CHAPITRE SEPTIÈMB
le
llarguerîle, droits que le comte de Gruyère avait acquis par achat de la iJile veuve Jeannette d'Envi isberg et de ses eafanls, de l'aveu de Perrod de Suroiievels, donzel, leui* tuteur, curateur et avoué spécial* Le coraie promit de Taire approu-
er le présent coDirat de veme par les deux curants de feu Jean d'Englisberg, lorsqu'ils auraieai atieini Tâge qui donnait la eapacile d'aetioo *. Pierre de Gruvère, neveu du comte, se constitua garant de tout ce qui était stipulé dans le contrai, lequel fui passé près de la cha|>elle du comte,
oisine de la grande salle du château, le 18 août 1324.
ndiction VII V Depuis, le comte Pierre, du consentemeni de sa femme et de ses neveux Pierre et Jean, céda en toute propriété à Jeannette, dame^ de la Molière, femme dXIricde Vuippens, coseigneur d'Everdes, pour la somme de trois cent soixante livres de Lausanne, divers immeubles si lues au village et dans le territoire de Morlon*, rap()ortant ensemble une rente de t2 L, 2 sous 4 deniers; de plus, un moulin sous le village de Morlon , près de ia Trème, le bois de Corbières", (avoiâinaDt celui de Bolère), lequel avait appartenu h feu Guillaume, coseigneur de Corbièrea, père de Marguerite, ^uremière femme de Pierre ou Perrod de Gruyère; eu outre
^H ' « cum ad étalent et annoi legUîmos conlrabecdl petreneniit litien ^^stipradictL *
* Ce contrai* dont nous devons b commUDÎcatioii 4 TobUgeanee de M. l'abbé J. Gremaudf est forl ilétallté. tl a été fait à double pr le noiaire public Jeao Roberli de Romont , en |>réset»ce de frère iraiUaume , prietir de 11* Part-Dieu , et de Mermort iW Vaisiornen*, donzel , revélu du si^fiiel dti nouire et muni des sceaux du comte Pierre , de aon oevea Pierre de Grajère et de rofUciaL de L>aii&aiiiie.
* < condomina, i ' Village et œmtnniie du distrioi f H bourgeois de la Grujère,
« Deofiuft de Gorberei. *
toutes les propriétés et les rentes que le dit Guillaume de Corbières et sa fille Marguerite avaient eues dans cette localité. Aux tenanciers de ces divers fonds et à leurs héritiers étaient assurés le droit de p&ture et celui de mort bois dans la forêt de Bolère, ainsi que l'usage des bois de Gruyère, bien entendu que tout dommage commis envers le comte serait réparé par les délinquants ^
Vers ce temps , l'église de St.-Théodule de Gruyère fut Fobjet d'une donation qui, toute modeste qu'elle parait, mérite d'être enregistrée. En présence de dom Borcard, curé de Broc, et de dom Pierre Gotofrey, chapelain du comte de Gruyère, Turimbert de Vilars fit à l'église paroissiale fondée par le comte Rodolphe III, le don d'une demi-pose de terre , sise dans Te territoire de Pringy , pour un service annuel qu'on y célébrerait après sa mort *.
Si, d'un côté, le comte de Gruyère aliénait divers biensfonds, de l'autre il reculait par d'importantes acquisitions les limites de ses Etats. Il ajoutait de nouveaux domaines ii ses terres patrimoniales. Nous le verrons bientôt s'enrichir
' Ch. du 3 mai 1337. « Dst. incrastinofesti beatoramJacobietPbilippi apostolonim, anno Dui. millesimo CCC^ vicesimo septinio. > Les témoins sont: Pour le comte de Gruyère, ta femme et son neveu Perrod, savoir dora Pierre d'HaUenberg ( « de Ântedberch ») , caré de Corbières, Rodolpbe de Corbières, donzel, et Girard, mestral deVnippens. Pour Jean de Gruyère: Dom Borcard. curé de Broc, Pierre fils de feu Olivier de Gruyère, chevalier, et Rolet de Prez, doozel. L'acte porte les sceaux des trois seigneurs de Gruyère susdits; celui de l'official de Lausanne a disparu.
■ «Dec. II kl. anno Dni. M^.CCC**. vicesimo sexto.» — Extrait du Nécrologe de l'église paroissiale de St.-Théodule de Gruyère, communiqué par M. l'abbé J. Gremaud
GBAFITA£ SEPTlÈltE.
dans le Haut^immentbal. Dans la première moitié du qtialorzième siècle, le comie de Gruyère devînt seigneur, coujointemenl avec un au ire, de droits ei de terres dans les Ormonls. Celle contrée piuoresque, située au midi de la Gruyère, était placée sous la suzeraiueié de la Savoie. Elle avait pour seigneurs des vassaui de celte illustre maison, A peu près h Tépoque où nous sommes parvenus, Guillaume de Poniverre, cbevalier, seigneur de Sl.-Tryphon, et son Deveu Âimon, fils de feu Richard de Poniverre, chevalier, frère de Guillaume, prétendaient pouvoir exercer de plein droit toute justice sur la terre et les fiefs de la paroisse d'Ormont* , ainsi que sur leurs hommes et sur les autres habiiants de la vallée, tandis que ce droit leur était contesté par les oDQciers du comte de Savoie. Celui-ci mil fin à la querelle en accordant h Guillaume de Poniverre et à son neveu, moyennant la somme de cent «oixanLe livres de Maurienne, qu'ils lui payèrent, toute justice, haute, moyenne et basse« dans ta paroisse d'Ormont, par conséquent le droit de glaive et le droit d*é€helle, ou le droit d'avoir une potence pour montrer qu'ils possédaient la haute justice, en vertu de laquelle ils pouvaient emprisonner tes malfaiteurs, les torturer, les juger et les pendre, ou les condamner h quelque autre peine afilictive*.
Le comte de Gruyère avait, de ce côté, des possessions et des droits qui étaient peut-être aussi mal définis que ceux
' « parrochie de ÛrEnool. > Voir notre Iniroduetiim, p, i03 et sutTaoles.
* Ch. dalée d'Evian du U ûovembre !32l. < Dâinm et acnim apud Aquianum dîe sabaii XHLI mensis novembm anno Du Irt**XCC''.XXP - CeLLe €t]arte compreod aussi ta conûrmaLlon des t^anâ ei clames accordés par le comte de Savoie aui PootTerre sur les Toods ei lei bomines du lieu dit La ChapeUe, près d'Aigle,
des seigneurs de Pootverre. La discorde viut brouiller ces deux voisins. Us se disputèrent Tusagc, la juridiction et le domaine (c'est-à-dire le droit seigneurial) des Mosies^ soit des terres basses et bourbeuses, des plaines marécageuses entre les Ormonts et Ghâteau-d'Œx , Guillaume de Pontverre et son neveu Aimon affirmant qu'eux, leurs gens et les autres habitants de la paroisse d'Ormont avaient d*ancienne date le droit d'usage dans les bois et dans les pâturages des Mosses pour faire pailre leurs troupeaux et couper du bois; le comte de Gruyère soutenant, au contraire, que si jamais les montagnards du quartier en litige avaient joui du droit qu'ils revendiquaient, c'avait été par une faveur des comtes de Gruyère. Enfin les deux parties, du consentement de la comtesse Catherine, ainsi que de Pierre de Gruyère, seigneur du Vanel, et de son frère Jean, seigneur de Montsalvens, convinrent de prendre le ruisseau de l'Hongrin pour limite générale des terres qui appartiendraient, les unes au territoire de Château-d'(£x, par conséquent au comte de Gruyère, les autres à la paroisse d'Ormont, soit au seigneur de Pontverre ; certains pâturages seraient communs aux gens des deux seigneurs. Il fut décidé que les hommes de l'une des parties qui commettraient des délits sur le territoire de l'autre, seraient jugés par leur juge naturel; le bétail de l'une qui passerait sur la terre de l'autre serait restitué moyennant réparation du dommage qu'il aurait commis. Pour la ratification de ce contrat, qui, on l'espérait, devait mettre un terme à des querelles fréquentes, le comté de Gruyère reçut de Guillaume de Pontverre et de son neveu la somme de cent et dix livres de Maurienne; la comtesse Catherine reçut vingt sous, et leurs neveux Pierre