‹ Histoire du comté de GruyèreChapitre 84 sur 170 · CHAPITRE SEFTIÊME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEFTIÊME

îuitle livres Y écQs blancs de Berne, en réparation des dam* mages que ses gens venaient de causer aux bourgeois de Berne en leur en leva ni du gros et du me un bétail dans les motUagnes'^ en rançonnant des gens du pays, en commettant des excès de tout genre, incendies, meurtres, pillages, bref tous les a^tes de barbarie qu'on se permettait dans ces funesies guerres privées. De plus, Jean, seigneur de Krambou^g^ contestait k Pierre de Grujère et h ses prédécesseurs la possession légitime du Vanel, prétendant que ce château fort, dont il exigeait la restitution, lui appartenait de plein droit. De son côté, Pierre de Gruyère soutenait que ses gens avaient eu raison défaire une prise ou, comme on dirait aujourd'hui, une razzia dans les montagnes; il disait qu'il avait eu longue guerre avec ceui de Berne; que lui et ses gens avaient éprouvé plus de dommages qu'ils n'en avaient commis envers leurs adversaires, et qu'en leur enlevant du bétail, lis n'avaient fait qu'user de représailles et s'indemniser Pierre de Gruyère ajoutait que ses ancêtres ayant pos^ sédé sans conteste le château du Vanel pendant soiiante ans ei plus^, le sire de Krambourg n*j avait aucun droit, — Le Vanel, attaqué par Jean de Krambourg, avait été bravement défendu parles hommes de Gessenay, h qui Pierre de Gruyère accorda, en reconnaissance de cet important service, et en retour d'une somme modique^ Teseniption de diverses prestations^ — Après de longs et d'inutiles débats, les parties

^ • In mootibuâ de Cal, de Nugnium et de Gampslorr »

* Chàieau sHu<^ au pied du Belpberg. pri^feclure rfe SeflifueD. ' Cela vpui <!ire qu'en ton l cas U y avaii f^reserîptbn par une postes*

Aîoo non interrompue du lief Loniesié

* Kohii. dans son Uutmrt i/e Ui't$rmy, p 5. rapiiotie dï fait M 'an I3li. L*aQa<:hroniiime p»raii évident

soumirent leur cause à l'arbitrage d'Âtmon, comte de Savoie, qui était bourgeois de Berue. Ce prince pacifia leur querelle, par une sentence qu'il prononça à la Tour de Peilz, sentence dont voici la teneur :

c Les deux parties se feront mutuellement remise de leurs ressentiments et concluront bonne paix et amitié. Considérant que Pierre de Gruyère n'a pas seulement causé des dommages aux boui^eois de Berne , mais qu'il a aussi éprouvé des perles de leur part, il paiera aux dits bourgeois, (tour les indemniser de leurs pertes , la somme de huit cents livres en écus blancs, k savoir cent livres k la St. -André prochaine, et dès lors, pendant sept années consécutivest cent livres par an, k Berne, dans les mains de l'avoyer en charge. N'est pas comprise dans cette indemnité la valeur du bétail pris, dans les montagnes susdites', soit k dom Henri d'Illens, prieur de Ruggisberg, soit k ses gens, on k des Fribourgeois. Réparation leur sera faite par le dit seigneur Pierre de Gruyère. En ce qui concerne le château du Vanel, attendu que ce château est un flef lige relevant de la couronne de Savoie , qu'il a été reçu comme tel par les prédécesseurs du comte Aimon, que, d'ailleurs, il est constant que Pierre de Gruyère et ses prédécesseurs ont possédé le dit château de temps immémorial, seigneur Pierre de Gruyère en répondra k la cour du comte de Savoie, si toutefois il y est mandé par son conseil. Le comte se réserve l'explication des points qui paraîtraient douteux.

» Cette sentence arbitrale, ayant été interprétée k ceux d'entre les commissaires de Berne qui ne comprenaient pas

' Voyez p. 197, nolcl.

CHAPITRB SEPTIÈME.

le gaulois^ a été iticoDUoent homologuée ei raiifiée. Et pour eo assurer davantage rexécmion, les hommes dont les noms suivent s'en sont cODMÎtués les garants, h la requête de Pierre de Gruyère, savoir: Pierre de la Tour» seigneur de Chàtiilon en Vallais, féal du comte de Savoie, Jean de Gruyère, seigneur de Monlsalvens, frère du dit Pierre de Gruyère, ei Richard, coseigneur deSt.*Mariin. Les Bernois, de leur cdtéf se sont engagés à observer Gdèlemeot la sentence que prononcerait le comte de Savoie, en lui adressant par Tentremise d' Ai mon de Verdone, cheval ier, son bailli dans là ChablaisN une lettre munie du sceau de la communauté de Berne, laquelle contenait les pleins pouvoirs donnés au dit comte pour paciller leur difTérend. Ce jugement, que le comte arbitre promit de faire observer scrnpuleusemenl par les deux parties, fut prononcé et rédigé k la Tour de Peili", le 12 octobre i53i, en présence d'Amédée, comte de Genevois, de B(ârlhélemi), abbé de St.-Maurice, de Pierre, comte de Gruyère, de Girard d'Oron , coseîgncur de Vevey, de Jean coseigneur de Blonay, conseiller du comte de Savoie, et de plusieurs autres chevaliers et experts'^. »

Cependant les villes de Berne et de Fribourg, voulant mettre un terme h leurs fuuestes querelles, s'adressèrent à une sainte femme, que de faux préjugés ont calomniée, bien

^ 4 qui galîkum (sermoïK^m) DeËCiebant. » Le gaulois s'est dit improprem^ni du vveuiE français.

* Le chevalier de Verdone esi dit biiUï du CbahliU et du Genevois dans une nharie de 1333, pubUée dans le Remeil dîpîom* M, p. 116 et Hl,

* * apud Turrim Vivlacl »

* Vidimusdii lendemiiîn ûe SX.*UikiïmE ûpdlre (^aférH^rïiS^e. dans le Sdoth Wmht^nbl, de ï%m, u, 3^33-336

qu'elle soit souvent intervenue comme un ange de paix dans les graves débats de nos ancêtres. Nous parlons d'Agnès, veuve d'André III, roi de Hongrie, fille d'Albert I, roi des Romains, qui fut assassiné près de Brougg, en 1308. Agnès ayant fondé le couvent de Kœnigsfelden, sur la place même où son père avait péri , termina sa vie dans ce monastère, d'où elle ne sortait que pour faire du bien*. Ce fut à cette pieuse femme que s'adressèrent les avoyers et conseils de Berne et de Fribourg, représentant leurs communes, leurs combourgeois et leurs aides, pour la prier de rétablir entre eux la paix qui^epuis longtemps était troublée. Après avoir ouï leur requête, Agnès examina soigneusement leur cause et réfléchit au moyen de pacifier leur différend. Le 3 février de l'an 1333, cette sage médiatrice prononça, dans la ville de Thoune, une sentence arbitrale. Aux termes de cette décision, il y aurait k l'avenir paix entre Berne etFriboui^, leurs combourgeois et leurs aides. Si le comte de Savoie, bourgeois de Berne, n'adhérait pas k cette paix, si, au contraire, il attaquait Fribourg, nul secours ne devait lui être accordé par les Bernois contre Fribourg. Cette dernière ville serait tenue de rendre, sous convenable caution, les prisonniers sujets du comte de Savoie. — Parmi les hommes de distinction pris k la guerre par les Fribourgeois, était le ^chevalier Aimon de Verdone , oflicier du comte de Savoie, bailli du Chablais et du Genevois, pour la rançon duquel Louis de Savoie, baron de Yaud, s'était porté caution» tandis que le comte de Gruyère et les principaux seigneurs et chevaliers du pays de Yaud s'étaient déclarés garants de la

^ Agnès mourul à Kœnigsfelden en 1364, âgée de 80 ans.

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