, non plus que dans une autre charte où il annonce qu'ayant a|4)rouvé la vente susdite, il a reçu de Tabbaye d*Humiiimont, en faveur de Girard de Grammontet de sa femme Isabelle, la somme de treize livres de Lausanne en déduction de ce qui leur était dû*.

La dignité de coseigneur de Corbières avait passé de Pierre de Gruyère au mari de sa fille Isabelle.

' « lingaa materna. »

* Ch. do mois de février 1893, dans un Vidimus du mois de jaillet 1336.

* Cb. do mois de juin 1336, dans on Vidimas de jain 1337.

* Cb. du mois de mars 1336.

^ Cb. du mois de juin 1336.

Quelque temps avant de faire racquisitioo importante de la montagne des Oudèches, Tabbaye d'Humilimont avait été, de la part du comte de Gruyère, Tobjet d'une grande faveur. AGn d'obtenir, par les prières des religieux, la guérison de son âme, le salut de sa femme Catherine et de ses ancêtres, Pierre III résolut, du consentement de ses deux neveux, Pierre et Jean , de céder au dit couvent, par donation irrévocable faite entre vifs, Tusage de toutes ses forêts, dès l'arête supérieure du mont Perrousa vers le Moléson jusqu'au torrent qu'on nommait autrefois l'Albeuve et qui s'appelle aujourd'hui la Marivue. Celte largesse comprenait le droit considérable pour les usagers de prendre dans les forêts du comte le bois de chauffage et le bois de construction dont ils auraient besoin. En retour de ce bienfait, le do* nateur ne demanda aux religieux, pour lui et sa femme, que d'avoir part à leurs bénédictions, à leurs prières, à leurs messes, veilles, jeûnes et aumônes ^

Bientôt le comte Pierre, s'acquittant de la promesse qu'il avait faite à sa femme, donna au couvent de la Part-Dieu la somme de deux cents livres de Lausanne'.

Après avoir accompli ces bonnes œuvres pour le repos de son âme et le salut de ses aïeux, le comte de Gruyère, vassal du comte de Savoie, accompagna son suzerain dans une nouvelle expédition. Amédée V , depuis sou retour d'Italie, était en guerre avec le dauphin de Viennois, pour quelques terres qu'ils répétaient l'un sur l'autre. Mais cette querelle

> Cb. datée de Gruyère, du mois de février 1819. (vieux st.) • Voyez p. 151.

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