‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 77 sur 170 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

contesté la validité. Les témoins de cette transaction , que Pofficial de la cour de Lausanne munit de son scel, à la requête de Contessète , furent Pierre et Jean de Wicherens, chevaliers, les frères Jean et Rodolphe, seigneurs d'Everdes, donzels^

L'année 1519 est mémorable dans les fastes du val de Cbarmey, parce que les habitants de celte intéressante contrée Grent un progrès notable dans la liberté civile. La vallée de Charmey avait alors pour seigneurs le donzel Pierre de Gruyère, sire du Vanel, coseigneur de Corbières, et Marguerite de Corbières, sa femme. Ces deux époux dégagèrent h jamais de tout lien de servitude de la taille' les hommes de corps de Charmey et des Arses, au nombre de quarantesix chefs de famille, y compris quatre femmes, qui remplaçaient les maîtres ou chefs de maison décédés', et leurs héritiers, moyennant la somme de quatre-vingts livres de Lausanne, que les nouveaux affranchis leur payèrent; bien entendu que ceux-ci et leurs héritiers tiendraient de leurs dits seigneurs les possessions qu'ils avaient dans le village et dans la paroisse de Charmey, comme leurs prédécesseurs les avaient tenues jusqu'ici, h savoir que chacun d'eux payerait deux sous de Lausanne de la pose de terre arable et quatre sous de chaque charretée de foin. De plus, Pierre et sa femme se réservèrent, pour eux et leurs héritiers, les aides dans trois cas: 1^ quand ils marieraient leurs filles; S^'quand ils feraient Tacquisilion de biens-fonds valant deux cents

* Ch. datée de Broc, du dimanche après la Sl.-Bartbélemi (27 août) 1318.

* « ab omoi Tinculo serviiutis lai lie liberamûs. » Voir noire Introduction, p. 297.

* Voir noire Introduction, p. 256 ; coinp. p. 347.

Heu. ET DOCUM. X. 12

livres; Z9 quand le dil seigneur Pierre, donzel, ou les héritiers des deux époux iraient à la guerre, ou qu'ils seraient dans le cas de donner logement à des soldats \

Les laillables, c'est-à-dire les hommes de corps du territoire de Gharmey et des Arses, venaient de retirer, ji prix d'argenl, leurs corps cl leurs biens de la main de leur seigneur, qui cessa d'avoir sur eux un droit de propriété. Grâce à leur travail et ^ leur économie, ils avaient pu se racheler d'une servitude 1res onéreuse, et, en acquérant la puissance d'eux-mêmes, s'élever à la condition d'hommes libres du seigneur. Leur élévation fut un progrès dans la liberté civile. Ils ne cessèrent pas pour cela de donnera leur seigneur le cens accoutumé, un chapon, une coupe d'avoine, de faire une fauchée, rachetable au prix de 12 deniers, une corvée avec leurs bêtes de somme ou de trait, et la chevauchée, ou le service militaire. Bref, ils continuèrent de s'acquitter envers leur seigneur des devoirs auxquels étaient tenus les hommes liges de condition libre \ Gette charte d'affranchissement, conservée à Gharmey, comme un précieux souvenir de la féodalité, fut munie des sceaux de Pierre et de Marguerite , et d'Aimon d'Estavayé , doyen d'Ogo'.

^ c si me Petram domicellam predictum ei beredes nostros conjagam prediclorum miliure conligerit , «eu KotpUium assumere milUis. » Noos ne sommes pas biea sûr d'avoir reada exactement le passage que nous traduisons, en donnant aux mots « kospitium militis » le sens de quartier, de logement ou de logis militaire , qu'ils ont dans Suétone, Vie de Tibère, ch. 37. Nous avons pensé un moment au banquet ou i quelque autre fête à Toccasion de la cbevalerie nouvelle, soit de la création d'un chevalier; mais dans cette hypothèse, il s'agirait de l'aide aux quatre cas.

* Voir notre Introdtution, p. 297 et suiv.

* Ch du mois de juillet 1319. Le sceau de Perrod de Gruyère manque ; les deux autres sont conservés.

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